Maestro – Cécile Balavoine

Comment d’une passion d’enfance devenue passion de toute une vie, réussir l’alchimie d’un roman qui touche à l’universel ? Passions amoureuse et musicale se lient sous la plume élégante de Cécile Balavoine pour offrir au lecteur un pur moment de grâce.

Maestro

 » Ivresse, lumière, plénitude. » Ces trois mots que Cécile Balavoine fait prononcer à son « Maestro » à propos de la musique qu’il dirige résument à eux seuls les émotions ressenties à la lecture de ce roman. « Maestro », c’est une rencontre, entre une enfant et la musique, d’abord, celle de Mozart. Un coup de foudre pour l’enfant génie de la musique, une évidence qui fait sens dans sa vie. La petite fille grandit, le rêve de faire de la musique sa vie s’éloigne brutalement. Mais Mozart, lui, reste. Habitée par sa musique et par son personnage, Cécile, devenue jeune fille, ne cessera de le croiser sur sa route, volontairement, dans ses pèlerinages annuels à Salzbourg – « c’est bien dans cette ville qu’il faut être », où la présence de Mozart est encore si forte, ou bien au hasard de ses rencontres, à New York, Paris ou Venise. C’est une autre rencontre, déterminante dans sa vie, qui nous est racontée ici, sous la forme d’une confidence. La rencontre avec le Maestro, grand chef d’orchestre que Cécile, devenue journaliste, doit interviewer par téléphone. Et c’est, à nouveau, comme une évidence. Leurs voix se reconnaissent, et bientôt l’envie d’être ensemble, le désir de caler leurs vies sur la même pulsation, celle de la musique, et de l’émotion pure, forte, vitale, dépasse toute forme de raison. Nous assistons à la confession, tout en chuchotements, de la passion avouée de Cécile « pour un mort, son mort, notre mort, Mozart », en même temps qu’à la naissance d’une passion amoureuse d’une force inouïe. L’écriture est aussi douce et sensuelle que forte et passionnée, emprunte de la musicalité de Mozart, dont l’œuvre magnifique s’égrène à mesure que les amants se découvrent.  » La juxtaposition du sensuel et du sacré. « – Amélie Muller.

« Aucune maladresse, aucune fausse note à ce premier roman, abouti et singulier, que l’on a envie de ne pas quitter, pour garder cette chaleur, en réécoutant Mozart, évidemment. » – Extrait du billet de blog de Charlotte Milandri

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Se peut-il qu’un coup de foudre – Love at FIRST sight, disent d’ailleurs les Anglais – naisse à retardement ? C’est en tous les cas ce qui m’est arrivé lors de la lecture du premier roman de Cécile Balavoine, « Maestro ». A la page 18 très exactement, mon cœur a commencé à battre la chamade, mon corps à frissonner, ma tête à s’envoler. Oui, c’est vraiment au moment où Cécile, journaliste a appelé le « Maestro » pour une interview téléphonique, au moment où, comme elle, j’ai commencé à l’entendre que j’ai compris. J’ai compris que ce livre serait important, qu’il allait m’emporter, m’embarquer dans une aventure hors du commun.
Car ce récit, qui raconte l’histoire d’une jeune femme, tombée sous le charme de Mozart, et plus encore, lorsqu’elle avait neuf ans, et qui, devenue adulte et journaliste continue de vénérer ce fabuleux musicien, aurait pu être une banale histoire d’amour. Il aurait pu être un catalogue répertoriant les qualités de l’artiste, la liste de ses œuvres ou ses meilleurs interprètes. Il n’en est rien.
Ce roman frise, à mes yeux, la perfection : Pas un seul temps mort, pas un passage qui n’ait sa juste place, pas un mot qui ne soit mal choisi. L’écriture est magistrale et traduit à merveille les ressentis de Cécile, amoureuse d’un mort depuis son plus jeune âge et qui le retrouve dans la voix d’un autre. Cette voix, elle la décrit si bien qu’elle sort du livre pour arriver à mes oreilles. Le « Maestro » m’enveloppe aussi qui exsude la fragilité des grands, une difficulté à vivre l’ordinaire et la crainte présente face à un sentiment d’une force peu commune : « J’ai peur, Cécile. J’ai peur de ne plus pouvoir me passer de vous. J’ai l’impression que tout s’effondre. Vivre avec vous est impossible, vivre sans vous l’est tout autant. » Non, ce n’est vraiment pas une histoire d’amour banale mais un concentré de passion sublimée, de beauté intérieure, de gestes magnifiés par des expressions subtilement entrelacées où la musicalité des phrases fait écho à celle des morceaux du Maître glorifié. Cet ouvrage je ne l’ai pas lu, je l’ai écouté, entendu, respiré, vécu. Et puis, il y a les scènes d’amour magnifiquement dessinées, empreintes d’une flamme indicible, vécues jusqu’à l’infini. Les moments où les corps se rencontrent sont tout à la fois abreuvés de ravissement, de délectation, mais aussi nimbés d’une immense pudeur. Tout est beau, aérien, voluptueux.
J’avoue avoir été touchée au-delà de toute raison par cette lecture et reste coite devant tant de talent. J’aurais même envie de distribuer un bon point supplémentaire pour la partie « remerciements ». Je l’ai lue avec un immense plaisir tant elle était recherchée et formidablement rédigée. Trouver par ailleurs un nom ami parmi les personnes citées fut un véritable bonheur.
En un mot, comme en cent, cette découverte est, je l’ai dit, un coup de foudre. L’impact en a été magique et le tonnerre résonne encore . – Geneviève Munier
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Maestro m’a percutée. Dès les premières pages, un mot s’est imposé à moi et a martelé jusqu’à devoir l’énoncer à voix haute pour m’en débarrasser : « abouti ». Le rythme ; l’écriture directe, confiante ; les entrelacs du présent et du passé, du présent et des passés ; la sincérité du propos qui n’a plus peur de se dire sans éprouver la nécessité de convaincre ou de plaire… C’est un roman abouti qui s’impose à moi dès les premières lignes. Cécile Balavoine égraine au fil des pages les rendez-vous manqués, les malentendus, les ratés, les rêves avortés, les espoirs et déceptions qui scandent et entravent un chemin. Mais sans nous alourdir, sans nous en faire l’apogée, ni un drame encore moins une explication de texte. Avec élégance et pudeur, par petites touches, si infimes parfois qu’on pourrait passer à côté d’une information délivrée en catimini, l’auteur tisse point par point, dans un ordre qui ne répond à aucune logique sinon à celle d’une vie dont on ne mesure que trop peu les hasards ou les bienvenus : les événements, réminiscences, rencontres et éprouvés de son histoire.
Une voix, un père, Mozart, des amants, un Amour. Le père, première figure centrale, d’amour, d’attente et donc de pression et de cran d’arrêt. La rencontre amoureuse et sensuelle avec le piano d’abord. Et puis Mozart et la musique ! Heureuse de ne plus être seule, joyeuse de la découverte d’un univers, Cécile grandit dans et avec la musique et en ami intime Wolfgang. Un lien incontournable, une connexion inexpliquée, s’impose en maître et avec lui le poids d’une différence à assumer, la douleur d’un non-sens envahissant, mais indéniablement là, mystérieusement familier. Et puis cet invisible qui se glisse, ces souvenirs d’antan non vécus et pourtant si palpables, si ancrés en elle, et qui racontent un passé lequel trouve son écho dans le présent…On devine l’angoisse par moments d’être ainsi traversée et écrite par d’autres fantomatiques si proches et si lointains ; l’angoisse d’inventer sa singularité dans un écrin cousu main depuis des lustres en vivant pleinement son présent dans tout ce qu’il comporte de beau et de puissant.
Les énigmes se faufilent entre les pages sans jamais se dévoiler, fuyant la démonstration éclairée d’un nœud tragique à solutionner en ménageant son effet. C’est plus fin, plus subtil, et ces noirs-obscurs délivrés ça et là suscitent le désir vivant dont la narratrice semble si bien accepter les latences, les absences, les patiences. Cécile Balavoine nous offre la mise en mots, le roman sur l’évidence. L’évidence que l’on sait nommer, facile, un peu goguenarde, dans un tombé de sens qui n’appelle aucun effort. L’évidence qui nous chahute le corps, nous enrobe de son ambiance : la sensation avant qu’elle ne soit pensée, qui n’est pas sans convoquer l’inquiétante étrangeté, l’Umheiliche d’un autre autrichien très célèbre : l’inquiétant dans le familier, le déjà-vu dans la nouveauté, la peur du nouveau qui nous est si proche… Les deux amants n’auront de cesse de se dire leurs peurs et leurs hâtes pourtant de se voir, se revoir et ne plus se lâcher, dépourvus et emportés par l’évidence d’un amour qui se reconnaît par la voix, par l’évidence d’un vieil amour naissant ? L’évidence qui nous dépasse, nous déborde, nous submerge et ne se devine que dans l’après-coup, peut-être, pas toujours. Elle ne se laisse jamais attraper de toute façon cette évidence là : on la touche du bout des doigts avant qu’elle ne s’envole encore, un peu comme quand on frôle, l’espace d’une infinie seconde, une vérité : laquelle éclaire et fait sens, enfin, après laquelle on court, souvent, pour être bien avec soi, toujours. L’évidence comme l’essence portée en creux, l’essentiel qui pousse, tend, aspire, rêve, aime et anime tout ce qui s’éprouve et grandit, tout ce qui heurte et se panse. Les vies dansent des pas qu’on ignore mais qu’on mettra toute une existence à répéter et à magnifier… Merci infiniment Cécile Balavoine : ça chahute, tourneboule, ça résonne si fort depuis que j’ai refermé votre premier et grand roman. Il s’écrit depuis longtemps ce livre, il germait depuis longtemps et a sans doute éclos au moment propice et opportun. Il convoque les questions du destin, de l’inconscient, de la quête. Avec discrétion, à travers une trajectoire, l’écriture limpide diffuse et transmet l’universel des rouages de la vie : ses mystères, ses élans, répétitions, créations, coïncidences ou pas…Le maillage de l’existence. – Karine Le Nagard
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La plume – Virginie Roels

Pour son premier roman, Virginie Roels, forte d’une riche carrière de journaliste choisit la politique-fiction, on ne peut plus d’actualité. Mais elle prend le parti du décalage pour rendre la visite des coulisses du pouvoir plus digeste et surtout plus haletante. Sans occulter le fond pour autant.

La plume

Premier roman habile sur les arcanes de la politique, « La Plume » est construit comme un polar. L’auteure parvient à susciter l’intérêt et l’envie du lecteur de mener l’enquête aux côtés de la narratrice, une journaliste un peu looseuse, embarquée par hasard dans une affaire épineuse : Comment le président sortant, lors du débat d’entre-deux tours des dernières élections présidentielles, a-t-il pu commettre l’irréparable et provoquer lui même sa perte, alors que tous les signaux le donnaient gagnant ? Un regard, dans le public, une question posée par un étudiant, voilà le point de départ de ce roman astucieux qui dissèque les relations de pouvoir en politique, les influences des puissants de la République, le mécanisme des petites mains – et des petites plumes ! qui s’affairent dans l’ombre pour l’ascension de quelques uns. Au centre de l’enquête, la manipulation, le langage, l’importance de la communication en politique, qui ne souffre aucun faux-pas et peut mener au succès comme au pire. Bien construit, mêlant flash-back et journal de bord de la journaliste, voilà un roman prenant, intelligent, et par certains côtés, bien sûr, glaçant. Car en pleine campagne électorale, ne sommes-nous pas en plein dans ce jeu de pouvoir du langage ?… – Amélie Muller

« Au moment où la France se choisit un nouveau Président, voilà en tout cas une satire qui donne à réfléchir. Bienvenue et peut-être salutaire ! » – extrait du billet de blog de Henri-Charles Dahlem

La politique : s’il est un mot qui revient beaucoup en ce moment, c’est bien celui-là. Le premier roman de Virginie Roels « La plume » est ainsi totalement dans l’air du temps.
Ce roman de politique fiction… ou pas… raconte l’enquête menée par une jeune journaliste Chrystelle Knox, suite au débat de l’entre-deux tours de l’élection présidentielle qui oppose Jean Debanel, président sortant très haut dans les sondages à Yves Cranchon. Que s’est-il passé pour que tout à coup Debanel perde ainsi les pédales ? Car oui, on peut le dire, l’expression pour familière qu’elle soit, correspond à la réalité. En quelques secondes, ce soir-là, Jean Debanel perdit l’élection.
J’ai lu ce livre comme on dévore un roman policier. La construction du récit dans lequel se mêlent les faits et les points d’étape réalisés par la journaliste au fur et à mesure de l’avancée de ses trouvailles maintient parfaitement le lecteur en haleine. Avec brio, une écriture vive, élégante et primesautière, l’auteur nous livre une étude fouillée quant au poids des media en politique, à l’utilisation de la communication et à la manipulation des électeurs. Tout y est dit des coups tordus fomentés par des personnages tous plus ambitieux les uns que les autres, des ordres donnés à l’un et exécutés par le suivant, des consignes qui dégringolent de ministres en conseillers, de directeurs de cabinet en spécialistes de la question. Chaque personnage possède d’ailleurs une consistance certaine avec, pour ma part une préférence pour Tarrand, le fameux Ministre de l’Intérieur, et la journaliste fort bien représentée.
On sent chez l’auteur une bonne connaissance du milieu qu’elle décrit avec humour, précision, et même parfois délicatesse. J’ai aimé aussi ces petites touches de couleurs dont elle parsème son texte– celle d’un salon, par exemple, où se maria un président avec un ex mannequin – et autres anecdotes qui laissent à penser que tout n’est pas fiction. En tous les cas, des questions se posent… – Geneviève Munier
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La plume venait juste d’être ajoutée à la sélection de 68 quand je suis allée au salon du livre de Limoges et Virginie y était aussi. C’est donc tout naturellement que je suis allée échanger avec elle.
Avenante et gentille, elle venait d’être snobée par une personne qui n’aimait ni la politique ni la fiction et qui avait donc passé son chemin.
Personnellement, je n’aime pas la politique, les actualités et la campagne actuelle n’aident pas depuis quelques mois et La plume m’a confortée dans ce rejet d’un monde de manipulations, de malversations et d’ambitions à tout va.
Par contre j’ai beaucoup aimé le roman, bien construit, bien écrit et l’enquête menée par la journaliste m’a tenue en haleine jusqu’à la fin !
C’est un très bon premier roman qui me fait penser que tout n’est pas fiction, même si toute ressemblance avec des personnages existants, bla, bla, bla, bla … – Frédérique Camps
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Mon ciel et ma terre – Aure Atika

Le roman d’une femme libre (inconséquente diront certains), et l’hommage émouvant d’une fille à sa mère, personnage fantasque, bohème, parfois indigne, mais si inspirant. Un roman qui possède plusieurs facettes et plusieurs degrés ce qui explique les ressentis très divers des lecteurs. Mais un témoignage plein d’amour et d’admiration.

Mon ciel et ma terre

Un très bel hommage à sa mère pour ce premier roman-récit. J’ai été touchée par ce livre car il parle d’une femme, que l’on pourrait juger, à premier abord, comme une mauvaise mère. Elle laisse sa fille, seule, et il faut qu’elle se débrouille souvent seule. Aude Atika nous raconte son enfance et nous décrit aussi l’air du temps de cette époque et en particulier, le monde de la bohème de Paris et celui-ci de la photographie et du cinéma. Car sa mère a fait du cinéma et de la photographie. L’auteure a peu connu son père et a vécu seule avec cette mère, indépendante, volage, futile. Ce texte est un admirable hommage à une femme, à une mère et j’ai beaucoup aimé sa délicatesse et tendresse pour nous parler de son quotidien de petite fille. De belles pages mais terribles sur les moments de solitude de cette jeune enfant. – Catherine Airaud

« Si ce roman est réussi c’est certainement parce que Aure Atika trouve la juste distance, la bonne tonalité pour permettre au lecteur d’entrer en empathie avec Ode. Mais par-delà le personnage de la mère, c’est aussi la fille qui se dévoile, donnant à voir quelques-uns des ingrédients qui la constituent et font toute sa richesse. Ce qui rend la démarche particulièrement touchante. » – extrait du billet de blog de Nicole G.

Les préjugés ont la vie dure qui classent chaque individu dans une case bien définie, comme une mercière ses boutons dans un tiroir, en fonction de leur couleur. Alors, quand j’ai vu le nom d’Aure Atika sur l’étagère d’une librairie entre Natacha Appanah et Olivier Bourdeaut, je suis restée coite, dubitative, sceptique. S’agissait-il vraiment de cette actrice que j’aime tant pour son talent, sa classe et sa beauté ? Actrice, certes, mais romancière ? Pour une surprise, c’était une surprise… et une belle, je l’avoue, une fois le livre refermé. « Ode était mon ciel et ma terre. Elle était mon ode. Tout un poème. » Voilà, tout est dit dans ces quelques mots. Ce premier roman d’Aure Atika est en effet un véritable cri d’amour, une élégie poignante, une déclaration de tendresse, d’un attachement sans faille, d’une admiration sans borne, un hymne à sa mère, Odette, Ode comme elle aime à se faire appeler. Cette dernière est pourtant bien loin de l’image de la mère classique. Elle n’est pas du genre à préparer du chocolat chaud et des tartines, à astiquer une maison parfaite, à entourer sa fille, la protéger, la rassurer. Elle part sans crier gare, laissant une petite fille éplorée, revient sans prévenir, étonnée. Elle parle, elle pleure, elle souffre et sa petite est là. Elle la console de ses chagrins d’amour, elle a mal pour elle dans ses moments de manque, elle la suit dans ses nuits de débauche. Elle est la petite, mais aussi l’adulte. Elle est la fille, mais aussi la mère. Pourtant elle aime cette mère fantasque, l’admire et ne voudrait pour rien au monde en changer. J’ai beaucoup aimé l’écriture d’Aure Atika, à la fois simple et légère, qui sert parfaitement ce récit. Les mots sont précis qui dépeignent le regard de l’enfant porté sur l’adulte. A aucun moment elle ne juge, et me permet à moi, lectrice, d’entrer en empathie avec le personnage. Elle se contente de décrire cet univers avec beaucoup de justesse, une grande pudeur et sans acrimonie. En racontant l’histoire de sa maman, c’est la sienne aussi qu’elle nous dévoile, la façon dont elle s’est construite et qui la rend plus importante encore à mes yeux. C’est vraiment le très beau portrait d’une mère imparfaite à travers les yeux amoureux de sa fille. – Geneviève Munier

Fille unique d’une mère un peu bohême, Aure Atika retrace les souvenirs d’une enfance pas tout à fait comme les autres et évoque surtout l’amour inconditionnel qu’elle portait à cette femme très indépendante. Une relation fusionnelle où l’enfant est souvent considérée comme une adulte.
On retrouve l’ambiance des seventies, les expériences borderline, l’esprit de créativité insouciante qui en était la marque. C’est un témoignage assez touchant dans son absence de prétention, mais je n’en garderai pas un souvenir marquant. – Merlieux L’enchanteur
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« Et le lecteur de découvrir et d’apprécier, étonné, cette artiste qui se dévoile avec pudeur. On sent qu’elle a toujours peur d’en dire trop ou pas assez pour nous faire comprendre et mesurer la réalité de cette mère qu’elle révèle dans ce cri d’amour magnifique. Alors avouons-le, c’est une très belle surprise ce premier roman d’Aure Atika à l’écriture fluide, pudique et touchante à la fois. » – Extrait du billet de blog de Dominique Sudre
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je suis très ennuyée, perplexe, partagée, etc… Je viens de finir le livre de Aure Atika, Mon ciel et ma terre, un texte intime, simple, sincère d’une relation mère fille, dans un univers peut être déjà trop lu pour moi, les enfants de parents déjantés des années 60 et 70, du charme, de la créativité, de la coke et autres substances, le sens de la liberté et de la différence. Une mère très liée à sa fille et inversement. Une écriture agréable, des passages très réussis, d’autres plus consensuels ou distanciés. J’ai lu sans vraie émotion, et sans désintérêt non plus. Je l’oublierai vite. à vous de voir. – Martine Magnin

Elle voulait juste marcher tout droit – Sarah Barukh

La seconde guerre mondiale, ses conséquences et la vie d’après vues à hauteur d’enfant… Dans les pas de la petite Alice, le lecteur embarque pour une épopée qui le mènera jusqu’à New York et lui fera côtoyer des héros et des anti-héros plus attachants les uns que les autres. Un roman d’aventures et d’apprentissage.

Elle voulait juste marcher tout droit

« Alice est particulièrement émouvante dans sa fraicheur, sa naïveté et sa quête d’amour. L’auteure a parfaitement bien réussi à se mettre dans sa peau de cette petite fille très volontaire et courageuse assaillie de multiples questions qui restent sans réponse mais bien décidée à faire exploser la chape de silence qui l’entoure. « Pour savoir où l’on va, on doit savoir d’où l’on vient. »
Un premier roman très réussi sur les secrets de famille, sur la filiation sur un fond d’histoire passionnant. Un vrai page-turner. » – extrait du billet de blog de Joëlle Guinard 

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1943, Salies de Béarn, Pyrénées. Alice a 6 ans, elle vit avec Jeanne, sa nourrice. Aux pourquoi qui se bousculent dans sa bouche d’enfant, « pourquoi ne faut-il pas sortir seule pour aller chercher l’eau au puits ? Pourquoi faut-il prendre garde de ne pas gâcher les quelques réserves de nourriture ? Pourquoi doit-elle dire à tout le monde qu’elle est la fille d’Armand, le fils de sa nourrice, pourquoi ses camarades se moquent-elles ? Pourquoi les Allemands sont-ils venus chercher son camarade Thomas ? Pourquoi le papa de Claudine n’est-il toujours pas revenu ?… » La réponse est toujours la même : « Parce que c’est la guerre. » 1946, Paris. Alice a neuf ans, elle vit avec sa mère, revenue la chercher après la Guerre, dans un minuscule appartement qui tient aussi lieu d’atelier de couture. Sa mère, qu’elle pensait forte, est presque un fantôme. Tantôt épuisée, silencieuse, tantôt tremblante et effrayée par quelque chose qui est en elle, ancré dans son regard. Il y a aussi Monsieur Marcel, qui parle peu mais sort tous les jours pour aller consulter les listes de survivants, et qui revient invariablement abattu, plus seul que jamais. Aux questions qu’Alice se pose sur sa mère, sur cet endroit dont elle et Monsieur Marcel sont revenus si vides, sur les chiffres tatoués sur leurs avant-bras, sur ces listes interminables de noms qui rendent Monsieur Marcel si malheureux… la réponse, toujours la même : « la guerre est finie, mais c’est compliqué… » Et puis il y a la maladie de sa mère, qui forcera Alice à quitter de nouveau cette vie, ceux qu’elle commençait à aimer, sa mère, son seul ami Jean-Joseph, Paris et son rêve d’en connaître enfin un peu plus sur sa mère et son passé. 1947, New York. Le père d’Alice s’est fait connaître aux services sociaux, elle a donc dû quitter sa mère mourante pour aller vivre chez lui et sa femme, à New York. Aux questions qu’elle se pose sur cet homme qui ne semble pas avoir envie de la connaître, sur son oncle Vadim, grand reporter de guerre revenu aveugle après avoir couvert le Débarquement, qui partage sa chambre, et qui gronde dès qu’elle veut lui parler, Alice n’a toujours aucune réponse… Mais curieusement c’est auprès de Vadim qu’elle finira par trouver un peu d’attention, quand elle parviendra à lui prouver qu’elle n’est pas une petite fille pleurnicheuse. La guerre est finie, mais les questions sont toujours là… Et ce qu’Alice veut plus que tout, c’est revoir sa mère… Une saga extrêmement bien faite sur la guerre, vue à hauteur d’enfant. Une construction maîtrisée, des personnages touchants, une petite fille attachante, réaliste, qu’on a envie d’aider. Une très belle lecture, un premier roman roman prometteur.- Amélie Muller

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« Elle avait toujours aimé lire, et n’avait jamais songé à faire de choix selon son âge. Elle se laissait guider par un titre, une couverture, les premières lignes…Parfois, elle sentait que quelque chose lui échappait, elle se disait qu’elle y reviendrait plus tard. Ce qu’elle aimait dans ces histoires, c’était qu’elles étaient évidentes, logiques, et l’évidence la calmait. Il y avait un début, un milieu, une fin. Les méchants étaient souvent punis par les autres ou par eux-mêmes, ceux qui péchaient finissaient par le payer, les bonnes personnes étaient tôt ou tard récompensées. Il y avait un sens, et de ce sens se dégageait l’espoir. » Sarah Barukh nous offre dans ce premier roman une histoire comme ci-dessus décrite. L’espoir en est très certainement le maître mot et magnifiquement incarné par la jeune héroïne Alice, que l’on suit de ses cinq à ses presque dix ans tout au long de son épopée entre le Béarn, Paris et New York. Au début le style simple, direct m’a quelque peu dérangée…Mais je dois bien admettre que je m’y suis faite plutôt rapidement : grâce à la justesse du ton retranscrit, on adhère à l’âge de l’enfant et ce malgré un texte écrit à la troisième personne… J’ai très vite oublié la narratrice ou plutôt je l’ai confondue avec Alice, centrale et rayonnante, dont j’ai écouté la voix nous raconter ses déboires.
L’écriture est trop « évidente » et par là même sans surprise, voire sans effet sur la lectrice que j’ai été. La force de ce premier roman réside dans l’histoire, dans sa construction narrative, son rythme et sa sincérité : on est pris et on y croit ! Alice est une enfant lumineuse, innocente quoique dans un pays en guerre, facétieuse, curieuse et vive. Elle nous fait part avec franchise de toutes ses interrogations dans un monde où la guerre explique tout, donc rien, et de tous les blancs qui perforent son histoire depuis la naissance : de l’absence de mère jusqu’à l’identité d’un père dit inconnu… L’évidence de l’histoire réside dans son déroulé : on est emporté, on a envie de savoir, ce qui échappe se retrouve plus loin, dans les chapitres suivants, et même si on devine assez vite les liens secrets, on s’attache réellement aux personnages qui jalonnent le chemin d’Alice. L’auteure réussit avec brio à brosser leurs portraits au fil des lignes, brièvement, par petites touches : on les ressent, pressent, tous si justement humains dans leurs failles, leurs souffrances, bravoures, renoncements…
C’est un roman très généreux. L’authenticité et le désir vivant de l’enfant rayonnent une belle espérance malgré le sombre d’une époque et le cruel auquel la vie expose parfois. L’écriture proprement dite ne m’a pas transportée mais j’ai malgré tout voyagé et n’ai pas un seul instant douté des personnes croisées et d’Alice, enfant intrépide. Premier roman comme une promesse. Je ne serais pas étonnée de voir, après l’avoir lue, cette histoire sur grand écran un jour…  – Karine Le Nagard
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« C’est un pari audacieux que prend l’auteure en nous offrant un énième récit sur la guerre d’une part mais aussi et surtout en écrivant cette histoire à partir du regard d’un enfant car le roman pourrait vite tomber dans le surfait, le trop mièvre ou le larmoyant. Mais Sarah Barukh réussit parfaitement à captiver son lecteur, à lui faire ressentir toutes les peines, tous les espoirs d’Alice et des autres personnages qui ont un rôle essentiel dans la construction du roman. Le tout dans un décor parfaitement reconstitué et documenté dans lequel on côtoie fascistes, résistants, strass de l’Amérique, anciens déportés et souvenirs de l’Horreur. »  – Extrait du billet de blog d’Amandine Cirez
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« Cela aurait pu être un bon livre, un vrai page-turner, selon le terme désormais consacré. Mais la narration s’est révélée laborieuse et si l’on ne s’ennuie pas – il faut bien le reconnaître – j’aurais aimé être davantage surprise. »  – Extrait du billet de blog de Delphine-Olympe moins convaincue.
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Lire également les billets d’Héliena et de Nicole

Outre-mère – Dominique Costermans

Le paradoxe de ce roman, son paradoxe passionnant, c’est que le secret le plus crucial apparaît moins dans une révé­lation – vite livrée au lecteur – que dans les moments anxieux, obstinés et rebondissants de son dévoilement tentaculaire. (Ed. Luce Wilquin).

Outre mere

Outre-Mère est le récit d’une quête, une quête effrénée, obsessionnelle de son histoire dans l’Histoire, de ses origines, de son identité. Lucie narratrice, fille et enquêtrice, questionne et interroge sans relâche, dans le silence de l’enfance d’abord, puis au cours de recherches administratives et d’échanges ensuite jusqu’à la parole délivrée auprès de sa mère, Hélène, au cœur de ces secrets qui pèsent.
Lucie raconte et est racontée. La première partie du roman peine et nous perd un peu à changer ainsi de voix et d’adresse, dans une logique narrative qui m’a échappé et que j’ai trouvée laborieuse. On patauge un peu dans ce dédale d’informations, dans cette généalogie aux ramifications multiples avec en personnage central et d’emblée révélé dans son horreur le grand-père, Charles Morgenstern.
« J’écris avec lourdeur. J’aligne les faits. Je les organise industrieusement. Je me sens incapable de broder, d’allonger la sauce ; incapable de faire appel à mon imagination pour décrire les contextes et les lieux, le physique des personnages. Incapable ou interdite ? De page en page ce récit me paraît plus sec qu’un rapport de police. » Incapable ou interdite, la question est posée et le lecteur ressent avec l’auteure cet empêchement malgré ce qui l’habite, l’anime et l’obsède. Interdite par une mère, Hélène, tout à la fois emmurée et impériale, mutique et invasive car les blessures vivaces brûlent d’être tues et brillent leurs flammes de vouloir exister et crier une douleur non-dite. De très beaux passages parlent de cette mère ambivalente, défendue dans sa sévérité, dans sa plainte et son emprise, pour ne jamais dire sa peine mais la prôner en étendard afin de s’assurer le premier rôle et l’attache de ses enfants.
« Il me semble parfois que ma mère n’est qu’un trou noir de souffrance (…) ».
Mais à l’instar des trous noirs, toute consolation est immédiatement absorbée par sa force de gravité, ce qui alimente le système en énergie. « Tout l’art pour moi consiste à me ternir au bord de la zone d’attraction sans y tomber ». Hélène est centrale dans ce récit et nomme le chapitre de la deuxième partie intitulée « l’œuvre au noir ». Première phase d’une transformation alchimiste qui changera le plomb en or : l’enrayement de la première partie, « la quête », pour arriver à « la délivrance ». L’écriture de fait s’en ressent et devient plus fluide, plus juste, respire enfin d’être consolée.
La réussite de ce récit réside selon moi dans l’écriture du secret qui asphyxie les enfants, une filiation, un arbre. La honte et le malheur se transmettent et font leur lit dans le silence ordonné, induit, menaçant, de l’indicible à confier. Lucie fait « le choix de faire la lumière sur les zones d’ombres et d’éventer les secrets » et nous embarque dans cette mission honorable et intelligente. « Je sais que les secrets de famille se nourrissent dans l’ombre de nos inconscients restreignant la part de liberté de ceux qui les subissent ». Par devers soi, au-delà de nos consciences, outre les mères, toutes les mères (les arrachées, les quittées, les exilées, les adoptives, les substitutives, les endeuillées) se faufile le venin du secret surtout quand il est vil, laid, effroyable et honteux. Le premier roman de Dominique Costermans réussit à parler le poison infiltré dans nos généalogies quand on tait les douleurs et les crimes. « Nous étions là, tous les trois figés sur le seuil de sa douleur, nous qui croyions être toute sa vie : nous n’étions qu’en marge de quelque chose de terrible, vains petits palliatifs de sa blessure ».
L’écriture est droite, directe et franche et parle très bien la souffrance d’un insondable quand on est pris dedans sans rien y comprendre, quand on porte un héritage, une culture, une identité que l’on n’a pas le droit d’adopter. Et au sujet de la judéité héritée après laquelle Lucie court, pour se raccrocher et appartenir, alors qu’elle gravite encore autour de sa généalogie qu’elle n’ose révéler, elle organise des rencontres avec les petits-enfants des familles touchées par la shoah : « Leur destin s’est construit sur une injonction paradoxale tacite : oublie, n’oublie jamais. Oublie car être juif c’est mortel. N’oublie jamais sinon ils sont morts pour rien ». Ce récit témoigne d’une enquête, d’un questionnement pertinent et courageux et démontre comment un pas de côté offre à éclairer autrement une histoire, la sienne, et à ouvrir d’autres possibles : un avenir soulagé.
Récit, enquête, récit d’une enquête ou roman ? Ou « pré-roman » ? Œuvre au noir peut-être ? Pour transformer cette nécessaire recherche témoignée et déposée en un roman qui ferait revivre tous ces personnages hauts en couleur, en amour, en drames, qu’on ne fait que survoler dans ce récit alors même qu’ils semblent présenter des personnalités riches et ce même, pour certains, dans l’impassible cruauté. Après les avoir pleurés –« est-cela ma mission : pleurer pour tous ceux qui n’ont pu le faire avant moi ? »- après les avoir libérés, leur prêter une plume déjà existante et une voix pour raconter des vies et des cœurs. – Karine Le Nagard
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Combien de familles souffrent de ces zones blanches, ces non-dits qui entourent certains de leurs membres au moment de la seconde guerre mondiale ? Suffisamment pour faire le sel de nombreux romanciers qui puisent là matière à récit poignant. Encore faut-il arriver à faire d’une quête personnelle un témoignage universel. Dominique Costermans y parvient avec brio et permet au lecteur une empathie presque immédiate avec Lucie face au silence de sa mère, Hélène sur tout ce qui touche à sa famille paternelle. Une mère qui refuse farouchement d’expliquer ce silence et c’est malgré elle que Lucie effectuera cette quête pour reconstituer tout un pan de ses racines, de ses origines sans lequel elle ne peut pas elle-même transmettre son histoire. D’où ce superbe titre, « Outre-mère ». Aux côtés de Lucie nous découvrons donc le passé et la vie de Charles Morgenstern, le père d’Hélène qui avait choisi le mauvais côté pendant la guerre, ça, nous le savons très vite. Mais ce n’est que le point de départ car il y a de nombreuses questions à élucider de nombreux morceaux à rassembler pour que le puzzle prenne forme et que l’histoire puisse enfin être racontée.
Ce premier roman est à classer aux côtés de celui de Séverine Werba, le très beau « Appartenir« , « Le Carré des Allemands«  de Jacques Richard ou encore plus récemment « Nous, les passeurs«  de Marie Barraud. Des histoires différentes mais une même quête, ce besoin de savoir d’où l’on vient pour pouvoir continuer. La génération précédente était peut-être encore trop proche des événements, celle-ci (les petits-enfants) prend donc l’initiative avec peut-être le recul nécessaire pour cette plongée en apnée dans un passé qu’il s’agit avant tout de connaître et d’accepter comme un élément qui les constitue. L’auteure nous offre un texte fort et poignant et apporte avec talent sa pierre à l’édifice de la nécessaire compréhension d’une époque. – Nicole Grundlinger
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« Une belle lecture qui avait pourtant mal débuté » : sur son blog, Héliéna explique comment elle a fini par se laisser capter par le fil narratif suivi par Dominique Costermans. Voir sa chronique.

Nous, les passeurs – Marie Barraud

« J’ai voulu raconter l’histoire de mon grand-père et, par ricochet, celle de ses deux fils. J’ai voulu dire ce qui ne l’avait jamais été, en espérant aider les vivants et libérer les morts. J’ai pensé que je devais le faire pour apaiser mon père. Ces mots, c’est moi qu’ils ont libérée. »

Et ces mots, les lecteurs les reçoivent droit au coeur. Dans les chroniques, c’est le mot émotion qui domine, devant cette quête essentielle qui est également un superbe cadeau d’une fille à son père.

Nous les passeurs

Nous, les passeurs raconte l’histoire d’un héros de la guerre, un médecin qui jusqu’au bout choisit de rester auprès de ses patients déportés avec lui pour combattre la barbarie et faire triompher la vie. Parce qu’il croyait profondément, intimement en l’Humanité, le Dr Barraud, dont la femme et les enfants attendent le retour à Bordeaux, résista mille fois à la guerre, à la terreur, à la mort. Mais son combat finit par l’éloigner définitivement des siens, puisqu’il trouva la mort à la Libération lors d’un bombardement. De son absence, chacun souffre différemment : sa femme se drape dans le souvenir de son mari mort en héros, son fils aîné fait bonne figure et le plus jeune, père de la narratrice, crache sa colère au monde.
Quand Marie, la petite fille d’Albert Barraud, entreprend de découvrir l’homme qui se cache derrière la plaque de rue portant son nom, celui dont on ne parle jamais, elle libère trois générations enfermées dans l’Histoire, son grand-père enfin pardonné de son courage, son père qui apprend à connaître et à comprendre les actes de son propre père et enfin elle-même, qui s’autorise enfin à aimer un autre homme que son père. Comme un tissu familial, Marie Barraud tire les fils de l’ouvrage, avec ses accrocs, ses vides, ses déchirures.
Finalement, ce roman est un véritable témoignage d’amour de famille, une investigation courageuse mais vitale, une main tendue vers le passé pour se construire encore. L’écriture est simple, puissante et juste, comme ce passage magnifique : « Il est encore là, cet amour. Il se cramponne à ton cœur, papa. Lorsque ceux que l’on a aimés ont disparu, leur souvenir s’inscrit en nous chaque jour un peu plus fort. La peur d’oublier est si présente que le souvenir prend, avec le temps, de plus en plus de place. Son empreinte est plus dense, plus profonde. »
Mais plus que le récit des faits de guerre ou les témoignages poignants distillés dans le roman, qui m’ont un peu laissée à distance, c’est la relation entre l’auteure et son père qui m’a interpellée, bouleversée, dès lors qu’elle s’adresse directement à lui car « en réalité, c’est à moi d’aller vers toi ». – Elise Ribot
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J’ai dégusté ce roman très personnel avec délice et émotion. Secret de famille, filiation complexe et difficile , recherche d’une vérité tue, une écriture très dense et facile à la fois. Ce sont déjà les ingrédients auxquels je suis habituellement sensible. J’ai adoré reprendre la route avec l’héroïne car elle me ressemblait certainement, j’ai aimé dérouler la pelote des non dits, des colères, des rancœurs, et partager cette soif qui l’animait. J’apprécie beaucoup l’idée d’une chaine passant par dessus un maillon cassé, vers un maillon héroïque incompris. Les choses ne sont jamais simples, et j’aime l’idée de ne pas juger. Je suis aussi toujours très sensible à l’évocation du double visage des gens, sur le fond totalement fou et insupportable de cette horrible guerre pas si lointaine et impossible à nier. Pour ma part, je dirais que c’est un très bon roman, dont je me souviendrai longtemps. Merci aux 68 pour cette pépite de tendresse. – Martine Magnin
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Un grand-père qui est un héros mais dont on ne parle jamais. Un père adoré, admiré, que la colère a empêché d’être fils. Au bout de ces chaînes scellées de silence, la narratrice, Marie, petite-fille et fille, qui choisit de libérer des fantômes. Et entre eux, entre les lignes de ce roman qui n’en est pas vraiment un, à l’intérieur de chaque mot, comme enfermé et ne demandant qu’à éclore et s’épanouir, un amour immense, un amour inconditionnel qui court de l’un à l’autre, se transmet, achoppe sur l’incompréhension, manque être étouffé pour rejaillir dans toute sa force au terme de cette quête que nous raconte Marie Barraud.

Albert Barraud, son grand-père paternel, médecin bordelais a été arrêté en 1944 pour faits de résistance et déporté dans un camp près de Hambourg. Sa position au « Revier » du camp, lui permet d’aider et de sauver de nombreuses vies. Lors de l’évacuation du camp en 1945, il choisit de rester le plus longtemps possible avec ceux qui vont mourir. Et c’est ce choix que son fils ne lui pardonne pas. Cette préférence accordée à d’autres qu’à ceux qui l’aimaient et avaient aussi besoin de lui, sa femme et ses deux fils, suscite incompréhension, colère et rancune. Le souvenir d’Albert Barraud n’est plus qu’un nom de rue et la mémoire familiale l’enfouit sous des couches de douleur jamais dite.
Au risque de réveiller tous les chagrins d’un enfant qui n’a pas pu connaître son père, Marie Barraud creuse chaque information qu’elle peut trouver afin de reconstituer l’histoire de ce grand-père héroïque qui lui demeure inconnu. En superbe et bouleversant cadeau d’amour pour son propre père, elle lui permet de se réconcilier avec l’enfant qu’il fut, élevé dans l’absence, sevré d’amour paternel. Et ce geste d’une fille qui console son père est déchirant de beauté et de force. Un geste qui affirme la fierté d’une victoire sur la barbarie.
Des mots simples pour tout raconter et tout exprimer. Une justesse qui n’a rien d’apprêté mais qui se place au cœur du cœur de la souffrance et de la tendresse. L’émotion naît de l’histoire, bien sûr, mais surtout de cette écriture fluide et sensible, comme gorgée d’amour et de chagrin, qui sait malgré tout rester digne et pudique. « Nous, les passeurs » c’est comme une main tendue entre générations, à travers les convulsions de l’Histoire, d’une fille à son père et à son grand-père revenu au monde par la grâce d’un récit. La gorge se serre de tristesse et de joie mêlées en lisant ce roman nécessaire « pour qu’un jour les enfants sachent qui vous étiez ». – Sophie Gauthier
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Un témoignage familial pudique, hommage émouvant d’une jeune femme à son grand-père médecin, déporté au camp de Neuengamme en Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale. L’hommage au grand-père se double d’une ombre délicate, celle d’un portrait du père, enfant puis homme qui aura vécu longtemps dans l’incompréhension et la colère de ne pas voir son père revenir. Un livre écrit tout en simplicité et en honnêteté, qui rend un bel hommage à une histoire personnelle mais qui peut bien sûr résonner dans toutes les mémoires… En étant tout à fait franche, je ne suis pas sûre d’attendre le deuxième roman de Marie Barraud avec autant d’impatience que pour d’autres primo-romanciers, car c’est surtout le sujet ici qui est essentiel, et je ne sais si j’aurais envie de lire autre chose de cette auteure, car l’écriture m’a un peu gênée. Mais bien sûr, j’ai été touchée par ce témoignage.- Amélie Muller
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C’est avec beaucoup d’émotion que j’ai refermé “Nous, les passeurs”. D’une écriture simple et fluide, Marie Barraud nous retrace l’histoire des dernières années de la vie de son grand-père déporté pendant la seconde guerre mondiale, la vie et les manques et les fêlures de la famille suite à sa disparition tragique. Ce livre est un hymne d’amour pour son papa, pour sa famille et en quelque sorte un exutoire familial traduit par cette magnifique phrase “transmettre afin que nous puissions , mon frère et moi, être les passeurs de cette âme perdue”. Beaucoup de livres sortis récemment traitent de la seconde guerre mondiale, chacun sous un angle différent. Celui-ci m’a permis de connaître l’histoire de la fin du camp Neuengamme et des déportés qui y étaient détenus. Ce livre est fort, très fort ! Merci les 68 pour cette découverte.- Frédérique Camps
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J’ai été très touchée par ce récit et cette recherche d’histoire personnelle de Marie Barraud. En tant que bordelaise, je connais bien la rue Albert Barraud à Bordeaux, de plus, j’ai un ami qui y a vécu mais je ne connaissais pas l’histoire de ce médecin bordelais. J’ai donc suivi avec intérêt les recherches de cette petite fille, qui souhaite connaître la vie de son grand père. Celui-ci a été déporté pendant la deuxième guerre mondiale et n’est jamais revenu de ce voyage sans retour. Le père de la narratrice n’a jamais voulu en parler et d’ailleurs, très jeune, quand son père est parti, il lui en a voulu et une rancune tenace est restée ancrée dans son âme. Ce livre nous parle des « secrets » de famille et des non dits. Trop de douleur pour ces jeunes garçons qui un jour ont vu partir leur père et jamais son retour. De plus, un mystère persiste sur la disparition de cet homme. Médecin, il est devenu infirmier dans le camp allemand où il était interné et il a tenté d’atténuer les douleurs subies dans ce camps allemand puis il va disparaître lors des bombardements de navires allemands en mai 2015 au large de la mer Baltique. J’ai été très touchée par des pages de ce récit qui nous parle d’histoire avec un grand H mais aussi de l’histoire d’individus pris dans la tourmente de la guerre. Une belle quête de souvenirs et de racines d’une petite-fille qui, avec ce texte, rend hommage à son grand père et arrive plus ou moins à communiquer avec son père, même si cela peut être douloureux. On peut d’ailleurs comprendre le comportement de celui-ci, petit garçon il n’a pu considérer son père comme un héros car il s’est ressenti abandonné par lui, son père, son Héros aurait dû pouvoir rentrer de ce voyage sans retour. Un beau texte qui se rajoute aux livres nécessaires pour ne pas oublier l’Histoire, qui est souvent faite d’histoires intimes et personnelles. Je ne prendrai plus la rue Albert Barraud à Bordeaux, sans penser à cette douloureuse histoire et encore merci de ne pas oublier et d’être des passeurs d’histoires. – Catherine Airaud
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Nous les passeurs raconte la quête d’une femme qui veut grandir et qui s’attaque aux émotions enterrés, aux histoires de familles enfermées dans des grands silences glacés.
En cherchant dans l’histoire de son grand père, Marie trouve les grandes peines de son père et refuse de continuer a les subir et a les transmettre.
Le livre devient alors une sorte de compte rendu de ce travail de nettoyage des souffrances accumulées. C’est aussi une belle plongée dans l’intimité d’une guerre vécue depuis l’infirmerie par un médecin déterminé a faire son possible pour lutter contre la barbarie nazie.
« Qu’est ce qui tient la raison au milieu de la folie des hommes? Comment résister et lutter? Quelle place pour ses sentiments et sa famille dans un si vaste chantier? sont autant de questions soulevés.
On y parle aussi de l’amitié dans l’épreuve, du sacrifice et du retour possible ou impossible à la vie dans la paix après cette guerre et ses abominations.
J’ai aimé ce livre sincère pour le partage et le témoignage. – Nelly Bichet
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Sans oublier les nombreuses chroniques sur les blogs des lecteurs : Martine, Joëlle, Delphine-Olympe, Colette, Héliéna, Alice, Henri-Charles, Dominique, Sabine, Nicole

La sonate oubliée – Christiana Moreau

Un voyage dans le temps, entre deux époques, Venise, Vivaldi, l’amour de la musique… La sonate oubliée joue sur un terrain diablement romanesque et offre le récit d’une belle amitié par-delà les siècles. Ravissant pour certains, trop léger pour d’autres… les lecteurs sont dans l’ensemble plutôt contents du voyage.

La sonate oubliee

Ah Venise! Comme cette ville porte bien ce joli roman. Je me suis laissée flotter de Lionella à Ada, de la Belgique à la Sérénissime, de 18ème au 21ème siècle. Quel bel hommage à ces orphelines virtuoses, à Vivaldi, à la musique, à la liberté. « La sensualité de la musique m’habite comme une fièvre nouvelle. Vivre la musique empêche de mourir… C’était comme si mon âme avait trouvé la clé qui ouvre sur l’enchantement. Mon âme et l’âme du violoncelle réunies. » – Anne-Christine Busnel

Hasard des lectures et des sorties littéraires. Voici un roman qui parle aussi de musique. Cette fois ce sont les notes de Vivaldi qui rythment les pages de ce premier roman , dont j’ai apprécié la lecture. J’ai beaucoup aimé les deux époques décrites, que ce soit la période actuelle : nous sommes à Seraing, ville ouvrière où les mines ont fermées et où les édiles essaient de recréer de nouveaux territoires et la Venise du 18e siècle. Cette sonate oubliée mais retrouvée nous entraîne dans les notes d’un violoncelle. L’auteure nous parle très bien de l’apprentissage de la musique, du monde des concours mais aussi elle nous entraîne dans la Venise du 18e siècle et en particulier dans l’ospedade de la Pieta, un établissement religieux qui hébergeait les enfants perdus et en particulier, les filles. A la Pieta, ces jeunes filles recevaient une éducation musicale et avaient la chance d’avoir Vivaldi comme professeur. Ce mélange d’époque enrichisse la lecture de ce premier roman et vais être tenté de lire d’autres romans sur cette période. Un beau moment de lecture avec les sonates de Vivaldi en bande son. – Catherine Airaud

Voilà un premier roman qui cumule de nombreuses qualités : une intrigue prenante, une incursion dans la Venise du 18ème siècle, une immersion dans la culture et la passion pour la musique classique (qui intéressera même les non-initiés dont je fais partie), des personnages attachants et convaincants… Avec tous ces ingrédients, autant dire que la lecture est fluide, agréable et… enrichissante. J’ai beaucoup apprécié le dialogue entre les deux jeunes filles à travers les siècles. Lionella, enfant du 21ème siècle passionnée de violoncelle, issue d’une famille d’amateurs et de musiciens, dont la délicatesse et la capacité à voyager au travers de la musique contraste avec la tristesse de son environnement plus terre à terre dans une cité belge en proie à la crise économique. Ada, orpheline recueillie dans un hospice de Venise au 18ème siècle où elle apprendra la musique aux côtés d’un maître désormais célèbre, Vivaldi. Lorsque Kevin, le meilleur ami de Lionella découvre dans une brocante une partition inconnue et le journal intime d’Ada, il est encore loin de se douter de l’importance que cette découverte prendra dans la vie de son amie… et de la proximité qui naîtra entre les deux jeunes filles par-delà les âges. S’agit-il d’une sonate inconnue de Vivaldi ? Lionella ne prend-elle pas un gros risque en décidant de l’interpréter lors du concours Arpège ?
C’est un très bel hommage à la passion, à la musique, à la volonté de réaliser ses rêves, à l’amitié également. J’ai appris un tas de choses et retrouvé avec plaisir un contexte déjà croisé dans une « Nouvelle vénitienne » de Dominique Paravel, ces ensembles musicaux de jeunes orphelines se produisant devant la noblesse vénitienne dissimulées par des grillages et des voiles.
Une jolie surprise de ce début d’année.- Nicole G.

Un très joli et doux moment de lecture, un hommage aux jeunes orphelines virtuoses qui travaillaient sous la conduite de l’Abbé Vivaldi, une Venise toujours Sérénissime et envoûtante. Un texte bien documenté, un va et vient entre passé et présent un peu convenu, une faible intrigue amoureuse, une fin prévue, mais surtout un thème un peu usé et déjà trop lu, celui d’un document précieux retrouvé après plusieurs siècles ou années. J’ai appris des choses, je me suis cultivée, mais ce texte n’a pas joué avec mes émotions. Dommage.- Martine Magnin

Est-ce le fait de sa jolie couverture aussi énigmatique que suggestive, ou simplement l’excitation de plonger dans cette première lecture de la sélection ? Le roman a eu tôt fait d’être ouvert et La Sonate oubliée de retentir. A la lecture de la 4ème de couverture, l’évocation du violoncelle fait vaguement résonner dans ma tête d’amatrice modérée de musique classique une majestueuse suite pour violoncelle de Bach. Vivaldi, Venise ou encore l’histoire économique belge m’étant complètement inconnus, je ne pensais pas pas être à ce point transportée dans la Sérenissime du 18ème siècle, vivant tour à tour l’exaltation, la tristesse, l’émoi, la mélancolie ou l’ardeur de l’orpheline Ada.
Car c’est précisément ce que parvient à faire Christiana Moreau, créant des ponts spatio-temporels qui conduisent le lecteur et la jeune Lionella de la Belgique contemporaine à la Venise baroque. A travers les siècles, les deux jeunes filles s’appellent, se répondent dans la mélodie tantôt lancinante mélancolique du largo, tantôt enjouée, vive et guillerette de l’allégro. Toutes deux ne font plus qu’un avec leur instrument, dont « l’âme ouvre la clé sur l’enchantement ». Dans les deux récits qui s’entremêlent, le lecteur est submergé par cette vague musicale qui l’envahit tout entier, au point que l’univers du lecteur lui-même semble retentir du chant du violoncelle, de plus en plus intensément et profondément à mesure que l’on avance dans le roman.
En refermant le livre, comme Ada posant son archet, « plus rien n’existait en dehors de cette plénitude et, le concert fini, il me fallut plusieurs minutes pour revenir à la réalité, comme on émerge d’un évanouissement ». J’ai eu tout à la fois envie d’apprendre l’italien et le violoncelle, de prendre un billet pour Venise ou d’écouter l’intégrale des œuvres de Vivaldi. Et même, non sans une pointe d’envie (jalousie ?), de commencer immédiatement à faire le le tour de toutes les brocantes sarthoises pour saisir moi aussi la chance de vivre une aventure littéraire, musicale et historique comme celle de Lionella. Cet instant passé, il me restait, outre un très beau moment de lecture, une toute petite sensation de vide concernant la partie contemporaine : les personnages manquent un peu de profondeur, les dialogues de spontanéité, l’intrigue d’intensité. Il n’en reste pas moins que tout au long du roman, entraînée aux côtés des deux musiciennes prodiges et de leur professeur, j’ai parfois dû résister à l’envie féroce de manger quelques mots pour découvrir plus vite les suivants, me forçant à relire doucement les magnifiques passages de concert, d’émois ou de fêtes pour mieux les savourer. – Elise Ribot
Vivaldi
Après un week-end en apnée dans un bain de polars, retrouver « La Sonate oubliée », premier roman de Christiana Moreau ressemblait à un envol dans un ciel d’azur. Nous est racontée l’histoire de deux jeunes filles, l’une qui vécut à Venise au 18è siècle, Ada, abandonnée dès sa naissance à la porte de l’Ospedale della Pieta et l’autre, Lionella, d’origine italienne certes, mais qui habite, de nos jours, une petite ville charbonnière de Belgique, Seraing. Lionella, violoncelliste de talent prépare un concours et rêve de trouver une partition originale, LA partition. C’est son ami, et amoureux secret, Kevin qui va la lui offrir sous la forme d’un coffret trouvé sur l’étal d’un marché aux puces… à l’intérieur un rouleau de papier et un cahier… Mais, comment dire ? J’ai lu ce roman avec un certain plaisir. J’ai aimé le va et vient entre passé et présent, j’ai apprécié les jolies descriptions de Venise, son carnaval, les détails sur l’Ospedale, les « figli di Coro », je me suis intéressée aux problèmes des charbonnages de Seraing, j’ai appris avec un grand intérêt des particularités de la vie de Vivaldi, ce musicien dont j’écoute volontiers les concertos pour violon, j’ai ressenti de la compassion pour Ada et son histoire d’amour impossible, de l’admiration pour Lionella et son côté rebelle et déterminé, mais… Mais, je n’ai pas trouvé dans l’histoire, somme toute convenue, la flamboyance à laquelle je m’attendais. L’écriture ne m’a pas davantage entièrement convaincue qui, bien qu’enlevée et jolie à certains moments – « Sa place (Ada parle de son violoncelle) est entre mes cuisses, je l’attire tout contre moi et l’entoure de mes bras. Dès que je le touche de l’archet, il frémit, dévoile son chant grave et fait vibrer mon cœur… » – ne possède pas le faste auquel je m’attendais. Je dois même avouer avoir été choquée par certaines expressions – actuelles certes, mais improbables à mes yeux par rapport au contexte – voire interdite… page 213 « Ok ! Ça marche ! Tu me raconteras. » (Kévin à Lionella). Si le récit est bien construit, les fondements m’ont paru légers qui permettent rapidement d’imaginer que Kévin sera le sauveur de Lionella, que l’histoire d’amour d’Ada ne durera pas, que le « Prêtre roux », Vivaldi, pour attentionné qu’il soit, pensera finalement plus à sa carrière qu’à ses figli, que la fin sera ce qu’elle est. « La sonate oubliée », un roman sympathique, léger, agréable, mais, hélas pour moi, loin de la passion. – Geneviève Munier
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Je n’ai pas été conquise par La Sonate oubliée, dont j’ai trouvé l’intrigue beaucoup trop convenue, sans surprise, « cousue de fil blanc », comme on dit 🙂. Dommage, car l’ambiance vénitienne est plaisante, les allers-retours entre passé et présent, et l’aspect historique autour de Vivaldi étaient un point de départ intéressant, mais traité avec trop de facilités, à mon avis. – Amélie Muller
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C’est l’amour passionné pour la musique qu’éprouvent deux jeunes filles que trois siècles séparent.
Passion que la romancière parvient à nous communiquer et à nous faire ressentir, même si on n’est pas instrumentiste.
Désormais, je prêterai davantage attention aux sonorités du violoncelle.
La première, Ada, vivait recluse dans un orphelinat mais n’avait rien moins que Vivaldi pour professeur.« L’abbé Antonio Vivaldi est si tendre, si doux dans sa façon d’enseigner que c’en est un régal ; nous avons tant manqué d’amour dans notre enfance… ». Avec elle, j’ai retrouvé Paola Pietra, la jeune héroïne de « La note secrète », enfermée dans un couvent milanais. Les chanteuses et les musiciennes étaient pareillement invisibles aux yeux des fidèles et des mélomanes qui venaient spécialement pour les écouter.
« treize marche de bois conduisent à un étage où nous chantons et jouons, dissimulées derrière une grille de fer. »
Avec Ada, nous sommes à Venise et les fastes de son carnaval ;
Avec Lionella, nous sommes en Belgique wallonne et la tristesse des industries à l’abandon.
Tout est bien rendu , l’écriture est fluide, l’intérêt ne faiblit pas. – Mireille LeFustec
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