Danse avec la foudre – Jérémy Bracone

« Ça se brise pas un cœur. Ça saigne, ça se tord, ça hurle, ça prend des gnons, mais ça se brise pas. »

Figuette après sa rencontre avec Moïra va apprendre à danser avec la foudre, à composer avec les humeurs de la jeune femme très sanguine mais qui plonge régulièrement dans des épisodes dépressifs. Elle a déjà fugué plusieurs fois mais cette dernière fugue est plus longue. En même temps il l’a bien cherché, il l’a laissé tout gérer et s’est désintéressé d’elle. Il va avoir à cœur de lui prouver qu’il est capable tout gérer! Seulement comment tout concilier avec l’usine qui doit fermer, son salaire qui ne permet pas de tout payer et cette petite fille dont il doit s’occuper? Surtout avec cette fierté qui l’empêche de demander de l’aide!

Les chapitres sont courts, la plume fluide. Figuette est touchant, sa maladresse et son envie de réussir pleine de fraicheur, la solidarité présente dans tout le roman fait un bien fou. Le milieu ouvrier, les quartiers d’immigrés italiens une véritable immersion! Au delà de l’histoire de Figuette et de ces proches ce roman est aussi un roman sociétal! L’auteur nous emmène dans ce monde ouvrier où les entreprises délocalisent, où les salaires en retard ne comblent pas les découverts, où les factures s’amoncellent. Et pourtant malgré cela l’entraide reste de mise!

Un premier roman prometteur et intéressant. Un jolie découverte même si ce n’est pas un coup de cœur ! La fin ouverte est parfaitement adaptée à cette histoire et pourtant je n’en suis pas vraiment adepte… – Julie Campagna

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A Villerupt, petit village de Lorraine, Figuette mène une vie simple. Pas facile, avec son usine qui se délocalise, ses factures qui s’amoncellent dans la boîte aux lettres, et sa petite Zoé dont il s’occupe seul depuis quelques mois. Mais heureusement, les copains sont là… Et puis il y a tous les souvenirs de Moïra, leur rencontre, leurs soirées, leur amour fou. Moïra qu’il n’a pas su retenir mais qu’il aimerait tant reconquérir.

Le premier mot qui me vient en refermant le roman de Jérémy Bracone est pudeur. Il met des mots si justes et tendres sur l’amour, l’amitié, la solitude. Il ajuste à la perfection tout ce qui chamboule cet homme, Figuette, qui avait tant de mal à vivre avec Moïra, mais qui se sent si seul sans elle.

Et puis Figuette est aussi un père, certes imparfait, mais qui met tant d’énergie à faire briller les yeux de sa fille. Pas assez d’argent pour partir au camping ? Rien ne l’arrête : les vacances auront lieu au sous-sol… Et si Moïra pouvait les voir en photos et revenir, ce serait magique…

Même si rien n’est rose, si cet amour imparfait blesse et angoisse, la vie continue… Figuette le sait bien, avec Zoé et Mouche, ils trouveront le bonheur… Suffit d’aller le chercher !

Merci aux 68 premières fois pour cette douce et tendre découverte… – Audrey Lire&Vous

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Les personnages sont attendrissants dans l’apprentissage de l’amour de soi et de l’autre. Où se trouve la frontière ? Qui en décide ? Doit-on se sacrifier pour répondre à ce que l’on attend de nous? Est-on responsable de l’exaucement des rêves de l’autre ? Malgré un sujet très intéressant, ce roman ne m’a pas emportée. – Stéphanie Justin

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Dans son prénom, il y a la douceur et la fragilité de la figue, Figuette et aussi l’héritage de la précarité, le travail à l’usine. Figuette et Moïra, c’est l’histoire d’une vie amoureuse qui va trop vite, qui ne grandit pas, qui s’invente et se crève. Ce roman raconte la fougue et la foudre, le désir et l’absence, la force, la créativité dans le chaos et l’existence d’une petite fille qui
aime et cherche à comprendre tout cela. Les mots de Jérémy Bracone racontent l’amour et la prise de conscience
de Figuette de la paternité, du couple, de la vie d’adulte, à peine sorti de l’adolescence. A travers les portraits multi-ethniques de la bande de copains de l’usine, réside la force du collectif, de l’amitié, un pilier dans le monde intranquille. Danse avec la foudre nous fait rire et sourire entre les nuages lourds. – Anne Richard

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Figuette est tombé amoureux fou de Moïra, une jeune femme passionnée et fantasque. Mais Moïra est partie sans un mot, le laissant s’occuper seul de leur petite fille de 6 ans, Zoé. L’avenir semble bien sombre, d’autant qu’en plus d’être père célibataire Figuette risque de perdre son emploi car l’usine de la région de Lorraine où il travaille menace de fermer. Les factures s’accumulent, l’été arrive, Figuette est malheureux comme les pierres, mais il a promis des vacances à Zoé. Il  improvise un séjour dans le sous-sol de la maison…

La vie est dure pour ces familles d’ouvriers menacées par le spectre du chômage, mais la solidarité est là, au sein de ce quartier de la Caserne. Quitte à frôler l’illégalité en récupérant des robots ménagers tombés du camion pour les revendre et constituer une caisse de solidarité. La dureté de la vie n’empêche pas qu’on rigole un bon coup de temps en temps, comme quand Bolchoi et Piccio font une course en fenwick autour de l’usine, pour ensuite aller déplacer la Twingo du patron sur le parking en se marrant d’avance quand son propriétaire va la chercher. Pourtant, il y a le chagrin avec lequel compose Figuette depuis que Moïra est partie. Sa Moïra imprévisible, violente, passionnée, un peu folle, qu’il n’a pas su retenir. Figuette se sent coupable de n’avoir pas su entretenir le feu des soirées qu’il improvisait à grand renfort de décors en carton-pâte, et s’il installe au sous-sol de sa maison un camp de vacances improvisé pour amuser sa fille, c’est pour la distraire et tenir sa promesse, mais aussi parce qu’il espère ainsi, en postant de jolies photos de vacances de Zoé et du chien Mouche, pouvoir faire revenir sa Moïra. Il y a de la tragi-comédie dans ce récit où résonnent des mots d’italien, de ces immigrés de la troisième génération, et du patois local. Figuette est chtarbé de chagrin, sa vie est frâlée mais il faut tenir. – Emmanuelle Bastien

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Plongée donc, ici, dans un premier roman oscillant entre histoire d’amour compliquée, amitiés ouvrières, mixité sociale, immigration c’est plus particulièrement la vie du narrateur à laquelle s’attache son lecteur. Drôle de personnage que ce Figuette, à la fois attachant, sensible dans l’amour admirable qu’il porte à sa fille Zoé  mais aussi exaspérant dans son idolâtrie insensée de Moïra, sa compagne et la mère de Zoé en fuite. Une passion née alors que Moïra n’avait pas encore 18 ans, une personnalité indiscutablement perturbée, instable pour laquelle Finguette est obligé de scénariser chaque rencontre sur un thème pour la séduire, l’aimer et se sentir un peu aimé. Une succession de hauts et bas, de fuite et de fusion qui n’est que chaos et qui débouche néanmoins sur la naissance de Zoé puis le départ de Moïra sans laisser de coordonnées ni de pistes pour la retrouver laissant le narrateur toujours éperdument amoureux. Tout cela se joue dans une région qui se désindustrialise à une une vitesse grand V dont les groupes industriels étrangers jouent sur les subventions pour s’installer et puis déménager sans se soucier des ouvriers et employés replongé dans la précarité et leur vole leur production et leurs outils vers des cieux moins coûteux… A travers la petite communauté dans laquelle Figuette évolue, avec laquelle il partage quelques instants de bonheurs et de soutien, c’est le récit de la désespérance humaine, d’une certaine misère sociale mais heureusement d’une certaine solidarité et d’une belle histoire d’amour entre un père et sa fille, son combat pour lui offrir le meilleur et le rêve.

Un joli récit  qui se lit facilement, un premier roman séduisant. – Olivier Bihl

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Décidément la Lorraine est à l’honneur ces derniers temps. Et l’association des 68 premières fois n’y échappe pas en sélectionnant ce premier roman de Jérémy Bracone paru en 2020 aux éditions de l’Iconoclaste. Un roman frais, émouvant et empreint d’une triste réalité. Un roman qui s’entend, s’écoute, nous berce par sa petite musique, comme une jolie bal(l)ade qui nous emporte au gré de ses paroles, de ses dialogues et de ses soubresauts.

Très jeune, Figuette a eu le coup de foudre pour la jolie et imprévisible Moïra. Il faut dire  qu’elle était si belle  dans sa robe rouge, virevoltant au son des échos de la fête. La jeunesse est fougueuse, c’est là son moindre défaut. Et très tôt, trop tôt, Moïra est tombée enceinte. Seulement, à tout juste 18 ans, elle n’a pas voulu de cet enfant. Elle est partie. Et c’est Figuette qui se retrouve seul à s’occuper de leur petite Zoé, du mieux qu’il le peut, avec pour seul revenu son maigre salaire gagné à l’usine de Villerupt. Usine qui, comme tant d’autres, commence à délocaliser. 

Heureusement pour Figuette, il y a les copains qui sont là, qui l’accompagnent, qui le rassurent, l’encouragent, lui remontent le moral quand ça ne va pas ou moins biens (et réciproquement), quand le tas de factures tend à s’élever un peu trop. Et il y a les souvenirs. Ceux de sa rencontre avec Moïra, ceux de leur amour, de ces moments hors du temps, exceptionnels, magiques, qu’il ne veut surtout pas oublier. Parce ce qu’il y a aussi Zoé qui attend, comme lui, espère encore au retour de cette femme insaisissable, éprise de liberté, qui rêve d’autre chose que d’une existence banale dans cette petite ville retirée de Lorraine pendant que Figuette, lui, l’accepte et lutte pour que les conditions de vie de chacun s’améliorent. Mais n’est-ce pas déjà trop tard?

J’ai lu ce roman quasiment d’une traite, portée par sa douceur, sa tendresse, l’envie que cette histoire ne manque pas de susciter, une espèce de mélancolie aussi certainement due aux désillusions qui rythment ce récit. Il y a beaucoup de poésie dans cette histoire, beaucoup d’espoir, une grande tendresse et une émouvante simplicité. 

Il y est question de lutte sociale, du monde ouvrier, de volonté, d’engagement mais aussi d’affection, de protection, de soin. D’amour. Et, comme je le disais plus haut, d’une douce mélodie qui rend cette lecture vraiment très agréable. C’est beau et c’est tout. – Martine Galati

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Un joli livre sur l’imagination dans lequel par refus du quotidien les personnages vont se réfugier dans la fantaisie.

Figuette, père de Zoé, se retrouve seul car Moïra, irraisonnée, assoiffée d’ivresse, en a assez de la tristesse du quotidien, et s’éteint petit à petit.

Figuette va devoir apprendre à être père et sous la promesse de grandes vacances inoubliables à sa fille de 4 ans, va se voir inventer de nouveaux mondes.

Son usine menace de fermer. Il n’a plus de salaire. Il va ruser.

Une histoire d’amour, une histoire sociale, une histoire d’entraide, de solidarité.

Un joli roman donc mais un je ne sais quoi m’a laissée sur ma faim. Peut-être mon absolu besoin d’être bouleversée. Et cela n’a pas été le cas. – Alexandra Lahcène

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Un roman social qui se passe en Lorraine et nous parle, comme pour « les nuits d’été » de Thomas Flahaut (autre roman sélectionné) des travailleurs dans les usines et aussi des travailleurs frontaliers.
Un premier roman qui m’a fait penser aux films sociaux de Ken Loach et Robert Guédiguian pour le côté « groupe social » qui essaie de s’entraider et d’améliorer leur vie et celles de leurs familles et voisins ; Nous sommes dans un quartier de la ville de Vilerupt, prénommée la petite Italie car il y a encore beaucoup d’ouvriers d’origine italienne. de belles scènes dans les cuisines de la vieille voisine qui fait nounou et avec qui la petite Zoé parle italien et les scènes de cuisine italienne.
Ce texte est peuplé de portraits de personnages touchants, que ce soient les personnages principaux ou secondaires.
L’auteur nous parle de la situation actuelle de régions industrielles et leur mutation. Les mines ont été fermées, le travail a changé, de nouvelles usines ont été implantées, puis vendues et revendues, par des coréens (comme celle de Daewo) ou par les allemands (comme Rosegrund, mais celle ci va sûrement être démantelée et le personnel attend le résultat de négociation).
Ce roman est jalonné de scènes dignes de tragicomédies sociales, digne du cinéma réaliste italien : course des caristes digne d’un circuit de courses automobiles, plaisanterie de ces mêmes caristes qui aiment déplacer la voiture du directeur dans les immenses parkings de l’usine, une distribution style gilets jaunes avant un démembrement sauvage de l’usine, au mois d’août mais aussi des moments et des actions collectives solidaires (ou beaucoup d’humour aussi entre voisins de jardins ouvriers !!)
Des portraits de vieux ouvriers qui avaient travaillé dans les mines, des nouveaux ouvriers (caristes, ouvriers et ouvrières à la chaîne ou de nouveaux prolo, comme Nordine qui a trouvé un emploi dans une banque du Luxembourg, mais comme lui dit un copain il est un prolo du Luxembourgeois car « vous avez juste toqué nos bleus de travail contre des costards cravates ».
Puis le portrait du personnage principal : Figuettte, un jeune père qui se retrouve seul avec sa jeune enfant Zoé, car sa jeune épouse, Moïra, jeune fille border line, est une fois en fugue, elle est partie sans donner d’adresse, sauf quelques messages sur sa page facebook. Cet homme va essayer d’attendre, d’espérer le retour de son épouse, il va créer un monde féerique pour sa fille. Il a toujours été créatif, en créant des mondes parallèles, il proposait des soirées thématiques à Moïra et là il crée un monde féerique, digne des contes de fées pour les vacances de sa fille. Un monde fait de pacotille mais où de vraies aventures peuvent se passer.
Un premier roman qui m’a beaucoup touché et qui m’a ému par des scènes touchantes et des personnages si réels qui essaient de survivre dans ces sociétés qui changent trop vite.
Un texte aussi d’espoir collectif malgré tout ce qui peut arriver dans ces régions abandonnées. L’amitié, la solidarité, les débrouilles, la poésie, la féerie au quotidien permettent de continuer à avancer. – Catherine Airaud

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« Car la vie entre les femmes et les hommes est un orage perpétuel. L’air entre leurs visages est plus intense plus hostile, plus fulgurant qu’entre les arbres ou les pierres. Parfois, de rares fois, de belles fois, la foudre tombe vraiment, tue vraiment. C’est l’amour. » – Pascal Quignard, Villa Amalia

« Il n’y en aurait jamais d’autres qu’elle. Là, devant ce miroir, il en avait la certitude. Ses délires espiègles, il ne pouvait envisager de s’en passer.

Et tant pis si elle lui en faisait baver. Elle était immature et égoïste. Son refus de l’ordinaire, son inaptitude à vivre le quotidien n’autorisaient pas la moindre faute. C’était le prix à payer pour côtoyer ses exquises folies, les nuages d’où à tout moment il espérait voir jaillir la lumière. Alors l’orage pouvait gronder, il y ferait face. Il serait le paratonnerre de ses colères, la laisserait se décharger sur lui de ces forces sombres qui l’embrasaient avant de la laisser sans défense. Après la tempête, ensemble ils connaîtraient de nouveau le printemps. »

Danse avec la foudre est le 1er roman de Jérémy Bracone. Hasard des réceptions des livres voyageurs dans le cadre de cette session 2021 des #68premieresfois, il est le 2e que je lis, à quelques jours d’intervalle, à avoir pour cadre le bassin lorrain et précisément la même ville de Villerupt. Le 1erCe qu’il faut de nuit de Laurent Petitmangin, ne m’ayant pas vraiment convaincue, autant vous dire que j’entrais du bout des yeux dans un autre roman ancré dans ce territoire sinistré, laminé par les faillites industrielles et les délocalisations d’usines en dépit de subventions généreuses, dans cette France à l’abandon depuis la fermeture des hauts-fourneaux, coincée entre revendications syndicales et plans sociaux. 

Je le confesse, il y avait cette crainte un peu sotte de tomber dans du déjà-lu.

Ça, c’était avant. Avant de savoir que j’allais à la rencontre de Bolchoï, Piccio, Pop, les frères Ronzi, la grand-mère Tatta, Wanda, Nourdine, Karima… et Figuette. Une bande d’hommes et de femmes attachants, soudés et fidèles en amitié, de sacrés débrouillards qui composent avec une réalité bien rugueuse et aiment à se retrouver autour d’un verre au Spoutnik

« Les psys, c’est juste bon pour les bourgeois qui n’ont pas de copains. Chez nous, quand on a un truc sur le cœur, on va au bistrot et on met verres sur table. »

et à improviser un barbecue dans leurs jardins ouvriers où ils cultivent de quoi améliorer l’ordinaire à peu de frais alors que les factures s’entassent et les salaires accusent plusieurs semaines de retard.

D’autres, comme Nourdine et Karima son épouse, sont partis travailler au Luxembourg voisin où la paie plus avantageuse permet de s’offrir une belle voiture et une maison plus cossue que celles, décrépies et vétustes, de La Caserne.

Ne vous méprenez pas, Danse avec la foudre n’est pas un roman social, du moins il n’est pas que cela. C’est aussi le récit intime d’une histoire d’amour qui a pris fin, du jour au lendemain, quand Moïra s’est évaporée, laissant Figuette seul avec leur petite Zoé. 

« La dernière fois que Figuette avait vu sa femme, elle traversait la cuisine avec un panier de linge sale. […] Les jours précédents, Moïra s’était montrée câline. […] Et ce n’était pas bon signe, pas du tout. »

Figuette, anéanti, se souvient. 

De sa rencontre avec la toute jeune et farouche Moïra, 15 ans à peine ;

De la fantasque et immature Moïra, dont le petit grain de folie pimentait sa vie et lui plaisait tant ;

De Moïra la fragile, l’abandonnée à qui « il était arrivé de se sentir si seule, […] que lorsqu’une mouche venait à se poser sur elle, elle fermait les yeux et la laissait explorer son épiderme, en imaginant que ces chatouilles étaient des caresses » ;

De cette femme-enfant versatile, capable de se déchaîner pour des riens, qu’il calmait en inventant des fictions peaufinées dans les moindres détails afin que « sa jeune épouse s’oublie dans d’autres histoires que la sienne, loin de la médiocrité du quotidien. [Car] Moïra rêve de romance, d’une vie écrite par un dieu qui aurait enfin du talent » ;

De Moïra, jeune mariée tout émue de remonter l’allée de l’église désaffectée aux murs de tôle que la rouille rongeait ;

De Moïra, déboussolée de se découvrir enceinte ;

De Moïra, trop éprise de liberté pour résister à l’ennui, et qui les a abandonnés, lui et Zoé, sans se retourner.

Les jours se changeront en semaines, les semaines en mois. De cette dernière fugue, Moïra ne reviendra pas, pas plus qu’elle ne répondra aux messages laissés par Figuette qui sait déjà qu’il ne l’oubliera pas. 

« Non, lui ce qu’il aime, c’est les chieuses, les passionnées, les folles furieuses. Définitivement. Mais pas n’importe quelle chieuse, une en particulier. Une seule et de toute éternité. »

Danse avec la foudre raconte un père, redevenu célibataire, prêt à tout pour sa fille, jusqu’à lui promettre des vacances au bord de la mer qu’elle n’a jamais vue alors même que le démantèlement de l’usine scelle la perte de son emploi et la perte d’argent qui va avec. Les amis ne lui ont-ils pas conseillé autrefois « Fais-la rêver. Sors-lui le grand jeu, t’as encore des cartes dans ta manche » ? Alors, la mer, Zoé la verra. Ils iront camper. Elle dormira sous la tente avec Mouche, le chien, ou à la belle étoile, construira des châteaux de sable, partira à la chasse au trésor. Ensemble, ils feront des parties de pêche, sauteront dans les vagues, se fabriqueront des souvenirs pour plus tard. Ces moments d’évasion estivale volés à la grisaille du quotidien sont le cadeau d’un père pour qui, décidément, rien n’est impossible. Au diable la raison quand il s’agit de ne pas décevoir sa fille !

Jérémy Bracone signe là un 1er roman poétique et tendre, qui questionne le rôle de la fiction. Est-ce « de créer des mondes imaginés, que les lecteurs aiment habiter et qui les poussent à penser leurs propres vies » comme le suggère Salman Rushdie ? Pour Figuette, Zoé et Moïra, passer par la fiction permet de faire face à un quotidien en berne quand la tristesse éteint les jours, en tenant le réel à une distance respectable. Quand ces petits arrangements avec le réel n’ont plus suffi, Moïra s’est enfuie. Que feront Figuette et Zoé ?

L’auteur aborde avec une égale délicatesse des sujets qui dépriment autant que l’amitié pudique et sincère réconforte.

« Les copains s’inquiètent pour Figuette, ils le visitent comme une vieille tante malade. À tour de rôle, ils trouvent un prétexte pour passer à la maison. »

Si tout sonne étonnamment juste, de la description de ce coin de France aux dialogues des personnages, c’est parce que l’auteur est un conteur épatant. « Il était une fois » en 4e de couverture ne trompe pas, pas plus que les citations de J. M. Barrie et Platon en exergue. La réussite de ce roman tient au regard différent que Jérémy Bracone pose sur une situation terrible et ordinaire. Elle tient aussi à ce que ce n’est pas un « je » qui se raconte en accaparant la page ; le récit à la 3e personne autorise une distance au personnage – magnifique Figuette -, que l’on découvre alors dans toute son authenticité, sans affectation ni subjectivité. Alors que parfois les larmes hésitent à venir éteindre le rire, Danse avec la foudre, roman touchant, rugueux, doux car pétri d’humanité, avait tout pour sombrer dans le mélo complaisant. Il l’évite joliment, jusqu’à la toute dernière phrase. – Christine Casempoure

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Jérémy Bracone nous délivre sa vision d’un coin de Lorraine qu’il connaît bien, tableau d’une cité ouvrière.

Ici on travaille à l’usine, on milite, on est rouge, « on bricole » avec les copains. On se retrouve au bistrot « Spoutnik »:  » Chez nous, quand on a un truc sur le coeur, on va au bistrot et on met les verres sur table. » Ici les fins de mois ne sont pas toujours faciles pour le jeune couple Figuette et Moïra. Cette dernière, capricieuse et changeante se traîne une enfance cabossée sans tendresse. Elle rêve d’une vie de princesse agrémentée de fantaisie. L’arrivée d’une petite fille ne responsabilise pas la jeune femme délurée et peu stable.

Quand on a plus les mots , on part. Quand on a de l’amour-propre et de l’espoir, on fait semblant et on reste.

Cette touchante histoire étoffée de truculents personnages et quelques scènes cocasses manque pourtant d’ épaisseur et m’a laissée un goût d’inachevé. – Corinne Tartare

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Après les mines, ce sont les usines menacent de mettre sur la touche la bande de potes. En Lorraine, les relents d’une Italie lointaine continuent à illuminer le décor  industriel. Mais la fin de rêve a un nom : délocalisation. Et l’église de métal qui se dresse au centre de la ville est témoin de la décrépitude ambiante : naguère prototype et garante d’une réussite économique, elle ne vaut pas plus que son poids de rouille, le prix d’un pavillon modeste.

Pour Figuette, le désastre ne s’arrête pas là, la mère de Zoé s’est envolée, et avec elle, les colères, les éclats de verre, l’immaturité, mais aussi les soirées de plaisir, la beauté, la fougue de sa jeunesse. 

Pas de travail, pas d’argent. Impossible de quémander auprès de la  famille ou des amis, il faut alors réinventer le quotidien pour offrir des vacances de rêves à l’enfant, à grand coup de bluff et de selfies .

Roman social, sur fond de crise économique, et roman d’un amour perdu, voué à un échec programmé. 

Dans un style mâtiné d’italien, et de langue du terroir, Jérémy Bracone révèle avec ce premier roman une vraie disposition pour transcrire les émotions qu’elles s’apparentent à la colère ou à la passion amoureuse.  – Chantal Yvenou

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Sur fond de grèves et risque de fermeture d’usine à Villerupt – la petite Italie- en Lorraine, @jeremybracone nous livre avec ce #premierroman  une histoire extrêmement touchante. Celle d’un homme Figuette qui va tenter avec quatre bouts de ficelle, une imagination débordante et beaucoup d’amour d’enchanter le quotidien pour éblouir et tenter de retenir l’amour de sa vie, Moïra une femme-enfant immature et fantasque. Et quand elle sera partie,  de prendre soin de sa fille Zoé,  de lui imaginer des vacances à la hauteur de ses rêves d’enfant malgré la dèche  …

Il y a la bande du Spoutnik, le bar où tous les copains se retrouvent, se racontent leurs galères et se serrent les coudes, une galerie de personnages savoureuse.  Dans ce roman social, la fantaisie le dispute au désespoir, la solidarité et la fraternité ne sont pas de vains mots et sur fond de ruine psychologique et sociale, l’auteur réussit l’exploit de livrer un roman lumineux bien qu’on sache très bien qu’à un moment donné l’amour et l’imagination ne suffiront plus… – Catherine Dufau

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La Lorraine industrielle qui est en proie aux faillites, c’est là que vit Figuette avec sa fille Zoé. Il est amoureux de Moïra qui a un caractère bien trempé et qui va le quitter du jour au lendemain, sans explication.

Il donnerait tout pour le retour de Moïra et il repense à leurs fabuleuses soirées où  il inventait des thèmes et ils dansaient tous les deux.

Moïra mi femme, mi enfant, qui ne va pas supporter d’avoir un enfant. Elle perdra la liberté et elle, c’est ce qu’elle veut la liberté.

A présent, Figuette n’a d’yeux que pour sa fille, son bonheur, malgré tous les tracas qu’il a et heureusement qu’il y a les copains.

Cette histoire nous conte un beau coup de foudre et la vie d’un père même s’il n’est pas parfait. Un livre où l’on trouve de l’amour, de l’amitié, du chômage car c’est également un roman sociétal. – Hélène Grenier

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Quand Figuette rencontre Moïra jeune femme-enfant immature et fantasque, il en tombe fou amoureux. Pour la séduire il crée des mondes imaginaires le vendredi soir dans lesquels, l’alcool aidant, ils échappent à la réalité. Mais Moïra se retrouve enceinte, la magie ne fonctionne plus et la réalité reprend le dessus. Figuette arrête les efforts, Moïra se lasse. Elle part le laissant seul avec Zoé leur fille de 4 ans .

Pour les vacances de Zoé à qui il a promis la mer, Figuette va alors faire preuve d’encore plus d’imagination .

Ce livre se passe au coeur de la Lorraine sinistrée au sein d’une communauté d’origine italienne très solidaire. Leur usine va être délocalisée et en parallèle des syndicats les ouvriers vont trouver un moyen pour mettre en place une caisse de solidarité devant les aider lors de leurs licenciements.

Malgré les thèmes abordés qui sont graves, le ton reste léger et le livre se lit très facilement. C’est un premier roman très prometteur. – Michèle Letellier

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Figuette aime sa femme passionnément et fait tout ce qu’il peut pour la rendre heureuse mais il s’y prend mal. Moïra est jeune et jolie mais fantasque, exigeante ; elle en veut plus.

Nous sommes en Lorraine ; Figuette travaille dur pour un salaire de misère, dans une usine au bord de la faillite.

Figuette danse avec la foudre comme on joue avec le feu…

Il n’a pas su la combler et Moïra est partie. Il doit alors composer pour la faire revenir. En premier, il faut qu’il prenne soin de leur petite Zoé ; c’est le début de l’été et même s’il n’a pas les moyens, il veut lui offrir les vacances qu’il lui promettait depuis plusieurs années…

L’amitié solide qui le lie à ses camarades de travail/d’infortune est le socle sur lequel il va pouvoir s’appuyer pour ne pas sombrer.

Les moments joyeux entre Figuette et ses copains ne nous font pas oublier le drame qui se joue dans cette petite communauté. C’est la force de ce roman, tragique et drôle à la fois.

Mais personnellement, il m’a mise mal à l’aise, m’empêchant de rédiger cette petite note alors que je l’ai lu il y a 3 semaines déjà… – Anne Laude

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La Lorraine désindustrialisée, sa communauté italienne et son milieu ouvrier à l’avenir incertain sont à l’honneur dans cette histoire d’amour et d’héritage social, entre désillusions et porte-monnaie vide, vies conjugales bancales et glorieux souvenir des luttes passées, rêves d’ailleurs et amitié réparatrice.

A l’ombre des hauts-fourneaux démantelés, il faut bien du courage et de l’imagination à Figuette, l’ouvrier dont le poste est menacé, pour ensoleiller l’été de sa fillette en lui créant un domaine enchanté entre royaume de Peter Pan, nid du marsupilami et caverne de Platon.

J’ai aimé la tendresse qui règne entre les hommes et ces femmes qui font leur possible avec leurs armes pour que les choses aillent mieux, comme j’ai aimé la lente progression du roman vers une fin très maîtrisée qui m’a serré la gorge.

Mille mercis à l’auteur de ne jamais céder au misérabilisme et de montrer des personnages extrêmement attachants qui parfois donnent l’impression de s’agiter comme des abeilles contre une vitre, mais sortent grandis des épreuves en pariant sur l’humanité, l’humour et la délicatesse des sentiments. – Marianne Le Roux Briet

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Lorsque le jeune Figuette rencontre la belle Moïra, celle-ci n’est qu’une adolescente insouciante au caractère bien trempé.

Même si celle-ci va lui en faire voir de toutes les couleurs, Figuette en devient accro. Moïra quant à elle va être charmée par cet homme indépendant et travaillant à l’usine. Après un mariage et la naissance de la petite Zoé, Moïra décide du jour au lendemain de tout plaquer et de quitter le foyer familial sans laisser un mot.

Pour faire face à ce départ, Figuette va devoir apprendre à jongler entre l’éducation de sa fille et ses inquiétudes quant à la fermeture prochaine de l’usine dans laquelle il travaille.

Ce roman sociétal est un ouvrage bienveillant et plein de bonnes intentions. Même si ce livre décrit une période difficile de la vie de Figuette, nous arrivons à garder le sourire pendant toute sa lecture. J’ai aussi apprécié l’originalité du livre où l’absence n’est pas celle du père mais de la mère.
Cet exil aura permis au jeune père de créer un lien très fort avec sa fille, lien inexistant à l’origine. Malgré de gros soucis financiers, Figuette fera tout pour faire rêver la petite Zoé et essayer momentanément de lui faire oublier les problèmes du quotidien… – Hélène Ortial

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Figuette et Moïra se sont rencontrés alors qu’elle était très jeune. C’est le grand amour même si Moïra est instable. Ils naviguent entre crises et amour fou, séparations et réconciliations.

Un jour naitra Zoé. Moïra va s’en occuper pleinement pendant que Figuette trime dans les usines qui ferment les unes apres les autres dans cette région où l’industrie est sinistrée.

Jusqu’au jour où Moïra s’en va, sans un mot. Elle laisse Zoé au soin de Figuette et de sa grand-mère.

Figuette perd pied. Il se rapproche de sa fille qu’il n’a jamais autant aimée mais il se coupe du monde qui lui semble trop dur et trop violent.

Il tente par des moyens abracadabrants de faire rentrer Moïra mais c’est peine perdue.

Heureusement il est entouré d’amis fidèles qui vont l’aider assumer pleinement sa vie et sa paternité.

Ces amitiés offrent l’occasion de jolis portraits de personnages secondaires  haut en couleur et de retour sur les combats syndicaux dans années passées.

Aucun pathos dans cette histoire, beaucoup de fantaisie et  d’amour parfois jusqu’à la folie.

Un très beau premier roman qui j’espère en entrainera d’autres. – Emmanuelle Coutant

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Quelle belle galerie de portraits ! Touchants, vivants, attachants.
Figuette forme avec Moïra un couple volcanique, passionné, atypique. La très jeune femme est imprévisible, entière, colérique mais fragile. Figuette veut faire d’elle une princesse, sa princesse . Il s’emploie à remplir sa vie de fête et de sensualité autant qu’il le peut… jusqu’à la naissance de Zoé.
Figuette est aussi un ouvrier, employé dans une usine allemande d’appareils électro-ménagers. La menace de fermeture se fait de plus en plus lourde et avec elle les difficultés financières…
Les conditions de vie dans cette région sont imprégnées de la disparition des mines et entreprises sidérurgiques dans lesquels les anciens ont sué sang et eau.
Figuette, bien sûr, est surtout un maillon solide d’un groupe d’amis solidaires, liés depuis toujours, maniant humour, affection pudique et engagement social avec conviction et bonhomie.
Mais Figuette se fissure à la nouvelle fugue de Moïra, une de plus, plus longue cette fois… il se retrouve en tête à tête avec Zoé dont il s’occupe peu dans le quotidien, quotidien duquel il a laissé s’envoler la fête et la sensualité …. la princesse a mis les voiles….
Les vacances approchent, et malgré la pression matérielle, il veut à tout prix emmener Zoé au camping et partager avec elle des moments chaleureux. Il ne manquera pas de créativité pour parvenir à ses fins, et tenter d’oublier pour un temps ses soucis et ses déceptions…
Cette forme de poésie, ces amitiés bourrues mais profondes, ces êtres pleins de nuances et d’authenticité m’ont beaucoup touchée. Ce roman offre un beau moment de délicatesse et d’empathie. Je recommande ! – Christine Gazo

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II est amoureux Figuette. D’une femme enfant si délicieusement irrésistible, fantasque et éthérée. Mais Moïra vit tellement loin du quotidien, elle qui s’est pourtant laissée séduitr par la folie douce de Figuette. Elle qui est semble-t-il bien ignorante de la galère dans laquelle il se retrouve lorsqu’elle le quitte. Car il est bien seul pour gérer le risque de fermeture de l’usine, le manque d’argent pour boucler la fin de mois, et surtout pour s’occuper seul de sa petite Zoé qu’il faut choyer, aimer et éblouir pour deux.

Heureusement il y a les copains, ces fidèles compagnons de route, de sacrés bonhommes qui aiment passer leurs soirées à refaire le monde au café le Spoutnik. Il y a aussi les jardins ouvriers pour améliorer un peu l’ordinaire, les travailleurs transfrontaliers qui cherchent un meilleur emploi de l’autre côté de la frontière, les ouvriers qui « cagnottent » pour aider les autres, les patrons qui délocalisent sans bruit et sans fanfare, si peu soucieux de faire vivre ces régions du nord qui sont tant à la peine. Si à travers eux, le côté social de la vie ouvrière est évoqué en filigrane, c’est pourtant bien la vie de Figuette, son amour immodéré tant pour Moira que pour sa petite Zoé, qui sont au cœur de ce premier roman tout en émotion.

On aime découvrir l’amour fou, la passion, de ce père célibataire qui se débrouille pour que sa fille passe des vacances inoubliables à la belle étoile. Mais aussi toute la magie de ces sentiments qui débordent au fil des pages et nous font aimer follement et désespérément cet homme qui tente le tout pour le tout pour éblouir son enfant.

Il y a de la magie et de la poésie dans ces lignes, dans ce roman que l’on ne veut pas quitter, dans ces personnages pour la plupart si attachants. – Dominique Sudre

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Figuette ouvrier d’usine vit dans l’attente du retour de Moira , et élève seul sa petite fille.
Moira est une femme fantasque et imprévisible. Encore une fois Moïra a fugué mais cette fois-ci elle n’est pas revenue et Figuette garde l’espoir d’un retour.
Pour elle il a été capable d’actes incroyables et complètement fous.
Sans argent depuis la faillite de son usine il ne peut tenir la promesse faite à Zoé « partir en vacances ». Une promesse est une promesse ;
Alors il va créer des vacances imaginaires pour enchanter la vie de Zoé . Ce sera leur secret.
Il ne cesse d’espérer et de croire que les photos qu’il poste sur les réseaux sociaux feront revenir Moïra.
Un joli livre sur l’amitié, sur l’amour, sur l’espoir d’un monde meilleur. – Jocelyne Legrand

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Une bandes de potes, spécialistes de l’entraide et de la débrouille, c’est  la bande à Figuette, père démissionnaire puis célibataire suite à la fugue de sa belle.
Moira reviendra t’elle ? 
C’est pas sa première fugue à cette femme enfant, orpheline très tôt.
Elle est fantasque, imprévisible mais tellement attachante.
Figuette l’a aimé du mieux qu’il a pu, mais cela n’a pas suffit, il lui reste leur fille Zoé à élever. 
Mais comment fait-on, quand on a plus le sou, que l’usine va fermer et qu’on promet des vacances à sa fille?
Alors on lui en invente…
Premier roman très touchant qui a l’art de nous faire rêver au travers de cet antihéros de notre époque, si particuliers et si créatif !
Il est question d’amour paternel, d’amitié, de solidarité et de passion.
Un beau moment de lecture. – Anne-Claire Guisard

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Rendez-vous manqué entre Jérémy Bracone et moi. Un roman iconoclaste dans le fond (le texte) et la forme (la maison d’édition).  L’écriture est correcte, rapide, simple, parfois émouvante, l’histoire me semble déjà avoir été mille fois rencontrée : une jeune femme en délire et en fuite, ou tout simplement fantasque et libre, un père attendrissant et maladroit, une société industrielle en déroute, une petite zoé impertinente et adorable, une réalité quotidienne de grisaille, un imaginaire de papier mâché. J’ai suivi, poursuivi, mais je suis restée sur le seuil de l’émotion. Désolée. Je suis plus difficile à convaincre et les mots ne m’ont pas envahie. – Martine Magnin

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Danse avec la foudre est le premier roman de Jérémy Bracone un plasticien originaire de Lorraine. Dans cette région si touchée par la crise économique, Figuette est un ouvrier réservé qui survit comme il peut, seul avec sa fille de 4 ans et l’imminence du chômage. L’auteur place son récit dans un milieu qu’il semble bien connaître, celui de l’immigration italienne. Son humour assez potache en font une comédie déjantée mais pleine de bon sentiments.

Dans ce milieu ouvrier bon enfant, on cultive son potager comme ses amitiés. Les copains, aux surnoms d’un autre siècle, sont désenchantés mais solidaires face à la crise, une de plus, qui va inéluctablement entraîner la fermeture de leur usine.

J’ai trouvé les personnages un peu trop stéréotypés et l’histoire enfantine, si l’on excepte les quelques scènes de sexe. Au début, j’ai plaint Figuette et aurais voulu lui dire de fuir cette Moïra instable et capricieuse. Ensuite j’ai compris qu’il n’avait pas été le mari idéal. Quelle idée de faire un enfant à une fille si jeune et immature!

Il n’y a qu’un homme, qui plus est artiste habitué des installations, pour imaginer faire passer les vacances d’été dans une cave à sa fillette de 4 ans! Même si il a développé un génie immense pour la déco, c’est sûr qu’elle ne devait pas avoir l’air bien bronzée la choupinette!

Ce récit ne me laissera sans doute pas un grand souvenir mais il est très agréable à lire. – Françoise Floride

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Les bons sentiments ne font pas toujours de bons romans. Cette fois, si ! Danse avec la foudre est un très joli livre, un de ceux qui parvient à envoyer des paillettes dans les yeux tout en évoquant des sujets forts et douloureux sans ciller ni faire l’autruche. A la manière d’un Guido ( Roberto Benigni dans La Vie est belle, tout proportion gardée ), Figuette cherche à réenchanter sa vie pour faire face aux épreuves qui s’accumulent : il élève seul sa fille de quatre ans après le départ d’une épouse dont il est toujours fou amoureux, son usine de Villerupt ( Lorraine ) va fermer suite à une délocalisation, les vacances à la mer promises à son enfant ne sont plus possibles faute d’argent.


La grande force de ce premier roman, c’est le talent de conteur de son auteur qui parvient à trouver un équilibre subtil entre tragédie et comédie grâce à un travail sur les personnages vraiment très réussi. On les aime tous ces ritals prolos qui gravitent autour de Figuette. C’est plein de tendresse, d’humour et surtout d’humanité. On est emporté par la force qui soude cette communauté ouvrière, par l’amicale solidarité dont elle fait montre avec pudeur ou extravagance selon les besoins requis par la situation. J’ai vraiment apprécié la description du « commando » ultra organisé qui se fabrique une caisse de prévoyance en vue du licenciement. Rébellion et dignité. La plume de Jérémy Bracone est pleine de vitalité et sonne juste en permanence avec son énergie communicative.


Et puis il y a Moira. L’épouse de Figuette. Un beau personnage qui m’a fait penser à certains égards à la mère d’En attendant Bojangles. Fantasque et immature. Imprévisible et fragile. Une femme-enfant qui fugue régulièrement de son couple et finit par abandonner mari et fille lorsque le roman commence. On est déchiré par la douleur de Figuette, racontée à hauteur d’homme. On est touché par son entêtement à créer un refuge imaginaire pour sa fille, tel un Peter Pan qui ne voudrait pas se laisser envahir par la grisaille déprimante du quotidien.


Au final, pour que je sois totalement emportée, il m’aurait fallu une empreinte plus forte laissée dans ma mémoire de lectrice. Mon appétence littéraire a tendance à m’emmener vers des romans plus telluriques, plus complexes et sombres, on ne se refait pas. Reste un roman social léger et positif qui donne envie de rire, danser, retrouver ses amis, étreignant la réalité de toute une vie, de toute une région avec fraicheur, le rire au bord des larmes pour se dire que tout n’est pas perdu.

Joli mais fugace. – Marie-Laure Garnault

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Figuette ouvrier travaillant dans une usine en Lorraine mène une vie simple entre l’usine, le Spoutnik (bar du coin), ses amis et sa vie de famille avec sa femme Moïra et sa fille Zoé.

A la veille d’une délocalisation imminente de l’usine couplée et après le départ de sa femme, Figuette se retrouve dans une situation délicate à devoir gérer les traites de la maison, les factures et la garde de sa fille. Il essaye de faire bonne figure face à ses amis et compte malgré tout honorer sa promesse d’emmener Zoé à la mer. 

On navigue d’un côté dans le passé de Figuette et Moïra : leur rencontre, leur relation ponctuée par de nombreuses crises et tous les efforts de Figuette pour amener de la vie et de la folie dans leur couple. On s’interroge beaucoup sur Moïra qui semble être une femme très fragile et avec un tempérament compliqué.

De l’autre dans le présent, un présent qui ne se conjugue plus à deux avec Figuette qui fait face et se remémore tous les souvenirs du temps passé avec Moïra. Malgré les difficultés qui l’accablent, Figuette ne montre pas sa faiblesse à ses amis et va tout faire pour mettre des étoiles dans les yeux de sa fille et l’emmener malgré tout en vacances.

Petit à petit, on se rend compte que tout n’est pas blanc ou noir. Apparaît en creux, un Figuette pas si parfait, qui s’est laissé aller à la routine de son couple et qui passe plus de temps auprès de ses amis au Spoutnik plutôt que sa famille. 

Quoiqu’il en soit, une agréable lecture dans laquelle on retrouve différents thèmes assez bien traités. – Ana Pires

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Touchante histoire d’un homme amoureux d’une femme-enfant, prêt à tout pour la garder. Malheureux comme la pierre quand elle le quitte, le laissant seule avec sa fille alors que son usine licencie à tours de bras, qu’il ne peut plus partir en vacances. Alors il va mettre à profit les talents qu’il exerçait pour rendre Moïra heureuse: sa fille aura des vacances à la mer et personne ne saura qu’en fait ils sont restés dans leur garage.
Magnifique histoire d’amour paternel dans une Lorraine ouvrière qui dévoile avec simplicité et sans excès de pathos les difficultés de notre monde, les luttes sociales, son passé migratoire. – Stéphanie Chapelet-Letourneux

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Ce beau roman montre combien les valeurs matérielles ne sont pas tout bien qu’elles facilitent la vie. Alors qu’est ce qui fait le bonheur de cette bande de copains ? un vécu partagé certainement, avec quelques délicieuses magouilles, un apéro au Spoutnik, une solidarité à toutes épreuves et une volonté d’entraide au sein de ce milieu ouvrier, dans cette Lorraine victime de la désindustrialisation, de la mondialisation, de la délocalisation.

Toutefois l’entraide semble avoir ses limites… Figuette, notre héros sans le sou a perdu ce qui faisait son bonheur… Moïra l’orageuse jouvencelle, celle pour qui il était prêt à toutes les fantaisies, Moïra qui lui décocha la flèche foudroyante avec laquelle il allait danser… Alors il lui reste Zoé, la fillette née de leur union, pour qui il invente un monde imaginaire, peut-être pas si magique que cela, peut – être pas si merveilleux…

Si les copains de Figuette font sourire malgré leurs difficultés, notre héros inspirera plutôt la pitié et générera la compassion…

Bravo à Jérémy Braconne, capable de faire sourire, pleurer, se révolter, compatir, s’offusquer, se questionner…

Une belle lecture à côté de laquelle je serai passée sans les 68 premières fois. – Roselyne Soufflet

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Le milieu ouvrier, ici  à l’extrême nord de la Lorraine, inspire décidément les auteurs !

Jeremy Braconne installe ses personnages autour d’une usine de robots culinaires sur le point de fermer. La tradition ouvrière est bien là : des immigrés italiens, de préférence communistes, venus travailler dans les laminoirs d’Usinor il y a plusieurs générations.

C’est l’amitié qui est le ciment de la communauté autour des propriétaires du bar « le spoutnik ».

Le héros principal est Figuette dit « le poète » qui a fini par épouser Moïra, huit ans de moins que lui et très fragile psychologiquement. Moîra a besoin de l’alcool pour vivre. Elle mène à Figuette une vie pas possible mais « lui ce qu’il aime c’est les chieuses, les passionnées, les folles furieuses et une en particulier ». Il lui invente des scénarios festifs rien que pour eux deux pour vivre de folles nuits de sexe et d’alcool.

Tout cela ne durera pas. La naissance de Zoé, pourtant souhaitée, va précipiter le départ de Moîra.

Le roman est construit dans des allers retours entre le présent de Figuette qui s’occupe de Zoé avec autant d’imagination qu’il en a mis à conquérir sa mère, et le passé avec tout ce qu’ils ont vécu avant.

Personnellement, plus que la vie déjantée du couple j’ai aimé l’amitié entre les copains autour de Figuette. Une amitié pudique «  ils le visitent comme une vieille tante malade. A tour de rôle ils trouvent un prétexte pour passer à la maison »

On sent chez l’auteur le goût prononcé pour la fantaisie, une envie de mettre de la poésie dans la vie ordinaire ; son écriture est directe et très contemporaine qui incite à lire le roman très vite, au fil des pages qui se tournent. – Marie-Hélène Poirson

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Lire également les billets de :

Henri-Charles Dahlem : https://collectiondelivres.wordpress.com/2021/02/16/danse-avec-la-foudre/

Marie-Claire Poirier : http://abrideabattue.blogspot.com/2021/04/danse-avec-la-foudre-de-jeremy-bracone.html

Aurélie Laporte : https://lesmisschocolatinebouquinent.fr/2021/04/24/danse-avec-la-foudre-un-roman-de-jeremy-bracone/

Delphine Depras : https://delphine-olympe.blogspot.com/2021/04/danse-avec-la-foudre.html

Fabienne Defosse : https://the-fab-blog.blogspot.com/2021/06/mon-avis-sur-danse-avec-la-foudre-de.html

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