Les monstres – Charles Roux

« Exprimer ses songes, leur donner corps et les faire résonner dans un espace devenu alors public, puisque partagé avec d’autres, c’est risquer de les voir se fracasser par terre, se heurter aux dures réalités qui rendent les projets difficiles et parfois impossibles à réaliser. »

Un sacré texte que ce premier roman avec un titre intrigant : les monstres, alors qu’il est question d’un monstre qui hante et terrorise une capitale jamais nommée. Nous sommes en présence de trois personnages, les chapitres alternent leur point de vue, leurs sentiments, leurs ressentis.
Il y a Dominique, d’un certain âge, qui est propriétaire d’un étrange hôtel particulier, très siècle passé, avec des vrais cabinet de curiosité et des pouvoirs culinaires particuliers. Il nous parle de sa vie, de ses doutes, de sa bivalence : il aurait aimé être une femme et non un homme. Il/elle se prépare pour une soirée particulière (j’ai beaucoup aimé ses déambulations dans les marchés de la ville et dans les méandres de ses collections particulières).
Il y a David, jeune ou du moins jeune cadre dynamique, commercial sans vergogne, qui a une soirée libre car il rejoindra femme et enfants le lendemain pour des vacances au bord de la mère. Il se pose un peu de question sur sa vie, sur ses comportements et ses relations avec les autres. Et se prépare pour un dîner.
Et Alice, vieille fille, professeure un peu débitée mais qui a accepté ce dîner après une rencontre sur un site.
Et justement, ce dîner va réunir nos trois personnages. Déjà, le restaurant « Chez Dominique » a un drôle de nom, « le restaurant des mensonges et les plats ont des noms très étranges, comme « carpaccio de supercherie sauvage au cidre menteur », « mousse de sottises et sorbet de sordides illusions ». Chacun des personnages va se dévoiler lors de cet étrange dîner.
Dominique va être à la fois un maître d’hôtel de pacotille et une serveuse à la Marilyne Monroe et va concocter des plats de sorcière.
David va se dévoiler face à une Dominique qui écoute et va elle aussi se raconter.
Ce texte est foisonnant, on y apprend beaucoup de choses sur les mondes parallèles. Des têtes de chapitres nous dévoilent un peu du mystère de ce texte :
– monstre avec sa définition, du latin de monstrare : montrer, indiquer
– Golem et sa légende (une étrange sculpture qu’a faite Alice et qu’elle balade dans son sac)
– Zombie, wendigo des légendes amérindiennes (qui est cet étrange monstre qui terrorise la ville..)
– Cauchemar
– Sasquatch, un yeti des appalaches
– démon – phénix chimère.
Beaucoup de mystères, de références mais cela ne gâche pas du tout la lecture car l’auteur nous parle aussi de vies ordinaires (vie de compétition dans le monde de l’entreprise, vie de couple après plusieurs années et quelques mensonges, vie d’une professeure qui va essayer de faire apprendre et comprendre l’histoire à ses jeunes élèves), interpelle ses personnages, qui ont chacun des doutes, des ressentis et qui pourrait être ce ou ces monstres qui rodent. L’auteur nous parle de la vie d’êtres ordinaires, qui essaient de trouver leur chemin, leur place. Ne soyez pas rebuté par ce foisonnement, mais je ne suis pas sûre que j’aimerai tester une soirée dans ce restaurant aux mets si troublants.
Merci aux fées de m’avoir fait découvrir ce texte si monstrueux, si troublant et hâte de suivre cet auteur, à l’univers si paradoxalement normal et monstrueux à la fois. – Catherine Airaud

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Quatrième de couverture : « Lors d’un dîner-spectacle, dans un restaurant tenu par une sorcière, au cœur d’une ville de béton sur laquelle plane une menace invisible, un homme et une femme se rencontrent. »

Rien de plus, rien de moins, et 605 pages attendent le lecteur. Bientôt il découvre David, Alice et Dominique, trois personnages fascinants, décrits en brefs épisodes, et les chapitres se succèdent, courts, mais à chaque fois un peu plus intrusifs dans ces trois existences qui se dévoilent à nos yeux.

La construction du roman est simple, chaque chapitre ne s’occupe que d’un personnage. Très vite le lecteur comprend que tour à tour il va rentrer dans l’intimité de chacun, et la magie va opérer, les trajectoires se croiser pour ne faire qu’une, mais toujours décrites alternativement. Bientôt il est impossible de s’arrêter de lire. Quel est ce monstre qui ravage la ville ? Qui sont réellement David, Alice et Dominique ?

Charles Roux a un cerveau comme j’aime, il dissèque les âmes et dans son analyse rajoute un zeste d’étonnant, un rien de fantastique, qui fait toute la différence. Et ce roman interroge. Qui sommes-nous face à nous-mêmes ? Qui se cache sous notre peau et l’apparence que nous voulons donner à nos vies ? Comment se soustraire à ce qui nous semble inéluctable ? Comment faire avec cette société qui semble nous dicter notre destinée ? Autant de questions que ces trois personnages vont affronter et nous, lecteurs, avec eux.

Impossible de sortir indemne de cette lecture. Hâte de découvrir ce que ne manquera pas d’écrire j’espère Charles Roux dans un second roman ! – Emmanuelle Boucard Loirat

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Je me suis rarement trouvée aussi perplexe devant un livre : en lire trois pages, feuilleter pour voir si la suite est dans la même veine, le poser, soupirer, le reprendre, en lire trois autres pages, etc.

Je crois que tout simplement, il n’y a pas eu rencontre entre l’auteur, ses personnages et moi. Je serais bien infichue de les qualifier, je n’ai pas compris qui il.elle.s sont au fond, pourquoi il.elle.s agissent ; je me demande bien ce que le golem vient faire dans cette histoire et si style et la langue relèvent de la poésie ou de l’écriture automatique.

Je sauve de l’ensemble l’errance nocturne dans une ville plutôt inhospitalière et les faux-semblants qui sont, pour partie, les monstres (si j’ai bien compris…). – Marianne le Roux Briet

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« Lors d’un dîner-spectacle, dans un restaurant tenu par une sorcière, au cœur d’une ville de béton sur laquelle plane une menace invisible, un homme et une femme se rencontrent. »

Juste ça ? Sur 605 pages ? OK l’auteur m’a déjà perdue d’avance. Je précise que ma barrière psychologique est de 500 pages (oui je sais, c’est stupide). Clairement, j’y vais à reculons. Il va m’attendre un peu. Mais par la force des choses, j’ai quelques heures devant moi. Je me lance. De  mon œil curieux je lis très vite 100 pages. BOUM je suis prise au piège. Sur le c** !

Un monstre, invisible, sévit en ville. Tout le monde en parle mais personne ne sait de qui il s’agit. Et puis, il y a Dominique mi-homme/mi-femme, David le baratineur et Alice la transparente. Ces trois-là se rencontrent le temps d’un dîner. Il est temps pour eux de montrer leurs vrais visages.

Charles Roux utilise des bêtes monstrueuses et sauvages pour mettre en situation son récit. Du sasquatch au wendigo. De la sorcière au zombie. Autant de bestioles bizarres décrivant l’Homme. Creuser sa vraie nature. En trouver les failles. Saisir les blessures. Comprendre les difficultés. Les liens se font très vite.

« Les monstres font partie de notre histoire ! Que nous racontent-ils, que disent-ils de nous, de nos comportements, de nos peurs ? »

3 pronoms je/tu/vous, 3 points de vue pour 3 vies. Sous ces traits tout y passe. Pouvoir. Injustice. Ignorance. Survie. Excès. Peur. Domination. Ce que l’Homme est, imposé par une société tentaculaire.

Alors, je vous le demande : qu’est-ce qu’un monstre ? En êtes-vous un ?

Les Monstres interrogent. Ils nous confrontent à notre « moi ». Cet être que nous sommes, figé dans une réalité à la pseudo-perfection. Un livre qui donne envie d’être soi, de faire tomber le masque qui colle à la peau et qui finalement n’est pas sur-mesure.

J’ai tenu les 605 pages, sans jamais m’essouffler. Un très bon premier roman. – Héliéna Gas

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Quelle prouesse narrative, quelle mise en scène !

Voici un premier roman captivant, fascinant, étonnant, curieux, ambitieux et terriblement addictif !!

A travers le destin de trois personnages, David, Alice et Dominique (« tu », « vous », « il ») qui se croise le temps d’une soirée, l’auteur interroge notre construction autour du mensonge et de facto nous invite à aller au bout de nos convictions, de démasquer ce qui se cache en nous en se débarrassant de l’uniforme social.

On y rencontre ainsi Phénix, Démon, Sasquatch, cauchemar, Sorcière, Wendigo, Zombies, Golem qui ne sont que l’image de la société.

Ces personnages vont ainsi donner un sens à leur existence, s’extraire du présent dans un lieu très insolite où les incantations d’une sorcière vont les révéler.

Il se dégage de ces 600 pages une atmosphère, une tension qui font qu’on ne parvient pas à le lâcher. – Alexandra Lahcène

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Ce roman est ambitieux, de surcroit pour un premier ! Innovant, admirablement écrit, l’auteur décortique, dissèque les mécaniques psychiques, dénis, défenses, troubles et complexes, avec une intelligence analytique sans faille, sans omettre la peinture sociale ! Notre monde actuel est passé au crible sous un regard sans concession, direct et franc, et indéniablement honnête et réel. Mais de quoi parlons-nous et quelle est la visée de l’ouvrage si tant qu’il faille lui trouver un objectif ?

Un polar, une énigme, une romance, un conte philosophique relayant des interrogations existentielles sur l’identité, l’ego et le Je, le soi à connaître et à libérer, le soi au milieu des autres ?

C’est sous la houlette de monstres, énoncés dès le titre, et plus précisément d’un monstre, un invisible qui sème la terreur en ville, que l’auteur nous embarque dans une histoire, une valse à trois temps, entre trois personnages Alice, David et Dominique, lesquels ne se connaissent pas au début du récit. Mais peut-être serait-il plus juste de parler d’une valse à quatre temps car la voix narrative figure selon moi en tête d’affiche du casting des premiers rôles.

La voix m’a happée d’emblée. Narration classiquement omnisciente et  de façon plus étrange interne et très impliquée puisqu’elle s’adresse directement à deux de nos héros, avec un tu familier ou un Vous plus policé et de façon plus classique se retire en décrivant le troisième. Judicieux stratagème pour tenir le rythme et la chorégraphie entre les trois sans qu’on s’y perde. A la façon d’un œil, d’un Big Brother qui observe, oriente, elle est cette voix qui interpelle, reconnaissable entre mille. Elle procède comme une conscience, un gendarme réprobateur ou un miroir parlant et sans filtres, écho de l’intime muette qui défile en pensées. Prophète en sa demeure, elle est partout, tout le temps, instantanément liant les trois dans un temps d’éternité, se jouant du suspens qu’elle met en scène pour les heures à suivre et l’issue qu’elle sait déjà. Elle n’est pas franchement amicale, plutôt directive, elle accompagne avec fermeté nos trois héros, passant au chinois toutes leurs failles, révélant les secrets, traquant les lâchetés, les mauvaises fois usées pour fuir ses responsabilités. Elle les passe au tamis de la réalité, de leur vérité subjective, et démonte un à un tous leurs petits arrangements quotidiens.

Ensuite seulement j’ai lu le décor, l’ambiance de terreur qui règne dans cette métropole : un dédale d’immeubles, de rues bétonnées et de tours de verre où se massent sans se connaître des gens par millions. Un monstre y sévit les nuits et agresse, lacère et tue. Effroi et excitation montent en puissance devant un danger inexpliqué qui éveille les basses pulsions et agite les fantasmes. Alice, David et Dominique comme tant d’autres évoluent dans ces murs, pris dans leurs existences respectives. On observe dès lors comment la Bête impacte, résonne, indiffère ou exacerbe leurs mouvements, leurs réactions ; comment l’ignoble électrise leur quotidiens, braque un projecteur puissant sur leurs névroses respectives, aiguisant vivement leurs interrogations, provoquant plus loin leurs dilemmes, épuisant leurs dernières ressources. La voix sait leur prochaine rencontre et nous y amène avec eux par paliers, attisant notre curiosité jusqu’à la soirée annoncée, cadre extraordinaire pour une expérience inédite.

La figure, multiple, du monstre dans la différence qu’il oppose provoque la mise en lumière des zones d’ombre qu’on ne peut plus se cacher. L’altérité dans ce qu’elle a aussi de terrifiant convoque l’étrange en soi, ce qui fait honte souvent, ce qu’il est préférable de voiler pour rester inscrit dans le groupe, le semblable. Ainsi qu’est-ce qui fait monstre et aux yeux de qui ? Ne sommes-nous pas tous à même de nous conduire avec monstruosité ?  Ne sommes-nous pas déjà aliénés, pris dans un système qui nous dépasse, nous enferme et nous bâillonne ? Des zombies enchaînés dans la répétition d’une productivité, d’un schème à respecter comme modèle unique ? Des bêtes assoiffées de sensations fortes et aux désirs inavoués, inavouables donc potentiellement bombes à retardement ?

Les Monstres, c’est nos contemporains, donc un peu de chacun, et leurs réponses, leurs aménagements face à la cruauté du monde dans lequel ils sont plongés : monde dont on connaît la beauté et les richesses autant que les affres, les risques et les violences. Face à la monstruosité, au gigantisme de cet univers, que sommes-nous à même de répondre seuls et entourés ?

L’auteur a l’audace d’adopter un ton singulier, et le fait brillamment. Il flirte avec les limites, la frontière entre le tangible et le fantastique sans jamais pour autant quitter la pugnacité du réel.

Alors pourquoi je ne suis ni émue, ni bousculée ni franchement emportée. Ma lecture, même à quelques jours de distance, reste objective et distancée.  J’y ai lu un énième constat sur notre condition. Déprimant ? Peut-être, pourtant il est aussi question de liberté à conquérir, de cœurs imparfaits mais valeureux dans ce long et dense roman. Parfois la pertinence est trop disséquée, et par conséquent alourdit le propos, enlise la trame, laquelle a perdu de son  mystère, le suspens glaçant est retombé….La voix si elle percute au début, s’efface de plus en plus sur la deuxième moitié de l’ouvrage et dès que nos trois personnages se rencontrent dans le restaurant des mensonges le lecteur n’est plus tenu par la résolution d’une énigme. On a compris et le constat est…ce qu’il est.

Alors si je suis épatée par la rédaction d’un tel roman, soutenue par un style parfait et une réflexion solide, pointue, je dois avouer mon ennui par moments, ma déception sans doute face à un fantastique qui n’est pas assumé ou choisi pleinement, un onirique trop peu exploité, comme des tentatives avortées face à l’analyse exigeante -trop chirurgicale ?- de notre société et de nos rapports humains. Sans doute mon inconscient, par définition tapi dans l’ombre de ma conscience réflexive, aurait eu besoin d’être emporté, secoué, détourné par la force de l’imaginaire plutôt que d’être conforté par une résonance intellectuelle aussi pertinente soit-elle. – Karine Le Nagard

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C’est un de ces romans qui laissent une trace en vous.

Parce qu’ils vous parlent et qu’ils parlent de vous.

Les monstres, est très bien construit et écrit.

J’aime beaucoup l’idée des pronoms personnels différents.

Il existe 3 personnes, celle et celles auxquelles on parle et celle dont on parle.

Ce roman met en exergue nos contradictions, nos barrières et nos peurs, adoptées ou construites, qui font de nous des monstres.

C’est une critique de soi et de sa lâcheté.

J’ai beaucoup aimé. – Stéphanie Justin

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Charles Roux met en scène trois personnages qu’il interpelle et qui vont se succéder en alternance : Alice, David , Dominique ( prénom épicène). Il analyse, décortique chaque geste, chaque pensée, chaque intention afin de mettre à nu mensonges et convenances, voire  » nécessité sociale ». Dominique parachève le tout lors d’un dîner maléfique au « Restaurant de mensonges » pour faire éclater la vérité. Vérité ou sincérité ? La sienne ou celle de ses convives ?  » L’essentiel est que la vérité , même monstrueuse, triomphe ».

La plume est fine mais l’auteur se repaît des mots et noie le lecteur dans un maelström de dissections comportementales superflues. Tout ça pour ça. Je suis déçue, j’ai la sensation d’avoir raté ma lecture mais ce n’est que ma vérité ! – Corinne Tartare

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Quel premier roman ! Un récit inclassable, fascinant, envoutant, peut être un tour de sorcière, dont on ne peut plus se détacher.

Un trio qui pourrait être classique et pourtant si loin du mari, la femme et l’amant. Le narrateur a un côté démiurge et manipule ses personnages comme des pantins qu’il secoue et bouscule à sa guise.

La construction est particulièrement soignée. Chaque personnage est représenté par un pronom Tu, Vous, Il/Elle et apparait dans un chapitre qui lui est consacré exclusivement.

Je n’ai pas vraiment adhéré à la 4e de couverture, exercice habituellement difficile et quasiment impossible pour ce roman. Rien n’est dit réellement des thèmes abordés tout au long de ces 600 pages.

La construction de soi, le rapport à l’autre, le rapport à soi et à son corps, le mensonge et l’hypocrisie induite par les relations sociales…, le tout saupoudré d’une dose de magie, de surnaturel.

Bref j’attends avec impatience les futurs récits de Charles Roux. – Emmanuelle Coutant

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Trois personnages, trois narrations. David commercial marié deux enfants, tu t’es hissé seul à ce niveau, sûr de toi! Toujours. Tout l’inverse de vous Alice, professeur de français un peu par défaut, presque vielle fille, vous passez désormais vos soirées seule. Quant à Dominique, il, parfois elle, espère révéler la vraie nature de chacun à défaut de la sienne. Trois personnages et les premières pages servent à faire les présentations et poser le décor, l’ambiance! Le décor est celui de cette capitale non nommée dont les faits divers sont hantés par un monstre… J’avoue mettre demandée où j’allais au début de cette lecture, perturbée par les changements de ton, m’interrogeant sur le lien avec le monstre qui habite cette ville et fait le bonheur des journalistes, flirtant parfois avec le fantastique.

Puis la rencontre, ce diner spectacle où tout ne se passe pas comme prévu pour le restaurateur mais qui va se révéler prometteur pour sa dernière. Derrière les faux semblants, les mensonges, Dominique espère libérer ses invités de tout ce mal et révéler peut-être le monstre tapi en eux! A travers ces trois personnages et les monstres qui hantent la capitale, l’auteur analyse finement notre société, cette course à la réussite, le couple et la routine, les rencontres virtuelles mais surtout la quête de soi! Ce roman est un ovni, une curiosité, mystérieux avec une plume envoutante. Un roman pour autant exigeant, il m’a demandé de la concentration, de la volonté car le début m’a un peu désarçonnée et je suis vraiment ravie d’avoir persévéré!

Un premier roman réussi, singulier, surprenant et habilement mené. Un brin fantastique, ce livre est tout comme ce diner, un spectacle! 600 pages où la tension est latente, livre sur une rencontre fine analyse de notre société. – Julie Campagna

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Enfin un roman consistant dans le cadre des 68 premières fois ! Jusqu’à présent les romans allaient de 80 à 200 pages. A peine commencés, ils étaient terminés.

Avec « Les monstres » on a enfin le temps d’installer les personnages, de les creuser, d’essayer de les comprendre.

Ils sont trois.

Alice une enseignante avec un côté vieille fille et une vie sociale réduite au maximum. Elle sculpte un peu et va fabriquer une statuette en terre cuite sorte de golem qui ne la quitte plus et lui procure une sorte de force surnaturelle.

A l’opposé David est un commercial à qui tout réussit. Il est marié, père de famille mais enchaîne les conquêtes sans lendemain. Est-il heureux pour autant ?

Troisième personnage : Dominique véritable caméléon et qui porte bien son prénom épicène. Dans sa demeure, véritable musée de curiosités, il organise des dîners spectacle.

Les trois vont se rencontrer lors du dernier dîner de Dominique.

Ce livre est un véritable enchantement par son style, par son imaginaire, par ses personnages très attachants.

Un véritable coup de cœur. – Michèle Letellier

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Un véritable coup de cœur !
J’avoue avoir un peu pris peur en voyant les 600 pages en petits caractères… Après quelques pages de lecture j’étais déjà conquise.
Trois histoires qui s’entremêlent avec un fil conducteur qui se dissémine tout au long des pages d’une manière très habile.
Trois personnages fascinants et si différents: David, Alice et Dominique. Des histoires et des vies qui n’ont rien à voir. Un point commun: l’angoisse du monstre qui rôde dans la ville et effraie la population.
Tout se jouera autour d’un dîner peu commun qui regroupera les trois personnages et dont la vie sera définitivement liée.
A lire de suite et sans modération. N’ayez pas peur de l’épaisseur du livre. A chaque chapitre on en apprendre un peu plus sur chaque personnage ce qui permet une certaine fluidité, ce qui évite de « s’ennuyer » et nous tient en haleine. – Nina Busson

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« Ne sommes-nous pas, comme le fond des mers, peuplés de monstres insolites ? » – Henri Bosco, Le récif

« Il [Dominique] sait aussi que derrière beaucoup de mystères se cachent souvent des réalités palpables, des phénomènes explicables qui apparaissent incroyables pour qui ne sait pas ce qui se trame en coulisse. Parfois, la sagesse commande d’ailleurs de ne pas chercher à creuser, de se contenter de l’émerveillement de surface, d’apprécier le geste habile d’un magicien, l’histoire improbable d’un conteur. »

Les Monstres, 1er roman de Charles Roux publié en ce début d’année aux Éditions Rivages, est de prime abord exactement cela : 

« le geste habile d’un magicien, l’histoire improbable d’un conteur. »

Ce roman, qu’il m’est impossible de qualifier autrement que de chorégraphique, fait se mouvoir, en une alternance de chapitres savamment orchestrée, trois personnages – Alice, David et Dominique. Alors qu’une voix, omnisciente, scrutatrice et disons-le carrément dérangeante, s’adresse aux deux premiers en usant du « vous » avec Alice, du « tu » avec David sans se montrer plus familière pour autant, cette même voix se contente de raconter Dominique, prénom épicène pour un personnage qui n’est vu qu’en surplomb, insaisissable entre « il » et « elle ».

Ce travail d’écriture, ciselé, met en mouvement le récit. Son rythme languissant rappelle celui, baroque, d’une passacaille à trois temps, telle celle du Persée de Jean-Baptiste Lully, où les danseurs tournoient et se frôlent avec lenteur (LWV 60, pour les curieux). Chacun des personnages occupe de courts chapitres, sans jamais interférer avec les autres, avant que la scène centrale du dîner ne les fasse enfin se rencontrer. Pourtant, qui sait prendre son temps – et comment ne pas le prendre avec ce roman ! – ne manquera pas de noter :

  • l’écho des rimes à l’intérieur des paragraphes ;

« Poubelles renversées, traces de griffures. Pierres descellées, menaçantes écritures. Voitures vandalisées, sang sur les murs. Pour sûr, il n’est pas loin. »

  • ou encore les liens, presque invisibles tant ils sont ténus, que l’auteur a pris soin de tisser entre chaque chapitre et, partant, entre chacun des personnages. Ainsi, il n’est pas rare qu’il y ait un glissement d’une fin de chapitre à l’ouverture du suivant : « une vulgaire paire de seins »(page 52) et « les deux excroissances modelées au niveau de la poitrine » (page 53). Un peu plus loin, Alice retire ses fripes pleines de sueur avant de filer sous la douche (page 117) quand David se remet d’aplomb sous le jet d’eau froide (page 118). Plus loin encore, « [l’] inédite concentration [qui] tire les traits [du] visage » des élèves d’Alice (page 144) se lit sur les visages des auditeurs d’un David convaincu que « pour obtenir l’attention des autres, rien de tel que de faire forte impression » (page 145). 

Par ailleurs, Charles Roux n’hésite pas à recourir à l’anaphore :

« Peu importe ce qui compte ce soir, c’est que la vérité éclate, car c’est la véritable raison d’être de ce restaurant de mensonges. »

« Peu importe que cela amène certains à se déchirer, l’essentiel est que la vérité, même monstrueuse, triomphe. »

J’arrête là mais, faites-moi confiance, les exemples sont légion. Autant d’artifices d’écriture qui aident l’auteur à installer le rythme dans la durée, à confectionner une trame solide, propice aux rapprochements entre ses personnages, presque à l’insu du lecteur qui pressent tout de même qu’Alice, David et Dominique vont se rejoindre alors que rien ne les y prédispose. J’en suis encore à me demander comment Alice, la timide et timorée Alice, se retrouve à accepter l’invitation à dîner d’un inconnu sur un site de rencontres…

Oui, Les Monstres est un roman à la construction audacieuse, parfaitement maîtrisée, qui me laisse d’autant plus admirative que c’est un premier. Mais une construction, aussi inventive soit-elle, est-ce suffisant ?

Voilà trois personnages qui vont vivre leur dernière journée en ville. 

Alice, la quarantaine célibataire, sculptrice autodidacte et professeur d’histoire, sera en vacances le soir même. David, cadre de moins en moins dynamique, dont le couple est usé par la routine, ira retrouver Stéphanie partie avec leurs deux enfants au bord de la mer. Le/la Chef(fe) Dominique, jamais remis(e) du décès de son compagnon, ouvrira son restaurant éphémère et confidentiel à de rares invités triés sur le volet. À moins que…

Voilà trois personnages parvenus à ce moment de la vie où il est besoin de faire le point, trois personnages qui se savent arrivés à l’orée d’un renouveau possible à condition qu’ils s’en saisissent sans tarder, trois personnages enfin livrés à eux-mêmes dans une ville elle-même livrée à un « monstre invisible » qui agit durant ces heures propices à la résurgence de nos pires craintes. Le monstre, autant que la nuit, aiguisent la peur des uns, la curiosité des autres et, comme il se doit, la voracité loquace des médias.

« Plutôt que de vendre un peu de mystère aux auditeurs, cette petite imbécile s’escrime à démonter ces mythes, à expliquer qu’aucune source écrite sérieuse n’atteste de la véracité de ces faits, que cela tient de la superstition moyenâgeuse… encore une qui n’a rien compris à ce qu’on attend d’elle. » 

L’auteur vend du mystère à son lecteur qui sent la tension monter. Lentement. En ce sens, Les Monstres est un roman d’atmosphère dans lequel rien ne se précipite et, je le reconnais, il m’est arrivé d’y trouver le temps long au point de vouloir accélérer la rotation des aiguilles de la coûteuse montre de David ! Si les premières pages m’ont aussitôt mise en appétit, j’avoue avoir eu bien du mal à conserver aiguisé cet appétit, une fois passée à table. Les quelque – interminables – 200 pages de ce repas pris Chez Dominique m’ont paru indigestes en ce qu’elles n’évitent pas les redites, avec cette impression prégnante que l’auteur me repassait les plats. En effet, les révélations qu’elles sont censées apporter ne nous apprennent rien que l’on n’ait déjà deviné puisque la voix omnisciente nous a révélé les personnages d’Alice et de David, leur présent, leur passé, leurs craintes comme leurs aspirations. Ces révélations nous permettent toutefois de découvrir d’autres facettes de Dominique que l’on voit enfin à l’œuvre, maître de cérémonie entre ombres et lumières dans son restaurant qui tient du cabinet de curiosités.

« Chez Dominique, le restaurant de mensonges est bien plus qu’une simple idée. C’est un révélateur de ce qui se cache à l’intérieur. De la vérité pure débarrassée des habits sociaux de la tromperie permanente. Vous ne savez pas si vous trouvez cela bien ou pas. »

Comme l’écrit Madeleine Ferron« Chacun a en lui son petit monstre à nourrir » et le roman de Charles Roux, avec ses 600 pages, sa pincée de fantastique et son zeste de magie, est pour le moins roboratif. À la recherche d’eux-mêmes dans le dédale des rues de cette ville-capitale qu’un monstre, insaisissable, arpente chaque nuit, Alice, David, Dominique doivent se résoudre à affronter leur monstre intérieur nourri de leurs peurs, leurs manques, leurs masques et leurs fantasmes.

« Choisir soi-même son masque est le premier geste humain volontaire et solitaire. » – Clarice Lispector

Si « ce soir, derrière le masque, il n’y aura qu’une seule et unique personne […] », laquelle réfléchira le miroir du cabinet de curiosités que Dominique fait visiter à ses invités ? Que verront David et Alice, through the looking-glass ?

« Savoir qu’il existe une autre possibilité, l’impensable mais pourtant réelle éventualité que ce monstre invisible ne soit personne d’autre que lui-même. »

Comment avancer quand le passé leste l’avenir ?

Comment éviter la routine et l’usure ?

Comment se défaire des faux-semblants et émerger, neuf, du marasme urbain et social ? 

Est-ce indispensable de courir après la réussite ? et, accessoirement, qu’est-ce que réussir ?

etc.

Autant de questions essentielles – à défaut d’être originales – que pose Charles Roux. Elles vont, viennent, se perdent, ressurgissent dans la forme labyrinthique de ce roman ambitieux qui scrute avec une brillante acuité notre époque et notre société.

Et la lectrice que je suis de s’être à son tour perdue :

  • dans le dédale des réflexions de personnages en proie à leur altérité monstrueuse ;
  • dans le dédale de ce roman, monstre en manque de silences et au suspens assez vite émoussé en dépit de ses 600 pages.

En ce qui me concerne, il est flagrant que, comme tout monstre qui se respecte, ce roman a joué à merveille sa duelle partition fascination/répulsion.

« Pour saisir certaines choses, il faut être capable de dépasser ses horizons de pensée habituels, reconnaître son ignorance et croire, tout simplement.

Croire à l’improbable. Croire à la magie. Croire aux légendes et aux contes de fées, aux magiciens et aux sorcières. »

Alors, pourquoi cette pointe de déception ?

Peut-être ai-je perdu mon âme d’enfant et n’y ai-je pas assez cru ?

Peut-être aurais-je dû avoir « la sagesse [qui] commande […] de ne pas chercher à creuser, de se contenter de l’émerveillement de surface »pour me laisser emporter ? – Christine Casempoure

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Attention, un monstre peut en cacher bien d’autres… C’est ainsi que dans cette capitale (non nommée) une créature non identifiée sévit, provoquant dommages matériels et pertes humaines. Quelle est donc cette créature venue de nulle part ? Nul ne le sait, et on s’apercevra qu’elle possède un rôle certain : celui d’alimenter les conversations, de faire couler de l’encre et de motiver le milieu des journalistes, elle hantera les esprits tout au long de ce lourd pavé.

Et elle cachera bien d’autres démons : les démons que tous, nous renfermons : tes démons David, le commercial, le winner, le dragueur, l’instable, tu les caches bien, tes doutes, et tu sauras les exprimer.

Tes démons Alice, tes angoisses, tes craintes, tes principes, tes certitudes qui peut-être, ne demandent qu’à être brisées.

ses démons, ceux de Dominique, sa recherche d’identité, sa quête de vérité, lui le grand catalyseur, le maître des philtres qui mettra en présence deux éléments d’un couple improbable à l’avenir incertain.

Les monstres, les monstres et encore les monstres, prouesse littéraire à l’écriture fluide certes, toutefois long, long, si long.… tellement longuet que je me félicite d’être allée jusqu’au bout de ce roman, poétique souvent, bien écrit toujours, bien mystérieux quant à l’ambiance générée par ce texte aux passages volontairement sibyllins.

Certains adoreront, d’autre apprécieront, je n’en doute pas, question de choix littéraires. Aussi n’hésitez pas à vous plonger dans cette lecture sans pour autant tenir compte des idées personnelles que j’ai couchées sur le papier. – Roselyne Soufflet

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Sur fond d’actualité angoissante, nous suivons trois personnages que rien ne prédestinait à se rencontrer. Ces trois personnages sont racontés de manière différente, le « vous » succède au « tu » et au « il ». Il nous faut plusieurs centaines de pages avant que ces mêmes personnages se rencontrent dans un même lieu. Ces centaines de pages qui peuvent paraître longue m’ont conquises. Elles permettent à la fois au lecteur de rentrer dans l’intimité d’Alice, David et Dominique. Mais aussi de nous faire sentir l’ambiance de cette capitale victime d’un monstre. 

Toutes ces pages préparent le moment crucial du livre, le dîner au restaurant des mensonges… Un restaurant où vont se rencontrer pour la première fois Alice, enseignante démotivée aux rêves d’artiste déchus et David cadre ambitieux et imbu de lui-même qui trompe sa femme. C’est également l’occasion de rencontrer le spectaculaire Dominique qui derrière ses déguisements et sortilèges souhaiterait être un autre (enfin « une autre »). 

Un restaurant « magique » où les convives sont enfermés, privés de téléphone et se sentent libérés de leurs mensonges. 

Un dîner pour changer de vie ? Un dîner pour se libérer du monstre qui est en nous ?  

Ce roman m’a fasciné et tenue en haleine. Encore une belle pépite. Et si au fond nous étions tous notre propre monstre ?  – Ana Pires

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Trois voix , trois personnages qui vont se rencontrer, cette rencontre pourrait changer leurs vies.
Tu, David, jeune cadre dynamique marié , père de famille, à qui tout réussit, enfin, apparemment.
Vous, Alice, vieille fille complexée, professeur par dépit, que tout terrorise.
Dominique, homme, bientôt femme ?
Dans une ville terrorisée par un monstre, David va inviter Alice rencontrée sur un site de rencontres dans le restaurant très particuliers de Dominique, sorcier en mal d’identité dont c’est le dernier diner.
Au fil de ce roman de 600 pages, on suit l’évolution de ces personnages et de leur personnalité.
Seraient ils comme beaucoup d’autres des monstres? Quelle est leur face cachée ?
Si ce récit ne manque pas d’originalité, il m’a paru vraiment trop long, un peu tordu et alambiqué et ceci n’est pas un mensonge…. – Anne-Claire Guisard

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Dans une «métropole tentaculaire», ville capitale jamais nommée, un monstre invisible et insaisissable effraie les âmes perdues et fait des ravages chaque nuit. Il sème la terreur chez ceux qui osent s’aventurer dans les rues de la ville. Une terreur qui ne cesse de croître, amplifiée par les médias et fait surgir les cauchemars les plus terribles et les peurs les plus primitives.

C’est dans cette ville que Charles Roux orchestre habilement le parcours de trois personnages que rien ne disposait à se rencontrer. David, cadre carnassier en bout de course et dont le mariage bat de l’aile, Alice, l’enseignante démotivée, sculptrice de statuettes d’argile aux allures de Golem à ses heures perdues et Dominique, propriétaire d’un restaurant éphémère et extravagant, qui peine à se remettre de la disparition de son compagnon. A priori, ils n’ont rien en commun, sinon souffrir cruellement de solitude et être arrivés à un tournant crucial de leur vie où il va falloir faire des choix. Pour autant sont-ils des monstres ? Existe-t-il en chacun d’eux une part de monstruosité qu’il leur faut assumer ?

La narration en alternance, maîtrisée de bout en bout, donne le rythme au récit. Elle revêt une forme particulière, un narrateur omniscient s’adresse à David en le tutoyant, à Alice en la vouvoyant et raconte Dominique, ce personnage mystérieux, à la troisième personne, entre  il et elle, explorant ainsi l’identité de chacun pour mieux la dévoiler. 

Toute une galerie de monstres légendaires aux noms évocateurs apparaît en filigrane et donne une tonalité mystérieuse au récit. On y croise des chimères, des wendigos, des sasquatches, des golems et autres succubes, un cabinet de curiosités insolite qui interroge. « Les monstres font partie de notre histoire. Que nous racontent-ils, que disent-ils de nous, de nos comportements, de nos peurs ? »

Patiemment, Charles Roux rapproche ses trois personnages. C’est dans un restaurant très particulier qu’ils vont se rencontrer et passer une soirée pour le moins étrange. Par le lieu d’abord, un décor de cabinet de curiosités puis par l’expérience troublante qu’ils vont vivre. Au cours d’un dîner-spectacle théâtral, Dominique officie entre ombre et lumière, se transformant sans cesse, mi-homme mi-femme, proposant à ses invités ses philtres et élixirs magiques pour «réveiller les âmes endormies». Mais les masques tomberont-ils ce soir-là ? Le monstre dissimulé au fond de chacun d’eux,  qui se nourrit de leurs craintes et de leurs fantasmes va-t-il enfin se libérer ? Faudra-t-il traverser le miroir pour aller au-delà des apparences, trouver sa vérité et pouvoir enfin rêver d’un autre monde ?

Voici un roman audacieux à lire comme une expérience littéraire, une sorte de comédie agrémentée d’un peu de merveilleux et de fantastique, au décor de cabinet de curiosités littéraires et artistiques où l’on imagine Mary Shelley, Lewis Caroll, Tim Burton, Edvard Munch…   Ici, les monstres à affronter, pure projection de nos angoisses, sont façonnés par l’environnement urbain délétère, les conventions sociales, l’injonction de réussite, la solitude écrasante. En dévoilant les zones d’ombre et les failles de chacun, Charles Roux explore la monstruosité, celle qui effraie et masque en même temps la vulnérabilité. Il interroge l’identité, ce « je insaisissable si difficile à apprivoiser », de manière troublante.

Un roman dense, original, un peu déroutant parfois, qui distille une ambiance envoûtante. Un cabinet de curiosités littéraires à visiter sans hésiter. – Josiane Sydenier

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Un premier roman, c’est la promesse d’une rencontre, avec un auteur, un univers, une écriture. Parfois la rencontre ne se fait pas mais là, dès les premières pages, j’ai su qu’elle se ferait. Et elle s’est faite. J’ai été piégée par la mise en scène brillante de Charles Roux, par le mystère inquiétant qui émane de chaque phrase sans que jamais l’intérêt ou la tension narrative ne retombent sur près de 600 pages.

Tout le roman s’articule autour d’un repas dans un restaurant stupéfiant conçu comme un cabinet de curiosités et des rencontres qu’il en résulte. Un narrateur omniscient s’adresse à ses trois personnages, les interpelle, les prévient, prophétise. Tel un chef d’orchestre, il semble diriger chacun en l’associant à un pronom : David, golden boy volage est « tu », Alice la célibataire névrosée et seule est «  vous », Dominique le restaurateur magicien est « il ». le tout dans une atmosphère à la fois mystérieuse et oppressante : un Paris tentaculaire en proie aux angoisses depuis qu’un monstre invisible sévit et nourrit les fantasmes ; la nuit et ses pouvoirs libérateurs, entité quasi mystique qui pousse à se dévoiler et libère les instincts.

Trois personnages, trois voix, trois identités déchirées dont on partage les troubles au plus près. Chacun devra affronter son monstre intérieur, la part sauvage et inavoué qui est tapie au plus profond de lui. Comment devenir soi-même ? Charles Roux dépèce les multiples couches d’une identité sociale qui étouffe la plus profonde dans une société contemporaine décrite au vitriol. Il éjecte les filtres avec brio. Finis le moule, les postures, les chaînes imposées par un mode de vie aliénant et zombificateur.

Durant toute cette lecture, en apnée, on sent que l’auteur sait où il veut amener son lecteur. Et il le fait avec une liberté totale, étonnamment audacieuse pour un premier roman. L’écriture est étincelante, instinctive, entre urgence et improvisation, elle pousse littéralement les personnages dans leurs ultimes retranchements jusqu’à révéler ce qu’ils sont, sans fard. Elle est également très visuelle et laisse des empreintes fortes dans la tête et les rétines. Comme celle de ce golem de glaise sculpté par Alice dont l’image fantastique m’a accompagné durant toute la lecture.
Le monstre est vulnérable, empli de solitude, d’espoir, avide de voir transcender ses douleurs intérieures. Un premier roman très ambitieux et réellement bluffant. Souvent dérangeant dans le questionnement qu’il peut engendrer en poussant le lecteur à se confronter à son moi le plus profond par le truchement de personnages qui affrontent pour la première fois leurs tourments. – Marie-Laure Garnault

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Dans cette histoire, on va découvrir trois personnages, Alice,  David et Dominique, avec chacun son parcours et ses expériences. L’auteur les interpellera, il s’adressera à  Alice par le vous, à David par le tu et désignera Dominique par le il ou le elle.

A la nuit tombée, un monstre parcours la ville, tuant, pillant et détruisant  sans laisser de traces. Un mystérieux restaurant ouvre ses portes dans une ruelle obscure. L’heure d’un dîner-spectacle à nul autre pareil a sonné.

On va suivre chacun des protagonistes dans leur journée, et la façon dont ils vont se préparer, leurs hésitations, leurs décisions jusqu’à l’arrivée de ce fameux dîner.

Là  bien des choses se passeront ou pas ?

Au cour de ce dîner, ces trois personnages vont chercher à  découvrir qui ils sont vraiment. Pour ce faire, ils affrontent leur monstre intérieur, cette part sauvage qui réside à  l’intérieur de chacun de nous.

Ce roman interroge l’identité,  ce que nous sommes tous devenus, par le biais de notre environnement, de nos relations aux autres, des obligations sociales. Comment devenir réellement soi-même, voilà la question centrale qui anime Alice, David et Dominique tout au long de ce roman et peut-être chacun d’entre nous. C’est une exploration sublime de l’identité et de la vérité, de l’amour et du bonheur.

Y-a-t-il Un monstre qui sommeille en chacun de nous ? Quelle part d’ombre et de malfaisants se cache sous nos dehors innocents, insipides ou glorieux ?

Ce roman d’atmosphère nous conduit aux confins du sublime et du maléfique. – Hélène Grenier

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J’ai tourné un certain temps autour de ce livre (tout de même plus de 600 pages!) avant de me lancer. Sans raison particulières, j’avais le pressentiment qu’il n’allait pas me plaire. Sa couverture toute simple qui avait perdu son bandeau coloré ne m’attirait pas vraiment. Mais on ne fait pas repartir un livre des 68 sans l’avoir ouvert. Heureusement! Je me suis régalé avec ce premier roman énigmatique, inventif, inclassable, magique…

L’univers de Charles Roux est très particulier. Au fil de courts chapitres et de manière très habile, il entrecroise la vie de trois personnages qui ne se connaissent pas. Il s’adresse à Alice en la vouvoyant, c’est une enseignant quarantenaire, falote et mal dans sa peau. Il tutoie David, un cadre commercial du même âge prêt à tout pour réussir. Enfin il utilise le pronom « il » ou « elle » pour les chapitres consacrés à Dominique, l’étrange restaurateur, vieux monsieur où serveuse sexy, qui vit dans un incroyable musée personnel et utilise ses dons de sorcier(e) au profit de ses clients d’un soir. Pendant qu’un ou plusieurs monstres terrorisent la ville les trois personnages se retrouvent pour un dîner hors du commun ou la recherche de vérité est bien le plat principal. Chacun se demandant si ce n’est pas lui le monstre, ce dîner va leur apporter quelques vérités sur eux-même et nous obliger à nous poser des questions.

Une chose est certaine, Charles Roux a de l’imagination. Ce roman inclassable est un peu trop long, comme beaucoup de primo-romanciers, il a voulu y mettre un maximum d’idées. Il y a beaucoup de redites mais elles forment comme une petite musique.

Assurément un auteur à suivre. – Françoise Floride

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Lire également les chroniques de :

Claire Séjournet : https://lamarmottealunettes.wordpress.com/2021/02/17/les-monstres-charles-roux/

Henri-Charles Dahlem : https://collectiondelivres.wordpress.com/2021/04/20/les-monstres/

Nicole Grundlinger : http://www.motspourmots.fr/2021/01/les-monstres-charles-roux.html

Marie-Claire Poirier : http://abrideabattue.blogspot.com/2021/05/les-monstres-de-charles-roux-chez.html

Annie Pineau : http://tlivrestarts.over-blog.com/-92

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