Grand Platinum – Anthony van den Bossche

« Paris n’était pas un assemblage de rues, de bâtiments, de monuments et de quartiers, mais une héroïne de roman dont on ne pouvait toucher un cheveu sans mettre le monde à son chevet. »

L’air de rien ce roman nous emmène dans une jolie traversée de Paris, avec escapades au Japon et à Milan ! Nous voilà pris dans le rythme de Louise, trentenaire parisienne, hyper active, bien dans son temps moderne, maniant les ficelles de la communication dans l’univers du design international. La narration suit son pas et saute d’une scène à l’autre nous immergeant peu à peu dans une histoire, une ambiance. Le pitch, l’auteur nous l’offre au cœur de son livre : « Écoute ça : au fil des années, un homme a constitué une fantastique collection de carpes, conservée un peu partout dans les mares parisiennes comme si la ville lui appartenait. A sa mort, sa fille (un peu garçon manqué) et son frère (un peu sociopathe) héritent des poissons, mais le joyau de la collection a été vendu par un jardinier cupide à un esthète de l’île Saint-Louis. Le frère et la sœur décident de kidnapper le poisson et de trouver un étang pour reconstituer la collection du père. »

Les carpes sont des Koï, enfin des « Nishikigoïs, des carpes au sang choisi dont le dos évoquait des brocarts de soie et rebaptisées « Koï » par les occidentaux ».

Cette aventure nous déambule dans un Paris comme on l’aime, aux recoins bien connus de l’auteur, entre squares, impasses, escaliers, ponts, berges, rues parallèles, une île et Notre-Dame (en feu) au cœur de la Rive Droite ainsi mise à l’honneur. Cette ballade parisienne rend hommage au père disparu, lequel avait fait de la Capitale sa maison : « Délester son aquarium dans les squares était interdit, mais il avait une relation particulière à la ville : il n’habituait pas à Paris, il habitait Paris. » Cocasse expédition, on apprécie le loufoque de l’aventure dans ce Paris palpitant, secret, refuge de belles histoires.

A la façon d’un jeu de points à relier, on courre aux côtés de Louise en rejoignant tour à tour  un frère misophone, lequel se terre chez lui et fuit ses contemporains ; les amis de toujours du père défunt, trio burlesque, sympathique, jouisseurs de la vie et toujours présents pour Louise et son frère ; un designer aussi brillant qu’infect pour lequel Louise travaille ; un amant amoureux donc un gênant, le tout en marchant vite au pas tressautant de Louise, qui pense aussi vite que sa cadence.

L’histoire est légère à lire car on ne s’attarde ni sur les personnages, ni sur les ficelles, les secrets, les pourquoi. Les petites touches suffisent cependant à transmettre le précieux d’une amitié, la fidélité d’un engagement, la tendresse fraternelle, la lassitude d’une course à fuir, fuir des faux-semblants qui troublent, empêchent, effraient ce qu’il faut de lâcher prise pour être soi, être bien. « Louise posa ses orteils au bord de la ville, éprouva la solidité de la berge, derrière elle il y avait Paris, une mare et le Grand Palais, en amont il y avait le Morvan, des étangs et des collines humides, dont il suffisait de gratter la pente pour faire jaillir une source. On pouvait commencer un monde avec une flaque d’eau et du soleil. Oui, elle pouvait tout recommencer. Elle plia les genoux, comme son frère lui avait appris, et plongea vers Saito »

En tentant ainsi de sauver les carpes collectionnées de son père, bien jolie façon d’ajouter couleurs et poésie aux quatre coins de Paris, Louise débroussaillera son chemin, en éclairant un peu de la vérité de son père, en prolongeant son œuvre,  la vie à préserver tout en quittant le factice, le superficiel qui embourbe. Un jeu de points à relier qui dévoilerait le dessin d’une carpe en rêve d’une vie, en guide d’une trajectoire, en trésor transmis, en ode à la beauté libre et transgressive, au-delà des frontières, des arrangements… Un jeu de points à relier qui ferait apparaître la broderie colorée, l’irisé graphique d’un dos de carpe ou d’ailes de papillon dont le battement secousse encore ses effets longtemps après un tremblement lointain. – Karine Le Nagard

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Un titre et une couverture intriguant. Un poisson rouge, parsemé d’écailles noires, bleues et blanches composant un motif élégant, telle une toile.  

Les premières lignes de ce roman m’apprennent qu’il s’agit d’une carpe. Aux antipodes des modèles croisés fréquemment dans les mares et rivières, gros poissons à l’allure sombre et sans grâce. 

Cette carpe-là est japonaise, issue d’une mutation spontanée qui a transformé ces animaux aquatiques, tout à fait ordinaires, en poissons d’ornement. Des couleurs inédites ont progressivement coloré leur dos. Les pêcheurs les ont alors élevés, bichonnés et ont créé de nouvelles variétés dont ils consentent à vendre certains spécimens à des collectionneurs étrangers. 

Louise et son frère ont ainsi hérité de la collection que leur a laissée leur père à sa mort. À un détail près. Ces carpes, 17 au total, ont été disséminées dans les bassins de différents jardins à Paris. Ce qui est strictement interdit. Le frère de Louise a besoin d’argent. Ils décident de vendre. Encore faut-il les rassembler en un seul et  même endroit.  Une expédition s’organise. 

Une histoire hors des sentiers battus. Une lecture baroque dont la fin est digne du club des Cinq. De belles balades dans Paris, un voyage au Japon. Des personnages délicieusement zinzins. Quelques scènes hilarantes, dont une où il est question d’un sex toy. J’ai adoré.  – Hélène de Montaigu

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Ce petit livre (150 p. à peine) ne m’a pas touchée, je n’ai ni aimé le style alambiqué ni compris ce qu’il voulait me dire et où il voulait m’emmener. Au bout de quelques pages, j’étais tentée de le laisser tomber mais j’ai persévéré sur la foi de commentaires élogieux que j’avais pu lire.

Au final, j’ai trouvé les personnages esquissés plus qu’écrits et ils ne m’ont pas intéressée (à part peut-être le designer fou, sorte de Phil Spector à la petite semaine) ; leurs aventures de bobos branchés parisiens m’ont agacée et l’affaire de deuil, d’héritage et de carpes ne m’a pas émue. Quant à la poésie et l’humour qui m’avaient été vantés, je suppose que l’auteur et moi n’en apprécions pas les mêmes formes.

Restera pour moi un hommage rendu à Paris, une belle évocation des couleurs des poissons, une leçon sur les carpes japonaises de collection et un enseignement : comment importer des animaux protégés en contournant l’interdiction du pays dont ils sont originaires. – Marianne Le Roux Briet

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Petit roman original , sur l’héritage et le deuil .
Louise agent de communication , en quête de sens sur sa vie , ses amours et son métier décide de sauver les carpes Koi de son père décédé.
Elles sont éparpillées dans des bassins parisiens, (lieux publics ou privés) et les rassembler dans un même endroit les mettront en sécurité.
Une expédition est organisée avec les acolytes de son père. Elle l’aidera à tourner la page et à envisager son propre avenir.
J’ai passé un joli moment de lecture, pas inoubliable, mais le sujet du deuil est tellement sensible, que la moindre petite idée, et celle ci est très jolie, mérite qu’on s’ y attarde. – Anne-Claire Guisard

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Certains héritages sont plus compliqués que d’autres à gérer et vous glissent parfois entre les doigts comme des anguilles…ou des Koï, ces magnifiques carpes japonaises, fruits du travail acharné et pointu d’éleveurs éclairés du Soleil Levant. Pour se conformer aux dernières volontés du collectionneur malgré lui que fut leur père, Louise et son frère, assistés des amis de toujours du cher disparu, lancent les filets d’une pêche aussi hasardeuse que miraculeuse sur tout ce que Paris compte de bassins accueillants, contraints, chacun, de s’extraire d’une vie brillante et complexe pour renouer avec une complicité depuis longtemps oubliée.

Avec ce premier roman aux contours très nets et aux lignes d’une très grande élégance, Anthony van den Bossche réussit la performance assez troublante d’accumuler, comme dans un croisement très étudié et travaillé avec un brio qui ne laisse rien au hasard, une collection de perfections qui donne presque le tournis : histoire d’une surprenante originalité, personnages d’une sobre précision, style d’une agréable sobriété, structure narrative d’une confortable fluidité…Oui, tout cela est d’une très grande beauté, assurément. Mais de cette beauté glaciale et inatteignable à la scandinave, de cette beauté qui vous laisse béat d’admiration mais en retrait, de cette beauté de marbre où la vie s’est figée à force de perfection. Dans cet univers parigo-parisien entre architectes perfectionnistes ,designers imbuvables et collectionneurs de haut vol,  le lecteur dépourvu des références ad hoc goûte à ce malaise indescriptible du provincial endimanché convié, sur un malentendu, à un défilé haute-couture. Quant à moi, je suis allée au-devant de ce « Grand Platinum » sans déplaisir, j’en ai contemplé le brillant, puis je l’ai laissé filer, semblable à une koï aux motifs sophistiqués, aux écailles irisées mais au cœur décidément trop froid pour faire battre le mien. – Magali Bertrand

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Louise a fondé une petite agence de communication. Elle est jeune et démarre une brillante carrière, malgré les aléas du métier, liés en particulier à son fantasque et principal client, un célèbre designer. Elle doit aussi jongler avec les fantasmes déconcertants de son amant, Vincent. Mais elle a d’autres choses en tête: des carpes. De splendides carpes japonaises, des Koï. Celles que son père, récemment décédé, avait réunies au cours de sa vie en une improbable collection dispersée dans plusieurs plans d’eau à Paris. Avec son frère, elle doit ainsi assumer un étrange et précieux héritage. 

C’est donc une balade un peu loufoque dans les rues de Paris pour retrouver des carpes. J’ai souri par moment, été touchée aussi par ces deux enfants qui veulent sauver l’héritage de leur père. Malgré cela j’ai quelques petits bémols : d’abord sur les carpes, j’en aurais voulu plus quitte à ce que ce soit la grande quête et la chasse aux trésors dans Paris autant y aller et avoir plus d’info sur ces carpes en apprendre plus. Je me souviens d’un livre la tristesse des éléphants où justement on avait toute une dimension sur le comportement des éléphants j’avais adoré. Là au final on a beaucoup d’éléments mais sur les 30 dernières pages j’en aurais voulu plus, j’aurais voulu être touchée un peu plus tôt. 

Deuxième petit bémol les moments de vie de Louise tombent parfois comme un cheveu sur la soupe. Ça arrive on se dit ok mais sans forcément comprendre ce que ça vient faire là. Mais je pense que ça va un peu avec ce que j’ai écris avant je m’attendais à ce que les carpes soient plus centrales. 

Malgré cela j’ai vraiment trouvé ça frais à lire, je sortais d’une lecture assez difficile et j’ai vraiment apprécié cette recherche de carpes dans tout Paris. Une belle découverte ! – Clémence Dubois

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C’est une histoire de poissons. Des carpes , des Koïs, mais pas n’importe lesquelles. Des carpes de collection, celle que le père de Louise a constituée puis éparpillée dans différents bassins de Paris. Et il lui faut les récupérer. Tâche ardue, d’autant qu’elle doit en même temps lutter avec un collaborateur fantasque mais indispensable de sa boite de com,  et avec les fantasmes sexuels de son amant.

J’ai été d’emblée agacée par l’écriture, un récit qui commence au passé simple, des dialogues lyriques qui m’ont distancée de l’histoire.

Les scènes de sexe avec énumération anatomique des lieux  visités et détails techniques me font en général l’effet d’une fenêtre pop-up porno qui surgirait sur mon écran d’ordi.

Je n’ai pas compris certaines expressions comme « un homme au port de cerf, poitrail ouvert ».

Paris prend une place importante dans la narration y compris dans ses blessures du temps , avec l’incendie de la cathédrale, et c’est put-être ce qui m’a le plus intéressée.

Quant aux poissons j’’éprouve assez peu d’empathie pour eux, malgré leur couleur et leur rareté.

Le tout forme un ensemble hétéroclite qui ne m’a pas séduite. – Chantal Yvenou

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Après avoir suivi sur les blogs les 68 premières fois, je suis vraiment ravie de participer à cette nouvelle édition. Et pour inaugurer cette aventure, je découvre un roman original et inattendu.

Au cœur de l’agitation parisienne, les parcs constituent des ilots de tranquillité. Là, vivent des carpes Koï dissimulées par un collectionneur. A la mort de son père, Louise doit s’occuper de cet héritage singulier et protéger les magnifiques poissons des convoitises d’un jardinier qui aimerait bien les vendre à de riches amateurs.

De ce roman, j’ai aimé le contraste entre modernité et tradition. Les carpes koï, animal élégant et délicat, associé à la contemplation des jardins japonais, vivant au cœur d’une capitale sans cesse en mouvement. C’est une jolie idée, de même que cette quête pour rassembler ces animaux en souvenir du père.

J’ai aimé le parallèle entre Louise et Paris. Louise fait une pause dans sa vie, pour se concentrer sur son histoire, de même la capitale se fige lorsque ce qui semblait éternel part en fumée, lorsque la cathédrale magnifique brûle sous les yeux consternés des parisiens et des touristes.

Une jolie découverte pour commencer. – Delphine Queval

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« Il ne faut pas demander à l’artiste plus qu’il ne peut donner, ni au critique plus qu’il ne peut voir. » – Georges Braque, Le jour et la nuit

« Louise regardait nager autour de ses bottes une partie de la collection assemblée par son père, dont les motifs avaient été conçus dans la campagne japonaise avec un soin maniaque, et nécessité beaucoup de temps et de chance. »

Grand Platinum est le 1er roman d’Anthony van den Bossche, publié aux éditions du Seuil dans la collection Fiction & Cie. Il s’agit d’un texte court, à peine 160 pages, dont l’argument est donné en l’exact milieu du livre par le personnage principal, Louise Baltard :

« Écoute ça : au fil des années, un homme a constitué une fantastique collection de carpes, conservée un peu partout dans les mares parisiennes comme si la ville lui appartenait. À sa mort, sa fille (un peu garçon manqué) et son frère (un peu sociopathe) héritent des poissons, mais le joyau de la collection a été vendu par un jardinier cupide à un esthète de l’île Saint-Louis. Le frère et la sœur décident de kidnapper le poisson et de trouver un étang pour reconstituer la collection du père. »

En effet, le père de Louise vient de mourir d’un cancer. Cet homme, qui avait une « façon d’évoluer avec grâce entre deux eaux, d’envahir l’espace de sa présence douce et altière », laisse en héritage une collection de carpes japonaises élevées et sélectionnées selon cet art ancestral, des Koï qu’il a disséminées dans les bassins parisiens, du parc des Batignolles au parc Monceau en passant par le square du Temple et les jardins du Trocadéro, devenus pour l’occasion – et en toute illégalité – ses aquariums personnels. Pendant des années, les très prisées Koï du père ont été nourries clandestinement par une bande de joyeux drilles et fidèles complices. Louise se met en tête de conserver le secret en rassemblant ces carpes tant convoitées dans la mare du Grand Palais et d’éviter ainsi que ces « provocation[s] graphique[s] à l’ordre de la nature » ne fassent le bonheur de quelque avide malotru.

L’idée sur laquelle est bâti ce roman est vraiment originale et, ainsi résumée, elle a de quoi séduire, d’autant que la trentenaire que l’on suit est vive et décidée. J’ai senti dans les premières pages que je pourrais avoir plaisir à l’accompagner dans la mission qu’elle s’est fixée. Mais…

Les personnages sont nombreux.

Très !

Trop ?

Outre Louise, voilà Vincent, Ernesto, Thomas, Stan, Jean, Mehdi, Paul, Jérôme, Robert, Alicia, Sophie, Fabrice, Hirotzu, et j’en oublie ! Le brassage de ces hommes et ces femmes fait qu’ils manquent d’épaisseur. À quelques rares exceptions près, ils ne sont pas assez travaillés, ils sont un peu pâlots et complaisamment stéréotypés : la chargée de com est virevoltante ; le défricheur de scénarios, misophone ; Stan est un désigner dont l’« égocentrisme [est]  « naturel », [l’] intolérance à la frustration la juste « impatience » de la jeunesse dans un monde arthritique ». Je me suis demandé quel était le rôle de certains d’entre eux, tel Vincent, le petit-ami de Louise. D’autres ne font que passer, ils sont là, l’espace d’un paragraphe avant de disparaître à tout jamais. Étaient-ils indispensables ? N’était-il pas préférable de donner une meilleure consistance à ces individus à peine esquissés, auxquels j’ai eu du mal à m’attacher ? Pour certains, leur présence sur la page tient de l’apparition, du happening.

Paris, Milan, le Morvan, le Japon : à croire que tout ce petit monde est pris de bougeotte. Va-t-on nous aussi être pris de transe ? On court, ça oui ! Dans Paris, essentiellement. La balade parisienne est tout de même agréable, je ne le nie pas, même si on s’essouffle derrière la vive Louise avec l’impression de s’éparpiller.

Des événements pour le moins incongrus sont venus perturber ma lecture. Je n’en ferai pas une liste exhaustive, mais je me demande encore ce que vient faire là le colis que Vincent envoie à Louise. Je ne vous dis pas ce qu’il contient, je préfère vous en laisser la surprise (et j’aimerais bien voir votre tête quand vous l’ouvrirez !) Là encore, était-ce bien nécessaire ? Sauf à vouloir choquer et faire réagir, comme l’ont fait des artistes, tels Paul McCarthy ou Maurizio Cattelan, par exemple ? 

Le style est, par moments, boursouflé, tels « [ces squares qui étaient] des bouffées romantiques aux rebonds vert profond dont les détours et les vallons cintrés étaient des citations libres de la Genèse ». Au détour d’une phrase surgissent des images déroutantes – cet « un homme au port de cerf, poitrail ouvert » est-il un nouvel Actéon ? ; des comparaisons surprenantes « [des pins] aussi invincibles que le plastique » sont-elles sensées nous éveiller aux dangers que court notre planète ? ; des adjectifs décalés « le gravier croustillant », dont je n’ai su quoi faire tout en leur reconnaissant d’être aussi éloignés que possible du cliché. Malheureusement, là encore, je trouve que l’accumulation confine à une artificialité qui n’a rien à envier à celle des Koï, bien qu’elle fasse aller le texte là où on ne l’attend pas ! Un bon point, je l’accorde.

Au fur et à mesure que la fin approche, les chapitres courts s’étoffent tout de même, dans ce récit qui saute, primesautier, de descriptions en dialogues. La multiplicité des personnages, la course dans Paris d’un lieu à l’autre derrière Louise n’aident pas à garder le fil conducteur.

Où va-t-on ?

Figurez-vous que je n’en sais rien, même après avoir terminé ma lecture.

Est-ce un inconvénient ?

Dans mon cas, oui, car je suis convaincue d’avoir manqué les références, faute d’avoir le bagage requis. Je garde en tête qu’Anthony van den Bossche est commissaire indépendant, spécialisé en design contemporain. Ce n’est sûrement pas anodin.

Je regrette pareillement que tous ces artifices narratifs aient masqué le propos que je devine adroit pourtant : comment prendre soin d’un héritage peu banal, laissé par un père esthète ? Qu’attend-on des amis, de la famille ? Que peut-on leur demander de faire par fidélité ? Comment continuer le magnum opus paternel ?

Voilà pour ce que le lecteur voit, pour ce qui est à la surface et a priori accessible à tous.

Reste une écriture comme on en rencontre peu, reconnaissable à cette esthétique non traditionnelle, pleine d’une hardiesse qui assume/revendique le décalage appuyé et loufoque, insolent parfois, en rupture avec les conventions : le verbe est surprenant, l’adjectif, inattendu, l’image, déconcertante.

Tout cela participe à la quête d’une poétique qui, je hasarde, est le véritable sujet souterrain de ce Grand Platinum que je qualifierai d’expérimental et transgressif comme sait l’être l’art contemporain cher à l’auteur. 

Et à présent, à moi de m’interroger : peut-on appliquer à l’écriture d’un roman les techniques nouvelles qu’éprouvent les artistes contemporains (peintre, plasticien, photographe…) ? Ces techniques peuvent-elles éveiller l’émotion de ce spectateur d’un genre particulier qu’est le lecteur ? Et si tel n’est pas le cas, qu’advient-il du texte ?

Grand Platinum est un roman provocant et frustrant, en ce sens que j’ai su assez vite que je n’aurais pas le vocabulaire pour en parler ni les clefs pour l’apprécier pleinement.

Pas plus qu’au critique il ne faut demander au lecteur plus qu’il ne peut voir.

J’aime penser que, m’observant du coin de l’œil et me voyant décontenancée, l’auteur, espiègle et satisfait d’avoir atteint son but, murmure : 

« Oui. Comme ça. Parfait. »Christine Casempoure

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Le père de Louise vient de mourir, lui léguant, ainsi qu’à son frère, le soin de s’occuper de sa collection de carpes koï d’exception disséminées dans les bassins parisiens. Elle a bien d’autres choses en tête, Louise, entre ses missions de conseillère en communication, dont l’une consiste à s’occuper de son principal client, un designer égocentrique incapable de mener un projet à bien, sa relation avec son amant obsessionnel et son frère sociopathe atteint de misophonie (l’incapacité à supporter certains sons, les bruits de mastication ou les raclements de gorge, par exemple). Lorsqu’elle apprend que le jardinier chargé du soin des carpes a revendu l’un des spécimens les plus précieux, elle n’hésite plus : il faut réunir toutes les koï, quitte à les voler. C’est peut-être l’aspect le moins crédible de l’histoire, d’imaginer cette jeune cadre brillante troquer ses escarpins contre bottes en caoutchouc et épuisette pour écumer en pleine nuit les plans d’eau de Paris, aidée par les comparses de son père. Mais faisons fi de ce détail, les portraits sont truculents – le Maire qui monopolise le hammam de la Grande Mosquée ou Ernesto, montalbanais qui doit son surnom à sa propension à fumer le cigare – et la langue fort belle, qui touche presque au lyrique dans la très belle scène du tremblement de terre au Japon, lequel a inauguré la mise en place de la collection paternelle. – Emmanuelle Bastien

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Le tourbillon de la vie va nous emmener sur les traces de Louise. A la tête d’une agence de communication en design, elle vit à  cent à l’heure.  Suite au décès de son père, avec l’aide de son frère et de quelques amis, elle devra aller récupérer des spécimen rares de carpes Koï dans une pêche épique.  Son père les avait disséminées dans différents bassins de Paris pour ne pas attirer l’œil de visiteurs trop curieux.

Un premier roman court et original, plein d’humour où l’on passe de la France au Japon en quelques secondes. La carpe symbolique du Japon et là en l’occurrence des bassins de Paris. – Hélène Grenier

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Je suis complètement passée à côté de ce roman, sans jamais parvenir à entrer dans l’univers de son auteur. L’idée de départ était pourtant séduisante avec son côté décalé qui laissait entrevoir un film à la Tati, tendre et fantaisiste, aussi bien qu’une planche de Sempé, délicate et poétique : une course poursuite dans Paris pour kidnapper des carpes japonaises de collection, disséminées dans différents bassins, héritage paternel de Louise et son frère.

Si la lecture a été fluide et pas désagréable, si la description doucement ironique de la vie moderne est plutôt juste, ce récit a glissé sur moi sans que je ne parvienne à m’accrocher à aucune aspérité qui aurait pu susciter mon intérêt. Je n’ai pas aimé les personnages principaux, notamment Louise qui manque cruellement de densité romanesque. Les passages narrant sa vie professionnelle et sentimentale m’ont semblé plaqués très artificiellement sur le reste de la narration. J’aurais tellement aimé que cette dernière décolle mais l’écriture manque de relief pour emporter le tout.

Il y avait pourtant matière à inventer un roman plus piquant car, derrière la facétie des tribulations autour des koï à enlever, se cache une très belle thématique : celle d’un enfant devenu grand qui découvre les secrets d’un père, sa folie douce qu’il n’avait jamais entr’aperçue et qui se révèle en plein deuil. – Marie-Laure Garnault

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Voilà un livre qu’il me va être particulièrement difficile de commenter, je crains d’être totalement passé à côté.

Un livre inclassable par un récit qui m’a semblé partir dans des directions totalement opposées, en fait des récits qu’il aurait été intéressant de découvrir dans leur spécificité et décliné un par un avec un contenu propre et qui mis, ici, bout à bout, ne m’ont rien dit. En vrac, on a une histoire familiale avec Louise, son frère et l’héritage d’un père dans sa passion des carpes, pure projection d’une facette de la culture japonaise qu’il faut faire perdurer en réunissant une collection in vivo des spécimens recueillis durant tout une vie qui reste le coeur du projet littéraire de l’auteur. Puis une vie professionnelle et privée assez complexes entre l’agence de communication créee par Louise au service d’un désigner fantasque et à l’égocentrisme exacerbé, ses liens particuliers avec un frère ermite par choix mais avec des difficultés financières notables, une communauté d’amis éclectique mais réduite, un amant de passage aux goûts sexuels particuliers…. le milieu de l’art contemporain spécifique, l’incendie de Notre Dame…. bref un ensemble éclectique et pour moi peu vraisemblable et nullement captivant. – Olivier Bihl

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Un 1er petit roman surprenant, découvert encore une fois grâce aux fées des 68 premières fois .
Lu d’une traite en une soirée et en ressortir amusée et séduite malgré une histoire loufoque qui se déroule à « cent à l’heure ».
Pour la provinciale que je suis, ce fût une  visite de Paris à tout allure et la découverte de ces poissons magnifiques, les Koïs, adorés des Japonais et prétexte à ce roman.
Un récit qui part dans tous les sens ( c’est du moins ce que l’auteur veut nous faire croire ) : de Paris à Milan, des quais de Seine (ou plutôt de l’Yonne) aux parcs et bois parisiens , un frère, une sœur, un même père décédé mais deux mères différentes, des acolytes hauts en couleur et …ces carpes majestueuses.
Impossible de vous en dire plus, soit vous aimez cette fable fantaisiste soit vous passez à côté. Moi, j’ai aimé. A vous de voir… – Marie-José Severin

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Voilà un premier roman très enlevé, fantasque et instructif que j’ai littéralement dévoré en une soirée. Il faut dire que j’ai eu très envie de découvrir où cette histoire de carpes allait me mener ! Car il est question de carpes et pas n’importe lesquelles. Des carpes Koï (improprement appelées ainsi par les occidentaux) de collection disséminées en douce dans les mares, lacs et étangs de Paris par leur propriétaire. Au décès de celui-ci, sa fille est alertée par un des jardiniers qui l’aidaient à prendre soin des précieux poissons, qu’un autre de ces aides, peu scrupuleux, a commencé à revendre à prix d’or les fameuses carpes. Il s’agit donc pour Louise de résoudre l’épineux problème tout en jonglant entre ses soucis professionnels et les fantasmes de son amant tandis que son frère, lui, à court d’argent veut vendre les carpes, ce qui implique d’abord de les rassembler !

J’ai eu l’impression d’un joyeux bordel dans cette histoire, menée au rythme des pas pressés de Louise dans la capitale, Louise et son agence de communication avec un seul insupportable client, star du design has been. L’auteur connaît bien le milieu du design et de la communication et il pose dessus un œil moqueur et ironique.

Les souvenirs d’enfance de Louise et de son frère, plus âgé (qui a de sacrées difficultés de vie en société au point de vivre quasi reclus dans son appartement), leur relation si particulière, la façon dont leur père a acquis sa collection, l’origine des carpes et leurs éleveurs, d’anciens pêcheurs qui ont su transformer en passion un accident génétique, sont les passages/chapitres que j’ai préférés dans le roman, trop courts à mon goût !

Un roman mené à 100 à l’heure avec une écriture pleine de verve sur un sujet inattendu, une lecture plaisante parfaite pour déconnecter du quotidien et rire de bon cœur devant l’incroyable farce imaginée par l’auteur. – Catherine Dufau

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Lire Grand Platinum, c’est tout d’abord en savoir plus, beaucoup plus, sur l’origine des carpes au sang choisi, enfin des carpes Nishikigoï rebaptisées Koï par les occidentaux. Par exemple, découvrir enfin que les paysans de la province de Niigata ont sélectionné des spécimens aux mutations génétiques spontanées, puis les ont croisées entre elles, pour en faire les Koï exceptionnelles que l’on connaît aujourd’hui.

Puis suivre Louise dans ses pérégrinations pour sauver les carpes de son père. Car celui-ci vient de décéder. Mais pendant sa vie, il avait disséminé dans quelques mares et étangs parisiens sa collection unique de Koï. Il faut dire que ces dernières ont besoin d’espace pour se développer. Et lorsqu’il avait quitté sa maison au grand jardin, il avait bien fallu leur trouver un point de chute.

Mais pas seulement ! Car ce sauvetage est aussi un moyen de mieux connaître le père disparu. Avec l’aide de son frère, un garçon au rythme de vie totalement décalé et hors du temps, et de quelques amis bien choisis, Louise va parcourir la capitale à la rencontre des secrets bien gardés de son père.

Il y a une belle poésie et beaucoup d’humour, de sentiments et d’empathie dans ce premier roman pour le moins insolite et original. Le rythme, les personnages, l’intrigue, en font un joli moment de lecture. Original, enlevé, le sujet singulier des Koï et la personnalité de Louise, de son client Stan, de son frère et de quelques autres protagonistes donnent envie de la poursuivre encore un peu et laisse comme un goût de pas assez. – Dominique Sudre

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Louise est une working girl, elle est attachée de pesse dans l’art contemporain et s’occupe de Stan, un célèbre et extravagant designer, qui lui en fait voir tous les jours : difficile avec les commandes, les caprices du monsieur. Elle vient de perdre son père et elle doit gérer un drôle d’héritage avec son frère, étrange lui aussi. Son père avait une collection un peu particulière, il achetait des carpes et après leur installation à Paris les avait, avec la complicité des jardiniers de la Ville, éparpillé dans les différents jardins de Paris. Mais il faut qu’elle s’en occupe car certains les revendent. Elle va alors avec une sacrée équipe, une nuit les repêcher et les libérer dans la campagne.
Un texte qui nous entraîne dans les parcs parisiens et leur histoire, dans le monde des carpes et celui de leur élevage et collection, dans le monde du design (j’ai aimé la balade lors du salon du design à Milan).
Je n’aurai pas cru que j’aurais été intéressée par une histoire sur les carpes, mais quel plaisir ce Grand platinium, l’auteur arrive à nous transporter dans les rues et jardins parisiens, ou le salon du design milanais et un petit tour au Japon. Sacré texte avec de belles descriptions des rues et jardins parisiens et des portraits touchants, surprenants de personnage. J’ai aimé donc ce court texte et ai aimé en savoir plus sur le créateur des jardins parisiens, sur les élevages de carpes, sur le monde du design et tout cela avec des références à l’actualité récente : des pages émouvantes quand l’héroïne découvre l’incendie de Notre Dame de Paris, sur les portables d’invités lors d’une soirée à Milan (comme certains d’entre nous d’ailleurs, qui ont ce souvenir d’être éberluée de voir la flèche de Notre Dame tombait et que nous étions rivés sur nos téléphones !). Il y a aussi de l’humour dans cet étrange et touchante histoire, une bande de pieds nickelés qui partent le soir pour récupérer les carpes mais aussi une fin très surprenante et clin d’oeil à nos politiques et à notre monde actuel.
Bref un texte court mais qui aborde beaucoup de thèmes et dont certains personnages restent en mémoire et hâte de pouvoir déambuler dans les rues et parcs parisiens et pourquoi pas retourner à Milan ou découvrir le Japon. – Catherine Airaud

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Anthony van den Bossche nous entraîne dans un récit un peu loufoque, mené tambour battant, à travers Paris et jusqu’au Japon. C’est l’histoire d’une sœur et un frère qui viennent de perdre leur père et se retrouvent avec un curieux héritage, une collection de carpes dites Koï, belles et rares, disséminées en toute illégalité dans différents bassins parisiens.

Louise mène une vie à un rythme effréné avec sa petite agence de communication, aux prises avec un client, designer célèbre et capricieux. S’ajoute un amant fantasque, pas forcément indispensable et un  frère qu’elle aime, qui souffre de misophonie et vit retranché du monde dans son appartement. Voilà qu’en plus, il lui incombe de retrouver ces carpes japonaises qui valent un prix d’or et peuvent attirer bien des convoitises. Avec son frère et une bande de copains fidèles, ils vont tenter de les récupérer et de les réunir.

D’une écriture vive et rythmée, l’auteur met en scène leurs tribulations parfois burlesques. Les descriptions de Paris sont belles, très visuelles et donnent envie de déambuler dans les rues, du Parc Monceau à l’île Saint Louis, de prendre un café à la terrasse du Nemours. Il y a de l’évasion dans l’air, de la tendresse, de la douceur et de l’humour au beau milieu de l’agitation parisienne. Les personnage secondaires sont esquissés avec sympathie. Il y a notamment Mehdi, le jardinier complice du père, pour qui les Koï n’ont pas de secret, il connaît leurs noms, Chagoï, Tancho, Garomo… et les reconnaît à l’harmonie de leurs couleurs, aux motifs uniques sur leurs écailles.

Suivre cette bande de Pieds Nickelés improbable sillonnant Paris la nuit de parcs en jardins pour récupérer une collection de carpes précieuses est une véritable aventure qui rebondit  au gré des imprévus et des surprises.  Et cette histoire familiale peu banale, racontée par des allers retours entre passé et présent, entre souvenirs d’enfance et vies adultes pas toujours évidentes, avec ces carpes qui agissent comme un legs émotionnel, se révèle touchante.

Cette balade inhabituelle dans Paris, véritable «héroïne de roman», l’hommage au père disparu que ses enfants découvrent sous un tout autre jour, la poésie japonaise qui imprègne le récit avec l’histoire originelle de ces carpes d’exception donnent à ce récit une tonalité bien agréable. Un joli moment de lecture ! – Josiane Sydenier

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Entre le Japon et Paris, des carpes Koï (des « koï koï ») vivent leur vie dans des bassins ou de mares. 

C’est l’histoire de Louise qui perd son père et qui parcourent tout Paris pour sauver cet héritage particulier. Des dizaines de carpes de collections aux différentes couleurs. 

Avec une bande hétéroclite composée des amis de son père décédés et de son frère un peu en marge de la société, ils vont tout faire pour réunir ces carpes et Louise va découvrir au passage la vérité sur ces carpes. 

Un court roman qui nous balade dans paris, agréable et rapide à lire.  – Ana Pires

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Des carpes en héritage, une jeune femme de poigne à la tête d’une agence de designers. Un récit décousu et une histoire qui n’a pas su me convaincre, si ce n’est pour cette déambulation dans Paris qui nous est offerte. – Stéphanie Chapelet-Letourneux

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Désolée de devoir l’écrire, mais ce roman ne m’a ni émue, ni intéressée, ces carpes décrites dans l’histoire aurait pu constituer un excellent support à une narration poétique, or on ne constate dans ce texte, que quelques essais d’écriture qui m’ont parfois agacée et des imprécisions propres à perturber le lecteur : des personnages annoncés et présentés plus tard, un passage qui m’a interpellée parce que j’ai essayé de me mettre dans la peau de lecteur qui ne connaissent pas la raison pour laquelle les gens du Morvan savent que ce n’est pas la Seine qui passe à Paris mais l’Yonne, donc obligation (sans doute très intéressante) à aller se documenter, d’autres personnages qui surgissent, cassant le récit et donnant l’impression qu’on a atterri dans un autre roman.

L’idée de départ était intéressante, les carpes, on explique leur situation au début, au milieu, à la fin, et entre ces passages, une sensation de remplissage pour les besoins du roman avec cette histoire de désigner et les allées et venues de l’héroïne entre ses déplacements, son amant, son passé et son frère… ses ennuis, ses amours, ses emmerdes.

Les seuls passages qui ont éveillé ma sensibilité et ma curiosité sont les descriptions des carpes et leurs couleurs. Le gros point de suspens du roman réside dans la récupération des ces poissons, héritage de Louise et de son frère, d’une collection constituée par leur défunt père qui les avait dispersées dans les pièces d’eau disponibles à Paris, pour les rassembler dans un endroit où elles ne pourront être subtilisées par celui qui en avait « emprunté » une pour la revendre. Quelle aventure !

Fade et sans relief, c’est le seul souvenir que me laissera ce récit. – Roselyne Soufflet

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J’ai commencé fort cette saison des 68 avec 2-3 coups de cœur et de belles surprises dès l’entrée mais avec ce roman, je me suis ennuyée… je crois que je suis complètement passée à côté ! J’étais pressée d’en arriver au bout, mais comme je n’abandonne jamais un livre commencé, j’ai pu apprécier la fin qui a relevé un peu mon attention.

Louise est une jeune femme brillante qui a créé une petite agence de com et qui doit « gérer » un client, Designer un peu excentrique. Vincent, son amant du moment, veut lui faire partager ses fantasmes délirants et son frère, lui, a tendance à être aux abonnés absents. Son père récemment décédé lui a laissé en héritage une magnifique collection de carpes Koï, dispersées un peu partout dans les étangs de Paris, qu’il va falloir récupérer pour les mettre à l’abri des personnes peu scrupuleuses.

C’est un joli conte avec de l’extraordinaire, de la fantaisie et de l’imagination où se dessine l’idée d’une double vie, d’un rite de passage après avoir accompli les dernières volontés de son père ou plutôt après avoir réussi à transmettre son héritage avec la complicité de son frère.

« La vérité était l’affaire des romans, celle de son père était à lire deux fois. Dans la mare, chaque coup de queue pour éviter le filet de Mehdi était désormais porteur d’une nouvelle légende. Une légende héroïque à partager avec un frère. »

« On pouvait commencer un monde avec une flaque d’eau et du soleil. Oui, elle pouvait tout recommencer. Elle plia les genoux comme son frère lui avait appris et plongea vers Saïto ».

J’ai aimé la poésie des noms, la fantaisie des couleurs de ces carpes japonaises (dont j’ignorais tout), la description de leurs mouvements et bien sûr de « Saïto » et « Grand Platinum » ; mais je crains que ce ne soient là, les seuls souvenirs qui me restent de ce roman…

A relire peut-être ? – Anne Laude

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Un premier roman pour le moins peu banal. Qui aurait cru que j’allais être intéressée par des carpes? De magnifiques carpes Koï japonaises, très rares, mais des carpes…. ( Koï signifie carpe en japonais. En plus de me distraire je me suis instruite avec ce court roman et je sais maintenant ce qu’est un platinum !).

Louise au décès de son père se sent responsable de son héritage, une collection de ces Koï, qu’il a discrètement disséminées dans des plans d’eau parisiens. S’en suivent des aventures rocambolesques menées tambour-battant pour les récupérer avec l’aide de son frère et des amis de son père, une joyeuse bande de vieux Pieds Nickelés. Anthony van den Bossche nous fait faire une belle balade dans les rues de Paris et les parcs crées par d’Adolphe Alphand.

J’ai bien aimé toute la partie sur les carpes et les allers-retours entre passé et présent qui permettent de comprendre comment l’extravagante famille de Louise en est arrivé là. La description du milieu assez déjanté de l’art et des designers, que l’auteur semble bien connaître, m’a amusée sans être vraiment convaincante. Les démêlés de Louise et son amant pour mettre du sexe dans cette histoire n’offrent pas beaucoup d’intérêt,

Grand Platinum est un roman décalé, léger qui change avec son ton qui ne se prend pas au sérieux. – Françoise Floride

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Il est étonnant ce petit bouquin sous bien des aspects. 

C’est l’histoire de Louise, une jeune parisienne, qui a sa propre agence de communication et qui travaille notamment pour le designer Stan de son prénom qui  – on peut le dire sans sourciller – est clairement bien timbré et qui – si il ne faisait pas rire parfois- pourrait nous faire juste pleurer. 

La vie amoureuse de Louise se résume pour l’instant à Vincent et les quelques apparitions de cet anesthésiste sont plutôt drôles aussi même si ses fantasmes sont pour le moins étonnant. 

Louise a hérité avec son frère, personnage aussi bien étrange, de son père . Et cet héritage dispersé dans tout Paris, plus exactement dans plusieurs plans d’eau, ce sont de magnifiques poissons, des carpes plus exactement. 

Il est étonnant ce petit bouquin non seulement dans la fiction mais aussi dans la narration. 

Le livre est écrit par un homme et nous parle d’une jeune femme. Jusque là on peut se dire que ce n’est pas la première fois. Certes. Personnellement je ne m’en suis aperçue qu’en fermant le livre et pas une fois je ne me suis posée la question, tant l’écriture me paraissait féminine. Et bien non.

Enfin, cette histoire de carpes donne un ton bien singulier, comme une passion partagée qui soudain prend toute la place. 

Je me suis mise à chercher l’origine de ces poissons, des photographies aussi, des films. J’ai découvert qu’au Japon, ce poisson emblématique représente bravoure, persévérance, courage et amour. Bref, cette passion est devenue mienne le temps de cette lecture. 

Pour finir, ce livre attachant est à la fois la description amusante de la vie moderne et trépidante d’une génération sur fond d’incendie de Notre Dame, comme un retour aux valeurs communes, et l’histoire d’une passion, de sa transmission par un père à sa fille. 

Un livre qui se lit avec intérêt et gourmandise et qui laisse une belle trace. La dédicace de fin, l’auteur le dédie à son père, ajoute une émotion réelle.

Merci les 68 premières fois pour cette découverte. – Sonia Chatain

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Lire également les billets de :

Claire Sejournet : https://lamarmottealunettes.wordpress.com/2021/03/12/grand-platinum-anthony-van-den-bossche/

Marie-Claire Poirier : https://abrideabattue.blogspot.com/2021/04/grand-platinum-danthony-van-den-bossche.html

Henri-Charles Dahlem : https://collectiondelivres.wordpress.com/2021/01/25/grand-platinum/

Aurélie Laporte : https://lesmisschocolatinebouquinent.fr/2021/03/22/grand-platinum-un-roman-de-anthony-van-den-bossche/

Delphine Depras : http://delphine-olympe.blogspot.com/2021/03/grand-platinum.html

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