Les 68 premières fois à la Fête du livre de Merlieux

Nous l’avons souvent dit : ce sont avant tout les lecteurs qui font des 68 premières fois une belle et chaleureuse aventure. Ils lisent, ils s’émeuvent, s’enthousiasment ou s’indignent, ils portent les livres qu’ils aiment et se déploient dans tous les lieux qui rassemblent autour de la littérature et de ceux qui la font. Ce sont des passeurs, des petites fourmis dont les travaux mis bout à bout parviennent parfois à faire des miracles. Parmi eux, il y a Sophie Gauthier, dite Merlieux l’enchanteur en raison de son implication active dans l’organisation de la Fête du livre de Merlieux.

68_Merlieux affiche

Chaque année depuis 25 ans, les villages de Merlieux et Fouquerolles dans l’Aisne se transforment en une immense librairie à ciel ouvert et accueillent auteurs, éditeurs, bouquinistes, librairies locales autour d’animations, de rencontres et de manifestations où la convivialité est le maître mot. Ambiance champêtre et bonne chère font de ce rendez-vous annuel de fin d’été ou de début d’automne un événement unique où toutes les littératures sont représentées. Derrière la décontraction apparente se cachent un professionnalisme et une abnégation sans faille d’une armée de bénévoles passionnés qui ont à cœur de veiller à la réussite de chaque édition. Un collectif qui supervise également toute l’année l’organisation du Prix Merlieux des Bibliothèques, de la première sélection des romans à partir de la Rentrée littéraire de septembre au choix final des bibliothèques de la liste des 5 finalistes qui seront départagés par les lecteurs.

68_Merlieux auteurs

Pascal Manoukian, Julie Moulin et Jean-Marc Ceci

Il est peu de dire que La fête du livre de Merlieux et les 68 premières fois partagent beaucoup de choses. Comme le dit si bien Sophie Gauthier :  «  la fête du livre telle que nous la concevons et les 68 premières fois partagent en quelque sorte le même « esprit  » et défendent des valeurs similaires : porter la lecture vers les publics empêchés, susciter le désir de lire, de partager, d’échanger et semer des petites graines d’humanisme et de générosité ». Nous partageons également un « chouchou » en la personne de Pascal Manoukian dont Les échoués a enthousiasmé les lecteurs de l’édition 2015 des 68 premières fois avant de remporter le Prix Merlieux des Bibliothèques 2016 dans la foulée. Alors cette année, les 68 premières fois étaient aussi présents à Merlieux grâce à l’initiative de Sophie et à la présence de certains auteurs des sélections 2016 et 2017 (Julie Moulin, Sandra Reinflet, Jean-Marc Ceci, Gilles Marchand… et bien sûr Pascal Manoukian chargé de remettre le prix à son successeur).

68_Merlieux

Les 68 premières fois étaient à l’honneur ce week-end à Merlieux, grâce à un petit coin dédié et surtout une mise en avant des premiers romans de la sélection. Une belle manifestation de solidarité entre passionnés animés par la même envie de faire découvrir de nouvelles plumes au-delà des salons feutrés du Paris littéraire. Il y avait du soleil, des amis, des nourritures pour le corps et l’esprit…

Même Jean-Marc Ceci (68 premières fois promotion 2016) le dit : « Merlieux l’Enchanteresse… Des accueillants souriants m’ont rempli de mots gentils, ils m’ont guidé à travers les rues où je me suis perdu trois fois et où les livres débordaient de partout ! Il y a régné un sentiment de convivialité et de bien-être, j’y ai retrouvé des gens radieux que j’apprécie et j’ai rencontré de belles personnes. Je suis parti chargé d’attentions délicates et du souvenir de mots tendres qui résonnent encore en moi. Merci l’Enchanteresse… »

Quant à Sandra Reinflet (68 premières fois promotion 2017), on dirait que l’expérience ne lui a pas déplu : « J’ai quitté les dorures d’un salon bourguignon pour traverser la France, vers le Nord, vers Merlieux (l’Enchanteresse, parait-il). Il était tôt et ma tête était en l’air, ou en tout cas, ailleurs, mais j’avais promis, alors, je me concentrais sur les kilomètres qui défilaient et me rapprochaient de la fête. Parce que c’est bien de fête qu’il s’agit. À l’arrivée, un groupe de petits hommes verts plus extravagants qu’extraterrestres attendaient et guidaient les visiteurs vers leur planète à histoires. Ici, pas de crus classés, mais une classe du crû. Sophie et ses bénévoles trois étoiles ont mitonné pour nous leurs spécialités, nos mots nous ont précédé (la veille au soir, des lecteurs ont prêté leurs voix à nos pages), et le public vient éclairé. Quelle joie de signer des livres couverts d’un plastique d’écolier, parce qu’ici la littérature est aimée, protégée, partagée. « Ne parle pas aux inconnus » est en bibliothèques. Déjà les doigts ont laissé des marques, des empreintes. Là une page cornée, ici la trace d’une goutte d’eau échappée d’un verre ou, qui sait, d’une paupière… Je n’ai passé que quelques heures à Merlieux, mais, nul besoin d’apparats, ou d’apparences, ce petit salon là parle au coeur. Enchanteur, c’est exactement ça. Merci ! »

Vivement l’année prochaine !

(en attendant, vous pouvez vous amuser à dénicher les chroniques de Sophie/Merlieux qui truffent les pages du blog car, lorsqu’elle ne s’occupe pas de la Fête du Livre, elle lit et chronique tous les premiers romans de la sélection)

 

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