Mes premières 68 : Paroles d’auteur et de lecteurs – Frédéric Vinclère, Nos bombes sont douces

Aujourd’hui nous vous proposons de partir à la rencontre d’un nouvel auteur de la sélection 13 ans et plus. Nos bombes sont douces est le deuxième livre de Frédéric Vinclère pour la jeunesse. Dans ce texte qui associe l’interrogation d’un adolescent en pleine crise sur son avenir et l’idée d’engagement écologiste, l’auteur fait un parallèle intéressant : devenir adulte, ce n’est pas forcément renoncer à ses rêves d’enfant. C’est surtout chercher à donner du sens à ce que l’on entrevoit pour son avenir, à la fois personnellement et plus globalement. Une approche originale des interrogations des adolescent·e·s.

 

Frédéric, raconte-nous…

La première fois que tu as eu envie d’écrire une histoire ? Alors là, mystère ! Cette envie d’écrire et de créer a toujours été omniprésente dans ma vie et elle remonte à tellement loin que je ne me souviens pas de la première fois. Mais je dirais que la lecture des Dépanneurs invisibles d’Edouard Ouspenski a bien chatouillé mon imagination. Ce roman raconte comment des mini hommes chargés d’entretenir l’électroménager dans la maison de Marguerite doivent échapper aux pièges de la petite fille et à une invasion de souris. Je devais avoir sept ou huit ans.

Le premier personnage que tu as inventé ? Un pirate ! Il était pourchassé par son propre frère, corsaire au service du roi. Ce souvenir-là est facile à dater : 1993, j’étais en 6ème et j’avais Madame Le Garrec en français. Je lui avais fait lire mon histoire, timide et honteux, et elle m’avait chaudement encouragé. Ce fut la toute première à me faire voir les mots « courage » et « travail » derrière celui de « littérature ». Il y a quelques mois, grâce à Internet, j’ai eu la chance de lui dire merci et de lui montrer l’aboutissement de sa pédagogie, vingt-six ans plus tard.

La première fois que tu as eu ton livre en mains ? J’ai tenu Nos Bombes sont douces pour la première fois dans ma voiture, rue de Robien à Rennes, un mardi vers 11h. Il faisait très beau. Une heure après, je le montrais à ma femme.

La première fois que tu as rencontré tes lecteurs.rices ? Mes premiers lecteurs rencontrés ont d’abord été des adultes de mon entourage, des amis et des collègues de travail. Je me souviens que Mélanie m’a demandé si j’étais dans mon état normal quand j’avais écrit Fête Sauvage (éditions Thierry Magnier, 2018) ! Charline (mon éditrice chez Magnier) et moi avions voulu faire de ce texte un livre « bizarre et résistant ». En recevant des commentaires comme celui de Mélanie, je crois que nous y sommes parvenus. Pour Nos bombes, la première vraie rencontre a eu lieu à la librairie Récréalivres, au Mans. C’était en septembre 2019, je pensais que ce serait désert, mais non. Surtout quand des copains ont débarqué, après avoir fait 120km pour l’occasion !

Raconte-nous un souvenir de première fois en littérature (jeunesse ou non !). L’été où j’ai lu L’île mystérieuse de Jules Verne. Très clairement ma première rencontre marquante avec la littérature. Quel suspense, et ces rebondissements, dignes de la série « Lost » ! Ils pensent être seuls et perdus sur leur île, jusqu’à ce qu’ils chassent un cochon sauvage qui a déjà du plomb dans la cuisse. Il y a donc quelqu’un d’autre ! Aaaaaaaah !

Autre première fois : quand j’ai renoué avec la littérature jeunesse à 20 ans. Bérangère, mon amoureuse de l’époque (qui l’est encore aujourd’hui), m’a offert les 4 premiers tomes d’Harry Potter pour Noël en 2001. Tout simplement le plus cadeau que j’aie jamais reçu. Grand, grand, grand souvenir de lecture.

Qu’as-tu envie de dire aux lecteurs et lectrices de Mes premières 68 qui tiennent ton livre en mains pour la première fois ? S’il vous plaît, ne détestez pas Margaux ! Dans ma démarche d’écriture, elle était au centre de l’histoire, à la fois moteur et frein. D’ailleurs, dans sa toute première forme, le roman était rédigé sous forme de lettre qui lui était adressée après les événements, où Joris lui expliquait comment ils en étaient arrivés là, pourquoi il avait fabriqué des bombes et pourquoi celles-ci étaient douces. Margaux a aussi une double fonction dans Nos bombes : à la fois un vieux compte que j’avais à régler avec une fille de mes années lycée et une métaphore de l’éblouissement. Je l’aime bien, moi, Margaux.

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Justement, que pensent les premiers lecteurs de Nos bombes sont douces ? Ils l’expriment en mots et en dessins :

Fanny : Ces bombes douces faites de graines et de semences sont une réponse délicieuse aux mots durs et violents. Ce roman permet d’aborder la solidarité et les soucis des autres sans en faire des tonnes, sans assommer le jeune lecteur de bons sentiments. Joris a des doutes, parfois, mais il s’investit avec toute son âme car il est soutenu par ces hommes et ces femmes qui croient au pouvoir des actions engagées. Par sa brièveté, le roman va à l’essentiel et peut offrir des portes de réflexions aux adolescents. Ce Joris m’a touchée par cette sensibilité cachée de tous, lui le « footeux ». Chronique complète sur le blog Mes pages versicolores

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Le retour de Violette : les mots pour le dire…

Sacha : C’est l’histoire d’un engagement. Joris échoue à une détection pour entrer dans un centre de formation et du jour au lendemain quitte le monde du foot. Il a 17 ans, et doit abandonner son rêve. Il suit son oncle Jean Philippe dans son engagement fait partie d’une association, les poucets, qui transforme des endroits bitumés en plantant des bombes en terre. Mais ces bombes donnent la vie sous forme de fleur et de potagers. L’idée est belle et poétique. Mais ce n’est pas un coup de cœur pour moi car ce roman manque de rebondissements et ce malgré les thèmes abordés (sport, passion, écologie, engagement…). Il questionne malgré tout ce que les adolescents traversent : quels sont les objectifs de vie vers lesquels je tends et comment vais-je agir sur ce monde auquel j’appartiens ?

Lilou : J’ai beaucoup aimé les thématiques abordées, premièrement parce qu’elles sont d’actualité (le combat écologie contre développement de l’urbanisation, mais aussi l’adolescence, l’avenir, la remise en question de soi-même…) mais parce qu’elles concernent ou ont concerné tout le monde. Quant au personnage, je l’ai trouvé intéressant, même si parfois agaçant avec sa manie de jongler entre deux filles.

 

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Le joli dessin d’Anna.

Emmanuel : « La guérilla jardinière, c’est joindre l’utile à l’agréable. C’est un beau combat. Le frisson de l’interdit et la certitude de bien faire. Sacré cocktail. » Je commence mon aventure des premières 68 par une excellente surprise. Un livre sur la révolution écologique ça ne peut que me plaire. Dès les premières pages, Joris m’entraîne dans son périple émotionnel et son aventure biologique. D’ailleurs c’est le terme adéquat pour ce livre, un roman BIOLOGIQUE, dans tous les sens du terme. Et c’est finalement là que ce livre m’a surpris, j’ai  été captivé par les histoires de cœur de Joris, va t’il déclarer sa flamme ? Va t’il se rendre compte quelle fille est faite pour lui ? Bref j’ai passé un très bon moment, des fleurs, de l’amour, cocktail explosif. Mon côté La petite maison dans la prairie certainement.

Sylvie : Pas trop tentée par le sujet au départ je me suis finalement bien installée dans l’histoire, une lecture fluide même si ce n’est pas un coup de cœur.

Émilie : Un bon roman d’actualité où la moindre parcelle libre est exploitée en zone commerciale ou en lotissement.  À travers cet adolescent et ses tourments d’avenir et d’amour, on découvre un combat pour protéger les petits centre-ville des grandes chaines commerciales. Chronique complète sur le blog La cabane de mes livres

 

Mes premières 68 : Paroles d’auteure et de lecteurs – Hélène Duvar, Mon Eden

Pendant que les jeunes lisent et que les premiers retours arrivent, l’équipe de Mes premières 68 a décidé de passer les auteurs à la question, histoire de faire un peu mieux connaissance. Et forcément, ça tourne autour des premières fois…

C’est Hélène Duvar qui inaugure ce rendez-vous. Son premier roman, Mon Eden, paru aux éditions du Muscadier, figure dans notre sélection 13 ans et plus. Il aborde le difficile sujet du suicide adolescent à travers un texte fort à deux voix.

Helene Duvar Photo Mon Eden

Hélène Duvar, auteure de Mon Eden.

Hélène, raconte-nous…

La première fois que tu as eu envie d’écrire une histoire ? Je raconte des histoires depuis toute petite alors je ne me souviens pas de la première. Mais j’ai commencé très tôt le dessin et suite à cela je racontais des histoires sous forme de bande dessinée. Ensuite je suis passée à des histoires courtes et puis des romans vers l’âge de 10 ans. J’écrivais dans tous les genres mais je préférais les histoires réalistes, avec du suspense.

Le premier personnage que tu as inventé ? Dans mes premiers personnages de BD, il y avait les deux copines Anne et Sophie qui vivaient des aventures façon Martine à la plage. Il y avait aussi Mikiki, une souris qui cherchait à sauver le monde. Et à 11 ans un roman avec des filles ordinaires qui découvraient qu’elles avaient de super pouvoirs ou qui devenaient des agents secrets.

La première fois que tu as eu ton livre en mains ? Très étrange sensation. J’avais déjà vu la couverture mais le fait de l’avoir pour de vrai, de tourner les pages et de lire ses propres mots… on ne réalise pas que c’est soi. En même temps, on est satisfait parce que c’est le résultat d’un long travail. Enfin !

La première fois que tu as rencontré tes lecteurs et lectrices (si ton roman a déjà eu l’occasion de partir à leur rencontre) ? Les premiers retours d’amis ont été touchants, je ne pensais pas que le roman plairait autant vu son thème très grave. La première critique sur Internet (très positive !) m’a émue également. J’ai fait un premier salon du livre et une première rencontre littéraire ou j’ai pu discuter avec des inconnus qui ont été intéressés par mon livre. Là encore, surprise. Je craignais que le thème du roman ne rebute les lecteurs. J’espère qu’il y aura de nombreuses autres rencontres avec des lecteurs, ceux de Mes premières 68 notamment ! J’ai d’ailleurs une séance de dédicaces prévue chez Cultura au Mans le samedi 21 mars.

Un souvenir de première fois en littérature (jeunesse ou non) ? Je vais parler de trois auteurs : en littérature jeunesse, Jean-Philippe Blondel et ses romans avec des ados aux fortes personnalités, Anne-Laure Bondoux et Les Larmes de l’assassin, roman magnifiquement écrit. La plume de l’auteure m’a bouleversée, si subtile et symbolique. Et un roman assez choquant qui a marqué un tournant, Bubble gum de Lolita Pille (auteure de Hell). La violence, le cynisme des personnages, et ce style percutant dans lequel on sent la souffrance… Très intense. J’ai lu beaucoup de romans sur des thèmes graves quand j’étais ado : handicap, maladie, maltraitance. Qui ne sont pas pour autant tristes mais qui donnent au contraire une formidable leçon de vie !

Qu’as-tu envie de dire aux lecteurs et lectrices de Mes premières 68 qui tiennent ton livre en mains pour la première fois ? J’ai envie de leur dire, bonne lecture, déjà ! Que c’est le résultat d’un long travail. Que c’est un livre avec un message de prévention important qu’il faut diffuser pour aider les ados/parents. Que peu importe qu’il leur plaise ou pas, j’espère qu’il les marquera. Le but d’une histoire est de laisser des traces, pas forcément de plaire. Et que quel que soit leur avis, je serais ravie qu’ils me fassent un retour, ce qu’ils ont aimé et moins aimé pour me permettre de m’améliorer pour mes prochains romans, et qu’ils partagent sur leur blog ou les réseaux sociaux. D’ailleurs si c’est possible, je laisse mon email d’auteure ici s’ils veulent me contacter directement : duvar.he@gmail.com

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 Découvrons à présent ce que pensent les premiers lecteurs et lectrices d’Eden :

Marion : « C’est mon premier roman de la session… et bien on commence fort !
J’ai trouvé cette lecture vraiment percutante. Je l’ai lu en une fois, impossible de le lâcher. J’ai aimé l’écriture, fluide, brute. Elle reflète vraiment la réalité et la brutalité de cette situation. C’est un livre fort, brutal, on prend une claque. Et ce roman est totalement d’actualité. Il doit être lu, vraiment. »

Sylvie : « Pour le moment mon préféré. L’histoire tragique, sujet difficile. Le petit bémol : les textes insérés cela fait beaucoup car on a également les pages du journal intime. Une histoire qui est poignante, un sujet malheureusement difficile mais une belle lecture. J’ai vraiment aimé. »

Isabelle :  « Comment survivre à la disparition de sa moitié ? Un roman qui illustre parfaitement la collection dans laquelle il est paru, un difficile chemin pour accepter le deuil d’une jumelle… (…) La culpabilité, la vie de « ceux qui restent », l’enquête pour comprendre, l’aide indispensable des autres opposée à la nécessité de se reconstruire seul…. le cheminement d’Erwan après le drame est prenant. La thématique du harcèlement est ainsi révélée, aussi implacable que dramatique, dans la période adolescente aussi fragile que fulgurante. »

Chronique complète sur le blog Petites Madeleines : http://www.petitesmadeleines.fr/archive/2020/02/03/mon-eden-helene-duvar-6210061.html

Claire : « J’ai adoré le livre. Je trouve que l’auteure a bien construit son roman. C’est Erwan qui raconte l’histoire, cela alterne entre ce que vit Erwan et la lecture du journal d’Eden sa sœur, et les textes Internet qui donnent des informations sur le deuil. On voit les différentes phases par lesquelles passe Erwan ».

Mes premières 68 : tout sur les sélections…

Après des mois de lecture et de débats acharnés entre membres du comité (acharnés mais toujours dans la bonne humeur), les deux sélections jeunesse de l’aventure Mes premières 68 sont enfin entre les mains des jeunes lecteurs et lectrices.

Pour les 9/12 ans :

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La sélection pour les 9-12 ans

Je m’appelle Maryam, de Maryam Madjidi, illustré par Claude K. Dubois, éditions l’école des loisirs.

Catch, tournevis et lutins-robots d’Hélène Lenoir, illustré par Marie Morelle, éditions Sarbacane

Kid au 1er sommet des animaux, de Gwenaël David, illustré par Simon Bailly, éditions Hélium

Bienvenue à Oswald, de Célia Garino, éditions Courtes et longues

Super Héros, Origines, de Maxime Gillio, éditions Flammarion jeunesse

Maskime et les petites choses, de Nicolas Deleau, illustré par Irène Bonacina, éditions des Éléphants

Eddie, cyber-chien, d’Alice Dozier, éditions Actes Sud Junior

Magic Charly, tome 1, d’Audrey Alwett, éditions Gallimard Jeunesse

Pour les 13 ans et plus :

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La sélection pour les 13 ans et +

Mon Eden, d’Hélène Duvar, éditions Le Muscadier

Les Fantômes d’Issa, d’Estelle-Sarah Bulle, éditions l’école des loisirs

Bordeterre, de Julia Thévenot, éditions Sarbacane

Nos bombes sont douces, de Frédéric Vinclère, éditions Le Calicot

Surf, de Frédéric Boudet, éditions MeMo

Ceux qui ne peuvent pas mourir, tome 1, La bête de Porte-vent, de Karine Martins, éditions Gallimard Jeunesse

Steam Sailors, tome 1, L’Héliotrope, d’Ellie S. Green, éditions GulfStream

Guenon, de Pierre-Antoine Brossaud, éditions du Rouergue

Ogresse, d’Aylin Manço, éditions Sarbacane

Mais au fait, comment avons-nous choisi les titres sélectionnés ?

Nous avons sollicité les maisons d’éditions jeunesse pour savoir si des premiers et seconds romans étaient parus ou allaient paraître (pour rappel, les titres devaient paraître entre mars 2019 et mars 2020). C’est ainsi que nous avons reçu une vingtaine de titres à lire pour les 9-12 ans et autant pour les 13 ans et plus. Nous en avons sélectionné une petite dizaine pour chaque section. Certains ont fait l’unanimité entre nous, mais nous avons pu également défendre nos coups de cœur personnels…

Le seul mot d’ordre pour sélectionner un titre : la découverte et le plaisir de lecture des enfants et des ados ! Questionnements sur l’intrigue, la qualité d’écriture, les thèmes, parfois aussi sur le nombre de pages… Mais comme on ne connaissait pas nos lecteurs et lectrices, et comme pour toute première fois, le mieux était encore de faire confiance à notre jugement… Au final les sélections sont variées avec un peu tous les genres représentés (réaliste, imaginaire, aventures…)

Avec ces titres, nous avions aussi envie de montrer la diversité et la richesse de la littérature jeunesse, et certain.e.s participant.e.s sont des adultes, ou font les lectures en binôme avec leurs enfants, ce qui nous réjouit car l’objectif est également de pouvoir faire découvrir cette littérature à un plus large public. Les sélections comportent donc 8 titres pour les 9/12 ans et 9 romans pour les ados.

Voilà, vous savez presque tout… On garde le secret sur les chouchous de chacune des membres du comité… à vous de les deviner !

Rendez-vous très bientôt pour découvrir les avis des lecteurs et des lectrices (la créativité des premiers retours que nous commençons à collecter nous épate !) , et pour en apprendre un peu plus sur les auteur.e.s.

Session d’hiver 2020 : et si on prenait le temps ?

Oui, si on prenait le temps ?

Plus de 600 romans lus en cinq ans pour proposer deux sélections annuelles. Un rythme dense, intense, pour solliciter les éditeurs, relancer, lire, échanger, inscrire, suivre, préparer les colis (coller des timbres, écrire des mots à chacun), organiser le volet prison, puis gérer la logistique et le suivi des envois, les chroniques, les relais sur le blog et les  réseaux… avoir envie de nouveau, batailler parfois pour vous proposer des titres.

Mais une certitude nous a toujours portées, l’envie de continuer en portant encore plus haut l’essence même des 68 premières fois : la curiosité, la transmission et le partage.

 

Nous n’avons pas pu lire tous les romans à paraître en 2020, trop peu d’exemplaires reçus à ce jour. Or sans les éditeurs rien n’est possible et l’enthousiasme s’essouffle.

Une parfaite occasion de prendre du temps.  Celui de fêter nos 5 ans avec nos auteurs fétiches, ceux que l’on suit depuis leurs premiers romans et qui ont franchi avec nous le cap du deuxième roman.

Il y aura bien une sélection en cette rentrée mais elle sera un poil décalée avec un petit goût de vintage.

Comme les auteurs sont aussi des lecteurs, nous avons demandé à treize d’entre eux, membres de la famille des 68 de prendre une part active à son élaboration en choisissant, parmi les textes qui les ont marqués ou ceux d’auteurs qu’ils aiment particulièrement, celui qu’ils ont envie de faire découvrir aux lecteurs.

Une seule condition : qu’il s’agisse d’un premier ou d’un deuxième roman, français ou étranger, classique ou fraîchement sorti. Ils ont accepté de jouer le jeu, pour notre plus grand bonheur.

Aussi, dans les prochains jours, vous découvrirez les choix de Jérôme Chantreau, Odile d’Oultremont, Stéphanie Dupays, Julie Estève, Emmanuelle Grangé, Stéphanie Kalfon, Caroline Laurent, Anaïs LLobet, Pascal Manoukian, Gilles Marchand, Gaëlle Pingault, Sébastien Spitzer et Gabrielle Tuloup.

Et parce que nous n’en oublions pas pour autant l’actualité, vous y trouverez aussi quelques deuxièmes romans publiés en cette rentrée hivernale, lus et approuvés par notre équipe.

On n’attend plus que vous pour faire la fête.

Si vous avez envie de découvrir cette “édition spéciale”, dépêchez-vous ! Nous n’ouvrons que 50 places.

 

Pour s’inscrire, il suffit d’envoyer un mail à eglantine.68premieresfois@gmail.com afin de recevoir la charte et le bulletin d’adhésion à l’association le cas échéant.

Vous verrez, les règles du jeu sont simples :

  • s’engager à lire en priorité les livres reçus afin de garantir la fluidité des voyages,
  • s’engager à chroniquer les livres lus via les outils de votre choix (blog, réseaux sociaux, sites communautaires…),
  • être toujours de bonne humeur et bien sûr être à jour de sa cotisation annuelle à l’association

Petit rappel : vous lisez à votre rythme, aucune obligation de lire toute la sélection (en moyenne une quinzaine de livres). Cependant, pour permettre une lecture par le plus grand nombre, nous vous demanderons de ne pas immobiliser un livre plus de quinze jours. Pas de pression, mais uniquement le plaisir de découvrir de nouveaux auteurs et de pouvoir échanger avec les autres lecteurs engagés dans l’aventure.

Alors ? Vous venez ? Vous avez jusqu’au 31 janvier 2020 pour vous décider...

Nous confirmerons à chacun son inscription par mail le 5 février et la validerons au plus tard le 15 février après réception des cotisations. Les premiers envois de livres auront lieu début mars et ils circuleront jusqu’à mi-juillet.

Ensemble, c’est tout.

Ils ont bravé les éléments, snobé les passages aléatoires des bus et les annulations de trains. Ils ont traversé la France, parfois la Manche et même volé depuis l’océan indien. Ils ont marché, ramé, roulé. Certains ont même crevé. Ils sont arrivés avec le sourire, une faim de loup et une grosse envie. De quoi ? De chaleur, de passion, de ces liens qui se tissent un peu plus chaque année autour de ce qui nous rassemble tous : la littérature. Oubliés les inquiétudes, le stress de l’organisation, les messages désolés et tristes des empêchés pour de bon… Nous étions vendredi 13 et seul le bonheur avait droit de cité dans les magnifiques locaux de la SGDL qui nous accueillait pour la troisième année consécutive.

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Une quinzaine d’auteurs de la sélection 2019 nous ont fait le plaisir de se livrer au petit jeu de questions / réponses destiné à les connaitre un peu mieux de façon ludique, face à un public ayant déjà pour une grande part lu leurs ouvrages. Avec nous également quelques auteurs « chouchous » comme on aime à les appeler, simplement parce que l’on se suit mutuellement depuis le début. On grandit ensemble en quelque sorte.

Nous avions également à cœur de mettre à l’honneur les actions des 68 premières fois dans les maisons d’arrêt du Mans, de Strasbourg et de Nancy : Pascal Manoukian, Caroline Laurent, Gilles Marchand et Sebastien Spitzer font partie des auteurs qui ont participé à des rencontres avec les détenus et sont venus en parler avec justesse et un peu d’émotion lors d’une mini-table ronde. Rejoints à distance par Odile d’Oultremont et Jean-Baptiste Andrea dont Charlotte s’est fait le porte-voix en lisant leurs textes rédigés tout spécialement. Enfin, l’occasion d’annoncer que l’exploration de nouveaux terrains, vocation affirmée depuis la création de l’aventure va se poursuivre avec une action dans un CFA de Strasbourg à la rentrée prochaine.

Mais très vite, la fête a repris ses droits, et les rencontres se sont faites informelles, autour d’un verre ou d’un livre à signer…

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Les auteurs : Alexandra Alévêque, Géraldine Jeffroy, Stéphanie Dupays, Olivier Dorchamps, Victor Jestin, Abel Quentin, Stéphanie Kalfon, Constance Rivière, David Zuckerman, Gabrielle Tuloup, Sébastien Spitzer, Lola Nicolle, Hélène Jousse, Caroline Caugant, Caroline Laurent, François Pieretti, Gilles Marchand, Pascal Manoukian et, Edith de Cornulier Secrétaire générale de la SGDL

On a beaucoup pensé aux absents (qui ont pu suivre une partie de la soirée en Facebook Live grâce à la réactivité de Benoît), trinqué à leur santé et l’avenir des 68 premières fois qui sera notamment marqué par les lancement en janvier de « Mes premières 68 », deux sélections de littérature jeunesse à destination des 9-12 ans et des 13 ans et plus, une nouvelle aventure animée par une équipe dédiée et pleine de passion. Nous y reviendrons, ainsi que sur la suite et les perspectives pour 2020.

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Un grand merci à tous les lecteurs qui contribuent, par leur enthousiasme, leur curiosité sans faille, leur assiduité à faire vivre et durer cette belle aventure. Un grand merci aux auteurs, sans lesquels nous ne sommes rien. Un grand merci aux éditeurs qui jouent le jeu chaque année. Vos sourires, sur les lèvres et dans les yeux sont les meilleurs des encouragements.

Bonnes fêtes à tous et à très vite !

 

Dénouement – Aurélia Foglia

“ Les escaliers sonnent sous ses talons, l’entrée sent les fleurs qui cuvent, le couloir est de marbre, elle court, prise de culpabilité. Les meubles sont là mais les autres ? “

Denouement

Une vie de couple, une vie qui s’éteint dans le pathétique du quotidien qui échappe, s’enlise, mince fil qui relie. Une femme dans le brouillard, dans le dénuement du rien, de ce moment où tout s’échappe, s’étiole, est bancal, cherche un nouveau souffle, une autre vie, un autre possible à vivre. Le dénouement dans le dénuement. Trouver l’issue de secours, tenter de reconstruire une vie quand tout s’extrait de soi : la femme, la mère, la fille, l’amante, la maîtresse, soi. Se débattre. Séparer l’ivraie de l’ivresse, de tout ce qui bloquait, empêcher de respirer, d’être. Retrouver l’essentiel, l’essence vitale. Est-ce possible ?
Dans une langue contemporaine, rapide, précise, concise, à la limite d’une certaine « violence imagée », d’une noirceur dépressive, de lignes de fuite et d’horizon qui s’amenuisent, deviennent floues, Aurélie Foglia nous amène à la recherche d’un soi, à nous poser des questions sur ce nous, ce Elle qu’elle ne prénomme pas ou peu, lorsque le couple n’est plus rien et que rester ne sert à rien, malgré l’enfant, malgré la vie, malgré les schémas dans lesquels on se bat, se reproduisent inlassablement.
Pas d’état d’âme ou de ton larmoyant. Une forme de non-émotion, d’usurpation, de vol. La mise à sec d’une réalité, la livraison brute de ce on qui n’est plus, du détachement de la vie quand tout s’éloigne, meurt, se délie. Des phrases sèches et grasses comme des couteaux qui étalent grossièrement la peinture défraîchie. Une poésie comme un appel d’air qui entre par bourrasque, fraie dans la lueur d’un dénouement, d’un silence qui s’use et devient une possible vie, avec ou sans colère, abattement raisonnement. L’effacement avant le réveil d’un être vivant. Dénouement.
« Il n’y a pas d’organe plus caché que le cœur. » – Sabine Faulmeyer
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C’est l’histoire d’une usure, d’un désespoir, de la vulnérabilité, de la honte.
Voici venu le moment de la grande résolution : partir.
Dolorès est une épouse, une mère, une prof de math qui s’accommodait du rapport confortable dans sa vie aux objets, à sa famille tel le robot ménager fiable, silencieux.
Elle se décompose, elle s’effondre de l’intérieur.
Elle même devenue la chose de son mari, elle s’écroule. Transparaît ainsi sa fragilité.
Deux axes dans ce livre sont intéressants.
Tout d’abord, les personnages : ils sont tous abominables, monstrueux.
Sa mère, être égoïste et insensible, le vieil ami, mi fermier mi rentier qui donne un sens à la vie via le chagrin et le renoncement, son fils, David, petite boule de refus destructrice et cruelle, la banquière « philosophe », l’avocate, acide, grossière, brutale. Enfin, Christophe, son mari riche, protecteur, pervers qui la réduit à l’état de loque, de dépendance. Il fait de Dolores une moins que rien.
Elle va avoir la force de combattre cet état de soumission pour replonger à nouveau… tel est le dénouement de chacune de ses histoires : la rupture.
Le second axe qui peut être relevé dans ce roman c’est la place que réserve Dolores aux objets et le parallèle qu’elle en fait avec sa déliquescence.
Malgré ces deux entrées, les répétitions, les longueurs peuvent agacer.
Ce roman ne m’a pas déplu mais je n’en ferai pas mon coup de cœur de la semaine ;). – Alexandra Lahcène
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Dolorès quitte son mari et affronte seule les fins de mois difficiles, et l’indifférence de son fils qui lui préfère son père et lui dit, avec la brutalité et l’égoïsme de l’enfance, qu’il ne l’aime pas. Elle finit par s’inscrire sur un site de rencontre et se met à fréquenter Jean. Qui va la quitter à son tour.

Quitter ou être quitté. Aimer, puis ne plus aimer, parce qu’on est trop différents, parce que la vie à deux relève parfois d’une alchimie qui se ne fait pas. Dolorès s’interroge, souffre, déprime, et se montre parfois d’une intransigeance aussi forte que celle de ses partenaires. Elle est enfermée dans un processus de répétition dont elle ne sort d’autant moins qu’elle semble assez passive, se maintenant dans une position de victime qui l’empêche de se remettre en question. Difficile, à mon avis, d’avoir beaucoup de sympathie pour ce personnage, ainsi que pour les autres, qui sont tous assez monstrueux à leur façon. A commencer par le père, une espèce de brute mal dégrossie, un peu pervers, et le fils, dont la cruauté m’a semblé peu vraisemblable. Sans parler du deuxième compagnon, encore plus brut de décoffrage que le premier. Par ailleurs les choix de l’auteur, avec un point de vue unique, celui de Dolorès, une narration chronologique au présent, l’omniprésence des objets personnifiés, qui devient à la longue assez pesante, donnent au récit un aspect longuet et répétitif auquel je n’ai pas adhéré. – Emmanuelle Bastien

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Dolores quitte son mari volage en lui laissant son fils David , petit despote hyperactif . Cette vie lui pèse , l’abandonner aggrave sa dépression . Elle trouvera refuge auprès de Jean , il finira par se lasser .
Roman sur la complexité de vivre, l’insatisfaction, les ambivalences et les contradictions. Pourquoi toujours vouloir reproduire ce que l’on a fuit ?
Texte plutôt juste , mais pas incontournable voire agaçant … – Anne-Claire Guisard
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« Le pessimisme est d’humeur ; l’optimisme est de volonté ». Alain, Propos sur le bonheur

« Et si elle n’en veut pas, de la liberté ? Elle ne pense qu’à s’en débarrasser de sa liberté, cette seconde virginité malvenue de la solitude. »

Elle, c’est Dolorès. La douleur, c’est elle. Alors, quand elle se peint ainsi,

« Elle qui est si bien lunée. S’émerveillant, d’aussi loin qu’elle se souvienne, d’une branche qui bouge, d’une nuance dans un nuage, toujours d’accord et de bonne humeur, au point que cette joie sans raison fait d’elle un être presque inadapté au réel, à sa jungle, à ses logiques sombres et rapaces. »

 pitié, ne vous faites pas avoir, c’est un faux !

Dans ce roman, tout n’est qu’absence d’horizon et de perspectives, tout est d’une grisaille éteinte et désolante.

Enseignante de mathématiques en collège, Dolorès quitte Christophe, son mari volage, abandonne derrière elle le confort d’une maison et son fils, David, un gamin odieux qui, la plupart du temps, la laisse vaincue :

« Cet enfant n’a jamais fait corps avec elle, même quand elle le portait, un inconnu qu’elle découvre toujours avec une sorte de crainte. »

Dénouement raconte, quoi de plus banal, la séparation d’un couple. Le désarroi et la dépression post-divorce qui menacent Dolorès d’effondrement sont transcrits dans une langue moderne faite de phrases hachées, déconstruites pour dire sa souffrance, son impossibilité d’être à ce qui l’entoure, la perte de ses repères :

« Un restaurant sert non pas à manger mais à se retrouver face à face et patienter, c’est-à-dire parler, n’avoir rien d’autre à faire que se. »

Le texte est saturé – gangréné serait plus juste – de termes négatifs, dépréciatifs : le climat y est menaçantimpossibledifficilemonotone ; elle y est craintiveabîmée ; les gens y sont frileux ; les meubles, sombres, les photos, surexposées ; tout n’est que malentenduécroulementfissures ; les objets sont casséséchoués. La syntaxe, quant à elle, suinte de phrases aux formes au pire négative au mieux restrictive, c’est dire !

« Ils n’étaient pas. Pas spécialement séduisants. Pas jeunes pas riches rien. Ne crois pas. C’était pas moi qui choisissais. Je. Prenais ce qui se présentait. »

Dénouement, écrit du seul point de vue de Dolorès, pâtit des choix narratifs opérés. Cette monotonie univoque, même si elle sert le propos, m’a anéantie dans ce flot que Dolorès « débite à toute vitesse sans y mettre d’intonation » et où peu de clichés m’auront été épargnés.

Alors quand soudain, là, vers le milieu du livre, je tombe enfin sur ce que je n’attendais plus,

« Elle, Dolorès, se lance. Il est grand temps. Parce qu’à présent de tout son être abîmé il y a quelque chose dont elle veut se saisir, c’est la vie. »

 l’incurable optimiste que je suis veut y croire. Je me dis que la lectrice en moi va pouvoir aller l’avant, s’extirper de ce marasme, de cet horizon bouché, indépassable et sans issue. Le moment est venu de rompre avec le passé, pour elle, avec les 146 pages précédentes, pour moi et, pour nous deux, de jeter un dernier coup d’œil dans le rétroviseur avant de prendre un nouveau départ.

J’en serai pour mes frais. C’est accablant ! Alors, quand se noircissent les dernières lignes, je suis soulagée de pouvoir unir ma voix à celle de Jean, amant de passage trouvé sur Internet :

« Je ne peux plus. Je te jure. Peux plus. À bout. On s’était juré de ne pas s’installer dans le mensonge tu te souviens ? Je pars à l’étranger. J’ai quelqu’un. »

Je pars. J’ai une autre lecture.  – Christine Casempoure

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Il faut être plutôt en forme et optimiste lorsqu’on attaque Dénouement, qui est une apologie du verre à moitié vide, incarné par une jeune femme sur qui le destin s’acharne obstinément : son couple bat de l’aile, son enfant la rejette c’est d’ailleurs un petit monstre insupportable, son travail ne la passionne pas et l’angoisse et la relation avec ses parents la conforte dans son sentiment d’imposture. La séparation est inéluctable, avec perte et fracas, le macho qui est son ex, entend bien tout gagner dans l’histoire. L’attitude de l’enfant, la confronte à ses propres faiblesses qu’elle vie comme autant d’échecs dont elle s’attribue tous les torts. Quelle soit femme, mère ou enfant, Dolorès porte bien son prénom.
Une petit lueur d’espoir apparaît lorsqu’elle essaie de se reconstruire, après un épisode de dépression sévère : Internet est un portail facile mais peu fiable. La rencontre et la relation qui se met en place avec Jean semble vouée dès le départ à l’échec.
Belle écriture avec le sens de la formule, mais un tantinet désespérant tout de même. La pathologie dont souffre cette jeune femme appose un filtre grisâtre sur le scénario de sa vie, et une petite thérapie semblerait hautement nécessaire, sans laquelle le schéma d’ensemble risque fort de se répéter sans relâche
Histoire malheureusement banale d’une dépression ordinaire, avec une vraie qualité d’écriture. – Chantal Yvenou
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Dolorès, c’est la dépression latente. Elle n’en peut plus d’être coincée dans son beau pavillon de banlieue, entre les horaires de l’école et le ménage, entre son fils David, enfant hyperactif qui se conduit comme un véritable despote auprès d’elle, et un mari qui la trompe, sans même s’en cacher vraiment !
Elle décide enfin de fuir ce foyer, elle préfère se retrouver seule, abandonner ce fils qu’elle ne comprend pas et qui ne l’aime pas, le mari, le pavillon qu’elle a décoré elle-même, elle laisse tout, ne demandera rien au moment du divorce. Elle embarque quelques effets personnels pour revenir chez ses parents, mais là, la relation entre eux n’est pas au top non plus. Elle finit par s’installer dans un studio, elle ne peut pas se permettre de prendre plus grand, son salaire de prof à mi-temps n’est pas suffisant. Il y a bien cette rencontre, Jean, une aventure trouvée sur un site de rencontre, qu’elle espère durable, mais qui finalement se révélera décevante, pas fait pour elle ! Jean finira par ressembler fortement à celui qu’elle vient de quitter. Elle finira par se lasser de Jean aussi, pour partir à l’étranger, mettre de la distance entre sa famille et elle !!
Laissera-t-elle sa dépression derrière elle ?!
Il vaut mieux commencer ce livre pleine d’optimisme face à la vie !! Sinon, on est sûr d’arriver à la fin de l’histoire, un tantinet dépressive ! – Brigitte Cheminant

Le détachement – Jérémy Sebbane

On grandira plus tard.

Le detachement

J’ai lu ce roman très rapidement, me laissant happer par les vies de Juliette et Maxime et j’ai trouvé l’approche originale.

Juliette rêve littéralement sa vie. Elle ne fait rien, ne travaille pas et attend « que la vie soit plus clémente ». Comme cela n’arrive jamais, elle rêve et y croit si fort qu’elle présentent ces rêves comme la réalité aux autres, principalement à son meilleur Maxime. Celui-ci n’est pas dupe, mais la laisse faire. Cela le distrait, sa vie à lui n’est pas simple. Juif, il voudrait faire plaisir à ses parents, épouser une fille juive et fonder une famille. Seulement, il préfère les garçons et a très peur de l’amour et de souffrir. Il travaille dans le monde de la politique, écrit les discours des ministres, mais est bien trop tendre pour ce monde-là et ne se sent pas heureux.

C’est une histoire assez simple finalement que propose Jérémy Sabbane mais qui fonctionne. Un portrait d’une génération désabusée, qui ne croit plus en la politique française (l’histoire se déroule sous le quinquennat de Hollande), qui s’abrutit dans des fêtes mondaines, qui préfère rêver sa vie plutôt que d’affronter la réalité. Et puis il y a une jolie réflexion sur que faire quand on entre pas de moule ? Que faire de notre différence ? La subir, l’assumer, la gommer, la nier ?
J’ai également trouvé intéressant de découvrir le monde des ministères de l’intérieur. L’auteur s’y connaît puisqu’il a lui-même été la plume de personnages politiques, dont Manuel Valls, avant de se lancer dans l’écriture.

« Pour ne plus avoir peur du passé, nous l’avions corrigé et pour ne pas craindre l’avenir, nous avions décidé de l’inventer« .
Une jolie découverte. – Marie-Anne Pittala
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Une grande surprise qu’a été ce roman pour moi.
Je ne m’attendais pas du tout à ce type d’histoire mais j’ai adoré.
Les personnages sont très bien décrits et on y croit. Le tout est vraiment agréable à lire. Le style est simple.
Les thèmes abordés au fil du livre sont d’actualité : la politique, la sexualité, l’érotomanie, le théâtre, les attentats.
Je suis subjuguée par l’audace de cet auteur de réunir tous ces sujets dans une même histoire, et ça tient la route !
La chute de l’histoire est terrible et on ne s’y attend pas du tout.
Il s’agit là d’une lecture troublante, névrotique… – Emilie Troussier
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Ça commençait plutôt bien : une héroïne mytho, et fière de l’être (ou tout au moins prompte à minimiser l’importance et l’impact de ses déformations de la vérité), un interlocuteur qui tel un poisson rouge au milieu d’un banc de requin, tente de se frayer un chemin dans les hautes sphères gouvernementales (alors qu’il n’a pas fait l’ENA!), dont l’instabilité n’a d’égale que la mouvance avec laquelle il recherche un compagnon. Ces deux-là étant fort sympathiques, on chemine volontiers avec eux en compatissant aux aléas de leur destin.
Et puis un mensonge, une ré-interprétation des faits, vient casser la fantaisie. La mythomanie devient érotomanie. Plus qu’un défaut attendrissant, cela devient une pathologie. Et tout l’art de l’auteur est de nous balader sas que l’on sache tout de suite où est la vérité.
C’est sur un drame, collectif et individuel que s’achève le récit. Et là on a plus envie de pleurer que de rire.
L’auteur sait manier la langue et manipuler son lecteur.
N’y a t-il pas cependant un trop grand contraste entre l’entrée en matière, légère et drôle et cette fin autrement grave? J’avoue avoir mis un peu de temps à comprendre l’évolution du discours, qui sur le moment m’a paru incohérent. Il aura fallu quelques jours de décantation pour que tout prenne sens.
J’en garderai un bon souvenir. – Chantal Yvenou
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Le roman est centré sur Juliette et Maxime, deux amis très proches, fusionnels, depuis l’enfance confidents l’un de l’autre de leurs amours déçus et de leurs rêves. Ils ont trente ans.
Maxime aime écrire, il erre entre la jungle du pouvoir, où il exerce la fonction de plume d’un politicien, et le marécage de la littérature et des acteurs, où il voudrait percer. Sa vie amoureuse est compliquée car il n’assume pas son homosexualité.
Juliette ne vit que par et pour l’amour d’un homme à peine rencontré et déjà mort.
Deux personnages à l’esprit imaginatif, deux âmes en errance qui peinent à trouver une existence dans la brutalité du monde réel, deux êtres immatures.
Où est le vrai, où est le faux, il faudra lire tout le livre pour le comprendre, en suivant le récit de l’un et de l’autre.
L’histoire du roman est donc intéressante, malheureusement j’ai trouvé factice la manière de la raconter. A aucun moment, je ne me suis attachée aux personnages, ils me semblaient artificiels. Ils parlent beaucoup, dans un style d’écriture très plat, un mélange de langue orale et écrite. L’identité sexuelle est au cœur du roman mais il y a très peu de sexualité. On frôle aussi la folie, sans que l’auteur ose y plonger complètement.
Je n’ai pas aimé la référence aux attentats parisiens, même si je suppose qu’ils ont été introduits en tant qu’élément de contexte de l’époque.
A mes yeux, le roman n’est pas abouti, peut-être que le sujet était un peu trop ambitieux. Ou trop vaste. – Adèle Binks
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Juliette et Maxime sont les meilleurs amis depuis l’enfance. Ils se connaissent par cœur. Maxime sait et compose donc avec la mythomanie de Juliette qui s’invente un monde auquel elle croit plus que tout.
Un soir, Juliette bascule un peu plus dans le fantasme de sa vie et Maxime refus de la suivre. Il se détache mais vit mal cette séparation.
Ils finiront donc pas se retrouver.
Difficile pour moi de mettre des mots sur cette histoire. Je pense avoir un ressenti très singulier quant à la chute de cette histoire qui prend un twist imprévisible à la toute fin.
Car pour moi, Maxime et Juliette ne font qu’un. Ils sont les deux faces d’une même personne.
Du moins c’est ma lecture et je ne pense pas être suivie pas beaucoup, j’aimerai pouvoir en discuter avec l’auteur.
Un moment plaisant en tout cas. – Emmanuelle Coutant
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Depuis toujours, Juliette aime raconter des histoires. Maxime, son seul confident, l’écoute et fait semblant de la croire. Bienveillant, il sait qu’elle a souffert. Mais tout bascule entre les deux amis lorsque Maxime, à qui Juliette a narré durant des semaines une relation passionnée avec un dénommé Raphaël, découvre que ce dernier est mort le soir de sa rencontre avec la jeune fille. Juliette qui refuse de vivre dans le réel préfère croire que tout le monde se ligue contre elle pour nier son histoire d’amour avec Raphaël. Elle devient une veuve imaginaire, s’invente la vie qu’elle aurait pu avoir avec le défunt et va à la rencontre des proches du jeune homme qui n’ont jamais entendu parler d’elle. Fatigué des mensonges de son amie, Maxime se détache d’elle. Et si la solution était d’inventer un autre monde moins décevant que celui dans lequel ils évoluent ?

Le détachement est un roman à deux voix qui met en scène une amitié inconditionnelle entre deux jeunes gens. Elle, mythomane, va se révéler érotomane au gré des pages. Lui, une plume, va accéder à son rêve, devenir conseiller politique et être confronté à la violence de ce milieu sans pitié pour le non-énarque qu’il est. Elle se rêve en veuve éplorée d’un homme disparu qui ne l’a jamais connue, lui se rêve auteur d’un comédien qu’il admire secrètement, se rêve amant d’un jeune homme alors même qu’il n’assume pas son homosexualité. L’un comme l’autre trouve refuge dans leur bulle, leur imaginaire, plutôt que d’affronter la réalité. Tous deux sont immatures, en ont parfaitement conscience et se disent qu’ils grandiront plus tard.

Je ne vais pas vous mentir, d’abord j’y ai cru. Puis très vite mon mental m’a déconnectée de la réalité. J’étais passionnée par l’histoire que Jérémy Sebbane me racontait, j’étais attachée à Juliette et Maxime au point de ne faire qu’une comme eux. Impossible de lâcher ce livre. Très vite j’étais déjà ailleurs, dans le cabinet d’une psy, d’un ministre… et puis subitement j’ai grandi. C’est donc complètement détachée que j’ai tourné la dernière page.

J’aurais aimé prolonger un peu la réalité, vous raconter des histoires… Bien que la plume de Jérémy Sebbane soit agréable, fluide, bien qu’il m’arrive parfois de tenter de rendre la vie plus jolie, bien que nous aurions pu nous aimer, je ne vais pas vous mentir, Le détachement ne m’a pas embarquée. – Fabienne Defosse

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« Depuis toujours, j’aime raconter des histoires. Pas mentir. Juste prolonger un peu la vérité. Tenter de rendre la vie plus jolie, plus supportable. (…) Le seul qui me comprend, c’est Maxime. Lui non plus, il n’aime pas le réel. Il le trouve décevant. »
Maxime et Juliette sont amis. Jeunes adultes, proches de la trentaine, évoluant comme ils peuvent dans notre monde qu’ils jugent, à raison ou non, là n’est pas tellement la question du roman, trop violent et contraignant. Maxime réussit malgré tout à s’inscrire socialement quand Juliette ne travaille pas, fuit les gens, un peu canard boiteux, à la marge. Les deux s’entretiennent et se soutiennent dans cette différence dont ils disent souffrir, cette sensibilité décalée qu’ils revendiquent aussi par moments.
L’auteur emploie le terme « adulescents » lors d’une soirée en début du roman. Il s’agit bien de cela, dans le refus de la réalité trop cruelle à affronter, ce ton toujours à la frontière de la moquerie, de l’insolence, de l’effronterie pour mettre à distance, et se complaire aussi parfois dans un déni protecteur. Prendre de haut le monde et ces autres si décevants pour ne surtout pas se remettre en cause, ne pas trop se bousculer même si l’un comme l’autre continuent de s’enfoncer dans la mièvre répétition de leurs peurs, lâchetés, empêchements et amours malheureux… Les arrangements respectifs et complices qui relient au début de Maxime et Juliette, vont au fur et à mesure les séparer car l’écart grossit et les manigances avec la Réalité des deux amis ne relèveront plus de la même mécanique consciente.
Étonnant le titre de ce roman quand tout tourne, selon moi, autour de l’attachement : le rêvé, espéré, naïf, exacerbé, obsessionnel, tordu, cruel, défensif, régressif, pulsionnel, fusionnel… .et j’en passe. Détachement en intitulé comme un appel, un nécessaire bouleversement à opérer pour s’équilibrer, s’ancrer à une place ? Se détacher des repères lesquels s’ils sont essentiels un temps, peuvent ne plus correspondre les années passant, les idéaux qu’il faut parfois revoir à la baisse, les ambitions à dégonfler pour se recentrer sur les élans plus humbles mais authentiques ? Le détachement dont je me peux m’empêcher d’entendre la tâche à faire disparaître, à blanchir, dissimuler quand sa noirceur créé trop d’embarras…
Je dois être honnête : j’ai eu du mal à adhérer à cette histoire, du mal à être touchée par les personnages et à être emportée par leur amitié. Les digressions permanentes pour servir leurs propos très auto-centrés sur la vie, propos souvent très en surface, refoulant systématiquement l’honnête introspection, survolant la vraie nature des problèmes au profit du rictus ou du souffle à provoquer avec un trait d’esprit, un humour grinçant, très parisien (microcosme affiché), m’ont un peu ennuyée. Les rôles secondaires restent ternes, dans une séduction facile, exagérément sûre d’elle, et ce narcisse décomplexé est vite irritant. La pudeur serait-elle en cause pour se protéger ? Je garde la question ouverte faute de l’avoir suffisamment ressentie à la lecture, au cours de laquelle j’aurais aimé plus de sincérité.
Il y aurait eu matière autour du mensonge et de la pathologie avérée de Juliette laquelle se convainc de vécus partagés, loin, loin d’un déni usuel, recours facile par le grand nombre. La tournure que prend le livre à cette révélation offre les meilleurs passages : Juliette est inquiétante et ses intrusions audacieuses, obstinées, dans l’existence d’une famille sont bien retranscrites. Les dialogues sonnent justes, le décor est campé et on sent monter la dangerosité de cette intrigante qui trouble jusqu’au lecteur, comme font vaciller ceux qui ne laissent aucune place au doute minimal, densité de la conviction fatale, claironnée, semble-t-il infaillible alors qu’irraisonnée, pierre angulaire d’une néo-réalité qui soutient toute la structure de la jeune femme.
Or nous revenons à Maxime et son épanchement ! Ce va et vient narratif entre les deux protagonistes essouffle selon moi le lecteur, comme un combat d’égos dont on se retrouve spectateur, encore et toujours eux… Quels étaient donc la trame et l’objet de ce roman ? Il aura bizarrement plus résonné en moi comme deux journaux intimes lesquels ne se répondent pas mais se montrent, noyant une intrigue pourtant bien écrite, rarement développée, laquelle monte en puissance dans un style fluide…en quelques pages abandonnée, au profit d’un égotisme un peu trop adolescent à mon goût.
La fin se voulait peut-être surprenante, inattendue. Le recours à un événement tragique devient prétexte à un drame inopiné et à un hommage à l’émotion un peu déplacée puisque rien ne rend honneur à Juliette, malgré l’intention annoncée. Juliette, une fois mise à nue, est presque cruellement délaissée dans la déception et le malaise décrits, sans autre élan ou main tendue sinon encore dans les non-dits d’une amitié de plus en plus factice. Ces derniers mots m’ont lestée d’une sensation désagréable : utilisation un brin facile des émotions nationales pour se faire valoir plus que pour mettre en lumière un autre ou un lien.
Le détachement est donc bien à l’œuvre…mais de quel attachement parlait-on et duquel fallait-il se défaire ? Bien sûr se devinent, entre les lignes défensives et complexées, les deux solitudes qui se raccrochent l’une à l’autre…. le délitement d’une affection vieille de la jeunesse partagée….or quel traitement en est-il fait ici ? Le détachement deviendrait posture ou étape simplement décrite ? Mes questions s’accumulent, preuves de ma grande perplexité. Avancer masqué, camoufler la tendresse derrière une ironie redondante, la tendresse dont on attrape au vol quelques échappées toujours rapidement recouvertes, balayées par les fumigènes de la dérision et de la fuite, tend à desservir l’histoire, à risquer de paraître futile et à créer de la distance avec le lecteur, à ne pas l’attacher en effet.
Cependant l’écriture de ce premier nous permet de découvrir un vrai talent pour le sens de la répartie, un ton incisif et sans doute un regard affuté et éclairé sur des univers impitoyables, regard dont j’aurais apprécié davantage l’observation poussée. – Karine Le Nagard
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Vivre sa vraie vie avec détachement, vivre ses rêves avec détachement. Maxime est un jeune homme, qui travaille dans le milieu politique, dont l’auteur apparemment connaît bien les coulisses. Désabusé sur la politique, sur les intrigues dans les cabinets ministériels, désabusé par sa vie personnelle (est il vraiment homosexuel, pourquoi être aussi déçu, désabusé, est ce l’air du temps de cette génération ??!!!). Juliette, son amie de toujours, vit dans ses rêves et y croit dur comme fer en ses aventures et entraîne les autres dans ses rêves, fantasmes. Des pages intéressantes sur l’air du temps, sur les trentenaires parisiens. Des pages touchantes sur la suite des attentats de Charlie et de novembre. Trois derniers chapitres avec un cruel retour à la réalité, de la vraie vie avec la soirée de novembre dans Paris et quand la violence anonyme fait prendre conscience de la réalité. Un petit bémol pour ce texte, par l’emploi de mots trop familiers (« maquer », « gerber », « nazes »), de la novlangue et quelques termes que je qualifierai vulgaires (« tu te fous de ma gueule », « tu pécho des gay.. »). L’auteur passe de Racine, Proust au langage familier, voire vulgaire. (découvert un terme « nithridatisé » = insensibilité, indifférence acquise par l’habitude, un mot qu j’ai découvert et grâce à mon dictionnaire préféré, j’ai découvert que c’était un terme proustien). Donc des bons moments mais aussi des moments qui m’ont sensiblement agacés.- Catherine Airaud
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Ce roman est écrit à deux voix. Il alterne lui (Maxime), elle (Juliette).
On suit nos deux héros dans leur vie de tous les jours. On vit leurs fantasmes, la difficulté de la vie réelle. Ce sont deux amis qui ne se quitte pratiquement pas et qui finiront par s’éloigner, puis ils se retrouveront.
Juliette se crée un monde imaginaire, ne cherche pas de travail et vit dans l’irréalité. Elle n’arrive pas à grandir.
Maxime, conseiller politique est déçu par son travail et ses amours.
Tous deux sont de grands enfants.
Ce roman mêle l’amour, l’amitié, la politique. Un livre agréable à lire. Le début est amusant et au fil du livre des sujets plus graves dont abordés jusqu’au dénouement final. – Hélène Grenier