Lithium – Aurélien Gougaud

Une jeune femme, un jeune homme, à l’aube de leurs vies d’adultes, face à l’immensité du décor impersonnel que constitue la capitale. A sa façon, l’auteur capte quelque chose de l’air du temps avec ces deux êtres un peu perdus, qui font ce qu’ils peuvent.

lithium

« Le lithium est chimique et est utilisé pour soigner les troubles bipolaire (tiens, tiens !!) et est composé de deux isotopes ; Le « deux » est important dans ce livre, puisque nous allons suivre la vie de deux personnes, ELLE et LUI, pendant une semaine dans le Paris ultra contemporain et ultra connecté. Ce roman est polyphonique puisque les chapitres alternent le ressenti du personnage féminin et celui de l’homme, une sorte d’ado-adulte. Chacun est enfermé dans sa solitude urbaine et ses habitudes de vie : réveil en semaine, à la même heure, rituel du lever, rituel du parcours en métro vers le lien de travail (description très réaliste du quartier d’affaire de la Défense), rituel dans le monde du travail, que ce soit pour ELLE dans les matinales d’une radio ou dans un open space pour LUI. Chacun a ses manies pour aider à vivre et survivre dans leur vie un peu monotone : Elle décide de nettoyer son appartement car ces tâches ménagères et répétitives lui permettent de ne pas penser, ne pas trop penser et faire le point sur sa vie. IL et son co locataire ont un même rituel ménager, le samedi matin après des apéros du vendredi soir. On nettoie nos appartements pour essayer de faire aussi place nette dans nos esprits et nos questionnements sur la vie et le futur. Lithium est aussi une chanson de Nirvana, qui parle aussi de l’époque actuelle et du mal être des jeunes et j’ai pensé aussi à une chanson de Renan Luce « les voisines », chanson qui parlait de la vie des parisiens avec beaucoup de poésie. Car l’auteur décrit très bien la vie parisienne, on prend le métro avec les deux personnages, on déambule sur les trottoirs, le long des canaux, une bière à la main mais sans oublier de regarder régulièrement notre téléphone et nos notifications Facebook. Un roman dans l’air du temps par la description de nos vies mais aussi dans son écriture. Des rappels incessants de l’heure à laquelle les différents événements de la journée, mais cela rappelle que l’on ait perpétuellement connecté et que l’on courre incessamment après le temps. Un roman plaisant dans sa lecture et qui est un véritable miroir de notre société. Car je viens de m’apercevoir que dans ma chronique j’ai ressenti des sentiments que je peux vivre dans ma vie actuelle. Une des premières lectures de cette rentrée littéraire qui a été un plaisir de lecture. » – Catherine Airaud (article publié sur Libfly)

« Une analyse de la génération Y, cynique autant que désenchantée » pour Henri-Charles dont vous pouvez lire le billet entier ici.

« Il et elle, elle et lui. Une semaine de la vie de deux jeunes adultes. Elle a 23 ans, travaille pour une radio, écrit des chroniques dites par d’autres. Lui, vient de finir ses études et s’ingénie, sans grande conviction, à arnaquer des petits vieux en leur vendant des biens dont ils n’ont nul besoin à des tarifs prohibitifs. Le premier roman d’Aurélien Gougaud, ″Lithium, raconte, alternativement, les déboires de ces deux héros, des jeunes d’aujourd’hui perdus dans leur vie, visiblement sans illusion.
Dès le premier chapitre, le ton est donné. Elle ″Sa relation aux hommes est à l’image de sa manière de manger : le goût des bonnes choses mais la flemme de prendre le temps pour. Du coup elle mange des McDo, des sushis, des pizzas. Du coup elle a des plans cul, des rêves, des MST.″ Cette phrase résume bien, de mon point de vue, le roman. Un récit dans lequel l’auteur dépeint, avec justesse, une jeunesse un peu désabusée, recherchant dans des plaisirs illicites un semblant de vie meilleure, refusant de prendre des décisions, attendant le lendemain, si jamais… C’est sombre et désenchanté et pourtant…
Pourtant, même si ce n’est pas un coup de cœur, j’ai aimé cette histoire. J’ai aimé l’écriture d’Aurélien Gougaud, plutôt proche de l’oral, cette écriture dynamique, faite de phrases constamment interrompues, mais aussi de jolies descriptions de Paris, pour finir en un l’épilogue, sorte d’inventaire à la Prévert, une ouverture sur l’avenir . L’auteur a l’art de traduire les états d’âmes, les déceptions, les espoirs cachés sous une certaine indifférence. Sans doute, parce qu’il a l’âge de ses personnages, connaît-il bien leurs ressentis, leurs aspirations, leur façon d’aimer sans vouloir le montrer. C’est une belle étude de la société, de la vie des trentenaires qui semblent se chercher.
Et puis, au final, Elle et Lui, c’est une belle rencontre » – Geneviève Munier
« Ils sont très jeunes, elle a 23 ans, lui trente à peine. Ils ne connaissent rien à la vie, ils ont la très légère stupidité de la jeunesse qui croit savoir, et la certitude de vouloir un avenir différent de leurs parents.
En apparence deux coquilles vides, désenchantés plus que cyniques. Leur quotidien, ce sont les sorties en boite, le binge drinking, les joints, les plans-culs et les amours tièdes. C’est aussi un travail dévalorisant, qui les abîme chaque jour un peu plus.
Sept jours racontés alternativement par Elle et Lui, avec froideur, détachement, tous deux comme anesthésiés. L’intolérance à la frustration se mêle à une insensibilité feinte. Sortiront-ils de leur chrysalide pour devenir papillon ?
J’ai bien aimé ce livre, qui me parait refléter le désarroi d’une partie de la jeunesse et .interroge sur ses difficultés à se projeter dans un futur incertain et effrayant. Le style est contemporain, rendu vivant grâce à beaucoup de dialogues. Une lecture non dénuée d’intérêt, sans être un coup de cœur. » – Adèle Binks
Et quelques chroniques publiées sur les blogs des lecteurs :
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