Ta vie ou la mienne – Guillaume Para

Peut-on échapper à sa condition ? Infléchir la trajectoire d’une vie ? Croire au bonheur alors qu’aucune fée bien intentionnée n’a daigné se pencher sur son berceau ? A travers ces questions, Guillaume Para livre un conte moderne, implacablement contemporain et bouleverse les lecteurs.

Ta vie ou la mienne

Voilà un roman qui nous démontre que les clichés ne viennent pas de nulle part, quand bien même cela dérange nos têtes sentimentales qui tendent toujours à la beauté d’une vie, qu’ils s’originent toujours d’un réel social et humain. Le cliché devient dangereux quand il est utilisé par les politiques, les bonimenteurs, les manipulateurs de pensées qui n’ont pour seul désir que d’enfermer nos pairs dans des cases.
Guillaume Para réussit brillamment à leur tordre le cou à ces clichés, ceux utilisés comme des armes de propagandes ou des missiles de haine diffuse et interroge le déterminisme de nos parcours. Il fait le pari dans ce roman de nous raconter la réalité d’un monde et de la tricoter dans une fiction qui nous embarque et nous émeut. Et si cette histoire nous touche c’est certainement car l’on sait, au fond de soi, que ces tourments sont vrais et s’ébranlent à côté de nous, là, pas loin… Il nous souvient à nos parts duelles, que nous sommes tous faits d’ombres et de lumières ; que nous sommes tous rattrapés par des passés, des conditionnements et que nous luttons pour se défaire de ces aimants et rejoindre d’autres magnétismes ; que les événements d’une vie suffisent à attiser nos violences et nos rudesses, que les événements d’une vie sauront aussi parfois réveiller les sursauts, les courages et les éclaircies qui réconcilient avec le monde.
L’écriture est rapide, précise, claire. Elle ne transcende pas mais elle embarque le lecteur dans le fil des amours et des amitiés des trois protagonistes, aux destins mêlés par les sentiments essentiels, les seuls qu’il nous faut nourrir par-dessus tout. On reconnaît la plume incisive du journaliste mais le narrateur est bel et bien en place pour nous envoler avec lui dans cette fiction qui nous cloue, nous secoue, nous retient le souffle et nous émeut. L’auteur n’a pas usé de larmes faciles et conduit avec droiture et honnêteté le tragique qui s’écrit, qui s’enfuit, qui se dresse malgré, malgré… Je n’ai pas lâché un seul instant les personnages de cette histoire et ce qui m’a le plus marquée est l’authenticité d’un ton direct, vrai, sans falbala, sans compromis non plus. L’auteur défend la vérité de ses héros, quand bien même elle peut choquer, heurter, emporter ou agacer (les bons sentiments ne sont guère à la mode) avec la ferveur sincère d’un cœur convaincu et courageux lequel transpire dans les lignes de ce premier roman. Belle promesse. – Karine Le Nagard
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Hamed Boutaleb orphelin à 8 ans, originaire de Sevran, va découvrir Saint Cloud quand son oncle et sa tante l’adoptent. Il est sur la bonne voie, il suit ses études, commence à se faire remarquer dans le milieu du football. Tout frémit pour lui, tout bourgeonne même ses amours avec Léa et son amitié forte avec François. Tout bascule pourtant et la noirceur de sa petite enfance le rattrape, la prison achèvera de la détruire. Une vie sans deuxième chance terrible et bouleversante. Un magnifique roman parfaitement construit, sans pathos et beaucoup de réalisme. Moi qui suis souvent émue par le regard des enfants la fin ne pouvait que toucher au but ! Bravo très belle réussite. – Emmanuelle Coutant.
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Hamed Boutaleb naît en Seine-Saint-Denis et devient orphelin à 8 ans. Accueilli par son oncle et sa tante à Saint-Cloud , il va vivre une existence sans adversité. Hamed saisit sa chance et s’épanouit avec une passion : le football. Il brille dans le club de la ville, où il se lie d’amitié avec l’un de ses coéquipiers, François. À seize ans, le jeune homme tombe amoureux de Léa, qui appartient à un autre monde. L’amour passionné qui les lie défie leurs différences et la mystérieuse tristesse qui ronge l’adolescente. Hamed touche du doigt le bonheur, mais celui-ci vole soudainement en éclat… J’ai adoré ce livre qui relate la passion du foot (que je partage), les malheurs et atrocités de la vie carcérale, les forces des sentiments.. Ce livre montre bien que notre entourage peut nous faire passer du mauvais coté de la barrière mais aussi nous sauver et ce quelque soit la situation. L’écriture est magnifique, pure, sans concession. J’ai de suite trouvé ma place dans ce roman qui décrit les affres de la vie parfaitement. La fin portée par la voix de Louis, l’enfant de Léa et d’Hamed est plus que touchante et permet de conclure ce livre sur un point d’orgue. Lisez le! – Marie Heckmann
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Pas facile parfois de parler de ces romans qui nous subjuguent, les mots sont parfois difficiles à trouver. Quel premier roman !!!! Merci Guillaume Para de m’avoir fait passer un aussi bon moment de lecture. QUE cela fait du bien de pouvoir lire des livres comme celui-ci ! C’est aussi pour cela, que j’aime les premiers romans, car j’y trouve tant ce que je recherche… De la fraîcheur, de la sincérité et du talent. Bref, vous l’aurez compris, je suis séduite ! Je trouve subtile la manière dont le roman a été construit. L’histoire commence au présent où une avocate décide de prendre en charge une affaire de braquage. Puis nous plongeons dans le passé, afin de nous imprégner de la vie des principaux protagonistes : Hamed, Léa et François. L’auteur installe petit à petit ces personnages et commence ainsi l’intrigue ! C’est une histoire d’amour, mais pas que ça ! Car autour de ce grand amour entre Hamed et Léa, plusieurs thèmes sont abordés comme les différences sociales ou la mixité, l’emprisonnement, la violence ou encore l’inceste… Ils auront des impacts sur eux, laissant des traces indélébiles. Parce que la vie ne se passe pas toujours comme on le souhaite, il leur faudra toutes leurs forces pour arriver à se reconstruire. Je me suis beaucoup attachée aux personnages, surtout à Hamed, ce gamin au parcours si chaotique et dont le destin ne l’épargnera pas. Si bien que parfois, la lecture est difficile, remplie d’émotion, mais tellement captivante. En arrivant à la fin du livre, la gorge serrée, mes larmes ont coulé sans que je m’y attende… C’est donc pour moi, une vraie réussite, car rarement mes émotions me submergent à la lecture d’une fiction. Une histoire bouleversante qui m’a pris aux tripes ! Je n’ai plus qu’à espérer que d’autres romans suivront et qu’ils me donneront autant d’émotion. BRAVO ! (Petite remarque : l’écriture de Guillaume Para m’a fait penser à l’écriture de Mathieu Menegaux dont j’ai dévoré aussi ces romans. ) – Claudia Charrier
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J’ai lu ce roman comme on prend un direct à l’estomac. Souffle coupé, entrailles en vrac, torsion du corps et de l’esprit pour tenter d’échapper à aux images incarnées dans les mots.
L’histoire nous fait passer, avec Hamed, de l’ombre d’une cité de la Seine-Saint-Denis, régie par la violence sociale et familiale, à la lumière d’un quartier de Saint-Cloud et d’une famille aimante avant de nous plonger dans les ténèbres infernales de l’univers carcéral de Fleury-Mérogis. C’est là qu’échoue toute humanité. C’est derrière ces murs, ces grilles et ces portes blindées que se défait la notion de civilisation et que naissent ou grandissent les barbares. Les stigmates que garde le corps deviennent le sceau d’une appartenance définitive, inéluctable. A la délinquance, à la violence, à un quartier, à une catégorie sociale.
A sa sortie, Hamed ne tente même pas de renouer avec sa vie « d’avant ». La prison l’a transformé en fauve ? Fauve en liberté il sera. Le temps d’épuiser sa colère et sa haine. Le temps que se rallume une étincelle d’espérance grâce à ses amis, à Léa, son amour, à son fils, Louis. Mais sort-on jamais de prison ?
L’écriture abrupte de Guillaume Para se frotte à la fiction jusqu’à la consumer. Elle donne à l’intrigue, parfois excessivement romanesque, une profondeur saisissante, sans jouer de procédés ostentatoires. A partir d’un scénario presque simpliste tant il semble accumuler les clichés (un jeune homme pauvre et une jeune fille riche s’aiment. Par amour, le jeune homme commet un crime et il est emprisonné. Il subit de plein fouet les épouvantes physiques et morales de la réclusion. Parviendra-t-il à se reconstruire ? Les deux amants sauront-ils surmonter les obstacles pour se retrouver ?), l’auteur construit une sorte de tragédie contemporaine où la détermination sociale joue le rôle de la fatalité. Certes, l’intrigue s’alambique de multiples rebondissements. Certes, les personnages s’apparentent à des stéréotypes et frôlent le manichéisme. Certes, l’invraisemblance pointe parfois le bout de son nez. Certes, les puristes trouveront moult arguments pour nourrir leur critique.
N’empêche ! Malgré ses imperfections (jusqu’à son titre de roman-photo) ce roman captive et cogne fort. Suffisamment pour imprégner ma mémoire et faire jaillir l’émotion. Suffisamment pour susciter des questions et y trouver matière à réflexion. – Sophie Gauthier / Merlieux
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Un premier roman d’un auteur talentueux qui interroge sur le déterminisme social au travers de personnages très attachants ; un récit que je qualifierai de thriller social empreint d’une grande humanité.
L’histoire est addictive et ne ménage pas le lecteur car le parcours d’Hamed est édifiant. Il ne lui sera accordé aucun répit, même son histoire d’amour avec Léa semble frappée de malédiction.
L’écriture est efficace, nerveuse à l’image d’Hamed jouant, je devrais dire jonglant ou dansant, avec le ballon rond même si je ne suis pas fan de football ! Il est aussi question de l’univers carcéral, d’inceste, de mort et aussi d’amour et d’amitié. Les personnages secondaires sont émouvants et justes.
Je n’en dévoile pas plus sur l’intrigue elle-même car tout s’enchaine très vite et je laisse le soin à chacun de découvrir le sort réservé au trio que forment Hamed, Léa et François qui ne sont pas épargnés. En effet, pour ma part, j’avais trop lu de chroniques et de résumés du livre qui dévoilaient – involontairement – les rebondissements qu’il convient de découvrir au fil des pages.
Même si j’ai parfois trouvé le récit un peu manichéen et les ficelles un peu grosses, j’ai poursuivi avec plaisir, jubilation et émotion ce premier roman émouvant au rythme effréné.
Une tragédie contemporaine à découvrir sans tarder ! – Nathalie Chartier-Salou
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Un titre superbement choisit qui en dit déjà un peu sur ce qui nous y attend.
Hamed est né à Sevran, une cité du 9-3. Léa est née à Saint Cloud, une banlieue chic de l’ouest parisien. Hamed a été élevé dans la violence de la cité. Très jeune, il y est même devenu orphelin. Léa a grandit dans une magnifique et riche cage dorée entourée de parents aimants et attentionnés. Tout les sépare. Et pourtant, un peu comme dans un conte de fée, Hamed et Léa vont se rencontrer. Le garçon pauvre des mauvais quartiers et la jeune fille riche des milieux privilégiés. Et pourtant, ils vont s’aimer. Une sorte de conte de fée contemporain me direz-vous. Non loin de là. Très loin de là et aussi très loin du message de fin « ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants »! Mais je ne vous en dis pas plus si ce n’est allez-y, laissez vous happer par cette histoire. Vous n’en sortirez pas indemne!
Un portrait de notre société! Une écriture vive, précise et efficace. Les images sortent des mots, montent à la tête et frappent fort. On essaye de les repousser tant elles font mal, tant elles font peur.
Un intense moment de lecture pour moi. C’est glaçant à certains moments. C’est agaçant à d’autres. Et triste. Mais c’est aussi un très beau message plein d’optimisme, d’espoir et d’humanité. Un roman qui laisse une trace, des émotions qui remontent et qui nous pousse à réfléchir. Un auteur à suivre. – Emmanuelle Mentec
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« L’arbre suit la racine » selon un proverbe berbère qui irradie tout ce livre. Ainsi, tout serait écrit dès notre venue au monde… Mais nos choix et les rencontres que nous faisons pourraient-ils néanmoins influer le cours de nos vies ?
Une question complexe, sujet du premier roman de Guillaume Para dont je ressors bouleversée : un gros coup de cœur littéraire, tant pour l’histoire que l’écriture si délicate de l’auteur, qui sera même parvenu à me faire vibrer pour quelques passes de football ! Une prouesse !
Hamed Boutaleb est né en Seine-Saint-Denis. Une mère morte en couches, un frère happé par le trafic de drogues, un père alcoolique et violent, une cité bétonnée… tous les ingrédients d’un cocktail explosif réunis pour faire de cet enfant des rues un garçon perdu. Aussi, lorsqu’il est recueilli à 13 ans par une tante et un oncle aimants vivant à Saint-Cloud, un espoir est permis, très vite incarné par le ballon rond. Car si Hamed n’a jamais connu la tendresse durant sa petite enfance, il s’est en revanche chaque jour évadé grâce au foot de rue, entre les murs qui l’enfermaient. C’est ainsi qu’au contact d’une famille et d’un ami bienveillant, François dont le père, personnage truculent, est un ancien joueur de foot professionnel, Hamed se détend peu à peu, baisse la garde et tombe éperdument amoureux de Léa à 16 ans, une jeune fille née sous les lustres de la haute bourgeoisie. Pour autant, Léa ne mène pas une vie simple et heureuse et connaît elle aussi une part d’ombre, affectée par des périodes de profondes dépression.
Si Léa voit dans Hamed non pas une autre vie possible, plutôt une « respiration », lui, à l’inverse, se montre très réticent à céder à son attirance : « Ca ne sert à rien d’essayer tous les deux. Les “jeunes de banlieue” leur vie pue (…) moi-même, je pue la défaite (…) Être pauvre, ça pue, et ça a un goût, celui du sang dans ma bouche quand mon père me tabassait ». Pourtant, impossible de résister bien longtemps à ces sentiments intenses et la rencontre assez improbable entre les deux recèle rapidement des effets ultra bénéfiques, chassant réciproquement leurs côtés sombres, à la découverte de l’amour, de Fès et ses milles senteurs, de Quiberon, de Paris, de son théâtre de l’Odéon et de sa place Dauphine et de plein d’autres bonheurs. Quelques années heureuses pour tous les deux, jusqu’au jour où tout bascule.
Son oncle avait dit à Hamed lorsqu’il était petit, « La violence n’est jamais une solution. C’est comme un virus (…). Si tu l’attrapes, tu n’en guéris pas, et il se répand… ». Une violence apprivoisée dans sa tendre enfance qu’Hamed avait donc tenue à distance mais qui rejaillit d’un coup. Et ce sont alors pour lui quatre années de prison dans un univers carcéral à nouveau extrêmement dur, féroce, qui n’est pas sans évoquer celui décrit avec brio par Olivier Norek dans « Surtensions » et que Guillaume Para restitue si bien que nous tremblons pour Hamed à chaque instant. Si l’auteur nous avait autorisés à croire avec Hamed qu’une autre vie était possible, ce retour dans un monde gouverné par les poings et les trafics en tous genres nous conduit à douter, sincèrement, et à se dire qu’il existerait une sorte de prédestination. Finalement, on a beau y faire, il est bien difficile de sortir de sa condition. Gagné par le renoncement au point de s’isoler de tous ceux qu’il aime, Hamed redevient cette « kaïra » et la réinsertion apparaît alors inenvisageable. Définitivement ? Rien n’est moins sûr…
Guillaume Para signe un premier roman réaliste, extrêmement réussi, où aucun mot n’est en trop, un récit rythmé, débordant d’émotions, où les relations humaines sont décryptées avec beaucoup de finesse et qui parvient en plus à nous questionner. Une lecture qui m’a emportée et des personnages que j’ai eu du mal à lâcher le livre terminé, au point de l’ouvrir à nouveau et relire, ce qui m’arrive assez rarement ! Pour terminer ces quelques lignes, je citerais à nouveau le sage oncle d’Hamed : « Le proverbe dit “l’arbre suit sa racine” mais je crois que quelles que soient tes racines, tu es libre d’aller vers le soleil ». Quitte à s’y brûler parfois les ailes… – Julie Vasa
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Lu d’un souffle, du premier au dernier mot. Et pourtant, je redoutais un peu l’omniprésence du foot. Eh bien aucun ennui : la passion du jeune garçon, son don inné, son désir d’ apprendre la technique , se partageaient avec plaisir. Roman sur fond social des banlieues défavorisées où règnent les caïds et les trafics de drogues. Hamed Boutaleb a le privilège de quitter la sienne à onze ans et d’aller vivre chez sa tante et son oncle. Mais avant cela, il y a eu la mort de sa mère à sa naissance, la mort par balles de son frère aîné et la violence de son père, devenu alcoolique. Il connaît enfin une vie normale. Même si, plus tard, il croira qu’on  » ne fuit pas ce que l’on est », et que « on n’échappe pas à ses racines ». C’est le roman de l’amitié, de la générosité, de l’amour qui s’annonçait impossible entre lui et une fille de la grande bourgeoisie. c’est aussi malheureusement le roman de la face opposée : la violence dans la prison : celle des caïds et celle des matons, passive ou active. A Fleury, « On se fait à tout quand il s’agit de survivre. » C’est la désintégration de soi, l’impossible guérison. « Hamed ressortait de là l’âme et la la figure balafrées ».
C’est un excellent roman, bien conduit, avec des personnages solides et une remarquable maîtrise. C’est poignant, déchirant, révoltant. J’en suis ressortie bouleversée. – Mireille Hurard Le Fustec
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Une histoire d ‘amour et d’amitié pour poser la question du déterminisme, de la possible miscibilité des milieux sociaux, des cultures.
L’auteur est un peu manichéen, on voit bien d’où viennent les nuées dans les yeux de Lea, mais ils sont si attachants ces aimants que l’on se prend à y croire au fil des pages que l’on ne lâche pas.
Le jeune Hamed doute puis se prend à y croire à une possible vie au soleil grâce à l’amour de Lea, les ténèbres qui vont l’engloutir n’en seront que plus sombres .
Une grande finesse d’écriture pour nous rappeler que la prison, le plus souvent, détruit fibre à fibre ce qui fait un homme, sa sensibilité, ses rêves, sa dignité, sa capacité d’aimer
Il eût suffit de presque rien ….pour que le rêve se réalise, combien de destins brisés croisons nous ainsi sans le savoir ? – Christiane Arriudarre
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Ce roman est une excellente surprise.
Le malheur et la malchance sont-ils écrits dans nos destins en fonction de l’endroit où nous vivons et de la catégorie sociale dans laquelle nous sommes élevés ? Ce premier roman interroge sur la destinée, le déterminisme, sur ce que l’on fait de sa vie, sur la manière dont on appréhende ou pas l’adversité, sur la notion de sacrifice. C’est beau, tragique, sublime au sens littéraire de pur et noble, de solitude des personnages face au monde qui les entoure, en proie aux choix et au doute.
L’écriture est brute, réaliste, sans fioritures, à la fois contextuelle et contingente. Tout sonne juste. En même temps, c’est très addictif ; la trame narrative est très équilibrée, admirablement planifiée avec un effet de retour en arrière et d’action au présent. Personnellement, j’ai dévoré ce roman en deux jours, avec avidité, dans l’urgence, et pas seulement parce qu’il s’agit d’un livre voyageur que je ne peux garder trop longtemps.
Les personnages sont travaillés, en finesse, en complexité, sans jugement ; les protagonistes masculins sont mis à l’honneur et on peut seulement regretter que les figures féminines soient essentiellement des seconds rôles. En effet, les valeurs de l’amitié virile, du sport sont mises en avant tandis que la féminité apparaît davantage dans les postures maternelles, rassurantes ou au contraire fragiles. Ici, la transmission généalogique passe par les hommes, les berbères, ces hommes libres qui ne gardent pas la colère en eux et par d’autres aussi, ancien taulard philosophe ou ami de toujours.
Guillaume Para tire habilement les fils d’une histoire pourtant bâtie sur des clichés : jeunesse des cités, violence, mort de tous les membres de la famille du héros, différence de classes sociales, amour impossible, incarcération dévastatrice, émulation sportive… Le titre lui-même avait un ton de romance… Quel brio dans la manière de revisiter chacune de ces thématiques, sans pathos excessif mais avec justesse et motion !
Le dénouement surprend, remet les choses en perspectives, replace le rêve dans la contingence.
Ta vie ou la mienne est un excellent premier roman, une tragédie moderne.
Un de mes coups de cœur de cette sélection des 68 premières Fois.
Guillaume Para : une plume à suivre. – Aline Raynaud
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GRAND COUP DE CŒUR. ! Quel livre ! Que d’émotions ! et pourtant le début m’inspirait peu, le football n étant pas ma passion. C’est le lien avec les personnages et j’ai eu une autre vision du foot !!! Mais très vite les personnages m’ont happée :
Hamed, orphelin à 8 ans et élevé par son oncle et sa tante à St-Cloud, passionné de foot, domaine où il se fait remarquer.
François, l’ami qui se fait humilié et frappé au sein du club de foot, parce que « gosse de riche ». Son père Pierre ancien footballeur professionnel va les aider dans ce domaine.
Léa, la belle Léa, mystérieuse avec sa part d’ombre va vivre une belle histoire d’amour avec Hamed.
De là, tout bascule, pour Hamed, drame, prison, univers carcéral très dure, violence qui l’a transformé en fauve et la reconstruction va être très dure. Il sera aidé par Jean-Louis , son codétenu, personnage que j’ai adoré et d’une grande sagesse.
Je ne veux pas dévoiler tous les rebondissements mais laisser découvrir ce magnifique roman qui vous laisse sans voix, très bien écrit, que j’ai lu en deux jours et terminé émue jusqu’aux larmes.
Bravo à Guillaume Para.
« Sais –tu ce que veux dire « berbère » ?
Non, p’pa.
Ca signifie « homme libre », et tu veux savoir ce qu’est un homme libre, pour moi ? C’est celui qui n’a pas de colère en lui. La colère rend prisonnier, c’est la pire des cages. »
« La captivité est quelque chose qu’on garde en soi, Hamed, c’est comme ça. Faut vivre avec ce qu’on t’a fait, avec ce qui tu as fait, sans fuir »
« Quand il y a une tempête, ça ne sert à rien de chercher à l’éviter. On doit apprendre à danser sous la pluie. »…. Joëlle Radisson
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Et aussi…
« Un roman puissant qui ne peut laisser indifférent »… Lire le billet de Sybil
« Un roman bouleversant porté par un rythme haletant et une plume d’une profonde sensibilité »… Lire le billet d’Annie.
« C’est un récit de pas d’bol, de malchance, de dommage collatéral, d’imprévu … et d’amour »… Lire le billet d’Héliéna.
« Un Jules et Jim moderne qu’on ne lâche pas ! »… Lire le billet de Sabine.
« Un grand coup de cœur pour cette histoire ficelée, au ton hyper juste et à l’écriture dénuée de prétention, toute en finesse lorsqu’elle concerne la banlieue »… Lire le billet d’Agathe.
« Le plaisir d’assister à la naissance d’un écrivain »… Lire le billet de Joëlle.
« Un roman où la liberté est à portée des doigts »… Lire le billet d’Anne Leloup.
« Un vrai sens de la construction, un style direct, sans fioritures et une volonté de gratter derrière les apparences pour révéler au mieux la psychologie des personnages font de ce premier roman une vraie réussite. Droit au but! « … Lire le billet d’Henri-Charles.
« Un roman implacablement contemporain » … – Lire le billet de Nicole.
« Une claque littéraire comme je n’en avais pas reçu depuis longtemps »…. – Lire le billet de Claire.
« Un roman d’une force rare, poignant. Une plume qui ne se regarde pas lorsqu’elle écrit. » – Lire le billet de Charlotte Bouteloup.
« Chapeau bas à l’auteur pour son dernier chapitre, il a réussi à m’arracher une larme. » … Lire la chronique d’Olivia.
« Encore un primo-romancier à suivre! » … Lire la chronique de Françoise.
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