Les orageuses – Marcia Burnier

« Pendant des semaines, chacune dans leur tête elles s’étaient demandé eh ben oui quoi, pourquoi on ne riposterait pas ? Pourquoi on garderait toute cette violence en nous, pourquoi est-ce qu’on dépenserait tant d’argent chez le psy pour « canaliser la colère » sans jamais obtenir justice ni réparations ? ».

Ce livre marque déjà par sa superbe couverture de Marianne Acqua, illustration parfaite pour ce court roman de 141 pages qui vous percute de plein fouet .

On découvre une bande de sept jeunes filles issues de milieux différents mais ayant toutes subies des violences sexuelles sans que les pouvoirs publics aient pu réprimer ni condamner les hommes responsables . Ainsi Mia, Esther, Lucie et les autres , emplies de colère décident de passer à l’action pour répondre à ces crimes impunis et reprendre leur place de femme .

Comme le titre nous l’annonce, ce récit résonne comme l’arrivée d’un orage ; on l’entend qui roule au lointain, puis qui se rapproche peu à peu et éclate avec éclairs et puissance avant l’apaisement . Ainsi, le texte présente les différentes femmes dans leur contexte social, dans leurs blessures personnelles, dans leur honte et dans leur repli. Puis on les voit se rencontrer et former un gang féminin à l’intérieur duquel chacune pourra se confier, être entendue et partager sa douleur. Leurs blessures vont se transformer en colère grandissante qui va jusqu’à l’expédition punitive. Elles vont devenir des femme combatives à leur manière !

Au prime abord, le sujet me tentait moyennement, même si le thème du viol et des violences sexuelles sont importantes et méritent d’être dénoncés ; mais on ne compte plus les livres publiés sur ces actes. Mais l’auteur aborde ce thème par un autre angle en redonnant une place combative aux femmes et en illustrant la puissance de la sororité (chère à Chloé Delaume !) entre elles.

J’ai pris beaucoup de plaisir à connaître ces jeunes femmes ; en peu de pages , l’auteur nous les rend proches et attachantes. Chacune à leur manière, elles prennent conscience de leur blessures , de leurs peurs, de leur honte, de leur repli .
L’expression de leurs douleurs physiques est précise, charnelle ; on comprend ces peurs : elles n’osent plus sortir, avoir une vie sociale ; C’est leur corps qui exprime en premier leurs blessures qu’elles ne peuvent exprimer par des mots par peur du jugement .

Dans ce texte, Marcia Burnier pointe avec justesse tous les dysfonctionnements de la justice vis à vis des violences sexuelles ; certains dossiers sont classés trop rapidement ou pire, la faute retombe sur la victime en l’accusant d’avoir été consentante ! On peut comprendre le dégoût et la colère des victimes non reconnues.
Le parti pris de ces femmes peut bousculer le lecteur : elles choisissent une sorte de vengeance qu’elles nomment plutôt « remède » envers ces hommes criminels. Certes , elles n’emploient pas la violence frontale mais matérielle pour leur faire sentir ce que c’est que la peur et la honte qu ‘elles ont vécues. Est-ce possible de se venger tout seul ? de répondre par la force ? L’auteur pousse à la réflexion sur la reconstruction de ces femmes.

Ce roman traite d’un sujet fort et vibrant avec en prime une langue vive, rythmée. Je l’ai ressentie comme un besoin ultime de crier à la fois la douleur de ces femmes mais surtout la force et la puissance de cette famille reconstituée. – Fabienne Balcon

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Sous la très belle couverture des éditions Cambourakis que je découvrais, gronde et bouillonne la colère trop longtemps silencieuse ou inentendue des Orageuses, ces femmes, ces filles qui ont vu le loup se mettre en travers de leur route, de leur désir, de leur consentement et qui se sont trouvées, retrouvées, resserrées, réchauffées à la chaleur de leur rage commune, de leur douleur particulière. Mia, Esther, Lucie et les autres forment à elles toutes un groupe compact, collé-serré, agissant d’un élan unique pour abattre un bras vengeur sur l’impuni qui leur a fait ça.

Et c’est là, peut-être, que le bât blesse dans l’orageux premier roman de Marcia Brunier, tant sur le fond que sur la forme. La sympathie implicite, la compréhension spontanée, l’empathie instinctive viennent se heurter à cette masse sans contours distincts, à cette pulsion première et viscérale qui se lève pour répondre à cette autre qui les a frappées. Tout au long de ma lecture, plutôt agréable au demeurant, je n’ai cessé de tenter de cerner chaque personnage, sa personnalité, son histoire ainsi que l’organisation temporelle du récit sans parvenir à me représenter nettement ni les uns, ni l’autre ce qui m’a quelque peu laissée sur un sentiment d’inconfort qui, à mon sens, aurait dû rester la prérogative de la teneur du roman. Car, oui, il bouscule, oui, il interroge, même maladroitement, les citoyens, voire les féministes que nous sommes, en soulevant l’éternelle question de la vengeance, l’éternelle tentation de la loi du talion, de la justice rendue à soi-même, par soi-même, d’un lapidaire « œil pour œil ». Alors, quoi ? Viol pour viol ? Bien sûr, on comprend l’ampleur de leur rage impuissante face à la lenteur, voire la légèreté ou l’inefficacité d’une justice et de ses lois un brin frileuses. Bien sûr, elles ne vont pas, telles les mégères gendarmicides de Brassens, jusqu’à « couper les choses » de leurs agresseurs (pas ces choses-là en tout cas…). Bien sûr, on ne peut s’empêcher de se dire que, au regard de ce qu’elles ont subi, leurs gestes sont bien peu de chose et que, après tout, il n’y a pas mort d’homme. Non, pas cette fois. Mais, pour les morts d’hommes, justement, du coup, on fait comment ? On écrit des romans, peut-être, en mettant dans ses points toute la violence que les poings ne peuvent pas, ne doivent pas dire. – Magali Bertrand

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Que dire… roman court et rapide qui fait échos à un sujet de société grave : le viol.
La vengeance, la colère, le combat d’un groupe de femmes qui ont décidés de se faire justice… La justice que l’état ne semble pas leur donner…
Le sujet est fort mais je dois dire que je n’ai pas été conquise. Seul un moment m’aura marqué, celui où Lucie raconte à Flo une des sorties du groupe. Flo sont meilleur ami qui n’a pas l’air de croire à toutes ces histoires, la remise en cause des victimes est à ce moment-là à son paroxysme. – Ana Pires

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Mia, Lila, Léo, Lucie, Louise, Ines et les autres, toutes violées, toutes victimes, toutes blessées à vie .
Leurs corps ne leur appartient plus, elles sont unies par ces crimes impunis, ces blessures .
Alors ce gang de filles se vengent à leur manière, sans grande violence, mais marquant à vie leurs agresseurs.
Ça les apaise et les aide à se reconstruire.
Que faire d’autre quand la justice ne tranche pas, quand les violeurs eux même ne se sentent pas coupables et restent dans le déni.
Roman original dont le sujet dramatique, tristement d’actualité, est traité avec sérieux et compassion.
Elles sont bien courageuses, ces orageuses . – Anne-Claire Guisard

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« Quand elle les avait revues, Mia avait trouvé la nuit plus claire, elle s’était dit qu’elles ensemble c’était comme un orage d’été, qui illumine un ciel trop lourdement chargé. »

Les femmes, les « orageuses » du livre, ont toutes été victimes d’un viol. Elles se reconnaissent et puisque la société leur refuse toujours un procès équitable, elles se regroupent et rétablissent l’équilibre en projetant la peur, l’effroi, la stupeur de l’agression et le souvenir du trauma chez celui qui reste impuni, le criminel jamais nommé par la justice.

Il ne s’agit pas dans ce roman d’une colère activiste à laquelle il serait difficile de ne pas se joindre. A travers la fiction, le récit d’expéditions punitives menées tambour battant par un groupe de fille (une horde ne serait pas exacte, elles ne sont ni folles, ni enragées, ni même effrayantes), ce livre délivre des vécus, des ressentis et des questionnements tels qu’ils sont, réels. Il pose des mots sur l’appréhension de ce crime, sur la façon ancrée, systémique et très lâche avec laquelle nous nous débattons tous depuis fort longtemps pour éluder, éviter ou s’arranger avec le sujet du viol au risque de ne jamais condamner un coupable et d’ouvrir toujours plus grande la voie de l’impunité en refermant le piège du silence assassin sur la victime.

 Ce roman nous oblige à lire ce que nous savons tous, ce que nous connaissons des mécanismes dans lesquels nous avons été élevés et éduqués. Une jupe trop courte, un air aguicheur, une heure tardive, une danse lascive, un sourire trop large…la femme sera toujours une tentatrice, une jeune égarée, une naïve éméchée, une joueuse avec le feu…et que face aux hommes naturellement prédateurs, virils et  ainsi faits, ce sont aux femmes d’être vigilantes et de faire attention à ne pas provoquer, frôler les limites. Ce roman nous bouscule car nous aussi, femmes victimes ou non, avons été conditionnées à  ces idées reçues, clichées mais tellement ancrées et inscrites qu’il deviendrait presque plus naturel de  rejoindre la vague de suspicion, la propension à douter d’abord, à minimiser ensuite, aussi insupportable que cela soit. Et se taire, se terrer car il aurait suffit de dire, de fuir, de ne pas ou de trop…Il y aura toujours une faille, une seule suffit, où se glissera la réprobation, la petite question inoffensive, la moue dubitative, et ainsi  alimenter l’insatiable appétit du gendarme intériorisé.

 Le débat court depuis quelques temps, des « paroles se libèrent », des voix s’élèvent et ça grince, ça dérange, ça questionne. Dangers de la vox populi, laquelle circule vite, trop vite via des réseaux célébrant l’anonymat des avis et annulant la nuance, le partage des idées, vox populi qui condamne, hurle, rejette menaçant parfois la présomption d’innocence…

Mais le «  procès de la rue » ne surgit-il pas à défaut d’un autre qui se devrait se dérouler en cour de justice ? A défaut d’une enquête, de témoignages accueillis sans soupçon, sans méfiance, sans la défense crasse ou inconsciente d’avoir à entendre les basses pulsions qui animent nos âmes, nos corps depuis la nuit des temps mais que l’on refuse encore de confronter, n’est-il pas attendu que la colère qui gronde, ce tonnerre qui roule depuis si longtemps, jaillisse, s’exprime, tonne sa foudre et frappe un cran d’arrêt ? « On dit pas vengeance, lui avait dit Mia, c’est pas la même chose, là on se répare, on se rend justice parce que personne d’autre n’est disposé à le faire. »

Nos orageuses n’utilisent pas les médias, ni ne s’affichent ni ne mènent des coups d’action tonitruants pour marquer les esprits. Elles tentent, ensemble, à plusieurs, de se réparer, de panser la blessure et remettre à l’endroit leur vie qui a basculé dans l’enfer de la violence, leur corps qui a chuté dans la trappe de la honte, le désir qui s’est noyé dans le cloaque de la culpabilité.

Ces femmes ne franchissent pas la ligne du crime : elles humilient, effraient, cassent, démontrent et manifestent leur puissance à celui qui les a avilies et qui à chaque fois se recroqueville face à la Vérité qui éclate et se crie.  Retrouver la valeur de sa parole unique, singulière, cette parole annulée et niée dans l’instant de l’horreur et dans les jours, semaines et mois qui suivront avec la violence redoublée des autres qui n’entendront pas, qui ne croiront pas. Et dans ce long chemin de reconstruction, nos pétroleuses s’arriment les unes aux autres sans avoir besoin de justifier, ni excuser leurs moments troubles et douloureux, dans une connivence respectueuse et tacite, parce qu’elle savent et se croient ; elles organisent, agissent le seul recours qu’elles ont trouvé pour expulser un peu du mauvais injecté en elle et qui continue à diffuser son venin, suintant encore et encore le rappel de la peur. La peur qui bat les tempes, toujours tapie, toujours prête à surgir et tachycarder le cœur, à transir de froid et glacer les sangs, à paniquer le corps jusqu’à l’évanouir, à figer le mouvement et l’élan et tout ternir.

L’auteure, dans un récit tout en ellipses rondement menées, déplie l’éprouvé des victimes sans s’attarder ni analyser de trop ou justifier mais dans le déroulé d’un quotidien qui suit son cours et nous montre : comment l’effraction du corps et du plus intime en soi a tout déréglé du rapport à l’autre,  au désir, combien très vite le monstrueux envahit le mauvais camp et inverse la réalité, la tord, l’essore jusqu’à laisser une tête exsangue de ne plus pouvoir penser sans tout martyriser… Sans oublier les ravages de la rage que les mots ne suffisent pas à calmer et qui doit s’expulser hors de soi avant qu’elle n’implose en soi.

Le choix narratif est ingénieux, la haine ne court pas dans les lignes du roman, au contraire. Marcia Burnier entrelace les parcours différents de nos héroïnes, leurs singularités dont le seul commun, au-delà de la blessure, est d’appeler  au retour libre de la joie, du désir, du plaisir, loin de l’entrave. Et aimer de nouveau sans relâche.

Ce livre résonne évidemment bien fort avec notre actualité et a cela d’important qu’il nous oblige à la responsabilité : répondre de notre présence et accepter d’observer en conscience le système dont nous sommes, oser se confronter à ce qui  nous embarrasse, nous offusque, et accueillir la violence agie en coups d’éclats comme expression,  donc parole d’une souffrance qui se révolte pour se faire entendre « …les filles se sentent moins agressives. Plus puissantes, mais moins enragées. Elles ont purgé leur sentiment d’injustice. »Karine Le Nagard

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Les Orageuses du titre sont des jeunes femmes avec des personnalités, des origines et des occupations différentes mais elles ont en commun d’avoir subi un viol et de vivre avec le traumatisme qui en en a résulté.

Elles estiment leur parole dédaignée, la société inerte et la justice décevante tandis que leurs agresseurs bénéficient d’une incompréhensible mansuétude.

Elles décident donc de constituer un groupe qui rendra visite à chacun des garçons ou hommes responsables de leur malheur, pour faire leur connaître, dans les coups et la destruction, les émotions qui les ont traversées lorsqu’elles ont été leurs victimes : la terreur, la douleur, l’incompréhension, le doute, la honte…     

J’ai rarement lu quelque chose d’aussi puissant sur la bienveillance des femmes entre elles, les effets bénéfiques du groupe, les vertus de la parole partagée et la colère comme moteur de reconstruction.

D’aussi dérangeant aussi car le livre soulève de nombreuses questions, sans y répondre : a-t-on le droit de se faire justice soi-même ? La violence appelle-t-elle la violence ? La vengeance peut-elle se substituer à la justice ? Se venger fait-il reprendre le contrôle de sa vie ? L’action punitive a-t-elle sa place dans la lutte pour l’égalité et la fin du patriarcat ?

J’ai également apprécié que l’écriture de ce court roman, fluide et imagée, ne soit jamais sacrifiée au profit du message : le fond égale la forme, quelle belle réussite ! – Marianne Le Roux Briet

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« — Peut-être que parfois la vengeance vaut bien la justice, ajouta-t-il. » – Michael Connelly, Le Poète

« [Lucie] et les autres s’étaient vues sorcières, elles s’étaient vues magiques, elles n’étaient qu’une bande de filles ordinaires qui s’étaient réparées. »

Le premier roman de Marcia Burnier, Les Orageuses, a été publié à l’automne 2020 dans la collection Sorcières des éditions Cambourakis. Autant le confesser tout de suite – faute avouée… -, je n’étais pas vraiment emballée par le sujet, craignant un récit de plus sur les violences faites aux femmes. Que l’on ne se méprenne pas, la parole se libère depuis quelques années et c’est tout à fait salutaire, mais – parce qu’il y a un mais – je trouve que les témoignages se multiplient et leur profusion, parce qu’ils l’émoussent et la diluent, nuisent à l’histoire personnelle de chacune de ces femmes. De même, par choix personnel, je ne lis pas les récits autobiographiques ; je n’aime pas entrer dans les entrailles des familles, ce qui ne m’empêche pas de saluer ce qu’il faut de courage pour oser briser le silence. 

Le roman de Marcia Burnier choisit, et c’est habile, un angle différent en s’intéressant à ces femmes – elles pourraient être vous, elles pourraient être moi – qui, après avoir été agressées, décident de mettre fin elles-mêmes à l’impunité des hommes dont certains savent ce qu’ils font, là où d’autres n’en ont même pas conscience. Pourtant quelles que soient les circonstances, un non est un non. La fiction, à mon sens, a cet avantage de permettre au lecteur de s’identifier aux personnages, de rendre le récit plus immersif et, partant, plus prenant et convaincant.

Ce récit dérange. Se posent évidemment plusieurs questions morales que ces jeunes trentenaires n’éludent pas : peut-on se faire justice soi-même ? Est-il sain de combattre la violence par la violence ? 

« Nina avait été la plus difficile à convaincre, elle avait peur que ça la rabaisse cette violence, elle crevait de trouille de ressembler à tous ces mecs. »

Lui donner un autre nom suffit-il à justifier la vengeance ?

« On dit pas vengeance, lui avait dit Mia, c’est pas la même chose, là on se répare, on se rend justice parce que personne d’autre n’est disposé à le faire. »

Quand l’assistance sociale piétine, quand la justice, une justice d’hommes, est en faillite, il reste à inventer d’autres solutions, car il est impossible de se rendre invisible indéfiniment, de vivre la peur au ventre, au littéral comme au figuré, et de ne jamais trouver ni le sommeil ni le repos. De là à prôner la loi du talion, « Œil pour œil, dent pour dent »… même s’il est clair que leurs expéditions punitives ne font que des dégâts matériels

« Elle voulait une vengeance qui laisse des traces, une vengeance chiante, pas juste des bleus qui disparaissent dans la semaine. »

et ne sont qu’un remède pour aller mieux. 

« Ce qu’elles voulaient, c’était des réparations, c’était se sentir moins vides, moins laissées-pour-compte. Elles avaient besoin de faire du bruit, de faire des vagues, que leur douleur retentisse quelque part. »

Ne nous y trompons pas, Les Orageuses ne fait pas l’apologie de la violence, car comme le dit Nietzsche dans Par-delà le bien et le mal : « Quand on lutte contre les monstres, il faut prendre garde à ne pas devenir un monstre soi-même. » D’ailleurs, les opérations rapides et efficaces que mène cette bande de filles contre les hommes qui les ont agressées ne sont pas ce que je choisis de retenir de ce texte. Mia, Lucie, Inès, Leo, Louise et Lila, à mon avis, valent mieux que ça.

« Elle prend le temps de bien les regarder toutes, sorcières mes sœurs, ces vengeresses, pétroleuses, prêtresses, toutes un peu abîmées mais qui ont réussi à se rafistoler comme elles pouvaient. Elle a une bouffée d’amour avant la violence et elle les regarde comme si elle regardait sa famille, Mia, Lila, Inès, Leo et Louise. »

Famille : le mot est lâché que, personnellement, je préfère à sororité. Mia, Lucie, Inès, Leo, Louise et Lila se sont reconnues, dans leurs blessures à panser, dans leurs espoirs à nourrir. Ensemble, elles sont plus fortes. Elles se soutiennent pour faire face à la peur qui a fait son lit dans leur quotidien, et endurer la suspicion de personnes qu’elles croyaient proches, tel leur ami Flo. Grâce à leur bienveillance réciproque, elles reprennent peu à peu le contrôle de leur vie et le goût de vivre qui devrait toujours aller avec. Ensemble, elles taguent les murs de leurs agresseurs comme elles tatouent leur corps à elle, dessinant un avenir. Ensemble.

« Quand elle les avait revues, Mia avait trouvé la nuit plus claire, elle s’était dit qu’elles ensemble c’était comme un orage d’été, qui illumine un ciel trop lourdement chargé. »

Ce roman de peu de pages est vif, le ton, enlevé, les phrases courent sans prétention, enjambant prestement les virgules, nombreuses. Un a priori idiot m’a fait penser que j’y trouverais beaucoup de dialogues, or ils sont rares. À la réflexion, ils auraient freiné le dynamisme de la narration, en en cassant le flux que l’on pense inendiguable. Le texte a la vaillance de ses héroïnes, leur rage dans le combat et leur bienveillance dans l’amitié. 

« [Lucie] se tient droite, les épaules en arrière, la tête haute, les poings desserrés. […] Personne n’apprend aux filles le bonheur de la revanche, la joie des représailles bien faites, […] qu’on ne tend pas l’autre joue aux violeurs, que le pardon n’a rien à voir avec la guérison. »

Faire que la peur se lise dans d’autres yeux, avant de se redresser pour porter le regard loin devant soi. Si possible avec confiance.

Pour ceux qui l’ont lu, Confessions d’un gang de filles de Joyce Carol Oates (Stock, La cosmopolite, 1995) viendra à l’esprit. Immanquablement. Les Orageuses n’en a pas la sauvagerie. Le propos de Marcia Burnier est ailleurs, car en exposant les fêlures de ces jeunes femmes, elle s’interdit d’en faire des petites dures bravaches. Non, elles ne sont pas dures, Mia, Lucie, Inès, Leo, Lila et Louise ; elles n’ont plus l’innocence ni les excès adolescents de Maddy, Goldie, Lana, Rita et Legs au temps de leurs équipées sauvages et musclées.

Marcia Burnier a sans conteste une écriture incisive et brute, et son roman, comme souvent avec les premiers, porte déjà en lui le germe de fictions futures. – Christine Casempoure

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Et ma première lecture de cette sélection m’a très impressionné, troublé, interpellé.
Il s’agit d’un roman récit sur la vie de 7 jeunes femmes, qui vont former un groupe d’amies pour se soutenir, s’entraider après avoir subi un viol.
Publié dans la collection « sorcières » des éditions Cambourakis, ce texte trouve bien sa place dans cette nouvelle collection. Nos personnages sont des sortes de sorcières qui vont s’entraider et décider de se venger, de changer de rôle, de victime à « bourreau ». Chaque personnage va nous parler de son ressenti après cet acte violent, chacune cherche à se reconstruire, chacune avec leurs moyens personnels, leurs milieux, leur histoire.
Un texte court mais avec des portraits de femmes qui restent en mémoire, des situations si vraies, si réelles. Et avouons le, on verrait bien un gang de filles faire ces actes. Cette vengeance si légitime n’est pas violente sur les corps mais sur les esprits et pourquoi pas taguer ce magasin, pourquoi ne pas faire changer la peur de place, voir la peur et l’effroi dans le regard de ces hommes, changer de rôle.
Ces femmes sont des orageuses car elle s’associe et comme le dit si bien Chloé Delaume, la sororité peut être un outil de puissance.
Ce texte est percutant car il parle sans concession du quotidien qui revient après ces actes, des moyens pour s’en sortir.
Mais c’est aussi un texte littéraire avec une belle plume et des scènes qui restent en mémoire, des scènes dures mais aussi des bouffées d’air pour reprendre pied, des scènes jubilatoires (eh oui, ces scènes de quasi commando).
J’ai beaucoup pensé aux performances des femens, qui par leurs actes interpellent mais aussi les afficheuses qui nous interpellent dans les rues avec des phrases percutantes, dérangeantes.
Bien sûr, il y a le mouvement mee too et les esprits changent mais il faut toujours continuer à dénoncer, à interpeller, à éduquer.
Par le romanesque, Marcia Burnier nous interpelle, nous interroge, nous percute mais aussi nous incite à ne pas se taire, à tenter de changer la vision des victimes. elle questionne sur le difficile concept entre vengeance ou rendre justice, quand la justice ne s’est pas ou ne veut pas répondre comme il faudrait et il y a encore beaucoup de choses à faire bouger. – Catherine Airaud

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On vit la peur, les sueurs froides, la paralysie, la honte, les incompréhensions, l’impossibilité de poser des mots assez forts pour décrire, les regards fuyants puis viennent la rage, la colère, l’envie de vengeance, la patience.

Enfin l’heure sonne, l’orage éclate et c’est la délivrance, celle qui apaise, qui permet de sourire enfin.

Tout est parfaitement bien décrit. Jusqu’à ces blagues qui n’en sont pas mais qui permettent à leurs auteurs de répandre leur fiel.

Ce roman m’a secouée tellement il est vrai.

Tout est à construire car rien n’est adapté.

Roman coup de poing qui fait du bien et que j’ai beaucoup aimé. – Stéphanie Justin

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Viol et humiliation, voilà ce qu’a subi cette bande de filles. Mia, Inès, Louise, Leo, Lila, Nina et Lucie en ont assez d’être passives, d’entendre des discours sur la réparation sur l’importance de « vivre avec » ; elles ne veulent plus de psychothérapie « pendant que l’autre continue sa vie sans accroc, sans choc, toujours plus puissant. » Ce qu’elles veulent, ce qui va les guérir, c’est la vengeance. Alors elles s’organisent, et font faire justice elles-mêmes. L’idée, c’est de faire peur, de décourager le coupable de récidiver. Pas de le frapper ou le blesser, non, elles se contentent de dévaster l’appartement du sale type, de détruire ses objets de valeur sans le toucher. C’est Mia, qui assiste régulièrement à des audiences au Palais de Justice, qui est la plus vindicative, c’est elle qui a eu l’idée de ces expéditions punitives qui les ont soulagées. C’est elle enfin qui propose à Lucie, victime elle aussi d’un viol, de se joindre à elles. Voilà Lucie vengée, qui se sent moins seule, vivante, enfin capable de retrouver le sommeil.

Alors bien sûr, elles n’ont pas tort, ces filles, de se faire justice quand la Justice peine à faire son travail, quand les violeurs écopent de peines bien inférieures aux dealers et aux trafiquants de toutes sortes. Peut-être peut-on aussi les envier, car quelle femme inquiète, à rentrer le soir tard les rues, à subir des mains pressantes dans un bus bondé, n’a pas eu envie un jour de se venger d’être considérée comme l’objet d’un désir malsain et humiliant ? De rabaisser l’homme qui l’a rabaissée ? De lui faire comprendre qu’elle n’est pas une chose dont on dispose à sa guise pour assouvir une pulsion ? De se sentir, enfin, toute puissante ? Oui, évidemment. Mais de là à passer à l’acte, c’est autre chose. On peut dénoncer les manquements de la Justice, le manque de soutien des femmes victimes de violences – bien que les choses commencent enfin à changer -, sans pour autant chercher à se faire justice soi-même. D’autant plus que les expéditions punitives n’excluent pas une sorte de jouissance délétère qui m’a gênée. Le discours féministe à ce titre me semble avoir des limites que ma morale m’interdirait de franchir. Cela dit, ce roman pose également la délicate question du consentement, et de la zone grise entre un refus et une acceptation forcée devant l’insistance du partenaire. Combien de femmes, épouses, compagnes, maîtresses d’un jour, un peu saoules, un peu perdues, ont-elles fini par abdiquer et accepter un rapport qu’elles auraient préféré ne pas avoir ? L’homme est-il alors un violeur, ou simplement un type trop pressé par son désir ? Le refus était-il audible, visible ? Où se situe la limite ? C’est la question que se pose Flo, le meilleur ami de Lucie, qui va faire lui aussi l’objet de la vengeance du gang de filles. Une question que le mouvement #MeToo n’a pas résolue. – Emmanuelle Bastien

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Un court récit en écho aux actualités féministes, féminicides de notre époque dont la profusion recèle autant de bonnes que de moins bonnes choses.

Attachons-nous à ce récit de la croisade plus ou moins pacifique de cette bande de jeunes femmes unie sous la bannière de Mia en réaction à ce que chacune a pu subir comme violences réelles ou ressenties de la part d’hommes divers mais tous volontairement ou non conscients de la gravité de leurs actes. Lassées des lenteurs judiciaires comme de la difficulté d’obtenir justice et réparations autre que pécuniaires ou pénales, Louise, Leo, Mia, Lucie, Nina et Lila définissent une liste de sept hommes dont chacune a subi d’une manière ou d’une autre la violence et des rapports non désirés et mettent en place une expédition punitive pour faire changer la peur de côté.

141 pages au total où le lecteur découvre les histoires de chacune, leur blessure, leur réaction, les bouleversements qu’elles ont subies et continuent de subir et l’union de ces croisées pour faire changer la terreur de bord. En trouvent-elles pour autant le repos ou une certaine quiétude, pour moi cette question reste entière.

Œuvre sensible, c’est une année de la vie de ses femmes que le lecteur suit. L’ensemble se lit facilement, pour moi pas forcément un plaidoyer nouveau, hélas. – Olivier Bihl

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Qu’elles s’appellent Louise, Mia, Nina ou Lucie, elles ont toutes comme un vide à l’intérieur. C’est le silence, la honte, le déni qui les rongent. Elles ont toutes été les victimes d’hommes irrespectueux, brutaux, tout-puissants… Agressions sexuelles, viols, menaces, rien ne leur a été épargné. Et si au début elles comptaient sur la Justice, elles s’aperçoivent bien vite qu’il n’y a rien à attendre de ce côté-là. Et si la vengeance était la solution ?

Le premier roman de Marcia Burnier est un cri. Celui des filles, des femmes, qui n’ont d’autre choix que celui de se rendre justice elles-mêmes. Alors qu’elles ont subi un traumatisme, dont leur corps n’est que la plaie béante, elles doivent agir pour ne pas mourir.
C’est le cri des victimes que l’on n’écoute pas, celui des âmes salies à qui on ne donne pas le droit de se protéger.
C’est le cri de rage qui tourne en boucle dans leur tête de jeunes femmes meurtries.

Mia, Louise, Nina et toutes les autres filles du gang se transforment en sorcières modernes. Celles qui font passer la honte de l’autre côté, celles qui marquent de leur haine, par leur violence.

Avec une écriture fine, travaillée, maîtrisée, Marcia Burnier fait de ces filles des êtres étincelants qui entrent dans la lumière pour ne plus s’effacer…

Merci aux 68 pour cette lecture qui frappe, qui happe, qui cogne et qui bouscule. – Audrey Lire & Vous

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Les Orageuses est un court premier roman militant qui surfe sur la vague du Me Too. Des jeunes femmes se regroupent pour essayer de se reconstruire après avoir subi des agressions sexuelles. Notre monde étant beaucoup trop laxiste envers les hommes elles décident de se venger à leur manière. C’est en formant un gang de filles vengeresses qu’elles vont se réparer. Le partage de la parole, pourtant salvateur, ne leur suffit pas. Le thème de ce roman n’est absolument pas sur le droit de se faire justice soi-même mais sur la solidarité et la reconstruction.

J’ai bien aimé le fait que ces femmes prennent chacune soin des autres, qu’elles créent un groupe solidaire, une sororité. Je comprends parfaitement leur douleur, leur besoin de vengeance, d’expulser violemment leur colère. Je n’en ai pas pour autant adhérer totalement au récit. Je ne sais pourquoi, j’ai compati mais je n’ai pas éprouvé une réelle empathie pour elles.

J’ai pris ce récit comme des témoignages, il m’a semblé plus documentaire que roman, chacune livrant son ressenti après l’agression et son impossibilité à se réparer. C’est court et cependant répétitif. Le style de Marcia Burnier, âpre, incisif, s’accorde bien à la hargne éprouvée par les jeunes femmes. Même si je n’en ai pas spécialement aimé l’approche, ce récit est nécessaire, malheureusement il ne sera sans doute pas lu par beaucoup d’agresseurs. – Françoise Floride

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Mia, Lucie Inès et toutes les autres nous aident avec ce réquisitoire contre l’absence de réaction de la justice face au viol, à comprendre. Comprendre qu’un viol, c’est bien souvent une vie saccagée, un destin contrarié, un frein dans le quotidien qui empêche des actions banales pour un individu, comme prendre les transports en commun, s’insérer dans une file d’attente, un coup de longue durée porté au moral, des nuits perturbées, un empoisonnement de l’esprit par un secret bien gardé, par pudeur, par incompréhension des autres.

C’est à la suite de ce constat que ce gang de fille agressées se reconstruisent, car c’est bien de reconstruction dont il s’agit, en menant des actions punitives contre l’agresseur, actions intelligemment organisées afin de mettre à mal le violeur et soulager la victime.

Ce récit peut paraître décousu en raison de ses chapitres où sont semés ici et là, des bribes de vie, informations dispersées pour signifier la pudeur des victimes qui se livrent difficilement.

Ce roman est à mettre entre toutes les mains afin de tenter de faire avancer les choses en matière de justice et de permettre aux victimes de s’exprimer et de communiquer efficacement leur colère pour que l’on cesse de banaliser le viol.

Merci aux 68 premières fois de m’avoir permis de découvrir ce récit marquant. – Roselyne Soufflet

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C’est l’histoire « d’un gang de filles décidant un jour de reprendre comme elles peuvent le contrôle de leur vie. » Elles se surnomment « les sorcières », elles s’appellent Lila, Nina, Inès, Leo, Louise et Mia. Leur point commun, malheureusement, est d’avoir été violées. Un premier roman dont la sororité est au cœur. Sa force est de donner à entendre la voix de ces jeunes femmes, la douleur de leur corps, leurs crises d’angoisse mais surtout leur rage et leurs peurs.

« Elle a juste une voix qui la hante et qui surgit régulièrement pour lui susurrer qu’elle est pourrie, mauvaise, et qu’elle ne peut faire confiance à personne. »

Ensemble elles vont imaginer une sorte de vengeance, leur remède pour aller mieux. Elle se mettent d’accord sur ce qui est « acceptable moralement ».

« est-ce qu’on lui pète la gueule ou bien on détruit son appartement, ça vaut quoi un viol comme punition ? »

Ces « sœurs de galère » renoncent à la justice traditionnelle et préméditent donc des expéditions chez leur violeur. Elles dévastent un appartement en présence du mec et puis s’adressent à lui :

« Tu vois, pour Inès, y’a eu un avant et un après. Y’a des questions auxquelles elle peut que répondre en expliquant qu’elle a été violée, c’est comme ça, ça la suivra, tu vas dégager d’ici, et y’aura des questions auxquelles tu pourras rien répondre d’autre que je suis un sale pointeur. »

Elles taguent sur les murs de l’appartement « NON C’EST NON » et inscrivent sur sa boîte-aux-lettres « un de moins » en référence à « une de plus ».

Je vous laisse imaginer la tête du type après leur passage !

En tout cas ces expéditions leur redonnent confiance, leur permettent de se sentir vivantes et de dormir enfin. Ce sera peut-être une solution pour commencer à se reconstruire.

Ce roman aborde également les dysfonctionnements de l’administration, de la police.

« pourquoi on ne riposterait pas ? Pourquoi on garderait toute cette violence en nous, pourquoi est-ce qu’on dépenserait tant d’argent chez le psy, pour « canaliser la colère » sans jamais obtenir justice ni réparation ? »

Mia se rend au palais de justice pour écouter des audiences. Elle note dans un carnet les chiffres de chaque condamnation. Elle a besoin de comprendre.

« pour voir ce qui valait plus qu’un viol : le vol d’un paquet de riz, d’un parfum, la revente de 20 grammes d’herbe, l’outrage à un agent, les violences volontaires avec moins de 7 jours d’ITT… »

Un livre dur, mais surtout nécessaire. Bravo Marcia Burnier pour votre courage et votre façon d’avancer. La couverture, réalisée par Marianne Acqua, est magnifique. – Joëlle Buch

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Je suis malheureuse de n’avoir pas apprécié ce roman car sa cause est juste, sa sincérité aussi évidente que forte. C’est sans doute la première fois que je lis un roman qui donne un tel accès aux ressentis intimes de celles qui ont été victimes de viols, transmettant parfaitement les conséquences psychologiques de cette déflagration.

Tous les membres de ce gang de filles ont été violées et trouvent refuge dans une sororité qui permet d’avancer sans avoir à expliquer ou se justifier sans cesse. Toutes ont envie de hurler, que, non, «  c’est pas comme un rhume, ça ne disparaît pas après quelques semaines avec du doliprane ». Surtout, elles ne veulent plus baisser les yeux quand elles marchent, elles ne veulent plus « être présentables en société sans faire de vague », elles ne veulent plus se maintenir «  juste au-dessus de l’eau ». Marre de s’agiter pour ne pas couler dès le levée. Elles veulent effrayer, imposer le respect, elles veulent se réparer et, puisque les voies officielles ne sont pas à la hauteur, la vengeance sera leur.

La thématique sur l’éthique de la vengeance est passionnante mais au final, j’ai trouvé ce roman bien fade dans le traitement qu’il en fait. D’abord à cause du défaut de caractérisation des personnages, très brouillon. J’ai eu eu mal fou pour différencier Lucie de Mia, Lila, Inès, Léo et Louise, alors que j’avais envie de faire leur connaissance, intimement, au-delà de la colère légitime qui les anime.

La conduite de la narration est, elle-même, confuse et répétitive malgré la brièveté du récit. Du coup, j’ai peiné à ressentir des émotions, à vibrer alors que la force du sujet aurait du le permettre.

En fait, je crois que je m’attendais à un texte bien plus dérangeant. Marcia Brunier fait référence nommément à un roman d’Helen Zahavi, Diry week-end, qui sert de détonateur à la volonté des filles à trouver réparation en se vengeant.  Ce roman est perturbant par la violence de son héroïne Bella qui, après voir été doublement violée, se déchaîne contre tous les mâles qui refusent de la laisser tranquilles. Les Orageuses reste sur des rails finalement assez politiquement corrects avec des expéditions punitives plutôt «  petites ». Sans aller jusqu’à l’outrance d’une Lisbeth Salander ( inoubliable héroïne badass de Millenium, de Stieg Larsson ) qui tatoue à la sauvage « Je suis un porc sadique, un pervers et un violeur » sur le ventre de son ancien bourreau, j’avais envie de quelque chose de plus tellurique sur un tel sujet, de moins fade. – Marie-Laure Garnault

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Dans les comics il y a des supers héros qui viennent défendre la veuve et l’orphelin quand ceux-ci sont menacés par le mal. Pif, paf, pouf et le méchant est puni !
Dans le roman réaliste de Marcia BURNIER, la réalité est tout autre et n’est malheureusement pas aussi idyllique. La femme victime d’un viol ou de violence sexuelle, quelque soit son rang ou statut social, ne verra pas une sorte de superman la sauver des griffes de l’individu mal intentionné. Comment pouvoir alors affronter ce traumatisme et surtout se reconstruire? Et si un groupe d’individus pouvaient être des justicières quitte à appliquer la loi du talion?

Ce premier roman de Marcia BURNIER est un véritable coup de poing. Il est très percutant. Je me suis sentie assez mal à l’aise à sa lecture mais il a le mérite d’aborder d’un point de vue différent ces sujets qui restent assez tabous. J’ai par contre beaucoup apprécié sa belle couverture dans les tons de bleu qui rend d’une certaine manière, un bel hommage aux fameuses sorcières. – Hélène Ortial

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Avec les Orageuses, l’autrice  aborde un  thème très porteur de la littérature féministe contemporaine. Cette fois en imaginant la possibilité d’une vengeance fomentée par les victimes elles-mêmes, puisque du dépôt  de plainte à l’éventuel procès, la justice bafoue les droits de jeunes femmes. Et on comprend tout à fait le désarroi de devoir de prouver que l’on n’a pas induit le délit, par son attitude, ses propos, un refus peu clair ….

Ce court roman est donc un cri de rage, une révolte contre le traitement actuel des plaintes pour viol et une piste pour un éventuel moyen de se défendre soi-même en toute illégalité.

Les jeunes femmes, Nina, lia, Inès Léo sont toutes marquées profondément par leur agression, qui parfois laisse à distance des séquelles qu’elles ne relient pas toujours à ce qui s’est passé. Le traumatisme a pu être enfoui, et ressurgit dans des angoisses, des troubles du comportement handicapant.

Et le désir de réparer l’infamie, est une façon d’exorciser le mal enfoui.

Une lecture qui ne laisse pas indifférent, parce qu’on ne peut se désolidariser de ces femmes blessées, mais si la voie qu’elles ont choisie pour affronter leur peur et se venger semble leur réussir sur le plan personnel, on n’entrevoit aucune amorce de proposition plus générale, ni même une opposition de généraliser cette violence en retour. C’est juste un constat. Et même un constat d’échec, puisqu’elles sont conscientes que rien n’empêchera les hommes de violer. – Chantal Yvenou

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Un premier roman habité par une colère légitime et incandescente.

Elles sont sept jeunes femmes qui ont en commun d’avoir été victimes de violences masculines, du harcèlement au viol. En commun aussi l’absence d’écoute réelle de la société. Du sexisme ordinaire à la culture du viol, elles ont conscience qu’on attend d’elles qu’elles ne fassent pas de vagues, « qu’elles [vivent avec] qu’elles paient leur psychothérapie pendant que l’autre continue sa vie sans accroc, sans choc. »

« Elle avait vu la gêne chez ses proches, senti la honte dans ses tripes, la solitude dans ses os. Elle avait vécu personnellement la sensation de déranger en en parlant, de déranger l’ordre établi,  la suspicion générale face à son récit, l’impression de devenir folle, de perdre pied avec la réalité,  le doute instillé, (peut-être que j’ai rêvé). »

Elles vont mal, font cauchemar sur cauchemar, se sentent en insécurité partout, n’arrivent plus à envisager une relation de couple normale.
Il y a un esprit de défaite, de faiblesse insidieusement entré dans tous leurs pores depuis l’enfance. L’orage gronde quand ensemble  dans un élan salvateur de sororité, une pulsion de vie qui les pousse à la guérison, elles vont reprendre leurs vies en main et décide de se faire du bien, de se réparer pour pouvoir à nouveau avancer tête haute. Dans des limites bien définies  sans violence physique, leur « gang » va s’en prendre à  chacun des agresseurs, un par un, et leur faire ressentir la peur, la honte, le traumatisme …

C’est un joli roman féministe qui se lit facilement. L’écriture est fluide et efficace. J’ai ressenti cette colère et cette révolte devant l’inertie de la société. J’ai ressenti de l’empathie pour ces jeunes femmes qu’on découvre les unes après les autres au fil du roman, et aimé  leur écoute mutuelle, la présence qu’elles se donnent comme une pause nécessaire, bienveillante et salvatrice.

C’est un roman coup de poing, un cri de colère, un manifeste pour la sororité parce qu’ensemble et solidaires, les femmes sont puissantes. – Catherine Dufau

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Mia, Lucie et leurs amies ont toutes été victimes de viol et elles sont toutes « fracassées » de l’intérieur. Elles n’ont pas été écoutées, reconnues comme victimes, et n’ont encore moins obtenu justice. Elles ne peuvent donc pas « guérir » de leurs blessures, de leur mal-être ; elles ne réussissent pas à se « réparer ».

Alors dans ce petit groupe qu’elles ont formé -là où elles n’ont pas besoin de se justifier- elles vont trouver un moyen de se reconstruire ; elles vont monter des « expéditions » contre leurs agresseurs, pour leur faire comprendre qu’ils ne peuvent pas s’en sortir aussi facilement.

Le sujet est grave s’il en est et sous les feux de l’actualité. Mais l’auteure ne m’a pas convaincue. Je n’ai pas réussi à la suivre sur cette voie qu’elle explore.

Bien sûr qu’il faut libérer la parole, qu’il faut écouter et réparer, mais comment ? Comment faire prendre conscience à ces hommes qu’ils sont vraiment des violeurs dès lors qu’ils se servent sans qu’on le veuille ? Par le biais de la vengeance, de la revanche, pas sûre… Cela va-t-il réellement réparer ?

L’évolution de la prise en charge des victimes par les services de police et la justice aiderait sans aucun doute ; la pédagogie aussi, peut être ?

Ce que j’ai trouvé intéressant dans son roman c’est la manière dont Marcia Burnier aborde l’intime de ces femmes ; Elle nous fait prendre conscience de ces dommages invisibles mais dévastateurs causés par ces violences sexuelles mais aussi et surtout, elle nous fait partager leur détresse face au peu de crédit qu’on leur accorde et au statut de victime qu’on leur refuse. – Anne Laude

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Mia, Nina, Lucie, Leo, Ines et tant d’autres… Les orageuses se sont ces filles, vos amies, vos sœurs, vos filles, vos cousines qui ont décidé face à cette justice malheureusement trop souvent sourde aux violences faites aux femmes de prendre leur destin en main et de faire comprendre à ces hommes qu’ils ne peuvent plus agir en tout impunité! Elles vont libérer leur colère pour passer à autre chose et se reconstruire. La situation de chaque femme est différente mais leur mal-être bien présent et l’autrice nous dépeint toute la palette de leurs sentiments.

Ce roman nous rappelle que dans toutes femmes il peut y avoir une blessure, un moment où elle a dit non et n’aura pas été entendue! Il y a-t-il des nuances dans le viol? Les victimes sont elles plus meurtries si le viol est violent, par un inconnu? Comment vivre avec cette blessure? Tant de questions que nous nous posons à cette lecture. Hasard du calendrier j’ai lu il y a peu « Femmes en colère » de Matthieu Ménégaux qui m’a beaucoup marqué et qui finalement aborde le même sujet, le vengeance d’une femme victime. La différence de ce roman, c’est que cette fois c’est tout ce processus de vengeance qui est abordé et non les suites judiciaires. La trame est intéressante, l’idée de ce “gang” qui se reconnait dans ses failles et son envie d’en découdre audacieuse. Toutes ces jeunes femmes vont trouver ensemble un exutoire pour reprendre leur vie en main avec leur éthique bien à elle. J’aurais cependant aimé que chaque personnage soit plus approfondi…

Ce roman est finalement un triste constat, celui de tant de femmes touchées. Ce livre est court et se lit vite mais peu être trop pour permettre une réelle empathie envers ce groupe. Il pose les bonnes questions, celle des femmes touchées mais aborde aussi rapidement le point de vue des hommes qui parfois ne se réalise pas leur acte. – Julie Campagna

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Elles sont 7 filles. 7 filles en colère qui ont besoin de se venger, car elles sont surtout 7 filles blessées, abîmées, irrémédiablement .
7 filles qui ont subi la violence et la lâcheté qui caractérisent certains hommes.
7 filles qui ont été abusées, violées, privées maintenant de la légèreté de vivre et rencontrer…
Le poids de ce qui a été subi est trop lourd à porter, l’incompréhension des autres est une douleur supplémentaire.
Et la peur, la peur omniprésente qui gâche tout, qui tend les corps et les esprits, qui envahit les nuits sans sommeil et les prive du plaisir de vivre…
Face à l’impossibilité d’obtenir justice et réparation par voie légale, elles décident d’unir leurs rages, leurs faiblesses, leurs déterminations et d’organiser elles-mêmes des expéditions punitives. Selon un « protocole » qu’elles établissent, elles vont démontrer à ces hommes que leurs actes ne peuvent rester sans conséquence et eux sans responsabilité.
Elles veulent « purger leur sentiment d’injustice ».
Ce livre parle vrai, direct, authentique. Il dit les souffrances indicibles, celles que ceux qui ne savent pas ne peuvent pas comprendre… il rappelle des chiffres, une réalité toujours aussi actuelle, toujours aussi révoltante.
Ce livre lutte contre l’invisibilité, et rien que pour ça est nécessaire .
Si ce n’est pas un coup de cœur littéraire, il m’aura néanmoins marquée et touchée. – Christine Gazo

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Si l’on s’en tient aux faits et seulement aux faits, c’est l’histoire d’un gang de filles qui organisent des expéditions punitives contre des violeurs.

« Après l’action elles sont euphoriques, euphoriques d’avoir été jusqu’au bout du plan, heureuses de n’avoir pas fait ce qu’on leur a appris, baisser la tête et se recoudre entre elles »

Mais ce livre raconte aussi et surtout l’état intérieur de : Inès, Nina, Léo, Louise et Mia qui a un taser dans sa poche de manteau et qui va au tribunal assister aux audiences d’affaires de viol.

Et surtout Lucie, à laquelle son métier confie le rôle d’écoute de femmes en détresse mais qui est comme elles.

Il y a de la solidarité, de l’amitié entre elles. Elles ont essayé les psys pour « canaliser leur colère » mais ça ne les guérit pas

Ce sont de jeunes parisiennes « normales » qui se font tatouer, manifestent, roulent à vélo, et se retrouvent dans les cafés avec leurs potes. Mais qui sont profondément marquées par le viol qu’elles ont subi .« Non,  c’est pas comme un rhume, ça ne disparait pas après quelques semaines avec du doliprane »

Une écriture percutante, et une belle couverture font de ce livre une œuvre cohérente qui ne devrait pas passer inaperçue. – Marie-Hélène Poirson

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A l’heure où les Rosies clament le féminisme, la sororité et la dénonciation du patriarcat, Les Orageuses retroussent leurs manches, allument leurs lumières intérieures et en combattantes du 21 ème siècle, prennent leur place dans la société où l’égalité reste à construire, chaque jour, chaque instant. Elles ne dansent pas dans les rues, elles ne lèvent pas le poing, elles reviennent ouvrir les consciences des hommes qui les ont  abimées, humiliées, apeurées, pour tenter de réparer l’irréparable.

Marcia Burnier témoigne de notre époque, de l’insécurité sexuelle d’être une femme, aujourd’hui encore. Elle donne aussi une force au collectif et à son action. – Anne Richard

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Excellent titre pour un texte, récit, témoignage, ou plaidoyer, plein de colère, d’un groupe de femme unie par les violences subies et enfouies dans un impossible processus de réparation. Je me suis laissée entraînée par les mots crachés et hurlés par ces jeunes femmes révoltées, blessées  et solidaires. Leur choix de répondre par des actions brutales et parfois décalées aux violences subies m’a parfois déroutée, mais prouve en même temps l’absence de réponses satisfaisantes et réparatrices de la société, de la justice, de la police. Face à ce vide, la solidarité et la sororité des femmes est un premier baume sur les plaies. Pour moi, ce n’est ni de la littérature, ni un plaisir de lecture, même si l’écriture est sincère et poignante, mais un rappel à une prise de conscience nécessaire, un éclairage différent sur le processus de réparation que les victimes peuvent utiliser pour repartir vers l’avenir. Donc une lecture intéressante, constructive et  utile. – Martine Magnin

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Les orageuses sont un gang de filles dont la soif de vengeance est à la hauteur du traumatisme vécu. Violées, violentées, traumatisées, elles cherchent à se reconstruire et à faire payer ces hommes que la justice ne condamne pas ou alors très peu.Elles s’organisent, partent en commando, se vengent et se sentent soulagées.Elles tentent aussi de se reconstruire. Ensemble, elles se comprennent, pas besoin de parler, d’expliquer, d’argumenter pour faire comprendre que non, il ne suffit pas de tourner la page ou penser à autre chose… Elles ne doutent pas les unes des autres, elles savent que « ça » s’est passé et ce que l’on ressent…Ce roman est court, trop court peut-être, car je n’ai pas vraiment été touchée bien que le sujet soit plutôt percutant… Je suis restée en surface, allant d’un personnage à un autre au fur et à mesure des chapitres. J’aurais aimé plus de développement sur ces personnages en voie de reconstruction, sur leur psychologie, leur ressenti… Dommage… – Agathe Bertrand

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Il m’a fallu du temps avant que je me décide à écrire cette chronique car la lecture de ce premier roman de Marcia Burnier n’a pas été de tout repos, tout autant que de mettre de l’ordre dans mes impressions !

Inès, Mia, Léo, Louise, Niwa, Lila, Fanta, Lucie et l’on pourrait en citer tant d’autre hélas … Toutes ont vécu un viol ou ont été agressées sexuellement, toutes gardent un traumatisme qu’elles ne savent comment évacuer. Toutes conservent en elles une violence et des sentiments contradictoires qu’elles ont besoin de libérer, d’exprimer… Toutes réagissent différemment mais toutes ont choisi de se rendre justice par elles-mêmes en manifestant, en vandalisant ou en lançant des expéditions punitives – telles des Amazones – contre ces hommes qui les ont fait souffrir. Elles sont à leur tour devenues des prédatrices. A plusieurs on se comprend, on se sent plus fortes, on se soutient, on est aussi prêtes à tous les excès. On n’a plus peur d’EUX. Ces femmes ont de la haine, des envies de suicide, de sexe à fortes doses… Pas de pardon ! Car le corps garde des traces de ces actes délictueux, même longtemps après l’agression, il conserve des blocages psychologiques. « Qu’en bas, là en lui montrant son bas ventre, c’est pourri ». Elles ont des crises d’angoisse, martyrisent leurs corps. Rien ne semble prévu pour les aider « On dit pas vengeance, c’est pas la même chose, là on se répare, on se rend justice parce que personne d’autre n’est disposé à le faire ». Aussi ont-elles décidé de riposter, œil pour œil et dent pour dent :   la loi du Talion. Car elles ne croient plus en la justice humaine et en ceux qui sont sensés les aider. Car même ceux dont le rôle est de les protéger ne comprennent pas toujours ce qui s’est passé ou ont tendance à les juger coupables « vous avez des mœurs légères, vous êtes des mythomanes », elles souvent accusées de mentir   … Problème de crédibilité, solidarité masculine ?? C’est un sujet important à traiter car trop d’hommes encore pensent que les viols sont rares, que la plupart des femmes mentent. « Ces connards » car même tes propres amis peuvent en être car ils n’ont pas l’impression de violer, juste de forcer un peu pour convaincre la femme d’accepter une relation sexuelle.

L’auteur a inventé un nom commun : les orageuses. Ce mot n’existe que sous forme d’adjectif et veut dire tumultueux, ce qui correspond très bien à l’état d’esprit de ces jeunes femmes sujettes à des confusions violentes. Ce texte court, sans dialogue ou si peu, traduit les émotions que ces orageuses ont dans leur tête.

C’est un livre qui, s’il ne m’était pas parvenu dans le cadre des 68, que je n’aurai pas lu ou que je n’aurai pas fini à cause de cette confusion qui règne dans ses pages et surtout à cause de l’écriture qui m’a fortement déplu.  Ce livre use et abuse d’un langage parlé. Son contenu est perturbant, déconcertant, mais aussi émouvant et pourtant tellement nécessaire. Lecture insoutenable mais je dirai même vitale pour comprendre ce qu’ont vécu ces femmes dans leurs corps, dans leurs têtes, pour tenter d’analyser leurs comportements et l’orage qui explose, résonne en elles. Elles sont démolies, saccagées. Si l’on n’a pas soi-même vécu un viol il est impossible d’imaginer, de comprendre par quelles étapes, quels sentiments ces jeunes femmes ou femmes sont passées. Comment peut-on pardonner à ces hommes, comment peut-on atténuer ces cicatrices faîtes à leur corps, comment expliquer ce que l’on a vécu et l’expliquer aux autres ? Un univers de noirceur qui explose à toutes les pages. Le livre aborde tous les aspects du viol, montrent les préjugés qui sévissent encore et toujours. Un thème très actuel depuis quelques années avec la naissance du mouvement MeToo/ BalanceTonPorc qui encourage la prise de parole des femmes et qui veut faire savoir que le viol et les agressions sexuelles sont plus courants que ce qui est supposé et qui permet aux victimes de s’exprimer. Je ne sais si c’est possible, mais ce livre me laisse à penser que l’auteur a vécu ce qu’elle raconte dans sa chair. – Françoise Le Goaëc

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Une couverture qui annonce la couleur : membres décharnés, yeux révulsés, visages résignés. Bleus à l’âme.

Un titre qui gronde. Cumulonimbus et électricité dans l’air.

Voici Les orageuses.

Les orageuses, un manifeste contre les violences sexuelles et un petit manuel de survie en milieu hostile.

Rien que cela me direz-vous ! En une centaine de pages, qui plus est ?

La blessure qui marque notre peau au fer rouge centimètre après centimètre, on la colmate.

Le traumatisme que l’on vit individuellement, on le dompte. On s’acharne à le dépasser collectivement.

Ce On est la voix de sept femmes ordinaires, abusées, qui partent en expédition punitive contre leurs violeurs.

Sept guerrières en armure, certaines déstabilisées, la plupart froides et déterminées, toutes en quête de revanche.

Sept mercenaires – les orageuses, dont le courroux va s’abattre faute de justice sociale, d’équité et de réparation judiciaire.

Ce On est universel. Tristement pluriel.

Comment se reconstruire après la fouille ? Comment réapprendre à aimer après l’outrage ? Comment réparer les corps et les âmes meurtries dans une société qui commence tout juste à lever le voile sur ces crimes et qui va devoir aider les victimes à ne plus se sentir honteuses ou coupables ?

Ce texte militant apporte un réel éclairage sur les différentes réactions des victimes, sur leur difficile cheminement et propose une alternative révolutionnaire à la relative passivité des tribunaux. Il interroge par sa radicalité et questionne les principes de la République en renvoyant dos à dos la justice et la vengeance.

Un petit traité féministe de self-défense publié dans la collection Sorcières avec ces mots de ralliement en préambule :

Ainsi sera notre tempête

Ainsi sera notre revanche

Tout est dit. – Sandrine Guinot

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Lire également les billets de :

Annie Pineau : http://tlivrestarts.over-blog.com/2021/03/les-orageuses-de-marcia-burnier.html

Marie-Claire Poirier : https://abrideabattue.blogspot.com/2021/03/les-orageuses-de-marcia-burnier.html

Claire Sejournet : https://lamarmottealunettes.wordpress.com/2021/05/22/les-orageuses-marcia-burnier/

Martine Galati : https://www.lecturesetplus.com/2021/06/les-orageuses.html

Delphine Depras : http://delphine-olympe.blogspot.com/2021/01/les-orageuses.html

Fabienne Defosse : https://the-fab-blog.blogspot.com/2021/06/mon-avis-sur-les-orageuses-de-marcia.html


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