Avant que naisse la forêt – Jérôme Chantreau

Sélectionné pour le prix du style, ce premier roman à l’atmosphère étrange et envoûtante en a déstabilisé plus d’un, parfois étonnés de se laisser happer, parfois lassés de ce décor sylvestre. Des avis qui se rejoignent sur deux points : la qualité de l’écriture et l’originalité du sujet.

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« Le roman laisse alors la part belle au fantasmagorique et entraîne le lecteur dans un univers étrange. Je me suis demandée souvent où tout cela allait m’emmener… » nous dit Saxaoul (lire le billet complet)

« A nouveau, un beau moment de lecture dans le cadre de ce challenge de premiers romans. Et de plus, un livre que je n’aurais pas eu l’occasion de lire sans ce groupe d’addicts. Le narrateur vient d’apprendre le décès de sa mère et rejoint la vieille maison-château de la famille en Mayenne, maison entourée d’une belle et étrange forêt. Il va être chargé par la famille, en particulier, sa sœur et sa femme, de s’occuper des obsèques. Après une incinération, il convient de choisir une musique pour une cérémonie plus « publique ». Avec l’urne de sa mère, le voici qui s’installe dans cette étrange demeure où les souvenirs de la famille vont jaillir. On va en apprendre un peu plus sur cette famille et il va aussi découvrir la vie en forêt. Cette forêt qui appartient à la famille et où d’étranges êtres vivraient : il y aurait un ermite, encore des chevreuils et quelquefois des villageois qui viennent pique niquer. Je ne suis pas une adepte de la campagne et même je serais plutôt une citadine convaincue. Mais je me suis laissée porter par la recherche et introspection de cet homme, qui navigue dans ses souvenirs, ceux de sa famille et découvre les mystères de la forêt avec des mythes et légendes. Une écriture simple et poétique nous transporte avec lui dans les méandres de sa maison-château et dans les sous bois de sa forêt » – Catherine Airaud (article publié sur Libfly)

« Une écriture charnelle, qui transpire l’amour de la nature et s’attache à transmettre les couleurs, les sons, les parfums et les sensations. Aussi convaincante dans les tableaux sauvages que dans les jaillissements des images de l’enfance. Pour cela on lui pardonne quelques longueurs et effets répétitifs qui n’entravent en rien le plaisir à se laisser emporter au fond de cette forêt pour en ressentir toute la puissance.
Un très joli moment de lecture, entre magie et sensualité, beauté et sauvagerie. » nous dit Nicole sur son blog (lire le billet complet)

« Voilà un roman bien étrange et véritablement déroutant. « Avant que naisse la forêt » de Jérôme Chantreau a réussi à m’envouter tout en me déstabilisant gravement.
Alfred a la quarantaine. Il habite la région parisienne avec femme et fille. Il vient de perdre sa mère et se rend en Mayenne, dans la maison de cette dernière, perdue dans les bois. Il y reste seul pour préparer les obsèques. Aller plus avant dans la présentation serait enlever tout attrait au récit. Il faut absolument se laisser engloutir dans la vie d’Alfred, le suivre pas à pas, savourer – redouter ? – sa nouvelle vie, en tous les cas l’écouter.

L’histoire est luxuriante, faite de mille et une anecdotes, de secrets, de souvenirs, de mises en abîme. C’est un travail de deuil hors du commun auquel nous assistons. Tel le fœtus dans le ventre de sa mère, le narrateur se replie dans celui de sa maison, en écoute les bruits, les chansons qui s’élèvent, les voix qui se font entendre. A la lisière du réel, de l’ésotérisme, de l’onirisme, de l’hallucination, le texte m’a emportée très loin. Bien souvent, tel un enfant qui se cache les yeux de ses mains devant un film d’horreur, j’ai eu du mal à franchir la page à la fois attirée par la suite et terrorisée à l’idée de ce que j’allais y découvrir. Petit à petit, Alfred perd la notion du temps. La forêt, les arbres qu’il enlace, les êtres qui la peuplent, remplacent la civilisation, sa famille et ses proches. Petit à petit il s’éloigne de la réalité pour s’en confectionner une différente, la sienne.

L’écriture est magnifique, brillante, précise, travaillée. J’imaginais l’auteur tête penchée, langue tirée, ordonnant de petites étiquettes de mots de la plus belle manière, comme les élèves s’y appliquent au cours préparatoire. Les chapitres courts nous obligent à avaler les lignes, malgré la lenteur imposée par certaines phrases ondulantes qui nous parlent des arbres, des oiseaux, de leurs chants. Et même si des longueurs auraient pu être évitées, je me suis laissée entraîner.
Sans doute parce que ma mère n’est plus là depuis peu de temps, sans doute parce que, si je n’ai pas vécu dans une forêt, je l’ai parcourue maintes fois aux côtés de mon grand-père quand il partait « cuber » les arbres, peut-être parce que, si je ne suis pas originaire de la Mayenne, j’en étais frontalière et surtout parce que je dois bientôt, comme le narrateur, retourner dans la maison de mon enfance, ce roman a résonné en moi douloureusement. Il me laisse à la fois désemparée et au bord des larmes, mais pleine d’admiration pour le talent de l’écrivain, capable de faire naître de telles émotions. » – Geneviève Munier

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