Lucie ou la vocation – Maëlle Guillaud

Quelles peuvent être les motivations d’une jeune femme qui décide d’entrer dans les ordres de nos jours ? Que se passe-t-il une fois les lourdes portes refermées ? Ce sujet original en a surpris plus d’un, le traitement de l’auteure a fini de convaincre la plupart des lecteurs.

lucie-ou-la-vocation

« Maëlle Guillaud s’est emparée d’un sujet délicat et cible de nombreux fantasmes pour son premier roman. Elle nous invite, aux côtés de Lucie, à pousser la porte d’un couvent et entrer à l’intérieur d’une congrégation de sœurs. Pari risqué mais réussi, car nous sommes à la fois dans la tête de son héroïne, jeune fille en proie au doute, comme de nombreux adolescents en quête de sens à donner à leur vie, et observateur de ce lieu clôt. De la difficulté de faire le deuil de son père à la pression exercée par des études supérieures trop grandes pour elle, elle voit la religion comme une issue, un moyen de ralentir sa vie et de retrouver une forme de sérénité. Mais la vie derrière les murs du couvent est loin d’être aussi sereine et méditative qu’elle se l’imaginait, et l’atmosphère qui règne dans ce milieu de femmes est tout sauf ressourçante. Pressions, humiliations, personnalités broyées, Lucie subit cette vie et apprend à trouver dans les textes sacrés les réponses qui l’aideront à affronter la réalité. Alternant les visions de l’intérieur et de l’extérieur, grâce à la voix de Juliette, la meilleure amie de Lucie, qui ne comprend pas le choix de son amie, Maëlle Guillaud ne nous épargne rien et nous fait nous poser en même temps que son héroïne toutes les questions sur le choix, le non-choix, la vocation, les luttes pour le pouvoir, l’isolement, le renoncement de soi… Un premier roman glaçant qui interroge sur la religion, ses dérives et sa rudesse, autant que sur la quête d’identité et de sens. » – Amélie Muller

« Lucie ou la vocation est un roman qui se lit facilement et qui fait réfléchir. La dernière partie prend même des allures de thriller et on tourne les pages avec hâte jusqu’au dénouement. S’il n’avait pas fait partie de la sélection des 68 premières fois je ne serais sans doute pas allée vers un tel sujet mais je ne regrette pas ma découverte ! » – nous dit Echappées de Saxaoul sur son blog (lire le billet complet)

« Lucie est une jeune fille sage, qui a perdu son père dans la prime enfance et qui a toujours suivi le chemin tracé par son entourage. La voici en Khâgne, soumise à la pression des concours et à la rivalité avec ses camarades. Loin de son amie Juliette, partie à Sciences Po, elle souffre, elle doute.
Lucie a la foi, elle a fréquenté l’aumônerie du lycée, les JMJ et a séjourné à Taizé, Là-bas, elle sentait la présence de Dieu la soutenir, et elle découvrait la fraternité du partage. Guidée par une amie de classe, Mathilde, elle se réfugie peu à peu dans une communauté religieuse, où elle franchit toutes les étapes, depuis un séjour parmi les novices jusqu’à la prononciation de ses vœux éternels. Tour à tour Lucie fait le récit de sa progression dans la hiérarchie du couvent, alors que les mots de Juliette nous racontent la désintégration de son amie. Comment trouver la liberté dans l’enfermement ? Des trois vœux, pauvreté, chasteté, obéissance, c’est ce dernier qui est le plus pénible et compliqué pour Lucie. Elle se perd dans les méandres de la vie en communauté, avec ses mesquineries, ses jalousies, la cruauté et l’ambition de certaines, la lutte pour le pouvoir, les manipulations. Quel mystère, que celui de la vocation religieuse !
C’est avec la curiosité du découvreur que j’ai abordé ce livre, comme j’aurais dévoré un récit chez les papous de Nouvelle-Guinée. Par mon travail, je côtoie tous les jours des religieuses, mais je ne connais pas grand-chose de leur vie quotidienne, et encore moins celle des religieuses cloitrées. J’ai découvert un monde terrifiant, livré aux luttes intestines et donc terriblement humain, malgré l’omniprésence de Dieu. Au lieu de voir Lucie s’élever par sa foi, j’ai eu le sentiment qu’elle se perdait.
Malgré un sujet passionnant, je n’ai pas été complètement convaincue par ce roman. Le style n’a rien d’original et surtout j’ai trouvé que les personnages et leurs motivations n’étaient pas assez approfondis. L’analyse de leurs sentiments me semble peu fouillée, l’ambiance de la communauté n’est rendue que par les quelques mots « l’ambiance est tendue » Je pense que l’auteur aurait pu aller beaucoup plus loin dans sa réflexion. Ce livre est intéressant, mais je reste sur ma faim, un peu comme avec Brillante. » – Adèle Binks
« Ce roman m’a bouleversée mais aussi fortement questionnée. A quel point notre société, l’environnement étudiant et la pression ont-ils joué un rôle dans l’entrée dans les ordres de Lucie ? Dans quelle mesure a-t-elle été influencée par son amie Mathilde ? Pourquoi durant toute cette lecture, ai-je eu une si forte envie de dévier Lucie de son choix ? Et pourquoi ai-je été si dérangée par ce dernier ? Qui suis-je pour dire que cette vie dans les ordres est une vie sacrifiée ?
Un ouvrage qui suscite autant de réflexion, de questionnement et une telle plongée intérieure est forcément un roman réussi » .- Marie Laure Tournet
Et quelques chroniques publiées sur les blogs des lecteurs :
Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s