Nos corps étrangers – Carine Joaquim

« C’est dans l’improvisation, sans doute, que se cache le bonheur, dans ces moments infimes où la joie s’invite, d’autant plus précieuse que personne ne l’attendait. »

Un corps qui souffre est souvent le négatif d’une âme malmenée et chacun est plus ou moins conscient du phénomène.

Quand Stéphane décide de faire déménager sa famille à 40 minutes de RER de Paris c’est pour sauver ce qui reste de son couple et offrir à Élisabeth un atelier au calme où elle pourra peindre, tant pis si leur adolescente de fille déteste cette idée.

A la campagne, malgré les problèmes de sa fille au collège, Élisabeth semble s’épanouir, son corps va mieux. Stéphane lui découvre les longues heures de train et les aléas de la circulation plus ou moins régulière des RER, il déchante rapidement, mais que ne ferait-il pas pour se faire pardonner son ancienne infidélité…

Ami lecteur, il se peut que la suite de cette chronique en dise un peu trop pour qui sait lire entre les lignes de cette chronique et de la quatrième de couverture ! Rien ne va se passer comme tu crois que cela va se passer dans ce roman et chaque personnage décrit vaut que tu ailles jusqu’au bout de cet ouvrage puissant ! Vraiment. Si malgré tout tu souhaites poursuivre la lecture de cette chronique, sache que ce qui suit ne dit rien d’autre que mon ressenti de lectrice face aux mots de l’autrice, qu’il faut absolument découvrir.

Les mois passent. Carine Joaquim nous amène petit à petit dans le quotidien de ce couple à la dérive où chacun a son existence propre et où l’autre n’a pas, n’a plus sa place. Elle laisse entrevoir au lecteur le gouffre qu’il peut y avoir entre un homme et une femme alors que chaque soir tous se retrouvent autour de la table familiale. Pas de violence mais des âmes meurtries qui doucement réalisent qu’un autre avenir est possible, qu’il est à leur portée si elles voulaient bien admettre la réalité et accepter d’y faire face.

Le roman entraîne le lecteur dans le fol espoir que ces deux là vont s’en sortir même si rien n’est simple et que quelques détails sèment le doute. Le livre se dévore de plus en plus vite tant l’envie de voir les personnages heureux s’ancre rapidement dans le cerveau. Et puis il y a la fin, que vous lecteurs vous découvrirez aussi, puissante, comme un coup de poing dans nos certitudes à tous. Une fin qui ne laisse pas indifférent, qui fait s’interroger justement sur ce que nos corps peuvent porter de violence intérieure, de non-dits, nos corps étrangers oui.

Ce premier roman, très réussi pour moi, remue autant qu’il questionne. A lire absolument ! – Emmanuelle Boucard-Loirat

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« Quelques années auparavant, ils s’étaient accordés tacitement sur le rôle dévolu à chacun, et tous l’avaient joué à la perfection. Le gentil mari repenti. L’épouse digne. La jolie petite fille bien coiffée qui racontait ses journées d’école en se persuadant que ça intéressait vraiment quelqu’un. Et en coulisses, ça dégueulait dans la nuit, ça pleurait sous la couette, ça fuyait de tous côtés. Rien n’avait plus jamais été étanche. »

Stéphane et Élisabeth viennent de quitter Paris pour emménager avec leur fille de 15 ans dans une maison en lointaine banlieue. Un changement de vie comme un nouveau départ pour leur couple, pour leur famille. D’ailleurs, dans le jardin du pavillon, il y a une dépendance dans laquelle Élisabeth compte installer un atelier où elle pourra enfin s’adonner à la peinture, sa passion depuis toujours. Stéphane prendra le RER pour aller travailler sur Paris. Quant à Maeva, ses parents ne doutent pas qu’elle trouvera vite ses marques.

Seulement voilà : Maeva est révoltée de ce qu’on lui impose, Stéphane s’épuise dans les transports et la santé d’Élisabeth est fragile. Elle a connu l’anorexie, il y a quelques années, quand Stéphane était tombé amoureux fou de Carla. Élisabeth l’avait même mis à la porte un temps, restant seule avec leur fille et vomissant la nuit tout ce qui lui pesait, nourriture et désespoir. Stéphane était revenu, prêt à assumer ses responsabilités de père et d’époux. Et depuis, par-dessus les petits arrangements qui ont toute l’apparence d’une vie tranquille, planent la culpabilité, l’amertume et l’insécurité. Et ce déménagement, finalement, n’arrange rien : Élisabeth vomit de nouveau.

Tout est bancal, dès les premières pages. Le silence des non-dits est étouffant. Et les pires mensonges sont bien ceux que l’on se fait à soi-même. A force, d’ailleurs, Stéphane, Élisabeth et Maeva sont devenus des inconnus les uns pour les autres. Ainsi Maeva s’entête dans ses refus, dans son opposition, dans sa colère. Bien entendu, à son âge, c’est presque attendu. Mais Élisabeth ne reconnaît plus son enfant, quand Stéphane voudrait en garder le contrôle. Encore un peu. Pour ne pas succomber aux regrets d’avoir laissé Carla, la femme de sa vie, pour s’obliger à ce rôle de chef de famille qui lui va si mal. Un temps, tout semble aller mieux : Élisabeth paraît plus épanouie, plus joyeuse. Elle a fait la connaissance de Sylvain, avec qui elle partage la passion de la peinture et vit une histoire d’amour fiévreuse et secrète, mais vite assombrie. Comme si le bonheur ne pouvait durer plus d’un instant…

Alors ce sont leurs corps qui parlent de ce « nous » devenu exsangue, leurs corps qui s’empêchent ou qui se donnent, qui rencontrent et qui souffrent. Ces corps affamés d’une liberté impossible et d’une légèreté inaccessible. Ces corps muets, mais qui deviendraient si bavards si on acceptait de les écouter. Ces corps étrangers. Aux autres comme à soi-même…

Et pour dire cet équilibre incertain, cette intuition du vide qui guette le trio, il y a l’écriture paisible et limpide de Carine Joaquim qui déroule, sans faiblir, la tragédie familiale. Jusqu’à nous guider, doucement mais fermement, vers un final des plus inattendus. Vous y laisserez-vous prendre aussi ? – Anne-Sylvie Delaunay

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Une histoire de faux-semblants.
Une famille qui veut tout faire pour sauver les apparences. Élisabeth, Stéphane et Maeva quittent Paris pour se reconstruire, mais surtout pour rallumer la flemme du couple qui s’est éteinte il y a maintenant plusieurs années. Est-ce qu’un déménagement à 40km de leur ancienne vie leur permettra d’aller mieux ? Rien n’est moins sûr…
Ces trois personnes vivent sous le même toit mais c’est à peine si elles se parlent, elles ne font que se croiser… Entre façade, silences et rébellion adolescente. Ce roman se lit très rapidement… Néanmoins, je l’ai trouvé « facile » par moment. J’ai deviné plusieurs choses avant qu’elles ne se passent… Et on peut quand même avouer que les personnages ne sont parfois pas très aimables… Le dénouement est certes inattendu et je dois avouer que je n’y ai pas été sensible, j’ai trouvé cela un peu sorti de nulle part (même si on ressent le mal-être du personnage)… – Ana Pires

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« Personne n’a rien vu. »

Ces quelques mots résument cette tragédie familiale.

Elizabeth et Stéphane fuient en banlieue pour redonner du sens à leur vie, combattre la banalité de leur existence, sens qu’ils ont tenté de retrouver en dehors de leur famille.

Elizabeth a puni son corps car ne se sent plus désirable depuis que Stéphane l’a trompée, elle va vouloir s’effacer progressivement.

Stéphane de son côté ne connaît depuis que frustration et solitude car enfermé dans sa culpabilité.

Ces tourments vont mettre à mal leur adolescente, Maëva, spectatrice des tourments de la vie.

C’est une histoire de corps, de cicatrices qu’on y laissent, de silences, de souffrances, de déni.

C’est une histoire sans issue…

Une belle lecture, un traitement des personnages très fins et un épilogue qui laisse sans voix! – Alexandra Lahcène

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Lecture coup de poing pour ce troisième roman des 68 premières fois, Nos corps étrangers de Carine Joaquim.
On suit les trois membres d’une famille qui quittent Paris pour s’installer dans une banlieue plus tranquille. Le père fait connaissance avec les trajets en RER, la mère tente de renouer avec une forme de sérénité et son amour pour la peinture. Quant à la fille, adolescente, elle doit affronter son arrivée dans un nouveau collège, à l’âge où tout est si compliqué. 
Les destins se croisent et s’entrecroisent au fil des trimestres et des rencontres de chacun. Les problèmes arrivent, les destins se croisent à nouveau, les fils s’emmêlent, et dans tout cet enchevêtrement, les corps se frôlent, s’éloignent, s’apprivoisent ou se fuient…
Je ne veux pas en dire plus, car ce serait gâcher le plaisir de la lecture, d’autant que l’écriture, fluide et efficace, nous fait tourner les pages et virevolter entre des sujets d’actualité brûlante (les mineurs isolés, le harcèlement au collège, … ) et des problématiques bien plus intemporelles et humaines (la construction de soi, l’altérité, le désir, …) dans une valse à trois temps qui accélère, accélère, jusqu’au dénouement…Une très jolie découverte ! – Gwen Langlois-Latour

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Un premier roman très surprenant et troublant, sous des apparences tranquilles de la description d’une famille « normale ».
Une famille de trois personnes quitte Paris pour une ville de banlieue, de campagne. Nous allons les suivre pendant les trimestres d’ une année scolaire.
Il y a Elisabeth, la mère, en congé sabbatique pour se ressourcer et essayer de trouver un certain équilibre physique et psychologique. Se ressourcer dans une maison de campagne, avec au fond du jardin un garage atelier pour peindre. Elle est relativement border line, cette mère, qui se fait vomir et a perdu la confiance en son mari et a du mal avec sa fille adolescente. Elle va découvrir la campagne environnante et essayer d’exorciser ses démons par l’art de la peinture et écouter la nature, jardiner, peindre…
Il y a Stéphane, le père qui souhaite retrouver la confiance de sa femme, de sa fille et sa propre confiance en lui. Il a quitté une maîtresse, Clara, qui était sûrement la femme de sa vie, mais le regrette toujours et va peut être tenter de la retrouver en fin de compte. Est ce une bonne idée d’avoir quitté Paris et de subir toutes les jours les trajets éprouvants tassés avec des inconnus dans le TER,
Il y a Maeva, la jeune adolescente qui a quitté sa vie insouciante à Paris et qui en plus a loupé le premier jour au collège car elle a dû assister à l’enterrement de la mère de son père. Elle arrive donc en retard pour intégrer sa nouvelle classe et elle les trouve un peu ploucs ces provinciaux : de plus, il y a Maxence, un jeune handicapé, qui émet des sons bizarres et qui est bien seul, il y a aussi Richie, un grand garçon noir, avec qui elle va entamer une histoire d’amour adolescente ; un premier amour délicat, secret..
Bref apparemment, une famille normale qui essaie de se reconstruire, dans un nouveau milieu. Chacun fait comme il peut et ils vivent ou plutôt cohabitent ensemble dans cette nouvelle maison et cette nouvelle petite ville.
L’auteure va aborder beaucoup de sujets délicats (troubles psychologiques de la mère, handicap du jeune adolescent et sa difficile insertion, conditions des sans papiers, méchanceté et harcèlement scolaire et je ne vous dévoilerai pas le sujet des derniers chapitres..).
Nos corps étrangers, ce sont les corps des personnages et leur rapport à leur propre corps mais aussi le rapport aux corps des autres (attirance rejet…).
Un texte romanesque, avec des personnages troubles, touchants, des atmosphères troublantes et un relatif suspense pendant cette période d’année scolaire.
Un premier roman réussi par son étrangeté et le trouble que l’on ressent au fils des pages. – Catherine Airaud

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Un livre qui met une certaine claque à son lecteur. Et pourtant il partait doucement sur un schéma classique ; un couple qui, à travers un départ de Paris pour une maison en province escomptait effacer l’infidélité du narrateur et repartir sur de nouvelles bases. Puis tout monte doucement et sûrement en émotions et tensions.

Maéva, une adolescente qui ne digère pas le déménagement, obligée de rompre avec ses amies et amis d’enfance pour une ville moyenne, un nouveau lycée et un environnement détesté d’arriérés entre délibérément en conflit avec ses parents et l’ensemble de ce nouveau décor. 

Élisabeth, une femme trompée, blessée dans son être, développant ce que l’on pourrait définir dans un premier temps comme de l’anorexie, ayant abandonné son job et espérant retrouver le goût de la peinture, délaissé avec la naissance de Maéva, voire un nouveau métier. La remontée de la pente est progressive pour elle, ses toiles vont renouer avec un certain optimisme, ses maux de ventre gâchent franchement le quotidien comme le comportement de Maéva et celui de son père pour lequel elle entretient un quasi rejet physique.

Stéphane, enfin, le mari infidèle dont les souvenirs de sa maîtresse perdurent, même si pour préserver sa famille, il a mis un terme à cette liaison. Avec cette maison, un grand atelier pour sa femme, il a tenté de se racheter une conduite mais qui va très vite regretter cette vie de banlieusard, une sorte de forme de repentance…. Un père possessif, une totale fermeture d’esprit, une femme qu’il n’écoute définitivement pas, il reste le personnage le plus frustre et dépassé de ce roman.

C’est par Maéva que les drames et les tempêtes vont arriver. Son comportement immonde avec Maxence, un de ses camarades de classe, atteint de la maladie de Gilles de la Tourette, son histoire d’amour avec Ritchie, un camarade de sa classe, migrant en situation irrégulière vont précipiter Elisabeth à se rapprocher et se perdre dans les bras du père de Maxence (Sylvain) également peintre amateur et Stéphane à tenter de renouer avec son ancienne maîtresse et à dénoncer Ritchie à la Préfecture…. S’il y a eu un moment de grâce dans les premiers jours de l’installation de cette petite famille, tout va exploser et sombrer, avec l’ultime rebondissement d’un déni de grossesse tragiquement rendu

La montée en puissance du drame par Carine Joaquim est claire, sans fioriture, les personnages et sentiments rendus de manière très fine, l’ampleur de la tragédie finale m’a désarmé et surpris. Mais quel livre…. – Olivier Bihl

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Lu  d’une traite et quasiment en apnée, cette histoire bien ancrée dans notre réalité se reçoit comme un coup de poing dans le ventre.

Un couple qui survit sur les acquis fragiles des premières années et du bonheur précieux suscité par la naissance de leur fille quitte Paris pour la proche banlieue dans l’espoir de réparer le tissu déchiré de leur union, bafouée par l’infidélité de monsieur. Madame va mal et le bébé qui avait illuminé sa jeunesse, est à présent une ado grincheuse. Autant dire que les fondations s’effritent.

Madame essaie de s’en sortir en s’inventant une passion pour la peinture, tandis que Monsieur s’épuise dans les transports en commun. Et Maëva tombe en amour, avec un camarade de classe, qui cache derrière une carrure de rugbyman un passé lourd de ruptures et de souffrance.

Si on ajoute la présence en classe d’un ado atteint d’une maladie qui l’expose à la bêtise des autres collégiens, tout est en place  pour que les drames en chaine se déclenchent, en emportant avec eux les bases instables de ces destins.

L’écriture porte magnifiquement ce récit, noir, bouleversant, révoltant. Pas de jugement, chaque personnage agit avec la sincérité de ses convictions, avec plus de passion que de morale, pour tenter de préserver un semblant de cohérence au sein de ses convictions. Et pour chacun, on pourra trouver non une excuse mais une explication à des comportements odieux.

Magnifique roman, et piste de réflexion sur de nombreux sujets de sociétés – Chantal Yvenou

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Une grande maison, un jardin, un atelier de peintre pour madame, loin du tumulte parisien… 

Mais est-ce vraiment la maison du bonheur ? Du bonheur retrouvé, on l’espère, mais dès le départ, le ton est donné : Stéphane a trompé Elisabeth, et l’amour semble bien avoir fui … Et Maeva ? Maeva se cherche, Maeva se rebelle, Maeva transgresse, Maeva oscille entre un père plutôt sectaire et une maman compréhensive et bienveillante mais qui n’a pas elle-même résolu ses problèmes et qui a d’autres préoccupations.

Déséquilibre familial, malaise croissant qui pousse le lecteur à aller plus loin pour savoir… pour connaître le dénouement surprenant de ce récit, une fin qui m’a surprise et qui m’a laissée bien pensive. 

Si le sujet dominant semble être le couple et la famille, on y évoquera le problème des migrants, des sans-papiers, le racisme et l’intolérance. Un ensemble bien écrit et très fluide.

Un roman qui m’a happée ! – Roselyne Soufflet

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Rarement titre aura été aussi bien choisi que celui du premier roman de Carine Joaquim, car « Nos corps étrangers » pèsent de tout le poids de leurs multiples images entre les lignes fort bien maîtrisées de cette « primo romancière » comme sur la vie de ses personnages.

Stéphane et Elisabeth se sont aimés très fort dans leur petite maison blottie au fond d’une courette parisienne qui semblait les protéger du monde, une petite maison qui a su accueillir tous leurs amis et les premiers pas leur fille, Maëva. Alors, quand l’ombre d’une infidélité est venue obscurcir leur soleil, quand leurs corps ont semblé devenir étrangers l’un à l’autre, quand la tristesse est devenue si douloureuse à porter que celui d’Elisabeth a commencé à se vider de sa substance, dans un dernier sursaut de volonté et d’espoir, ils ont pris le parti de s’éloigner de leurs souvenirs et de planter ailleurs leurs racines endolories pour tâcher d’y faire remonter une sève neuve. Mais le charme est rompu, la bulle a éclaté, et la plus verte des banlieues ne saurait empêcher les enfants de grandir, le désir de courir, le malheur d’advenir.

Nos corps étrangers, ce sont ces corps qui se tournent le dos, ce sont ces corps qui se transforment, et muent et nous échappent, ce sont ces corps que l’on ne reconnait pas, ces corps que l’on n’attendait pas, ces corps qu’on désire trop fort ou dont on ne veut pas, ces corps qui meurent dans la tempête ou qui renaissent sur la grève, ces corps trop différents, trop tordus, trop grands ou trop noirs, toutes ces choses qui se mettent en travers pour empêcher la fluidité, la souplesse et la paix. C’est toute l’étrangeté qui nous attire et nous rebute, qui nous inquiète et nous échappe.

Nos corps étrangers, c’est un roman qui fascine et met mal à l’aise, par le talent même avec lequel Carine Joaquim à su trouver les interstices discrets, à peine visibles, dissimulés entre corps et âmes pour y enfoncer avec précision ses coins et sa plume et faire de ses lecteurs les témoins du chaos. A leur corps défendant ? Pas sûr… – Magali Bertrand

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Elisabeth et Stéphane, couple en pleine dérive, déménagent.
Ils quittent leur maisonnette parisienne pour un pavillon de banlieue.
On efface tout pour mieux recommencer, reconstruire leur couple après l’infidélité de Stéphane.
Elisabeth pourra oublier grâce à sa peinture, Maeva leur fille, très hostile à ce bouleversement s’y fera.
Grace à une écriture très fluide, on lit dans un premier temps, de façon agréable, ce roman qui pourrait raconter une histoire banale.
Une femme trompée qui trompe à son tour, une adolescente qui réagit avec un comportement« réac », l’infidèle de mari qui regrette mais qui tient bon ..
Mais c’est sans compter sur la deuxième partie du roman, très habilement construit qui nous conduit vers une chute étonnante contre toute attente.
Un conseil, ne pas se fier aux premières pages, mais persévérer. – Anne-Claire Guisard

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Un couple bancal s’installe à la campagne en espérant s’y faire une nouvelle vie, malgré le désaccord de la fille adolescente qui supporte mal de quitter ses amis parisiens. Oubliée l’aventure extraconjugale de Stéphane, place à la vie au grand air, à l’atelier de peinture pour Elisabeth. Mais rien n’est simple : Maëva peine à se faire des amis, déteste un de ses camarades atteint du syndrome de Gilles de la Tourette et se met à fréquenter un garçon plus âgé qu’elle ; Elisabeth souffre toujours de terribles maux de ventre et d’anorexie, tandis que Stéphane se plaint des trajets en RER pour aller travailler. Une histoire de vie somme toute assez banale, avec sa dose d’émois adolescents, de désir conjugal qui s’est fait la malle, et d’adultère. Mais c’est sans compter avec le corps : celui qui découvre, ou redécouvre l’amour et le désir ; celui qui fait mal, vous plie en deux et vous fait vomir ; celui qui grossit et vieillit ; celui qui vous fait hurler, jurer et grimacer ; celui qui a vécu la perte et l’exil. Le corps devenu étranger qu’on aimerait maîtriser, ou celui de l’autre qui suscite le dégoût. Car il peut être objet de désir tout autant que désir de rejet, c’est bien là la question centrale de ce récit, – qui pâtit à mon sens d’un trop grand nombre de thématiques sociales -, pour basculer dans le drame sordide et terrifiant. – Emmanuelle Bastien

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Quand l’amour se distend irrémédiablement…

Au départ de ce premier roman il y eut un fait divers terrible qui poussa l’autrice Carine Joaquim  à s’interroger. Comment en arrive-t-on là ?

Ce roman décortique de façon clinique avec une grande justesse, me semble-t-il, le délitement d’un couple à la suite de l’infidélité du mari et les conséquences qui en découlent. La tentative vaine de recoller les morceaux en déménageant pour prendre un nouveau départ. D’une belle plume fluide et efficace, l’autrice nous rend spectateurs impuissants du drame annoncé.  Car on sent bien qu’ils vont dans le mur. J’avais deviné en partie (mais en partie seulement) ce qui se passait. De nombreux indices sont là tout au long du roman. Le titre initial prévu « Personne n’a rien vu » a été remplacé  par  « Nos corps étrangers » et je trouve ce dernier parfait.  Cela s’applique au sens propre à tous les personnages. Chacun est muré dans sa solitude. A partir du moment où le couple se fracture, leur fille adolescente se retrouve livrée moralement à elle-même. Ni son père trop égocentrique ni sa mère trop enfermée dans sa souffrance ne la voient ni ne l’entendent vraiment, ni ne dialoguent avec elle.
L’autrice a multiplié les sujets de société  et c’est une des critiques que j’ai pu lire au sujet de ce roman. Pourtant cette histoire, c’est celle de gens ordinaires avec une une vie ordinaire. Leur fille est scolarisée dans un collège qui accueille un jeune migrant ( autre corps étranger !) et un enfant handicapé sans qu’aucun moyen ne soit mis en œuvre pour réussir cette inclusion laissant les professeurs démunis.  Ce genre de situation n’est pas une exception.  C’est la vie de notre société actuelle. C’est le quotidien des professeurs.

Un roman puissant qui essaie de comprendre un fait de société dont on parle peu en littérature. J’ai ressenti une profonde empathie pour Élisabeth la mère, jusqu’au bout, Ritchie le copain migrant de Maëva, l’adolescente…
J’ai beaucoup aimé Nos corps étrangers… – Catherine Dufau

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Stéphane , Elisabeth et leur petite Maëva coulaient des jours heureux dans leur maison parisienne. Située au fond d’une cour, ils y avaient connu le bonheur simple de la vie à trois. Mais Stéphane avait rencontré Carla et tout le bel équilibre familial s’en était trouvé perturbé. À la découverte de cette liaison, Elisabeth avait réagi violemment dans son corps et s’était mis à ne plus avoir goût à la vie, se privant de nourriture en se noyant dans les larmes. Puis Stéphane s’était ressaisi en pensant faire le bien de tous et était revenu. Il avait décidé de retrouver sa famille en s’accordant une une nouvelle chance et en investissant un nouveau lieu de vie. Loin. Une belle maison à la campagne avec un atelier pour Elisabeth.

Pour Maëva, c’est juste un crève cœur. Adolescente, elle se retrouve séparée de ses amis d’enfance. 

Pour Elisabeth, c’est peu à peu une renaissance, en prenant possession de son atelier, elle s’investit dans la peinture comme elle l’a toujours rêvé reprenant peu à peu le goût aux choses en s’imprégnant de la nature et de ses félicités. 

Stéphane connaît lui maintenant les allées et venues à Paris dans un RER encombré pour rejoindre son travail. 

Dans son lycée, Maëva va connaître deux garçons Maxence et Ritchie. 

Maxence est lourdement handicapé et atteint du syndrome de la Tourette qui le rend incapable de contrôler certains de ses gestes et paroles. Ritchie est un jeune garçon noir, beau et souriant, et très vite Maëva et lui vont tomber amoureux l’un de l’autre.

Ces deux rencontres détermineront toute l’histoire de chacun des protagonistes de la famille de Maëva à des degrés diverses, Maëva elle-même, Elisabeth et Stéphane.

Dans Nos corps étrangers, Carine Joaquim nous raconte trois trimestres d’une année qui va déterminer une vie.

A ce stade, on peut légitimement se poser cette question : Déménager pour reconstruire et repartir, était-ce vraiment la bonne solution ?

Carine Joaquim décrit avec subtilité les atermoiements des personnages, leurs interrogations, leurs doutes. Elle met en scène la solitude extrême de chacun, empêtrés dans la douleur et dans le manque de communication. Elle sensibilise chacun sur la marginalité des personnages. En cela, les personnages de Maxence et de son père Sylvain qui portent en eux la souffrance du handicap et le regard parfois cruel porté sur la différence dérangeante en est un premier exemple. Le jeune Richard , migrant venu du Sénégal dans des conditions précaires et désespérées en est un autre exemple. 

Enfin la famille , lieu normalement de partage et de solidarité, devient ici lieu d’incompréhension, et de souffrance. 

C’est un livre écrit avec soin, et clairvoyance. Chaque situation vécue est ici racontée sans jugement mais dans le prisme de la solitude de chacun de ses protagonistes.

Sans dévoiler la fin du livre, on se dit que malheureusement, les décisions prises par chacun consciemment ou non reflètent un constat sévère, celui de l’échec de communication entre les êtres.

Voilà un livre qui se lit d’une traite, avec intérêt et curiosité . L’histoire en somme d’une catastrophe annoncée. 

Un petit bémol néanmoins sur une fin qui aurait pue être – peut être – légèrement nuancée et un peu moins précipitée.  – Sonia Chatain

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« On ne possède même pas son propre corps. » – Amélie Nothomb, Métaphysique des tubes

« Bientôt, faire un vrai repas devint insupportable. Repue, elle se sentait mieux physiquement, mais ce bien-être du corps contrastait avec sa détresse psychologique, il la mettait face à toutes ses contradictions, à toutes les supercheries et elle s’empressait d’aller vomir cette nourriture qui la torturait indirectement. Pour aller mieux, Élisabeth avait besoin de se sentir vide. Elle s’allégea donc pour se débarrasser du poids des maux […] elle finit par mettre dehors un Stéphane toujours indécis. […] Élisabeth glissait petit à petit dans des vêtements trop amples, rapetissait, s’effaçait du monde avec le plus d’élégance possible.

Stéphane prit peur. Il revint un matin de printemps […] »

Nos corps étrangers est le premier roman que Carine Joaquim publie en maison d’édition, à la Manufacture de Livres, éditeur indépendant à la croisée du roman noir et du roman social, et ce 1er roman s’inscrit parfaitement dans leur ligne éditoriale.

Il y a de très bonnes choses dans Nos corps étrangers, l’écriture froide de Carine Joaquim qui s’interdit de porter un quelconque jugement en est une. Puis il y en a d’autres, moins bonnes, venues tempérer mon enthousiasme. Et enfin, comme toujours, cela est terriblement subjectif.

Stéphane et Élisabeth se sont aimés. S’aiment-ils encore ? De leur amour est née une petite Maëva, aujourd’hui collégienne. Leur couple s’est mis à battre de l’aile après que Stéphane a été infidèle. Leurs corps se sont éloignés ; Élisabeth a congédié celui de son mari et vomit le sien au sens strict. La maison avec courette, nichée au fond d’une impasse parisienne, havre de paix qui abrite leur famille, est devenue le lieu à fuir, trop prégnant de souvenirs à vif. 

Quitter l’impasse pour sortir de l’impasse ? Changer de décor suffit-il à s’offrir un nouveau départ ? L’herbe sera-t-elle plus verte à une trentaine de kilomètres de Paris, autour de cette maison de banlieue avec son atelier au fond du jardin, que Stéphane achète en pensant qu’elle peut le racheter, lui ?

« Ce cirque n’était pas nouveau. Après le retour de Stéphane à la maison, quelques années auparavant, ils s’étaient accordés tacitement sur le rôle dévolu à chacun, et tous l’avaient joué à la perfection. Le gentil mari repenti. L’épouse digne. La jolie petite fille bien coiffée qui racontait ses journées d’école en se persuadant que ça intéressait vraiment quelqu’un. Et en coulisses, ça dégueulait la nuit, ça pleurait sous la couette, ça fuyait de tous les côtés. Rien n’avait plus jamais été étanche. »

À ce moment, vous vous dites peut-être, et je ne vous en voudrais pas pour me l’être moi-même dit, qu’il n’y a rien à attendre d’un énième roman sur un sujet très remâché en littérature. Bref, que tout cela va être d’un ennui abyssal. Que l’autrice s’appuie sur des clichés pour donner corps à ses personnages n’arrange rien. Dans la famille, l’infidèle mari est vaguement repentant, l’épouse trompée, meurtrie, l’adolescente, comme tous les adolescents, hésite entre crise mutique et rébellion. Autour d’eux gravitent d’autres clichés : un migrant sans papiers débarqué d’Afrique, un handicapé scolarisé dans une classe normale, un père célibataire. L’aventure extra-conjugale cette fois-ci de l’épouse et le mari toujours épris de sa maîtresse sont venus ajouter à mes réticences. Quand, de plus, j’ai entrevu dès les premières pages où Carine Joaquim voulait me mener, je reconnais que je n’étais pas dans les meilleures dispositions de lecture. 

Le roman est découpé en trois parties, comme autant de trimestres de l’année scolaire qui commence alors que la famille emménage en banlieue. Maëva ne décolère pas d’avoir dû laisser ses amis parisiens pour venir vivre chez les « ploucs », jusqu’au jour où elle remarque un de ses camarades de classe. Ritchie vient d’Afrique et vit en famille d’accueil. Très vite « Entre eux c’[est] l’amour fou, cet amour adolescent qui s’enracine profondément dans le cœur, dont on croit qu’il est et sera toujours le seul, et d’une certaine manière c’est ce qu’il est, celui qui éveille à la vie, la souche mère de tous les amours à venir. » Ritchie et Maëva deviennent inséparables, et même un peu plus. Leurs solitudes se soudent alors que leurs corps s’apprivoisent et se découvrent (à plus d’un sens). 

La vie reprend, offrant un semblant de normalité. Elle s’organise bon an mal an. Maëva partie au collège et Stéphane coincé dans son RER, Élisabeth se remet à peindre dans cet atelier censé panser ses plaies mais qui, à l’écart de la maison, va participer à l’isoler plus qu’elle ne l’est déjà. Les premières toiles qu’elle peint à l’instinct sont très sombres, mais se piquètent de clarté au fur et à mesure qu’elle se lie à Sylvain, peintre à temps partiel et père de Maxence à temps plein depuis que sa femme les a abandonnés.

«[…] c’était la vie qui revenait peupler ses paysages intérieurs.» 

Est-ce de Sylvain que vient l’éclaircie ? Leur passion commune pour la peinture, qui indiffère son mari comme sa fille, les rapprochera-t-elle ? Quand on sait dans quelles fâcheuses circonstances Élisabeth a rencontré ce père célibataire, il est permis d’en douter. Maxence, atteint du syndrome de Gilles de la Tourette, est dans la classe de Maëva et de Ritchie. Faute de moyens, le jeune garçon ne bénéficie d’aucune aide pendant le temps scolaire. Ses tics moteurs et vocaux sont évidemment sources de moqueries plus ou moins cruelles, jusqu’au jour où Maëva passe les bornes. Quant à Stéphane, éreinté par les trajets parfois chaotiques, souvent interminables en RER, il pense s’être fourvoyé en s’autoflagellant comme il le fait.

« Il comprit ce qu’il allait devenir : un banlieusard ordinaire, un peu plus aigri chaque matin, un peu plus dépressif chaque soir. Son avenir ne ressemblait en rien à la vie idyllique qu’il avait dépeinte à sa femme et à sa fille lorsqu’il avait évoqué, pour la première fois, la possibilité de déménager. »

Peut-on rebâtir sur un terrain aussi instable que le leur ? dans l’insatisfaction de tous ?

« La saison lui faisait l’effet d’un grand nettoyage salutaire, une espèce de retour aux choses sérieuses après la douce insouciance de l’été. Le vent arrachait, la pluie lavait, évacuait, et l’impression de saleté que laissaient les feuilles mortes accumulées était un mal nécessaire avant que l’hiver fige le décor jusqu’au printemps. Cette année, le ravissement avait été total. Loin de la ville bétonnée, il lui semblait voir respirer la nature, s’assoupir le sol gorgé d’eau, soupirer les arbres à mesure qu’ils dévoilaient leurs branches tordues. »

Bien sûr, le roman de Carine Joaquim est celui du corps ; ce corps qui n’est que trahison, à tous les sens du terme. Il est défaillant (la mère de Stéphane est morte), en souffrance et hors de contrôle (celui de Maxence est agité de tics ; celui d’Élisabeth spasme avant de vomir ce qu’elle a du mal à digérer, au sens figuré), mais aussi il dévoile ce que les personnages s’évertuent à cacher (l’âge réel de Ritchie, par exemple). Ce roman raconte des corps étrangers aussi bien l’un à l’autre qu’à eux-mêmes, des corps qui ont toutes les peines du monde à être deux (avoir rompu avec sa maîtresse n’aide pas le moins du monde Stéphane à retrouver une quelconque intimité avec son épouse ; l’aventure d’Élisabeth tournera court), des corps qu’on maltraite, qu’on prive mais qui, pour certains, savent encore s’abandonner avec fièvre. 

« Ils s’encombraient rarement de mots. Leurs gestes désordonnés disaient tout de la frustration et de la solitude qu’ils traînaient comme une couche poisseuse, et dont ils essayaient de se débarrasser par des caresses avides. Leurs mains couraient sur le corps de l’autre comme des animaux affamés qui, à mesure qu’elles glissaient sur la peau, se nourrissaient en même temps qu’elles lavaient des tourments passés. »

Des corps que l’on désire, d’autres que l’on rejette. Des corps qui, tout compte fait, restent étrangers au lecteur tant Carine Joaquim est avare de descriptions.

Roman du corps, Nos corps étrangers est aussi celui de la perte : la perte, évidente, de poids ; la perte, plus insidieuse, de repères (ses parents sont-ils un modèle pour Maëva ?), de confiance en l’autre aussi bien qu’en soi-même. 

« Son corps n’avait cessé de lui montrer qu’elle faisait fausse route. »

Il est aussi le roman du deuil. Impossible, pour Stéphane, de faire le deuil de la mère et celui de la maîtresse que d’ailleurs il cherche à revoir ; inconcevable, pour Maëva, de tirer un trait sur les amitiés d’enfance. Un ultime deuil, terrifiant, s’invite dans les dernières pages qui laissent le lecteur groggy, même lorsqu’il a pressenti la chute.

Cela étant, ma plus grande réserve va au très/trop grand nombre de thèmes abordés en à peine 230 pages. L’anorexie, les migrants, les sans-papiers, le handicap, le deuil, le harcèlement, la trahison, l’adultère, l’abandon, la déscolarisation, etc. auxquels il convient d’ajouter l’essentiel, au cœur de cette histoire et que je ne peux, bien sûr, pas vous dire. Tous sont des thèmes forts qui disent notre société et au travers desquels se déchiffre notre époque. Je trouve dommage que leur surabondance, qui m’évoque un fourre-tout un peu bordélique, les prive du traitement qu’ils mériteraient. Si tous s’intègrent au récit, on sent tout de même l’artificialité de l’entreprise (les caser à tout prix !) et la crédibilité du roman en fait les frais. Heureusement reste la froideur salvatrice d’une écriture qui dit autant qu’elle tait, qui prend le temps de peser les mots pour transcrire l’inexorable délitement de ces vies qui étouffent en terrain hostile.

Corneille s’interrogeait : « Un corps peut-il guérir, dont le cœur est malade ? » 

C’est cela, me semble-t-il, qu’interroge aussi et avant tout Carine Joaquim. C’est implacable et atrocement juste. Même si je n’ai pu m’empêcher de sourire à quelques phrases à la poésie maladroite, 

« Ils se séparèrent, tout bouillonnants de sève, et marchèrent dans des directions opposées au rythme des battements de leurs cœurs affolés. »

je dois bien reconnaître que le style de Carine Joaquim fait mouche pour raconter ces corps étrangers qu’elle rend plus étrangers encore, éloignant toute chance d’empathie, du moins dans mon cas. L’autrice bâtit son intrigue en essaimant très/trop tôt des signes propres à alerter le lecteur attentif qui éprouvera de temps à autre le besoin de revenir quelques pages en arrière pour mener quelques vérifications, avant d’être englouti sous le flot de questions qui grossit les dernières pages.

Remonter en surface pour respirer ?

Mieux vaut que le spectateur de cet effondrement monstrueux n’y compte pas, car je n’y suis moi-même pas parvenue alors que j’avais pourtant anticipé l’abominable désintégration finale. – Christine Casempoure

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Elisabeth et Stéphane quittent Paris et s’installent dans une grande maison avec jardin pour prendre un nouveau départ. Maëva, leur fille adolescente perd tous ses repères, ses amis et n’accepte pas ce déménagement.

Mais le désamour est là, le couple part à vau-l’eau et l’adolescente s’ennuie. Le trio explose. Chacun d’entre eux va faire une rencontre qui leur permettra peut-être de réellement redémarrer une nouvelle vie…

« Après le retour de Stéphane à la maison, quelques années auparavant, ils s’étaient accordés tacitement sur le rôle dévolu à chacun, et tous l’avaient joué à la perfection. Le gentil mari repenti. L’épouse digne. La jolie petite fille bien coiffée qui racontait ses journées d’école en se persuadant que ça intéressait vraiment quelqu’un. Et en coulisses, ça dégueulait la nuit, ça pleurait sous la couette, ça fuyait de tous les côtés. Rien n’avait plus jamais été étanche. »

(…)

« Ils s’encombraient rarement de mots. Leurs gestes désordonnés disaient tout de la frustration et de la solitude qu’ils trainaient comme une couche poisseuse, et dont ils essayaient de se débarrasser par des caresses avides ».

Toutes les étapes, toutes les émotions, tous les sentiments se révèlent, sont traduits par leurs corps… qui s’épanouissent, se flétrissent voire même se détruisent.

C’est poignant, décrit avec précision, avec une certaine froideur même parfois. Beaucoup de sujets graves sont abordés -l’infidélité, le handicap, l’immigration clandestine, la trahison, l’abandon- peut-être trop ?

J’ai beaucoup aimé ce roman par sa manière de mettre en lumière le rapport aux corps qui parlent et aux esprits qui n’entendent pas… – Anne Laude

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Ce livre est un fourre tout :

  • – Infidélité conjugale
  • – Adolescence
  • – Immigration clandestine et situation des sans papiers
  • – Déni de grossesse

L’autrice entend traiter de tous ces sujets mais aucun n’est approfondi.

L’histoire est rondement menée, depuis les tourments d’une adolescente que ses parents forcent à quitter Paris, les infidélités des deux parents contrariées l’une et l’autre, la découverte de l’amour entre Maéva et Ritchie, et la fin, dont on ne peut rien dire mais qui en « rajoute une couche ». Certes on ne s’ennuie pas durant cette lecture……………

 Mais… ce livre ne me laissera aucun souvenir.

L’écriture en est ordinaire et ne permet pas de s’attacher aux personnages dont la psychologie est des plus sommaire – Marie-Hélène Poirson

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Les personnages de ce roman pourraient être vous, moi, avec nos enfants, leurs amours et leurs chagrins, notre vécu de la rude et complexe réalité de la parentalité, notre approche des failles et des fêlures du couple, la vie, quoi !

« Nos corps étrangers » remue les tripes du début à la fin avec sa mécanique implacable, ses coups de théâtre, ses faux-semblants (personne n’est ce qu’il montre, rien n’est ce que l’on croit qu’il est) et ses emprunts à l’actualité la plus brûlante et la plus sordide.

Toutes les couleurs de l’arc-en-ciel s’y déploient, depuis les pastels durant les parenthèses d’espoir jusqu’à la noirceur profonde de la trahison et des rêves brisés.

L’écriture est parfois introspective et d’une grande sensibilité, parfois d’une justesse chirurgicale, toujours d’une grande puissance.

J’ai lu que l’auteure est prof d’histoire-géo, j’imagine qu’elle a dû en voir et en entendre pour rendre avec tant de véracité l’ambiance d’une classe de collège, les contradictions de l’adolescence, ses espoirs et ses attentes brisées. – Marianne Le Roux Briet

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Un déménagement comme un nouveau départ… Loin de Paris, une belle maison avec un grand jardin, une dépendance pour qu’Elisabeth renoue avec sa passion pour la peinture, un nouveau collège pour Maeva et la joie des trajets en RER pour Thierry. Mais on le sent bien que ce déménagement est une fausse bonne idée qui loin d’apporter le bonheur à la famille révélera ce qu’ils ont de pire en eux.

Une famille ordinaire. En apparence au moins. Car derrière la façade tout se délite. Thierry a aimé une autre femme, il est revenu mais son cœur est ailleurs. Elisabeth ne lui pardonne pas, sa tristesse et sa rancœur elle les extériorise en se faisant vomir. Les parents jouent le jeu mais Maeva n’est pas dupe, elle voit, entend, sait.

Elisabeth, Thierry, Maeva. C’est vous, moi, mes enfants. Jusqu’à la bascule. Jusqu’à l’acte odieux. Par peur, par amour, par lâcheté, par folie.  Chacun d’eux va faire un choix, commettre l’impensable. Le pire est en chacun de nous finalement et ce serait trop facile de juger l’autre en se disant « moi jamais ! ».

Il y a des fins que l’on devine dès le début, la fin annoncée, anticipée que l’on attend avec angoisse. Et malgré tout on se la prend en pleine figure. C’est brutal, douloureux. – Delphine Queval

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Comment écrire une chronique sur ce roman à la hauteur de ce que j’ai ressenti à sa lecture! Le début sonne comme le triste constat de beaucoup d’histoires, l’amour qui s’érode avec les années, la routine qui s’installe, la trahison et la confiance qui vacille, les silences… On s’éloigne, presque deux étrangers sous un même toit et alors qu’on se connaît presque mieux que soit même, on ne regarde plus l’autre, ne l’écoute plus… Elisabeth et Stéphane forment un couple fragilisé depuis 8 ans, depuis que ce dernier a trompé sa femme avec une collègue. Pour Elisabeth, ce fut la dégringolade, une séparation, élever seule leur fille Maëva, sa confiance s’effondre totalement. Elle lui a pardonné mais malgré cela conserve des troubles alimentaires. Pour prendre un nouveau départ, ils vont s’éloigner de la vie parisienne et Elisabeth va pouvoir s’adonner à sa passion de jeunesse, la peinture, alors que pour lui le quotidien devient une course passée dans les transports en commun et au travail, temps qui lui permettra de repenser à ses choix, de les regretter? Pour leur fille adolescente, ce déménagement est une trahison, elle n’a aucune intention de s’intégrer et pourtant Ritchie va attirer son attention, très grand ce bel africain souriant va l’apprivoiser. Ensemble ils vont vire le meilleur et le pire en harcelant un de leur camarade. Cette histoire va entrainer un tournant dans la vie de la famille, l’incompréhension du père envers la fille mais surtout pour Elisabeth, cela va lui permettre de rencontrer le père du jeune homme harcelé et de petit-à-petit prendre son envol…

Ce roman vous happe, la tension monte progressivement. L’autrice nous conte sans concession ce couple qui s’est éloigné jusqu’à devenir aveugle et sourd! Oui c’est avant tout l’histoire d’un couple mais à travers cette famille, l’autrice aborde avec brio multiple sujets, l’infidélité, le harcèlement scolaire, l’inclusion à l’école, les migrants, les sans-papiers et j’en passe. Ce roman est extrêmement riche et très bien construit. Tous ces thèmes s’incorporent parfaitement dans l’histoire et créent un tension palpable, on se demande commet tout cela va finir et quand les choses vont exploser car nous ne pouvons entrevoir qu’une triste fin. Pourtant j’étais loin du compte et loin d’imaginer ce dernier rebondissement qui m’a éberluée. Les personnages sont justes et réalistes. J’ai détesté Stéphane qui est totalement aveugle à la souffrance de sa femme, ni à ses changements. Qui n’écoute que lui et prend des décisions révoltantes, je comprends son inquiétude de père mais au lieu d’essayer de s’ouvrir pour connaitre l’autre comme l’a fait sa femme, il fonce tête baissée. J’ai trouvé Maëva très juste, dans sa révolte, dans son amour et ses petites faiblesses. Quant à Elisabeth, voici le portrait d’une femme dépassée, délaissée qui espère se reconstruire mais qui reste malgré sa souffrance attentionnée. Et n’oublions pas Ritchie qui apporte beaucoup à cette histoire et qui m’a vraiment touché.

La fin est sidérante, glaçante! Je suis restée sans voix et dans un espèce de brouillard tellement elle m’a déstabilisée! Un roman coup de poing dont les nombreux rebondissements le rendent totalement addictif jusqu’à la fin! Tellement réaliste et je pense que c’est aussi pour cela que cette histoire nous touche et nous révolte tellement! – Julie Campagna

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Un couple et leur fille adolescente décide de changer de vie et de recoller les morceaux après l’adultère du mari.

Les personnages ne sont pas sympathiques et dès le départ on comprend que ce sera un échec. Un gros bémol sur le choix de l’auteur de vouloir traiter en même temps tous les problèmes et les déviances de notre société à savoir le danger des réseaux sociaux, les problèmes de l’adolescence, les sans papiers, le déni de grossesse etc..

Ce qui laisse l’impression d’un grand fourre tour dans lequel on tire au hasard un sujet traité de façon superficielle posé là pour remplir les pages. – Jocelyne Legrand

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 » Voyager n’est pas guérir son âme » ( Sénèque)

Et déménager ? Changer de paysages et d’habitudes permet-il d’étouffer les rancoeurs, soigner les trahisons et faire table rase des frustrations? Triste constat d’échec pour ce couple aux sourires de façade , routine de faux-semblant . Chacun rumine son aigreur, s’isole, se raccroche à plus seul que soi. L’auteure nous tire peu à peu dans la dramatique spirale du désespoir.

Beaucoup de sujets graves abordés dans ce roman. Sombre tragédie qui ne m’a pas toujours convaincue. – Corinne Tartare

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Emménager dans une nouvelle, belle et grande maison en banlieue pour repartir sur de bonnes bases, c’est plutôt une bonne idée et Elisabeth et Stéphane misent beaucoup là-dessus.  Pardonner l’infidélité de Stéphane et oublier la détresse d’Elisabeth est leur objectif. Maëva, leur fille, elle est plutôt dubitative : vivre chez les bouseux, dans un collège de pèquenauds, ça ne la tente pas vraiment… Leur vie va alors suivre son cours, et autant dire qu’il est plutôt mouvementé! Elisabeth se reconstruit, reprenant de l’appétit, retrouvant le goût de la peinture et l’envie d’être amoureuse. Stéphane passe  tout son temps au boulot, et dans les transports, pensant avec nostalgie et tristesse à sa relation avec sa maîtresse. Quant à Maëva, elle martyrise un camarade de classe et tombe amoureuse de Ritchie.

Quelle descente aux enfers…! J’ai lu ce roman d’une traite, je n’ai pas pu le lâcher. Tant de solitude, d’incompréhension, entre cette femme qui se redécouvre, cet homme qui vit dans le passé et leur fille qui découvre les premiers émois amoureux. Le récit paraît aux premiers abords assez banal. C’est d’une vie de famille dont il est question. Divers sujets sont traités, tels que le harcèlement scolaire, les migrants, les relations adultères, l’anorexie… J’aurais aimé que ces sujets soient traités plus longuement et plus en profondeur, mais j’ai tout de même beaucoup aimé ma lecture et je suis restée scotchée par les dernières pages. 
L’écriture de l’auteure est simple, froide et directe ce qui permet au lecteur d’être confronté aux faits, sans détour. Au fur et à mesure que les personnages se révèlent, se dévoilent, on perçoit leurs espoirs mais aussi leur fêlures. La tension monte et on bascule, on sombre avec eux, pour au final voir apparaître des monstres. J’ai été glacée tout au long de ma lecture par cette « vie de famille » et je n’ai cessé de m’interroger sur ce que j’aurais fait moi, à leur place… – Agathe Bertrand

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Elisabeth et Stéphane forment un couple fragile. Il l’a trompé, elle s’efface. Tentant le tout pour le tout, ils décident de quitter Paris pour la banlieue, entre champs et grande maison. Maëva, leur fille de 15 ans, a du mal à accepter ce déménagement. Pour elle, rien ne vaut Paris et ses amies. Mais sa rencontre avec Ritchie va bouleverser sa vision des choses. Chacun d’entre eux idéalisait cette nouvelle vie, mais rien ne va se passer comme prévu…

Ce premier roman de Carine Joaquim est parfaitement maîtrisé. A l’image des personnages, on est aveugle et sourd aux messages adressés par ces êtres – et ces corps – blessés, humiliés, effacés ou effervescents.

Chacun, avec son vécu, son histoire, ses rêves et ses doutes, va abandonner son corps.
Elisabeth profite de ce nouvel espace pour renouer avec sa passion pour la peinture. Mais sa solitude ne fait que croître. A-t-elle eu raison de suivre son mari ? Va-t-elle réussir à pardonner ?
Stéphane lui, fait le sacrifice de ses heures perdues dans les transports. Il a tellement de trahisons à effacer. Mais a-t-il fait le bon choix ? S’oublier est-il si raisonnable ?

Chacun s’isole, se tait, s’enferme. Chacun s’accroche à d’autres solitudes, d’autres désespoirs. Leur corps eux ne mentent pas, mais personne ne les écoute, ne les regarde, ne les comprend.

Carine Joaquim signe un roman qui bouleverse autant qu’il secoue, qui touche autant qu’il heurte. La tension est palpable, elle s’épaissit jusqu’à la scène finale, explosive et sidérante.

Un roman qui sans conteste me marquera longtemps… Corps et âme… – Audrey Lire & Vous

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Grosse déception … et oui ça arrive je dois dire que je m’y attendais pas… 

J’ai trouvé ça pas mal, je me suis laissée porter, c’est bien écrit mais j’ai tout trouvé prévisible. Et de fait j’ai trouvé qu’il y avait des longueurs. 

Malgré cela, je trouve toutefois intéressant de voir la psychologie des personnages et surtout le paraître ce qu’on montre aux autres vs ce qui se passe vraiment à l’intérieur. Cet aspect est selon moi vraiment bien exploité. – Clémence Dubois

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Si je devais comparer cet ouvrage à une expérience, ce serait celle de montagnes russes infernales.
Cramponnés à nos sièges, nous nous révélons être des spectateurs impuissants face à tous les hauts et les bas que rencontrent les personnages jusqu’à en avoir mal au cœur (pour ma part).
Une famille de citadins décide de quitter la capitale pour s’installer en banlieue loin de l’agitation parisienne.  Sur le papier tout semble idyllique. Une grande maison, la campagne  environnante tout en bénéficiant des transports en commun, la possibilité pour Élisabeth d’arrêter de travailler pour se consacrer à sa passion pour la peinture…
Pourtant ce changement de vie cache un mal-être entre le couple et une volonté de se laisser une dernière chance. 
Au travers d’une narration décrivant les instants du quotidien, l’auteur aborde de nombreux thèmes ( vie de couple, consentement, santé, éducation…) qui quoique paraissant banals se révèlent être source d’une succession d’évènements qui se révéleront dramatiques.

Ce premier roman de Carine JOAQUIM a, malgré sa noirceur et sa volonté d’être déstabilisante a su me conquérir. Même si celui-ci est très dur, il ne laisse pas indifférent et pousse à la réflexion. Paradoxalement, et malgré ma nature très pessimiste, je me suis tout le long accrochée à tous les éléments positifs qui se trouvaient devant moi pour espérer une fin heureuse. – Hélène Ortial

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Le cœur de ce premier roman bat au rythme d’un trio familial ordinaire. Un père, une mère, une fille adolescente, nouvellement installée dans une banlieue parisienne banale, un nouveau départ pour un couple fragile.

Avec précision, l’auteure décrit leur quotidien avec une froideur clinique, pourtant non dénuée de chair et de sensibilité grâce à des personnages bien campés. On colle à leur ressenti, leurs émotions, leurs pensées, leurs contradictions et leurs aspirations, dans toute leur complexité. Peut-être moins avec le père, plus monolithique, dont les excès de la réaction finale, plausibles en théorie, ne m’ont pas semblé crédible tel qu’ils ont été avancés dans le récit. Par contre, la fille, qui ne se révèle pas être qu’une adolescente égocentrique et insouciante, et surtout la mère, sont de superbes personnages. Difficile d’oublier Elisabeth dont la caractérisation se déploie dans une psychologie très fine, au-delà des clichés de l’épouse victime d’infidélité en détresse.

Nos corps étrangers. Le titre est parfait, il résonne durant toute la lecture en plusieurs strates d’imbrication. Le corps qu’on ne maitrise pas ou plus et qui trahit. Les corps d’un couple qui se sont irrémédiablement éloignés. Le corps d’une jeune fille qui s’ouvre au désir. Le corps trop adulte d’un migrant enregistré comme collégien. Le corps d’une femme fracassée par l’adultère qui se réfugie dans des troubles alimentaires. Chaque personnage devient lentement étranger à l’autre, s’empêtre dans une solitude de plus en plus criante, englué, jusqu’au terrible drame.

Si la tension monte crescendo, jamais je n’ai vu arriver la déflagration finale qui consacre la chute de la famille dont on a suivi progressivement le délitement. Spectaculaire. Brutale, sidérante aussi, elle correspond à la réalité de la situation. Avec le recul, la minutie discrète de l’auteure est révélée, elle qui a semé des indices subtils, judicieusement placés, tellement qu’on ne les avait pas remarqués mais qui nous reviennent en mémoire alors qu’on est sous le choc du dénouement. Dans cette scène, l’écriture est remarquable pour décrire l’insoutenable, à la fois nerveuse et divagante, précise et intuitive.

Tout prend sens. Et notamment le soin qu’a pris Carine Joaquim à déployer la banalité presque ennuyeuse du quotidien de cette famille. Car c’est dans cette banalité que s’est joué l’engrenage qui mène à la tragédie de fait divers. Cette famille tellement ordinaire qu’on peut aisément s’identifier à eux ou les identifier à des personnes de notre entourage. Tellement qu’on ne peut pas détourner le regard, qu’on ne peut pas se rassurer lorsque éclate la « monstruosité » d’un. Les monstres, ce ne sont pas les autres.

Je regrette juste qu’il embrasse trop de thèmes ( l’accueil des migrants, le dépassement par l’art, le handicap, le harcèlement, l’adultère, l’adolescence … ). Même si je comprends la volonté de l’auteure d’ouvrir l’intime de cette famille en la confrontant à l’altérité du monde extérieur, cela dilue le propos car aucun de ses thèmes ne peut être totalement exploré, ce qui conduit à un épilogue un peu maladroitement conduit pour refermer les portes ouvertes.

Reste que ce premier roman est globalement très réussi, intense et profond dans ce qu’il dit de nous. – Marie-Laure Garnault

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Lire également les billets de :

Marie-Claire Poirier : http://abrideabattue.blogspot.com/2021/02/nos-corps-etrangers-de-carine-joaquim.html

Annie Pineau : http://tlivrestarts.over-blog.com/2021/02/nos-corps-etrangers-de-carine-joaquim.html

Martine Galati : https://www.lecturesetplus.com/2021/04/nos-corps-etrangers.html

Aurélie Laporte : https://lesmisschocolatinebouquinent.fr/2021/02/22/nos-corps-etrangers-un-premier-roman-de-carine-joaquim/

Françoise Floride : https://ffloladilettante.wordpress.com/2021/06/07/nos-corps-etrangers-de-carine-joaquim/

Delphine Depras : http://delphine-olympe.blogspot.com/2021/06/nos-corps-etrangers.html

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