Ensemble, c’est tout.

Ils ont bravé les éléments, snobé les passages aléatoires des bus et les annulations de trains. Ils ont traversé la France, parfois la Manche et même volé depuis l’océan indien. Ils ont marché, ramé, roulé. Certains ont même crevé. Ils sont arrivés avec le sourire, une faim de loup et une grosse envie. De quoi ? De chaleur, de passion, de ces liens qui se tissent un peu plus chaque année autour de ce qui nous rassemble tous : la littérature. Oubliés les inquiétudes, le stress de l’organisation, les messages désolés et tristes des empêchés pour de bon… Nous étions vendredi 13 et seul le bonheur avait droit de cité dans les magnifiques locaux de la SGDL qui nous accueillait pour la troisième année consécutive.

68_Soiree2019_Photodegroupe

Une quinzaine d’auteurs de la sélection 2019 nous ont fait le plaisir de se livrer au petit jeu de questions / réponses destiné à les connaitre un peu mieux de façon ludique, face à un public ayant déjà pour une grande part lu leurs ouvrages. Avec nous également quelques auteurs « chouchous » comme on aime à les appeler, simplement parce que l’on se suit mutuellement depuis le début. On grandit ensemble en quelque sorte.

Nous avions également à cœur de mettre à l’honneur les actions des 68 premières fois dans les maisons d’arrêt du Mans, de Strasbourg et de Nancy : Pascal Manoukian, Caroline Laurent, Gilles Marchand et Sebastien Spitzer font partie des auteurs qui ont participé à des rencontres avec les détenus et sont venus en parler avec justesse et un peu d’émotion lors d’une mini-table ronde. Rejoints à distance par Odile d’Oultremont et Jean-Baptiste Andrea dont Charlotte s’est fait le porte-voix en lisant leurs textes rédigés tout spécialement. Enfin, l’occasion d’annoncer que l’exploration de nouveaux terrains, vocation affirmée depuis la création de l’aventure va se poursuivre avec une action dans un CFA de Strasbourg à la rentrée prochaine.

Mais très vite, la fête a repris ses droits, et les rencontres se sont faites informelles, autour d’un verre ou d’un livre à signer…

68_Soiree2019_PeleMele1

Les auteurs : Alexandra Alévêque, Géraldine Jeffroy, Stéphanie Dupays, Olivier Dorchamps, Victor Jestin, Abel Quentin, Stéphanie Kalfon, Constance Rivière, David Zuckerman, Gabrielle Tuloup, Sébastien Spitzer, Lola Nicolle, Hélène Jousse, Caroline Caugant, Caroline Laurent, François Pieretti, Gilles Marchand, Pascal Manoukian et, Edith de Cornulier Secrétaire générale de la SGDL

On a beaucoup pensé aux absents (qui ont pu suivre une partie de la soirée en Facebook Live grâce à la réactivité de Benoît), trinqué à leur santé et l’avenir des 68 premières fois qui sera notamment marqué par les lancement en janvier de « Mes premières 68 », deux sélections de littérature jeunesse à destination des 9-12 ans et des 13 ans et plus, une nouvelle aventure animée par une équipe dédiée et pleine de passion. Nous y reviendrons, ainsi que sur la suite et les perspectives pour 2020.

68_Soiree2019_pelemele 2 lecteurs

Un grand merci à tous les lecteurs qui contribuent, par leur enthousiasme, leur curiosité sans faille, leur assiduité à faire vivre et durer cette belle aventure. Un grand merci aux auteurs, sans lesquels nous ne sommes rien. Un grand merci aux éditeurs qui jouent le jeu chaque année. Vos sourires, sur les lèvres et dans les yeux sont les meilleurs des encouragements.

Bonnes fêtes à tous et à très vite !

 

4èmes rencontres du Mans : derrière les histoires…

Les années passent, la curiosité reste. Celle de découvrir de nouvelles plumes et, plus encore, celle d’entrer un peu dans les coulisses, de regarder derrière les histoires, d’avoir un accès privilégié pour tenter d’approcher le secret de la création. Mais l’approcher seulement, car son mystère fait tout le sel d’une vie de lecteur. Alors, pour la quatrième année consécutive, en marge de La 25ème heure, le salon du livre du Mans, un public attentif s’est installé ce samedi 12 octobre 2019 au dernier étage du Café des Jacobins, tout sourire et tout ouïe, prêt à recevoir sa toute petite part de magie.

68_lemans2019_vue ensemble

De gauche à droite : Nicole Grundlinger, Lola Nicolle (Après la fête / Les escales), Sofia Aouine (Rhapsodie des oubliés / La Martinière), Alexandra Koszelyk (A crier dans les ruines / Aux forges de Vulcain), Jeremy Sebbane (Le détachement / Sable polaire), Alexandra Alévêque (Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent / Sable polaire), Beata Umubyeyi Mairesse (Tous tes enfants dispersés / Autrement)

Parmi les six auteurs présents, seul Jeremy Sebbane est un récidiviste même si certaines ont déjà publié d’autres textes, de la poésie pour Lola Nicolle et Beata Umubyeyi Mairesse, un récit et des scénarii pour Alexandra Alévêque. Tous ont, dans leurs romans des mots très forts relatifs aux écrits et à leur pouvoir alors on a voulu en savoir plus et aller à la source. Tenter de savoir d’où leur vient l’envie d’écrire ce roman, de quelle partie du corps elle jaillit. Beata nous a confié ce besoin de créer un lien entre le passé et l’avenir avec ce roman sur la transmission qui constitue une virgule entre ici et là-bas (le Rwanda), entre hier et demain. Il lui a fallu trouver des mots baume pour soulever le couvercle du chagrin, travailler sur la langue pour dire le génocide. Alexandra Alévêque sollicite tout son corps pour écrire, une activité qu’elle trouve extrêmement physique, y compris la contrainte de s’assoir. Pour Jeremy, tout ça vient du ventre, des tripes. Il avoue mettre sa douleur et ses espoirs sur le papier même s’il prend un réel plaisir à créer et raconter des histoires. Pour Sofia, l’écriture vient des fantômes, de l’espace fantomatique de l’exil, des racines et du silence. Elle explique avoir vécu ce livre comme une nouvelle enfance, avec l’envie de crier à nouveau. Chez Lola Nicolle, tout passe par le regard, l’observation qui permet de retenir les choses pour tenter ensuite de les comprendre. Et son envie de creuser le rapport à l’avenir spécifique des nouvelles générations. Enfin, Alexandra Koszelyk a longtemps tourné autour de l’écriture, il a fallu que les thématiques qui la hantent arrivent à maturation et qu’elle s’autorise à se poser et à laisser sortir.

68_lemans2019_livres

Des difficultés particulières ? Pas vraiment en ce qui concerne Beata pour qui l’écriture n’est que plaisir, le seul souci étant de voler du temps à la vie pour pouvoir le satisfaire. Et d’être prête. D’avoir d’abord pris le temps d’aller bien. Jeremy et Alexandra Koszelyk ont eu des doutes lorsqu’il leur a fallu se glisser dans la peau de personnages d’un autre genre que le leur. Alexandra Alévêque avoue une difficulté formelle dans la construction du roman avec cette double temporalité. Même souci pour Lola, habituée à la poésie et qui doit ici trouver une nouvelle mécanique. Mais il est surtout très intéressant de les écouter tous sur le rapport à l’intime. Sofia s’est attachée à ne pas confondre écriture et psychanalyse, effort surhumain puisqu’elle avoue que sa vie et son ADN figurent à chaque page. Jeremy évoque une tendance à l’auto-censure quand on s’approche de l’autofiction, équilibre délicat à trouver pour ne pas casser la transmission des émotions. Même désarroi pour Lola qui se retrouve face à l’utilisation du « je » pour un personnage qu’elle ne rend pas follement sympathique. Alexandra Koszelyk a apprécié la mise à distance que lui a naturellement procuré le temps de l’écriture tandis que Alexandra Alévêque dont le roman est autobiographique a dû trouver un point d’appui – en l’occurrence la quête d’un objet pour résilience – pour pouvoir opérer cette mise à distance.

Reste à trouver un éditeur. Et nous avons sur le plateau un échantillon d’environ toutes les situations qui peuvent se présenter. Sofia Aouine a été contactée par son éditeur actuel suite à sa participation à une émission de radio ; elle n’avait encore rien écrit, n’était d’ailleurs pas bien sûre d’écrire un jour. Pour Alexandra Koszelyk ce fut plus classique, l’envoi à plusieurs éditeurs, des retours encourageants mais qui n’allaient pas dans le sens du texte auquel elle tenait. Et puis les mots de celui qui allait s’avérer être le bon, en pleine osmose avec ses intentions et son projet littéraire. Beata avait envie d’une maison d’édition qui prenne le sens « maison » au pied de la lettre, se sentir chez elle, bien entourée. Son éditeur actuel lui a été conseillé par une amie et ça a matché tout de suite. Jeremy a multiplié les envois, les mails de relance, les appels… c’est finalement un éditeur qui n’avait pas du tout aimé son premier roman qui a dit banco. Alexandra Alévêque connaissait celui qui lui a dit OK sur une simple idée. Pour Lola, éditrice, la démarche n’était pas forcément plus facile. Comment ne pas s’interroger sur sa légitimité ou sur les raisons qui vont pousser un autre éditeur à vous publier ? Un peu comme une riche héritière qui ne sait jamais si elle est aimée pour elle ou pour son argent.

A présent, les livres vivent, rencontrent leurs lecteurs. Il y a le plaisir des retours, facilités par les réseaux sociaux. La surprise de découvrir des lecteurs plus jeunes qu’on ne le pensait (Jeremy), ou au contraire d’âges plus variés (Lola, à laquelle on répète tellement que son roman est générationnel), les contacts renoués avec des anciens élèves ou de la famille éloignée (Alexandra Koszelyk), l’émotion de certains retours (Alexandra Alévêque), le bonheur de faire entrer un petit « bled » du Rwanda dans l’univers de milliers de lecteurs (Beata)… Et puis, comme le dit si bien Sofia : « ça tord le cœur de joie ! »

68_pele mele le mans 2019 compo 1

On aurait pu discuter encore longtemps, profiter de la belle osmose entre les six auteurs présents, mais le temps était compté. Les échanges se sont faits plus informels autour d’un déjeuner, l’occasion d’une dédicace avant que les romanciers ne repartent prendre place sur leurs stands dans l’enceinte du salon.

On n’a plus qu’une envie : retrouver tout le monde et bien d’autres encore au mois de décembre !

 

 

 

 

Concours : un « 68 » dans la poche !

Comme l’année dernière, avant de clôturer cette première session 2019 et de préparer celle de la rentrée, nous vous proposons de doper votre « Pile à lire » de l’été et d’y inclure l’un des premiers romans des sélections précédentes qui s’offrent une deuxième vie dans leurs beaux habits de poche. Mine de rien, cet été, nous attaquerons notre cinquième rentrée littéraire des primo-romanciers afin de dénicher ceux qui rejoindront les 117 premiers romans des promos 2016, 2017, 2018 et hiver 2019. Sans oublier les deuxièmes romans, de plus en plus nombreux…

68_concours 2019 version nb 29052019

Pour tenter de gagner l’un de ces 7 romans, spécialement dédicacés par leurs auteurs c’est très simple, il suffit de nous faire part de votre participation exclusivement en commentaire de ce billet et de répondre à cette question : quel est le titre du premier roman de votre écrivain préféré et l’avez-vous lu ?

Vous avez jusqu’au lundi 10 juin à minuit.

Un tirage au sort attribuera de façon aléatoire chacun des titres (Faux départ de Marion Messina (J’ai lu), Les parapluies d’Erik Satie de Stéphanie Kalfon (Folio), Et soudain, la liberté d’Evelyne Pisier et Caroline Laurent (Pocket), Avant que naisse la forêt de Jérôme Chantreau (Pocket), Le courage qu’il faut aux rivières d’Emmanuelle Favier (Le livre de poche), Ma reine de Jean-Baptiste Andrea (Folio) et Ces rêves qu’on piétine de Sébastien Spitzer (Le livre de poche)). Les gagnants auront ainsi la surprise du titre qui arrivera dans leur boîte aux lettres.

Bonne chance à tous !

____________________________________________________________________________________________

Dernière minute !

Résultats du tirage au sort effectué le 11 juin 2019 :

Voici la liste des heureux gagnants qui recevront l’un des livres présentés, dédicacé par l’auteur : NathChoco, Adèle Glazewski, Du bonheur de lire, Calimero, Ana Pires, Mes pages versicolores, Perrine Signoret.

Merci de nous communiquer vos coordonnées par mail : 68premieresfoisofficiel@gmail.com

Et nous espérons que la surprise sera bonne à l’ouverture de vos boîtes aux lettres !

Une soirée, du partage, des mots…

Chaque année on se demande si la fête sera à la hauteur de la dernière fois, et des attentes de celles et ceux qui ont inscrit ce rendez-vous depuis longtemps dans leur agenda…

Mais il suffit de laisser opérer la magie de cette communauté qui se constitue autour des mots ; cette communauté qui grandit chaque année et dont même les membres qui se mettent en retrait quelque temps ne sont jamais bien loin. Un truc qui commence à ressembler à une belle famille.

Vendredi 14 décembre, dans ce lieu si chargé d’Histoire qu’est l’Hôtel de Massa, siège de la Société des Gens de Lettres, une vingtaine d’auteurs avaient réussi à faire coïncider leur emploi du temps avec le nôtre et ceux d’une soixantaine de lecteurs ayant participé à l’une ou l’autre des sessions de l’année. Ils ont gentiment accepté de se livrer au petit jeu consistant à répondre, chacun à leur tour à des questions tirées au hasard et à l’aveugle ; tics d’écriture, réactions face à la première critique, premier lecteur, relation avec son éditeur, le mot adoré… A travers ces questions innocentes se sont dévoilées discrètement certaines personnalités.

68_Soiree141218_ pelemele auteurs

Petit à petit, les timides ont baissé la garde, la chaleur et la convivialité ont pris le dessus. Sébastien Spitzer a fait part de son expérience auprès des détenus de la maison d’arrêts du Mans, en avril dernier. C’est l’autre facette des 68 premières fois, celle qui œuvre pour que cet amour des mots puisse aussi être partagé avec ceux qui y ont moins facilement accès.

Place aux échanges, autour d’un verre ou d’un petit four. A la signature du livre d’or, un truc rouge en forme de cœur qui nous les réchauffe, nos petits cœurs, les jours de doute. Place aux rencontres, les vraies. Autour d’un livre aimé, de questions éternelles sur une fin trop ouverte, d’interrogations sur la suite. Place aux dédicaces, on a tout le temps de les peaufiner…  D’après les jolis mots qui fleurissent sur les réseaux sociaux depuis ce week-end, il semble que des amitiés continuent à naître et que la famille grandit encore.

68_Soiree141218_ pelemele lecteurs

Merci à tous.

Merci aux auteurs pour votre accessibilité, vos sourires, votre bienveillance. Aux lecteurs pour votre enthousiasme, votre implication, vos yeux qui brillent. Merci aux éditeurs et aux attachés de presse qui nous encouragent et nous accompagnent depuis plus de trois ans. Merci à Marie Sellier et toute l’équipe de la SGDL avec laquelle nous partageons ce même souci des auteurs. Merci à Page des libraires, toujours à nos côtés et à la librairie Lamartine.

Bonnes fêtes de fin d’année et rendez-vous en 2019 pour de nouvelles aventures !

 

Rencontre au Mans ou « Le making of des auteurs »

Même s’il s’agit de la troisième édition de ces rencontres depuis la création de l’association, pour nous c’est toujours une première fois. Les auteurs sont différents, les lecteurs aussi, en partie. Les souvenirs ravis des précédents événements sont encore dans les mémoires et placent la barre toujours plus haut. Alors ce samedi 6 octobre 2018, tout le monde a le trac, surtout depuis qu’une rumeur circule disant que le train de Paris transportant les auteurs ne serait pas arrivé au Mans… Fausse alerte, heureusement. Mais un sérieux retard qui oblige à démarrer la discussion sur les chapeaux de roues ; les auteurs sont connus des lecteurs, les pitchs des romans également. Ce qui nous intéresse, c’est le off. Les coulisses. Ce dont les auteurs ont moins l’occasion de parler car on les questionne rarement sur le sujet. La petite cuisine. Cet entre-deux pendant lequel un manuscrit-grenouille se transforme en livre-prince.

68_auteurs_rencontre_lemans

De gauche à droite : Charlotte Milandri, Julie Estève (Simple), Jérôme Chantreau (Les enfants de ma mère), Amélie Cordonnier (Trancher), Bertille Dutheil (Le Fou de Hind), Guillaume Para (Ta vie ou la mienne) et Gabrielle Tuloup (La Nuit introuvable)

Comme l’an dernier, nous avons réuni des auteurs de premiers et de deuxièmes romans. Et découvert que la moitié des primo-romanciers présents à cette discussion étaient déjà en train de terminer leur prochain livre. Une fois lancés, on ne les arrête plus. Amélie Cordonnier, Gabrielle Tuloup et Guillaume Para ont en commun d’être journalistes et d’avoir voulu à tout prix écrire une véritable fiction pour s’éloigner de l’écriture factuelle qui est leur quotidien. Ils se sont donc interdit l’auto-fiction pour leur premier roman, comme pour se persuader qu’ils « pouvaient » écrire autre chose. Pourtant, en écoutant Guillaume Para raconter son parcours, ses recherches, on comprend aussi à quel point un auteur pioche sans cesse dans son vécu et ses propres expériences pour donner corps à ses personnages et à leur histoire. Gabrielle Tuloup explique avoir fait le choix d’un sujet universel – la mémoire – avec la volonté de traiter la question de façon poétique. Sa pratique du slam lui a été utile d’un  point de vue musical mais a pu aussi se révéler un faux ami dans son adaptation à une écriture au long cours. Amélie Cordonnier a mis un peu de temps à trouver sa voix avant que le « tu » ne s’impose et apporte la tonalité recherchée. Tous ont conscience d’aborder des sujets de société, forts et d’actualité mais ne s’estiment pas militants. Concernés, oui. Comme Bertille Dutheil et son choix de parler de l’immigration sans en faire son thème central, juste une toile de fond à l’histoire d’amour qu’elle voulait raconter.

68_cahiercharlotte

Du côté des récidivistes, le problème ne se pose plus. Jérôme Chantreau avoue que ce deuxième roman est en fait son premier ; ce qu’il s’était interdit – les éléments autobiographiques – est ici autorisé. Mais sous sa plume de romancier, lui seul en connaît les détails et la réalité. Quant à Julie Estève, ce qui l’intéresse, c’est la musique. Le langage. Et le personnage très fort qu’elle crée est là pour lui offrir le maximum de liberté pour ce travail de la langue.

La discussion s’est ensuite orientée sur le rôle de l’éditeur et son influence sur la transformation du manuscrit. Avec des moments très drôles lorsque certains auteurs nous ont dévoilé le contenu d’échanges plutôt cashs avec leur interlocuteur. Séquence passionnante pour mieux saisir le rôle de celle ou celui qui agit dans l’ombre, impulse, suggère, questionne, stimule jusqu’à ce que le résultat fasse l’unanimité des parties. Un travail d’équipe, éditeur, correcteur, qui vient compléter celui bien plus solitaire de l’écrivain, lui rappeler l’importance de la dramaturgie, de la tension, de la temporalité. Échanges passionnants qui permettent de mieux cerner la belle chaîne qui se met en place, de l’idée à la réalisation. Et que Jérôme Chantreau a très bien mis en valeur en déclarant : « Un bon éditeur est celui qui sait quel livre vous devez écrire ».

Les lecteurs ont ensuite pu échanger de façon plus individuelle avec les auteurs lors du déjeuner au cours duquel Pascal Manoukian nous a rejoints et bien sûr les retrouver dans les allées du salon au cours de l’après-midi, faire dédicacer leurs livres et repartir avec un sac un peu plus lourd qu’à l’arrivée.

Une journée qui a filé à toute vitesse, à la fin de laquelle nous n’avions plus qu’à nous dire : rendez-vous en décembre !

3 ans, 1001 émotions et un concours !

Trois ans déjà que l’idée a germé, un beau matin  de juillet 2015 dans la tête de Charlotte. Trois ans qu’un premier challenge a réuni le noyau qui deviendra la belle communauté des 68 premières fois rassemblant lecteurs, auteurs, éditeurs et attachés de presse liés par la même passion. Après le tour d’essai de la rentrée 2015, l’organisation s’est renforcée dès 2016 avec la création de l’association et la mise en place d’un comité de lecture chargé de sélectionner les premiers romans qui voyagent ensuite auprès des lecteurs.

90 premiers romans ont été sélectionnés à ce jour (39 en 2016, 36 en 2017, 15 pour le début 2018 …) soit environ un quart des romans lus par le comité. Certains ont connu un succès médiatique fulgurant (En attendant Bojangles, Petit Pays, La tresse…) et obtenu de nombreuses reconnaissances de leurs pairs (Goncourt du premier roman pour Joseph Andras et pour Maryam Madjidi, Goncourt des Lycéens (et autres) pour Gaël Faye, Renaudot des Lycéens pour Lenka Hornakova-Civade, Prix du style pour Négar Djavadi…). Tous ont passionné les 144 lecteurs qui en ont eu au moins un entre les mains grâce aux 430 exemplaires offerts par les éditeurs, qui ont occasionné plus de 3650 échanges entre les participants. Miracle, seuls 27 livres ont été perdus.

« 68 un jour, 68 toujours ! » Au fil des rencontres avec les auteurs, des liens particuliers se sont créés,  Le meilleur exemple ? Pascal Manoukian, révélation de la première rentrée des 68 premières fois avec Les échoués : parrain de notre édition 2017 à l’occasion de la sortie de son deuxième roman, il publiera le troisième le 16 août prochain.

Alors où en sont les auteurs des 68 ?

 


Avant d’entamer la suite et préparer la session d’automne 2018, nous vous proposons de gagner l’un des 7 livres ci-dessous, tout spécialement dédicacés par les auteurs :

68_bannière concours 7

Dites-nous en commentaire de cet article quel titre vous donneriez au premier roman que vous écririez. Vous avez jusqu’au mardi 5 juin à minuit ; ensuite, un tirage au sort attribuera de façon aléatoire chacun des 7 livres à l’un des participants. Vous serez donc 7 gagnants mais la surprise sera totale jusqu’à l’ouverture de l’enveloppe que vous recevrez.


Bonne chance à tous !

Et restez connectés… le recrutement des lecteurs pour la prochaine session aura lieu juste après la clôture du concours.


Breaking news / 7 juin  2018 / Résultat du concours…

Voici le résultat du tirage au sort effectué le 6 juin 2018 parmi toutes vos réponses. Chacun des sept lauréats recevra (dès que l’auteur l’aura dédicacé) l’un de ces 7 romans. On ne vous dit pas lequel, ce sera la surprise !

Laude (La vie est belle), Leloup A. (Le frôlement des herbes), Maju (Variations de Céphéïdes), Lui (Debout, en route), Kathel (Que ce soit dimanche ou lundi), Savard (Les pépites de la vie) et Papin (Lettres à elles)….

Bravo et on attend avec impatience de lire les romans qui iront avec ces titres prometteurs.

Merci de nous envoyer rapidement vos adresses postales à 68premieresfoisofficiel@gmail.com

Soirée de clôture des 68 premières fois donc, ce n’était pas un rêve.

Écrire sur le beau et le doux, le délicieux et hors du temps n’est pas chose aisée, tant le risque est fort de tomber dans le pathos de mauvais goût ou le sirupeux. Les plus beaux romans s’établissent sur des amours impossibles, des quêtes initiatiques où les chutes sont nombreuses ou encore sur les horreurs du monde.

Le beau ne se décrit pas, il se vit et se savoure.

Parfois, il vaut mieux se taire, sourire, garder en soi les regards et les mots murmurés, la main posée sur l’épaule, le verre partagé et les sourires encore en retour.

Après plus de 1500 colis envoyés, 250 livres en voyage à travers le monde (France, Belgique, Suisse, Ile Maurice, le monde on vous dit), des dizaines de chroniques sur chaque roman, des discussions, des désaccords mais surtout des coups de cœur, il fallait se retrouver pour fêter ces échanges, ces rencontres et dire merci aux écrivains pour les émotions vécues.

Le rendez-vous était pris, le 15 décembre 2017.

Ils étaient, ce soir-là, dans le magnifique écrin de la SGDL, une trentaine d’auteurs à avoir répondu à l’invitation. Après avoir joué le jeu des questions/réponses dans un temps record, et toujours avec intelligence, humour et sincérité, ils ont dédicacé leurs ouvrages mis en vente par la librairie Lamartine et surtout ont participé à une grande première fois.

Nous avons proposé aux auteurs d’écrire pendant 1h30, en relai, un texte à partir de trois incipit et deux contraintes intervenant en cours d’écriture. Après des hésitations, ils ont finalement réussi à produire un texte totalement loufoque et qui restera mémorable. Une première fois réussie et tellement émouvante.

Il y avait de la bienveillance, du respect, et surtout un honneur immense pour l’équipe des 68 premières fois de voir la reconnaissance accordée par les auteurs et  la confiance renouvelée des lecteurs.

Une soirée hors du temps qui ne donne envie que d’une chose : recommencer.

En attendant, plus que mille mots, rendez-vous sur le lien ci-dessous pour une petite vidéo relatant à la perfection l’atmosphère de la soirée. Un immense merci à Boris Tampigny d’avoir aussi bien capté les échanges et de permettre ainsi de conserver une si belle trace pour nos souvenirs.

 

En attendant de vous retrouver en 2018 pour de nouvelles aventures, toute l’équipe des 68 premières fois vous souhaite une merveilleuse fin d’année et de jolies fêtes.