La nuit introuvable – Gabrielle Tuloup

Marthe a la mémoire qui flanche, son fils Nathan s’est expatrié en Slovénie, une façon de matérialiser la distance entre eux. Alors Marthe lui écrit, pour tenter de se dévoiler, de s’expliquer, de combler les vides avant que sa mémoire ne se noie totalement. Et le lecteur assiste à cette course contre la montre : vont-ils se rejoindre à temps ?

La nuit introuvable

Pendant quarante ans, Marthe s’est interdite de montrer à son fils qu’elle l’aimait.
Marthe et le père de Nathan formaient un couple heureux mais Marthe était froide et distante envers son fils. Il s’est finalement lui aussi barricadé le cœur, vivant la part d’amour qui lui manquait en adorant doublement son père Jacques, par procuration.
A la mort de celui-ci, les liens sont rompus définitivement entre Nathan et sa mère.
Quatre après la mort de son père, Nathan reçoit un message d’une vieille amie de sa mère, celle-ci veut le voir immédiatement. Mais il lui faudra lire avant chaque rencontre une lettre au rythme d’une lettre tous les deux mois. D’abord surpris et intrigué, il se plie à cette étrange exigence ne sachant pas qu’il lui faudra livrer une course contre le temps au fur et à mesure que les lettres dévoilent la vérité de Marthe. Lui délivrant en partage l’amour et ses malheurs qui ont fini par s’agripper.
J’ai beaucoup aimé ce texte très poétique et délicat qui dit les empêchements d’aimer que l’on s’impose quand les expériences montrent que l’amour que l’on donne sans compter peut faire du mal et détruire, celui qui aime ou celui qui est aimé.
Le roman éblouit par l’amour absolu, l’amour qui ne se dit pas, ne peut s’écrire que sur des pages encore vierges de l’oubli. Sur du papier buvard comme utilisaient autrefois les écoliers pour estomper ici les traces des larmes et la détresse d’une mère.
J’ai aimé entendre les deux voix à l’intérieur du texte, la voix du fils moderne et rieuse, se moquant de lui-même parfois qui allège le poids de la dureté de ce qu’il vit et la voix franche mais toute en délicatesse d’une mère qui ose enfin s’affranchir de la culpabilité d’aimer.
Un amour intérieur inextinguible.
Gabrielle Tuloup, éprise de slam évoque ici la poésie de René Char à plusieurs reprises dans le roman : dans son titre d’abord « La nuit introuvable » tirée du poème « Fureur et mystère », en utilisant comme prénom Marthe et par le frontispice du livre avec une très belle couverture bleu nuit d’arbres en miroir.
Je ne résiste pas à écrire ce très beau poème en entier en cette année où nous célébrons les 30 ans de la disparition de René Char :
« Marthe
Marthe que ces vieux murs ne peuvent pas s’approprier, fontaine où se mire ma monarchie solitaire, comment pourrais-je jamais vous oublier puisque je n’ai pas à me souvenir de vous : vous êtes le présent qui s’accumule. Nous nous unirons sans avoir à nous aborder, à nous prévoir comme deux pavots font en amour une anémone géante. Je n’entrerai pas dans votre cœur pour limiter sa mémoire. Je ne retiendrai pas votre bouche pour l’empêcher de s’ouvrir sur le bleu de l’air et la soif de partir. Je veux être pour vous la liberté et le vent de la vie qui passe le seuil de toujours avant que la nuit ne devienne introuvable. »  – Régine Roger
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Comment dire à son enfant devenu grand toutes les choses qu’on ne lui a pas dites ? Comment renouer un contact qui semble à jamais perdu ? Un thème inspirant pour les écrivains. Amélie Antoine l’avait récemment abordé dans un livre très émouvant que j’ai beaucoup aimé, « Les silences » (son nouveau titre en poche : il était paru sous celui de « Quand on a que l’humour » chez Michel Lafon) : un père recourt à un stratagème machiavélique pour tenter de retrouver son fils avec lequel la communication est rompue .
Dans ce premier roman de Gabrielle Tuloup découvert avec bonheur une fois encore grâce aux 68 premières fois, c’est une mère qui cette fois-ci, va essayer de (re)créer un lien avec son fils. Une vraie gageure… D’abord parce que l’on comprend au fil des pages que cette mère, Marthe, n’a jamais témoigné un quelconque geste d’affection envers son fils qui en a souffert au point de partir s’exiler en Slovénie dès la mort de son père auquel il était extrêmement attaché. Mais surtout parce que cette femme est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Alors, avant de perdre totalement la tête, elle a écrit huit lettres, les a transmises à une amie lui demandant de les remettre à son fils quand elle ne serait plus en mesure de le faire elle-même mais attention, pas toutes à la fois, une par une, lors de chacune des visites de son fils, Nathan.
Gabrielle Tuloup écrit juste, se mettant dans la peau de cet homme de quarante ans avec beaucoup de talent. On le ressent, Nathan est arrivé à un moment charnière de sa vie : il est divorcé, seul, loin et souffre de cette distance constitutive avec sa mère. Alors, lorsqu’il la revoit pour la première fois depuis plusieurs années, il est sur le point de croire que quelque chose est peut-être encore possible quand elle l’appelle « mon chéri », juste le temps de comprendre qu’elle l’a confondu avec son père… C’est donc avec un agacement certain qu’il prend connaissance du premier courrier. L’auteur se met tout à la fois dans la peau de cette mère, qui tente de manière ultime d’expliquer l’inexplicable. Un roman qui alterne donc entre la confession d’une mère et sa réception par son fils. Des missives sous forme de révélations par une femme qui n’est plus en mesure de le faire oralement même si elle est toujours là, diminuée mais encore présente. Les jours sont comptés, les mots aussi, et ce court roman m’a émue, comme il touchera toute personne aidante d’une personne atteinte de cette maladie, et bien plus encore, chacun qui aura une fois dans sa vie dû accompagner les siens en fin de vie.
« On n’a pas toujours la chance d’accompagner ses parents, Nathan (…) Personne m’a dit que c’était facile. Ce n’est même pas une question de devoir, c’est une question de racines. Croyez-moi, on ne sauve sa vie qu’en accompagnant celle des autres. Autrement, la maison s’écroule. Il faut bien s’appuyer sur quelque chose. » Quand les mots écrits sont un baume pour un cœur meurtri…
Cette Nuit introuvable m’a touchée, par son histoire, par l’écriture fine de l’auteur et qui a évoqué le souvenir chez moi d’un film formidable réalisé par Anne Giatteri sur la maladie d’Alzheimer, une fiction qui s’intéressait principalement à la relation entre trois sœurs et leur mère atteinte par la maladie interprétée avec une justesse incroyable par Marthe Keller, Isabelle Carré, Barbara Schulz et Pascale Arbillot : « La vie à l’envers ». À lire et à voir ! – Julie Vasa
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Nathan Weiss, enfant unique, entretien des relations plus que compliquées avec sa mère et encore plus depuis le décès de son père. Il a décidé de s’expatrié en Slovénie. Ni lui, ni sa mère ne sont fâchés mais aucun ne semble ressentir le besoin de prendre des nouvelles. Un jour, il reçoit un appel d’une voisine de Marthe qui lui demande de venir voir sa mère.
Lors d’un déplacement à Paris, Nathan ira sonner chez cette voisine qui le conduira au chevet de sa mère qu’il trouvera fidèle à elle-même, froide, sans amour pour lui. Jeanne, la voisine, lui remettra une succession de 8 lettres qui ponctueront sa vie pendant plusieurs mois. Il découvrir une mère malade, et différente de ce qu’il avait toujours imaginé.
Un sujet fort autour de la famille, de l’amour mais également de la maladie puisque Marthe est atteinte d’Alzheimer. J’ai adoré ce roman et surtout la structure organisée autour des 8 lettres. On a envie de connaître le contenu de la prochaine. Jusqu’à la dernière lettre, on se s’attend pas à cette chute. L’écriture est poétique, facile à lire. Une vraie réussite ! J’imagine encore une fois ce roman adapté au cinéma dans l’esprit de “Ensemble c’est tout”. – Nina Busson Boulonne
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Nathan Weiss n’a jamais su communiquer avec sa mère. Le lien familial si ténu soit-il existait grâce à son père. À sa mort, Nathan a choisi de vivre entre deux pays : la France et la Slovénie. Il vit très bien ainsi, dans une solitude organisée.
Un simple coup de fil. Qu’est-ce qu’il lui a pris de décrocher alors que le numéro lui était inconnu ? La voisine de sa mère lui demande de revenir en France, visiter sa mère, bien qu’il ne soit pas en très bons termes. Il va faire le déplacement, apprendre que Marthe, mère déjà distante, est atteinte d’Alzheimer. De toute façon, il ne l’a jamais comprise alors lorsqu’il découvre l’existence de huit lettres qui lui seront remises à chacune de ses visites, il est de prime abord réticent.
L’instinct maternel est-il inné ou acquis de l’expérience vécue ? Marthe a été marquée, par une mère égoïste, qui souhaitait la garder tout à elle. A-t-elle voulu ne pas reproduire ce schéma avec Nathan ? Au point de laisser son mari lui donner tout l’amour qu’elle n’arrivait pas à lui transmettre. Un désir éperdu d’aimer son enfant mais enfermé dans la peur de mal faire, de le perdre ?
Nathan revient en visiteur chez sa mère. Sa voisine Jeanne et Carolina prennent toute la place. Lui en reste-t-il ? Les lettres remises au fil des visites planifiées tous les deux mois vont lui permettre de comprendre un passé qui n’existait qu’au travers du couple de ses parents. De son père, seul à être démonstratif, à lui donner de l’amour selon lui.
Le coup de cœur de Nathan pour la rondeur de l’aide à domicile Carolina semble mal venu dans le contexte. Le parallèle entre la sveltesse de sa précédente compagne et son incapacité à être généreuse, à offrir de l’amour, également. On chemine aux côtés de Nathan. L’écriture de Gabrielle Tuloup est élégante, poétique. je n’ai malheureusement pas trouvé le chemin des émotions qui m’aurait totalement embarqué dans ce roman. Le récit très réaliste aborde des thèmes touchants, la vieillesse, les non-dits, les rancoeurs familiales, la maladie, l’absence, la solitude, les responsabilités, l’amour.
C’est un premier roman qui m’a donné envie de suivre l’auteur, même si la rencontre n’est pas tout à fait réussie. Les émotions n’étaient pas à ce premier rendez-vous. – Laurence Lamy
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Il était très improbable que Nathan se rapproche un jour de Marthe (sa mère qu’il nomme par son prénom), leurs relations étant verrouillées et limitées au strict minimum depuis la mort du père quatre ans auparavant.
Pourtant, un coup de fil d’une amie de sa mère le contraint à lui rendre visite, il s’exécute de fort mauvaise grâce lors d’un retour à Paris, lui qui s’est exilé pour raisons professionnelles en Slovénie.
Il découvre que Marthe a été diagnostiquée malade d’Alzheimer et qu’elle a pris soin de lui laisser huit lettres dont il doit prendre connaissance selon un calendrier fixé par elle. Ces lettres ont été rédigées avant que la nuit ne recouvre la mémoire de Marthe.
Le texte est délicat et pudique, il interroge sur les liens filiaux, les non-dits, les peurs enfouies, le pardon ; le récit ménage un certain suspense, j’étais avide des révélations de Marthe au même titre qu’Adrien au fur et à mesure qu’il lit les lettres.
C’est une lecture agréable qui tient en haleine que j’ai bien appréciée.
De relations quasi inexistantes entre la mère et son fils, il va naître au fil des pages une certaine tendresse du fils pour sa mère qui pourtant ne prononcera jamais le mot « maman ».
D’une manière plus générale le texte interpelle chacun sur la vieillesse et les liens filiaux, et interroge avec sensibilité.- Nathalie Chartier Salou
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Pas facile de faire une chronique après une lecture en demi teinte. J’ai été vraiment séduite par ce titre plein de promesse et cette couverture d’arbre-racine d’une folle distinction, l’écriture fine, sincère et un peu distanciée de l’auteur m’a paru un cadeau supplémentaire. j’ai adoré la colère incorrecte contenue dans les premiers chapitres, car la dualité amour-répulsion des relations enfant-mère est un sujet qui me passionne, j’ai regretté de me voir entraîner sur un chemin par trop consensuel, mixant culpabilité de la mère et dépendance de l’adulte envers la mère imparfaite, le mécanisme des lettres-confessions pré Alzheimer m’a paru rapidement artificiel, bien que bien construit et le secret de famille dévoilé enfin ne légitime pas à mon sens la solitude et la non-assistance à l’enfant. Donc oui, un premier roman prometteur, mais pas un délice confirmé.- Martine Magnin
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C’est l’histoire d’une mère et d’un fils qui se sont éloignés l’un de l’autre et qui vont renouer par la force des choses, puisque la maman est malade.
Le fils rappelé à son chevet, n’est guère enthousiasmé de reprendre contact avec sa mère. Il ira de surprise en surprise ! A commencer par la santé de sa maman qui est atteinte de la maladie d’Alzheimer et par des lettres qu’il va recevoir à chaque visite. Des lettres écrites par sa mère, avant que sa santé mentale se détériore.
Ses lettres vont lui révéler bien des choses ! Et c’est là, toute l’intrigue… En lisant chapitre par chapitre, on attend avec impatience, de lire la prochaine lettre afin d’en savoir plus.
Dans ce roman, l’auteure aborde le thème de la maladie, de l’éloignement de la famille, de le mort, de la solitude mais aussi de l’amour.
L’amour d’un enfant ou l’amour d’une mère ou d’un père, avec ses erreurs ou ses faiblesses, mais aussi les bons souvenirs, où nous sommes nostalgiques de cette époque lorsque nous vivions chez nos parents, leurs yeux posés sur nous…Pour nous protéger, nous aimer tout simplement.
Parfois, l’amour est maladroit, ou rempli de pudeur, ou encore retenu dû à des traumatismes, des peurs ou tout simplement parce que l’on ne sait pas comment le montrer.
Parce que la communication est difficile, parce que l’on ne sait pas ou plus comment dire les choses simples….Qu’on a chacun sa vie…On s’éloigne bien malgré nous !
C’est tout cela que l’on peut lire dans ce livre…Une renaissance pour Nathan le fils, et une confession intime et émouvante de la part de Marthe, la mère.
Une écriture sensible et sincère. Un très joli moment de lecture.
Un roman touchant, car nous serons tous un jour, confrontés à des parents vieillissants où souvent l’heure est venue pour eux, de se confier, de raconter les événements qui les ont marqués.
Une auteure à suivre….  – Claudia Charrier
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Un très beau livre que ce premier roman où Nathan découvre l’histoire de sa mère au travers des huit lettres (qu’il va récupérer à chaque visite qu’il va lui faire) qu’elle lui a écrit quand les médecins lui ont diagnostiqué la maladie d’Alzheimer. Il avait coupé les liens avec sa mère à la mort de son père, et, ce qu’il va apprendre de la lecture de ces lettres, alors qu’il pensait qu’il n’avait j’avais eu d’amour maternel, va le faire atrocement souffrir. Comme écrit avec la plume de quelqu’un qui sait et qui connait cette maladie, l’auteur m’a profondément touché par les révélations de la mère et la souffrance du fils.
Les phrases sont belles, parfois prêtent à sourire et vont droit au cœur.
J’ai passé un très bon moment de lecture avec ce livre ! – Nathalie Cez
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Un roman sur le lien entre une mère et son fils. Comme le dit Maxime Le Forestier « On ne choisit pas ses parents, on ne choisit pas sa famille ». Mais que savons-nous réellement de nos parents? Gabrielle Tuloup nous raconte ici la reconstruction du lien entre une mère et son fils.
Nathan vient d’avoir quarante ans. A la mort de son père deux ans plus tôt, il a brusquement quitté Paris pour s’installer en Slovénie coupant volontairement les ponts avec Marthe, sa mère. « Je ne me rappelais pas une seule dispute. Je crois plutôt que nous nous étions oubliés à force d’indifférence. »
La relation entre la mère et le fils a toujours été distante. « Je t’ai aimé d’abord, après j’ai eu peur. Ton père t’a pris dans ses bras et j’ai su que ce serait là ton abri le plus sur. Je serai une maman juste à côté. » Nathan a toujours reproché à Marthe cette distance, son manque d’affection et sa froideur à son égard.
Un jour, Nathan reçoit un appel de Jeanne, une amie de Marthe. Cette dernière est malade et souhaite le revoir. Nathan rentre à Paris. Il retrouve Marthe qui est en fait atteinte de la maladie d’Alzheimer. Elle a écrit huit lettres à son fils avant que sa mémoire ne s’efface complètement et Jeanne est chargée de les lui remettre : une lettre à chacun de ses passages à Paris. Dans chacune de ces lettres, Marthe se dévoile un peu plus, s’explique et tente de répondre à cette lancinante question : « Comment explique -t-on à un enfant qu’on ne le câline pas assez parce qu’on l’aime trop?« 
Au gré des lettres, on chemine avec Nathan dans l’histoire de Marthe et à la suite, on découvre son ressenti et ses sentiments. Des éventualités viennent à l’esprit jusqu’à la dernière lettre qui nous livre la réponse.
Gabrielle Tuloup nous propose ici une très belle histoire brodée autour d’un sujet au combien actuel la maladie d’Alzheimer mais tout en laissant la maladie au second plan. L’écriture est harmonieuse, poétique et délicate. Je me suis littéralement laissée porter par sa beauté au fil des pages. Peut être un peu trop car à la dernière ligne, il m’a manqué un ressenti. Dommage.
Pour terminer, je voudrais souligner également la beauté du livre, la matière, les couleurs, agréable à regarder, agréable à lire. Un grand bravo à l’Atelier de design graphique et aux Editions Philippe Rey. – Emmanuelle Mentec
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Nathan est seul en Slovénie. Il a divorcé, son père est mort et il n’a plus aucun contact avec sa mère depuis quelques années… Mais quand une voisine de cette dernière l’appelle pour lui demander de revenir rapidement, il ne sait pas comment réagir. Entre sa mère et lui, tout a toujours été compliqué, froid, sec et sans tendresse. Mais c’est peut être l’occasion pour eux de s’expliquer, de se rapprocher et peut être de se comprendre… Gabrielle Tuloup signe ici un premier roman particulier. Bien écrit, il nous touche par cette absence de relation. Une mère ne peut pas être insensible à son enfant, elle le déteste ou elle l’aime à en mourir mais rester hermétique aux besoins de son petit garçon semble totalement cruel… Heureusement, la figure paternelle est solide et chaleureuse, et elle permet à Nathan de se construire. Gabrielle Tuloup écrit avec sensibilité et même si certaines parties de l’histoire ne m’ont pas semblé à leur place, elle nous pousse à croire au pardon et à la force des mots… – Audrey Thion
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Nathan Weiss a coupé les ponts avec sa mère depuis 4 ans, depuis le décès de son père. Pour cela il a mis des milliers de kilomètres entre eux, il a accepté un poste en Slovénie à la suite de son divorce.
Il est donc seul et isolé lorsqu’il reçoit un appel téléphonique d’une voisine de sa mère qu’il ne connaît pas et qui lui demande de rentrer à Paris car cette dernière est atteinte de la maladie d’ Alzheimer et décline de jour en jour.
A contre cœur, il obtempère et découvre cette femme qui ne le reconnaît pas toujours et avec qui il n’est jamais parvenu à tisser les liens d’amour et de tendresse qui lui ont tant manqué durant son enfance et qu’il avait construit avec son père.
Il va la redécouvrir au fil des lettres qu’elle lui a écrit avant de perdre pied.
Un très joli premier roman écrit tout en finesse sans pathos sur un sujet délicat.
L’alternance des lettres et du roman permet de confronter les vues de la mère et du fils qui ne se sont jamais vraiment parlé.
Un constat triste pourtant sur le manque de communication, le temps qui passe et le fatidique « trop tard ». – Emmanuelle Coutant
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Voici l’histoire d’une famille comme il en existe probablement beaucoup et c’est ce qui lui confère un caractère d’universalité, chacun y retrouvant un peu de sa propre expérience. Elle, c’est Marthe, pas encore très âgée, ancienne clerc de notaire qui a mis de l ‘ordre dans sa vie et dans ses papiers, à destination de son fils. Comme toutes les mères qui voient approcher la fin. Sauf que pour Marthe, il y a un peu d’urgence : sa mémoire s’effiloche, ses souvenirs commencent à partir en lambeaux : elle souffre de la maladie d’Alzheimer. Elle a donc laissé huit lettres pour Nathan, son fils.
Lui, c’est Nathan, le fils avec lequel la relation s’est assoupie, pas comme une fâcherie, non, juste de l’éloignement, au sens abstrait mais au sens réel aussi, car il a choisi de travailler entre Paris et la Slovénie quand son père est mort. Son père qu’il adorait, le seul qui jouait avec lui, lui caressait les cheveux et lui disait qu’il l’aimait. De sa mère, rien de tout cela. Une sorte de froideur indifférente qui arrêtait net le moindre de ses désirs de faire un câlin. Pourtant, elle savait rire, avoir des gestes de tendresse et d’amour mais seulement pour Jacques, son mari. « Quand il entourait sa taille, ma mère semblait danser de l’intérieur » raconte Nathan.
Aujourd’hui, Nathan est très contrarié : une amie de Marthe lui a demandé de passer voir sa mère. Elle lui raconte la maladie et ces huit lettres qu’il devra venir chercher rue du Cherche-Midi, à Paris, tous les deux mois : un an et demi de contrainte !
Et avec lui, à chaque lettre, de plus en plus hésitante car la maladie progresse, nous découvrons la vie de Marthe, son premier amour déçu, une tragédie, une mère à demi-paralysée dont elle a dû s’occuper (et lui ? s’occupera-t-il de sa mère?), la rencontre romanesque (c’est le mot!) avec Jacques son époux dont elle a été follement amoureuse. « Son visage était évident » écrit-elle. Et sa place à lui, dans tout cela… ?
Maladie, deuil, enfance, amours interdites, amour refréné, peur de souffrir encore et encore, culpabilité : sur quelles expériences nos parents se sont-ils construits ? Est-ce ainsi qu’ils nous ont faits, de chair, de sang et de douleur ou de joie, au travers de mille éclats de vie dont nous ne savons rien et qui nous sautent au visage lorsque, pour la première fois, nous vidons leurs tiroirs, photos, lettres, documents administratifs, juste après leurs obsèques ? Parce la vie est exigeante et qu’elle veut continuer…
Un beau livre, lumineux et douloureux, écrit dans une langue sans effets, qui coule doucement, comme les jours passés nous reviennent.
Sur des thèmes similaires (Alzheimer, vieillissement), deux livres qui m’ont particulièrement touchée : Koumiko, d’Anna Dubosc (une ode à sa mère, artiste japonaise) et « Mademoiselle, à la folie », de Pascale Lécosse (drame d’une actrice vieillissante qui perd progressivement la mémoire). – Evelyne Grandigneaux
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Quelques liens à suivre pour découvrir d’autres billets sur les blogs des lecteurs :
Pour Sabine, c’est le coup de foudre !
Françoise explique pourquoi elle n’a pas été convaincue,
Pour Nicole, c’est un petit bijou de finesse et d’émotion,
Henri-Charles a apprécié la tension dramatique,
Joëlle note l’écriture joliment poétique, la finesse et la justesse.
Héliéna salue l’universalité de ce « bijou de premier roman »
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