Apprendre à lire – Sébastien Ministru

« Le père, le fils et l’amoureux » annonce le bandeau… voilà qui n’est pas banal. Un trio iconoclaste, une relation père – fils pleine de non-dits et d’amour mêlés, un père analphabète qui souhaite soudain apprendre à lire, un fils très occupé qui mandate l’un de ses amants pour le job… Peut-être le catalyseur qu’il fallait aux deux hommes ?

Apprendre a lire

A soixante ans, Antoine renoue avec son père, un homme difficile et mal aimant avec qui grandir n’a pas été une partie de plaisir. Malgré lui, Antoine se surprend à s’inquiéter de son bien-être, à lui rendre visite régulièrement, à accéder à ses caprices étranges de vieillard solitaire. Chaque vendredi, il lui lit son courrier et ses brochures publicitaires, jusqu’au jour où son père lui reproche d’être un mauvais fils pour ne jamais lui avoir appris à lire. Surpris, vexé et même réfractaire à cette idée, Antoine finira pourtant par mettre la main à la pâte et essayer de combler les lacunes du vieux Sarde n’ayant jamais eu la chance d’aller à l’école. C’est en admettant son manque de pédagogie qu’il fait rentrer dans leur vie Ron, instituteur et prostitué pour arrondir ses fins de mois, celui qui parviendra à faire lire le vieux, et à briser définitivement la glace entre les deux hommes.
D’aussi loin que je m’en souvienne, j’ai toujours été à l’école. J’ai appris à lire à l’âge de cinq ans, guidée par mes parents et ma maîtresse, encouragée et félicitée. Je considère ma capacité à lire et écrire comme quelque chose d’acquis, une base immuable sans laquelle je ne serais pas moi-même. Avant cette lecture, je ne m’étais jamais vraiment demandé ce que les analphabètes pouvaient ressentir dans notre monde où l’écrit est si souvent utilisé. Ici, Sébastien Ministru brise la glace, il nous confronte à cette réalité, certes de plus en plus rare mais toujours existante. Il associe la dignité d’un homme à sa capacité à lire et à écrire, cette capacité que nous prenons pour acquise alors qu’elle a été refusée à certains d’entre nous.
A travers un roman filial, réaliste et sincère, Sébastien Ministru explore les relations compliquées d’un père et son fils, le choc de deux générations, venues d’univers différents, chacun ayant grandi dans une réalité bien différente de l’autre. Un père analphabète, un fils journaliste. Et au milieu de ce duo mal assorti et pourtant attachant, le compagnon artiste à la fois secret et dévoué, puis l’amant d’un jour converti en instituteur-médiateur. Chacun trimbale ses casseroles, chacun trouve finalement du réconfort dans la présence des autres, une oreille attentive, un souci sincère, un échappatoire ponctuel. Cette combinaison étrange finit par permettre au père et son fils de (re)trouver, bon gré mal gré, pour quelques beaux moments.
Roman intime, profond et atypique, Apprendre à lire a été pour moi un véritable coup de cœur, l’occasion de réaliser la chance que nous avons d’avoir appris à lire et écrire. – Olivia Cheucle
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Tout commence par une étrange requête d’un père vieillissant à son fils, celle de lui apprendre à lire et à écrire, prétexte à un rapprochement qui va mener le lecteur vers un récit sensible et insolite « Pour qu’il soit un meilleur fils et que lui soit un meilleur père » invoque le père.
Et pourtant tout les oppose : le père est un vieil homme analphabète, grincheux, veuf, émigré de Sardaigne ; enfant il a été privé d’école, obligé de garder les chèvres dans sa Sardaigne natale. Le fils, Antoine, est directeur de presse, inflexible avec ses équipes, pas très sympathique. Il vit avec Alex son compagnon et a recours fréquemment à des relations tarifées. Il va ainsi faire la connaissance de Ron, un jeune prostitué qui rêve d’ailleurs et surtout de devenir instituteur ; naturellement Antoine va lui demander de prendre le relais et d’apprendre à lire et écrire à son père.
Rien de bien nouveau à priori et pourtant j’ai été emportée, j’ai souri des facéties du père, ai été sensible à ses douleurs passées et j’ai assisté à la renaissance du fils,.
Un joli récit où le passé du père et fils pavé de non-dits et d’incompréhension, hanté par la mort prématurée de la mère, va peu à peu laisser place à la tendresse et à la découverte de l’autre. Le père va dévoiler son admiration pour son fils qui va se libérer de sa carapace austère.
Aucun personnage n’est secondaire, j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié celui d’Alex compréhensible, équilibré solide dans ses engagements, son amour ; d’ailleurs il est injustement éclipsé par le bandeau du livre inutilement accrocheur « le père, le fils et l’amoureux ».
Un récit d’initiation porté par une belle écriture volontiers teintée d’humour qui se lit pratiquement d’une traite où il est surtout question de rééducation à la tendresse. – Nathalie Chartier-Salou
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Une belle découverte…
Ce roman n’a que des sujets masculins: Antoine qui vit en couple avec Alex (couple devenue fraternel par le temps qui passe), le père d’Antoine : ancien minier analphabète et Ron, futur professeur des écoles et prostitué à ses heures perdues afin de pouvoir se payer son exil en Australie.
A 83 ans, le patriarche demande à son fils de lui apprendre à lire et à écrire,sauf qu’Antoine n’a aucun prédisposition à cela… Il embauche alors Ron qui va dépasser les limites de son rôle. En plus d’être le professeur de ce vieux Mr il va lui servir de confident, de cuisinier, d’aide à domicile et se rapprocher de cet homme âgé plus que ne l’a été Antoine. Mais ces deux là ont un lien particulier distant, froid marqué par la disparition de la mère d’Antoine, suite à une maladie quand il était encore enfant. Chacun va par petites touches dévoiler les reproches qu’il a à faire envers l’autre.
Telle une toile d’Alex, Sébastien Ministru peint ainsi sur cette toile, une histoire filiale au style pur, humain, sensible et raffiné en même temps avec pour trame de fond, un rapprochement entre ces deux générations et une tentative de rapprochement.
J’ai beaucoup aimé ce roman dont l’écriture est précise, concise et belle.. – Marie Heckmann
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Antoine et son père ont des relations distendues. Alors quand cet homme de 80 ans demande à son fils de lui apprendre à lire, parce que ses parents ne l’avaient envoyé à l’école enfant, Antoine a beaucoup de mal en entrer dans le rôle de précepteur.
Il s’y essaye un temps mais sans bien qu’il n’est pas celui qui permettra à son père de réaliser son rêve.
Il va faire appel à un jeune homme rencontré sur un site de rencontre pour jouer ce rôle.
Le vieil homme va bouleverser ses habitudes et faire une place dans sa vie à Ron.
Cette période d’apprentissage de va pas durer, Ron va disparaître, mais sera comme une parenthèse dans la vie de ces hommes.
Le thème m’avait beaucoup attiré, moi qui aime les histoires de transmission, celle ci, ascendante était originale. Mais j’en sors un peu déçue avec un gout d’inachevé. Dommage. – Emmanuelle Coutant
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Un roman touchant mettant en scène deux personnes qui, physiquement, se ressemblent, mais que tout oppose : un père de 80 ans passés, grincheux, émigré de Sardaigne, analphabète, et son fils Antoine, patron de presse, 60 ans, qui vit une relation devenue platonique au fil des années avec son conjoint. Les deux n’ont jamais vraiment réussi à communiquer, sans doute marqués irrémédiablement et douloureusement par la disparition prématurée de la maman d’Antoine, victime de son cœur défaillant, quand il était jeune, sous ses yeux.
Le père, féru d’actualités, souffre de son impossibilité de lire et écrire. Alors un jour, il demande à son fils de lui apprendre, une véritable gageure. Le début d’une communication en tous cas. Au hasard d’une rencontre, Antoine fait connaissance avec Ron, jeune homme de 25 ans qui souhaite devenir instituteur. Antoine va alors lui proposer de prendre le relai et d’enseigner à son père. Grâce à lui, le vieux monsieur un peu acariâtre va non seulement combler doucement sa blessure, son analphabétisme, mais il va surtout apprendre à communiquer à nouveau avec son fils. Au contact de Ron, Antoine évolue lui aussi et parvient même à voir son père sous un jour différent.
Sébastien Ministru parvient de son écriture fluide à transmettre une douce émotion au fur et à mesure du rapprochement du père et du fils. Un style sensible et empreint d’humour subtile qui a su m’emporter. Quand la lecture et l’écriture (re)créent un lien qui faisait cruellement défaut… – Julie Vasa
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Le premier roman de Sébastien Ministru m’a tenue sous un charme indicible. Rien de fulgurant, ni d’étincelant, mais quelque chose comme une gourmandise dans laquelle j’ai croqué avec délices et qui me laisse pour empreinte la vibration de la tendresse.
Un très vieux monsieur d’origine sarde et son fils, Antoine, le narrateur. Encore une histoire de relations familiales compliquées, me direz-vous ! Pas tout-à-fait, vous répondrai-je derechef. Car si effectivement l’amour et la communication ne semblent pas les caractéristiques les plus probantes de cette relation, si père et fils ne savent ni se parler, ni s’entendre, ni s’aimer, aucun des deux ne se laisse entamer par la rancoeur, ni l’amertume. Le vieux se monte hargneux et tranchant, alors que son fils sacrifie un peu de son temps pour gérer l’intendance, par devoir, par soumission, par convenance. Peut-être aussi en mémoire du père qui lui était plus proche dans son enfance ?
Difficilement, par saccades, des bribes de dialogue s’engagent lors des visites d’Antoine et c’est ainsi que le vieil analphabète demande à son fils de lui apprendre à lire et à écrire. Surprise et malaise d’Antoine face à ce qu’il considère comme une exigence capricieuse et impudique ! Mais les arguments du père sont imparables. « Peut-être que lire ça fait mourir moins vite » (p.33). Peut-être que s’il avait su lire, il aurait été un meilleur père. Et comment fera-t-il si jamais, « là-haut », il faut signer quelque chose pour accéder au paradis ?
Comment résister à l’obstination d’un vieil homme de 85 ans qui, soudainement, laisse renaître le petit berger sarde, frustré d’école et de mots, qu’il fut ?
Après les premières leçons données à contrecœur, Antoine fait appel à Ron, l’un de ses amants de passage, pour prendre la relève. Futur instituteur, le jeune homme devient insensiblement la courroie de transmission entre père et fils. Le vieillard apprend à déchiffrer les mots et leur agencement et ainsi à pénétrer tardivement dans le monde de son fils, alors qu’Antoine apprend son père et, ce-faisant, il peut décrypter peu à peu les pages de sa propre vie.
Le roman joue subtilement sur la double construction du verbe « apprendre » et sur les deux versants de la relation pédagogique qu’il suggère, elle-même liée à la notion de sujet et d’objet (j’apprends à lire – je t’apprends à lire). Ainsi les rôles de père et de fils sont sans cesse renversés, bousculés, comme si ce fameux apprentissage de la lecture procédait par multiples ricochets. L’écriture tour à tour légère, grave, ironique, donne beaucoup de rythme à la narration. Les personnages, en particulier Ron, gardent une certaine opacité jusqu’au dénouement malicieux, apaisé et mélancolique à la fois.
Oui j’ai décidément beaucoup, beaucoup aimé ce premier roman ! – Merlieux Lenchanteur
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« Apprendre à lire », c’est une histoire de transmission. Un vieil homme un peu rustre, un peu braque, demande à son fils, qui ne revient lui rendre visite que depuis peu de temps, de lui apprendre à lire. D’origine sarde, très tôt retiré de l’école par sa famille pour devenir berger, le vieil homme a traversé sa vie sans jamais pouvoir renouer avec l’apprentissage de la lecture. À l’heure des dernières années de sa vie, séparé de sa dernière compagne, seul et de plus en plus bourru, sa volonté d’apprendre à lire et à écrire passe d’abord pour une provocation auprès de son fils – journaliste de profession, il a toujours eu le sentiment que son père ne montrait aucun intérêt pour sa vie. Mais lorsqu’il comprend que la demande est sérieuse, et qu’il n’a d’autre choix que d’accepter cette « mission », leur relation prend peu à peu une autre tournure. La tentative est bien sûr un échec, car n’est pas professeur qui veut, surtout face à un élève de cette trempe. Il faudra une rencontre fortuite, et dans un tout autre contexte, du fils avec un autre professeur, un étudiant qui veut devenir enseignant, et toute sa patience et son dévouement, pour que le père réussisse à la fois à apprendre à lire et à écrire, et à se rapprocher de son fils. Car le nœud de l’histoire, c’est bien cela, un fils de près de cinquante ans qui redécouvre son père à la veille de sa mort. Un premier roman intéressant dans la thématique qu’il aborde, mais que j’aurais aimé plus approfondi sur le sujet de l’alphabétisation. La relation père/fils, qui finalement est au cœur du roman, est belle, mais j’attendais un peu plus sur le sujet porté par le titre en couverture. Une belle lecture malgré tout, touchante dans son ensemble, mais qui ne va pas assez loin de mon point de vue.- Amélie Muller
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J’ai plongé directement dans ce roman que j’ai lu comme une fiction. En deux soirs et avec intérêt. Au moment de transcrire ma chronique, le nom de l’auteur auquel je n’avais pas prêté attention, m’a sauté aux yeux et j’ai reconnu l’origine sarde. tiens, tiens…Renseignement pris, il s’agit bel et bien d’une biographie romancée. Mieux valait pour moi l’ignorer.J’étais plus réceptive.
J’ai ainsi “rencontré” le narrateur, homme de soixante ans, au sommet de sa carrière professionnelle, réputé intraitable, qui revient vers son père après une très longue séparation. Séparation qui s’explique par le caractère très difficile et coléreux du père, lequel caractère s’explique à son tour par la dureté de son enfance volée en Sardaigne, dans les années quarante. Aujourd’hui, les relations sont encore timides, hésitantes, sur le qui-vive. Le fait qui va bouleverser leurs existences est la demande du père d’apprendre à lire. On découvre son alphabétisme dont le fils ne s’était jamais soucié. Et l’incapacité dudit fils qui manque de patience et de pédagogie.
C’est là que le roman s’anime, avec l’intervention d’un tiers, un jeune homme particulier qui, par son charme et sa douceur réussira et apprivoisera le vieil homme bourru. La lente évolution, l’ouverture aux sentiments m’a touchée. Le fils s’ouvre, lui aussi, et le roman se termine en mode apaisé. – Mireille Hurard Lefustec
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Ils sont trois au cœur de ce roman : un père analphabète, un fils homosexuel et un jeune prostitué. Ce trio improbable, Sébastien Ministru le transforme en un intense mais fragile triangle relationnel le temps de son premier roman, Apprendre à lire.
Journaliste devenu patron de presse, Antoine s’est construit une vie tranquille avec son compagnon, Alex, et ne laisse que peu de divertissements rentrer dans son quotidien : il n’aime pas les voyages ni les restaurants. Il exècre les soirées mondaines où il doit faire acte de présence puisqu’il vit avec un artiste reconnu et les pots de Noël à la rédaction qui dérapent toujours entre collaborateurs à la recherche d’un coup d’un soir. Sa seule fantaisie, c’est de s’offrir trois ou quatre fois par an des relations tarifées avec des prostitués puisque, entre Alex et lui, la relation est devenue platonique.
Côté famille, il lui reste son père, avec lequel les relations ne sont pas simples. Le vieil homme, veuf, ne laisse pas facilement venir la confidence. Pourtant Antoine aurait des questions à lui poser, sur leurs histoires respectives, sur le passé proche ou lointain. Finalement, Antoine ne sait pas grand chose sur son père, si ce n’est qu’il est Sarde, n’est pas allé à l’école petit et a vécu quelques temps avec une ex-prostituée lorsqu’il s’est retrouvé veuf. En bon fils, il passe le voir chaque semaine, mais c’est plus pour l’intendance que pour échanger réellement avec ce vieillard qui passe sa journée devant la télé.
Et voilà qu’un jour, à plus de 80 ans, le père demande à son fils de lui apprendre à lire. Face à cet homme bourru qui avoue pudiquement sa faiblesse, Antoine est pris de court. Incapable de faire face à la tâche, il se tourne vers un jeune prostitué qu’il vient de rencontrer et qui suit des études pour devenir professeur tout en rêvant de rejoindre l’Australie.
Ron entre dans la vie des deux hommes et devient la pierre angulaire d’un trio qui n’avait aucune raison de se former. Au fur et à mesure qu’il apprend à lire et à écrire au vieil homme, il s’insinue dans la relation entre un père et son fils et retisse délicatement les liens qui s’étaient effilés au fil des silences, des non-dits et des regrets.
« Mais à quoi ça va te servir de savoir lire ? – A quoi ça va me servir ? Mais à lire. Peut-être que lire, ça fait mourir moins vite ».
Derrière le grand classique de la relation père-fils, Sébastien Ministru aborde une large palette de thèmes, certains en trame de fond (vieillesse, analphabétisme, immigration, homosexualité, prostitution, couple), d’autres en filigrane (rôle des médias dans la construction d’une vision du monde, délitement des liens sociaux, transmission de l’histoire familiale…). C’est donc une lecture riche, aux multiples niveaux de lecture, portée par un récit plein d’empathie et de tendresse.
Apprendre à lire m’a offert un point de vue que je n’avais pas encore croisé dans mes escapades littéraires : celui d’un homme, homosexuel, approchant la soixantaine et dont la carrière est déjà construite. Il en découle un regard sur la vie, le quotidien et les relations familiales bien différent du mien et que j’ai beaucoup apprécié. – Claire Sejournet
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Antoine est directeur de presse, 60 ans, en couple avec Alex depuis plusieurs années. On pourrait le dire heureux s’il ne vivait pas une relation compliquée avec son père. Ils ont perdu leur épouse et mère très tôt et ils ont eu beaucoup de mal à créer des liens de tendresse jusqu’à aujourd’hui. C’est au détour d’une banale conversation cependant que tout va basculer : ce père de 80 ans demande à son fils de lui apprendre à lire et à écrire ! Étonné et déstabilisé par cette demande, Antoine va alors découvrir toute la souffrance et la solitude avec lesquelles son père a grandi et pourquoi il peut parfois être aussi désagréable et colérique… Le premier roman de Sébastien Ministru m’a profondément émue. L’écriture tout en finesse et en pudeur ne nous cache pas la grande douleur de ce vieil homme et l’incompréhension de son entourage. Ne pas avoir eu la chance d’aller a l’école lui a comme volé son enfance, sa naïveté, sa dignité. Sans que personne ne s’en aperçoive, il a du se construire sur ce manque, sur cette colère et sur ce sentiment d’injustice. Il a lui aura fallu un immense courage pour avouer cette souffrance, et encore plus pour apprendre à lire et à écrire a son âge avancé. Les personnages qui gravitent autour de lui sont tout autant attendrissant et on ressent aussi leur blessure… Nous qui lisons, nous qui écrivons, n’avons pas toujours conscience du trésor qu’on a entre les mains… – Audrey Thion
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Apprendre à lire m’a touchée, dans son trio de personnages, d’abord.
Puis dans la place que prend le corps, ici :
– Le corps qu’on ne touche plus, qui ne s’émeut plus.
– Le corps à travers les âges, celui qu’on ne regarde plus, celui qui se perd, celui qui donne envie.
– Le corps, encore, dont on réalise qu’on ne se préoccupe que peu finalement ,comme un poids que l’on trainerait à vie, quelques soient les contextes.
Le corps du Vieux qui ne se meut plus, le corps du Fils qui, implacable, ne jouit plus de la vie qui l’entoure , ne sachant plus prendre l’amour de sa vie dans ses bras, le corps de l’amant qui se rêve, ailleurs.
Chacun cherche son corps, chacun cherche sa place, chacun cherche son cœur. – Anne Richard
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J’ai lu très vite ce petit et très agréable roman. Heureusement que je ne me suis pas arrêtée au bandeau ni lu la 4ème … ils sont très décevants par rapport au texte. Il y a beaucoup d’humilité, d’émotions et une très belle histoire entre un père et un fils, un inconnu et ce même père. La vieillesse, les ressentiment liés aux non dits, les interrogations tout est très bien décrit à travers cette très belle histoire. A tout âge on peut découvrir l’autre, ses failles, ses peurs et se découvrir aussi. Bravo Sébastien Minestru et MERCI !Frédérique Camps
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« Il arrive un moment dans l’existence où l’on sent que ce qu’on n’aurait jamais pu faire est la chose à faire » écrit Sébastien Minustri, à la moitié de son récit. Trop long pour le titre d’un livre, cette phrase en aurait cependant été l’illustration parfaite.

C’est certainement, et de manière inconsciente, ce sentiment qui va habiter ce père et ce fils, dans ce rendez vous de fin de vie. Ce père rustre, enfermé dans son chagrin et dans son incapacité à communiquer son amour et son admiration pour un fils brillant privé trop tôt de l’amour maternel, puis paternel. Deux êtres qui s’éloignent et qui sentent in extremis l’urgence de ce qu’il faut faire pour se retrouver. Le père demandant à son fils de le sortir d’un analphabétisme imposé et le fils cédant à cette demande. La mise en scène de ce scénario, en apparence un peu absurde de part le choix des protagonistes, très vite nous apparait finalement très juste et collant parfaitement à une certaine réalité. A l’image de l’évolution de la peinture d’Alex, compagnon du fils, nous évoluons rapidement d’une situation assez surréaliste vers quelque chose de très réaliste qui nous plonge au plus profond de l’âme de ces 4 hommes : le père, le fils, son compagnon et le prostitué, précepteur du père.

Une histoire singulière, des personnages attachants et un style mordant inscrivent déjà ce roman dans ma mémoire de lectrice. – Sophie Bernaert

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