K.O. – Hector Mathis

“ C’est drôle comme on apprend de la vie aux côtés des malades, de la marche auprès d’hémiplégiques, et de la langue auprès des étrangers. On comprend toujours par l’absence, c’est une histoire de maths ça, les scientifiques connaissent, on ne découvre pas x en le tournant dans tous les sens, mais en le faisant jouer de son absence. “

KO

K.O. va surprendre plus d’un lecteur. Hector Mathis nous livre ici un premier roman très singulier, repéré bien avant sa sortie par de nombreux jurys littéraires. Et ce n’est qu’un début.
Le récit ne suit pas l’ordre chronologique. Voilà pourquoi je suis entrée péniblement dans l’ouvrage avant de me faire happer par le style. Alors je n’ai plus lâché.
L’auteur écrit la misère avec une poésie infinie pour nous faire sentir combien Sitam avait du cauchemar plein les semelles. Comme lui il n’a pas l’adjectif malhonnête (…) et les mots dont il use sont des communs mais ils font pas semblant.
On s’habitue vite à sa rhétorique et on l’apprécie. Comme lui, faut pas m’échafauder des phrases trop prudentes, j’y trouve(rais) des certitudes.
Hector Mathis nous raconte une histoire d’amour, celle de Sitam, jeune homme fou de jazz et de littérature, qui tombe amoureux de la môme Capu. Elle a un toit temporaire, prêté par un ami d’ami. Lui est fauché comme les blés. Ils vivent quelques premiers jours merveilleux mais un soir de novembre 2015, sirènes, explosions, coups de feu, policiers et militaires envahissent la capitale. La ville devient terrifiante…
Bouleversés, Sitam et Capu décident de déguerpir et montent in extremis dans le dernier train de nuit en partance. Direction la zone – « la grisâtre », le pays natal de Sitam. C’est le début de leur odyssée. Ensemble ils vont traverser la banlieue, l’Europe, Amsterdam, une ville où on ne choisit pas où l’on va, c’est la ville qui décide et la précarité… parmi des garçons de café, des musiciens sans abris et un imprimeur oulipien.
Hector Mathis connait la musique. Avant de s’atteler au roman il écrivait des chansons. Cela imprime un rythme et nourrit son écriture de poésie. Peu importe que les faits soient réels, ou inspirés d’évènements ayant réellement eu lieu, ses mots nous percutent avec l’énergie du désespoir. Et pourtant oui, il y a de la légèreté dans l’air, c’est sans doute ce qui est le plus bouleversant.
En relisant les premières pages après avoir terminé une première lecture l’effet de miroir entre Sitam et Hector m’a paru évident. Dans tout ce dégueulasse et cette beauté y avait de la matière à mettre en gamme. Je la tenais ma raison d’être au milieu. J’allais droit vers la littérature, depuis le départ. Je traquais mon roman, ma musique. Fallait que j’écrive.
Tout fait sens. Comme Sitam il est entré en littérature par la musique. Et il nous offre des charades à tiroirs particulièrement inventives. On frémit à l’annonce du diagnostic de la maladie du jeune homme en se disant que pourvu qu’il ne soit pas complètement son alter ego.
Nombreux sont ceux qui vont comparer ce roman à Voyage au bout de la nuit mais plutôt que Céline, c’est sans doute Bernard Lazare qu’il conviendrait de pointer, comme l’auteur le fait lui-même en recommandant la lecture des Porteurs de torches, publié en 1897, réédité en 2016 chez Hachette.
Un écrivain est né. Il parait qu’Hector Mathis a déjà terminé son second roman. On s’en réjouit.  – Marie-Claire Poirier (A bride abattue)
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Sitam et Capu, amoureux transis, décident de fuir Paris, en proie aux violences et où les sirènes des ambulances les assourdissent. Ils vont voyager en banlieue, en Hollande, et faire de belles rencontres. Ne se quittant que pour gagner quelques billets, Sitam et Capu vivent au jour le jour. Jusqu’à ce que que Sitam fuie… sa vie, ses amis, son amour… Voici un premier roman plus que prometteur !! Hector Mathis écrit avec talent et nous entraîne, au rythme de ses mots saccadés, dans les pas d’un homme perdu. Généreux et altruiste, Sitam est un écrivain en devenir, qui ne veut pas lire la pitié ou le désespoir dans les yeux de ses proches. Au risque de devoir supporter une solitude bien lourde… Il est rare d’entendre les mots qu’on lit. Ici, la musique rythme les pages, les phrases et nos émotions… – Audrey Thion
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Un texte virtuose pour un roman choral et musical, comme un grand slam sur fond de jazz. C’est l’histoire de Sitam, croque-poussière en devenir, qui fuit Paris avec la môme Capu après les attentats du 13 novembre 2015. Il va se réfugier dans la grisâtre, sorte de banlieue morne puis entamer un road trip vers Amsterdam où ils croisera des personnages savoureux. Un premier roman dont les mots résonnent et sonnent comme une partition, une virtuosité qui a suscité mon admiration. le texte est d’une richesse époustouflante. Lorsque Sitam travaille dans une imprimerie, le texte devient vertigineux et hallucinant, quelle prouesse ! Son passage à l’hôpital est criant de vérité et de réalisme, sa maladie est brutale et cruellement décrite. Pourtant, mon engouement de départ s’est, au fil des pages, émoussé et teinté de déception car j’ai trouvé que l’histoire elle-même en pâtissait et patinait un peu. Pour résumer, la qualité du texte n’a pas été suffisante pour emporter ma totale adhésion. En dépit de cette faiblesse, je reconnais des qualités indéniables à ce premier roman qui ne passera pas inaperçu. Hector Mathis est un vrai talent en devenir. – Nathalie Chartier-Salou
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Est-ce le pessimisme ambiant, la construction brinquebalante de l’histoire au cours de laquelle les liens entre les personnages semblent être «fabriqués» pour tendre vers une fiction qui prétendrait dire le monde tel qu’il est, nonobstant la fulgurance célinienne de la langue et le rythme syncopé du livre, mais K.O n’a pas provoqué chez moi de chaos pour ce premier roman des 68 premières fois en cette rentrée de septembre. Déjà, on a du mal à croire que Sitam, celui qui nous parle (anagramme de Mathis, l’auteur) n’a que 20 ans, tant sa perception du réel, sa force de caractère et son analyse de ce qu’est la vie, le terrorisme, la maladie, l’écriture, la mort, son rapport aux autres, sont marqués par une énergie du désespoir. «Je n’ai pas de méthode» confie l’auteur dans un entretien au magazine PAGE et j’ose dire que cela se sent et s’entend au vu des personnages qui passent, s’effacent au gré des tribulations de notre héros. Archibald, le vieux SDF qui l’écoute soliloquer dans sa cabane, la môme Capu qu’il aime mais qu’il abandonne sans vergogne, Benji l’ami d’enfance ou Lariol qui joue avec les mots et promet à Sitam de l’aider à publier son manuscrit, etc.) Certes, une voix s’élève dans ce flot d’exagération qui parfois frise l’exercice de style, mais cela ne suffit pas à tomber à la renverse K.O debout ! – Cécile Rol-Tanguy
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Deuxième premier roman que je découvre grâce aux 68 premières fois et c’est le premier coup de cœur sans jeu de mots.

Lu d’une traite car Sitam ne vous en laisse pas le temps. Il court vers la vie, la mort aux trousses. Il court vers l’enfance, berceau de tous les rêves.

Il était si bien avec la môme Capu à rêver sur les toits de Paris mais les balles tueuses ont eu raison de leur toi de vivre. Alors pour ne pas finir dans cet état de guerre, ils fuient jusqu’en Hollande. Mais avant, cette rencontre avec Benji, son ami, a failli tout foutre en l’air. Pour le pognon, juste pour le pognon, que Benji voulait voler à celle qui se moquait de lui, le résultat c’est que Benji s’est retrouvé par terre, baignant dans le sang. Alors avec la môme Capu, bien sûr qu’ils ont foncé vers les Pays Bas.

Si calme ce pays, par rapport aux autres troués par les attentats. Il a appris les couleurs à travers l’imprimerie Sitam. Une belle rencontre, Lariol, qui voyant qu’il lisait, lui a suggéré de continuer. Et Max le boulanger, qui lui a donné son carnet sur les châteaux. D’ailleurs c’est grâce à Max qu’il est là à raconter à Archibald, dans sa  cabane. Archibald qui vitupère contre la société qui ne veut pas de croque poussière comme lui.

Il fuit Sitam, il fuit car la maladie le cerne, l’épie. Il a écrit son livre, il rêve de l’éditer. Mais aura-t-il le temps ?

Beaucoup vont être rebutés par la manière d’écrire d’Hector Mathis, rapide, mélange de langages, trépidante, jazzy et puis zoup la poésie prend son envol au milieu d’une page pour replonger et resurgir quelques pages plus loin. Un polaroid de notre XXI ème siècle.

Un véritable coup de cœur.  – Anne Leloup (Winniethepooh)

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Paris gronde de tous les côtés, ça pétarade, il est temps de quitter la ville. Sitam et Capu se lancent dans une fuite en avant dans la nuit noire, dernier train vers la grisâtre, puis en route vers Amsterdam. Avec une écriture au franc parler saisissant, Hector Mathis nous entraîne dans une échappée sans fin, où terrorisme et maladie se côtoient pour donner au récit des airs de fin du monde.
Surprenante écriture que celle-ci, musicale certes, plus proche d’un rap agressif que d’un jazz langoureux, elle nous entraîne d’abord sans qu’on comprenne vraiment où nous avons atterri. La quatrième de couverture vantait une histoire d’amour autour d’un grille-pain, nous voici coincés dans une cabane avec un vagabond. Sitam (Mathis à l’envers, sans le H) raconte, avec des mots crus, balancés à la face du lecteur, son trajet infini pour échapper au monde et se dédier à la littérature. Si j’ai été impressionnée, voire même presque séduite par ce style atypique, la force de cette langue maniée avec tant d’habilité, je suis restée en dehors du livre, je n’ai pas été touchée, heurtée, bousculée, comme c’était manifestement l’intention de l’auteur. Certaines réflexions sur la maladie, et l’impact que la condition de souffrant peut avoir sur les proches, m’ont touchée mais tout est allé trop vite, je n’ai pas eu le temps de goûter la philosophie du livre, j’ai suivi aveuglément cette déambulation, laissant glisser les mots, sans les attraper. Peut-être cette lecture n’est-elle pas arrivée à un bon moment pour moi, ou peut-être que le style a pris trop d’importance par rapport au récit. Quoi qu’il en soit, je n’ai pas su l’apprécier à sa juste valeur, je n’ai pas retrouvé dans ce livre toutes les belles choses qui ont été écrites par mes ami(e)s bloggeurs/ses. – Olivia Cheucle (The unamed bookshelf)
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Un récit qui se mérite c’est le moins que l’on puisse dire en ce qui me concerne. Terriblement long jusqu’à une centaine de pages et puis finalement je me suis laissée embarquer par le style un peu déroutant.
Sitam et Capu tentent de s’échapper de la violence du monde (symbolisée par les attentats) en quittant Paris en quittant la France mais ils sont chaque rattrapés par le bruit et le grondement.
Petit à petit ils s’enfoncent dans la marginalité et l’isolement, Sitam quitte Capu.
Le processus de création littéraire est également abordé mais toujours avec douleur.
Un roman ardu et qui ne fera pas l’unanimité mais intéressant dans la forme. – Emmanuelle Coutant
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Malgré un début que j’ai trouvé confus, j’ai beaucoup aimé ce roman dans lequel l’auteur aborde la question de la maladie, de la mort, de la précarité, de l’amour et de l’amitié. J’ai aimé la façon dont Hector Mathis, en quelques phrases très justes et percutantes, parvient à planter le décor d’une banlieue « la grisâtre » dont il donne une vision époustouflante, à brosser le tableau de la condition ouvrière à Amsterdam, à esquisser sa vision des vieux couples et surtout à retranscrire les sentiments du héros face à la maladie. Le style d’une rare puissance traduit à merveille un sentiment d’urgence et de colère. Un premier roman percutant dont on va certainement entendre parler…
Les premières dizaines de pages très déconcertantes pourraient inciter à abandonner ce roman, ce serait dommage car quand ça démarre cela devient vraiment bluffant. – Joëlle Guinard (Les livres de Joëlle)
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Hector Mathis. Retenez bien ce nom qui pourrait s’avérer comme l’une des révélations de cette rentrée. Sur les pas d’un vagabond, il nous entraîne dans une odyssée dramatique et somptueuse.
Ce qui frappe d’abord à la découverte de ce premier roman, c’est le style, entre gouaille populaire et langue parlée, entre slam et néo-classique.
Hector Mathis choisit de nous entraîner sur les pas de Sitam, un jeune SDF, à qui il confie le soin de nous livrer sa vision du monde qui, on l’imagine, est loin d’être joyeuse. Aux côtés d’Archibald, toute sa fortune peut se résumer en quelques « conserves poussiéreuses, une bouilloire cabossée, une casserole et un réchaud. À peine de quoi entretenir un mourant. »
Cependant, si ce nouveau Boudu n’est pas sauvé des eaux, il va aussi avoir droit à une rencontre déterminante pour son avenir, celle de la môme Capu avec laquelle il croit pouvoir regarder le ciel virer du gris au rose, partager son amour du jazz et de la littérature…
Mais le bonheur n’est que de courte durée, car un sombre climat s’installe dans la ville. « Voilà que la terreur débarquait au coin de la rue. Que tout son jus se déversait en flots ininterrompus dans les artères de l’arrondissement. Le compteur à cadavres s’affolait de plus en plus. Les chiffres grimpaient sur l’écran. L’anéantissement trouvait sa jauge. Sa ligne graphique. Et nous étions aux premières loges. « Ça me débecte tout ça ! que je lui ai d’abord dit à la môme Capu. Tout est tellement dégueulasse que j’arrive plus à penser. Elle a qu’une envie l’humanité, retourner dans la boucherie. Maintenant qu’elle a bien dansé, elle veut s’amuser comme les parents. De la chair, des nouvelles recettes, saignantes, à point, crues de chez crues ! » Et si l’on tient un peu à la vie, la meilleure des choses est de fuir ce chaos pour essayer de reconstruire quelque chose et oublier les chocs, les traumatismes passés.
Pour Sitam, le voyage vers les Pays-Bas est aussi un retour aux sources. Dans son pays natal, il trouve assez vite un emploi dans un restaurant et de nouvelles perspectives aux côtés de son collègue et ami Benji, amoureux transi de la patronne. Mais une fois encore, dès que le ciel se dégage un nouveau coup de tonnerre vient mettre à néant les efforts consentis. Un coup de tonnerre au goût de sang. « Moi, je me disais juste que la patronne c’était une dégueulasse, qu’elle avait eu ce qu’elle voulait, du drame jusque dans la vie des autres et que comme ça elle était bien heureuse, parce que la mort maintenant c’était pour tout le monde et pas que pour elle… » On the road again…
Reparti sur les routes pour se sauver de la mort, notre « héros » va aussi tenter de se construire un avenir en alignant les mots et les phrases sur le papier, à essayer de transcender son voyage au bout de la nuit : « Je traquais mon roman, ma musique, partout, à travers les routes, dans la grisâtre, seul, avec Benji, sans lui. J’en avais trop. Fallait que j’écrive ! Que je m’y risque ! À jouer un air désagréable pour l’époque. À enfoncer la vingtaine ! À retenter l’enfance, cette infidèle. Ce corbillard d’imaginaire ! Fallait bien de la discipline pour préparer l’encéphale à fabriquer de la chair d’inconnu, des châteaux de boue, des viandes de chimères. »
Entre Céline et le Mars de Fritz Zorn, notamment pour la maladie qui ronge lentement Sita, Hector Mathis a su trouver sa propre voix. Une voix que nous ne sommes pas près d’oublier ! – Henri-Charles Dahlem (Ma collection de livres)
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De prime abord, c’est par quelques pages bien nébuleuses et énigmatiques que l’on entre dans ce roman. On commence par ne pas y comprendre grand-chose, si ce n’est un genre de fuite ; un truc sans queue ni tête, sans scénario ! Un rodéo nocturne.

Sitam et sa Capu ; et puis l’étrange Archibald que l’on retrouve de temps en temps. Cela commence un peu mollement, et puis c’est le chaos, l’état de guerre.
L’écriture s’emballe et devient incontrôlable. Elle sort carrément des standards de la syntaxe habituelle. Des phrases, ou plutôt des expressions lapidaires, des mots qui claquent, qui chahutent. Des mots qui dansent ; des mots rythmés, scandés sans laisser la moindre respiration au lecteur. Tout y passe : son amoureuse, son roman qu’il souhaite mener à son terme, sa maladie, la mort qui rôde, la guerre…

Peu importe l’histoire ; d’ailleurs y en a-t-il une ?

Le lecteur n’a d’autre choix que de se laisser embarquer dans un tourbillon, un truc sans cadre, une folle histoire, une espèce d’urgence qui s’impose à l’auteur et au lecteur.

Curieux roman, premier de l’auteur du reste, que K.O, écrit par un écorché vif qui ne semble pas avoir le temps et comble ce manque dans une logorrhée qui nous laissera, nous aussi KO !

K.O de par son écriture si particulière ne plaira sans doute pas à tous. Contre toute attente, il a su me séduire au –delà de ce que je pouvais imaginer. – Myriam Veisse (Le blog de Mimi Pinson)

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Les premiers mots sont posés, m’amenant à imaginer Grand Corps Malade slamer ce texte, là, au détour de ma rue, seul. Hector Mathis joue avec les mots, rythme son phrasé pour nous mettre K.O. Ce texte, porté par la musique, est une véritable réussite. J’ai été hypnotisée par cette voix, ce style et cette urgence d’écrire en phrases courtes. K.O. est un roman lumineux qui ne laisse pas indifférent. Il émerveille et donne une place de choix à la musique dans nos vies, nous donnant l’élan pour avancer encore et toujours. Croyez-moi K.O. va vous surprendre et vous en redemanderez ! – Héliéna Gas (Mes écrits d’un jour)

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« K.O. » n’a pas été une lecture pour moi… Hector Mathis sait manier avec brio les mots, tel un slameur. Ses mots percutent les pages, se lisent comme ils sont écrits! La plume de l’auteur est impressionnante et vive peut-être trop vive justement… J’aime les romans aux phrases qui tapent mais dans « K.O. », je n’ai malheureusement pas apprécié à sa juste valeur ce style si particulier… Cela est peut-être dû à l’histoire en elle-même… Hector Mathis nous livre une histoire assez triste, sans trop d’espoir avec son personnage Sitam (anagramme de Mathis) et sa folle quête de fuir la « guerre » (les attentats terroristes), quête louable de nos jours mais celle-ci n’est pas emplie d’espoir comme nous pourrions le croire, non… Cette quête est emplie de désespoir, trop de désespoir pour un jeune homme d’une vingtaine d’années… Le personnage multiplie les rencontres mais Sitam fait en sorte de les gâcher alors qu’elles lui apportent du bien: la môme Capu qu’il abandonne sans un mot comme son ami Benji, Lariol qui doit l’aider pour la publication de son roman… Ces personnages sont là pour l’aider mais lui, préfère les abandonner… Sitam rencontre la maladie et l’auteur plonge son lecteur dans un hôpital à la Kafka (un des passages dont j’ai apprécié le style aimant l’univers de Kafka!)… Pour moi, ce roman est beaucoup trop désespéré pour pouvoir l’aimer… Malheureusement, il ne me restera pas grand chose de « K.O. » de Hector Mathis mais cela reste mon avis. – Sybil Lecoq (Un brin de Syboulette)

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« K.O. » est un long monologue rythmé comme un morceau de musique. Le tout est de savoir si on y entre ou pas, si la mélodie est agréable à l’oreille ou dissonante, trop stridente.

Sitam est un vagabond de la vie. Nous ne saurons pas grand chose de son passé, de son histoire, avant les événements qui marquent les débuts de son récit. Nous faisons sa rencontre alors qu’il marche vers un chalet abandonné qu’il connaît déjà. Il est occupé par un autre SDF, Archibald, visiblement malade, à qui Sitam va raconter ce qui lui est arrivé depuis le soir des attentats de Paris. Sitam et la môme Capu décident de fuir loin de la ville, passent par la banlieue, repartent en Hollande et puis…

L’écriture est entêtante, les personnages désespérés et vivants, nous les croisons au gré des errances de Sitam, nous les voyons s’animer, nous avons à peine l’impression de bien les connaître, puis nous sommes obligés de les quitter, parce qu’il faut à nouveau s’échapper… Mais comment éviter ce qui nous ronge de l’intérieur?

A chaque fois que Sitam fait un choix, j’ai eu envie de freiner des quatre fers, mais, l’estomac retourné, je n’ai pu que le suivre. Autant dire que le livre m’a pris à rebrousse-poil. Il y a pourtant quelque chose d’hypnotique qui m’a accrochée à la lecture. Le passage où Sitam parle du jazz est peut-être celui qui peut le mieux rendre compte des impressions qui s’éveillent d’une page à l’autre…

Je l’ai donc terminé, j’ai tourné la dernière page avec un certain soulagement, sans avoir bien compris où cela était censé m’amener. A la constatation de l’absurdité du monde? Ou à celle que la vie vaut la peine d’être vécue, parce qu’elle est riche et misérable, lumineuse et accablante? Il me reste l’idée totalement subjective que l’incapacité de Sitam à rester dans un lien, même bienveillant et positif, ne le mène pas bien loin, malgré les kilomètres… Etait-ce le but?

Qu’est-ce qui nous plonge dans le chaos évoqué dans le titre, qu’est-ce qui nous ramène sans cesse à la solitude ultime de la condition humaine, les événements extérieurs, sur lesquels nous n’avons pas prise, ou notre difficulté à être avec un autre que nous? Les deux… J’en retiens les personnages très bien dépeints, attachants, imparfaits et émouvants. Les mots justes et affûtés, également.

A chacun de se faire une idée: ouvrir le livre, écoutez Sitam et sa partition. C’est un voyage rapide  et scandé, percutant et envoûtant comme son débit de parole. – Chiara Aquino (chiccacoccaunpeude)

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K.O. ou chaos ? Et si c’était la question que pose finalement ce premier roman d’Hector Mathis…

Par un soir étrange, dans la cabane du garde-chasse en bordure d’un château tout au fond de la forêt, au son d’un saxo joué ou imaginé par le vieux Archibald, qui tousse et écoute, écoute et tousse, le lecteur emboite le pas de Sitam. Le narrateur est un jeune homme amateur de jazz, poète à ses heures – un double romancé de l’auteur peut-être ? – tout comme Sitam pourrait être un double imparfait et inversé de Mathis ?

Avant cette cabane, avant cette rencontre, il y a eu Paris, un logement prêté, une vie de bohème. Sitam et sa môme Capu,  fauchés comme les blés, s’aiment en musique en savourant chaque seconde. Puis survient le chaos, les coups de feu, les attentats, les bombes et la ville qui bientôt  pourrait se refermer sur eux. Ils partent, vite, loin, vers Grisaille, l’ancienne ville de Sitam…

Cette fuite sonne le début de leur longue marche à travers la campagne vers la zone, la banlieue, puis l’autre ville. Rejoints par Benji, amoureux fou d’une aubergiste folle, la vie passe loin du vacarme. Jusqu’au jour où… Là ce sera non pas seulement la banlieue, mais Amsterdam, une autre ville, une autre langue, un autre pays.

Au même moment, Sitam ressent d’étranges douleurs. Examens, hôpital, personnel soignant débordé, la maladie est là, sournoise, qui va le détruire peu à peu. Une fois de plus, il quitte tout.

Dans le rythme et le style du personnage principal, il y a un soupçon de la course effrénée du voyageur au bout de la nuit… Dans cette fuite, dans la maladie, la folie, la pauvreté, mais aussi la solidarité des va-nu-pieds, l’amitié, la poésie parfois. C’est écrit dans un style étonnant, mais qui m’a rapidement lassée, surtout dans la relation avec Archibald. Car cette écriture m’a comment dire, fatiguée. Il m’a manqué quelque chose, un je ne sais qui qui m’aurait rendu attachants ces différents personnages. Là je les ai à peine survolés, sans pouvoir réellement ni les entendre, ni les comprendre, ni les aimer ou les haïr d’ailleurs.

Dans ce texte il y a pourtant la musique et la musicalité des mots, l’écriture et la poésie, c’est rythmé et ça balance parfois comme la vie, bercé par l’éphémère et le provisoire, mais trop sans doute. Alors il m’a manqué un je ne sais quoi, peut-être parce que ce rythme m’a rappelé d’autres auteurs et surtout m’a embarquée dans trop de situations ? – Dominique Sudre (Domi C Lire)

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Ça swingue, ça percute, ça dissone ce premier roman. Ça surprend d’abord, soyons honnête, pendant les trente premières pages on se demande dans quoi on est tombé avec ce rythme oppressant, cette langue qui prend ses aises sans aucune précaution vis à vis du lecteur. Qui est donc ce narrateur, abrité dans les dépendances d’un château désaffecté avec un clochard mourant nommé Archibald ? Que fuit-il exactement ? C’est l’objet de l’histoire qu’il raconte à Archibald. C’est une histoire d’urgence, habitée par la colère. L’histoire d’un homme qui tente de fuir la mort, matérialisée par les attentats qui mutilent les capitales européennes, qui trouve refuge à Amsterdam avec sa petite amie, et apprend à jouer avec les mots au contact d’un français, chef d’équipe de l’imprimerie dans laquelle il a trouvé à s’employer. Les mots qu’il avait déjà pour ambition d’assembler pour en faire un roman. Mais pas le temps de souffler. La mort revient cogner à sa porte et cette fois, c’est lui qui est directement visé. L’intrus est dans son propre corps. Désormais, l’urgence le hante.

On ne peut pas rester indifférent à la violence qui se dégage de ce roman, façon d’extérioriser une colère qu’on ne sait plus très bien contre qui diriger. Ce monde qui a perdu le nord ? Le destin qui condamne au hasard et de façon irrémédiable un homme dans la vingtaine ?

« Ma colère. Éjaculation du mauvais sang ! La jouissance de l’insupportable. Dire des mots plus hauts que soi c’est ce qui donne de l’élégance à la médiocrité, de l’épaisseur aux raccourcis ».

Il y a une force incroyable dans ce langage à la fois direct, inventif et sans concession, dans cette tonalité syncopée qui ne laisse pas respirer. Ces mots qui cognent, au sens propre comme au figuré et finissent par prendre aux tripes lorsque le lecteur comprend enfin les sensations qui motivent colère et urgence. Oui, c’est un texte singulier, dans lequel on ne se lasse pas de piocher, de souligner, de noter des phrases qui font écho et interpellent. Mais également un texte qui célèbre la littérature, l’amitié et le jazz, comme une façon de garder espoir malgré tout. Pour moi, l’un des premiers romans marquants de cette rentrée, sans aucun doute. – Nicole (Mots pour mots)

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