Sept gingembres – Christophe Perruchas

« Qu’est-ce qui fait qu’un instant on est dans la vie qu’on dit normale, qu’on s’en échappe, sortie de route, qu’on rit trop fort et puis qu’on gifle les gens ? Que tout est parfois beau et drôle, possible et presque magique ? Et parfois lourd et triste à en crever, quasi viscéral, cancer des entrailles plutôt que de la tête ? »

Sept instantanés.
Sept images hautement instagramables. Instagramées d’ailleurs, publiées, partagées, likées, commentées, enviées sûrement.
Sept publications qui donnent de lui, de son couple, de sa famille, de sa vie, une image idéale : argent, amour, réussite…
Nous les découvrons à intervalles réguliers, au long de ce roman.
Intercalées entre une autre vision de ce qu’il est vraiment.
Lui, c’est Antoine S., poste clé à responsabilité dans une agence de Pub. Des méthodes de management parfois douteuses, et surtout, une obsession irrépressible pour le sexe. Les jeunes femmes, élancées et attirantes, collègues, collaboratrices, assistantes, étrangères croisées au hasard, dans un bar, un train… regard irrésistiblement aimanté, étude minutieuse du physique, de quelques détails, photos volées…
Séducteur, certes, mais parfois, souvent, beaucoup plus lourd, insistant, débordant. Et qui dérape… sûr de lui, d’un air du temps qui le protège…
L’auteur livre ici un premier roman moderne, brillant, et déstabilisant. Et sombre.
La photographie d’une époque de consommation, de réseaux sociaux, de perte de
repère en dehors de l’approbation collective des pouces levés. Mais aussi de descente aux enfers inéluctable parfois.
Pas réjouissant, mais réussi. – Christine Gazo

_______________

C’est l’histoire d’une chute annoncée. Celle d’Antoine, quadragénaire triomphant,  cadre dirigeant. Un salopard, on s’en rend compte très vite, prédateur perpétuellement en marche qui conçoit son agence de pub parisienne comme le théâtre de sa domination toxique sur les femmes. Sauf que le roman se situe dans la France post MeToo, pas dans les années 1980-90 où un tel comportement de cynique infatué et jouisseur pouvait s’exercer en toute impunité. Antoine est un personnage fini d’un monde fini et qui ne se pose pas de questions. Sa chute n’en sera que plus implacable et irréversible.

Cette lecture est perturbante car Christophe Perruchas ne met aucune barrière entre Antoine et le lecteur qui a l’impression d’être une caméra embarquée dans le flux mental, le flow de paroles et le flot d’action animant ce détestable personnage. La focalisation est brute et sans filtre, dans  l’immédiateté du mouvement. Cette façon de procédé en surplomb, sans chercher à moraliser ou porter un jugement ou même expliquer pourquoi Antoine est ainsi, est profondément dérangeante.

Très contemporain aussi. Je lui ai trouvé des accents à la Bret Easton Ellis voire Chuck Palaniuk avec son deuxième degré très cinglant qui tourne en ridicule et dénonce l’ultralibéralisme des mœurs que nous connaissons aujourd’hui. Cette réification des êtres humains est brillamment décrite, abattant la différence entre un objet et les femmes qu’Antoine maltraite sexuellement tel un prédateur qui inscrit son emprise sur les corps dès qu’il en a repéré un à posséder. Antoine est un symptôme autant qu’une victime du système qui l’a porté aux nues et permis d’allègrement déraper.

Mais Sept gingembres n’est pas qu’un roman sismographe d’une époque. Il possède une vraie dimension littéraire. Par son écriture, très travaillée, souvent syncopée, ludique en jouant sur différents registres ( fil instagram, texto, conversation téléphonique ). Par sa très intelligente construction aussi qui apporte un recul nécessaire à la plongée dans la psyché d’Antoine. Le récit est structuré par sept jalons symboliques, les sept gingembres du titre. Comme le gingembre permet d’éviter de mélanger les saveurs entre deux plats japonais, ici il sert à compartimenter les différentes facettes d’Antoine ( le professionnel successfull, le prédateur sexuel, le mari aimant, le bon père etc ).  Jusqu’à ce que la segmentation de sa vie s’effrite progressivement et finisse par exploser.

Un premier roman percutant et dérangeant. A noter, la superbe couverture, réalisation de l’auteur lui-même. – Marie-Laure Garnault

____________

Antoine a 43 ans, il a réussi dans la pub, il a une belle famille, tout va bien pour lui.

Mais Antoine est un pervers narcissique, qui manipule les femmes de son entourage professionnel. Il est à l’affut  du moindre regard, du moindre décolleté, du moindre triangle de peau.

Il franchit allègrement toutes les limites.

Le mouvement  #metoo va frapper dans la pub, comme dans tous les secteurs et Antoine va payer toutes ces années d’abus.

Un point de vue original sur un sujet qui l’est moins. L’auteur nous ouvre la porte de l’esprit de son personnage principal, nous montre son mode de fonctionnement, sans jamais chercher à le rendre aimable.

Je pense que ce livre ne pourra pas plaire à tout le monde, il est dérangeant mais j’ai beaucoup apprécié le traitement et le style.

Un premier roman très prometteur. – Emmanuelle Coutant

____________

Effrayante expérience que d’être dans la peau de cette bête.
C’est écœurant mais on tient pour connaître la chute, on l’attend.
Christophe Perruchas a une plume incroyable. C’est puissant.
Le titre, sa justification, le nom des chapitres, le rythme, le style, le sujet et la façon dont il est exploré, tout est parfaitement manié.
C’est du très grand roman. – Stéphanie Justin

_____________

Ce premier roman raconte la chute d’un quadragénaire, Antoine, directeur général d’une agence de publicité parisienne. Les chapitres alternent entre « Dedans » (dans l’hôpital psychiatrique de Sainte-Anne où il rend visite au frère d’un ami d’enfance), « Dehors » (sa vie à l’agence, avec sa famille et ses amis) et les « gingembres ». Christophe Perruchas explique en préambule que le gingembre dans la cuisine japonaise traditionnelle sépare les plats et « permet au palais de retrouver une certaine virginité entre deux saveurs. […] Ici, les gingembres voudraient faire la même chose, mais, bien sûr, n’y parviennent pas. »

Nous sommes en pleine vague MeToo. Antoine reçoit la visite d’un inspecteur du travail. Il mène une enquête pour harcèlement moral suite à une tentative de suicide de la directrice commerciale, Léa, 32 ans. Pendant cet entretien, Antoine va fixer l’inspecteur du travail, le déshabiller du regard. Chaque femme qu’il croise dans la rue ou en réunion, il la détaille physiquement, décrit au lecteur ses fantasmes. C’est un homme de pouvoir, obsédé et totalement dans le déni de son attitude perverse.

« Il n’y a pas de harcèlement ici et il n’y en aura pas. On règle les choses entre gens civilisés, on trouve des solutions humaines. »

Au début, son patron le soutient :

« Je te connais Antoine, je sais comme tu peux être lourd en fin de soirée, comme tu aimes les femmes, comme tu te sens bien dans l’ambiguïté. Mais de là à t’accuser de harcèlement, au pire, une vanne toute naze, qui tombe à plat, on n’est plus en 95, parfois ça passe mal. Mais harcèlement, non.« 

Il a une femme et deux enfants, une vie très instagramable. Mais peu à peu il sent qu’il se déconnecte du monde qui l’entoure et n’écoute que la voix dans sa tête. De l’extérieur, personne ne remarque ses absences. Il sait donner le change lors des réunions. Il y a beaucoup d’anglicismes et de jargon liés au métier d’Antoine, surtout lorsqu’il se rend à un salon professionnel ou un séminaire. Le monde de l’entreprise et le milieu de la publicité en prennent pour leur grade. Christophe Perruchas est d’ailleurs issu de ce milieu.

Antoine entretient une relation avec sa secrétaire qui n’arrive pas à croire les choses horribles qu’on raconte sur lui. Il lui répond que tout est faux et disproportionné.

« L’époque est pourrie, on ne peut plus rien dire, même les écrivains sont emmerdés, scrutés, jaugés, tu sais qu’il existe des sensitive readers, des lecteurs des minorités qui lisent à la chaîne et qui font des rapports »

Les chapitres s’enchaînent et on se laisse happer par l’histoire de ce prédateur sexuel. Après avoir refermé le livre, je ne saurais vous dire si j’ai aimé ce livre ou pas. J’ai certainement été perturbée de me retrouver dans le flot continu des pensées obsessionnelles de sexe de ce personnage antipathique. Un roman intéressant, dérangeant, bien écrit, mais pas un coup de cœur pour moi. En tout cas il sonne juste et ça n’en est que plus troublant. – Joëlle Buch

_____________

« Songe aux prédateurs. Les plus efficaces ne sont pas nécessairement ceux qui se jettent sur leur proie pour la capturer de force. Ils la traquent, l’appâtent et parfois la séduisent. »Un stagiaire presque parfait, Shane Kuhn

« Je m’appelle Antoine, je vis depuis quelques semaines au milieu du 14e arrondissement de Paris, dans cet endroit que j’ai toujours regardé avec fascination avant d’avoir à y dormir. L’hôpital Sainte-Anne ne comporte plus aujourd’hui que deux pavillons dédiés à l’accueil permanent. »

Ce « je » qui nous parle avait tout : il portait beau la quarantaine, avait un job à responsabilité dans une agence de pub, une épouse aimante, deux enfants adorables. De l’argent et le pouvoir qui va avec.

Ce « je » a tout perdu. Dure a été la chute. Pourquoi ? Comment ?

Pour son 1er roman, Christophe Perruchas a décidé d’aborder de manière inattendue un thème très en vogue dans la littérature contemporaine : le harcèlement sexuel dans le milieu de l’entreprise. L’originalité vient du point focal : l’auteur place le lecteur dans la tête du prédateur. Cette position aussi ingénieuse que désagréable laisse augurer une lecture éprouvante d’un inconfort total. C’est là le véritable intérêt de ce roman, par ailleurs sans suspens aucun, puisque les premières pages annoncent la fin.

« Comment on franchit la limite ?

Dans ma vie d’avant, il n’y a pas si longtemps encore, je me suis parfois demandé pourquoi je n’étais pas où je suis maintenant, dans la salle de ce restaurant gris d’hôpital, gris, lui aussi, plutôt qu’au bureau, discussions anodines de machine à café, entouré de D.G.A. à la petite trentaine, en costumes bien coupés, sourires blancs, dents effilées, chauves-souris décharnées, nuances d’Hugo Boss. »

Sa vie d’avant, celle du dehors, celle d’avant la vie du dedans.

« Dedans »« Dehors » sont les seuls titres des chapitres qui vont alterner tout au long de ce court roman mené tambour battant par un flux d’écriture et de pensées inendiguable. 

« Dedans », l’hôpital Sainte-Anne, un monde qu’il a découvert en rendant visite au frère de son meilleur ami. Un monde ouaté, où l’on peut (s’)oublier, se laisser glisser, n’être plus qu’un parmi d’autres, un anonyme qui n’a plus de compte à rendre à quiconque.

« Dehors », le monde de l’agence de pub, celui de la compétitivité et de la compétition, un monde concurrentiel où tous s’observent, se j(a)ugent. Dans ce monde sans merci, Antoine évolue à son aise. 

« Je suis embarqué dans cette guerre, économique, de tous les instants, je me bats pour des intérêts qui me dépassent, je ne me bats même pas pour moi, mais pour des gros types, chemises à manches courtes, qui s’encrassent les artères avec des barbecues et de la bière lite. Des retraités, paraît-il. De Wenatchee ou d’ailleurs. »

Fort de sa position, il lui est arrivé d’avoir des mots salaces et des gestes déplacés envers des femmes dont en fin observateur il a entr’aperçu les failles, et qu’il ne voit qu’en objet. En trophée ? Toujours aux aguets, les pensées scabreuses qui occupent constamment son esprit (au bar, au travail, dans le train…) ont souvent précédé l’acte. 

Consenti ?

« Il est encore tôt, les bureaux sont presque déserts, je passe devant celui de Laura, je la salue d’une voix enjouée. Elle me rejoint quelques secondes plus tard. Contre la porte, mes paumes sur ses joues, furtivement, je lui prends la lèvre inférieure. Elle se laisse faire en fermant les yeux. »

La zone grise est un sujet délicat que Sept gingembres effleure maladroitement, puisqu’à aucun moment l’auteur ne laisse supposer que ces femmes ne sont pas consentantes. C’est là, précisément là, que Christophe Perruchas m’a perdue. Je n’ai éprouvé aucune empathie pour cet homme – c’est évident -, mais guère plus pour les victimes – ce qui l’est moins. Mais comment le pourrais-je quand je lis un passage tel que celui qui suit ? 

« Je lui rembourse toujours la chambre, gentleman. La première fois où j’ai posé les 100 euros sur la table – on ne fait jamais de carte bleue, clandestins, c’est un peu ridicule, oui – elle m’a dit que ça lui faisait drôle de les voir là les billets, coincés sous le vilain sous-main en cuir grêlé ; qu’elle avait l’impression de se vendre. Je me souviens lui avoir demandé, en souriant, si c’était une sensation désagréable, pas vraiment, parce que ça n’est pas le cas, c’est même, je ne sais pas, un peu excitant de recevoir de l’argent pour ça. »

Comment sincèrement s’étonner qu’Antoine lance 

« C’est devenu tacite, Laura est ma pute, on n’en parle plus jamais, je vois ça comme une façon de lui donner l’augmentation que le groupe lui refuse… Paradoxalement ça la libère, elle fait bien mieux la pute que les comptes-rendus de réunions. »

Oui, j’en conviens, c’est odieux, cru, dégoûtant, avilissant, et Antoine, prédateur incapable du moindre repentir, mérite d’être poursuivi quand l’une d’elles porte plainte. Tout comme il mérite d’être lâché dans la foulée par le président et pourtant ami, Frédéric Demazis soucieux de conserver un semblant d’intégrité à l’agence dont « le double motto Dare and Benevolence […] est affiché, en grandes lettres bleues, sur le blanc du mur ». Non, Antoine n’était pas seulement « lourd », il est bien pire que cela, et j’attendais d’autres barreaux que ceux de Sainte-Anne pour tout vous dire ! Pour autant, il m’est difficile de compatir au sort d’une Laura par exemple, autrefois si prompte à le relancer en lui envoyant des « miss you » par SMS et qui maintenant s’offusque :

« Et puis ça a commencé à devenir dégueulasse, je veux dire vraiment dégueulasse, ta politique des petits pas, de moins en moins là, tu me parlais mal en réunion, tu m’humiliais devant les autres. Et puis un SMS, j’étais ton jokari, plus tu tapais fort, plus je revenais vite. «

Pardon, mais suis-je la seule à trouver que c’était « dégueulasse » bien avant cela ? Suis-je trop bégueule ?

Si réussite il y a, elle est à chercher dans le parti pris narratif, l’écriture tranchante et elliptique, et la construction astucieuse de ce roman. Le lecteur n’oublie jamais, pas une seule seconde, qu’il est dans la tête d’un homme abject qui, à aucun moment, ne se soucie de ce que les femmes peuvent ressentir. Il prend, il s’amuse, il jette en toute impunité. C’est dérangeant et glaçant, parce que sans filtre.

Les sept gingembres du titre sont d’habiles interludes qui trouvent leur place naturelle dans le récit.

« Dans la cuisine japonaise traditionnelle (Nihon ryōri) le gingembre est ce qui sépare les plats de poisson cru, ce qui permet au palais de retrouver une certaine virginité entre deux saveurs.

De réinitialiser, reset, l’ensemble du circuit rétronasal. »

De là à « retrouver une certaine virginité » entre deux chapitres nauséabonds, mieux vaut ne pas y compter ! On y découvre toutefois l’autre facette d’Antoine, père et mari attentionné. Sur les réseaux sociaux, il met en scène sa réussite professionnelle et son bonheur familial comme il le ferait pour le produit d’un de ses clients. Le lecteur attentif notera toutefois que la longueur de ses publications, qui montrent un idéal savamment retouché pour faire moisson de like, emoji, cœurs et autres #, diminue au fur et à mesure que l’on s’achemine vers la fin du roman et que se scelle le sort d’Antoine : 3 pages, 1 page et demie, 1 page, une demi-page, 2 paragraphes, 1 paragraphe, quelques lignes… comme pour prédire sa faillite personnelle alors qu’il ne peut plus donner le change, que ses amis prennent leurs distances et que s’amorce la dégringolade. Inéluctable.

De cette lecture, je ressors perplexe, pour ne pas dire déçue. Quand j’en arrive à lever les yeux au ciel sur un sujet tel que celui-ci, c’est que quelque chose cloche, n’est-ce pas ?

Certes, Christophe Perruchas connaît très bien le milieu dont il parle, puisqu’il en vient. Il en connaît la langue et les codes. Il a un style particulier : son écriture est affûtée et son texte offre quelques trouvailles d’expressions tout à fait savoureuses. Le lecteur est emporté dans le flux et respirer lui devient difficile. C’est oppressant et c’est très, très bien fait. En donnant la parole à cet homme haïssable qui prend de plein fouet la déflagration quand l’une de ses victimes appuie sur « #metoo le bouton nucléaire », l’auteur sort du point aveugle, lui préférant un angle nouveau qui manquait jusqu’à présent en littérature. Du moins à ma connaissance.

Cependant, la frontière flottante que l’auteur dessine, comme à regret, presque avec réticence, entre victime et coupable m’a interdit de m’attacher à un quelconque personnage, et c’est peut-être ce qui m’a, somme toute, le plus contrariée avec Sept gingembres, dans l’air du temps certes, mais qui ne creuse pas assez son sujet. – Christine Casempoure

________________

« Je suis dans cet instant, avant la collision, où tout est encore possible, la voiture a dérapé, mais personne n’est touché, l’instant dilaté, ralenti, rayon de soleil, et pourtant la voiture a déjà glissé, inerte, ce n’est plus qu’une question de bilan, il faut attendre le fracas, les chocs mous pour dénombrer les corps, ce qu’il en reste. »

A tout juste 43 ans, Antoine est cadre dans une agence de publicité.

A la maison l’attendent deux jeunes enfants et une femme attentionnée. Une vie bien rangée, lisse et impeccable, tout à fait instagramable. Au travail, c’est un homme de pouvoir et d’argent. Il connaît les codes et les outils de son milieu, et les manie parfaitement pour triompher d’une compétition incessante. Pour Antoine, tout n’est que jeux d’influence et manifestation d’autorité. S’imposer aux yeux de tous. Ses pairs le respectent pour son efficacité professionnelle, tout en lui reconnaissant des attitudes parfois déplacées.

La réalité est bien plus brutale. Toutes les femmes qu’Antoine croise sont les victimes de ses crises de tyrannie et les potentielles proies de ses excès sexuels. Des objets sans valeur, qu’il prend, consomme, jette, dans une effervescence qui tient plus de la jouissance égocentrée et immédiate que du plaisir adulte partagé. Sa méthode : le harcèlement, l’emprise, la violence, l’anéantissement.

Sept gingembres décrit l’inexorable chute du prédateur. Malgré son arrogance et son sentiment d’impunité, Antoine est rattrapé par les bouillonnements de l’ère post #metoo. Quand un journaliste a vent d’une première affaire le concernant, la plainte d’une salariée auprès de l’inspection du travail, il décide de mener une enquête qui libère la parole des femmes victimes. Grisé par sa toute-puissance, aveuglé par le mépris, Antoine, lui, ne veut pas voir sa fin venir.

Ce roman est contemporain dans son thème, mais aussi dans sa construction : on le dirait écrit en stop-motion. Les instantanés de la vie d’Antoine se suivent, disjoints, mais leur succession fait apparaître ce mouvement qui le conduit immanquablement vers sa déchéance. Chaque prise de vue est féroce, vécue depuis les ruminations mentales d’Antoine, sans filtre. Au commencement, ses considérations sont techniques et sociétales, juste émaillées du surgissement de ses pulsions sexuelles. Puis, par un effet de glissement, les pensées d’Antoine se font plus intimes, obsessionnelles, perverses.

Comme des effets de pause, il y a les fameux sept gingembres, ces espaces qui vont en s’éteignant au fil du roman. Antoine y livre aux réseaux sociaux les clichés parfaits de sa vie parfaite. Mais cela ne suffit pas à faire passer le dégoût du lecteur. Il y a aussi les visites qu’Antoine rend à Paul, le frère d’un ami de jeunesse, interné à Sainte Anne après un burn-out. L’hôpital, avec son atmosphère feutrée et décalée, est un lieu hors-jeu, imperméable à la nocivité d’Antoine. Et finalement, Paul, par son instabilité et sa confusion, est sans doute le plus humain de tous.

Car dans ce roman, en vérité, tous les personnages sont dérangeants. Les hommes sont conciliants avec Antoine, voire complices de ses actes. Quant aux femmes, aucune ne semble avoir plus d’existence devant le lecteur qu’elle n’en a au regard d’Antoine. Pas d’identification possible. Je termine cette lecture en me demandant combien d’Antoines sévissent, là, maintenant, dans des espaces déshumanisés et destructeurs… Et c’est une pensée glaçante. – Anne-Sylvie Delaunay

______________

Voilà un livre dont j’ai eu un mal infini à lire jusqu’à son terme.

Un récit à la première personne très haché, cru à l’extrême (et je ne suis pas du genre à s’effaroucher facilement), vulgaire et  très négatif à l’égard de ce personnage dont s’enchaînent les facettes, si celle de pére est la plus respectable, celle de mari pourrait passer si celle de furieux pervers narcissiques ne l’entravait gravement. Les chapitres courts s’enchaînent sans fil réel, les personnages se bousculent (on passe du coq à l’âne), c’est lourd et quand il s’agit du côté pervers du personnage (un publicitaire côté), c’est carrément immonde tant la caricature est excessive et extrême. Si ce dernier point pourrait servir au récit et à l’intrigue, pourquoi pas mais pour moi ce n’est surement pas le cas….. Un mix entre Brett Easton Ellis et Frédéric Beigbeder en pire.

De multiples raisons ont donc  joué contre ce récit  de Christophe Perruchas pour moi; la forme, que j’ai trouvé trop indigeste, le fond qui n’apporte rien de plus au débat et la violence visuelle qu’il instille. Une chose est sûre, pour relier ce livre à un autre ouvrage sélectionné ; « Les Orageuses » auraient matière à intervenir sur ce personnage abject à tout niveau

Je ne sais pas si l’hyper activité de dénonciation de ces deux dernières années dont les médias en manque de sensationnel mais aussi les féministes les plus extrêmes nous rabattent les oreilles comme la multiplication de livres dans cette veine commencent à me lasser, me hérisser mais pour moi c’est le livre de trop. – Olivier Bihl

________________

Ce livre me laisse perplexe…

Le personnage principal, qui est aussi le narrateur, est un prototype de mâle blanc cynique et imbu de son pouvoir, über testostéroné, obsédé sexuel, mettant en scène une vie de famille apparemment idyllique sur les réseaux sociaux. En pleine vague #metoo, ce macho de la plus belle eau se fait coincer…

J’ai été gênée en permanence parce que je n’ai pas entrevu comment l’auteur se situait vis-à-vis de ce sinistre personnage qui ne manifeste jamais le moindre début de frémissement d’interrogation sur ce qui lui est reproché, sans parler d’un désir de s’amender. Quelle part de son attitude est due à lui-même ? Au milieu professionnel dans lequel il évolue ? A la société qui l’entoure ?.. Est-il blâmable ? Excusable ? Amendable ?…

Et surtout, ma perplexité est grande devant les dernières pages : punition volontaire ? Simulation ? Fuite délibérée ? Une autre manifestation de sa lâcheté ?

Au final, je préfère retenir un décor (le monde de la publicité) fort bien documenté et analysé (Ah ! Les réunions d’équipe et leur galimatias managérial, le séminaire d’équipe en Grèce avec sortie en quad…). L’auteur vient de ce monde et c’est peu dire qu’il sait le rendre effrayant. – Marianne Le Roux Briet

_______________

Antoine, la quarantaine, une famille unie et heureuse si l’on en croit les instantanés idylliques qui ponctuent les événements de leur vie quotidienne sur les réseaux sociaux, approuvés par autant de likes dont la signification pourrait être l’objet d’un débat. 

Pourtant quand on fait sa connaissance, il est pensionnaire à l’hôpital psychiatrique ! Comment en est-il arrivé là ? C’est toute la question. 

En fait, derrière la vitrine au décor soigné se cache une tout autre réalité. Antoine aime les femmes, sa femme, sans doute, mais aussi beaucoup d’autres. Y compris sur son lieu de travail, dans une boîte de pub. Les regards qui jaugent, les sous-entendus, les blagues sexistes, mais aussi les messages coquins, Antoine fait feu de tout bois pour bien asseoir son statut de mâle dominant. Jusqu’à ce que le vent tourne et qu’une de ses cibles porte plainte, encourageant ainsi d’autres collègues à révéler les sévices subis, qu’ils soient moraux ou physiques. Un comble pour ce cadre responsable d’une boîte qui a signé une charte anti-harcèlement. Comme si cet engagement était un argument en faveur de son innocence ! Et c’est la descente aux enfers.

Le gingembre est là entre chaque chapitre, jouant le même rôle de repos des papilles traditionnel dans la gastronomie japonaise. Le mari, le prédateur, le fou, autant de facettes d’un même personnage. 

Le portrait à charge du personnage est sans appel, son arrogance, son assurance quant à une impunité, renforcent encore l’image négative. Et sous ses traits à peine caricaturaux, il n’est pas difficile d’en superposer d’autres, qu’on a pu croiser dans la vraie vie, tant l’histoire est, hélas, banale.

Ce premier roman bouscule, dénonce, avec beaucoup d’assurance, les abus d’un pouvoir injuste, dans une langue musclée et directe. Impressionnant. – Chantal Yvenou

_____________

Cette fois, ça n’était pas pour moi. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans ce roman. Cette succession de moments de vie, parfois sans aucun lien chronologique, m’a parfois perdu.

Le roman fait un parallèle entre la vie de façade d’Antoine S. (directeur dans une agence de Pub) à base de post Instagram et ses pensées profondes, ses envies sexuelles. Il fait également le parallèle entre la vie « dehors » un tourbillon d’évènement et la vie « dedans » calme, paisible presque arrêtée. Le roman veut donc montrer toute cette ambivalence mais ne m’aura pas touché. J’ai trouvé que l’accent était trop mis sur Antoine, c’est le but du livre me direz-vous car il en est le narrateur. Mais j’ai trouvé que l’autre côté, le côté des « femmes » n’était pas assez exploité. On les voit, elles sont là, toutes ces femmes dont Antoine a envie. Mais en même temps, elles disparaissent face à la personnalité d’Antoine, on ne s’intéresse que peu voire pas à leurs sentiments. – Ana Pires

________________

Une agence de com dans le Paris de 2019. Un cadre dirigeant quadragénaire, marié et père de deux enfants, qui poste de jolies photos de sa famille sur les réseaux sociaux et récolte commentaires élogieux et nombreux likes. Sauf que. Antoine est un prédateur, l’un de ceux qui se servent de leur pouvoir et de leur réussite pour aller pêcher sans vergogne parmi le cheptel féminin que leur offre leur entreprise. La femme est objet de désir et semble jouer le jeu, se dit Antoine, s’il en croit les échanges de SMS avec sa dernière conquête en date, Sarah, jeune stagiaire investie dans son travail.

Le gingembre, nous explique-t-on en exergue du roman, permet de se nettoyer le palais entre les plats de la cuisine traditionnelle japonaise. Les gingembres d’Antoine, ce sont ses posts idylliques, qui viennent couper ponctuellement une réalité tout autre : celle du milieu professionnel où officient RH et DG, un milieu de requins où la compétitivité est aussi naturelle que la tendance à abuser du café de chez Starbucks ; celle de la séduction et du pouvoir de l’homme en rut, littéralement, que l’idée d’un sexe épilé fait bander en réunion. Des scrupules ? Antoine n’en a aucun, qu’il s’agisse du fait de tromper sa femme ou de considérer ses conquêtes comme des objets. La réification de l’autre est le cadet de ses soucis. Alors évidemment, le jour où la chance tourne, il a du mal à comprendre. Sa lente mais inexorable descente aux enfers a sans doute de quoi réjouir : depuis MeToo, les salopards de son genre n’ont plus d’impunité et doivent rendre des comptes. Cependant, il y a dans la forme de ce roman quelque chose de dérangeant : le choix d’ancrer les faits dans une réalité très factuelle, sans analyse, donne l’impression au lecteur d’être une sorte de témoin parfaitement impuissant des méfaits de ce mâle dominant dans des relations hypersexualisées dont les partenaires sont plus ou moins consentantes – jusqu’à ne plus l’être du tout. L’auteur s’abstient volontairement de tout jugement, nous présente l’histoire d’un homme malade, incapable de réfréner ses pulsions, un peu à la manière du documentaire belge Striptease dont les réalisateurs avaient fait le choix de laisser la parole aux seuls protagonistes. Sur la forme, le récit est volontairement déstructuré, raconté par un « je » dont on se rend compte tardivement que c’est bien le même à chaque fois, tandis que l’ordre des chapitres ne respecte pas l’ordre chronologique ; les seuls repères sont ces posts qui appellent, alors que s’entame la dégringolade de leur auteur, de moins en moins de commentaires. C’est donc une œuvre déroutante, sur la forme et sur le fond, et un roman dont l’analyse a posteriori m’a fait davantage apprécier la profondeur qu’à la première lecture. – Emmanuelle Bastien

_________________

Antoine, quadragénaire, marié, deux enfants, cadre dirigeant dans une grosse boîte de Pub, nous trimballe avec lui, à la façon d’une go pro, sur son vélo, au bureau, au café, dans son lit au réveil, en réunion, en séminaire…Le Je narratif nous immerge dans sa tête, son regard acerbe de prédateur et nous fait entendre, en plus de sa vie pulsionnelle sans détours, les dialogues, les confidences, les propos des collègues, amis, connaissances. Le tout se mélange entrecoupé des scènes photographiées et postées sur réseaux pour récolter des émojis lesquels, plus ils seront nombreux, signeront LE bonheur sans faille à afficher.

Des dedans et dehors s’enchaînent là : un dedans qu’on fuit, qu’on méconnaît et qu’on craint comme la frontière à ne pas franchir et un dehors aux codes maîtrisés, partagés, qui confortent quitte à entretenir les faux-semblants, les hypocrisies et les jeux puissants, un dehors aux limites floutées, biaisées, tolérées et niées.

 Je n’ai pas aimé cette lecture. Tout d’abord. J’ai re-feuilleté en bonne élève et de passage en extrait, j’ai été emportée par ma relecture, une relecture presque immédiate. Comme si lors du premier temps de découverte, je l’avais survolé : trop défendue, volontairement blasée devant une vulgarité qui m’est toujours difficile, alors même qu’elle dit beaucoup des éducations et autorisations implicites depuis trop longtemps intégrées…Comme si mes neurones s’étaient connectés et avaient réagi avec retard.

Tout ce bouillonnement de mots, pourtant énoncés dans la placidité écœurante de notre personnage suffisant, ce foisonnement de scènes déjà vues, surfaites, grossières, familières, toutes devenues notre normalité, la normalité qui se déroule en toute impunité au milieu de nous…La marge, la porosité entre notre intime et notre incarnation, à travers toutes les balises, tous les pares-feux que l’on sait indispensables pour se tenir au monde et ne pas laisser voir les fêlures ; la perméabilité si frêle qui peut nous faire basculer en un rien, un souffle, vers un comportement abusif socialisé ou un lâcher prise marginal, inquiétant, jugé irraisonné, fou…sont manifestement bien démontrées dans ce roman assez inédit dans son traitement. Inédit et certainement dérangeant. Il n’est pas construit pour s’assurer la sympathie, ni l’empathie du lecteur, et l’aversion est même rapidement suscitée tant l’odieux s’affiche sans honte. Ce parti pris signe là la particularité de ce premier et représente peut-être le choix de l’auteur pour provoquer et bousculer le lecteur dans sa réflexion, sa perception. Les « tolérances » desquelles nous sommes complices, actifs ou non, en nous taisant, en minimisant, en détournant le regard ; le territoire de la folie, de la dérive à interroger comme une ultime tentative de fuite, d’échappatoire à une « réalité partagée » devenue absurde, violente, faussement cadrée, réellement abjecte…Ce roman nous oblige à tirer encore le constat, à nous rappeler encore que l’équilibre est précaire entre ce que l’on croit normal et ce que l’on redoute comme pathologique. Que tout est affaire de croyance distillée par les codes éducatifs, les dogmes dominants. Que nous réinitialiser comme on le fait d’un disque dur pourrait être intéressant, et….  réellement suffisant ?

A distance je me souviendrai de l’antipathie du personnage, de l’originalité de la narration et du cynisme héros, actuel qui courent les lignes, du cynisme roi peut-être nécessaire même si dérangeant pour fuir lâchement ou se protéger de la violence d’un monde ?

« Mêmes angoisses, mêmes regards vides et fuyants, mêmes mesquineries et toutes ces petitesses, ce que l’homme du milieu juge ainsi, ce que l’humanité fabrique à sa marge, la maladie, celle dont on a honte, encore plus que du cancer aujourd’hui ou du sida hier. La maladie mentale, large spectre dont la définition change selon les époques et les gouvernements, instrument de pouvoir et de régulation, décider qui est à l’écart, qui ne l’est pas, l’homosexualité il n’y a pas si longtemps ; les névroses, les psychoses, qu’est-ce qui est dangereux pour la société, pour les individus ? »Karine Le Nagard

__________________

L’idée d’être dans la tête d’un prédateur sexuel était plutôt intéressante, mais certains passages du livre m’ont dérangée. C’est donc l’histoire de Antoine, la quarantaine, une femme qu’il aime et deux beaux enfants. Il travaille dans une agence de pub.
Il est heureux en famille et le montre sur les réseaux sociaux. Les likes et les cœurs affluent sur sa page, mais Antoine aime un peu trop les femmes et se fait des films dès qu’il en rencontre une.
Dans une boîte de pub, tout le monde observe et tout se sait. Antoine, cadre responsable a signé une charte anti-harcèlement. C’est l’ère #metoo et bientôt, il sera pris dans l’engrenage suite à une plainte déposée, ce qui entraînera d’autres dénonciations.
Antoine va-t-il s’en sortir ?
L’auteur a travaillé dans le milieu de la pub et cela se ressent dans son roman que l’on peut également comparé à 99 f de Beigbeder. Un roman qui ne peut laisser indifférent, le sujet qu’il aborde est bien d’actualité. – Hélène Grenier

______________

Antoine est publicitaire, numéro 2 d’une boîte qui tient le crachoir aux grandes agences. Parisien, la quarantaine bien vécue, marié, père de deux enfants, un appartement aux hauts plafonds et belle vue, une maison au Croisic, rien ne semble l’arrêter, et certainement pas ses désirs, sexuels. Dans ce domaine, son appétit est féroce et c’est sans aucune retenue qu’il flirte avec tous les interdits, avec ou sans le consentement des intéressées, victimes plus ou moins consentantes, difficile de savoir où se place le curseur. Le règne du paraître et du hashtag mené à son paroxysme, jusqu’à la chute, vertigineuse.

Roman dérangeant donc. Sur un sujet brûlant.

Qu’est-ce qui a bien pu passer par la tête de son auteur, Christophe Perruchas, pour mettre sa plume dans la peau d’un type à qui nous avons franchement envie de donner des claques dès le second chapitre ? Et pourtant, malgré les baffes qui se perdent, l’auteur nous happe par son histoire, par son personnage. Sans forcément s’identifier (impossible), le lecteur se prend presque d’affection pour Antoine. Il se dit que peut-être il va finir par comprendre, qu’il va évoluer, changer. Et puis surtout le lecteur est séduit par l’écriture, rapide, comme une envolée de mots qui se suivent, qui pousse à oublier les signaux d’alerte de nos cerveaux hurlant que décidément le bonhomme est affreux, pour continuer à lire, jusqu’au bout.

Roman percutant également. Christophe Perruchas décrit un milieu qu’il connait et dont il analyse toutes les variables. Antoine est le pur produit de cet univers de la publicité, de la communication, de l’entreprise, la grosse, celle qui vomi des devises et des actions, qui se fout de l’humain qui est décortiqué jusqu’au noyau afin de rentabiliser le moindre de ses désirs ou fantasmes. Un monde fascinant pour certains, où il est facile de se perdre.

Je crois que sept gingembres est un roman sur l’humain finalement, dans ce qu’il a de plus tordu parfois, de plus dérangeant, mais possédant aussi une pointe de lucidité, de prise de conscience, qui vient éclairer une nature qui sort de l’acceptable. Reste à déterminer quelle part la société a dans ce bal obscène et jusqu’où notre regard de lecteur est capable d’aller pour lire sans s’indigner du fond. 

Christophe Perruchas nous amène avec grande habileté là il veut, flirtant avec le révoltant, mais sans jamais tomber de son fil directeur et sans jamais nous donner matière à tout bonnement fermer le livre. Un roman déroutant donc, intéressant, questionnant. Et une écriture à suivre. – Emmanuelle Boucard Loirat

_________________

Antoine a 43 ans, il est directeur général dans une belle agence de publicité. Il aime ce qu’il fait, à Paris, cette ville dans laquelle il se rend au bureau à vélo. A la maison aussi, tout est à son bonheur : sa femme, son pilier depuis 20 ans, et leur deux enfants. Mais sa vie n’est pas aussi lisse. Véritable prédateur sexuel, il aime les femmes, les dominer, qu’elles lui appartiennent… Les forcer aussi, parfois. Et ces petits jeux malsains vont causer sa chute…

Christophe Perruchas n’a pas choisi la simplicité pour son premier roman. Mettre ses lecteurs dans la peau de cet homme est plutôt inconfortable et dérangeant. Évoluer dans cet univers dangereux et sombre n’est pas des plus plaisant…

Mais l’auteur a sacrément du talent ! Parce qu’on ne lâche pas le livre, on s’attend au pire mais on s’étonne tout de même de cette chute.
Le roman est court. L’auteur ne s’épuise pas à nous décortiquer l’âme et la pathologie d’Antoine. Pas de jugement, quelques détails salaces histoire qu’on le déteste vraiment…

Et puis ces courts intermèdes. Ceux qui montrent l’autre facette de ce prédateur, de ce père et mari aimant… Loin d’atténuer notre dégoût, ce portrait est encore plus glaçant. Car Antoine, finalement, peut être n’importe qui…

Merci aux 68 premières fois de m’avoir fait découvrir cette lecture vers laquelle, c’est sûr, je ne serais jamais allée seule… – Audrey Lire & Vous

________________

Antoine est directeur général d’une agence de publicité.
Brillant, aimable, il est marié et père de famille investi.
Mais également prédateur sexuel dans ce monde de requins.
Cependant, le vent tourne …
Tout n’est plus permis.
Premier roman qui décrit bien le monde machiste des entreprises, démodé et plus d’actualité.
S’il est toujours utile d’en parler et de dénoncer ces pratiques, ce roman m’a un peu déçue par sa construction et son style très particuliers. – Anne-Claire Guisard

_________________

La mise en lecture est acide, l ‘auteur cherche t-il à nous dissuader de continuer à avancer ? Une provocation pour que seuls les curieux, ceux qui remettent en question leurs certitudes, leur confort poursuivent ? Comment la vie vacille, les enveloppes craquent, le sol se dérobe ? Au fil, des pages les craquelures apparaissent, la décomposition s’infiltre. L’auteur nous bouscule, nous rend voyeur, que ressent on ? qu‘aurions nous fait ? Qu’est ce qui fait que l ‘on reste dehors ou que l’on se retrouve dedans ? Comment saute-t-on le pas ? A vous de le lire entre curiosité et répulsion pour savoir où vous conduirait ce chemin de crêtes. Christiane Arriudare

______________

Donner la parole au méchant et non aux victimes. Antoine est un mâle blanc qui travaille dans la publicité et que rien ne semble vouloir arrêter. Il est pourtant au début du livre à Saint Anne : «Je m’appelle Antoine, je vis depuis quelques semaines au milieu du 14e arrondissement de Paris, dans cet endroit que j’ai toujours regardé avec fascination avant d’avoir à y dormir. L’hôpital Sainte-Anne ne comporte plus aujourd’hui que deux pavillons dédiés à l’accueil permanent.» Puis nous allons mieux le connaître cet Antoine : mari attentionné depuis 20 ans et père de deux enfants, directeur de création dans une agence de pub et surtout prédateur sexuel. Mais la chute va arriver : une visite d’un inspecteur du travail, quelques collègues femmes qui parlent, une enquête dans un journal sérieux … L’auteur donne la parole à cet homme, qui ne comprend pas trop ce que l’on pourrait lui reprocher, un comportement machiste, un peu lourd avec les demoiselles : eh alors !!!
Un texte dans notre époque, des photos likées sur les réseaux sociaux, mais bizarre les likes diminuent au fils des pages.
Un premier roman percutant, troublant, révoltant mais une sacrée lecture. – Catherine Airaud

________________

C’est l’histoire d’une chute !

De la chute de ce quadra brillant et sûr de lui, qui se croit tout permis, en particulier avec les femmes. Mais nous sommes à l’époque #metoo et ses comportements vont lui sauter au visage.

C’est tout ce que j’ai envie de dire de ce personnage et du milieu dans lequel il évolue, celui des agences de pub. qui m’est tellement étranger que je ne comprenais pas tous les mots ! (franglais le plus souvent- question de génération sans doute)

L’idée de l’auteur d’installer ces petites poses «  les sept gingembres » est sans doute excellente mais leur contenu, qui se résume le plus souvent à des # n’apporte pas grand-chose .

Moi qui lis avec intérêt les livres où il est question d’internement, j’ai été assez déçue des passages qui se passent à Sainte Anne.

A part une phrase : « Qu’est ce qui fait qu’un instant on est dans la vie qu’on dit normale , qu’on s’en échappe, sortie de route, qu’on rit trop fort et qu’on gifle les gens »

Il est certain que pour Antoine, sans la médiatisation dont il est l’objet rien n’aurait changé ! Il serait resté prédateur  dans cette vie qu’il trouvait très normale ! Odieux personnage ! – Marie-Hélène Poirson

_________________

Pour ce premier roman, Christophe Perruchas nous dépeint un univers où il a longtemps travaillé, celui de la communication et de la publicité.

Il met en scène un personnage, Antoine, un type âgé de 43 ans qui est un maître dans le milieu, mais pas seulement pour sa réussite professionnelle… Outre une façade d’un homme sympathique mais à l’humour un peu lourd, un père aimant et un mari attentionné, Antoine est une sorte de pervers sexuel qui ne voit le sexe féminin que comme une chair fraiche à consommer et à jeter après utilisation.

L’histoire se passe justement en 2017, je vous laisse imaginer la suite…et la chute…

Cet ouvrage m’a rendue assez perplexe et j’ai eu beaucoup de mal à accrocher. Pourtant Christophe Perruchas a réalisé un travail assez poussé pour nous faire entrer dans la tête de son personnage qui a une imagination plus que débridée. Je félicite le choix de la couverture que je trouve magnifique et qui parle d’elle-même. Celle-ci illustre parfaitement la relation de domination et de manipulation de notre personnage sur la gente féminine…

Ps: J’ai apprécié la petite note au début de l’ouvrage expliquant l’utilisation du gingembre dans la cuisine japonaise traditionnelle. – Hélène Ortial

____________

Dans ce premier roman Christophe Perruchas se place dans la tête d’Antoine, cadre supérieur dans une agence de publicité et prédateur sexuel. A 43 ans il se sent vieux, le pauvre chéri qui a tout réussi jusqu’à présent. C’est un de ces hommes à l’humour lourd qui harcèle sans états d’âme toutes celles qu’il approche. Les difficultés économiques ne font qu’exacerber ses mauvais penchants. Les femmes sur sa route ne sont que des petits extras interchangeables et sans conséquences. Mais voilà, nous sommes à l’époque de MeToo et ce pervers narcissique n’a pas compris qu’il était temps de mettre un frein à ses habitudes de mâle dominant.

Le récit fait alterner des moments de vie décrits froidement, avec des coq-à l’âne saugrenus, comme le passage sur le lapin. C’est un constat clinique et cependant un peu fouillis, haché, que nous livre l’auteur. Il ne donne aucune circonstance atténuante à l’homme, par ailleurs bon père et mari correct. L’auteur étant lui-même un publiciste, il décrit un milieu qu’il connaît bien. Son personnage est représentatif de ces requins aux dents longues qui sont prêts à tout pour assouvir leur soif de pouvoir.

Ce roman est dérangeant. Je n’ai, bien évidemment, aucune mansuétude pour ce pervers à l’ego surdimensionné aussi aurais-je aimé que l’auteur soit plus incisif. Et puis j’ai trouvé la fin trop facile. Se réfugier en HP est une solution bien arrangeante, sans doute pense-t-il qu’à son réveil il pourra reprendre le courant de sa vie. La petite pilule rose qui va l’endormir ne réglera pas le problème de toutes les femmes qu’il a humiliées. – Françoise Floride

_____________

Lire également les billets de :

Claire Sejournet : https://lamarmottealunettes.wordpress.com/2021/04/09/sept-gingembres-christophe-perruchas/

Henri-Charles Dahlem : https://collectiondelivres.wordpress.com/2020/10/08/sept-gingembres/

Marie-Claire Poirier : http://abrideabattue.blogspot.com/2021/05/sept-gingembres-de-christophe-perruchas.html

Nicole Grundlinger : http://www.motspourmots.fr/2020/10/sept-gingembres-christophe-perruchas.html

Aurélie Laporte : https://lesmisschocolatinebouquinent.fr/2021/02/10/sept-gingembres-un-roman-de-christophe-perruchas/

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s