Ivoire – Niels Labuzan

“Tant que l’homme pense que ses faiblesses peuvent être compensées par de la bile, du foie, des pattes, des griffes, qu’il lui suffit de consommer ou d’accumuler des parties animales pour guérir ou pour exister, tant que les pays consommateurs de cornes, d’écailles et autres produits issus de la faune sauvage ne décident pas d’interdire ces pratiques et de les condamner, le braconnage prospérera toujours plus.”

Ivoire

Au Botswana, les animaux, et en particulier les éléphants, ont trouvé un refuge : des hommes veillent nuit et jour pour préserver la vie sauvage. C’est là que le combat a été engagé avec la plus grande volonté contre le braconnage. Les personnages de ce roman sont tous partie prenante d’une guerre bien particulière qui se joue en Afrique mais qui nous concerne tous. Douaniers, rangers, militaires, éleveurs, civils, braconniers… ils tuent ou protègent, vivent au milieu de ces paysages grandioses, entourés de ces animaux qui ont pu conserver leur liberté et leur dignité. Tous connaissent le prix de ces vies, savent ce que certains hommes sont capables de faire pour de l’ivoire ou une peau. Parmi eux il y a Seretse, qui travaille pour le gouvernement du Botswana, Erin, qui a quitté la France pour vivre dans une réserve et Bojosi, un ancien braconnier reconverti en garde. Ils n’idéalisent pas la nature, ne la sacralisent pas, ils y vivent, la protègent et pourraient y mourir.
Un roman superbe qui interroge les liens de l’homme avec la nature et le monde sauvage.
Pour ma part, ce roman m’a sensibilisée, marquée et fait prendre conscience de la responsabilité que nous avons tous.
Très belle écriture.  – Gloria Rodriguez
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Aidé d’une solide documentation et d’un séjour au Botswana, Niels Labuzan nous propose une réflexion sur la place des animaux sauvages en Afrique sous la forme d’un thriller. Passionnant !
Ce qui frappe d’abord en lisant «Ivoire», c’est la somme d’informations – qui font souvent froid dans le dos – que l’auteur a rassemblé. Comme le rappelle Le Monde, Niels Labuzan a passé des mois à rechercher et trier la documentation avant de se rendre au Botswana, en avril 2017 : «Il a étudié les ­enquêtes d’Interpol sur le trafic d’ivoire et compulsé des articles sur les massacres d’éléphants commis au Cameroun ou au Congo par des janjawids, les sinistres miliciens soudanais, échappés du Darfour.»
Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien davantage un roman d’aventures, un thriller qu’une thèse sur le trafic d’ivoire qu’il nous propose. Dans les somptueux paysages de l’Afrique encore sauvage, une course contre la montre est lancée pour préserver une faune de plus en plus menacée. Si l’éléphant figure en début de cette terrible liste, c’est qu’il voit tout à la fois son milieu naturel subir les assauts de l’homme et du climat et les braconniers les abattre à une cadence infernale. La Tanzanie a perdu 60% de ses éléphants en cinq ans, le Mozambique presque 50%. Le delta de l’Okavango peut sembler un sanctuaire, mais la menace se fait de plus en plus forte et visible. Face à une organisation mafieuse bien structurée, bien équipée et qui génère des milliers de dollars de bénéfices les rangers font ce qu’ils peuvent. Un soutien leur est apporté par Erin, une Française bien décidée à contrecarrer les trafiquants en traçant une carte des routes de l’ivoire. «Ça l’avait occupée pendant des années, avoir une vision claire du trafic, de la complexité de ces échanges globalisés. Elle était certaine de pouvoir exposer la manière dont la marchandise quittait le territoire africain et était acheminée à travers le monde. Elle avait réfléchi à la façon dont elle pourrait infiltrer un réseau de contrebande.»
Au moment où s’ouvre à Kasane une conférence chargée de faire le point sur les mesures prises au niveau international, on apprend que trente cadavres d’éléphants ont été retrouvés en RDC. Le secrétaire permanent Felix Masilo décide alors d’envoyer Seretse, au service du gouvernement du Botswana, pour une mission délicate: intégrer des défenses équipées d’un traceur dans un chargement de défenses d’un réseau de contrebande.
Arrêtons-nous du reste sur les acteurs de ce trafic qui réservent aussi quelques surprises, comme par exemple le fait qu’une femme soit à leur tête. Yang, une Chinoise qui avait «eu l’occasion de faire passer deux défenses braconnées en Chine, pour un couple de touristes, gagnant en un aller-retour ce qu’elle gagnait en un mois comme traductrice» et qui en une quinzaine d’années avait monté un réseau florissant car 70% de l’ivoire des éléphants tués en Afrique partent en Chine.
Celui qui est familier des règles de ce milieu est Bojosi. Aujourd’hui garde d’un territoire qu’il connaît parfaitement, il a été braconnier et se fait fort d’infiltrer leur milieu. Une opération risquée à l’issue des plus incertaines.
Niels Labuzan réussit parfaitement à nous sensibiliser à cette question en nous menant au cœur de cette opération, en nous faisant découvrir des tonnes d’ivoire, en nous expliquant les enjeux politiques et économiques de ce marché et en nous offrant un épilogue aussi dramatique que spectaculaire. – Henri-Charles Dahlem
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Un premier roman qui nous transporte en Afrique et dans les forêts, les réserves, et va nous parler surtout du trafic d’Ivoire et du braconnage des éléphants. Même si des mesures sont mises en place par les pays : grande messe de protection, lois édictées, parcs-réserves labellisés pour protéger les animaux. Le trafic perdure et intéresse le monde entier. A travers plusieurs personnages, l’auteur nous décrit ce monde de la nature sauvage mais aussi le système de trafic. Chaque personnage est bien campé et il décrit très bien les ambivalences de chacun. Internationaux, l’ivoire intéresse tous : certains ont décidé de consacrer leur vie à la sauvegarde des éléphants. Un beau portrait de cette femme britannique, qui dirige une réserve et qui tente de lutter contre les braconniers. Elle va monter avec des politiques locaux, un portrait d’un jeune homme qui vient d’être nommé dans un ministère, un piège pour réussir à trouver les chemins des trafics. Très documenté, ce livre nous décrit très bien chaque situation, chaque personnage. Une lecture où l’on en apprend beaucoup mais qui se lit aussi comme un roman policier, car on va suivre de mystérieuses cornes d’ivoire, à travers l’Afrique, mais on va rencontrer des conservateurs français (je viens de visiter le nouveau ancien muséum de Bordeaux où il y a d’ailleurs certains spécimens d’animaux aujourd’hui disparus), une Britannique qui dirige une réserve, des anciens braconniers qui sont devenus des rangers, une chinoise qui va faire fortune avec ce trafic de l’or blanc mais l’auteur va aussi nous raconter le monde des éléphants (quelques références aussi à Dumbo, dont l’adaptation de Tim Burton vient de sortir en salles). J’ai beaucoup apprécié cette lecture, car j’ai découvert un univers. Un très réussi roman et je vais lire le premier texte de cet auteur. Merci encore aux fées du groupe des 68premièresfois de me faire lire de tel texte.  – Catherine Airaud
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Un roman qui nous parle de l’extinction de la faune sauvage et plus particulièrement des éléphants d’Afrique et du trafic autour de leurs défenses.
Nous sommes tous conscients du péril encouru par de nombreuses espèces animales ; nous avons tous entendu parler du braconnage, des chasses organisées pour les touristes fortunés et du commerce illégal de l’ivoire ou encore de la corne de rhinocéros… Oui, mais c’est loin ; cela concerne l’Afrique et il y a comme un décalage entre la prise de conscience et le fait de se sentir personnellement concerné.
C’est un peu le propos de ce roman : nous plonger dans la réalité de la lutte pour la préservation des éléphants du Bostwana. Niels Labuzan met entre nos mains un roman d’aventure mais aussi un essai romancé sur l’action des hommes sur le monde sauvage entre motivations mercantiles, enjeux divers et variés et grands idéaux.
Le titre donne le ton : l’éléphant a perdu son identité animale, sa prestance et sa place dans la faune sauvage, réduit à la substance de ses défenses et au profit que l’on peut en tirer, ramené à une partie de son corps. On appelle cet effet de style une synecdoque.
D’abord, j’ai pris une carte de l’Afrique centrale et australe sous les yeux pour bien repérer les territoires car il est évident que Niels Labuzan nous propose un vrai dépaysement et que les lieux ont une grande importance dans le récit ; les zones et les surfaces à couvrir, à surveiller, à parcourir, à prendre en compte dans tous les sens prennent ainsi forme et surtout ampleur.
Les personnages viennent d’horizon différents, d’Afrique, d’Europe et d’Asie ; ils appartiennent aux types de protagonistes des romans d’aventures, trafiquants sans scrupules, braconniers, rangers, défenseurs de l’environnement, fonctionnaires zélés ou corruptibles… Pris individuellement, leur parcours explique et motive leurs actes quel que soit le camp où il se trouve, même quand ils en changent ; ils ont chacun leur part de mystère, leurs zones d’ombre et de lumière et l’auteur a travaillé leur psychologie au-delà de leur simple rôle ou place dans le trafic à démanteler ; il est question de couples, de familles, de relations mère-fils…
L’écriture est fluide et agréable, aérée et efficace, à la fois didactique et pleine de suspense. Niels Labuzan sait manifestement de quoi il parle : sa fiction est construite sur du solide, du vérifiable et du vraisemblable. On dévore facilement les 350 pages, pris dans l’action, savourant le stratagème mis en œuvre pour remonter la filière.
Le dénouement est complexe : les héros ont fait leurs choix, pas forcément ceux qui paraissaient les plus en phase avec ce qu’ils étaient. Le roman a une fin mais les choses continuent… Niels Labuzan nous a placé au cœur de l’action pour nous montrer de près l’un des travers de notre époque et c’est superbement réussi.
Un bon livre sur un thème d’actualité.
Une approche intéressante et originale.
Le premier roman de Niels Labuzan, Cartographie de l’oubli, me tente bien, toujours sur l’Afrique et la problématique coloniale. – Aline Raynaud
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Un livre essentiel, à offrir aux amis, à diffuser dans toutes les écoles pour rappeler l‘esclavage des hommes, leur cupidité aussi qui organise des réseaux mafieux pour piller la nature, décimer des espèces animales dans le silence assourdissant du monde indifférent.
J’ai une grande admiration pour cet écrivain,  son travail d’investigation, sa plume qui nous offre un véritable thriller, son message qui nous rappelle que ceux qui tiennent les fusils sont aussi souvent, comme leurs proies, les victimes de la folie destructrice de certains hommes sans foi ni loi .
Un livre d’une brulante actualité où hier encore, une prise colossale de défenses d’éléphants et d’écailles de pangolin a été faite …une petite victoire dans un monde qui meurt.
Une rubrique qui rappelle que le dernier rhinocéros blanc vient de s’éteindre … – Christiane Arriudarre
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L’extinction de certaines espèces animales.
La folie des hommes prêts à tout pour de l’argent et l’engagement viscéral de quelques uns pour combattre le trafic d’ivoire.
C’est de tout cela dont parle « Ivoire » de Niels Labuzan.
Le Botswana, un pays engagé dans la lutte contre le braconnage, a beaucoup de mal à contenir le trafic et à le réduire car la corruption est très présente parmi ceux sensés défendre l’éléphant. Nous découvrons ce qui s’y déroule à travers principalement les yeux et le vécu de trois personnes. Erin, une femme, qui a tout quitté pour poursuivre un idéal. Bojosi, un braconnier repenti devenu ranger mais malheureusement rattrapé par son passé, par amitié. Seretse, rejeté par les siens, pauvres et démunis, car il a réussi à sortir de sa condition grâce à des études. Deux autres personnages secondaires mais non moins odieux et criminels : Thanu, un chef braconnier sans foi, ni loi. Si, la sienne ! et Yang une ancienne prostituée chinoise à la tête de réseaux de trafic d’ivoire.
Dès les premières pages l’auteur ne nous épargne pas. Le lecteur assiste à la mise à mort de l’animal et au carnage qui en résulte. Pour quelle raison l’éléphant perd t’il la vie ? Uniquement pour deux dents ! L’éléphant a beau être le plus grand animal terrestre, il est « sans défense » face à ses hommes armés jusqu’aux « dents » !!! Des hommes sans états d’âme juste animés par le gain, agissant pour quelques poignées de dollars souvent pour eux-mêmes survivre. Par la suite Niels Labuzan nous décrira les différentes formes de braconnage : au fusil, à la machette, à l’aide de produits chimiques qui ne tuent pas que l’animal mais l’environnement et par extension d’autres hommes.
Niels Labuzan, vibrant « défenseur » des animaux, utilise une écriture directe, « incisive » presque chirurgicale parfois. Il a choisi un thème rarement abordé dans les romans et pourtant si important. Il pousse un cri d’alarme et maîtrise parfaitement son sujet. Le lecteur passe par toutes les émotions : l’effroi devant le carnage, la tristesse de découvrir le piège dans lequel tombe Bojosi, l’espoir qu’Erin et son équipe parviennent à infiltrer la filière de l’ivoire et ainsi pour voir la détruire.
Bien que l’écriture soit seulement efficace et la fin un peu confuse, je ne peux qu’encourager tout le monde à lire « Ivoire » car plus il y aura de personnes informées et sensibilisées à la cause animale plus il sera possible de renverser la tendance et d’espérer arrêter ce trafic immonde.  – Françoise Le Goaëc
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Lorsque j’ai refermé la dernière page de Ivoire, je me suis demandée si je n’allais pas consacrer toutes ces heures que je passe à lire à des romances, des histoires d’héroïne aux yeux violets, belle, riche, fiancée à un merveilleux jeune homme et pour l’intrigue juste un petit quiproquo qui s’arrangerait à la fin. Et surtout, surtout, pas d’animaux. Je serai même prête à exiger le label « aucun animal n’a été maltraité même en pensée dans ce roman ». Voilà ce que je me suis dit.
Parce que lorsqu’on termine Ivoire, de nombreuses émotions négatives vous envahissent les pensées . De la colère, du désespoir, de la tristesse, de la pitié et surtout un immense sentiment d’impuissance.
Que faire en effet pour endiguer cette progression inexorable vers la disparition de nombreuses espèces d’animaux ? On ne parle même pas des hécatombes liées au changement climatique, mais juste de la tuerie organisée sur le continent africain, qui nourrit une foule d’intermédiaires qui ne voient que le profit immédiat. Le commerce de l’ivoire aura beau être banni officiellement en Chine, les réseaux commerciaux illégaux continueront de fleurir, jusqu’à ce que le manque de denrée première, c’est à dire les éléphants, ne donne plus de possibilité aux trafiquants. Mais même alors, il faudra que les pangolins et les ânes fassent attention à leurs fesses, car ils seront les nouvelles proies.
Niels Labuzan nous offre là un roman qui explique bien les tenants et aboutissants de ce trafic et le règne universel de l’argent au mépris de toute considération pour la vie, qu’elle soit humaine ou animale.
Certes on voit bien que la lutte est présente, mais peu efficace.
C’est très instructif, assez décourageant, et cela aurait mérité 5 étoiles si quelques tournures maladroites ne m’avaient posé problème à la lecture.  – Chantal Yvenou
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La lutte contre le braconnage et le trafic d’ivoire est au cœur de ce roman. Pour protéger les éléphants, Erin, responsable d’une réserve au Botswana, met en place un piège destiné à remonter la filière des braconniers et des trafiquants. Mais son projet bouleverse l’existence de ceux qui, parfois à contrecœur, lui apportent leur soutien. Étayé par de solides informations sur la situation en Afrique et sur le processus d’extinction des espèces sauvages, le récit s’inscrit dans les sublimes paysages de l’Afrique australe et devient lyrique pour évoquer les éléphants.
Un roman qui aurait dû m’enthousiasmer, donc. Mais j’ai été impatientée par l’écriture qui, à mon sens, manque de fluidité et qui a donné à ma lecture un côté trébuchant, saccadé, me faisant souvent perdre le fil du récit. La construction des phrases m’a paru lourde, maladroite et parfois syntaxiquement discutable . Par exemple la phrase « Les savoir braconniers, peu importe à quel niveau, était différent que la certitude de les savoir misérables » (p.110) m’a fait sursauter et j’ai dû la relire plusieurs fois avant de la comprendre. De même, p.124, « Assis sur une caisse en plastique bleu, Seretse aperçut son frère, une combinaison sale sur le dos. » : contrairement à ce que l’apposition suppose, c’est le frère de Seretse qui est « assis sur une caisse ». L’emploi et le rôle des phrases nominales m’ont gênée car je n’en ai pas toujours perçu la justification, ni la force évocatrice qu’elles auraient pu posséder.
Pour moi, cette accumulation de maladresses dessert le propos et la puissance des thèmes qui sont abordés. C’est regrettable car les passages poético-philosophiques sur les comportements des éléphants sont très réussis et fascinants. – Sophie Gauthier
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Voilà encore un roman que je n’aurais jamais lu sans les 68premieresfois, le thème ne m’aurait pas spécialement attiré, la couverture ne m’aurait pas tapé dans l’œil, l’auteur m’est inconnu. Bon ça c’est le principe, découvrir des premiers (voire second ici) roman français.
Dans ce roman, on parle d’un sujet spécifique à notre époque : la disparition de certaines espèces d’animaux sauvages, pour cause de surexploitation et de braconnage. Comme le titre l’indique, l’auteur s’est principalement intéressé aux éléphants et à leur ivoire si convoité, notamment par les pays asiatiques.
Il y a Erin, jeune française responsable d’une réserve naturelle au Botswana. Il y a Bojosi, ancien trafiquant repenti devenu rangers. Il y a Yang, l’une des plus grandes acheteuse d’ivoire. Il y a Seretse qui travaille au ministère et qui ne sait pas vraiment où est sa place et quel est son devoir. Et il y a surtout les éléphants. Comment faire pour les sauver, pour stopper ce trafic ?
On sent que l’auteur s’est énormément documenté, sur les réseaux, sur les trafics, sur les populations locales, sur les différents pays africains leurs lois et leurs coutumes en la matière, sur les raisons qui poussent certains à braconner. Certains passages du roman tiennent plus du documentaire et au final, l’intrigue est bien secondaire. Ce roman est vraiment là pour dénoncer et alerter. Une lecture instructive pour ma part mais j’aurais aimé que les personnages et l’intrigue soient plus développés. Mais j’ai beaucoup apprécié l’immersion dans le bush, dans la nature sauvage. – Marie-Anne Pittala
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Allez savoir pourquoi, en lisant les quelques premières pages du nouveau roman – c’est son deuxième – de Niels Labuzan, « Ivoire », j’ai pensé que je n’irais pas au bout. Je m’étais trompée. Je l’avais commencé au mauvais moment et j’ai bien fait de le reprendre.
Il s’agit là à la fois d’un roman d’aventures, d’un documentaire fouillé quant au trafic de l’ivoire en Afrique et de la destruction des éléphants, et de portraits de personnages divers et attachants. Erin, Seretse, Bojosi, en font partie qui se liguent pour contrer les braconniers tueurs de pachydermes. Tracer une défense à l’aide d’une puce pour les confondre fait également de cet ouvrage une sorte de thriller.
J’ai été impressionnée par la somme d’informations relatives au commerce illégal que l’auteur nous dévoile. Il m’aurait toutefois été plus agréable qu’elles se fondent dans le texte, qu’elles soient totalement intégrées dans le récit, qu’elles ne fassent pas l’objet d’un chapitre particulier. La lecture en aurait été plus fluide. Pour autant, j’ai trouvé très intéressant le choix de vulgariser ce sujet des plus importants, de le choisir pour thème d’un roman, d’alerter les consciences autrement que par des articles parfois abscons. J’ai aussi aimé les différents protagonistes, leurs caractères trempés, leurs ambitions, leur ténacité dans le combat qu’ils ont choisi de mener.
Je n’ai, en revanche, pas été transportée par l’écriture : « Bojosi s’était levé tard…il sentit la vibration dans sa poche. Il ne s’en méfia pas, ne pensa pas que cet appel, il regretterait d’y avoir répondu, comme tous les autres qui allaient suivre. » Cette construction ne m’a pas semblé d’une grande élégance… et « Seretse se souvint des mots du secrétaire permanent, On sait à quoi s’attendre, oui, il s’attendait à ça et il y avait droit. » Pas davantage. Pour moi qui accorde tant d’importance à l’équilibre entre la forme et le fond, il en fut ainsi trop souvent. Je le regrette car je n’ai hélas pu apprécier les idées développées autant que je l’aurais souhaité.
« Ivoire » reste pour autant un ouvrage important sur l’avenir d’une espèce menacée. – Geneviève Munier
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Très belle découverte encore une fois.
J’ai beaucoup aimé ce livre qui mélange reportage, documentaire et pollar.
Une enquête au cœur du bush africain où nous suivons un animal majestueux et tout le trafic qui est fait autour des éléphants.
On sent que l’auteur s’est vraiment documenté pour rédiger ce livre et au-delà de passer un bon moment, le livre étant vraiment bien écrit, on en apprend beaucoup sur cette triste réalité qu’est le trafic d’ivoire.
La justesse de l’écriture se ressent également dans les descriptions de l’auteur qui ne condamne pas forcément tous les acteurs prenant part à ce trafic car certaines personnes n’ont pas le choix et ne voient pas forcément les implications que cela engendre, trop focalisées qu’elles sont à penser au lendemain.
Une justesse qui fait écho à l’actualité, on parle beaucoup du réchauffement climatique, des gestes et engagements à faire pour notre planète et la protection des animaux, fait à mon sens partie de ce combat.
Ivoire est une lecture nécessaire qui en plus d’être agréable à lire est d’une grande justesse et qui nous donne envie d’en apprendre encore davantage sur ce sujet. – Ana Pires
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C’est un roman que j’avais envie de lire et qui me permettait d’aborder un univers que je ne connaissais pas finalement et qui est assez peu traité à part par des faits divers où les trophée de chasse exhibés mènent à des tensions extrêmes.
Une héroïne, presque romantique a fait de l’Afrique un lieu où régler ses comptes pour protéger cette terre sacrée et ceux qu’elle porte.
Alors on met tous les moyens nécessaires à disposition pour suivre ce vaste chantier d’échanges pour réduire en poudre ce qui, sur un autre continent, promet mille merveilles.
La question est posée de savoir si on peut vraiment tourner le dos à un passé de braconniers ou si le destin ne peut que s’acharner.
Ce roman donne envie de se documenter et de mieux suivre les prises de pouvoir en Afrique. – Delphine Palissot
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Le roman pose la question de la préservation des espèces animales en Afrique, notamment des éléphants, victimes de braconnage au profit d’un trafic qui s’étend jusqu’en Asie. On y découvre les liens qui existent d’une part entre gouvernement et cellules indépendantes de défense des animaux et d’autre part entre des braconniers, maillon d’une chaîne qu’ils ne maîtrisent pas totalement et acheteurs. L’ivoire au cœur d’un trafic pourtant officiellement interdit depuis fin 2017 mais qui continue de tuer au profit de groupuscules qui travaillent dans l’illégalité. On suit principalement Erin, ethnologue française qui a quitté son pays pour le Botswana, Seretse envoyé en mission par le gouvernement et Bojosi ancien ranger forment un trio improbable qui va tenter de piéger des braconniers.
Niels Labuzan offre un roman très instructif, riche d’une documentation étayée (l’auteur est parti au Botswana), aux allures de thriller. Le lecteur est pris en témoin d’une époque où l’Homme détruit la nature pour survivre ou pour l’appât du gain, souvent dans l’ignorance de ceux qui tirent les ficelles de ce commerce illégal. Un roman à lire à l’heure où l’on parle d’extinction de certaines espèces animales. On en sort informé mais profondément triste et mal à l’aise. – Marine Bongiovanni
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Avec Ivoire, Niels labuzan veut nous sensibiliser au problème de la disparition prochaine des animaux sauvages, et plus particulièrement de celle des éléphants. Il semble bien connaître l’Afrique Noire dont il dénonce la pauvreté, la corruption, la cupidité, qui expliquent la mise à mort de nombreux éléphants. Il dénonce aussi la demande toujours croissante d’ivoire venant en grande partie d’Asie. Ce roman est un vibrant plaidoyer contre le braconnage. Il est très bien documenté sur l’Afrique, les populations d’éléphants, les difficultés dans les réserves, les efforts de certains gouvernements mais c’est fouillis et je m’y suis perdue. Je ne suis pas arrivée à m’attacher aux personnages.
Les phrases sont souvent courtes, nombreuses sans verbe. Ça donne de la modernité et du dynamisme au texte mais ça a fini par me gêner.
Dans ce roman j’ai apprécié l’originalité du thème rarement traité, son actualité mais je regrette sa forme. Ma déception tient peut-être au fait que j’en attendais beaucoup. Il est urgent de parler des espèces animales en danger et pour cela quoi de mieux qu’un bon roman ! – Françoise Floride-Gentil
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Au Botswana, du delta de l’Okavango à la rivière Chobe, les animaux, et en particulier les éléphants, ont trouvé un refuge : des hommes veillent nuit et jour pour préserver la vie sauvage. C’est là que le combat a été engagé avec la plus grande volonté contre le braconnage. Les personnages de ce roman sont tous partie prenante d’une guerre bien particulière qui se joue en Afrique mais qui nous concerne tous. Douaniers, rangers, militaires, éleveurs, civils, braconniers… ils tuent ou protègent, vivent au milieu de ces paysages grandioses, entourés de ces animaux qui ont pu conserver leur liberté et leur dignité. Tous connaissent le prix de ces vies, savent ce que certains hommes sont capables de faire pour de l’ivoire ou une peau. Parmi eux il y a Seretse, qui travaille pour le gouvernement du Botswana, Erin, qui a quitté la France pour vivre dans une réserve et Bojosi, un ancien braconnier reconverti en garde. Ils n’idéalisent pas la nature, ne la sacralisent pas, ils y vivent, la protègent et pourraient y mourir. Un superbe roman qui ne m’a pas laissé indifférente. Le thème du braconnage est difficile c’est un monde tribal. C’est pourquoi j’ai trouvé cette histoire émouvante et terrible à la fois. On s’attache aux différents personnages. Un récit qui créé un lien entre les hommes et les animaux. Ceux qui les protègent et ceux qui les tuent.  – Hélène Grenier

Prêts pour la rentrée littéraire 2019 ?

Cette année, le coup d’envoi de la Rentrée Littéraire sera donné le… 14 août ! De plus en plus tôt. Nous commençons à peine à découvrir les premiers et deuxièmes romans (oui, depuis les deux dernières sessions nous intégrons à la sélection quelques deuxièmes romans) à paraître lors de cette rentrée qui s’annonce passionnante.

Le comité de sélection est prêt à passer de studieux mois d’été afin de concocter un bel et prometteur assortiment.

Si vous souhaitez participer à notre session d’automne, c’est le moment !

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Pour s’inscrire, il suffit d’envoyer un mail à eglantine.68premieresfois@gmail.com afin de recevoir la charte et le bulletin d’adhésion à l’association le cas échéant.

Vous verrez, les règles du jeu sont simples :

  • s’engager à lire en priorité les livres reçus afin de garantir la fluidité des voyages,
  • s’engager à chroniquer les livres lus via les outils de votre choix (blog, réseaux sociaux, sites communautaires…),
  • être toujours de bonne humeur et bien sûr être à jour de sa cotisation annuelle à l’association

Petit rappel : vous lisez à votre rythme, aucune obligation de lire toute la sélection (en moyenne une quinzaine de livres). Cependant, pour permettre une lecture par le plus grand nombre, nous vous demanderons de ne pas immobiliser un livre plus de quinze jours. Pas de pression, mais uniquement le plaisir de découvrir de nouveaux auteurs et de pouvoir échanger avec les autres lecteurs engagés dans l’aventure.

Alors ? Vous venez ? Vous avez jusqu’au 25 juin 2019 pour vous décider... sachant que les premiers envois ne seront pas effectués avant début septembre.

A très bientôt !

Suiza – Bénédicte Belpois

“Vos deux faiblesses mises ensemble, ça fait quelque chose de solide, une petite paire d’inséparables. C’est pas souvent, mais des fois, quand tu mélanges bien deux malheurs, ça monte en crème de bonheur

Suiza

Énorme coup de cœur.
Tomás a la quarantaine. Veuf d’un premier mariage, il est également un paysan reconnu des terres galiciennes. Il est rustre, colérique, violent. Et il a un cancer des poumons. La vie ne l’a pas épargné.
Suiza a quitté son orphelinat suisse pour aller voir la mer. Elle part seule, avec son air niais mais sa peau laiteuse, ses seins sublimes, son visage d’enfant et sa sensualité qui attirent tant d’hommes. La vie ne l’a pas épargnée.
Suiza travaille alors dans le bar d’Alvaro. Quand Tomás croise son regard, la pulsion est irréfrénable. Désir. Vol. Possession. L’action est bestiale.
Mais Suiza ne semble pas être la frêle captive qu’il s’attendait à avoir. Elle s’accommode de sa vie, de ses désirs, apprend la langue, la peinture. Fait de son taudis un nid douillet qui sent bon. Lui devient fou d’amour pour elle, découvre la tendresse.

« Il y a des gens qui naissent pour souffrir, Tomás, et d’autres pour qui la vie est du miel. La souffrance te fait ce que tu es, comme un arbuste de la sierra, poussé de travers à cause du vent trop fort. Mais en ton coeur tu es droit, tout le monde le sait. Tu as trouvé cette Suiza, c’est ta chance, elle aussi est une figue de Barbarie pleine d’épines au cœur sucré et doux. Les manques lui ont donné une fragilité d’oeuf, alors qu’ils t’ont donné une carapace de tortue. »

Ce livre est absolument dingue. L’écriture est tantôt masculine, violente, populaire. Puis délicate, poétique, magnifique. Benedicte Belpois nous amène là où elle veut, et on se laisse complètement embarquer dans ce roman sans se douter de ce qu’il va se passer, page après page. Éblouissant. – Marine Bongiovani

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Suiza, voici un premier roman qui ne peut laisser indifférent… L’auteur, Bénédicte Belpois, est sage-femme, apprend-on sur la quatrième de couverture. Quel petit bijou littéraire vient-elle de mettre au monde !
L’écriture est fluide et sans fioriture, précise, presque aride, à l’image du paysage de Galice qu’on découvre au fil des pages. À l’image aussi de Tomás, le narrateur, brute épaisse qui s’enferme dans le labeur pour oublier la rudesse d’une existence où la légèreté et la joie n’ont pas réussi à faire leur chemin. « La dureté était devenue plus vive, nous étions comme des pierres, surprises par une gelée d’hiver. Le plus frappant était qu’habitués à nous priver (…) nous étions devenus économes jusque dans nos sentiments, nos rapports aux autres. (…) Nous ne savions plus faire avec la douceur. (…) Sans nous rendre méchants, la pauvreté nous rendait avares de sentiments ». Et puis apparaît Suiza, petite oie blanche jugée sans cervelle, innocente, incompréhensible car étrangère, spontanée, et tellement sensuelle…
C’est l’histoire de leur amour éphémère, de l’amour d’un ogre atteint d’un cancer pour une princesse ingénue. C’est brutal, c’est parfois révoltant et parfois c’est doux, c’est souvent drôle (cynique ?) et juste, c’est tantôt cruel, tantôt émouvant, c’est beau. Comme la vie.  – Adèle Glazewski
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Mes lectures se suivent et ne se ressemblent pas. Deux premiers romans… très différents. Je viens de refermer celui de Bénédicte Belpois, « Suiza » et je reste là, émue, sonnée, remuée, bouleversée.
J’ai trouvé ce roman remarquable.
Remarquable par la qualité de l’écriture tantôt âpre, saccadée, nerveuse comme le désir de Tomàs, tantôt douce, fluide, calme, tranquille comme l’amour qui s’installe et la sérénité de Suiza. Une belle écriture sensuelle, bestiale et en même temps parfaitement dominée.
Remarquable, aussi, par le talent de l’auteure à se glisser dans la peau d’un homme qu’elle choisit pour narrateur. Ce « JE » masculin écrit par une femme empêche toute velléité de crier au machisme.
Remarquable, encore, par les personnages tous attachants. De Tomàs à Suiza, en passant par Ramon l’aide de camp, le père de substitution, Lope, jeune employé « différent », homosexuel à l’allure de prince, doté d’une sensibilité extrême, véritable seigneur, Agustina, à la fois prostituée et mère elle aussi de substitution qui prend Suiza sous son aile et même Alvaro le tenancier du bar. Ils possèdent ce petit quelque chose, ces fêlures, ces fragilités qui les rendent touchants, captivants, émouvants.
Remarquable, toujours, par le choix du décor : La Galice, Santiago, son Cap Finisterre, son soleil, sa pluie, la mer et les gaïtas. La Galice, « ma » Bretagne espagnole magnifiquement décrite dans les détails de sa diversité.
Remarquable, également, par l’intérêt de l’intrigue. Cette histoire qui passe petit à petit de la violence du désir à un amour profond, à une délicatesse des gestes, à un besoin d’entourer, de comprendre, de choyer. Chacun des deux protagonistes donne ce qu’il a en lui, Suiza, ses compétences de femme au foyer qui fait rutiler la maison, nourrit et décore, qui peint ce qu’elle voit et surtout ressent et Tomàs la douceur à laquelle il s’éveille petit à petit. Sous la houlette de Lope.
Remarquable, enfin, par le dénouement dont je ne vous dirai rien. – Geneviève Munier
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Suiza est une jeune femme qui débarque un jour dans le décor d’un village espagnol, traitant avec elle une lourde charge de souffrance passée. Jugée idiote, ses origines françaises créant un écran d’incompréhension réciproque avec le cafetier qui l’héberge, et ne se limite pas à lui fournir vivre et couvert : l’exploitation d’une jolie femme sous-entend des services en nature qui déclencherait la hargne des réseaux sociaux féministe (à juste titre).
Le jour où le narrateur croise son regard, les jeux sont faits. C’est une déflagration soudaine, une passion animale, instinctive, totale, qui s’exprime dans une grande violence que vient contrebalancer la force de cet amour. Eros règne en maître, alors que Thanatos rode. Histoire d’amour et de mort, intemporelle, universelle.
C’est superbement écrit, avec une plume dense, réaliste et imprégnée de la passion qui unit les deux personnages. On aime aussi la clairvoyance des femmes qui interviennent avec délicatesse, comme des directeurs de conscience, écoutées et respectées.
C’est le contraste entre la violence exprimée et dite, et la subtilité des messages délivrés qui fait de ce roman un écrit hors norme. S’il existe des indices permettant d’identifier l’auteur sur le plan du genre, c’est ici impossible.
Sans la révéler, j’ai détesté la fin. – Chantal Yvenou
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Certains romans ont l’art de me faire détester l’histoire lue. Puis par une alchimie qui se dévoile, une construction habile et directe, la lecture devient une curiosité voire un plaisir laissant une empreinte dans laquelle se fond une écriture, une maitrise des sens et des émotions. Il n’y a nul sentiment dans Suiza de Bénédicte Belpois. Au contraire tout est aspérité, sensualité renversante, charnelle, grave. Une banale histoire d’amour. Mais l’amour est-il banal ?
Il y a dans l’écriture de Benédicte Delpois cette lente construction de la délicatesse, des cœurs abimés par la vie, solitaire qui dans un éclat de sensualité se trouvent, se retrouvent dans la tendresse des caresses, de la vie. Nul pathos ou douleur, juste la mesure du mot, de la rugosité. Sans fioriture, direct, comme ses longs paysages désertiques espagnols, qui cachent au détour de la Sierra, des montagnes verdoyantes, luxueuses où les plages de sable fin se heurtent aux premiers monts et rochers pyrénéens. Brulant et sec, fertile et langoureux. Et pourtant, là où on pourrait s’attendre à un énième roman d’amour, l’auteur nous oblige à requalifier notre regard, à poser nos mains sur des existences qui basculent, se heurtent à la vie, dans la légèreté et le désespoir des causes jamais acquises.
J’avoue avoir sauté quelques pages, y avoir laissé quelques mots partir, n’avoir pas su entendre toute l’histoire. Mais il me reste ce quelque chose qui me fait dire que Bénédicte Belpois est une auteure à part entière, que son écriture n’est pas qu’une simple écriture mais qu’elle est arrivée à construire un roman où le charnel parle, où les sentiments se dévoilent, dans l’intensité des silences et de la beauté humaine. De réelles qualités. – Sabine Faulmeyer
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En commençant ce roman j’ai eu du mal à rentrer dans l’histoire, que je trouvais un peu longue et je ne voyais pas où cela nous mènerait.
Mais que dire de la beauté de l’écriture de l’autrice, de sa justesse dans la description des sentiments, dans la description de la part intime des personnages. Ce qui m’a fait tenir et qui m’a conquis c’est cette écriture, cette écriture qui fait que l’on s’attache à ce couple qui peut paraitre désaccordé mais qui va si bien ensemble.
C’est un roman qui pourrait paraitre « simple » car il décrit la vie d’un petit village de la campagne espagnole mais c’est tellement plus que cela. On se laisse embraser par la passion de Tomas, par la simplicité douce de Suiza, par l’osmose entre ces deux personnages. Mais aussi par les « personnages secondaires » si justes et touchants. Ramon, Lope, Josefina, Francesa, tous ont eu une vie difficile et complexe, tous ont des côtés sombres mais tous s’entraident et nous font voir la beauté de la vie.
Vrai moment de poésie, roman d’une incroyable justesse, juste merci. – Ana Pires
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Avec une voix singulière qui nous fait vibrer aux premières notes et nous touche en plein cœur, Bénédicte Belpois nous raconte une histoire d’amour hors norme. Celle qui se découvre d’abord par les corps mais qui ensuite atteint avec force deux âmes meurtries par la vie et qui n’ont jusque lors pas connu l’amour. Elle conte avec justesse et réalisme la rencontre d’un paysan machiste qui ne connaît rien aux femmes et à l’amour, et une fille perdue, considérée comme une idiote, mais qui surtout ne comprend pas l’espagnol. Des personnages forts, qui prennent, tour à tour, la parole pour nous faire part de leurs sentiments, des gestes et des échanges entre Tomás et Suiza d’abord maladroits mais qui s’ajustent, des scènes d’amour charnelles, sensuelles, brutales et sans filtre, une nature omniprésente qui nous plonge sans transition dans un village typique espagnol. Bénédicte Belpois a une voix sensible, fabuleuse, juste, qui nous transporte avec délice dans un récit que l’on ne veut plus lâcher.

Un premier roman très réussi qui nous dévoile le talent inouï de Bénédicte Belpois !

Un coup de cœur immense pour ce roman sublime !  – Lilia Tak Tak

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Ce roman est une vraie réussite sans une seule fausse note du début à la fin. En évoquant dès les premières phrases un fait divers suggérant une fin dramatique à cette histoire, l’auteure fait preuve d’habilité car tout au long de ma lecture j’ai imaginé de multiples issues à ce récit qui est tout sauf une banale histoire d’amour à l’eau de rose. La fin, à laquelle je ne m’attendais pas du tout, est très réussie. Cette histoire où la maladie reste juste en toile de fond, évoquée sans aucun pathos et avec beaucoup de pudeur, dissèque l’évolution de la relation entre Tomas et Suiza qui, basée au départ sur un désir charnel pratiquement bestial, va joliment aboutir sur un véritable amour. Bénédicte Belpois met en scène quelques personnages qui gravitent autour de Tomas et Suiza, tous plus attendrissants les uns que les autres, certains sont hauts en couleurs comme Agustina, la nourrice qui a élevé Tomas, qui derrière son franc parler et son caractère bourru a un cœur énorme. Il y aussi Ramon et Lope les ouvriers agricoles, Josefina et Francesa la française qui va apprendre l’espagnol à Suiza. Tous ont, comme Tomas et Suiza, un passé douloureux. Chaque mot mis dans la bouche des personnages, chaque dialogue sont d’une incroyable justesse. Suiza est bouleversante dans son innocence, sa naïveté, sa gentillesse et son regard émerveillé sur ce qui l’entoure. Tomas est également bouleversant dans son sursaut de vie et dans l’évolution de son caractère au fur et à mesure que ses sentiments pour Suiza changent. L’analyse psychologique de chacun des personnages est très fine. Un premier roman d’une sensibilité et d’une délicatesse infinies qu’il m’a été impossible de lâcher, une histoire forte dont j’ai ralenti la lecture vers la fin par crainte du dénouement.  – Joëlle Guinard
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J’ai littéralement dévoré ma 12e lecture dans le cadre des 68premieresfois ! La plume de Bénédicte Belplois m’a totalement envoûtée, quelle puissance pour un 1er roman !

Dans un petit village de Galice en Espagne, souffrant de la crise économique et où beaucoup vivent sous le seuil de la pauvreté, arrive une jeune fille venue d’on ne sait où (peut-être de Suisse d’où son surnom “Suiza”) qui attire irrémédiablement Tomás. Ce presque quarantenaire, veuf depuis 16 ans, sent le désir monter en lui, à ne plus pouvoir se contrôler. La fille est étrangère et ne parle donc pas un mot d’espagnol et semble simplette. Tomás est agriculteur, plutôt riche, mais seul et malade. Il va l’emmener chez lui et tout va changer.

L’écriture est très crue sans être vulgaire, beaucoup de gros mots et de scènes de sexe, mais terriblement addictive. Le couple formé par Tomás et Suiza m’a beaucoup touché. « C’est pas souvent, mais des fois, quand tu mélanges bien deux malheurs, ça monte en crème de bonheur ». Les passages où l’on évoque la Suisse m’ont bien fait sourire, on est volontairement dans le cliché et c’est délicieux.
On se retrouve dans une ambiance de village espagnol, où les hommes se retrouvent au bistrot et les femmes à l’église. Dépaysement assuré !

C’est pour moi un très bon 1er roman et un coup de cœur ! C’est cru mais beau, violent mais tendre. – Marie Anne Pittala
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« Suiza » c’est le prénom qu’ont donné les habitants d’un petit village de Galice à cette très jeune femme apparue un jour dans le café d’Alvaro. Ses cheveux blonds très fins, sa peau laiteuse, ses grands yeux bleus, son silence ont vite fait de susciter les désirs masculins. Lorsque Tomas la voit pour la première fois, il subit lui aussi cette pulsion incontrôlable qui l’entraîne vers des fantasmes impérieux de prise de pouvoir physique, de viol, de violence. Il nous raconte, Tomas, et il se raconte dans une langue charnelle, crue, nerveuse où les mots semblent rouler comme cailloux dévalant une colline, dans l’urgence de dire, d’expliquer peut-être, parce que « personne ne sait vraiment l’histoire » et qu’on pressent qu’elle va mal se terminer.
Mais qu’y a-t-il à expliquer de la fulgurance d’un coup de foudre ? Double foudroiement, d’ailleurs : le premier quand il apprend qu’un cancer lui ronge les poumons et le second, presque simultané, quand il rencontre Suiza. Il possède les mots, pourtant, Tomas, même s’il les garde enfermés, prisonniers d’une gangue de grossièreté. Il a fait des études d’agronomie à la « grande ville ». Il n’est pas ce paysan fruste et primaire qu’il veut paraître. Ramon et Agostina le savent bien, qui le connaissent depuis l’enfance et se sont substitués à ses parents. Suiza, elle, ne maîtrise aucun vocabulaire. D’abord parce qu’elle ne parle pas espagnol et puis, même en français, sa langue natale, les mots lui sont toujours approximatifs. Lorsqu’elle prend la parole à son tour, elle a beaucoup de mal à nommer les choses, les sentiments, les abstractions. Son langage a la fraîcheur et l’innocence de celui d’un enfant. A cause de cela, au village, on la dit idiote et on s’étonne un peu lorsque Tomas l’installe chez lui.
Lorsqu’elle arrive à la ferme de ce riche veuf d’une quarantaine d’années, Suiza commence par laver les vitres de la maison pour laisser entrer la lumière. Belle métaphore de ce qu’elle opère aussi dans la vie de Tomas que ce grand ménage où l’on se débarrasse des traces de la vie passée, de la vie cassée. La présence de Suiza, pour Tomas, c’est ce grand éclat ensoleillé qui pénètre dans son existence grise de poussières. En retour, il offre à sa compagne la lumière des mots, qu’elle apprend peu à peu. Commencée par l’union des corps, des peaux et des sens, leur histoire s’achemine vers un attachement plus complet, plus profond dans cet éveil mutuel qu’ils se donnent. Réveil de la sensibilité chez Tomas et de la confiance chez Suiza.
L’écriture rend compte de cette éclosion qui passe par le corps, par chaque sens. La rugosité brutale, charnelle, du début laisse place peu à peu à une forme d’apaisement. Les phrases s’allongent, se poétisent, se centrent davantage sur les émotions, comme si Tomas parvenait à se réconcilier avec sa sensibilité, à faire se rejoindre corps et sentiments. Banale histoire d’amour ? Que non pas ! D’abord parce que construction narrative et écriture en exacerbent le romanesque. Ensuite, parce que cette lecture nous fait vaciller en nous posant question : amour ou volonté de possession ? amour ou assujettissement ? Suiza et Tomas représentent deux figures fortement marquées : l’une par sa soumission à la volonté masculine ; l’autre par sa personnalité de mâle dominant. Et le dénouement n’est pas là pour nous aider à trancher…
Mais quoi qu’il en soit, j’ai été emportée par les voix de ce roman, par l’humanité généreuse et tremblante de tous les personnages, par cette narration tumultueuse qui m’a hypnotisée jusqu’aux dernières lignes. Un roman qui restera bien ancré dans ma mémoire ! – Sophie Gauthier
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Son de cloche dissonant à l’ensemble des louanges sur ce livre
Sans-doute suis-je une « puriste du féminisme » de la vieille école mais je ne comprends pas qu’une auteure puisse, en 2019, mettre dans la bouche du violeur d’une femme qu’elle décrit comme une handicapée mentale ce genre de phrase: « Je ne l’ai pas violé, elle s’est juste laissé faire » (p.44). Avait-elle le choix?
p.55 : «C’est quand même un truc de bonne femme le ménage».
p.57 : «Les femmes intelligentes à part te casser les couilles….. »
p.167 «Le mariage équivalait à un titre de propriété, elle n’était plus une bête errante sans foyer, elle avait un maître plutôt teigneux et la propriété avait ici une valeur divine…. »
Et j’en passe ! Et tout cela sans que j’y perçoive le moindre humour.
Quant à la fin…. Là encore la pauvre Suiza n’a pas eu le choix. Pour ma part je n’ai pas vu transparaître dans ce récit de véritable amour seulement une ode à la sensualité et au droit pour tous au plaisir charnel.
Je me suis forcée à lire ce roman jusqu’au bout pour comprendre ce qui avait plu à la majorité mais je n’ai vraiment, vraiment, pas adhéré. – Françoise Floride-Gentil
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Une femme simple. D’aucuns la disent bête. Mais rayonnante de gentillesse et d’humanité. Et belle, avec ça ! Du genre qui aimante le regard des hommes au premier coup d’œil. D’ailleurs Tomas la désire immédiatement. Une pulsion animale. Violente. Irrépressible.
Elle est étrangère, paumée. C’est un paysan rude, taiseux, attaché à sa terre plus qu’aux hommes. Il vient d’apprendre qu’il est malade. Atteint d’un cancer, sans espoir de rémission.

Ces deux-là vont unir leurs douleurs dans un amour inespéré et incandescent. Ne parlant pas la même langue, c’est exclusivement à travers l’expression de leurs corps – et de leurs regards – qu’ils vont apprendre à se connaître et à se comprendre.
Dit comme ça, on aurait envie de filer en courant : ça pourrait être nunuche… et ça ne l’est pas.
A quoi tient que l’on plonge dans ce récit sans pouvoir le lâcher ?
A son écriture, âpre, directe, sans fioriture. A ses personnages, rugueux mais généreux et justes, comme la terre sèche et brûlante de ce coin d’Espagne où Bénédicte Belpois a choisi de situer son roman. Elle ne s’attarde pas, Bénédicte. Elle dit l’essentiel des sentiments, ce qui se joue dans un geste, dans un regard. Et puis elle distille ça et là un peu d’humour. Oh, rien de pesant ni de déplacé ! Juste une remarque que l’on peut faire – que l’on peut se faire – et qui suffit parfois à faire basculer l’existence de la gravité dans le détachement : la légèreté que l’on peut choisir, histoire ne pas sombrer dans le désespoir.
Bénédicte Belpois signe un premier roman d’une remarquable intensité, créant des personnages entiers, sincères, sans arrière-pensée, sans duplicité, simplement humains. Et ça fait du bien. – Delphine Depras
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Dans un village de Galice, Tomas, un paysan veuf de 40 ans atteint d’un cancer, va être violemment attiré par Suiza, une jeune fille paumée et fragile tout juste débarquée.
Voilà un roman qui m’a interrogée sur mon rapport à la lecture. Il faut dire que le narrateur de cette histoire est loin d’être sympathique. Un type qui, dès le début du livre, sous le joug d’une pulsion sexuelle incontrôlable, va commettre un crime odieux sur cette jeune fille « à la sensualité renversante, d’autant plus attirante qu’elle est l’innocence même ». On imagine… Bref ça commençait bien mal.
MAIS, au fil des pages de cette histoire aux accents de tragédie grecque ou biblique, la démarche de l’auteure apparait : il s’agira de parler de rédemption. Un Homme peut-il racheter ses fautes, même les plus terribles ? Un Homme peut-il être ramené au bien ? A-t-il le droit au pardon ? Qu’est-ce qui nous fait devenir meilleur ? La peur de la mort, la force de l’amour ? C’est donc dans ce cheminement moral que le lecteur va, au fil des pages, accompagner Tomas, jusqu’à l’expiation…
Finalement, j’ai aimé ce 1er roman, dérangeant, très bien écrit, aux personnages secondaires attachants et finement ciselés qui parle aussi de différence et beaucoup d’amour. Suiza, en incarnation de l’ange rédempteur (c’est ainsi que je l’ai perçue) est un personnage complexe et intéressant qui évoluera elle aussi au fil des pages.« Je ne sais pas ce qu’elle possède qui nous rend tous à moitié cinglés. Je vois bien qu’elle est différente des autres, qu’elle donne l’impression d’être un peu idiote et que ce n’est pas seulement à cause de la barrière de la langue…elle a ça en elle, qui la rend un peu simple, une petite pâquerette dans un champ de roses. Au début ça me faisait peur. Maintenant, de m’occuper d’elle, ça me soigne de mon vide, je ne pense plus à ma propre misère. Je me sens fort à côté de sa faiblesse ».- Laurence Simao
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La tranquillité d’un village de Galice est perturbée par l’arrivée d’une jeune femme à la sensualité renversante, d’autant plus attirante qu’elle est l’innocence même. Comme tous les hommes qui la croisent, Tomás est immédiatement fou d’elle. Ce qui n’est au départ qu’un simple désir charnel va se transformer peu à peu en véritable amour.
Les habitants pensent que la jeune femme vient de Suisse alors ils l’ont surnommée Suiza. J’ai peu envie de raconter, d’analyser longuement ce livre, qui est un premier roman, de traquer les quelques incohérences (d’accord il y en a).
Il est selon moi parfait en ce sens que Bénédicte Belpois m’a fait voyager dans une région que je ne connaissais pas et surtout qu’elle m’a fait partager la rencontre de deux êtres qui vont connaitre un amour fou qui m’impose le respect.
On ne va pas disséquer la recette d’un chef 4 ****. On sait qu’on ne dégustera jamais pareil ailleurs ; on savoure et on se tait.
J’ai aimé cette histoire du début à la fin, oui, même la fin, dont par chance je ne savais rien avant de commencer la lecture, mais que j’avais devinée dans les dernières pages et qui ne m’a pas mise en colère. Parce que je suis bien d’accord avec elle : « Si Dieu existait vraiment, les hommes seraient peut-être moins mauvais, le monde plus serein ».
Ce que je n’ai pas compris, c’est la présence des groseilles sur le bandeau de couverture. Quelque chose m’aura échappé.

Bénédicte Belpois a passé son enfance en Algérie. Elle vit aujourd’hui en Franche-Comté où elle exerce la profession de sage-femme. Il est probable que les femmes dont elle a suivi les grossesses l’ont un peu inspirée. On trouve sous sa plume une forme d’engagement semblable à celui d’une autre femme qui exerce la même profession et qui publie des romans tout autant formidables, Agnès Ledig. Elle situe a situé l’histoire en Galice, qui est une région qu’elle fréquente depuis plusieurs années mais que je ne connais pas, ce qui donne une dimension moins réaliste que si nous étions par exemple dans l’Est de la France.

Tomás a une réputation de gros radin, quelques amis, qui à l’entendre seraient tous des crétins (p.33). On le découvre au début du livre, habitué à noyer dans l’alcool sa solitude et son incapacité à communiquer. Ses premières confidences m’ont placée en position d’empathie, si bien que j’ai « supporté » qu’il ne se conduise pas comme un gentleman lors de sa première rencontre avec Suiza, étant persuadée que sa violence ne serait que transitoire et que la bête deviendrait humaine. J’avais en tête ses déclarations précédentes :

« Si je suis un mec un peu primaire, je ne suis pas le psychopathe qu’on raconte. J’ai fait comme j’ai pu, mais ça m’est tombé sur la gueule et je ne vois pas bien comment j’aurais pu agir autrement « .
« J’étais encore plus rugueux que les autres, parce que je m’étais construit avec le manque d’amour, et que personne n’avait été en état ou n’avait eu le temps de m’apprendre ».
Le roman a beau s’intituler Suiza, peut-être parce que la jeune femme est le détonateur qui va permettre à Tomás d’évoluer, c’est surtout l’homme qui raconte l’histoire, de son point de vue, tandis qu’elle ne s’exprime que rarement, mais en quelque sorte à bon escient de manière à ce que le lecteur connaisse le fond de sa pensée.
L’écriture de Bénédicte Belpois peut être d’une crudité intense, presque masculine, quand elle décrit des scènes de sexe. Elle est aussi souvent magnifique comme un poème en prose et c’est là que le roman est bouleversant.
J’ai décelé la pudeur derrière les provocations de Tomás qui découvrira et comprendra le passé de maltraitance de Suiza. Quand il l’emmène voir la mer et qu’il dit « Je crois que j’aurais pu dire à ce moment précis que j’étais le mec le plus heureux de la terre » … j’ai revu cette scène où Robert Redford lave les cheveux de Meryl Streep et qu’elle lui confie tu pourrais me dire n’importe quoi, je le croirais, signifiant par là son abandon et une confiance totale. Mais à l’instar d’Out of Africa, on comprend qu’on n’est pas tout à fait dans le conte de fées car Tomás, qui supporte avec beaucoup de courage les traitements successifs de son cancer du poumon, poursuit … « si une douleur lancinante dans ma poitrine ne venait me rappeler, à intervalles réguliers, qu’on était pas là pour rigoler ».
Ensemble ils auront réalisé et vécu leurs rêves. Et avec eux j’ai moi aussi rêvé. – Marie-Claire Poirier
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Dès les premières lignes, j’ai très vite cru à un remake de l’amour est dans le pré ! Avec son ton bourru et cynique, son regard méfiant sur la vie, le narrateur Tomas apparait comme la caricature de l’agriculteur tout droit sorti d’une émission de téléréalité. « […] j’avais subitement décidé de prendre femme, comme j’aurais décidé d’acheter un tracteur». Et puis Suiza apparait. Suiza, pétillante et pulpeuse. Suiza, que tout le monde imagine sans cervelle. Suiza, la femme enfant. L’innocence et la bonté. Tout comme Tomas, on tombe sous le charme.
L’attirance n’est au début que physique, sexuelle et bestiale. C’est intense et brutale. Mais aux cotés de Suiza, le cœur de pierre de Tomas va s’attendrir, ses gestes et ses paroles s’adoucirent. Il va se laisser entrainer par sa fraicheur, sa spontanéité et sa pureté. Car face à la maladie et à la peur de mourir qui l’étouffent, Suiza lui donne envie de vivre.
Attention, ce n’est pas une énième histoire d’amour. Ce roman est tout sauf mielleux ou niaiseux. C’est un roman d’amour violent et sensuel, où les sentiments ne passent qu’à travers le regard et les gestes. Le désir charnel monte au fur et à mesure de la lecture pour se transformer en un amour puissant. Je l’ai refermé touchée en plein cœur. Un premier roman intense et beau. – Justine Clerc
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Quel premier roman!! Quelle histoire!! Quelle écriture!! « Suiza » est un roman violent: violent dans les actes, violent dans les sentiments, violent dans les relations. « Suiza » n’est pas un conte de fées. « Suiza » est un roman difficile, où les choses écrites ne sont pas toutes évidentes à lire, où rien n’est épargné au lecteur. « Suiza » est d’une réalité totalement déconcertante au final, réalité choquante mais qui existe. Dans « Suiza », il y est question de terres agricoles, de foyer de jeunes filles, de village espagnol où tout le monde se connaît, de possession, de maladie, de famille, d’amour. L’auteur, Bénédicte Belpois, nous raconte sa « Suiza » à la première personne et c’est Tomás le narrateur ce qui rend le récit très masculin, rustre comme l’est Tomás avec sa vulgarité, sa brutalité.

« Suiza » est un roman violent, violent aussi dans l’amour, l’amour que porte Tomás à Suiza. Cet amour, il lui exprime de sa propre manière: rustre, brutale mais sincère. Bénédicte Belpois nous livre une autre façon d’aimer qui peut choquer, interpeller mais quand le lecteur approfondit sa lecture, cet amour est sans chichis, sans fioriture, un amour que nous n’avons pas l’habitude. Les deux personnages, Tomás et Suiza se sont bien trouvés car chacun à sa manière va sauver l’autre et va l’amener à se réaliser, à s’accomplir. Les deux se trouvent bien dans cette relation. Au fur et à mesure de ma lecture, je n’ai plus ressenti cette violence du début mais j’ai éprouvé de l’affection pour aussi bien Suiza et Tomás car ils se sont apprivoisés, ils se sont donnés mutuellement leur confiance, ils ont su créer leur propre histoire avec leurs propres codes à eux. Cet amour est ce qui leur reste et c’est ce qui leur permet d’avancer en oubliant le passé. J’ai aimé « Suiza » de part son originalité du point de vue de l’histoire, du lieu, des personnages atypiques, de la terre agricole, des sentiments, de la dureté et de l’amour. Bénédicte Belpois a écrit un premier roman sensible. Sa plume a su me captiver et malgré certaines scènes, j’ai été conquise, et admirative du récit de l’auteure, de son audace qui a fait mouche pour moi!!  – Sybil Lecoq

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Émouvant, grave, lumineux, «  Suiza » est un signe. Le passage éblouissant de l’ombre vers la lumière. Inscrit sur le sable millénaire, l’écriture prévisible et belle est un cadeau à ciel ouvert. Ici, même le tragique a ce sens cher aux hédonistes. Le sombre n’est que l’écorce. Les preuves grandissantes  couronnent les faibles. Les gestes affirmés, une offrande pour une histoire de renom. Sa maturité est un levier. La lecture, un moment de gloire. Ce roman qui se passe en Galice a des embruns d’Algérie, son souffle  est chaud et puissant. Les hôtes des lignes sont tous sensibles à autrui. L’altruisme est un don, les sourires des myriades d’oiseaux.  Sans doute, l’enfance de l’auteure en Algérie a laissé sur le pur des pages ce quotidien lié en chair et en esprit au prochain. Cette histoire chavirante,  immensément porteuse est une chance de lecture inouïe. Suiza est une jeune femme retrouvée recroquevillée sans passé ni souvenirs, sans langage visible. Thomàs va recueillir chez lui cette jeune brebis égarée. Peu à peu tout va basculer dans une grandeur et le vivifiant de l’amour. L’important de ce roman est sa qualité de ton. L’enroulé de l’histoire qui emporte tout sur son passage pour laisser la voie au sublime de l’instant. L’existentialisme est tel, qu’en maître d’apprentissage il est le passeur et tient la teneur de ce filigrane humaniste. Thomàs est le narrateur et  bien plus que sa voix il offre à Suiza la quintessence verbale et gestuelle. «  Suiza » de Bénédicte Belpois est un livre à retenir. Il fait partie de cette lignée des incontournables. Plus qu’un roman, il est l’éclaircie et sa chaleur du Sud  un exemple. – Evelyne Leraut

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Un magnifique premier roman, dans un style direct, rugueux, parfois très cru, porté par la voix du narrateur, un homme de la terre, aux manières frustes et pourtant bouleversé par une drôle de fille parachutée un jour dans son village de Galice.
Cette fille dont personne ne sait rien, qui ne parle pas, qui semble perdue, pas très futée mais qui dégage une sensualité troublante, les villageois l’appelleront Suiza (il semblerait qu’elle vienne de Suisse, elle voulait voir la mer, ses pas l’ont portée jusqu’à l’Espagne). Ces êtres si différents et si seuls, chacun en marge pour des raisons qui leur appartiennent, vont se percuter et nous embarquer avec eux dans une folle passion jusqu’à la dernière page (je tairai la fin qui m’a laissée totalement interdite.) Je rejoins totalement Henri-Charles Dahlem : si ce roman avait été écrit par un homme, on aurait probablement crié au machisme outrancier. Les femmes dans ce petit village de Galice n’ont pas une place très valorisante (comme dans San Perdido) mais, peu importe, je vous invite à plonger dans cette Espagne aride et poussiéreuse pour une aventure tragique, belle, violente et tendre à la fois. – Laetitia Badinand
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Il y a des romans que l’on n’arrive pas à aimer et que, pourtant, on lit en entier parce qu’on veut savoir où l’auteur souhaite aller. Suiza fait partie de ceux-là. J’ai été très gênée par ce que je lisais, pas par les scènes de sexes crues (un sujet que je trouve juste ennuyant dans un livre), non, mais par la situation générale qui était décrite. Au premier abord, on a l’impression que les choses s’améliorent pour les personnages principaux (du moins jusqu’au coup de théâtre final), en y repensant au moment d’écrire cette chronique, ça m’est en fait apparu de plus en plus infâme. J’avais été traversée par des sentiments contradictoires pendant ma lecture, avec le recul, ils ont laissé place à du dégoût pur et simple.
Dans un village de Galicie, Tomàs, la quarantaine, vit seul dans sa ferme depuis la mort de sa femme. Taciturne, bourru, il ne pense pas trop aux femmes, malgré quelques descentes en ville chez une prostituée. Le jour où il apprend qu’il a un cancer, il est secoué mais ne laisse rien paraître. Par contre, lorsqu’il voit pour la première fois Suiza au bar du village, impossible de rester de marbre. Elle dégage une incroyable sensualité, qui ne manque pas de faire tourner la tête des hommes. Tomàs la veut, c’est physique et violent. Il ne tarde pas à l’avoir : il « l’enlève » sur son lieu de travail, sans que personne ne s’y oppose, et en fait sa femme. D’abord purement physique, son rapport à Suiza se mâtine peu à peu de sentiments.
Suiza a compris que les hommes aimaient son corps, elle les laisse faire. De toute façon, ils ne lui demandent pas son avis. Cela lui a permis d’arriver jusqu’en Espagne, où elle espère voir la mer. Simple d’esprit mais pas bête, elle devine ce que Tomàs attend d’elle et fait ce qu’elle sait faire : l’amour, le ménage et la cuisine.
L’histoire est racontée du point de vue de Tomàs. Seules quelques coupures narratives de type journal intime nous permettent d’entendre la voix de Suiza et de connaître un peu de son histoire. Heureusement, car s’il avait fallu se contenter de la part de Tomàs, on n’aurait rien su d’elle. Il aimerait bien communiquer avec elle, mais le peu d’espagnol qu’elle apprend (lui ne prend pas la peine de se mettre au français, alors qu’il est diplômé d’université, et précise avoir appris l’anglais et l’allemand) limite les conversations à des questions pratico-pratiques (en gros, « veux-tu faire l’amour » et « est-ce que tu veux manger »).
Il y a quelque chose de profondément malsain dans ce roman. La domination de Tomàs, la soumission et la passivité résignée de Suiza, le machisme qui suinte de toute part au fil des pages… J’ai mis du temps à comprendre que l’histoire se déroulait de nos jours. Elle donne une image déplorable de l’Espagne, dépeinte comme un pays arriéré, une terre de machos invétérés et de pauvres femmes dont l’unique objectif de vie est de satisfaire les besoins et désirs des hommes, pas simplement sexuels, mais aussi quotidiens, en s’assurant qu’ils ont bien toujours à manger, que la maison est propre… De plus, cela paraît absolument aberrant que personne au village ne s’inquiète de savoir d’où vient Suiza et fasse attention au fait qu’elle n’a clairement pas toutes ses facultés intellectuelles. La seule personne qui s’émeut un peu pour elle, c’est le prêtre. En fait, il aimerait juste que Tomàs l’épouse pour que le calme revienne au village (un projet qui n’est pas pour déplaire à Tomàs, qui veut que Suiza soit reconnue comme sa « propriété », il rêve de lui mettre une médaille, comme à un chien).
Suiza n’est pas un beau roman, car l’histoire est basée sur une profonde inégalité entre les protagonistes et l’intrigue s’enfonce dans l’amoralité. Tomàs reste toujours supérieur à Suiza, il décide tout pour elle, en fait ce qu’il veut. Et ce, jusqu’à la dernière page. Je ne m’attendais d’ailleurs pas à une telle fin, qui me laisse un goût amer. – Claire Sejournet
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Déjà, même si je ne lis jamais les avis des autres avant de m’être fait ma propre opinion, je sais que Suiza est un livre qui divise les lectrices et les lecteurs ; j’ai entendu parler de « vision de la femme » et d’avis tranchés entre celles et ceux pour qui c’est un coup de cœur ou, au contraire, un livre « détesté ».
Bénédicte Belpois nous entraine dans l’intimité d’un couple improbable, séparé par la barrière de la langue, réuni par le sexe et une forme de fatalité inexorable, dans un petit village de Galice.
Au premier abord, le personnage narrateur principal, Tomás, m’a fait horreur et je me suis préparée à une lecture difficile : il avait tout du macho, du gars très limité entre le bistrot où il retrouvait des hommes comme lui, son pragmatisme paysan et sa vision du monde. L’annonce de sa maladie ne me l’avait pas rendu plus sympathique, malgré l’amorce d’une forme de vulnérabilité…
Au bout d’une cinquantaine de pages, la deuxième narratrice, dont le surnom donne son titre à l’histoire, m’a tendu une perche que j’ai bien voulu saisir pour essayer de m’accrocher au récit. Mais l’ensemble restait trop charnel, trop bestial, trop primaire… Je ne parvenais pas à m’approprier le rythme de ces deux JE qui se partageaient le récit : le chassé-croisé, trop déséquilibré, me laissait sur ma faim.
En toute objectivité, je trouvais que c’était assez bien écrit, fluide, parfaitement compréhensible (trop peut-être ?), que les personnages étaient travaillés en profondeur, très présents, que leurs postures se révélaient originales, que l’auteure avait un certain culot, mais cela ne fonctionnait pas bien pour moi. L’univers référentiel de l’auteure me restait étranger malgré ma reconnaissance de personnages clefs comme la vieille nourrice, le patron du bar ou encore l’ouvrier agricole homosexuel. Si j’ai parfois pensé à Almodóvar, cela n’engage que moi…
J’ai mis du temps à entrer dans ce roman ; j’avais vraiment l’impression de passer à côté de l’essentiel puisque aucun des personnages typés et cabossés ne parvenait à me toucher… et puis, il y a eu un passage alors qu’arrivée aux trois-quarts environ du livre, j’étais pressée d’en finir et de passer à autre chose, qui m’est apparu dans une brillante limpidité dans la bouche de la vieille Josefina : il était question de souffrance, de faiblesse, de deux malheurs mélangés pour faire un semblant de bonheur. Comme Tomás, je suis restée sur place, pénétrée par ce qui était en train de faire sens sous mes yeux. Ce n’est qu’à partir de là que j’ai accepté Tomás et Suiza tels qu’ils étaient, ainsi que la vie les avait modelés jusque-là.
Étrange histoire, entre Ethos, Eros et Thanatos…  – Aline Raynaud

Saltimbanques – François Pieretti

“Gabriel n’a pas toujours été l’inconnu qu’il est devenu par la force des choses. Je me souviens d’un garçon vif, doué de ses mains, mais que d’incessantes querelles entre mon père et moi ont terni, au fil des années”.

Saltimbanques

Une histoire de fratrie, une histoire d’amitié, touchée au cœur par la mort accidentelle de Gabriel, le saltimbanque. Gabriel a le prénom d’un ange, l’ange déchu trop jeune, laissant tout le monde en deuil. A commencer par Nathan, son grand frère, parti il y a bien trop longtemps de la maison qui découvre à l’occasion de ses obsèques sa bande d’amis. Il admire ce groupe et cherche à travers eux ce frère qu’il n’a connu qu’enfant et dont il ne sait rien de l’homme qu’il était devenu. Il le voit partout sans jamais parvenir à se projeter, Gabriel restant pour lui l’enfant qu’il a laissé 8 ans auparavant.
Et puis il y a Appoline, la fascinante, la fuyante et Bastien le protecteur rassurant. C’est la fin de l’insouciance pour cette jeunesse égarée et meurtrie qui doit trouver les moyens de passer à autre chose.
Mais Nathan est un être complètement paumé qui n’a jamais vraiment rien fait de sa vie. Sa culpabilité face au deuil de son frère semble le pousser à avancer- mais il ignore comment- Gabriel s’impose comme un vide dans sa vie qu’il ne pourra combler, mais dans le souvenir de son jeune frère il cherche des réponses pour avancer.
Ce livre finalement est une forme d’éloge à l’altruisme, ce besoin des autres, d’une main tendue pour avancer, ce besoin de s’occuper des autres pour s’accomplir, se sentir utile quand on ne sait plus où aller.
Il raconte aussi la complexité de l’homme face à la mort, face à lui même- que chacun est en proie aux doutes, aux hésitations, aux abandons, que chacun a besoin de se révéler…
Francois Pieretti raconte très bien cette tristesse, ces regrets, sans pathos mais avec beaucoup de délicatesse et une forme de mélancolie . Une belle écriture fluide guidant le lecteur dans les méandres de l’expérience de Nathan. – Sandra Moncelet

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« Dis quand reviendras-tu ? », cela devait être la supplique de la mère à l’enfant, parti devenu grand.
Il n’est pas revenu, pas avant d’apprendre le décès accidentel de ce jeune frère qu’il a si peu connu.
« Le temps ne se rattrape guère . »
Pourtant c’est pour retrouver ce frère trop tôt disparu que l’auteur va suivre ses traces, mettre ses pieds dans ses pas, ses mains sur ce qu’il a tenu.
Il se laisse dériver, bateau de papier conscient de son inexistence, sans attaches, sans passions.
S’il ne peut donner corps à son passé il va aider une vieille personne à faire la paix avec le sien, trier, classer pour s’appuyer sur des caisses, des liasses de souvenirs …dominer le temps…
Une belle écriture pour ces espoirs déçus, ces rencontres qui filent entre les doigts, ces souvenirs qui s’enlisent …et le cœur qui espère encore …juste un petit peu. – Christiane Arriudarre
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Nathan revient auprès de ses parents, qu’il a quitté il y a une dizaine d’années. S’il accepte ce retour en arrière, auprès d’un père silencieux et froid, et d’une mère effacée, c’est pour enterrer son petit frère. Gabriel vient de mourir dans un accident de voiture… Au delà du chagrin, c’est la culpabilité de n’avoir pas vu grandir ce frère qui assaille Nathan…
Une fois encore, si les 68 premières fois n’avaient pas mis ce roman entre mes mains, je n’aurais pas croisé la route de François Pieretti.
Avec ce premier roman, l’auteur nous entraîne aux côtés de garçons et de filles perdus, pour qui la mort vient de frapper sans prévenir et faire éclater un quotidien qu’ils croyaient infini.
Nathan, le grand frère, est lui aussi dévasté par ce deuil impossible. Comment accepter de laisser partir Gabriel, les souvenirs qu’il a de cet enfant solitaire, les regrets et l’impression de l’avoir abandonné. Touchée par ce personnage, je l’ai suivi sur le chemin sinueux du retour à la vie…
C’est en épaulant un homme condamné par la maladie que Nathan apprivoise la disparition et le vide que laissera à jamais son petit frère… Savoir que cet homme va mourir ne rend pas l’absence plus facile, mais cela permet d’adoucir les souvenirs…
Un roman à l’écriture émouvante… – Audrey Lire & Vous
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Nathan revient dans sa famille, qu’il a quittée précipitamment il y a une dizaine d’années, pour assister aux obsèques de son petit frère Gabriel. Un frère finalement inconnu dont il découvre peu à peu la personnalité en fréquentant ses amis de lycée qui partageaient la même passion que lui pour le jonglage. Une troupe de saltimbanques auprès de laquelle Gabriel avait recréé des liens quasi-fraternels. Celle-ci lui avait donné un sens à sa vie alors que Nathan continue à errer, se cherche encore. Peu à peu Nathan endosse la peau de son frère tout comme son costume lors de l’enterrement, rejoignant la troupe, tombant même amoureux d’Apolline, la petite amie de celui-ci. Chacun pensant se rapprocher de l’absent en unissant leurs mal être. Mais Apolline s’en va un jour sans donner d’explications alors Nathan reprend la route. Il échoue en Bretagne auprès d’un père retraité, Christian et de sa fille, Marie. Il entreprendra involontairement avec Christian une sorte de psychanalyse, les deux hommes se confiant l’un l’autre leurs parcours chaotiques : « Du haut de son expérience de la vie et sans jamais rien forcer, Christian me faisait entrevoir le long chemin qu’il me restait encore à accomplir » .
J’avoue que j’ai d’abord consciencieusement lu ce livre uniquement parce qu’il faisait partie de la sélection des « 68 première fois ». Je n’y ai pris quelque intérêt que vers la fin, lors du passage de Nathan en Bretagne. Il y est un peu plus dynamique, reprend un peu sa vie en main alors que dans les 2/3 du livre il traîne sa peau, balloté d’un côté et de l’autre au gré des rencontres, sans véritablement savoir que faire. Il suit, subit … Plutôt démoralisant comme livre. Lors du retour de Nathan dans sa famille, l’auteur ne décrit pas suffisamment les relations entre les différents membres de la famille, ne permettant pas de comprendre cette absence de relations entre les frères et surtout pourquoi Nathan est parti très tôt loin de sa famille. Les personnages sont par contre attachants que ce soit Bastien, qui joue le rôle de grand frère auprès de la troupe, qu’Apolline beauté diaphane en quête de sens, que Christian victime d’Alzheimer et même « le chien » qu’adopte transitoirement Nathan.
Néanmoins une analyse fine d’une société qui se cherche, en manque de repères : « J’avais eu longtemps le même désintérêt pour les choses et commençais timidement à m’enflammer » : cette phrase résume bien le livre. – Françoise Le Goaëc
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Après plusieurs années loin de chez lui, Nathan retourne dans son village d’enfance. La raison ? Son frère Gabriel est décédé d’un accident de voiture, l’enterrement à lieu le jour même.
Les deux ne se connaissaient pas vraiment, Nathan a l’impression de perdre un étranger… Au fur et à mesure des jours, il va partir à la découverte de son frère, celui dont il a des souvenirs de lui, petit. Pour ça, il va intégrer l’équipe de saltimbanques donc son frère faisait partie afin d’en savoir plus sur lui…
Mon ressenti : J’ai eu du mal à rentrer dans ce roman, mais en fin de compte l’histoire m’a touché, et Nathan m’a ému. Dès le moment ou Nathan cherche à découvrir se frère, ce lien de sang, pourtant si éloigné de lui, ce besoin d’en savoir plus, de le creuser; je me suis attachée à lui.
Le rythme est relativement lent au début, ne sachant pas vraiment où l’histoire se dirige, et puis, plus la lecture avance, et plus je me suis attaché à Nathan, a ce qu’il ressent. L’histoire prend vraiment un tournant à son arrivée en Bretagne, où l’on découvre une autre personnalité de lui, pleine d’empathie.
Au final, malgré la lenteur du début, j’ai aimé ce premier roman, le livre est relativement touchant du début à la fin. – Virginie Deldalle
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L’originalité et l’intérêt de ce roman tient dans la plongée au cœur d’un groupe de jeunes jongleurs ou cracheurs de feu dans laquelle François Pieretti nous entraîne. Les jeunes décrits ici sont passionnés mais néanmoins paumés, se cherchant dans l’alcool, la cigarette et la drogue. Et puis il y a l’énigmatique Appoline qui fait fantasmer tous les garçons.
Le narrateur Nathan est, pour faire son deuil, à la recherche de la personnalité de son petit frère Gabriel décédé dans un accident de voiture à peine son bac passé. Ayant quitté la maison au même âge, alors que celui-ci n’avait que 8 ans, il le connait d’autant moins que ce dernier faisait tout pour l’éviter lors de ses rares retours au bercail. Au départ je croyais qu’il y avait eu un drame familial qui aurait expliqué l’atmosphère pesante et le brusque départ de l’aîné mais rien…. Nathan est lui aussi un paumé qui espère par ce retour aux origines et sa fuite au sein du groupe de saltimbanques donner du sens à sa vie.
La deuxième partie est totalement différente quand Nathan, après avoir tenté de se glisser dans la peau de son frère, trouve une sorte de sérénité auprès d’un homme en fin de vie. L’auteur ne nous parle plus du petit frère comme si, ne sachant comment terminer, il était passé à un autre sujet.
J’ai eu un peu de mal avec l’écriture assez classique, travaillée, de ce roman aux nombreux détails insignifiants mais sans véritables dialogues entre les différents personnages. – Françoise Floride-Gentil
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Nathan a quitté très tôt le domicile familial après une querelle avec son père, laissant ses parents mais aussi son frère Gabriel de 8 ans. Lors de ses brefs retours, il ne réussit pas à rétablir le contact avec l’adolescent qu’est devenu son frère. Lorsque Gabriel se tue dans un accident de voiture, Nathan se rend compte qu’il ne sait rien de lui. Il rentre pour l’enterrement et va essayer de comprendre ce frère en marchant dans ses traces. Il va peu à peu entrer dans le groupe d’amis de Gabriel, des « saltimbanques » qui se produisent dans des fêtes l’été.
Dans cette quête de son frère on peut se demander si ce n’est pas lui qu’il cherche.
C’est un livre mélancolique et triste, tristesse des parents, tristesse du groupe d’amis de Gabriel qui finira par éclater après sa disparition, tristesse de Nathan qui erre, ne parvenant pas à reprendre sa vie d’avant.
François Pieretti a su imprégner son livre d’une véritable atmosphère, parfois pesante mais bien présente grâce à son écriture fluide et précise.
Un premier livre prometteur. – Michèle Letellier
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Avec Nathan, nous sommes conviés au retour dans la maison familiale désertée depuis de nombreuses années. Les parents sont d’autant plus murés dans un silence habituel qu’ils viennent de perdre leur deuxième fils, Gabriel, dont Nathan n’a gardé que des bribes de souvenirs, celles d’un ado peu loquace. Nathan ne sait presque rien de ce frère décédé dans un accident de la route, alors qu’il était sous l’emprise de substances illicites. La quête est impérieuse et c’est en se mêlant à une troupe de saltimbanques que le jeune homme tentera de rassembler les éléments pour reconstruire l’histoire de ce frère méconnu.
Le ton n’est pas plaintif, le deuil est symbolique, et relève plutôt de la compassion pour la douleur des proches. Ce n’est pas non plus le récit d’une tentative de partager enfin des émotions et de mettre des mots avec ses parents, tant le fonctionnement familial semble immuable. C’est plutôt une quête de lui-même, que la mort remet au goût du jour. Bilan et perspectives.
Au delà des réponses illusoires, le chemin se pourvoit sur des routes de hasard. les rencontres insolites feront le lit d’un nouvel horizon.
Malgré des qualités de narration incontestables, je n’ai pas vraiment réussi à me passionner pour cette errance existentielle, qui m’a laissée un peu au bord de la route. Et la rupture franche du cadre, même si elle s’explique dans le contexte, avec la nécessité de passer à autre chose, m’a semblé trop artificielle et trop éloignée de la premier partie. On ne parle plus du tout de ce qui a conduit à cette fuite. – Chantal Yvenou
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En suivant la troupe de Saltimbanques dont faisait partie son frère disparu, le narrateur du premier roman de François Pieretti va essayer de découvrir quel homme il était devenu. Et peut-être se dévoiler lui-même.
Un beau jour, le narrateur de ce sombre roman a décidé de partir, de quitter ses parents et son jeune frère, de laisser derrière lui sa maison de l’ouest de la France. Quelques affaires dans un sac, direction Paris. Le hasard et la chance lui offrent des petits boulots avant qu’il ne finisse par trouver une place de manutentionnaire dans une entreprise qui «recycle» les livres.
S’il reprend le volant de sa voiture bien usée et retourne chez lui pour quelques jours, c’est qu’il doit enterrer son frère qu’il n’a guère connu puisqu’il avait huit ans au moment de son départ. Dix ans plus tard, il succombe après un accident de la route.
Sur le chemin, il a été tenté de suivre la fille de la station-service de l’aire d’autoroute, mais il a finalement choisi de continuer la route. L’occasion est passée, comme les gros nuages dans le ciel. Un temps d’enterrement et une ambiance aussi froide que l’accueil qui lui est réservé. Certes, son père a toujours été un taiseux. Et si sa mère le serre fort contre elle, c’est avec toute la tristesse du monde. Il se fait alors la réflexion qu’ils auraient peut-être préférés le voir à la place de Gabriel.
Lors de la cérémonie funèbre, il ne reconnaît quasi personne parmi les gens venus saluer le jeune homme pour son ultime voyage. Un groupe de jeunes l’invite à le suivre. Sans doute la troupe que fréquentait son frère. Mais il préfère rentrer…
À moins qu’Appoline ne le fasse changer d’avis. La jeune fille qu’il a recroisé dans la cour de l’école, où les résultats du bac sont affichés – Gabriel a été admis -, et les quelques phrases échangées lui donnent l’espoir d’en apprendre un peu plus sur son frère. «Il fallait que je parte à la recherche de Gabriel. Tout sauf cette vision floue de l’enfant frondeur qu’il n’était plus depuis bien longtemps.»
François Pieretti a habilement agencé son roman, en nous faisant découvrir par petites touches les points communs entre ces deux frères qui ont tant de choses en commun. Nathan va suivre la troupe de jongleurs avec laquelle son frère entendait s’émanciper du cocon familial, va se rapprocher de celle dont Gabriel était amoureux… Un mimétisme qui soulève aussi des questions. Peut-on construire une vie sur les traces d’un autre? Quelle est la vraie personnalité de Nathan? L’épilogue de ce roman introspectif apportera peut-être les réponses. À vous de le découvrir… – Henri-Charles Dahlem
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Nathan , revient dans sa région natale après quasi huit ans d’absence pour les obsèques de son jeune frère Gabriel, victime d’un accident de la route ; Huit années sans communication avec ce petit garçon qu’il a laissé en quittant la maison familiale, dans un climat de conflit paternel . Comment quitter son frère sans le connaitre vraiment ?
Ce livre nous décrit les errances de ce grand frère, on le suit dans ses regrets et sa mélancolie en quête de ce qu’il a raté. Il va s’accrocher à ce groupe de saltimbanques dans lequel évoluait son frère, tomber amoureux de la petite amie de celui-ci et finalement poursuivre son chemin en aidant un vieillard en fin de vie ..
C’est joliment écrit, profondément humain mais je me suis un peu lassée au fil de la lecture . – Anne-Claire Guisard
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Avec « Saltimbanques », on marche dans les pas de Nathan, endeuillé et paumé. De lui, on ne sait pas grand-chose : qu’il a moins de trente ans, qu’il a quitté le domicile parental dès qu’il a pu, qu’il vit à Paris – plus par un concours de circonstance que par véritable choix – et qu’il revient au bercail pour enterrer son petit frère, Gabriel, laissé derrière lui à son départ. Entre remords et souvenirs, il tente de recoller les morceaux de la courte vie de ce frère dont il ne connait rien. Les parents sont murés dans leur chagrin, la porte de la chambre fraternelle demeure fermée à clef, l’ambiance est pesante. Il se rapproche donc de la « bande » de Gabriel, des « saltimbanques », acrobates, jongleurs, formant une famille d’accueil, sur le point de se disloquer elle aussi. Vivre avec cette communauté éphémère pour tenter de saisir le frère disparu, pour essayer de se trouver soi-même, quitte à se prendre pour un autre, celui qui a disparu. Quitte à le regretter : « Dans la voiture à côté du parc, alors que nous faisions maladroitement l’amour, gênés par son bras en écharpe, j’avais pensé que nos mais tremblantes apprenaient à se découvrir, à s’apprivoiser et à s’aimer, mais nous ne faisions que chercher mon frère dans la peau de l’autre. C’était un trio malsain et voué à l’échec ». Et puis partir de nouveau sur la route, avec un chien volé pour seul compagnon, et trouver l’apaisement au pied d’un phare en Bretagne.
Un rythme lent, mélancolique, pas si désabusé. J’ai laissé un peu « infuser » avant de me prononcer sur ce premier roman qui, au final, m’aura laissé un souvenir de lecture agréable mais pas impérissable. – Adèle Glazewski
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C’est un roman dont le héros est en permanence sur un fil, d’ailleurs, lorsque je m’apprête à en parler à quelqu’un je me trompe de titre et dis Funambule au lieu de Saltimbanques… Lapsus révélateur de la trace laissée dans mon esprit. Un fil tendu entre passé et avenir, un fil nommé présent, sur lequel Nathan, puisque c’est son nom tente de garder l’équilibre pour gagner l’autre rive. C’est un roman tout en impressions, en instantanés, servi par une très belle écriture qui déroule lentement une mélancolie réchauffée de quelques rayons de lumière.

Cela fait huit ans que Nathan a quitté le sud-ouest et sa famille lorsque survient le décès de son petit frère Gabriel. Celui-ci avait à peine huit ans quand Nathan est parti et ils ne se sont pas vraiment revus depuis. Nathan ne sait rien de Gabriel, du jeune homme qu’il était devenu à part la tristesse qui imprègne désormais les murs de la maison familiale. Parents peu causants. Amis perdus de vue. Nathan traîne ses questions et finit par rencontrer la bande d’amis de Gabriel. Une troupe de spectacles de rue, jongleurs, acrobates à laquelle il se mêle, une manière pour lui d’aller à la rencontre de son frère, de se glisser dans ses pas. Il y a Bastien, le plus âgé, qui semble prendre soin des autres. Apolline qui fut très proche de Gabriel. Il y a le spectacle, l’art de la représentation, la discipline, une sorte de seconde famille. Un style de vie, en communauté. Pourtant, la quête de Nathan ne suit pas la bonne route. A travers Gabriel, c’est lui-même qu’il tente de saisir. C’est le vide béant qui l’habite qu’il tente de remplir. Et c’est en repartant vers le nord que les réponses apparaitront.

L’auteur saisit ce temps, celui du deuil, qui agit comme un révélateur. Réminiscences du passé. Affleurement des failles et des blessures non cicatrisées. L’absent devient une sorte de fantôme et le questionnement permanent empêche ses proches de s’en affranchir. La route que parcourt Nathan est un long tunnel ponctué de rencontres, comme autant de flashs de lumière… jusqu’à la clarté, tout au bout. C’est justement au pied d’un phare, en Bretagne, que son chemin bifurque.

Étonnamment, ce livre n’a rien de triste. L’ambiance qui s’en dégage est enveloppante, presque envoûtante. L’histoire passe au second plan, ce sont les rencontres qui comptent, ces individus que l’on observe avec les yeux de Nathan, désireux d’en saisir l’âme. Une arabesque, un rituel autour d’un feu de bois sur une plage, une séance de jongle, un corps qui s’enroule comme une liane autour d’une corde, la lente ascension vers le sommet du phare. Autant d’étincelles de vie.

Un premier roman qui charme par sa langue à la fois classique et moderne d’où jaillit un univers singulier, une atmosphère marquante, une petite musique bien à lui. Une jolie découverte. – Nicole Grundlinger

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Mauvais timing peut-être, voilà un roman avec lequel j’ai eu un peu de mal et si je ne l’avais pas lu dans le cadre des 68 premieresfois, j’aurais sans doute abandonné ma lecture. Et maintenant que je l’ai terminé, je peux dire que cela aurait été dommage.
Nathan a quitté sa famille depuis longtemps. Il vit à Paris de petits boulots qui ne lui apportent d’autre satisfaction que lui payer le gîte et le couvert. Lorsqu’il est parti, son petit frère Gabriel avait 8 ans. Dix ans après, il revient pour l’enterrement de Gabriel. Une chape de tristesse s’est abattue sur la maison familiale et il réalise que c’est comme s’il venait enterrer un inconnu car il ne sait pas quel jeune homme était devenu son frère.
La première partie du roman voit un Nathan complètement paumé tenter de découvrir qui était son frère, en vivant notamment avec la troupe de saltimbanques que fréquentait celui-ci, en se laissant séduire par sa copine, incapable de poser les bonnes questions… Ce Nathan m’a terriblement agacée et j’ai eu du mal à ressentir la moindre empathie pour lui. Je l’ai trouvé immature, très passif…
Ensuite, diverses rencontres vont lui permettre d’avancer, de pouvoir faire le deuil de ce frère qu’il a si peu connu et de reprendre sa vie en mains. Au lieu de se regarder le nombril, il s’intéresse à autrui. La relation qu’il noue avec un vieil homme est magnifique et lui permettra de réfléchir, de trouver l’apaisement, et peut-être le chemin de la réconciliation familiale…
A lire si vous aimez les histoires d’introspection et pour la dernière partie, superbe, qui m’a enfin permis de ressentir envers Nathan l’empathie qui m’a manqué au début du roman.
Tout cela ne m’a pas empêchée de trouver l’écriture fluide et de penser que l’auteur sera à suivre attentivement … – Catherine Dufau

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Le narrateur, Nathan, revient dans la maison familiale pour assister aux obsèques de son frère Gabriel, décédé dans un accident de la route. Il a quitté sa famille très tôt, autant par désir d’émancipation que pour des motifs de désaccord avec son père. Il n’a guère connu son frère, il n’avait que huit ans lors de son départ. Après l’inhumation, il part donc à la recherche du passé de son frère. Pour ce faire, il accompagne la troupe de saltimbanques qui étaient ses amis. Il tombe dans les bras d’Apolline, qui a été l’amante de son frère, il est admiratif de ses exploits de voltige, il en tombe sévèrement amoureux, un peu comme tous les membres de la troupe. Au-delà de son désir de comprendre son frère, de savoir qu’il s’est tué sous l’emprise de stupéfiants, qu’il était apprécié pour sa gentillesse et son habileté à jongler, on se demande si le narrateur (Nathan) n’est pas à la recherche de sa propre identité. J’ai parfois pensé au film de Wim Wenders, les ailes du désir, où le héros du film tombe amoureux de la trapéziste (Marion ), qui évolue également dans les airs. Ce roman est surtout un roman d’atmosphère, il y a la tristesse insondable des parents, le vague à l’âme insurmontable de Nathan, qu’il transmet au lecteur, le désenchantement de ses amis jongleurs qui semblent vivre au jour le jour, sans perspective de lendemain. Même les paysages semblent gagnés par cette noirceur. J’ai traversé ce roman avec une certaine mélancolie, j’ai été néanmoins séduit par l’écriture, fluide et expressive. Seul bémol, la dernière partie du roman arrive comme un cheveu sur la soupe. A part ce détail, chaque mot est à sa place, il n’y a pas de rupture dans la narration, un premier roman superbement écrit. –  Michel Carlier

Concours : un « 68 » dans la poche !

Comme l’année dernière, avant de clôturer cette première session 2019 et de préparer celle de la rentrée, nous vous proposons de doper votre « Pile à lire » de l’été et d’y inclure l’un des premiers romans des sélections précédentes qui s’offrent une deuxième vie dans leurs beaux habits de poche. Mine de rien, cet été, nous attaquerons notre cinquième rentrée littéraire des primo-romanciers afin de dénicher ceux qui rejoindront les 117 premiers romans des promos 2016, 2017, 2018 et hiver 2019. Sans oublier les deuxièmes romans, de plus en plus nombreux…

68_concours 2019 version nb 29052019

Pour tenter de gagner l’un de ces 7 romans, spécialement dédicacés par leurs auteurs c’est très simple, il suffit de nous faire part de votre participation exclusivement en commentaire de ce billet et de répondre à cette question : quel est le titre du premier roman de votre écrivain préféré et l’avez-vous lu ?

Vous avez jusqu’au lundi 10 juin à minuit.

Un tirage au sort attribuera de façon aléatoire chacun des titres (Faux départ de Marion Messina (J’ai lu), Les parapluies d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon (Folio), Et soudain, la liberté d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent (Pocket), Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau (Pocket), Le courage qu’il faut aux rivières d’Emmanuelle Favier (Le livre de poche), Ma reine de Jean-Baptiste Andrea (Folio) et Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer (Le livre de poche)). Les gagnants auront ainsi la surprise du titre qui arrivera dans leur boîte aux lettres.

Bonne chance à tous !

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Dernière minute !

Résultats du tirage au sort effectué le 11 juin 2019 :

Voici la liste des heureux gagnants qui recevront l’un des livres présentés, dédicacé par l’auteur : NathChoco, Adèle Glazewski, Du bonheur de lire, Calimero, Ana Pires, Mes pages versicolores, Perrine Signoret.

Merci de nous communiquer vos coordonnées par mail : 68premieresfoisofficiel@gmail.com

Et nous espérons que la surprise sera bonne à l’ouverture de vos boîtes aux lettres !

L’odeur de chlore – Irma Pelatan

« C’est là que j’ai découvert la voix en moi, ma voix mentale. Là, et aussi à l’endormissement – voix tenace qui raconte le monde. »

L odeur de chlore

L’Odeur de chlore, c’est la piscine comme une église, le sport comme une prière extrême, le corps comme désacralisé, repoussé jusqu’aux limites de l’enfermement, l’illusion de la liberté.
C’est aussi ce lieu imaginé comme une matrice aux proportions parfaites, illusion de la perfection des corps, qui porte pourtant nos corps inadaptés.
« Je voudrais faire le récit de cette mort, la seule chose intéressante, c’est le récit de la brutalité assumée, les raisons qui font qu’on saute alors qu’on sait qu’on se fera mal, que ce n’est pas agréable. Qu’on se voit beau, triomphant aux yeux des autres alors que la seule vraie expérience est celle de pantin ridicule, de chose sans volonté. »
Un texte comme une expérience, qui semble vouloir aller chercher à l’intérieur des enveloppes, celle du corps et celle d’un bâtiment.
« Sous la surface, je m’ouvre immédiatement, je lâche de l’air en bulles brillantes et soudain, un ciseau puissant puis j’ondule, je nage sous la surface, je me glisse dans cet espace que j’aime ; le choc absorbé, reste la liberté. »  – Amélie Muller
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Pas facile de parler de ce tout petit livre, ce « récit, enfin cette chronique, ce machin tant de fois suspendu« , selon les propres mots de l’auteure. Certains le trouveront trop lent, ennuyeux peut-être.
Personnellement j’ai plongé sans trop savoir où j’allais – moi qui associe encore la piscine au ventre noué les jours de sortie avec la classe -, je me suis laissé guider et j’ai apprécié mon saut dans l’eau turquoise et chlorée (cette couverture !).
Ce texte raconte le corps dans une piscine mais pas n’importe quel corps et pas n’importe quelle piscine. Le corps de la narratrice, pendant des années, depuis sa tendre enfance jusqu’à l’âge adulte (trois fois semaine pour l’entraînement en compétition, ça en fait des longueurs). Un corps trop ou pas assez, un corps changeant. Et la piscine imaginée par Le Corbusier en 1945, à Firminy, dont toutes les proportions ont été pensées pour satisfaire au standard de référence, le Modulor, correspondant à un homme de 1 mètre 83 (on est loin du corps de la narratrice).
Un texte très délicat et pudique pour raconter les souvenirs même les plus douloureux (dont un, pages 89-90 qui justifie, peut-être, à lui seul l’écriture de ce texte mais évoqué avec tellement de délicatesse que le lecteur peut passer à côté – j’ai été obligée de relire ce passage, je voulais être certaine d’avoir bien compris), un monde de lignes, d’eau, de chlore, perdu dans les profondeurs de l’enfance.
Plongée, certes exigeante, mais tout à fait réussie en ce qui me concerne. – Laetitia Badinand
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Irma Pelatan a écrit ce quelque chose qui ne peut s’exprimer mais dans lequel on plonge littéralement comme on plonge dans cette piscine dessinée par Le Corbusier, dans ses souvenirs d’enfance, ceux de son corps qui devient, change, mute, fait de l’adolescence une femme aux courbes arrondies, dépassées et excédantes, aux limites du cercle rond tel celui du grand architecte.
Une ode inversée à l’étalonnage mesuré, standardisé, à l’idéal, la perfection, la compétition des corps et des défis, des limites et des peurs, au dépassement de soi. Une ode douce, tendre, infinie, comme une onde aquatique, celle d’une écriture pure, simple, dépouillée telle que l’aurait architecturée, assemblée. Une écriture comme l’élément moteur et inépuisable, l’élément à la fois vulnérable, sensible, solide, impressionnant. L’eau et l’écriture comme un défi à soi, sur soi, pour soi, une liberté acquise.
Une odeur de chlore qui nous prend le corps, ne nous quitte pas, nous retourne dans sa largeur, ses longueurs qui s’additionnent au fur et à mesure des mouvements de bras et jambes. Libérée de toutes sagesses. Délicat et percutant. Atypique. Tendre. Impudique pudique. Élégant. Une brasse coulée devenant indienne, féminine. Une sculpture aquatique où la cadence, le rythme, la noyade, la résurgence, la folie, la volonté, la colère illumine la beauté d’une liberté criée, gagnée, retrouvée, tendre. Une voix mentale, en soi, tenace qui raconte un monde, une naissance, une écriture, un espace sans limite sauvage et profond, poétique. Une transe aquatique.
Et mon corps toujours déborde.”  – Sabine Faulmeyer
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Dans cet espace aquatique, une petite fille devient femme. À force de longueurs, elle voit ce corps qui change, se modifie, évolue et se forge. Peut-être frôle-t-elle la perfection dans ce lieu si normalisé. « Comment mon corps peut-il être un mystère à moi-même ? » En un court récit, Irma Pelatan, dessine le parcours du corps. Captivée par son rôle et son devenir au fil de sa vie. Comment il se comporte face à la nature des choses et la place qu’il a parmi les autres. C’est bref et il n’en fallait pas plus pour ce texte tout en pudeur. Le rapport du corps à soi et aux autres n’a plus le même goût après cette lecture.- Héliéna Gas
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Sublime, intime, étonnamment aérien, ce récit d’Irma Pelatan est un plongeon gracieux dans une piscine des plus mythiques. « N’accablez donc pas celui qui veut prendre sa part des risques de la vie. » « Le Corbusier » « Poème de l’angle droit » Bâtisseur de cet antre emblématique dont les plans, enluminures de renom encensent ce bijou littéraire. L’écriture est ciselée, claire, une brasse vénitienne souple et légère. Le ton féminin à peine éclos, en mutation gracile vers cet âge adulte est cette voix qui résonne en écho dans cette piscine parabolique. Il y a dans ce style mature la sagacité et l’envergure d’Annie Ernaux. On sent une jeune sportive en quête d’elle-même dans une initiation allouée au courage et à la transformation symbolique de son corps, Naïade en manichéenne envergure, fragile et courageuse à la fois. L’eau devient le reflet d’une introspection, bataille et reconnaissance. Symbiose de la vie, le corps plongé en elle, l’enfant devient Néréide, femme en puissance. « Je nageais seule, lumières éteintes, dans l’eau sans hiérarchie, l’eau sans limites. J’aurai sans doute pu suivre ce chemin-là. La belle profession. »Le Corbusier en filigrane dans « L’odeur de chlore » est l’hommage rendu à la nage exutoire. Ce récit est une échappée dans les profondeurs où l’Ondine défie la nageuse où la nageuse défie l’enfance qui s’échappe en brasses des plus voluptueuses. »Maintenant je le sais et reste la liberté. Si tu savais comme je suis bien. » Le lecteur est ému, troublé, grandissant, serein aussi à contrario. Il pressent détenir dans l’accord du point final, cette formidable conviction que le sport est une porte qui s’ouvre sur le monde. Que l’effort est une bataille contre ses propres angoisses. Le refoulement d’une enfance qui s ‘en va en laissant des messages sur l’eau générationnelle. Ce récit d’apprentissage est une valeur sûre, des confidences allouées en Odeur de chlore. A lire près d’une piscine et vous verrez comme tout change !  – Evelyne Leraut
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Avec «L’odeur du chlore», Irma Pelatan fait resurgir ses souvenirs au rythme des longueurs de piscine et, au fur et à mesure que son corps se transforme, nous raconte l’ambition architecturale du Corbusier.
Lors de la réunion du jury du Prix Orange du Livre 2019, nous avons eu un intéressant débat – notamment avec le sauteurs présents – sur les livres entrant dans la sélection et sur le définition d’un roman. Si je vous en parle aujourd’hui, c’est que le débat pourrait aussi mettre en cause L’odeur de chlore. Pour résumer le choix fait par le jury, il n’y a pas de distinction à faire entre un récit, un récit de voyage, une chronique ou une expérience vécue à condition qu’il s’agisse d’une œuvre littéraire, ce en quoi ce court récit répond indubitablement, car il est construit sur la recherche stylistique, sur le rythme imposé par la natation. On pourrait même le rapprocher de À la ligne de Joseph Ponthus, cet autre exercice de style qui par son écriture rend déjà compte de l’ambiance, du milieu décrit.
Nous voilà cette fois à Firminy, petite ville du Massif central dont la notoriété, après la fermeture des aciéries, tient au prix national d’urbanisme décerné à la ville en 1962 pour un ensemble architectural dessiné par Le Corbusier et comprenant notamment, outre des immeubles d’habitation, des équipements collectifs et une église – qui ne sera terminée que bien longtemps après la mort de son concepteur.
Parmi les équipements collectifs figure la piscine dont il est question dans ce récit.
Pour la narratrice et pour sa famille, la piscine devient très vite un cocon protecteur: «Quand j’étais de l’autre côté de la vitre, je sentais (…) qu’il y avait une grande force à se montrer presque nue face aux habillés. La vitre était une protection, me rendait inatteignable
Membre du Club des Dauphins, c’est là qu’elle va voir son corps se développer, prendre conscience de sa féminité grandissante. «Mon corps est devenu celui d’une femme. Cette piscine a vu mon corps se faire femme, semaine après semaine, elle a vu mes seins pousser, mes hanches naître, elle a su mes règles. Et, de tout aussi loin, elle a vu mon corps grandir et grossir, échapper à la courbe, devenir trop, devenir autre, quitter la norme.»
Au fur et à mesure des longueurs effectuées, des progrès réalisés, des confrontations victorieuses, on se prend à rêver, à faire de cet endroit le point de départ vers d’autres voyages. «On soufflait de l’eau chlorée par les narines, mais ça voulait dire la mer. Ça voulait dire la puissance de la mer, le sel de la mer, la majesté de la mer. L’espace sans limite.» La mer où Le Corbusier finira par mourir, laissant à André Wogenscky le soin de conclure son œuvre et à Irma Pelatan de comprendre que les apparences sont quelquefois trompeuses, y compris lorsque l’on veut être l’architecte de sa vie. – Henri-Charles Dahlem
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Un texte qui se lit rapidement, riche en images et symboles tant l’évolution physique de la narratrice comme son état d’esprit y développent un sens du symbolisme et de la métaphore.
Pour qui que ce soit qui a connu aussi ces cours ou ses sorties à la piscine, enfant puis adolescent, les rapides chapitres de ce livre reflètent parfaitement nos propres sentiments. Cette piscine, en plus d’un architecte prestigieux dans sa conception, est bien un monde à la fois magique, mystérieux et le cadre des évolutions corporelles de la narratrice. Une sorte de prolongation naturelle du liquide amniotique maternelle, c’est par l’effort que la narratrice, sa sœur, ses premiers petits amis mettent à parcourir, sans fin, ses longueurs de bassin que cette communauté, ses rites, ses challenges existe et se différencie du reste du monde qui les entoure.
Jamais je n’ai eu l’occasion de lire un tel ouvrage sur le milieu d’une piscine municipale…
Je vais me remettre à la natation….. – Olivier Bihl
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La piscine, la piscine, quand on en fait une discipline de jeunesse, c’est bien. Mais, dès que l’on ressent du stress pour y aller, pour supporter le coach, et les parents qui vous poussent à longueur d’année, il faut s’arrêter sans tarder sinon ça devient vite l’enfer, une sorte de prison en fait.
Un texte qui se lit rapidement parce-que bien écrit, mais il ne m’a rien apporté, si ce n’est de me ramener à mes souvenirs d’enfance, où à l’école primaire nous avions cours de natation, où si l’on ne voulait pas plonger, on était poussé par le maître nageur dans le grand bassin. Et là évidement des plats qui faisaient mal, il y en a eu !!!
L’enfermement et l’envie de hurler contre ces adultes, est là. Mais la discipline obligatoire pour ce gendre d’activité forge le caractère et l’endurance du corps.
Est-ce un bien ou un mal toute la question est là ! – Brigitte Belvèze
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Enfant, adolescente puis jeune femme, Irma Pelatan, l’auteur de ce texte étrange, a nagé plusieurs fois par semaine dans la grande piscine de Firminy.
Elle raconte tout au long de ces 98 pages, avec une écriture légère et aérienne, ses souvenirs de nageuse.
On se rappelle alors nous aussi l’odeur particulière qu’il règne dans ces établissements, les grands vestiaires, les bracelets de plastique attribuant un casier et les heures passées dans l’eau, nos doigts fripés et nos cheveux mouillés à la sortie…
Mais j’ai malheureusement peu accroché à ce court texte et je pense être passée à côté de ce que l’auteur voulait nous dire… – Audrey Lire & Vous
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Ce livre est assez atypique. Une ancienne nageuse nous raconte ses souvenirs d’enfance à la piscine, de manière décousue, comme si on avait glissé dans une conversation “ah tu as fait de la natation ? Tu me racontes”, et les souvenirs déboulent. De beaux souvenirs comme la sensation d’être dans l’eau, de se dépasser. Des souvenirs plus douloureux, les regards des autres, le souffle coupé…
J’ai vraiment eu cette sensation de conversation avec l’auteure, plus que le sentiment de lire un roman. Je ne saurai dire si c’est volontaire de la part de l’auteure ou non. Ce fil de pensées est déroutant au premier abord, on ne sait pas où l’on va, il n’y a pas d’action a proprement parler mais vraiment cette idée de se rappeler.
J’ai fait du sport en compétition et ce livre m’a parlé, il m’a rappelé de nombreux moments. Je pense que ce livre peut décontenancer, mais on peut être touché par celui ci, en particulier si on a connu le monde de la compétition durant l’adolescence. Ce livre est parfait pour une soirée où l’on est nostalgique, c’est une entrevue qui vaut le coup, le temps de quelques longueurs.
Merci pour ces souvenirs !  – Marion Catherinet
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L’odeur de chlore pour Irma Pelatan c’est l’odeur des souvenirs, ceux de l’enfance et de l’adolescence- sa madeleine de Proust. Le chlore de la piscine, une piscine à l’architecture exceptionnelle, Le Modulor, signé Le Corbusier – avec ses courbes, son plafond à lames, son bassin dans lequel elle évolue trois fois par semaine.
La piscine est ici un monde à part, une sorte de bulle dans laquelle Irma plonge à l’envi. Il y a « le monde des habillés  » et « le monde des dévêtus « , le sien- il y a le monde des « baigneurs  » et le monde des « nageurs « , le sien également, celui où l’ « espace mental  » est différent, ailleurs, dans lequel le corps est entièrement dévoué à l’effort et aux longueurs inlassablement répétées. Les rapports à cette piscine sont complexes et ambivalents: c’est fascinant, quasi sensuel, étouffant, violent…
Bref, c’est le lieu des sensations aiguës et exacerbées- et surtout le témoin des changements du corps d’ Irma, des souffrances, des complexes, des bonheurs, de l’épanouissement… une métaphore de l’apprentissage de la vie.
Une ode à la liberté, une ode à la piscine Le Corbusier à Firminy. Une très courte lecture que j’aurais aimé prolonger. – Sandra Moncelet
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Tout petit livre mais sujet inédit : comment l’évolution du corps d’une fillette, puis d’une ado, peut être perçue lors de son activité principale, la natation. A cela se superpose de façon quasi fantastique la construction vue par l’architecte Le Corbusier, concepteur de la piscine de Firminy (Loire). Les lignes du corps et celles de l’œuvre se répondent et évoluent en parallèle, perturbantes, dérangeantes, séduisantes, inachevées, autant pour Le Corbusier qui mourut avant la réalisation que pour Irma, dont le corps et l’esprit sont en perpétuelle évolution.
Il y a quelque chose de poétique dans ce texte, écrit d’une manière fluide et légère. Pour autant, on a l’impression d’un non-dit important, perturbant, chez cette gamine qui ressent si fort les choses, à ce point que je me suis demandé si quelque chose d’intolérable ne s’était pas produit dans son entourage immédiat. Comment explique-t-on qu’elle soit devenue obèse, comme si l’objectif était d’enfin recouvrir ce corps si longuement exposé ?
Par ailleurs elle évoque sans ambiguïté ses émotions de sportive du haut du plongeon, la souffrance physique et les efforts consentis, l’ambiance du « collectif » et des compétitions.
Un petit livre qui nous entraîne dans un milieu très particulier, où domine l’odeur de chlore, celle qui imprègne absolument tout et reste littéralement en elle, et non l’odeur du chlore (nettement plus restrictif) comme on le lit dans la plupart des commentaires internet sur ce livre.
Une découverte, mais pas un grand livre. Attendons la suite ! – Evelyne Grandigneaux
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Singulier comme cette piscine voulue par Le Corbusier. En 1958, il renonce au mètre étalon et se donne pour mesure le Moludor, ou la taille d’un homme d’un mètre quatre-vingt-trois… (hum, et pourquoi pas d’une femme d’un mètre et quelque ?) Piscine qui n’a pas été construite par Le Corbusier, mais par son ami et élève André Wogensky entre 1969 et 1971. Bref, cette piscine située dans le village de Firminy vert, dans la Loire, est le lieu où l’auteur va vivre des heures dans l’eau, sous l’eau, autour de l’eau, qui rythme et ponctue ses années d’enfance, d’adolescence…

J’aurais donc appris cela de cet étonnant récit – roman ? ou je ne sais quoi – puisque l’auteur pose sur la feuille des mots et des sentiments comme jetés à la suite les uns des autres. Irma Pelatan se souvient et égrène des souvenirs, des odeurs, celle du chlore bien sûr, mais d’autres aussi, des visions de traces de sang, de pieds tailladés par le carrelage, de viol sans doute, à peine évoqué en une page mais fort et tellement troublant, de couloir courbe, du plaisir de s’exhiber comme les garçons sur ce plongeoir vertigineux avec deux cent yeux tournés vers elle. Et les années sont passées par-là, les rondeurs et les douleurs aussi dans ce corps qui aujourd’hui déborde.

Au milieu des bonnets de bain en plastique et des adolescents boutonneux qui s’éveillent aux autres, je me suis pourtant un peu perdue, les doigts fripés par l’eau trop froide, dans ces odeurs de chlore et de marées.Dominique Sudre

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C’est l’histoire d’une piscine, celle de Firminy-vert, conçue par Le Corbusier et réalisée par son disciple André Wogenscky. C’est l’histoire d’une jeune fille qui y nage trois fois par semaine toute son enfance et son adolescence. Piscine et nageuse sont intimement liés, c’est ce que raconte Irma Pelatan dans ces presque cent pages où elle évoque l’architecture particulière de ces lieux élaborés sous la mesure du Molitor, les carrelages coupants, les vestiaires collectifs, son corps, l’eau, sa sœur, les longueurs enchaînées sur plusieurs kilomètres. Le tout donne un ensemble indéfinissable, une sorte de patchwork aux camaïeux de bleu, dont le but est multiple : rendre hommage au créateur de la Cité radieuse et à son élève, parler de la pratique sportive imposée par le père, et parler du corps, le sien, celui des nageurs, et celui de l’homme idéal d’un mètre quatre-vingt-trois qui a servi d’étalon à Le Corbusier. Un récit inclassable, autobiographique assurément, dont la lecture se fait avec l’aisance du nageur fendant l’eau d’un crawl souple et régulier. – Emmanuelle Bastien

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L’auteure nous relate dans ce court récit l’évolution de son corps de sa petite enfance jusqu’à ce qu’elle devienne une femme. Ces longueurs de bassin effectuées trois fois par semaine dans la belle piscine de Firminy imaginée par Le Corbusier.
Sa transformation du début d’enfance où très fière, elle nageait dans les lignes pendant que d’autres restaient dans l’autre partie du bassin pour s’amuser.
Rester avec ses amis, elle est très proche des garçons , et plonger à se faire peur, l’adolescence passe et le corps change. On se sent mieux dans l’eau et terminer avec un corps que l’on a envie de dissimuler. La piscine est toujours présente et bienveillante.
Ce récit est précis, net et concis, agréable à lire.
Un livre véritable OVNI parmi les 68 premières fois, et c’est ce qui est intéressant. – Hélène Grenier

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Un premier roman qui parle du corps.

Un si beau texte, à l’écriture précise, resserrée mais qui dit tant.
Un texte dans lequel on s’intéresse à ce que le corps est, ce qu’il ressent avant la tête, comment il change, nous accompagne ou nous entrave.
Un texte où la respiration, les pages blanches, nous maintient à flot. Un texte comme un corps sous tension mais pudique et délicat.

J’ai retenu plusieurs passages. Dont celui-ci :
« C’est là que j’ai découvert la voix en moi, ma voix mentale. Là, et aussi à l’endormissement – voix tenace qui raconte le monde. »Hélène Goalen
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J’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce « roman » cependant pour moi il ne s’agit pas vraiment d’un roman puisque dans ma définition de roman se trouve une histoire. Ici j’ai plutôt assisté à la remémoration de souvenirs, à la description d’un lieu. D’ailleurs, l’auteur parle de « chronique », ce n’est à mon avis, pas du tout un hasard.
L’exercice m’a vraiment séduite mais lorsque je suis arrivée au dernière page j’attendais une chute. Je ne suis pas habituée à lire ce type d’ouvrage.
Le style est vraiment agréable, chaque mot, chaque adjectif est parfaitement bien choisi. On a l’impression d’être spectateur de la vie d’une piscine ! Bravo ! – Nina Busson Boulonne

L’Appel – Fanny Wallendorf

“ Richard perfectionne ses foulées, et en poursuivant sa route, il comprend soudain que ce qu’il trouve dans la course, ce qu’il rejoint, c’est le silence, un silence unique et impartageable, le silence du sport, qui l’isole sans peine de tout ce qui l’entoure, un silence jouissif qui règne en maître avant de le déserter brutalement. “

L appel

Quand j’ai lu la 4eme de couverture, je n’ai pas ressenti d’ « appel » irrésistible.
Mais je me suis dit, allez, pas de préjugés, prends ton appel et vas y .
Hé bien je n’ai pas été déçue. Une vraie découverte, je n’ai pas pu le lâcher avant la fin.
C’est le premier roman de Fanny Wallendorf, traductrice, et, pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.
J’ai été immédiatement accrochée par cette histoire qui est celle, romancée de Fosbury et de son fameux saut en hauteur sur le dos.
Le titre est à double sens , il s’agit bien sur de l’appel du pied qui initie le saut , mais il s’agit en fait surtout de l’Appel irrésistible d’une vocation que nous raconte le livre.
Richard est un adolescent de Portland plutôt secret, grand, maigre, dégingandé, dont la morphologie paraît d’emblée adaptée à la pratique du saut en hauteur.
Mais il stagne désespérément, son entraîneur a beau s’acharner, le conseiller, rien à faire, ça n’avance pas.
Jusqu’au jour où  » ….avant d’entamer les 3 dernières foulées en suivant la courbe imaginaire……..il passe la barre sur le dos « 
Richard est un artiste, un vrai, dans le sens où il est un créateur. Et, comme tous les créateurs, il va se battre pour imposer sa technique qui,au début, va susciter de l’admiration certes, mais aussi des moqueries, des refus, et même un refus d’homologation. Tout le monde connait la fin heureuse de cette aventure qui va trouver son apogée en or ,aux jeux olympiques de Mexico, en 1968.
C’est le récit d’une passion, l’aventure d’un homme libre qui va s’affranchir de tous les diktats pour réaliser son rêve.
J’ai été prise par l’histoire, j’ai lutté avec lui, j’ai eu peur avec lui, j’avais le cœur qui battait avant chaque saut et j’ai retenu mon souffle à chaque fois qu’il passait la barre .
En lisant, j’ai pensé à Maylis de Kerangal , comme elle l’auteur a dû beaucoup se documenter pour parler en connaissance de cause de la technique sportive du saut en hauteur, de l’état d’esprit des athlètes. Il faut voir comme elle décrit l’état de concentration quasi mystique qui doit précéder le saut pour assurer sa réussite. Et j’ai pensé à Billy Elliot, pour ce qui est de la volonté de vaincre tous les obstacles pour réaliser sa passion. Au dernier paragraphe du livre, j’ai revu la si belle scène finale du film, pour moi c’est quasiment le double littéraire de cette scène.
J’espère vous avoir donné envie de lire ce livre que je vous recommande chaudement.- Monique Poncet-Montange

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Depuis ses dix ans, Richard fait du saut en hauteur. Comme il ne progresse plus alors qu’il « efface » 1,62m, il envisage de changer de sport. Mais rien ne lui convient.Il découvre alors une pratique proche de la méditation pour arriver à une sorte d’état modifié de conscience, les yeux fixés sur le miroir, les muscles bandés, puis s’échappant de plus en plus de son environnement. La concentration extrême et l’entraînement secret sur un vieux stade désaffecté vont le pousser au dépassement de soi : il va inventer un nouveau type de saut, le saut dorsal qui lui ouvrira les voies du succès.
Ainsi résumée – et romancée – est racontée l’histoire véridique de Dick Fosbury, champion olympique de saut en hauteur avec 2,24m en 1968 à Mexico . L’auteure étoffe son roman en y dépeignant un contexte universitaire exigeant et très vivant, des réactions jalouses et idiotes devant une nouvelle pratique du saut, la découverte de l’amour et de la sexualité, une famille aimante et exigeante, une vie d’ado hors norme dans son Oregon natal entre Portland et l’université de Corvallis au bord de la rivière Williamette, douce comme « un serpent endormi ». Et la hantise d’être appelé sous les drapeaux pour partir au Vietnam…
Je n’aurais pas pensé m’intéresser autant à un domaine qui m’échappe passablement, celui du sport dans et par les universités américaines. Mais il y a dans ce livre une approche du sport par le dépassement de soi, l’exigence, la souffrance, totalement applicable à tous les domaines de la recherche d’excellence. Il y a aussi la superbe expérience du bonheur du corps dans l’effort, la joie immense, profonde, quasi sensuelle à faire jouer ses muscles et son cerveau. Le personnage de Richard est parfaitement crédible, attachant, impressionnant. Le contexte (fac, parents, coaching, milieu sportif) est également tout à fait intéressant.
Une belle découverte, un premier roman prometteur. – Evelyne Grandigneaux
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Avec L’Appel, j’ai eu le sentiment de toucher l’essence de la performance sportive : l’introspection où le corps n’est plus que conscience et infini, les limites ont sauté, le corps fait partie d’un grand tout relié aux autres, au lieu, au monde, à l’univers. Chaque pulsation qu’émet le cœur de Richard, l’athlète, a résonné comme un appel à se mouvoir, un appel à faire circuler le sang dans mes muscles, un appel à laisser le corps s’effacer et faire place au schéma corporel, comme réalité vécue. Tout au long du récit, le corps franchit des limites ; l’esprit, lui semble illimité. L’Appel donne de l’élan, de la hauteur et de la distance sur les stéréotypes et l’ultra-normalité, à travers le parcours atypique du personnage principal. Je me suis attachée à ses expérimentations, ses rituels, ses exploits. Cela fait écho à nos propres tentatives d’existence, notre parcours pour légitimer sa pensée, enfant, adolescent, puis jeune adulte. L’Appel est un appel à respirer, à vivre et à créer, coûte que coûte.- Anne Richard
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Qui aurait cru que Richard décrocherait un jour une médaille aux JO ?? Certainement pas ses entraîneurs, qui lui ont même conseillé de changer de discipline… Alors qu’il ne dépassait pas les 1,62 au saut en hauteur, ce garçon hors du commun va faire de son rêve une réalité…
C’est une fois encore grâce aux 68 premières fois que j’ai fait la rencontre d’une auteur, d’une écriture et d’un personnage tellement attachant… Ce roman n’est pas la biographie romancée de Dick Fosbury… Il est tellement plus…
C’est à la fois l’histoire d’un adolescent un peu rêveur, qui vit depuis toujours avec le sport comme quotidien. C’est aussi le chemin d’un jeune homme qui cherche à comprendre le mouvement qui le portera au-delà de ce que peuvent dire les gens qui l’entourent. C’est enfin la foi et le dépassement de soi d’un homme simple et persévérant…
Bien plus qu’un roman sur le saut en hauteur ou sur la vie de Richard Fosbury, le livre de Fanny Wallendorf est la puissance de nos croyances mise en mots… – Audrey Lire&Vous
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350 pages sur le saut en hauteur!
Très vite arrivée à la page 80 je commençais à me demander ce que j’allais apprendre de nouveau sur ce thème puisque de toutes façons j’avais compris que le jeune Richard de Fanny Wallendorf (qui emprunte beaucoup au véritable champion olympique Dick Fosbury) allait finir aux J.O. Mais l’écriture étant agréable j’ai continué. Page 150, toujours le même sujet. Contrairement à mes habitudes je suis allée voir les commentaires des 68. Tous bons! J’ai donc continué ma lecture et quelques heures plus tard j’y étais aux J.O. J’étais arrivée à la dernière page et j’aurais aimé continuer avec Richard. C’est que je m’y étais attachée et que son lent processus pour arriver à l’excellence m’avait touché.
Ce roman aurait pu compter 50 pages de moins mais certaines répétitions de l’auteur permettent de mieux comprendre les continuels efforts, l’endurance, la monomanie qu’il faut pour arriver au sommet de son art. Et quelle bonne idée de créer de toute pièce un personnage au lieu de romancer la vie du véritable champion.
J’aimerais beaucoup une suite. Ce n’est pas facile de retourner à une vie normale quand on a tout donner pour le sport, Ludovic Ninet nous en parlait bien avec son perchiste dans La Fille du Van  – Françoise Floride-Gentil
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Portland, 1957. Richard, 14 ans, pratique le saut en hauteur, mais ne parvient pas à dépasser 1,62 mètres, au grand dam de son entraîneur. Pourtant, il ne cesse de courir, de parfaire sa courbe avant le saut, dans un stade désaffecté promis à la démolition. Un jour, il cède à une envie instinctive et passe la barre en la prenant de dos. Ça marche. Sa technique, que tout le monde tient pour peu orthodoxe, ne convainc pas immédiatement son entraîneur. Cependant, Richard va l’améliorer, malgré les critiques et les quolibets, et l’utiliser lors des championnats, malgré le risque d’être disqualifié. Peu-à-peu, il prend de la hauteur, « efface » 1,92 mètres, puis 1,97 mètres, et finit par franchir les deux mètres…
L’appel, c’est l’histoire de celui qui a donné son nom à la technique qui a révolutionné ce sport. A mon adolescence, nous apprenions le saut en hauteur « en Fosbury », que j’entendais comme « fosse Bury », sans rien savoir de son origine, et ignorant la polémique que son inventeur avait engendrée. Le roman rend hommage à son créateur, capable de prouesses grâce à une faculté de concentration qu’il a mise au point, qui le met dans un état proche de la transe, et le rend capable de tels exploits. C’est aussi le portrait d’une jeunesse américaine des années 60, qui se révolte à l’idée d’aller crever dans la jungle du Vietnam. Fanny Wallendorf s’est, dit-elle dans sa courte préface, inspirée d’une photo du champion et de quelques faits réels relatés par la presse ; elle s’est pour le reste fiée à son imagination pour donner vie à un personnage à la fois réel et fictif, et relater l’ascension du sportif jusqu’aux JO et son rôle déterminant dans la pratique du saut en hauteur. C’est réussi. – Emmanuelle Bastien
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Ce joli roman d’apprentissage prend de très jolis détours pour suivre, de vestiaires en stades, ce jeune homme timide et attachant, au corps chétif et à la haute taille, avec son style inédit, son amour de la Nature, son sérieux, ses doutes…
L’auteure montre bien que tou.te.s concourent à faire de lui ce qu’il est, que ce soit en l’accompagnant (sa famille, son amoureuse…) ou en s’opposant à lui (ses entraîneurs…).
Dans ce milieu du sport où la recherche du record prime et où il s’agit de faire mieux que ses rivaux (voire de les tuer métaphoriquement), personne ne comprend ce que cet athlète tente de faire, personne ne comprend qu’il ne met pas son ambition au service des seules performances mais qu’il s’accomplit par ce qu’il sent vivre au plus profond de lui. Personne ne peut imaginer que ce qui l’anime est une philosophie de vie, proche de la pleine conscience.
Or c’est bien sa capacité de concentration et sa volonté d’aligner ses valeurs avec son environnement qui lui permettent de s’élever plus haut que les autres, dans un geste sportif quasiment extraterrestre et totalement inédit. C’est là que réside son pouvoir…
J’ai lu ce livre comme une incitation à réfléchir, à prouver que la nouveauté et l’innovation ne sont pas systématiquement synonymes de dangers et d’échecs : il faudrait le faire lire aux tenant.e.s de l’orthodoxie éducative et sportive, parents et enseignants, et à tous celles-ceux qui n’envisagent qu’une manière d’aborder les apprentissages.
C’est également une peinture subtile, documentée sans jamais être démonstrative, de l’Amérique des années 60, sûre de sa puissance, rattrapée et déstabilisée par les convulsions de la guerre du Vietnam.
Et il faut bien sûr revoir sur You tube le saut de Fosbury aux JO de Mexico en 1968, celui qui le propulsa dans l’histoire du sport. – Marianne Le Roux-Briet
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Il faut beaucoup de finesse et de doigté pour incorporer l’histoire d’un adolescent, dans la grande histoire du monde, surtout quand c’est une célébrité. Il faut du temps et du travail pour que ce jeune homme assouvisse sa passion : le saut en hauteur. La réussite d’un saut dépend de l’élan, de l’impulsion, de la technique répétée inlassablement et de l’harmonie intérieure de l’athlète.
« Il n’était pas allé au bout de ses recherches. Il n’a jamais lâché, il a l’esprit sportif. Il lutte, il s’accroche, avec une espèce de… naïveté. »
L’appel est un roman sur l’enfance et l’insolence.
Il s’appelle Richard, il est Dick Fosbury et deviendra champion olympique en 1968. Fanny Wallendorf, nous raconte avec délicatesse la démarche intellectuelle d’un sportif, comment il se réalise dans sa vocation. La simplicité de l’écriture contraste avec l’exigence du sport. Il faut posséder beaucoup de force, de talent et d’harmonie pour imaginer une telle histoire et nous la raconter.
L’appel, vous ne regarderez pas la prochaine compétition télévisuelle de saut en hauteur de la même manière : vous rechercherez, sur les visages, l’intensité de la concentration nécessaire. – Renaud Blunat
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Ceux qui me suivent régulièrement savent que lorsque l’on parle de sport, et plus particulièrement d’athlétisme, je ne peux m’empêcher d’évoquer mon expérience durant ces années à peine moins éloignées que celles dont il sera question dans ce splendide roman. Je me souviens que dans les trois disciplines principales de l’athlétisme, courir, sauter, lancer il y avait les excentriques. Les lanceurs de marteau, à la fois par leur morphologie et en raison de la cage dans laquelle ils évoluaient, les sauteurs à la perche qui partaient faire le funambule à des hauteurs risquées et les coureurs de steeple – dont je faisais partie – qui affrontaient barrières et rivière durant leur tour de piste. Rapidement les sauteurs en hauteur sont venus rejoindre ces «marginaux», non pas parce qu’ils étaient grands et sveltes, mais parce qu’ils sautaient d’une manière particulière, en Fosbury-flop.
Voilà qui nous ramène à Richard, le personnage imaginé par Fanny Wallendorf et qui s’inspire de l’athlète américain Dick Fosbury, à l’origine de cette révolution dans le monde très codifié de cette discipline olympique. Si la fin de l’histoire est connue, le titre olympique obtenu en 1968 à Mexico, tout le talent de la primo-romancière vient de la manière dont elle mêle les faits biographiques avec l’interprétation du parcours qui a conduit l’adolescent à la gloire.
Rassurons en effet ceux que la littérature sportive ne passionne pas. Nous sommes ici loin du traité technique et bien davantage dans un roman d’initiation. Aux tourments du jeune adolescent mal à l’aise avec un corps qui a poussé trop vite, viennent s’ajouter des études poussives. La première qui va croire en lui et l’encourager s’appelle Beckie. Avec elle, il va découvrir l’amour et trouver la motivation nécessaire pour dépasser les 1,60 m qui semblaient être sa limite naturelle. Car désormais il s’amuse avec le sautoir, essaie des choses, tente d’apprivoiser cette barre et découvre que s’il engage d’abord son dos, il peut monter plus haut.
Le jour où il présente ce saut peu orthodoxe, c’est le tollé général. Les entraîneurs entendent que l’on respecte le style traditionnel et les adversaires demandent que l’on disqualifie cet original. Même si rien dans les règlements ne stipule qu’il ne peut franchir la barre comme il le fait, le combat va être terrible pour faire accepter cette variante. Non seulement, on voudra le ramener dans le droit chemin, mais on lui suggèrera de changer de discipline, de se mettre aux haies ou au saut en longueur.
Fanny Wallendorf montre alors combien Richard est habité, comment il a la conviction que sa nouvelle technique peut le faire progresser. Après tout, il ne demande guère plus que d’essayer. Même les premiers succès et son arrivée dans l’équipe d’athlétisme de l’université ne parviendront pas à vaincre les réticences de son nouvel entraineur. D’autant que la presse s’empare aussi du sujet et décrit avec des métaphores peu glorieuses cette course d’élan bizarre suivie d’un saut encore incompréhensible.
Il faudra encore beaucoup de volonté et d’énergie pour faire taire les sceptiques, la famille, les autorités sportives, le grand public. Et entrer dans la légende du sport en imposant une technique qui a depuis fait l’unanimité dans le monde entier. – Henri-Charles Dahlem
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Quand j’ai vu la quatrième de couverture j’ai eu un peu peur en voyant le thème, tant de pages sur le sport qui n’est pas un de mes sujets préférés. Mais j’ai joué le jeu, ouvert le livre et suis tombée dedans.
Richard est un jeune adolescent de Portland qui très tôt apprend à se concentrer. Vu sa grande taille, on le dirige vers le saut en hauteur mais il ne réussit pas à dépasser 1,62 m en ciseau, il essaiera le rouleau mais là encore échouera sans jamais se décourager. A force de travail et de concentration, il mettra au point seul une nouvelle technique le saut dorsal ou saut Foxbury (son nom). Il a dû se battre pour imposer cette méthode souvent contestée en compétition mais qui l’emmènera jusqu’à la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968. Ce qui est intéressant dans la personnalité de Richard c’est qu’il n’est pas compétiteur, on sent qu’il se bat avant tout contre lui même pour progresser et se surpasser.
Le livre refermé, je me suis précipitée sur internet pour découvrir la véritable vie de Richard Fosbury et me rendre compte que l’auteur l’avait fidèlement respectée.
Un excellent premier roman que j’ai beaucoup aimé. – Michèle Letellier
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Je ne suis pas très sportive mais je ne suis aucunement réfractaire aux livres qui sont écrits sur ce thème. Je pense notamment au roman de Laurent Seyer Les poteaux étaient carrés, mais aussi Ta vie ou la mienne de Guillaume Para, et plus récemment L’odeur de chlore de Irma Pelatan, trois romans que j’ai découverts grâce au groupe des 68 premières fois.
L’idée de lire un roman bâti à partir de quelques bribes de la biographie d’un athlète m’intéressait. Surtout celle de quelqu’un qui a totalement révolutionné sa pratique en inventant une nouvelle technique, en l’occurrence le champion Richard Douglas Fosbury, célèbre pour avoir popularisé et perfectionné le saut en rouleau dorsal (appelé également le « fosbury-flop » que même moi, peu sportive, je connais), avec lequel il a remporté le titre olympique en 1968 à Mexico.
Je crois que le sport intéresse encore moins Fanny Wallendorf puisqu’elle a déclaré que tout était parti d’une photo de l’athlète témoignant sa concentration avant le saut. « J’ai voulu écrire la naissance et le déploiement d’une vocation, cet appel intime qui donne forme à un parcours et à une œuvre, qu’elle soit artistique ou sportive – le sport, comme la création, nécessite d’atteindre des états singuliers, et promet aventures, batailles et enchantements. » Elle a intentionnellement écarté les biographies du champion de manière à écrire (inventer ?) un texte sur celui auquel elle donne malgré tout la même identité, les mêmes compétitions, les mêmes records, et bien sûr la même invention.

Vous aurez deviné que je suis restée sur le bord de la piste. Et pourtant je n’ai aucun reproche à faire à l’écriture de Fanny Wallendorf, si ce n’est la longueur du récit … un comble s’agissant de relater l’histoire d’un spécialiste du saut en hauteur. Par longueur je veux dire que l’histoire m’a parue étirée, m’empêchant d’entrer dedans. Les personnages sont lisses alors qu’il me semble qu’il y avait matière à davantage d’aspérités.

L’auteure respecte dans les grandes lignes la biographie de Fosbury, émaillée par les compétitions auxquelles il s’est rendu, et bien entendu sa victoire aux Jeux Olympiques de Mexico, avec un record de 2, 24 mètres. Mais Fanny Wallendorf a surtout voulu restaurer ce qu’elle imagine être le chemin qui a conduit l’athlète à parvenir à une telle maitrise de son corps qu’il invente ce nouveau type de saut, presque malgré lui dirait-on, après avoir « stagné » pendant quatre ans à une performance « n’effaçant » pas plus que 1, 62 mètre.

At-il vraiment visé pour la symbolique du 3 fois 2 le record de 2, 22 mètres qu’il aurait « préféré » à 2, 24 ? C’est peut-être un détail pour vous mais les motivations des artistes (je considère ce champion aussi comme tel) me passionnent et ce roman est très dérangeant pour moi qui aime l’authenticité. La genèse de cette invention m’a intéressée et bien entendu je reste « sur ma faim » … sur ce point et aussi sur ce moment particulier vécu à Mexico car l’auteure ne s’appesantit pas sur ce qui peut sembler périphérique et que j’aurais aimé lire, puisque je connais ce pays.

A-t-il reçu sa force du dieu du soleil au sommet de la pyramide de Téotihuacan (on peut logiquement croire qu’il y soit monté) ? Courait-il avec de véritables sandales inspirées des huaraches de l’époque précolombienne (récemment une grande marque de chaussures de course a donné ce nom à un de leurs modèles) ? Peut-être puisque les habitants de l’Etat de Chihuahua sont encore aujourd’hui capables de gagner des ultras marathons avec des « chaussures » découpées dans des pneus.

Je ne pensais pas que la vie de ce champion soit aussi intéressante à découvrir … à ceci près qu’il s’agit d’une oeuvre de pure fiction. Je me demande -évidemment- ce que cet athlète américain (qui est toujours vivant) aura pensé du roman … de la même façon que je fus curieuse d’apprendre combien Aimé Jacquet apprécia le spectacle de Léa Girardet, le Syndrome du banc de touche qui sera repris cet été au festival d’Avignon. – Marie-Claire Poirier

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Voila une très belle surprise, contre toute attente ! J’avais vaguement entendu parler de Dick Fosbury, de son saut spécial, de son exploit aux JO de Mexico, mon fils en avait fait un podcast que j’avais, je l’avoue, écouté d’une oreille ….
Et bien, c’est cela la magie des premiers romans des 68 , des sacrées découvertes.
Ce roman est délicieux, on s’attache au début à Richard adolescent dégingandé, pas spécialement brillant mais pas compliqué et positif, puis on poursuit le roman pour sa transformation, son esprit sain et ses valeurs, et on termine enthousiasmé par ses exploits ! Un réel plaisir de lecture , un talent prometteur . – Anne-Claire Guisard
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1957. Portland. Oregon. Etats-Unis.
Richard est un jeune garçon, plutôt chétif. Son père l’inscrit au saut en hauteur dans son école. Histoire de développer un peu sa musculature. Richard est surtout un garçon très réfléchi, introverti. Pas forcément passionné par la discipline. Mais au fil du temps, il va apprendre à aimer la course, la recherche du geste parfait, la concentration extrême que requiert le saut.
Richard, c’est en réalité Richard « Dick » Fosbury, inventeur de la technique du même nom. L’appel, c’est à la fois l’impulsion du saut et l’appel intérieur que Richard ressent. Cette confiance tranquille qui lui permet de traverser les moqueries, les réticences, les incompréhensions de ses camarades de classe, de ses entraîneurs et des journalistes.
Le sport comme un art, élevé au rang de nécessité vitale. Certes, l’introspection poussée à l’extrême occasionne quelques longueurs dans le texte. Mais la menace de la guerre du Vietnam -cet autre appel suspendu-, l’urgence du saut, cette tension tout au long du récit et cet entêtement viscéral de Richard à sauter sur le dos nous tiennent.
L’appel est un beau premier roman sur la confiance en soi, l’urgence vitale de faire et laisser dire.
Fanny Wallendorf aurait pu avoir cette confiance en elle. Il était inutile de préciser en préambule ce qu’elle souhaitait écrire. Elle y est parvenue.
Faire et laisser dire. – Céline Bret
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Mon processus de lecture depuis le début des 68 premières fois a été de commencer chaque livre sans en lire la 4èmede couverture. Les commencer et puis si je suis intriguée lire cette fameuse 4èmede couverture. En commençant ce livre, la curiosité m’a poussée à lire cette page et je dois dire que je ne pensais pas apprécier cette lecture, mais comme pour chaque livre, je laisse le bénéfice du doute… et je n’ai pas été déçue.
Richard, nous transmet sa passion sans nul autre. Un sport si peu connu (en comparaison au football, tennis, natation ou autre) et pourtant sa maitrise de sa personne, de sa pratique nous emporte totalement et on se prend à ne plus lâcher le livre et à être dans les gradins à l’encourager dans toutes les étapes le menant au grand saut.
Ce livre raconte si bien la vraie passion de Richard pour sa discipline, sans arrières pensées, son souhait le plus cher étant avant tout de se surpasser et de connaître son corps et son esprit en action durant sa performance.
Ce livre est également un roman d’apprentissage qui nous fait grandir avec Richard jusqu’à son apothéose.
Très belle lecture, l’autrice aura réussi à me happer dans un univers qui à première vue ne m’attirait pas du tout. – Ana Pires
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D’un calme olympien, l’Appel de Fanny Wallendorf est un premier roman réussi. Cet hymne au sport se lit comme l’attente d’un exploit qui va advenir. Il n’y a pas cette fougue battante qui enclenche l’oraison de la gloire. Le rythme est stable, serein et apaisant. Tout se passe dans cet interlude d’un cheminement pour Richard sportif et ambitieux. Sa force se trouve en intériorité où Richard puise dans le magnétique et l’énergie ses gestuelles qui seront atypiques et prometteuses. Original, altier, personnel, intègre il cherche en lui cette ligne victorieuse. La hauteur la plus élevée, parabole de son apprentissage dans la vie. Il y a dans ce roman cette habile maîtrise de l’auteure qui arrive avec force de langage à fusionner avec brio le mental de Richard et ses épreuves physiques. Les batailles à vaincre sont pour ce dernier l’extrême opposé du Rocher de Sisyphe. Ce roman se situe dans l’ère du XXème siècle en avant- première de la guerre du Vietnam. Ce dernier reste néanmoins bloqué sur le sport. Ce roman est plaisant mais non palpitant. Sans doute l’auteure a-t-elle voulu rester dans cette ambiance où le combat intérieur pour gagner ne s’octroie que dans la constance et la lenteur. Néanmoins, le lecteur participe à « l’Appel » jusqu’à à ligne finale sans essoufflement avec cette fierté d’assister à la renaissance de Richard et d’être le témoin d’une ère nouvelle pour ce dernier. (Peut-être). – Evelyne Leraut 
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Un premier roman intéressant, solaire, parfaitement mené.
C’est l’histoire de Richard personnage inspiré de Dick Fosbury, de son entrée dans la légende du sport grâce à son Fosbury Flop.
Une histoire d’un combat, de volonté, d’énergie, de dépassement de soi, d’instinct, de détermination, de conviction.
C’est l’histoire d’une quête pour atteindre la perfection, une maîtrise des gestes, de l’esprit grâce à la méditation de pleine conscience, la paix intérieure et l’effort.
Une branche d’arbre, un terrain d’entraînement en travaux et une position non académique voit le jour.
Le parcours de Richard commence. Il va imposer sa variante, et ce, malgré de multiples embuches : la scolarité, la presse, la guerre du Vietnam, les autorités sportives, le public.
La fin de l’histoire, nous la connaissons tous avec les JO de 1968.
C’est à lire et l’auteur est à suivre.. – Alexandra Lahcène