L’Appel – Fanny Wallendorf

“ Richard perfectionne ses foulées, et en poursuivant sa route, il comprend soudain que ce qu’il trouve dans la course, ce qu’il rejoint, c’est le silence, un silence unique et impartageable, le silence du sport, qui l’isole sans peine de tout ce qui l’entoure, un silence jouissif qui règne en maître avant de le déserter brutalement. “

L appel

Quand j’ai lu la 4eme de couverture, je n’ai pas ressenti d’ « appel » irrésistible.
Mais je me suis dit, allez, pas de préjugés, prends ton appel et vas y .
Hé bien je n’ai pas été déçue. Une vraie découverte, je n’ai pas pu le lâcher avant la fin.
C’est le premier roman de Fanny Wallendorf, traductrice, et, pour un coup d’essai, c’est un coup de maître.
J’ai été immédiatement accrochée par cette histoire qui est celle, romancée de Fosbury et de son fameux saut en hauteur sur le dos.
Le titre est à double sens , il s’agit bien sur de l’appel du pied qui initie le saut , mais il s’agit en fait surtout de l’Appel irrésistible d’une vocation que nous raconte le livre.
Richard est un adolescent de Portland plutôt secret, grand, maigre, dégingandé, dont la morphologie paraît d’emblée adaptée à la pratique du saut en hauteur.
Mais il stagne désespérément, son entraîneur a beau s’acharner, le conseiller, rien à faire, ça n’avance pas.
Jusqu’au jour où  » ….avant d’entamer les 3 dernières foulées en suivant la courbe imaginaire……..il passe la barre sur le dos « 
Richard est un artiste, un vrai, dans le sens où il est un créateur. Et, comme tous les créateurs, il va se battre pour imposer sa technique qui,au début, va susciter de l’admiration certes, mais aussi des moqueries, des refus, et même un refus d’homologation. Tout le monde connait la fin heureuse de cette aventure qui va trouver son apogée en or ,aux jeux olympiques de Mexico, en 1968.
C’est le récit d’une passion, l’aventure d’un homme libre qui va s’affranchir de tous les diktats pour réaliser son rêve.
J’ai été prise par l’histoire, j’ai lutté avec lui, j’ai eu peur avec lui, j’avais le cœur qui battait avant chaque saut et j’ai retenu mon souffle à chaque fois qu’il passait la barre .
En lisant, j’ai pensé à Maylis de Kerangal , comme elle l’auteur a dû beaucoup se documenter pour parler en connaissance de cause de la technique sportive du saut en hauteur, de l’état d’esprit des athlètes. Il faut voir comme elle décrit l’état de concentration quasi mystique qui doit précéder le saut pour assurer sa réussite. Et j’ai pensé à Billy Elliot, pour ce qui est de la volonté de vaincre tous les obstacles pour réaliser sa passion. Au dernier paragraphe du livre, j’ai revu la si belle scène finale du film, pour moi c’est quasiment le double littéraire de cette scène.
J’espère vous avoir donné envie de lire ce livre que je vous recommande chaudement.- Monique Poncet-Montange

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Depuis ses dix ans, Richard fait du saut en hauteur. Comme il ne progresse plus alors qu’il « efface » 1,62m, il envisage de changer de sport. Mais rien ne lui convient.Il découvre alors une pratique proche de la méditation pour arriver à une sorte d’état modifié de conscience, les yeux fixés sur le miroir, les muscles bandés, puis s’échappant de plus en plus de son environnement. La concentration extrême et l’entraînement secret sur un vieux stade désaffecté vont le pousser au dépassement de soi : il va inventer un nouveau type de saut, le saut dorsal qui lui ouvrira les voies du succès.
Ainsi résumée – et romancée – est racontée l’histoire véridique de Dick Fosbury, champion olympique de saut en hauteur avec 2,24m en 1968 à Mexico . L’auteure étoffe son roman en y dépeignant un contexte universitaire exigeant et très vivant, des réactions jalouses et idiotes devant une nouvelle pratique du saut, la découverte de l’amour et de la sexualité, une famille aimante et exigeante, une vie d’ado hors norme dans son Oregon natal entre Portland et l’université de Corvallis au bord de la rivière Williamette, douce comme « un serpent endormi ». Et la hantise d’être appelé sous les drapeaux pour partir au Vietnam…
Je n’aurais pas pensé m’intéresser autant à un domaine qui m’échappe passablement, celui du sport dans et par les universités américaines. Mais il y a dans ce livre une approche du sport par le dépassement de soi, l’exigence, la souffrance, totalement applicable à tous les domaines de la recherche d’excellence. Il y a aussi la superbe expérience du bonheur du corps dans l’effort, la joie immense, profonde, quasi sensuelle à faire jouer ses muscles et son cerveau. Le personnage de Richard est parfaitement crédible, attachant, impressionnant. Le contexte (fac, parents, coaching, milieu sportif) est également tout à fait intéressant.
Une belle découverte, un premier roman prometteur. – Evelyne Grandigneaux
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Avec L’Appel, j’ai eu le sentiment de toucher l’essence de la performance sportive : l’introspection où le corps n’est plus que conscience et infini, les limites ont sauté, le corps fait partie d’un grand tout relié aux autres, au lieu, au monde, à l’univers. Chaque pulsation qu’émet le cœur de Richard, l’athlète, a résonné comme un appel à se mouvoir, un appel à faire circuler le sang dans mes muscles, un appel à laisser le corps s’effacer et faire place au schéma corporel, comme réalité vécue. Tout au long du récit, le corps franchit des limites ; l’esprit, lui semble illimité. L’Appel donne de l’élan, de la hauteur et de la distance sur les stéréotypes et l’ultra-normalité, à travers le parcours atypique du personnage principal. Je me suis attachée à ses expérimentations, ses rituels, ses exploits. Cela fait écho à nos propres tentatives d’existence, notre parcours pour légitimer sa pensée, enfant, adolescent, puis jeune adulte. L’Appel est un appel à respirer, à vivre et à créer, coûte que coûte.- Anne Richard
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Qui aurait cru que Richard décrocherait un jour une médaille aux JO ?? Certainement pas ses entraîneurs, qui lui ont même conseillé de changer de discipline… Alors qu’il ne dépassait pas les 1,62 au saut en hauteur, ce garçon hors du commun va faire de son rêve une réalité…
C’est une fois encore grâce aux 68 premières fois que j’ai fait la rencontre d’une auteur, d’une écriture et d’un personnage tellement attachant… Ce roman n’est pas la biographie romancée de Dick Fosbury… Il est tellement plus…
C’est à la fois l’histoire d’un adolescent un peu rêveur, qui vit depuis toujours avec le sport comme quotidien. C’est aussi le chemin d’un jeune homme qui cherche à comprendre le mouvement qui le portera au-delà de ce que peuvent dire les gens qui l’entourent. C’est enfin la foi et le dépassement de soi d’un homme simple et persévérant…
Bien plus qu’un roman sur le saut en hauteur ou sur la vie de Richard Fosbury, le livre de Fanny Wallendorf est la puissance de nos croyances mise en mots… – Audrey Lire&Vous
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350 pages sur le saut en hauteur!
Très vite arrivée à la page 80 je commençais à me demander ce que j’allais apprendre de nouveau sur ce thème puisque de toutes façons j’avais compris que le jeune Richard de Fanny Wallendorf (qui emprunte beaucoup au véritable champion olympique Dick Fosbury) allait finir aux J.O. Mais l’écriture étant agréable j’ai continué. Page 150, toujours le même sujet. Contrairement à mes habitudes je suis allée voir les commentaires des 68. Tous bons! J’ai donc continué ma lecture et quelques heures plus tard j’y étais aux J.O. J’étais arrivée à la dernière page et j’aurais aimé continuer avec Richard. C’est que je m’y étais attachée et que son lent processus pour arriver à l’excellence m’avait touché.
Ce roman aurait pu compter 50 pages de moins mais certaines répétitions de l’auteur permettent de mieux comprendre les continuels efforts, l’endurance, la monomanie qu’il faut pour arriver au sommet de son art. Et quelle bonne idée de créer de toute pièce un personnage au lieu de romancer la vie du véritable champion.
J’aimerais beaucoup une suite. Ce n’est pas facile de retourner à une vie normale quand on a tout donner pour le sport, Ludovic Ninet nous en parlait bien avec son perchiste dans La Fille du Van  – Françoise Floride-Gentil
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Portland, 1957. Richard, 14 ans, pratique le saut en hauteur, mais ne parvient pas à dépasser 1,62 mètres, au grand dam de son entraîneur. Pourtant, il ne cesse de courir, de parfaire sa courbe avant le saut, dans un stade désaffecté promis à la démolition. Un jour, il cède à une envie instinctive et passe la barre en la prenant de dos. Ça marche. Sa technique, que tout le monde tient pour peu orthodoxe, ne convainc pas immédiatement son entraîneur. Cependant, Richard va l’améliorer, malgré les critiques et les quolibets, et l’utiliser lors des championnats, malgré le risque d’être disqualifié. Peu-à-peu, il prend de la hauteur, « efface » 1,92 mètres, puis 1,97 mètres, et finit par franchir les deux mètres…
L’appel, c’est l’histoire de celui qui a donné son nom à la technique qui a révolutionné ce sport. A mon adolescence, nous apprenions le saut en hauteur « en Fosbury », que j’entendais comme « fosse Bury », sans rien savoir de son origine, et ignorant la polémique que son inventeur avait engendrée. Le roman rend hommage à son créateur, capable de prouesses grâce à une faculté de concentration qu’il a mise au point, qui le met dans un état proche de la transe, et le rend capable de tels exploits. C’est aussi le portrait d’une jeunesse américaine des années 60, qui se révolte à l’idée d’aller crever dans la jungle du Vietnam. Fanny Wallendorf s’est, dit-elle dans sa courte préface, inspirée d’une photo du champion et de quelques faits réels relatés par la presse ; elle s’est pour le reste fiée à son imagination pour donner vie à un personnage à la fois réel et fictif, et relater l’ascension du sportif jusqu’aux JO et son rôle déterminant dans la pratique du saut en hauteur. C’est réussi. – Emmanuelle Bastien
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Ce joli roman d’apprentissage prend de très jolis détours pour suivre, de vestiaires en stades, ce jeune homme timide et attachant, au corps chétif et à la haute taille, avec son style inédit, son amour de la Nature, son sérieux, ses doutes…
L’auteure montre bien que tou.te.s concourent à faire de lui ce qu’il est, que ce soit en l’accompagnant (sa famille, son amoureuse…) ou en s’opposant à lui (ses entraîneurs…).
Dans ce milieu du sport où la recherche du record prime et où il s’agit de faire mieux que ses rivaux (voire de les tuer métaphoriquement), personne ne comprend ce que cet athlète tente de faire, personne ne comprend qu’il ne met pas son ambition au service des seules performances mais qu’il s’accomplit par ce qu’il sent vivre au plus profond de lui. Personne ne peut imaginer que ce qui l’anime est une philosophie de vie, proche de la pleine conscience.
Or c’est bien sa capacité de concentration et sa volonté d’aligner ses valeurs avec son environnement qui lui permettent de s’élever plus haut que les autres, dans un geste sportif quasiment extraterrestre et totalement inédit. C’est là que réside son pouvoir…
J’ai lu ce livre comme une incitation à réfléchir, à prouver que la nouveauté et l’innovation ne sont pas systématiquement synonymes de dangers et d’échecs : il faudrait le faire lire aux tenant.e.s de l’orthodoxie éducative et sportive, parents et enseignants, et à tous celles-ceux qui n’envisagent qu’une manière d’aborder les apprentissages.
C’est également une peinture subtile, documentée sans jamais être démonstrative, de l’Amérique des années 60, sûre de sa puissance, rattrapée et déstabilisée par les convulsions de la guerre du Vietnam.
Et il faut bien sûr revoir sur You tube le saut de Fosbury aux JO de Mexico en 1968, celui qui le propulsa dans l’histoire du sport. – Marianne Le Roux-Briet
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Il faut beaucoup de finesse et de doigté pour incorporer l’histoire d’un adolescent, dans la grande histoire du monde, surtout quand c’est une célébrité. Il faut du temps et du travail pour que ce jeune homme assouvisse sa passion : le saut en hauteur. La réussite d’un saut dépend de l’élan, de l’impulsion, de la technique répétée inlassablement et de l’harmonie intérieure de l’athlète.
« Il n’était pas allé au bout de ses recherches. Il n’a jamais lâché, il a l’esprit sportif. Il lutte, il s’accroche, avec une espèce de… naïveté. »
L’appel est un roman sur l’enfance et l’insolence.
Il s’appelle Richard, il est Dick Fosbury et deviendra champion olympique en 1968. Fanny Wallendorf, nous raconte avec délicatesse la démarche intellectuelle d’un sportif, comment il se réalise dans sa vocation. La simplicité de l’écriture contraste avec l’exigence du sport. Il faut posséder beaucoup de force, de talent et d’harmonie pour imaginer une telle histoire et nous la raconter.
L’appel, vous ne regarderez pas la prochaine compétition télévisuelle de saut en hauteur de la même manière : vous rechercherez, sur les visages, l’intensité de la concentration nécessaire. – Renaud Blunat
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Ceux qui me suivent régulièrement savent que lorsque l’on parle de sport, et plus particulièrement d’athlétisme, je ne peux m’empêcher d’évoquer mon expérience durant ces années à peine moins éloignées que celles dont il sera question dans ce splendide roman. Je me souviens que dans les trois disciplines principales de l’athlétisme, courir, sauter, lancer il y avait les excentriques. Les lanceurs de marteau, à la fois par leur morphologie et en raison de la cage dans laquelle ils évoluaient, les sauteurs à la perche qui partaient faire le funambule à des hauteurs risquées et les coureurs de steeple – dont je faisais partie – qui affrontaient barrières et rivière durant leur tour de piste. Rapidement les sauteurs en hauteur sont venus rejoindre ces «marginaux», non pas parce qu’ils étaient grands et sveltes, mais parce qu’ils sautaient d’une manière particulière, en Fosbury-flop.
Voilà qui nous ramène à Richard, le personnage imaginé par Fanny Wallendorf et qui s’inspire de l’athlète américain Dick Fosbury, à l’origine de cette révolution dans le monde très codifié de cette discipline olympique. Si la fin de l’histoire est connue, le titre olympique obtenu en 1968 à Mexico, tout le talent de la primo-romancière vient de la manière dont elle mêle les faits biographiques avec l’interprétation du parcours qui a conduit l’adolescent à la gloire.
Rassurons en effet ceux que la littérature sportive ne passionne pas. Nous sommes ici loin du traité technique et bien davantage dans un roman d’initiation. Aux tourments du jeune adolescent mal à l’aise avec un corps qui a poussé trop vite, viennent s’ajouter des études poussives. La première qui va croire en lui et l’encourager s’appelle Beckie. Avec elle, il va découvrir l’amour et trouver la motivation nécessaire pour dépasser les 1,60 m qui semblaient être sa limite naturelle. Car désormais il s’amuse avec le sautoir, essaie des choses, tente d’apprivoiser cette barre et découvre que s’il engage d’abord son dos, il peut monter plus haut.
Le jour où il présente ce saut peu orthodoxe, c’est le tollé général. Les entraîneurs entendent que l’on respecte le style traditionnel et les adversaires demandent que l’on disqualifie cet original. Même si rien dans les règlements ne stipule qu’il ne peut franchir la barre comme il le fait, le combat va être terrible pour faire accepter cette variante. Non seulement, on voudra le ramener dans le droit chemin, mais on lui suggèrera de changer de discipline, de se mettre aux haies ou au saut en longueur.
Fanny Wallendorf montre alors combien Richard est habité, comment il a la conviction que sa nouvelle technique peut le faire progresser. Après tout, il ne demande guère plus que d’essayer. Même les premiers succès et son arrivée dans l’équipe d’athlétisme de l’université ne parviendront pas à vaincre les réticences de son nouvel entraineur. D’autant que la presse s’empare aussi du sujet et décrit avec des métaphores peu glorieuses cette course d’élan bizarre suivie d’un saut encore incompréhensible.
Il faudra encore beaucoup de volonté et d’énergie pour faire taire les sceptiques, la famille, les autorités sportives, le grand public. Et entrer dans la légende du sport en imposant une technique qui a depuis fait l’unanimité dans le monde entier. – Henri-Charles Dahlem
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Quand j’ai vu la quatrième de couverture j’ai eu un peu peur en voyant le thème, tant de pages sur le sport qui n’est pas un de mes sujets préférés. Mais j’ai joué le jeu, ouvert le livre et suis tombée dedans.
Richard est un jeune adolescent de Portland qui très tôt apprend à se concentrer. Vu sa grande taille, on le dirige vers le saut en hauteur mais il ne réussit pas à dépasser 1,62 m en ciseau, il essaiera le rouleau mais là encore échouera sans jamais se décourager. A force de travail et de concentration, il mettra au point seul une nouvelle technique le saut dorsal ou saut Foxbury (son nom). Il a dû se battre pour imposer cette méthode souvent contestée en compétition mais qui l’emmènera jusqu’à la médaille d’or aux Jeux Olympiques de Mexico en 1968. Ce qui est intéressant dans la personnalité de Richard c’est qu’il n’est pas compétiteur, on sent qu’il se bat avant tout contre lui même pour progresser et se surpasser.
Le livre refermé, je me suis précipitée sur internet pour découvrir la véritable vie de Richard Fosbury et me rendre compte que l’auteur l’avait fidèlement respectée.
Un excellent premier roman que j’ai beaucoup aimé. – Michèle Letellier
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Je ne suis pas très sportive mais je ne suis aucunement réfractaire aux livres qui sont écrits sur ce thème. Je pense notamment au roman de Laurent Seyer Les poteaux étaient carrés, mais aussi Ta vie ou la mienne de Guillaume Para, et plus récemment L’odeur de chlore de Irma Pelatan, trois romans que j’ai découverts grâce au groupe des 68 premières fois.
L’idée de lire un roman bâti à partir de quelques bribes de la biographie d’un athlète m’intéressait. Surtout celle de quelqu’un qui a totalement révolutionné sa pratique en inventant une nouvelle technique, en l’occurrence le champion Richard Douglas Fosbury, célèbre pour avoir popularisé et perfectionné le saut en rouleau dorsal (appelé également le « fosbury-flop » que même moi, peu sportive, je connais), avec lequel il a remporté le titre olympique en 1968 à Mexico.
Je crois que le sport intéresse encore moins Fanny Wallendorf puisqu’elle a déclaré que tout était parti d’une photo de l’athlète témoignant sa concentration avant le saut. « J’ai voulu écrire la naissance et le déploiement d’une vocation, cet appel intime qui donne forme à un parcours et à une œuvre, qu’elle soit artistique ou sportive – le sport, comme la création, nécessite d’atteindre des états singuliers, et promet aventures, batailles et enchantements. » Elle a intentionnellement écarté les biographies du champion de manière à écrire (inventer ?) un texte sur celui auquel elle donne malgré tout la même identité, les mêmes compétitions, les mêmes records, et bien sûr la même invention.

Vous aurez deviné que je suis restée sur le bord de la piste. Et pourtant je n’ai aucun reproche à faire à l’écriture de Fanny Wallendorf, si ce n’est la longueur du récit … un comble s’agissant de relater l’histoire d’un spécialiste du saut en hauteur. Par longueur je veux dire que l’histoire m’a parue étirée, m’empêchant d’entrer dedans. Les personnages sont lisses alors qu’il me semble qu’il y avait matière à davantage d’aspérités.

L’auteure respecte dans les grandes lignes la biographie de Fosbury, émaillée par les compétitions auxquelles il s’est rendu, et bien entendu sa victoire aux Jeux Olympiques de Mexico, avec un record de 2, 24 mètres. Mais Fanny Wallendorf a surtout voulu restaurer ce qu’elle imagine être le chemin qui a conduit l’athlète à parvenir à une telle maitrise de son corps qu’il invente ce nouveau type de saut, presque malgré lui dirait-on, après avoir « stagné » pendant quatre ans à une performance « n’effaçant » pas plus que 1, 62 mètre.

At-il vraiment visé pour la symbolique du 3 fois 2 le record de 2, 22 mètres qu’il aurait « préféré » à 2, 24 ? C’est peut-être un détail pour vous mais les motivations des artistes (je considère ce champion aussi comme tel) me passionnent et ce roman est très dérangeant pour moi qui aime l’authenticité. La genèse de cette invention m’a intéressée et bien entendu je reste « sur ma faim » … sur ce point et aussi sur ce moment particulier vécu à Mexico car l’auteure ne s’appesantit pas sur ce qui peut sembler périphérique et que j’aurais aimé lire, puisque je connais ce pays.

A-t-il reçu sa force du dieu du soleil au sommet de la pyramide de Téotihuacan (on peut logiquement croire qu’il y soit monté) ? Courait-il avec de véritables sandales inspirées des huaraches de l’époque précolombienne (récemment une grande marque de chaussures de course a donné ce nom à un de leurs modèles) ? Peut-être puisque les habitants de l’Etat de Chihuahua sont encore aujourd’hui capables de gagner des ultras marathons avec des « chaussures » découpées dans des pneus.

Je ne pensais pas que la vie de ce champion soit aussi intéressante à découvrir … à ceci près qu’il s’agit d’une oeuvre de pure fiction. Je me demande -évidemment- ce que cet athlète américain (qui est toujours vivant) aura pensé du roman … de la même façon que je fus curieuse d’apprendre combien Aimé Jacquet apprécia le spectacle de Léa Girardet, le Syndrome du banc de touche qui sera repris cet été au festival d’Avignon. – Marie-Claire Poirier

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Voila une très belle surprise, contre toute attente ! J’avais vaguement entendu parler de Dick Fosbury, de son saut spécial, de son exploit aux JO de Mexico, mon fils en avait fait un podcast que j’avais, je l’avoue, écouté d’une oreille ….
Et bien, c’est cela la magie des premiers romans des 68 , des sacrées découvertes.
Ce roman est délicieux, on s’attache au début à Richard adolescent dégingandé, pas spécialement brillant mais pas compliqué et positif, puis on poursuit le roman pour sa transformation, son esprit sain et ses valeurs, et on termine enthousiasmé par ses exploits ! Un réel plaisir de lecture , un talent prometteur . – Anne-Claire Guisard
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1957. Portland. Oregon. Etats-Unis.
Richard est un jeune garçon, plutôt chétif. Son père l’inscrit au saut en hauteur dans son école. Histoire de développer un peu sa musculature. Richard est surtout un garçon très réfléchi, introverti. Pas forcément passionné par la discipline. Mais au fil du temps, il va apprendre à aimer la course, la recherche du geste parfait, la concentration extrême que requiert le saut.
Richard, c’est en réalité Richard « Dick » Fosbury, inventeur de la technique du même nom. L’appel, c’est à la fois l’impulsion du saut et l’appel intérieur que Richard ressent. Cette confiance tranquille qui lui permet de traverser les moqueries, les réticences, les incompréhensions de ses camarades de classe, de ses entraîneurs et des journalistes.
Le sport comme un art, élevé au rang de nécessité vitale. Certes, l’introspection poussée à l’extrême occasionne quelques longueurs dans le texte. Mais la menace de la guerre du Vietnam -cet autre appel suspendu-, l’urgence du saut, cette tension tout au long du récit et cet entêtement viscéral de Richard à sauter sur le dos nous tiennent.
L’appel est un beau premier roman sur la confiance en soi, l’urgence vitale de faire et laisser dire.
Fanny Wallendorf aurait pu avoir cette confiance en elle. Il était inutile de préciser en préambule ce qu’elle souhaitait écrire. Elle y est parvenue.
Faire et laisser dire. – Céline Bret
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Mon processus de lecture depuis le début des 68 premières fois a été de commencer chaque livre sans en lire la 4èmede couverture. Les commencer et puis si je suis intriguée lire cette fameuse 4èmede couverture. En commençant ce livre, la curiosité m’a poussée à lire cette page et je dois dire que je ne pensais pas apprécier cette lecture, mais comme pour chaque livre, je laisse le bénéfice du doute… et je n’ai pas été déçue.
Richard, nous transmet sa passion sans nul autre. Un sport si peu connu (en comparaison au football, tennis, natation ou autre) et pourtant sa maitrise de sa personne, de sa pratique nous emporte totalement et on se prend à ne plus lâcher le livre et à être dans les gradins à l’encourager dans toutes les étapes le menant au grand saut.
Ce livre raconte si bien la vraie passion de Richard pour sa discipline, sans arrières pensées, son souhait le plus cher étant avant tout de se surpasser et de connaître son corps et son esprit en action durant sa performance.
Ce livre est également un roman d’apprentissage qui nous fait grandir avec Richard jusqu’à son apothéose.
Très belle lecture, l’autrice aura réussi à me happer dans un univers qui à première vue ne m’attirait pas du tout. – Ana Pires
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D’un calme olympien, l’Appel de Fanny Wallendorf est un premier roman réussi. Cet hymne au sport se lit comme l’attente d’un exploit qui va advenir. Il n’y a pas cette fougue battante qui enclenche l’oraison de la gloire. Le rythme est stable, serein et apaisant. Tout se passe dans cet interlude d’un cheminement pour Richard sportif et ambitieux. Sa force se trouve en intériorité où Richard puise dans le magnétique et l’énergie ses gestuelles qui seront atypiques et prometteuses. Original, altier, personnel, intègre il cherche en lui cette ligne victorieuse. La hauteur la plus élevée, parabole de son apprentissage dans la vie. Il y a dans ce roman cette habile maîtrise de l’auteure qui arrive avec force de langage à fusionner avec brio le mental de Richard et ses épreuves physiques. Les batailles à vaincre sont pour ce dernier l’extrême opposé du Rocher de Sisyphe. Ce roman se situe dans l’ère du XXème siècle en avant- première de la guerre du Vietnam. Ce dernier reste néanmoins bloqué sur le sport. Ce roman est plaisant mais non palpitant. Sans doute l’auteure a-t-elle voulu rester dans cette ambiance où le combat intérieur pour gagner ne s’octroie que dans la constance et la lenteur. Néanmoins, le lecteur participe à « l’Appel » jusqu’à à ligne finale sans essoufflement avec cette fierté d’assister à la renaissance de Richard et d’être le témoin d’une ère nouvelle pour ce dernier. (Peut-être). – Evelyne Leraut 
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Un premier roman intéressant, solaire, parfaitement mené.
C’est l’histoire de Richard personnage inspiré de Dick Fosbury, de son entrée dans la légende du sport grâce à son Fosbury Flop.
Une histoire d’un combat, de volonté, d’énergie, de dépassement de soi, d’instinct, de détermination, de conviction.
C’est l’histoire d’une quête pour atteindre la perfection, une maîtrise des gestes, de l’esprit grâce à la méditation de pleine conscience, la paix intérieure et l’effort.
Une branche d’arbre, un terrain d’entraînement en travaux et une position non académique voit le jour.
Le parcours de Richard commence. Il va imposer sa variante, et ce, malgré de multiples embuches : la scolarité, la presse, la guerre du Vietnam, les autorités sportives, le public.
La fin de l’histoire, nous la connaissons tous avec les JO de 1968.
C’est à lire et l’auteur est à suivre.. – Alexandra Lahcène

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