Une immense sensation de calme – Laurine Roux

Un décor, une vaste étendue glacée et sauvage, une atmosphère qui emprunte à la tradition des romans post-apocalyptiques, un climat intemporel et une langue… charnelle, poétique, imagée. Avec ce premier roman, Laurine Roux offre au lecteur un voyage sensuel et envoûtant.

Une immense sensation de calme

Comment exprimer mon ressenti ? Est-ce un conte ? une légende ? C’est de la beauté, de la poésie. J’ai totalement adhéré, j’ai été emportée. Quel bonheur de partager la vie de ces êtres en fusion avec la nature, faisant partie d’elle. Ils vivent leur présent tel qu’il est, sans questionnement aucun. « Igor n’est pas un homme. Il répond à des instincts « . Il est « l’enfant de l’eau trouble et de la montagne auguste ». en lui « résonne le fond du lac et des éboulis« . La toute jeune fille qui le rencontre après le décès de sa grand-mère le reçoit comme une évidence. C’est un choc. « Je sens juste mon pouls battre à tout rompre et ma tête se remplir d’un liquide bleuté, noyant, au-delà de mes pensées, toute ma personne« . Et aussi : « J’ai souvent cette impression d’être aspirée jusqu’à m’évaporer dans son sillage « . Les animaux eux-mêmes les comprennent et cessent leur chahut sur leur passage . Chacun accepte son destin avec sérénité, d’où cette sensation de calme. Toute cette histoire est servie par un talent d’écriture qui me subjugue . Et, mais cette remarque est très personnelle, Laurine Roux vit dans « mes » Hautes-Alpes natales. !! – Mireille Hurard Lefustec

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Étrange et fascinant petit premier roman rédigé par Laurine Roux qui nous entraîne dans un monde sauvage, onirique, cruel et beau à la fois. Nous sommes dans un pays nordique probablement, froid et ancré dans des traditions ancestrales. Le mot « karja » – qui désigne ici une boisson – fait aussi référence à un village d’Estonie. C’est une sorte d’indice.
En fait le lieu n’a d’importance que pour l’évocation de paysages grandioses faits de forêts septentrionales, majestueuses et terrifiantes, de montagnes et, finalement, la mer qui se révèle dans toute sa force attractive.
Le temps non plus n’est guère précisé : il y a un « avant », dont se souviennent quelques vieilles qui gardent le silence sur ces temps, à jamais abolis par l’arrivée de « grands oiseaux » d’acier qui ont lancé le feu et le soufre. Des hommes sans yeux en sont les témoins : les Invisibles. Il y a cet « aujourd’hui » raconté par la narratrice, entre passion fougueuse, illimitée pour un homme secret, Igor, relations avec la la Guérisseuse Grisha, chassée du village parce que sans doute sorcière. Tout le récit repose sur des sentiments extrêmes guère exprimés verbalement, une relation fusionnelle à l’amour, à la mort , à la nature, relation qui emporte la jeune fille dans un maelström de sensations, de troubles et de questions.
Une femme-poisson, une ourse dressée qui nourrit un bébé, des Romanichels qui dansent et meurent de la dysenterie, des orphelins jetés comme déchets (les « Va-au-Diable »), des villageois cruels et bornés, et, petite fée bienveillante, une jeune fille amoureuse qui découvre la vie : le roman est une sorte de conte philosophique qui nous mène à l’acceptation.
Et quand arrive « l’immense sensation de calme », nous aussi nous reprenons notre souffle, partageant avec elle la paix intérieure enfin conquise et, surtout, cette sensation d’avoir trouvé notre place, dans un déroulement de moments qui ne sont, finalement, que des « passages ».
C’est un joli moment de lecture, fort, poétique, d’une écriture ciselée, dans lequel on ne fait finalement que se laisser porter par la voix calme et poétique de l’auteure. Un texte à « dire », peut-être. – Evelyne Grandigneaux
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Une écriture comme une fable, une légende que l’on nous raconte, le soir, assis auprès d’un feu, comme un réceptacle à ce besoin immense de s’unir dans « une immense sensation de calme », de se laisser séduire par les mots, le calme, d’oublier l’espace d’un instant notre cocon. Un monde loin de tout. Et une écriture magnétique, envoutante qui nous propulse auprès de ceux qui connaissent l’amour et la mort, le côtoiement infime et la lumière qui amène vers la paix en soi…. Lire la chronique de Sabine sur son blog.
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Alors qu’elle vient d’enterrer Baba, sa grand-mère, et qu’elle arpente un monde à la croisée du réel et de l’imaginaire que traversent les plus curieuses légendes, une jeune fille, la narratrice, fait la rencontre d’un être sauvage, magnétique, étrange et taciturne, presque animal : Igor, qui livre du poisson séché à quelques vieilles femmes isolées dans la montagne. Avec lui elle connaîtra l’amour, décuplé par une nature étonnamment vivante et par tout ce que la jeunesse porte d’insolence. Cinquante ans auparavant, le pays fut ravagé par la guerre, ne laissant que des femmes et des enfants. Les survivants ayant voté pour le Grand-Oubli, seules les aïeules pourraient se souvenir, mais tout désir de mémoire en elles s’est tari. Avant de mourir pourtant, Baba délivre un secret à sa petite-fille : la vérité sur les  » Invisibles « , ces créatures que les bonnes gens redoutent plus que tout. Elles ignorent encore combien le destin de la jeune fille sera lié à ces parias.Au fil du temps le mystère s’épaissit. Qui est Tochko, cet Invisible dont Igor paraît si proche ? Quel lien l’unit à la vieille Grisha, honnie de tous ? L’amour suffira-t-il à cette jeune fille pour affronter le trou noir de la guerre ? de quel secours lui sera-t-il, face à tout ce qui menace ? Cette histoire fait penser à une légende magique, sombre, froide qui est toute a fait retranscrite par le style de l’écrivaine. Elle arrive à faire transparaitre la froideur du climat de cette région, de l’histoire: une terre déserte où la nature, les étendues, la solitude, le silence, l’âpreté et la rudesse des personnages règnent en maitre. Il faut accepter pour entrer dans ce conte d’être démunis, sans ses repères, lâcher-prise, entendre la mort jouer de sa faux et de la vie. Ce livre était trop noir, sombre, glacial pour moi. Il y a une histoire d’amour, mais surtout des histoires de vie brutales dans une ambiance sombre, devant lesquelles je suis restée au bord des sentiers sans jamais pouvoir cheminer à côté des personnages.- Marie Heckmann
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« Nous sommes simplement de passage, murmurent ses cheveux dans le vent. L’instant s’échappe vers un autre, insaisissable. En chute permanente, ou plutôt en grande glissade, car le temps n’est qu’une succession d’effondrements à l’infini.» Une immense sensation de calme et d’envoûtement. Je suis rentrée dans cette lecture comme en religion. J’ai été happée par les mots : ceux-ci m’ont enrobée dans leur brume, leur mélopée, l’atmosphère grandiose et sauvage d’une forêt, d’une montagne, d’étendues planes ou escarpées, de lacs gelés et de terres animales et la mer magistrale en point d’orgue. « Nous marchons pendant des heures et des heures, frappés par le couvercle en fonte du ciel. Et puis, au détour d’un chemin, nous la voyons. La mer a son manteau de cobalt et le soleil fait rôtir sa cuirasse étoilée. (…) nos yeux fixés sur cet horizon tracé par sa propre infinité, sans arbre ni montagne pour le circonscrire. Nos yeux aimantés à cette ligne infinie, par-delà le ciel, la terre et la mer, ruban de couleur mouvante, tantôt bleu, gris ou orangé, confins des nuages, du jour et de la nuit, qui se révèle à nous comme l’ultime destination…»
La langue est à la fois forte, âpre, simple et élégante. Elle appelle à tous nos sens, nous invite à écouter, humer, vibrer, goûter. Les paysages s’imposent à nous : crus, majestueux, imposants et en quelques phrases nous sommes propulsés dans une palette de couleurs et de matières réelles, percutantes de vraisemblance et de poésie, véritable hommage à la Nature et à la splendeur de notre planète. Rien n’est cérébral, tout est instinct : les regards, les touchers, les rencontres y sont admirablement retranscrits dans une immédiate nécessité et puissance. Il y a de la féérie dans ce court roman où pourtant tout est dit de ce qu’est fait une existence, celle-là qui nous équilibre sans filet au-dessus d’un plein et d’une fin dont on ignore tout. Majesté d’une écriture ensorcelante qui manie avec magie les mystères de non-dits, des creux et des manques pour nous conter des destins. La mort et la vie se confondent et se souviennent à nous comme un tout ; ainsi les absents ne le sont jamais et les présences fourmillent convoquées par les confidences du passé, les réminiscences échappées, les traces inscrites sur les corps, les chaînes des histoires et l’indélébilité des sentiments. De la survie à la violence du monde et des hommes, de l’amour à la solidarité, l’auteur nous offre notre Terre dans sa cruelle et fantastique beauté. La sensualité court chaque ligne pour parler les liens, le désir, les élans et l’univers. Et ce silence éblouissant qui alanguit le tout et remet au centre l’essentiel qui n’a pas à être débattu. « Le bruit du vent mérite plus d’attention que les vaines paroles ».
Et cette femme qui se raconte et nous confie l’incandescence et la torpeur d’un amour hors codes, hors normes – « Igor avance en équilibre sur le faîte et je glisse mes pieds dans ses pas, cesse de peser, presque d’exister. Mon ombre se confond à son ombre. J’ai souvent cette impression d’être aspirée jusqu’à m’évaporer dans son sillage. Cela ne me paraît pas insensé. Ce n’est pas sage non plus. C’est ainsi. » Amour grâce auquel elle s’enracine plus que jamais à la pulsion de vie, grâce auquel elle lâche prise et accueille l’existence, celle qui échappe à l’entendement, au raisonnement peut-être, mais pas aux sensations d’un corps en mouvement, à l’intuition d’un cœur aimant. « Je lampe l’air à grandes goulées, et ma langue reconnaît dans ce baiser un goût de terre et de ciel. Vert et bleu. La couleur des baisers d’Igor. Car il est là, partout, et je ris. Je le caresse dans l’herbe qui échevelle le sol, me frotte à lui dans les bourgeons ventrus. Sa voix me berce dans le glouglou de la rigole et je quitte mon corsage, lui offre ma poitrine exposée aux assauts du soleil. Je me sens pleine et possédée, secouée par le frémissement des instants après l’amour. Des lucioles parcourent mes jambes. C’est évident, Igor est là, contre moi, et tant que le monde sera monde je pourrai le retrouver. Rien ne saurait changer cela. Pas même la mort. »
Magnifique ode à l’indicible qui court en nous, énergie brute qui en plus de battre nos tempes, d’injecter, pomper, éliminer sang, eau et air, anime des idées, des envies, des mains et une âme résolue à tendre vers la lumière et le beau. Ce premier roman est la confirmation d’une plume singulière, inédite et déjà indispensable. Coup porté à mon cœur enthousiasmé !
« Je n’ai pas peur. Je sais que je le laisserai faire. Cela devrait me désespérer, je devrais crier, me battre chercher à le retenir. Pourtant cela me procure une immense sensation de calme. Le chemin parcouru avec lui a été un long enseignement d’abandon. » – Karine Le Nagard
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Laurine Roux, de son écriture poétique, est parvenue à m’envoûter à tel point qu’il m’est difficile de trouver des mots pour justifier mon ressenti. M’abandonner corps et âme dans ses pages, voilà mon état. Ce récit est un conte dramatique où l’Homme est confronté à la rudesse polaire, où la survie et la lutte sont indispensables, où l’amour affronte les pires tempêtes… Lire la chronique d’Héliéna en entier sur son blog.
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Perdus au milieu des étendues de terres et de forêts, un couple vit entre marches, chasses et rencontres. Dans ce monde où la guerre a tout bousculé, ils sont tous deux en osmose avec la nature. Ils s’aiment, se parlent peu mais communient avec la caresse de leur corps. Au fil des jours, la narratrice apprend l’histoire de cet homme, Igor, qu’elle sait être celui qui lui était destiné… Laurine Roux signe ici un roman touchant et sensuel. Avec une écriture tout en poésie, elle nous entraîne dans les pas de ces hommes et de ces femmes qui vivent au fil des saisons, dont le quotidien difficile est alourdi par le poids des légendes et des croyances. Enveloppé par cette nature, nous écoutons au coin du feu leurs histoires de vie… Un très beau premier roman… Prometteur et apaisant… – Audrey Thion
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Etrange et atypique ce récit emmène le lecteur dans des paysages désertés et glacés, d’immenses étendues à perte de vue, grandioses, une plongée dans un monde de neige, de glace, de forêts majestueuses où l’homme et la nature ne font qu’un. La nature a deux facettes, dangereuse parfois car il faut se méfier et s’accommoder d’une vie rude, réparatrice lorsque les plantes et herbes recèlent des secrets de guérison.
Un lieu intemporel et indéterminé, peu en importe l’époque.
La narratrice, une jeune fille dont on ne saura pas le nom, se souvient des oiseaux d’acier qui ont lancé le feu détruisant nature et hommes dont certains, les Invisibles, se sont réfugiés dans les montagnes.
Parmi cette nature, il y a Igor, géant taciturne, qui croise un jour la route de la narratrice. Un rencontre magique, enchanteresse et sensuelle.
Si j’avoue avoir été surprise au départ par ce récit (conte, fable…), je l’ai poursuivi et terminé d’une traite auréolée d’une belle sensation de calme, comme un répit à la ville, au tintamarre quotidien.
Vous l’aurez compris, peu de paroles dans ce texte, des sensations, des émotions, de la tendresse, un amour inconditionnel sous une plume poétique et ensorcelante. « Le bruit mérite plus l’attention que les vaines paroles ».
Un récit magique pour un moment de calme, où le texte fait naître des paysages envoûtants sous les yeux du lecteur bercé par la poésie du texte. – Nathalie Chartier-Salou
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Entrer dans ce roman c’était pour moi faire l’expérience de l’inconnu. Pour ceux qui me connaissent, le taureau en moi n’aime pas trop ça, et encore moins le froid et les forêts désertes. Alors même si pendant les cinquante premières pages j’ai cherché une taverne hospitalière qui me servît un bon bourgogne et une planche de charcuterie, la suite de ce roman sublime a été une parfaite initiation à ce genre. Un vocabulaire riche et rare est au service d’une plume précieuse… Lire la chronique d’Agathe en entier sur son blog.
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Ce conte sensuel est étrange mais fascinant. C’est un récit envoûtant porté par une magnifique langue poétique et excessivement soignée qui nous conte une histoire d’amour hors du commun. Laurine Roux a l’art de plonger le lecteur dans une ambiance qui rend un bel hommage à la nature aride et toute puissante où amour et mort se côtoient en permanence…. Lire la chronique de Joëlle Guinard en entier sur son blog.
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Alors qu’elle vient d’enterrer sa grand-mère, une jeune fille rencontre Igor.  Cet être sauvage et magnétique, presque animal, livre du poisson séché à de vieilles femmes isolées dans la montagne, ultimes témoins d’une guerre qui, cinquante ans plus tôt, ne laissa aucun homme debout, hormis les Invisibles, parias d’un monde que traversent les plus curieuses légendes.

Roman sublime à la lisière d’un conte dans les montagnes, une nature majestueuse et puissante, mystique, glacée et sauvage où après une guerre ancienne, les hommes sont morts, ne restent que femmes et enfants.

Une jeune femme rencontre Igor, un homme taiseux et sauvage et va le suivre, elle sait que c’est lui qui lui est destiné et tous deux vont braver la nature hostile et difficile.

« A présent il faut que je vous raconte comment Igor est entré dans ma vie »… Le roman commence et là je m’installe au coin de la cheminée, personne autour de moi, du calme,  de la chaleur et…. je me laisse bercer par ce très court roman Ô combien poétique. C’est comme cela que je relirai ce roman en savourant chaque phrase, en me laissant envoûter.  Je pense que c’est une auteure que nous reverrons.

« Nous sommes simplement de passage, murmurent ses cheveux dans le vent. L’instant s’échappe vers un autre, insaisissable. »

« Je me rappelle comme si c’était hier le moment où j’ai refermé la porte. Le souvenir de Baba et mon sac étaient mes seuls bagages. Je n’avais aucun endroit où aller. Je me souviens m’être demandé s’il était possible qu’une route ne finisse jamais. Alors j’ai décidé de commencer ainsi, voir jusqu’où la route irait. Cela me semblait un bon début. » – Joëlle Radisson

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