Fugitive parce que reine – Violaine Huisman

Comment aimer une mère qui semble en permanence osciller entre raison et folie ? C’est tout l’enjeu du propos de ce roman écrit avec une sorte de fièvre et qui explore le quotidien de ses deux filles tout en rendant hommage à ce personnage excentrique, totalement excessif, presque impossible à cerner mais désespérément libre. Comme toute expression de sentiments extrêmes, cela conduit à des réactions très contrastées.

Fugitive parce que reine

« Un tsunami d’émotions.
Des vagues de mots que j’ai relus plusieurs fois.…  » La chronique de Loupbouquin est une véritable déclaration d’amour à ce roman.
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Comment aimer une mère qui semble, à lecture des premières pages, malveillante ?
La violence du rapport mère-enfants décrite m’amènerait, dans un contexte réel, à alerter au plus tôt les services sociaux pour mettre hors de danger ces fillettes.
J’ai passionnément aimé cette plume fine, ciselée, plein d’impact et l’hommage de l’auteur rendu à sa mère imparfaite, malade, désordonnée, non sécure mais aimante.
Le choix de la structure narrative m’a accompagnée pour dépasser l’a priori d’une telle rencontre. Il me semble intéressant- peut-être parce qu’il faut écho à mon quotidien professionnel- que Violaine Huisman cherche à mettre en relief les aspects positifs de sa mère à travers son histoire et l’héritage de celui de ses parents. Reconstruire la généalogie et avoir accès à l’entière histoire d’un individu ne pardonne pas les actes mais peuvent expliquer, pour mieux éclairer et parfois, illuminer des êtres qui ne semblent dévoiler qu’un très sombre potentiel. C’est ce que j’ai ressenti lors de la lecture de la troisième partie.
Comme à la lecture d’une dissertation, j’ai eu le sentiment que l’auteure m’emmenait dans un raisonnement de thèse ( grandir auprès une mère violente et déséquilibrée), d’antithèse ( cette même mère a aussi éperdument aimé ses enfants, malgré les apparences et leur a donné la possibilité de s’élever contre ses propres démons) et la synthèse ( l’auteur et sa sœur ont su trouver leur place, la construire, s’affranchir de cette mère débordante en restant attachée à leur amour inconditionnel).
Finalement, il règne une humanité chez cette mère tragique de notre monde contemporain et je suis heureuse de lire de l’optimisme, une force et une résilience dans un parcours d’enfance chaotique, la liberté peut s’acquérir, les destins ne se répètent pas forcément à l’infini, l’enfance n’est pas systématiquement condamnée. – Anne Richard
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J’ai mis du temps à pouvoir et avoir envie de parler de ce roman, non parce qu’il m’a déplu fortement, mais parce qu’il a dérangé en moi des pans de murs, des images, des propos que je n’aime pas lire, ni voir répéter à l’envi. Il m’a fallu du temps pour accepter cette image de « mère abusive », de mère souveraine, d’épouse princière qui hésite entre un trop d’amour et un pas assez, entre un pas de danse et un de côté, entre cette quête éperdue de liberté et ce besoin incessant, morbide d’être aimée. Difficile de narrer cette histoire d’une mère qui n’en est pas vraiment une, qui se cherche dans le regard de ces filles, qui cherche son enfance, ce qu’elle n’a pas connu, ce qu’elle aimerait pouvoir donner mais qu’elle ne possède pas : l’amour maternel. Et pourtant il se dégage une sensualité troublante dans ce roman, un jeu pervers des amours et de ce besoin incessant d’être aimée. Il y a le trouble du désir, le trouble de la liberté, de ne pas appartenir ou se sentir appartenir alors que ces mêmes jeux sont inversés. Si le début de ce roman m’a complètement subjuguée, emportée par le ton, l’écriture flamboyante, directrice, j’ai ensuite été plus interrogative, moins entreprenante dans ce désir de poursuivre, de conquête d’amour et de lecture. Les multiples répétitions d’événements, de mots, d’injures (qui pour ma part me semblaient à la fin réellement de trop), de scènes ou d’une technique narrative m’ont fait perdre le nord ou du moins l’appétit de poursuivre avec avidité cette fugitive. Il y a des longueurs, des répétitions, des veines qui auraient mérité plus de concisions, un travail de coupes ou de relectures plus appropriées, pointues. Si la première partie nous emporte, la deuxième est une redite en changeant simplement d’angle de vue, de personnages, pour finir sur une troisième qui donne des clés mais ne nous libère pas de ce manque d’amour, de cette quête qui restera toujours, ce traumatisme de l’enfance qui nous envahit lorsque l’adulte arrive en nous et nous laisse ses pans géants de manque de confiance, d’amour, un goût amer de la maternité. Et pourtant il est demeuré en moi, la poursuite de savoir, cette quête de comprendre le pourquoi, l’envie dévorante voire perverse de me libérer complètement de cette femme et son portrait vitriolé. J’étais comme possédée par l’écriture, le style, cette façon de m’emmener à tourner les pages, un jeu pervers entre l’auteur et moi. Je conçois que ce roman embrase les cœurs ou les lectures tant l’écriture est flamboyante mais pour ma part à force de vouloir absolument disséquer cette reine, cette voleuse d’amour, ce vol à l’arraché des cœurs de l’enfance mal aimée, je me suis sentie piégée, prise en étau entre un cœur qui bat et un qui s’est arrêtée. A force de trop en faire, de trop aimer, je me suis brûlée. « La vérité d’une vie n’est jamais que la fiction au gré de laquelle on la construit. »Sabine Faulmeyer
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Mal à l’aise pour parler de ce roman admirablement (trop ?) écrit. Mal à l’aise car j’en reconnais toutes les qualités littéraires, indiscutables, mais je n’ai pas su l’aimer. Et ce n’est pas le roman lui-même qui est en cause, mais le moment de ma lecture. Celle-ci est venue à la suite de la découverte de trois autres romans sur le même sujet : l’amour incandescent pour une mère, défaillante, fugitive, disparue, alcoolique, malade, aimante, secrète… (liste non exhaustive). Et là, j’ai eu comme une grande lassitude. Et là je n’ai pu m’empêcher de comparer. Et Fugitive parce que reine n’est pas celui que je préfère, loin de là ! Paradoxal, me direz-vous, puisque j’en reconnais et en admire les qualités littéraires. Certes, mais, en ce qui me concerne, ces qualités-là justement ont bloqué toute émotion. Comme si la beauté de l’écriture me demeurait froide et étrangère. Trop visiblement « apprêtée » en quelque sorte. Vraiment je n’ai pas « accroché » du tout. Mais ce n’est que mon ressenti sauvage, si je puis dire, entièrement coupé de toute analyse et de toute objectivité ! – Merlieux Lenchanteur
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« Il fallait cette démesure, ce flot ininterrompu de l’écriture pour restituer l’incroyable énergie, la beauté et la singularité de ce personnage. »... Delphine-Olympe a eu un vrai coup de cœur pour ce roman et lui offre une superbe chronique.
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« Qu’est-ce qu’on garde d’une vie ? Comment la raconter ? Qu’en dire ? Est-ce qu’une vie compte autrement que dans l’enfantement ou la création ? Quelle vie vaut la peine d’être retenue ? De qui se souvient-on ? De qui se souviendra-t-on ? »
Si Violaine Huisman pose ces questions dans son premier roman « Fugitive parce que Reine’ (éd. Gallimard), elle y apporte aussi des réponses, ses réponses. Dans un magnifique hommage littéraire à sa mère, elle décrit une femme dont la fragilité côtoie souvent la folie, une femme excessive dans ses amours mais profondément aimante de ses filles. Violaine Huisman peint aussi les nombreux personnages qui croisent sa route : les mère, le(s) père(s), les maris, les amant(e)s, les amies… Et celles qui lui resteront toujours fidèles : ses deux filles à jamais inconsolables de sa disparition.
Magnifique écriture et très intelligente construction de ce roman qui ne tombe jamais dans le pathos mais qui nous touche au plus profond. Le style nerveux, poétique parfois aussi, nous ramène toujours au personnage incandescent de la mère dont, malgré toutes les failles et les douleurs, on se surprend à vouloir ressembler. Un chef d’oeuvre. – Catherine Mézan
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Voici un roman que j’ai failli abandonner. J’ai tenu, difficilement, jusqu’au bout. Quelque chose dans l’écriture.
Mais dans ce livre qui parle d’amour filial, je me suis ennuyée. Une impression qu’on me criait dans l’oreille toute la première partie assez détestable. La deuxième et troisième parties sont plus maîtrisées. Mais pour un livre qui ne fait que parler de sentiments violents, ingérables et difficilement explicables, il m’a laissée complètement insensible.
Un livre que j’avais très envie de découvrir, un livre que j’étais persuadée aimer vu le sujet et l’écriture décrite. Raté. Pour la seconde fois. – Hélène Goelen
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La métaphore de la chute du mur de Berlin qui coïncide avec la chute brutale dans une phase maniaco-dépressive de la mère de l’auteure et son internement, quelle scène d’ouverture pour ce roman filial, portrait en creux de Catherine, figure maternelle adorée et abhorrée ! Et pourtant, pourtant, ce long chant d’amour, en dépit d’une écriture aiguisée et intelligente, ne m’a pas touché en plein cœur, je suis restée en dehors du cercle de cette drôle d’harmonie dissonante, de cette constellation familiale où la souffrance est palpable, en dépit de l’admiration que vouait Violaine Huisman à cette mère blessée et extravagante. A trop vouloir entrer dans les moindres parcelles d’intimité pour recréer le fil des souvenirs, le risque est de perdre le lecteur dans le labyrinthe de son histoire personnelle, et c’est précisément le sentiment qui m’a habité, le fil d’Ariane s’est rompu… Y compris dans sa mise en page, le texte fait bloc avec la romancière, il manque d’aération, comme s’il avait été expulsé d’un jet sur le mode de la confession, en apnée ; or les respirations et les silences sont primordiaux en musique comme en littérature. A méditer pour le second opus ? – Catherine Pautigny
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En refermant ce livre autobiographique (ou presque) je suis un peu perplexe. C’est très bien écrit, et la plume de Violaine Huisman est formidable. L’histoire est passionnante, et tous les ingrédients sont présents pour rendre le lecteur accro aux aventures de Catherine et de ses filles !Un roman réussi, incontestablement dû au talent de l’auteure. Ce livre se lit d’une traite, les émotions sont là ! Bravo.
Toutefois, je suis un peu étonnée, car avant de le lire, j’ai lu plusieurs avis ou articles dans la presse. Certaines phrases avaient retenu toute mon attention comme : « Une femme extravagante, excessive et déterminée. Une héroïne entre vice et sublime… » « Un roman qui raconte l’amour inconditionnel envers ses filles…Une envie de liberté et d’affirmation à son droit à une vie rêvée. » Et c’est sur ce point, que j’ai été déroutée, car pour moi, l’héroïne n’est pas Catherine, mais ses filles ! CAR quelle enfance elles ont eu ! Alors suis-je trop terre-à-terre ? Car pour résumer, cette mère est atteinte d’une maladie qu’on appelle maintenant la bipolarité (maniaco-dépressive) et qu’elle a des attitudes choquantes.
Juste quelques exemples :
  • Elle est « addict » à l’alcool, aux drogues, aux médicaments, vie instable (amant ou amante, remariage, manque de discrétion sur le plan intime envers ses filles).
  • Une éducation envers ses filles parfois choquantes : laisse le bébé pleurer tout une nuit car elle est partie de chez elle, des scènes et des paroles perturbantes envers ses filles comme « se démerder », à « lui foutre la paix » ou quand elle perd plusieurs fois connaissance dans son appartement et que les filles doivent essayer de la réveiller.
  • Elle conduit très vite, au risque de blesser les autres et sa propre famille.
  • Elle est excessive en tout, elle met le feu à son studio de danse, elle tue le chien et elle vole dans les magasins.
Alors ce qui me dérange, ce n’est pas tout ce qu’elle a pu faire dans sa vie, mais ce qui m’interpelle, c’est de lire que cette femme Catherine est une héroïne, une combattante, une mère à l’amour inconditionnel, qu’elle revendique le droit à la liberté et au rêve. J’ai une impression, peut-être à tort, qu’on cautionne son comportement inconscient. Pour moi, c’est la vie d’une femme malade qui a essayé de faire au mieux avec sa maladie, avec ses fêlures, ses défauts et ses qualités mais, à quel prix ?! En mettant souvent ses filles en danger.
Pour conclure, il y a deux facettes dans ce roman : le contenu et la façon de la raconter. Le contenu m’a dérangée, mais par contre j’admire le courage, la franchise qu’il a fallu à Violaine Huisman pour l’écrire. Incontestablement, le lecteur devine la puissance de leur amour envers leur maman, mais aussi entre-elles. Ce qui m’a beaucoup touché, c’est l’amour de ses deux sœurs, se protégeant et s’aidant dans les moments difficiles.
Comme tous les enfants, ils pardonnent à leurs parents leurs failles, car quoiqu’il se passe, ils les aiment.Mais des comportements aussi irresponsables seraient normalement pointés par les services sociaux… Les parents sont passés à travers, alors tant mieux, peut-être pour les filles (ou pas) ?! Le fait que les parents jouissaient d’une bonne situation financière a permis qu’on les laisse tranquille.
Un petit goût amer… sauf si on se dit que c’est uniquement de la fiction, malheureusement ce n’est pas le cas. À moins que je sois complètement hors sujet ! Je reste dubitative sur la perception que l’on a de cette histoire. – Claudia Charrier
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« J’ai eu un véritable coup de cœur pour ce livre, que j’ai fini tard dans la nuit, en larmes. Et pourtant, c’était mal engagé car au cours de la première partie, j’ai failli abandonner, le récit peinant à évoluer. Mais alors, à partir de la deuxième, je n’ai pas pu lâcher ce livre. Sauf parfois pour reprendre mon souffle tant j’étais submergée par l’émotion. Je me suis fait totalement surprendre, je ne m’attendais pas à une telle réaction. » – Lire le billet entier d’Anne sur son blog
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Dans ce récit autobiographique, nous sommes d’emblée emportés dans le roulis d’une langue rapide, sans ponctuation, sans détours, sans aucune convenance syntaxique pour nous plonger dans les vagues tempétueuses, incessantes et répétitives d’une langue agitée, violente, dévorée, dévorante, emportée, perdue, hagarde : l’unicité du langage maternel qui fait émerger entre nos mains, sous nos yeux la reine du roman, Catherine, la mère de l’auteur. Le style parfaitement pensé et maîtrisé nous projette entre les lignes le personnage obsédant du roman : le talent est là ! Malheureusement, pour moi, cette écriture irréprochable a procédé d’une barrière, d’une distance. J’ai eu cette désagréable sensation qu’on me donnait à voir. Rien de généreux dans cet étalement d’intime. Sans pudeur, on me donnait à voir tout en m’interdisant d’en comprendre ou d’en ressentir quelque chose, sinon l’obligation d’être spectatrice muette, contrainte d’aimer à mon tour cette mère, alors même qu’il m’était empêchée de la rencontrer. Ni elle ni l’auteur. Cette mère est parlée, et nous parle, surgit sans cesse dans la parole de sa fille auteure, narratrice. Nous sommes ballotés, invectivés, sidérés et nous voilà propulsés en lieu et place de l’enfant malmené, injurié. Pris en otage d’une violence avec en paradoxe l’injonction d’aimer cette femme ….
«Catherine ne pouvait être pour moi qu’une idée, une notion abstraite, au mieux une inconnue. La femme qui avait existé avant de m’enfanter, je n’y avais pas accès. A mes yeux, Catherine ne serait jamais qu’un personnage. Aussi je lui attribuais mon fantasme de ce qu’avaient pu être son histoire, ses pensées, ses choix. Certes, sa vie, elle me l’avait racontée par le menu, mais pour l’incarner, il fallait l’imaginer, l’interpréter. Il fallait que j’en devienne la narratrice à mon tour pour lui rendre son humanité. » Le nœud de ma déception réside là. La biographie s’enchaîne dans un rythme effréné pour nous tenir en haleine, en suspendant notre respiration, sans que jamais nous puissions effleurer le ressenti de cette femme à l’enfance et la jeunesse tragique et dont on comprend aisément que les violences répétées ont pu précipiter sa chute, son effondrement psychique. C’est académique, classé, universitaire, bourgeois… C’est une fuite oui et un aveu en effet d’emblée crié, dicté, imposé : ne faire qu’aimer cette mère du point de vue de l’enfant qui a à la sauver. Mais si elle s’agite au fil des pages, quel est donc son visage ?
Catherine a fait une vie comme elle a pu, avec flamboyance et horreur, entraînant dans sa course-poursuite pour rester vivante ses enfants chéries. Je n’y lis pas une fuite mais une pulsion folle de survie malgré les plaies hurlantes d’un corps et d’une âme dévastés. J’ai refermé ce livre un peu triste, je crois, de cet exercice littéraire soigné, à l’amour crié, presque revendiqué, impropre à toute objection, dans une description historique, chronologique, détaillée, outragée, dérangeante mais qui n’a uniquement pour pouvoir que de figer le lecteur, de le museler devant un TROP mis en scène sans que jamais on ne frôle l’intériorité des protagonistes. Cette femme est devant mes yeux mais ce sentiment qu’on soit passé de nouveau à côté de sa douleur…dans la froideur d’une confession qui exhibe TOUT mais ne délivre rien.
« Maman se répétait par aveu d’échec, parce qu’il était impossible d’aboutir à une version définitive. Il fallait qu’elle nous raconte encore parce que nous n’avions pas compris, et pas seulement parce que nous étions des petites connes incapables de l’écouter, mais parce que c’était incompréhensible, parce que tous les mots de tous les dictionnaires n’auraient jamais suffi à expliquer ce qu’elle avait sur le cœur. » L’auteur dans cet amour inaliénable et fidèle, s’inscrit dans cette droite lignée, dans le respect de cette langue en souffrance que personne n’entend, continue les redites, les retours, persévère et signe, vire, tourne autour, pour fuir elle aussi ce qu’il y aurait à percevoir de l’insupportable d’une vie, celle de sa mère ? L’écriture est sans aucun doute sulfureuse mais la poésie m’a manqué justement pour flirter l’indicible, pour frôler l’innommable. C’est carré, lisse, admirable. C’est asséné, les failles sont dites, énoncées et constatées, nous ne pouvons guère lui enlever cette sincérité. Or ce vécu décrit résonne et raisonne comme un dire armurier, un excès démonstratif pour ne surtout pas avoir à dévoiler le peu de soi qui tremble peut-être ?… et donc tout nous est éloigné alors qu’on nous donne tout à voir. Quelle est la tentative au-delà de narrer, de déposer, d’inscrire ? De quelle fuite s’agit-il ? C’est sans doute un point de vue, lequel je n’ai pas compris et me laisse encore quelques jours après la lecture en interrogation : un bon point ? – Karine Le Nagard
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Un tourbillon d’amour à l’image de cette reine, tourbillon d’émotions, de logorrhées, de fantaisie, d’excès, un coup de cœur que ce premier roman de Violaine Huisman.
Pourtant, la première partie m’avait (presque) laissée de marbre, vaguement suspicieuse ; encore un psychodrame familial construit sur des enfances bousculées, un écrivain qui livre sa part d’intime à un lecteur bien malgré lui dans la peau d’un psychologue. J’ai été surprise par l’absence de chapitre, de fil conducteur, des paragraphes qui se succèdent au fil de la narration. L’auteure parle à la première personne et se livre sans réserve.
C’est la deuxième partie qui donne un sens au récit et prend aux tripes. Catherine, la mère de la narratrice est conçue dans des circonstances tragiques et voit le jour malgré la volonté de sa mère. Malade, elle passera sa prime enfance à l’hôpital sans la moindre visite. Quand elle ressort, elle fait preuve d’une énergie, d’une indiscipline hors du commun, ne se pliant à aucune règle. Jeune adulte, la rencontre avec Antoine, son deuxième mari et le père de ses filles, est le détonateur. Lui aussi est fantasque et sans limites, il est riche et se permet toutes les folies. Leur union sera un vaste champ de bataille et d’amour, les deux filles au milieu.
Toute leur enfance elles soutiennent leur mère, accro aux drogues, aux médicaments, un tsunami imprévisible, les deux sœurs sont toujours inquiètes qu’elle ne se réveille pas. Les deux sœurs m’ont bluffée par leur solidarité, et l’amour inconditionnel qu’elles vouent à leur mère, leur résistance et leur apprentissage de la liberté.
J’ai lu pratiquement d’une traite ce roman époustouflant, superbement bien écrit, à la fois poétique et cru, qui ne peut laisser indifférent. Vous n’en sortirez pas indemne, le sourire aux lèvres et les yeux un peu brouillés puisque la dernière partie du livre est consacrée au deuil de cette mère hors du commun.
Quel bel hommage et preuve d’amour que ce roman. Violaine HUISMAN possède un grand talent, je guette ses prochains écrits. – Nathalie Chartier – Salou
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Nuit noire, un gouffre s’ouvre sous les pieds d’une jeune fille innocente.
Toutes les branches de l’arbre généalogique s’agitent, se tordent aux vents contraires
Il eût suffi de presque rien pour que la vie reste douce, calme, prévisible
Mais non, rien ne peut se bâtir, se tenir, tout est bancal à l’image de cette petite fille accidentée, cabossée, les malédictions se succèdent .
L’amour immense de cette fée carabossée qui hurle et grimace, rit et pleure comme un ciel de Mars et noie ses enfants dans un océan de tendresse dont les vagues d’angoisse les font suffoquer
La magnifique sirène attire les hommes, les ensorcelle comme dans les contes mais comment avancer quand on se veut sirène ?
Elle aura tout essayé : se dresser, se débattre, ramper, avancer sur la pointe… avant de renoncer.
Une belle écriture pour ce roman à vif – Christiane Arriudarre
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Fugitive parce que reine a été modelé dans le terreau ô combien fertile de la vie de Catherine, qui fut la mère de Violaine Huisman.
L’auteure se rapproche, au fil de la narration, du bord de la ligne séparant le roman du récit, laquelle m’a semblé nettement franchie dans la troisième partie.
Le début du livre m’avait enthousiasmée. La liberté de ton, la fantaisie allant jusqu’à l’exubérance m’avaient emportée comme une chevauchée fantastique. Quel culot avait cette jeune femme d’avoir osé inventer des personnages aussi barges, la mère surtout, quoique le mari ne soit pas loin derrière, et que le grand-père soit quasiment inénarrable. Bien que.
La réalité dépasse la fiction, je le sais, mais une réalité si fantasque, c’est à peine imaginable, et il est miraculeux d’en sortir… indemne (?). On comprend pourquoi Violaine est rapidement allée poursuivre la construction de sa vie 10000 km plus loin, même si elle s’est ainsi, d’une certaine manière, conformée au vœu maternel puisque parler anglais fut une injonction ressassée par Catherine.
En tant que lectrice, j’ai besoin, quel que soit le sujet, de m’identifier ou de projeter dans un ou plusieurs personnages. A défaut, il faut à minima que l’époque ou le décor du roman m’évoquent un territoire familier ou que j’aimerais découvrir.
Ici « rien ». C’est juste « trop ». Y compris le langage de charretier de la mère. J’ai néanmoins lu jusqu’au bout et je referme Fugitive en éprouvant un infini respect pour Catherine, Elsa et Violaine qui ont chacune fait tout ce que elles ont pu. J’ai entendu dire que le ciel ne nous inflige aucune épreuve dont il ne serait pas certain qu’on puisse la surmonter. Ma vie, pourtant chaotique, est un encéphalogramme d’une platitude affligeante … mais néanmoins reposante. – Marie-Claire Poirier
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Vous connaissez la mer, imprévisible, puissante, déroutante, envahissante, déferlante, redoutable, cruelle, rassurante, vivante, épuisante, fascinante, déchainée, dévorante … alors vous connaissez la mère, de Violaine Huisman, fugitive puisque reine, tout autant imprévisible, puissante, déroutante, envahissante, déferlante, redoutable, cruelle, vivante, épuisante, fascinante, déchaînée, dévorante … La mer, la mère, c’est la vague qui déferle, efface, bouscule, et reflue laissant sur la grève les corps épuisés et désorientés, les débris éparses et irrécupérables de ses excès , les blessures odieuses gorgées de sel, les cadavres anéantis, quelques galets usés et des coquillages fêlés. C’est la vague écumante et violente qui revient inlassablement, qui se répète et s’entête, creusant comme une forcenée galeries et grottes. Oui, il y a des répétitions comme autant de ressacs, oui, la langue est éblouissante, comme les reflets de l’eau se jouant du soleil ou de la lune, oui, on ne sait ni où elle commence, ni où elle va, comme l’eau immense et indomptée. Entraîné par mille courants, brassé et renversé, on sort de cette épreuve le souffle court, le cœur blessé et le corps brisé et exsangue. Ce n’est pas un texte confortable, c’est un tsunami. – Martine Magnin
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Et encore…
« Un roman bouleversant quand il évoque la maladie mentale, lumineux quand il parle d’amour et de liberté » nous dit Annie,
« Une lecture en demi-teinte » pour Olivia Cheucle,
« Coup de cœur absolu » pour Agathe Ruga,
« Une écriture magnifique » pour Dominique Sudre,
« Un roman parfaitement construit » pour Joëlle Guinard
 « Un roman que je relirai dans quelques années » nous dit Florence Ollagnier
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