L’enfant céleste – Maud Simonnot

« L’aventure, plus qu’une interruption du cours des événements ou un voyage vers un ailleurs inconnu et exaltant est surtout une disposition à être dans le temps. »

Un pur bijou… cette ode à l’amour maternel, à la fusion d’une mère et d’un fils mais aussi aux grands espaces de la Baltique..

Un premier roman qui est un essai réussi. Polyphonie des récits alternant ceux de la narratrice, Mary la mère, ceux de son fils Celian et le recueil des anecdotes majeures historiques sur le destin réel et historique de l’astronome / écrivain suédois Tycho Brahe comme un éloge des beautés que la nature peut encore offrir à celles et ceux qui s’y laissent porter. 

En pleine interrogation sur sa vie à la fois professionnelle et personnelle, Mary élève seule son fils Célian avec la bienveillance de sa propre mère, un jeune garçon passionné d’astronomie mais bien trop rêveur et hors des clous d’un système scolaire classique. Face à l’incompréhension et au relatif rejet de Célian par sa maîtresse d’école comme par ses petits camarades, alors même que Mary se remet avec beaucoup de mal de son histoire d’amour avec Pierre, elle décide d’offrir à son fils comme à elle une expérience exceptionnelle :  se lancer sur les traces de l’astronome Brahe, le personnage historique réel et héros de Célian au cœur de la Baltique ; sur l’île suédoise de Ven, et d’y vivre le temps de grandes vacances. C’est ainsi que Mary et  Célian vont s’installer dans la pension de Solveig afin d’à la fois se reconstruire pour Mary, de vivre de sa passion de la nature comme de l’astronomie de Célian et de recueillir l’énergie nécessaire pour revenir en France. Le chemin, entre histoires, Histoire, littérature, nature et l’irruption bienveillante des locataires de Solveig dans leur vie ; Björn et Des Esseintes, se révèle alors majestueux, onirique et synonyme de résilience….

Un court roman si dépaysant découpé en trois parties avec de courts chapitres et une plume de grande qualité. Un livre à lire d’urgence. – Olivier Bihl

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Une écriture à la fois simple et envoûtante qui nous fait voyager loin du tumulte de nos vies, en pleine nature. Une mère prête à tout pour que son fils puisse se sentir lui même dans un lieu où tout n’est que contemplation et liberté. La mer, la vie insulaire, les couleurs chatoyantes sont autant d’éléments qui nous transportent, au fil des pages, à la rencontre de l’âme humaine, de la profondeur de l’amour maternel. Quant à l’énigmatique voûte céleste…. tellement d’histoires à nous conter, de secrets à nous livrer. – Stéphanie Chapelet-Letourneux

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Que fait-on quand on doit sauver sa peau et que rien ne nous retient dans la grisaille parisienne où un esprit libre est brimé par une pseudo vocation éducative étriquée ? La maman louve, plaque tout l’espace de quelques mois laissant la petite sauvageonne reprendre sa place chez l’adulte qu’elle est devenue. Elle prend son fils sous son aile et part à la recherche d’une légende, le célèbre astronome Tycho Brahe. Mary la principale narratrice du roman fait le deuil d’une histoire d’amour qui s’était éteinte sans qu’elle ne s’en rende compte.  J’aime imaginer la maturation de l’écriture de ce premier roman après des années passées en Norvège pour l’auteur. Cette pépite vous invite à regarder le ciel et à relire Hamlet. Je ne vous en dis pas plus. … – Delphine Palissot

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Célian est un enfant précoce pas vraiment adapté à la standardisation de l’école. Sa nouvelle maitresse manque sérieusement d’empathie et n’aide pas à ce que le petit garçon se sente mieux dans son CM2. Sa maman, Mary,  a beaucoup de mal à se remettre d’une rupture difficile. Ils sont tous les deux un peu perdu dans leur vie. Célian est fasciné par un personnage étrange et mystérieux Tycho Brahe.  Ce drôle d’homme a vécu sur une ile suédoise, l’ile de Ven sur laquelle il a bâti un observatoire astronomique prodigieux grâce auquel il a redessiné une carte du ciel. Mary décide de déscolariser Célian pour la fin de l’année scolaire et part avec lui tenter de se retrouver sur cette fameuse île de Ven. Ils vont passer un été magique, comme un chemin initiatique, en parcourant Ven et en se nourrissant de rencontres plus magiques les unes que les autres.

Un moment absolument inoubliable, une lecture poétique, une écriture tout en retenue, en douceur.

Un énorme coup de cœur pour ce roman, bravo Maud Simonnot.- Emmanuelle Coutant

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Roman touchant dont l’écriture me fait penser à une certaine littérature japonaise. Dépouillée du superflu, allant à l’essentiel avec douceur, tout en révélant l’extraordinaire beauté de « l’insignifiant ».

Maud Simonnot ne verse pas dans la colère ou l’apitoiement, le ton est juste. Beaucoup se retrouveront dans cette idée de ne pas appartenir à ce monde, de vouloir le fuir pour s’en protéger et vivre enfin sa vie et non une vie.

L’enfant céleste est une histoire d’amour de soi, des siens et de la vie, la vraie. Merci Maud Simonnot pour ce très bon roman, ce fut un véritable plaisir. – Stéphanie Justin

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C’est un premier roman plein de charme, comme une bulle de délicatesse et de poésie pour raconter la reconstruction très intime d’une mère et de son fils : elle, à la dérive, écrasée par le chagrin suite à une rupture amoureuse ; lui, enfant précoce «  différent » étouffe dans sa vie d’écolier urbain. Pour suspendre le temps et se donner une chance de reprendre pied, la mère leur offre une parenthèse enchantée sur l’île suédoise de Ven, l’île de l’astronome danois Tycho Brahe qui y a construit un observatoire fabuleux d’où il a redessiné la carte des étoiles au XVIème siècle.

L’islomanie est un choix judicieux. Entre paradis perdu de l’enfance et refuge protecteur au sein d’une nature sauvage, Maud Simonnot dit avec beaucoup de joliesse l’apaisement du chagrin et la découverte de la liberté dans un espace-temps qui s’ouvre à l’infini, sans entraves, sans contraintes imposées par la société. A l’image de la superbe aquarelle impressionniste de la couverture, tout le roman est empreint de tendresse, bienveillance et lumière, porté par une écriture ciselée et sensible.

Je n’ai pourtant pas succombé totalement, ce qui m’a peinée car les éloges des autres lecteurs m’avaient laissé espérer que le charme opérerait sur moi aussi. J’ai du lire une deuxième fois L‘Enfant céleste  car je ne parvenais pas à mettre les mots sur la lisière sur laquelle je me suis posée durant ma lecture sans la dépasser. Sans doute ai-je trouvé l’intrigue trop attendue dans son déroulé. Sans doute les passages très wikipidiesques sur Tycho Brahe ont coupé l’élan que je commençais à prendre. Et puis, y a rien à faire, j’ai toujours beaucoup de mal avec les enfants qui s’expriment avec des mots et une réflexion incroyables pour leur jeune âge, tout surdoué que soit le petit garçon du livre. – Marie-Laure Garnault

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Célian et sa mère Mary vont mal, lui est malheureux à l’école car différent, décalé, tandis qu’elle se remet difficilement d’une rupture amoureuse brutale. Ils n’aspirent plus à la vie qu’ils mènent l’un comme l’autre, sans vraiment le formuler, et Mary sent bien qu’ils sont aspirés dans uns spirale négative. Elle décide donc de partir avec son fils dans une île légendaire de la mer Baltique, celle de Tycho Brahe.

Maud Simonnot nous plonge alors dans un délicieux moment de lecture. Ses personnages partent se ressourcer et retrouver l’essentiel, finalement, et nous voyageons avec eux. Ce livre est comme un bonbon que nous voudrions perpétuel, d’une douceur infinie. Il est dans la même veine que les romans de Kristin Marja Baldursdottir ou Audur Ava Olafsdottir que j’adore. 

J’ai laissé trainer ma lecture le plus longtemps possible pour rester avec Célian et Mary sur l’île, au bord de l’eau, les mollets dans l’écume des vagues ou dans cette petite pension de famille habitée par des personnages que l’on ne rencontre que dans les romans, excentriques, remplis de failles et vrais gentils. Je me suis surprise à regarder la lune et les étoiles plus longuement le soir en fermant les volets et à rêver que je me roulais dans l’herbe sauvage d’une île refuge. Je me suis imaginée moi aussi partir pour mieux me retrouver.

L’enfant céleste est mon premier livre doudou de cette sélection des 68 premières fois, un vrai et beau coup de cœur. – Emmanuelle Boucard Loirat

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Pause rêveuse et poétique

Une nuit d’insomnie, je suis partie en compagnie de Mary et Célian en Scanie sur une île dont je n’avais jamais entendu parler auparavant, l’île de Ven, située entre Suède et Danemark tout au sud, appelée la perle d’Öresund.

Mary ne se remet pas d’une rupture amoureuse et s’inquiète pour son fils de 10 ans, enfant lunaire et sensible qui s’ennuie à l’école, incompris de sa maîtresse qui ne voit en lui qu’un paresseux.

« Dès sa naissance on le sait.
On se dit que cet enfant-là est différent.
On le tient entre deux mains, ce nourrisson.[…] Les reflets d’or de ses cheveux. Et ce regard un peu voilé qui ne le quittera plus. Lunaire. Oui c’est ça, un enfant céleste. « 

Elle part d’abord pour le Morvan de son enfance, où Célian est heureux de retrouver sa grand-mère aux « senteurs d’armoise et de verveine « . Et elle décide de partir pour cette île, où au XVIe siècle, un astronome nommé Tycho Brahe construisit un observatoire, astronome pour lequel Célian se passionne.

La relation entre Mary et son fils, si belle, si respectueuse de la différence de l’enfant, l’immense amour qu’elle a pour lui et la façon qu’elle a de l’exprimer… sont tout simplement magnifiques. Tous deux sont des contemplatifs et à travers la plume poétique et sensuelle de l’autrice, cette escapade se transforme en une parenthèse enchantée. Pour Célian ayant là toute liberté d’être qui il est, loin de tout jugement et pour Mary qui en contemplant les étoiles va se réapproprier la joie et la sérénité et retrouver son âme d’enfant.

J’ai marché sur les pas de Mary et Célian, c’était beau, doux et apaisant. Quel plaisir de lecture ! Et je me suis endormie après avoir tourné la dernière page avec des embruns, des forêts, des oiseaux plein la tête.

Les personnages secondaires sont tout aussi attachants, Solveig qui tient la pension qui les accueille, le professeur anglais spécialiste de Shakespeare, Björn, le cousin de Solveig qui va réconcilier Mary avec son corps et c’est vraiment à regret qu’on quitte l’île et ce roman aux personnages lumineux … – Catherine Dufau

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Célian est en échec scolaire, sa mère, Mary, en désarroi amoureux .
Elle ne peut pas se relever, il n’arrive pas à se concentrer.
Alors ils vont partir, lui, l’enfant solaire et elle, la mère désemparée.
L’ile de Ven les attend, sur les traces de Tycho Brahe, astronome qui hante leurs lectures.
Ils vont se laisser vivre, le temps d’une parenthèse enchantée et qui m’a enchantée.
Joli roman plein de finesse et de poésie qui se laisse lire comme un songe éveillé.
Les étoiles et la nature à son état sauvage sont omniprésentes et nous accompagnent dans cette lecture stellaire et solaire.
Une ode à l’amour, inconditionnel d’une mère pour son enfant différent mais si singulièrement attachant. – Anne-Claire Guisard

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Il en est des romans comme de certains êtres, mi-hommes, mi- bulles de savons, qui ont toutes les peines du monde à s’ancrer dans le réel comme à s’attacher à un fil ou une idée directrice que d’autres pourraient suivre avec eux. Brillants, irisés, éthérés, ils semblent toujours flotter au gré de leurs propres réflexions, indifférents à la logique pesante de leurs contemporains qui, bien que les admirant d’avoir atteint de si hautes sphères à la seule force de leurs rêves et de leur intelligence, bien que les enviant, un peu, de sembler y parvenir sans effort particulier, se grattent longuement la tête après les avoir croisés, s’interrogeant sans fin, les yeux écarquillés, sur ce qui leur a été donné de lire ou de voir.

L’enfant céleste, premier roman de Maud Simonnot, histoire de Célian, jeune garçon surdoué embarrassé de son intelligence parmi les enfants de son âge, et de Mary, sa mère, fraîchement repoussée par son amoureux, est de ceux-là. De sa pesanteur de lecteur lambda embarrassé de ses ignorances et de ses lacunes (comment ? Vous n’avez pas lu Huysmans vous non plus ? Et vous ignorez le nom de celui qui dessina la première carte du ciel ? Tttttt….), si l’on peine parfois à s’élever avec grâce au niveau des préoccupations nébulo-poétiques de ces deux personnages hors normes, on ne peut s’empêcher de se laisser gagner par le charme céleste de ce roman où passe un peu du souffle et de la lumière mélancolique d’une île suédoise et du souvenir de Shakespeare. – Magali Bertrand

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Il était une fois un petit garçon brillant et singulier, hors des cases scolaires, qui s’ennuie et qui s’isole. Une femme, la maman, en séparation amoureuse. Deux êtres en rupture, tristes, repliés sur leur souffrance.

Soudain le besoin vital d’évasion pour évacuer la culpabilité maternelle et l’insupportable incompréhension de l’échec. Ils trouvent cette respiration à l’île de Ven et puisent dans le décor une source salvatrice d’apaisement et d’énergie. Cette nature enivrante illumine leur quotidien, les rencontres déboutent peu à peu les douloureux souvenirs. Célian s’émerveille de la faune et de la flore, explore, fouille, va toujours plus loin. Le lecteur l’accompagne avec Tycho Brahe , astronome de la Renaissance et revisite le système solaire, les Muses et Shakespeare. Le paysage reprend des couleurs. « C’est donc vers l’air que je déploie mes ailes confiantes ».

Quel petit Tigre attachant, déconcertant qui pose son regard à côté: « ce qui le fascine le plus, ce ne sont pas les étoiles scintillantes mais le noir entre les lumières ».

Très joli livre( conte) qui met en avant les particularités des uns, les priorités essentielles des autres et surtout  » la rêverie infinie » sur l’ailleurs.

Bien jolie lecture. – Corinne Tartare

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En tant que parent, nous avons tous le sentiment que notre enfant est spécial, c’est aussi le cas pour Mary, d’autant que son petit Célian est si sensible, si rêveur. La nature l’émerveille mais retenir les jours de la semaine ne l’intéresse pas, seulement sa maîtresse ne le comprend pas et cela devient compliqué pour lui. Mary l’accompagne mais elle est en proie à la mélancolie depuis que François l’a quittée. Alors tous les deux vont prendre la direction de cette île mystérieuse, celle de Tycho Brahe, cet astronome qui les passionne tant.

Avec la première partie, l’autrice nous montre toutes les difficultés pour les enfants qui n’entre pas de le moule demandé par l’éduction nationale et quand l’enseignant accompagne l’enfant et prend ses différences en compte cela peut bien se passer, malheureusement par manque de temps, de moyen ou parfois de compréhension certains élèves partent à la dérivent. C’est le cas de Célian et j’ai vraiment été touché par ce jeune garçon et indigné par les réactions de l’enseignante!

Puis le départ vers l’île pour aller de l’avant, reprendre son souffle aller sur les traces de celui qui les fait rêver, la tête dans les étoiles, entouré de nature ils vont se reconstruire! Un roman très poétique tout en délicatesse l’autrice nous conte cet enfant céleste mais aussi sa mère. J’avoue m’être malgré tout attendu à autre chose et même si l’histoire de Tycho Brahe est intéressante, je trouve qu’elle prend trop le dessus j’aurai aimé que l’histoire de Célian soit plus approfondie.

Un premier roman poétique, une bulle d’évasion, de douceur et de tendresse. Cet enfant céleste et sa mère sont très touchants et ce moment sur les pas de l’homme qu’ils admirent est un vrai instant de partage. – Julie Campagna

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Partir à la rencontre de L’Enfant céleste, c’est se laisser porter par la poésie et la douceur, par l’astronomie et le naturalisme.
Mary vit une rupture douloureuse, elle peine à reprendre pied et goût à la vie.
Céline, son fils, est différent. Trop rêveur, pas assez ajusté ou présent, il ne parvient pas à trouver sa place à l’école.
Elle décide de leur offrir une pause, un répit, un ailleurs ressourçant. Il parte sur les traces de Tycho Brahe, sur une île de la mer Baltimore. L’illustre astronome du XVIe siècle y avait conçu et un installé un extraordinaire observatoire, d’où il a étudié le ciel.
La nature omniprésente (végétaux, terre, ciel, mer , faune) est décrite avec passion et émerveillement. Elle comble et apaise la mère et le fils.
Les rencontres qu’ils font, les échanges qu’ils ont sur les astres mais aussi Shakespeare ou sur l’histoire de l’île les aident à retrouver joie et sérénité.
Chapitres courts et langue épurée permettent une lecture fluide et rapide de ce court roman, on plonge avec facilité dans l’atmosphère flottante … mais l’ensemble manque pour moi un peu de corps, de densité et me laisse un peu sur ma faim. – Christine Gazo

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C’est une histoire d’amour et de reconstruction. L’amour d’une mère pour son fils si spécial. La reconstruction de cette mère après une histoire d’amour mais aussi celle de l’enfant qui ne trouve pas sa place à l’école. 

Je dois avouer avoir eu du mal au départ. Ce livre se compose de plusieurs chapitres courts, des moments de vie qui s’enchaînent de façon non chronologique sans lien.. Tellement de mal que je me demandais parfois qui était le narrateur… 

C’est la deuxième partie, le départ pour l’île de Ven et l’aventure, qui m’aura m’emportée. J’ai adoré les descriptions de l’île, cette île qui devient comme un personnage à part entière de l’histoire.

J’ai aimé l’amour que Mary porte à son fils Célian.

Mais plus que tous les autres, Célian a ma préférence.  Ce petit garçon précoce avec une sensibilité si rare. Il est beau de voir le monde à travers son regard et d’avoir un accès direct à ces pensées foisonnantes. 

Bon moment de poésie. On ressort de ce livre avec un certain apaisement, peut-être l’ambiance paisible de l’île de Ven ?  – Ana Pires

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Celian est un jeune garçon singulier. Incompris à l’école et marginalisé. Hyper sensible. Surdoué. Et si proche de sa mère Mary. Mary, elle, se remet difficilement d’une rupture. Un jour, Pierre lui a simplement dit qu’il ne l’aimait plus. Et tout s’est écroulé. Pour s’extraire et se remettre de toutes ces blessures, Mary part dans  le Morvan auprès de sa mère avec Celian. Tandis  qu’elle voit son fils s’épanouir dans cette nature abondante, elle se souvient que son père, mort suicidé quand elle avait 7 ans, lui racontait l’histoire du savant danois Tycho Brahe, le premier à avoir élaboré une carte du ciel au XVIe siècle. Pour ne pas sombrer plus dans la mélancolie de sa rupture, pour emmener son fils loin de tout, elle décide de partir avec Celian sur l’île de Ven, au large du Danemark, où ce savant Tycho Brahe a créé jadis « le plus grand observatoire de l’Occident ». Dans la pension de Solveig, Celian et Mary vont découvrir un lieu magique et des personnalités attachantes entre un universitaire anglais, habitué de cette pension et specialiste de Shakespeare et Bjorn, un cousin de Solveig. Et c’est tantôt la voix de Mary, tantôt la voix de Celian qui s’élèvent.

Dans cette île, on croise aussi Shakespeare, Tycho Brahe. Le livre est ponctuée de références littéraires toutes disséminées à propos. Et c’est si beau.

Enfin la nature, personnage complet, y est magnifiée et célébrée. 

A ce stade, il ne faut pas en dire plus. Mais juste découvrir ce livre absolument merveilleux. 

Beauté, poésie, pure magie sont les mots qui me viennent à l’évocation de ce livre L’enfant céleste qui porte si bien son nom. Il y a ici tout ce que j’aime éprouver quand je lis, la surprise mêlée d’émotions variées, la découverte d’une écriture ciselée, la construction romanesque fluide .

Sublime. – Sonia Chatain

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Amour déçu et vie scolaire peu épanouissante, c’est de cette façon que nous sont présentées les vies de Célian, 10 ans et de Mary sa mère. Ils essaient pourtant d’accueillir la vie et d’être heureux, mais rien ne les retient dans ce quotidien morose, dans ce Paris qui enferme, qui entretient les souffrances, dans ce Paris ou Célian ne peut s’exprimer, lui qui communique si bien avec mère nature…

 Alors ils partent tous les deux, vers une île, et pas n’importe quelle île, l’île qu’il connaissent déjà grâce à leur livre de chevet, l’île qui fut le refuge de Tycho Brahe, célèbre astronome de la Renaissance, personnage dont l’histoire fut léguée des années auparavant à Mary par son père défunt, une île qui offre ses secrets à qui veut bien les accueillir, une petite île dans la mer Baltique…

La Renaissance ici, revêt une double signification, elle n’est plus qu’une simple virgule dans l’histoire, elle est la Renaissance de ces deux êtres blessés qui ne demande qu’à s’épanouir. C’est là que Mary oubliera ses tourments, c’est là que Célian s’immergera dans cette nature qu’il aime tant, et montrera combien l’intelligence ne réside pas obligatoirement dans les prouesses scolaires.

Peu de personnages dans ce récit, mais chacun apporte à sa façon, de l’eau au moulin de la connaissance de l’île et de son histoire.

Ce beau roman à l’écriture apaisante et poétique semble m’avoir ressourcée autant que les deux êtres venus en cet endroit pour s’y reconstruire, il m’a beaucoup appris au sujet d’un personnage dont je n’avais jamais entendu parler, il me laisse une sensation de bien – être et son souvenir me sera agréable. – Roselyne Soufflet

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Mary, et son fils, Célian. 

Mary se remet difficilement d’un chagrin d’amour. Célian est un enfant intelligent mais atypique. La matière scolaire ne l’intéresse pas, sa maîtresse le juge paresseux. Un peu submergés par un quotidien qu’ils ne parviennent pas à apprivoiser, les deux vont s’évader quelques mois dans une île au large de la Baltique, sur les pas de Tycho Brahe, un astronome, astrologue, alchimiste danois du XVIe siècle. Là, dans une nature splendide, entre ciel et mer, ils vivent une parenthèse enchantée.

Ce texte, au départ, ne m’a guère inspirée. Une suite de paragraphes, sans fil conducteur : j’ai failli abandonner. Miracle ! Le séjour dans cette île en Suède m’a emballée. L’action continue de briller par son absence. L’émotion plane, on goûte des petites choses, une succession d’instants telles des photographies prises sur le vif. On parle littérature, astrologie. Célian observe les étoiles, scrute les insectes. Les mots sont gracieux, les phrases élégantes. J’ai regretté que Mary et Célian retournent en France. J’ai dû revenir dans la réalité. – Hélène de Montaigu

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Célian est différent, rêveur, la « tête dans la lune » ; il ne trouve pas sa place dans le schéma classique de l’école. Mais il est tellement sensible et intelligent.

Mary, sa maman, vient de vivre une rupture amoureuse et souffre aussi de voir son enfant malheureux.

Un jour Célian pose à sa mère la question qui le préoccupe : 

« si tu pouvais, tu partirais où ? (…)

– peut-être que j’aimerais me reposer dans une cabane au bord d’un lac entourée d’oiseaux. Et toi ?

– Sur une île recouverte d’une forêt vierge. Comme Robinson Crusoé. »

Alors elle décide de partir avec lui sur une île ayant appartenu à un astronome renommé où la nature est préservée, où le ciel est beau de jour comme de nuit.

« Ce sont les étoiles, les étoiles tout là-haut qui gouvernent notre existence ».

 Et ils vont ensemble guérir leurs blessures et (re)trouver leur chemin…

C’est un roman tout en délicatesse, plein de douceur, de tendresse, de poésie. C’est l’amour inconditionnel d’une mère pour son enfant…

Lumineux, céleste… superbe !

2ème Coup de cœur sur seulement 3 livres lus… Quelle sélection les 68 !! Merci !! – Anne Laude

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L’enfant céleste fut un moment de lecture agréable, enveloppant. La délicatesse pour dire la différence, la différence à endurer et à protéger, le doigté pour peindre la tristesse d’une rupture amoureuse, la confusion des sentiments qui brouille tout ; une île à arpenter, une nature à ressentir au plus près, la sensualité des sens et des corps dans la rencontre…Tout est bien là et réussit à susciter le rêve, le rêve qu’on a tous envie de rejoindre, un jour : s’enfuir, s’évader loin de tout ce qui retient et pèse et dans l’inconnu retrouver le chemin de soi en vérité. « Je comprends enfin cette notion enseignée dans un cours de philosophie : l’aventure, plus qu’une interruption du cours des événements ou un voyage vers un ailleurs inconnu et exaltant, est surtout une disposition à être dans le temps. »

Alors pourquoi je ressens une réserve, une retenue qui m’empêche l’enthousiasme heureux. Les parties qui nous instruisent sur la vie de Tycho Brahe remplissent parfaitement l’objectif de nous apprendre et l’on comprend le choix de l’astronome dans la liberté à gagner, l’ingéniosité à défendre au-delà des codes, des convenances et du visible….Choix pertinent lequel fait écho de bien jolie manière à l’intelligence sensible de l’enfant en quête d’espace pour être lui-même sans crainte ni rejet. Malgré cela ces séquences m’ont par moment mises mal à l’aise comme si le trop d’érudition, sa forme, son insistance m’avait un peu perdue, tranchant trop sèchement avec le désarmement, le doute, tout ce qui fait tanguer Mary avant son départ sur l’île.

Autre écueil que je dois avouer : malgré le joli qui a fait mouche souvent, la vulnérabilité m’est apparue trop écrite, et je l’ai davantage  ressentie comme un exercice de style plus qu’un mouvement sincère. Peut-être parce qu’il n’est pas simple de transmettre la fragilité, qu’elle s’effleure plus qu’elle ne se démontre et que le joli ne suffit pas à en décrire le mystère et l’épaisseur, son silence.

Dernier aveu : je me sens triste de rédiger ce billet car ce fut un agréable voyage sur une île lointaine, en mer Baltique et j’ai aimé observer cet enfant, le deviner si attentif, si concentré dans l’avidité d’apprendre, et d’offrir  son esprit rapide au monde environnant. La liberté en cadeau pour cet enfant marque ce roman d’un geste d’amour incomparable comme on désirerait en voir, en agir, plus souvent, loin de la pression, de la loi du groupe, toujours plus fort alors que, alors que… « Les personnes libres trouvent ce à quoi elles aspirent- c’est leur privilège. » – Karine Le Nagard

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Mary vient de subir une rupture amoureuse. Elle décide de partir en vacances sur l’île de Ven avec son fils Célian, son petit garçon de 10 ans à haut potentiel qui souffre à l’école. L’île de Ven, sur la mer Baltique entre Copenhague et Elseneur, c’est l’endroit où a vécu Tycho Brahe, astrologue du 16ème siècle. Célian est féru d’astrologie, et se passionne pour la faune et la flore locale, trouvant là de quoi rassasier son insatiable curiosité, tandis que sa mère trouve un peu d’apaisement à échanger avec un professeur de littérature britannique avant de rencontrer un natif de l’île qui parvient à épancher ses blessures.

Mary se raconte, raconte son fils, raconte son père qui lui a fait découvrir Tycho Brahe ; elle parle aussi du travail du Professeur, qui défend la thèse selon laquelle Hamlet serait l’illustration de la dispute ayant opposé l’astrologue à ses confrères. Dans son récit se mêlent Shakespeare, les constellations, les oiseaux de l’île, les cheveux blancs de Björn et ses caresses, le corps qui renaît doucement au désir de vivre. De cette parenthèse de deux mois passés sur cette île enchantée, mère et fils repartent apaisés, et prêts à revenir dans la vie. Il y a beaucoup d’érudition là-dedans, mais jamais de forfanterie, et surtout, beaucoup de douceur. Cette histoire est la sensation d’une main apaisante sur un front brûlant, un plaid posé sur l’enfant endormi, rêvant d’un  voyage entre mer et étoiles, au milieu des oiseaux marins. – Emmanuelle Bastien

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Mon cœur a fondu pour cette petite merveille baignée de douceur, de sensibilité et de lumière.

On y rencontre une mère et son fils ; elle veut partir, fuir vers un ailleurs meilleur ; lui est hypersensible, incapable de faire les compromis qui rendent la vie acceptable.

Leur refuge sera une île de la Baltique, sauvage et accueillante à la fois, une sorte de paradis perdu à la nature intacte, où il n’y a personne pour faire souffrir ou pour juger, où l’on peut vivre une vie à la Robinson au milieu des habitants d’aujourd’hui et ceux d’hier aussi : un professeur âgé, une chaleureuse hôtesse, un fameux astronome danois du 16e s qui ouvrit la voie à Copernic (il est également question de Shakespeare…).

L’écriture mélange l’intime et l’universel et dit à merveille la puissance de la nature autant que la poésie des lieux, les sentiments des personnages et la découverte de la liberté.

Lire ce beau roman, c’est s’offrir un moment captivant et hors du temps, une expérience particulièrement bienvenue par les temps qui courent. – Marianne Le Roux Briet

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Célian est un petit garçon rêveur, intelligent mais qui a dû mal à s’intégrer dans une classe normale, il est tête en l’air et s’intéresse plus à une pouce d’herbe dans la cour qu’aux jeux des autres enfants, il arrive à se souvenir du nom des étoiles et pas de ses leçons. Alors, après une rupture amoureuse de ses parents, il part avec sa mère, se ressourcer tous les deux sur l’île de Ven en Suède. Cette île a été l’ïle où Tycho Brahe, astronome de la Renaissance a fait construire l’un des premiers observatoires et où il a réussi à dessiner l’une des premières cartes du ciel.
Le fils et la mère vont alors aller passer plusieurs jours sur cette minuscule île.
Un texte intime sur les questionnements d’une femme larguée, d’une mère un peu dépassée par ce jeune fils trop sensible et rêveur et sur l’histoire de cet inventeur, astronome de la Renaissance flamande.
Cette juxtaposition entre l’histoire contemporaine de l’histoire intime de cette femme, mère et celle de ce savant dont j’ai appris beaucoup de choses sur sa vie, romanesque à souhait, mais aussi la rencontre de ce vieil professeur de littérature anglaise, qui lui aussi séjourne sur l’île et qui travaille sur Shakespeare et le texte d’Hamlet et ses mystères que ce soit sur l’écrivain et sur cette pièces, m’ont dérouté et n’ont pas fait de ce texte un coup de coeur pour moi.
Un texte poétique, intime, historique mais peut être que l’auteure a voulu trop en raconter mais je suis satisfaite de rencontrer au fils de ses pages un personnage historique dont j’ignorai l’histoire et je vais continuer ma découverte en laissant des romans sur ce personnage de la Renaissance et qui a une vie si romanesque. C’est cela aussi la lecture, une déception face à ce texte mais la découverte d’un autre personnage et envie d’en savoir un peu plus sur lui et aussi de belles description de cette île suédoise, perdue au large de la mer Baltique. – Catherine Airaud

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L’enfant céleste » est un très beau roman dans lequel on suit Mary, qui peine à se remettre d’une séparation amoureuse brutale et Célian, son fils, sensible, rêveur et solitaire, passionné de nature et d’étoiles, qui ne s’épanouit pas à l’école et doit faire face à une institutrice assez dure et peu concernée par sa sensibilité.Pour respirer, Mary décide d’aller passer quelques mois sur l’île de Ven, endroit où vécut pendant 20 ans Tycho Brahe, astronome du XVI, dont elle et son fils sont passionnés, héritage des récits que son père lui faisait quand elle était enfant.Cette lecture fut vraiment une réussite. On ressent la bienveillance et la douceur des iliens, les journées rythmées de promenades, de découvertes, d’observation et de discussions autour de Tycho Brahe et Hamlet.Ce fut une lecture douce et enveloppante, qui réconcilie avec le monde, avec les autres. J’ai été très touchée par l’amour et la tendresse qu’a Mary pour son « grand garçon ». J’ai aimé cette douceur de vivre, de partager, qui répare leurs blessures.Quant aux passages sur Tycho Brahe, j’ai été fasciné par ce personnage, haut en couleur, par ces réflexions et ce lien avec Shakespeare et Hamlet…  – Agathe Bertrand

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Quelle belle lecture pour terminer le week-end et commencer les vacances..! « L’enfant céleste », c’est l’histoire de Mary, qui décide d’emmener son fils Célian découvrir l’île où un astronome de la Renaissance, Tycho Brahe a  redessiné la carte du Ciel. Une manière d’offrir une parenthèse à cet enfant un peu en décalage mais tellement ancré dans la nature, et pour elle, de se soulager d’un chagrin. Maud Simonnot nous emporte sur Ven, cette île de la Mer Baltique, et nous offre un voyage poétique, émouvant et même instructif ! – Marianne Lamour

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« Nous sommes de l’étoffe dont sont faits nos rêves. » Shakespeare – La tempête

 Maud Simonnot nous offre un magnifique voyage avec un roman hypnotique qu’on ne lâche pas jusqu’à la dernière ligne. L’intrigue est minimaliste, portée en douceur par une écriture épurée, délicate, poétique. En évoquant la force de la nature dans laquelle s’ancrent ses personnages, elle relie l’intime à l’universel et le charme opère.

C’est une rupture amoureuse, imprévisible, sans explication tangible fait vaciller une vie, celle de Mary. Célian, son fils, enfant lunaire, enfant précoce, une sensibilité à fleur de peau, incompris et malheureux à l’école porte des chagrins devenus trop lourds. Alors Mary prend la décision de quitter Paris, de partir chez sa mère, dans le Morvan, se reconnecter avec la nature. Bonheur pour Célian de retrouver cette grand-mère au «parfum d’armoise et de verveine».

Puisque sa vie lui échappe, Mary s’octroie l’audace de tout quitter pour partir avec son fils sur l’île de Ven, paradis perdu au large du Danemark. Là-bas, Tycho Brahe, surnommé « le pape de l’astronomie » a fait construire au temps de la Renaissancele plus grand observatoire de l’Occident, « Uraniborg ». 

Mary raconte ce séjour apaisant pour elle comme pour son fils dont on entend la voix en alternance, la voix d’un enfant attachant qui se fait explorateur et peut laisser libre cours à sa perception sensible du monde. L’un et l’autre vivent avec la nature, entre  terre et ciel, la tête dans les étoiles. Ils mènent sur l’île une petite enquête sur la vie aventureuse de Tycho Brahe, personnage fantasque et étrange qui fascinait le roi du Danemark Frederic II. Il a cartographié le ciel et Shakespeare se serait inspiré de lui pour créer Hamlet.

Ce jeu de piste passionnant redonne de l’énergie à Mary et Célian. Sur l’île, entre rêve et réalité, les souffrances s’estompent, laissant place à des moments de vie précieux.

Le roman de Maud Simonnot, subtil et émouvant, est de toute beauté ! L’amour d’une mère pour son fils illumine le récit.

N’hésitez pas à partir sur l’île de Ven avec Mary et Célian, rêver à la lumière des étoiles, penser à toutes les énigmes que recèle encore la voûte céleste. – Josiane Sydenier

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L’Enfant céleste de Maud Simonnot est à un roman à l’image de son titre: poétique et lumineux. Mary a besoin de se retrouver, perdue dans sa vie après une rupture, seule avec son fils Célian, enfant rêveur qui ne trouve pas sa place à l’école. C’est sur une île de la Mer Baltique, sur les traces de l’astronome Tycho Brahe, que tous deux vont retrouver la douceur et la beauté de la vie. Érudit, ce roman fait découvrir la destinée extraordinaire d’un astronome de la Renaissance qui aurait inspiré Hamlet. Maud Simonnot enveloppe son lecteur de douceur en décrivant avec poésie la sensibilité de ses personnages. – Isabelle Dumont-Dayot

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« Étendez-vous sur le sol, la nuit, loin des lumières. Fermez les yeux. Après quelques minutes, ouvrez-les sur la voûte étoilée…Vous aurez le vertige. Collé à la surface de votre vaisseau spatial, vous vous sentirez dans l’espace. Goûtez-en longuement l’ivresse. » – Hubert Reeves

 « Les personnes libres trouvent ce à quoi elles aspirent – c’est leur privilège. »

Ce premier roman vient de recevoir le Prix Choix Goncourt de l’Italie et ce sont les mots économes d’Erri De Luca, auteur italien que j’affectionne, qui peut-être en parlent le mieux :

« En tant que lecteur et résident d’îles, je retrouve dans les pages de ce roman l’intacte merveille des nuits d’été, les yeux grands ouverts sous la mystérieuse procession des étoiles. »

Avant même la lecture, l’écrin du 1er roman de Maud Simonnot, L’Enfant céleste, publié l’été dernier aux éditions de l’Observatoire, est une invitation à la rêverie. La texture de la photographie de Tristan Hollingsworth en couverture sied à merveille au monde secret que nous allons pénétrer. Ce roman est à lire toutes affaires cessantes quand l’envie de mettre la vie sur pause devient impérieuse. Autant vous dire que ces temps-ci…

Une pause. C’est ce que vont s’offrir Mary et Célian, son fils d’une dizaine d’années ; c’est ce que je me suis offert, pendant deux (trop) petites heures, lovée dans ce cocon littéraire, où rêve et poésie racontent combien les jours sont fragiles, combien la liberté est un privilège qui se gagne chèrement.

Mary et Célian. Deux êtres à tanguer dans la tourmente.

Pierre, écrivain, « se tenait au bord de l’amour ». Sans courage, il vient de quitter (congédier ?) Mary par un SMS foudroyant : 

« « Je n’aurais pas voulu mettre de tristesse dans ta vie mais je voudrais qu’on arrête. » Et cette phrase, qui me pulvérise : « Je ne peux pas faire l’amour sans amour. » Il n’y aura jamais d’autre explication. »

Il faut dire que ces deux-là étaient bien mal assortis, comme chien et chat dit-on :

« Pierre avait ri : « Tu es comme les chiens, tu as besoin d’un environnement particulier pour être heureuse. Je serais plutôt un félin, les lieux me sont indifférents. » »

Pour Célian aussi, la vie cahote. La maîtresse juge que cet enfant précoce, volontiers distrait lors de cours qui ne l’intéressent guère, est un « touriste paresseux ». Cynique, elle ne rechigne pas à l’humilier 

« Puisque tu es si intelligent prouve-le. J’attends ta réponse, monsieur de génie. »

faisant de lui la risée des autres élèves quand les larmes jaillissent sous l’affront

« Oh, le pauvre bébé… »

Partir, comme une évidence. Ouvrir une parenthèse loin d’un monde peu amène, jonché d’« oiseaux crevés et [de] corps recroquevillés »

Ce qui compte demande que l’on suspende le temps. Mary le sait.

« Je vais demander un congé, louer l’appartement, déscolariser Célian pour le temps qui reste avant les vacances d’été, et nous allons partir sous un ciel où nous respirerons mieux. Même si fuir ne résoudra ni les blessures de l’enfance ni celles de l’amour, tant pis, je ne peux pas continuer de me laisser aller ainsi à cette dévoration mélancolique. »

C’est un « je » à plusieurs voix qui raconte, Mary et Célian se partageant la parole pour dire, en trois parties et de très courts chapitres, la fragilité des jours chagrins, entre un amour défunt et une enfance malmenée parce que différente et incomprise :

« Dès sa naissance on le sait. 

On se dit que cet enfant-là est différent. […]

On le tient entre ses deux mains, ce nourrisson réfugié dans une noix, si petit, si doux. Les reflets d’or clair de ses cheveux. Et ce regard un peu voilé qui ne le quittera plus. Lunaire. Oui c’est ça, un enfant céleste. »

L’autrice fait se succéder avec bonheur l’écriture douce et délicate de Mary et celle, simple et pourtant érudite, de Célian, sans jamais renoncer au trait poétique. Voilà un futur collégien qui parle juste, avec des mots et des phrases d’encore enfant : on « écrabouille » la main, on ne masque pas ses fréquents « il y a » sous des tournures plus travaillées, on laisse sans coordination ses phrases courtes. Il est toujours périlleux, je pense, d’apprécier quelle parole donner à un enfant, de surcroît quand il est surdoué ; Maud Simonnot réussit parfaitement à trouver le phrasé authentique de cette période de la vie quand l’adolescent ne sait plus trop qui il est, surtout dans ce roman où il est pris entre enfance et précocité.

Après un séjour sur les lieux de l’enfance, chez Granny, dans le Morvan, 

« En l’accompagnant dans ce jardin qu’elle crée par tous les temps, je songe que la vitalité organique des plantes doit être un remède à la mélancolie. Se fondre dans la simplicité d’un jardin, retrouver chaque jour cette nature généreuse, est peut-être une façon de consentir encore au monde. »

ces deux cabossés d’un quotidien « stagnant », passionnés d’astronomie depuis toujours, vont se laisser dériver jusqu’à l’île de Ven « à mi-chemin entre Copenhague et Elseneur dans le détroit de l’Øresund, perle aujourd’hui suédoise de la mer Baltique », sur laquelle Tycho Brahe, astrologue du XVIe siècle, a fait construire un observatoire pour redessiner la carte du Ciel. Sa vie, qui ne dépare pas les meilleures légendes, ne peut qu’être« une source de rêveries intarissables » pour Célian, comme elle l’a été pour Mary avant lui.

« Combien de fois dans une vie réalise-t-on vraiment ce dont on a envie ? »

Une île. Tout un symbole : microcosme isolé, terre d’oubli, une île où faire retraite pour être en paix avec les autres, avec soi-même, pour panser les blessures d’amour et celles d’enfance, au plus loin des obligations scolaires ou sociales, au plus près de la réconfortante grandeur de la nature et de la bienveillance des habitants, peu nombreux. L’accueillante Solveig, propriétaire de la pension où ils ont déposé leurs lests, l’« ours » Björn, cousin revenu restaurer la maison de famille dont il vient d’hériter, ainsi qu’un professeur de littérature anglaise à la retraite, « homme élégant, vêtu de blanc, très pâle » surnommé Des Esseintes d’après le dandy cynique et désabusé d’À rebours. Épris de Shakespeare, cet érudit tient que Hamlet retracerait la controverse opposant Tycho Brahe, l’homme « qui a su voir dans le Ciel ce que personne n’avait vu », à ses détracteurs. Sans oublier Loki, le briard de la pension qui ne quitte plus Célian. Autant de personnages que Maud Simonnot a pris soin de révéler dans leur complexité, évitant de rester à leur surface.

Le monde de Ven est petit, les ciels d’été, immenses et les étoiles, complices. À l’âge où tout se vit intensément, Célian « a enfin un espace à sa mesure » : il jouit d’une totale liberté pour « s’adonner complètement à l’univers secret de l’enfance » et à la photographie animalière, sa grande passion, et il partage la vie d’îliens qui se soucient comme d’une guigne de sa précocité. Mary trouve dans la peinture d’aquarelles le calme pour faire refluer« la souffrance [qui] s’est dissoute dans la pureté des paysages de Ven » et, dans les bras de Björn, l’abandon au désir, le battement de l’existence qui passe.

« La forêt bordant la pension est exactement celle où j’ai marché dans mes rêves cet hiver mais c’est, aussi, celle de mon enfance. C’est le même feuillage argenté des bouleaux contre le ciel pur, les mêmes petites stellaires à la blancheur éclatante parsemant les talus, les mêmes rayons du soleil sur la mousse. D’odeur en odeur ainsi se reforme ma mémoire de fille aux cheveux emmêlés et aux bras égratignés à force de grimper dans les arbres, de franchir les buissons de ronce en espérant disparaître avec les animaux sauvages, jusqu’à ce que les fins d’été viennent contraindre mes jeux et ma liberté. »

La nature, l’émerveillement, la compagnie conviviale des îliens, 

« Je me demande quels souvenirs Célian gardera de ces conversations, elles l’aident à grandir autant que l’air et le soleil de cette île. » 

la réconciliation, la résilience, et le vent du large chargé d’embruns qui cicatrisent les plaies du cœur sous la protection d’une myriade d’étoiles. 

L’Enfant céleste est un roman tendre et flottant. À l’image des maisons de Ven, il décline « des tonalités douces, assourdies, reposantes ». Le lire, c’est s’accorder un moment léger et aérien, hors du temps, dans un cadre exceptionnel et préservé, empreint de sa part de mystère comme le suggère le flou lumineux de la couverture, décidément très réussie.

J’aurai une réserve, une seule : l’artificialité des passages qui racontent Tycho Brahe, utiles certes pour qui, comme moi, ignorait tout de l’homme« qui un jour a demandé une île en cadeau pour mener la vie qu’il voulait. » Aussi instructifs soient-ils, ils peinent à se glisser harmonieusement dans le flux du récit. L’emploi du passé simple, érudit et encyclopédique, n’est sûrement pas étranger à l’impression tenace que ces incursions dans la truculente biographie de cet astronome de la Renaissance manquent de spontanéité. N’allez pas penser que je suis une exaltée militant pour la disparition du passé simple, cependant Maud Simonnot semble avoir oublié qu’ici une mère s’adresse à son enfant. Bien plus juste est la parole au présent du jeune guide suédois, quand elle captive Célian par son immédiateté pour le plonger in medias res dans la vie de Tycho Brahe.

Il reste que l’écriture poétique de Maud Simonnot a la limpidité des ciels de Ven, la sérénité du jardin de Solveig et la légèreté du vol des libellules.

« Je souffle sur les graines d’un pissenlit pour qu’elles s’envolent. Les akènes aux aigrettes gris perle, symbole de l’univers en expansion, montent très haut, jusqu’à disparaitre dans le ciel. J’ai fait un vœu. »

Quel serait le mien ?

Je forme le vœu que vous suiviez le conseil de Hubert Reeves cité en ouverture de cette chronique. Après avoir refermé ce livre – oui, je sais que vous le lirez – étendez-vous, levez les yeux vers les étoiles et laissez la magie de L’Enfant céleste faire le reste. Vous sentirez le sel des embruns, la fraîcheur du vent et les parfums pénétrants de la forêt. Vous vous noierez dans l’azur limpide du jour et la noirceur lumineuse du ciel nocturne. Vous entendrez le rire des mouettes et le clapotis des vagues sur la grève, auxquels se mêlent les éclats sourds et rassurants de lointaines conversations bon enfant. Enfin, abandonnez-vous au vertige et vous éprouverez combien nous sommes insignifiants face à l’immensité céleste.

Ce roman, lent et contemplatif, à l’intrigue certes ténue, nous emmène loin, très loin. Si loin que l’on y reste encore un peu, mélancolique d’avoir tourné la dernière page. – Christine Casempoure

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Une petite musique 

C’est l’histoire d’un enfant pêcheur de lune, de vents contraires et d’une mère insulaire. Une histoire toute en délicatesse qui  enracine nos choix dans le terreau d’une nature fertile et sauvage. L’écriture élégante, menton relevé, de Maud Simonnot est une invitation à discerner l’essentiel. Elle serre d’écrin à la petite musique de nos vies. J’ai aimé m’y abandonner, baisser la garde et imaginer qu’à mon tour j’oserais les chemins de traverse. – Karine Michenet-Meynard

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L’enfant céleste est le premier roman de Maud Simonnot.

On part d’un garçonnet Célian, passionné par ce qui est extra scolaire, mais qui s’ennuie à l’école, pour passer à Mary, sa maman éplorée à cause d’une histoire d’amour qui finit mal, et terminer avec une certaine paix retrouvée grâce à une île suédoise hors du temps, l’astronome Tycho Brahe et Shakespeare.

Je dois avouer mon ignorance mais je n’avais jamais entendu parler de Tycho Brahe avant de lire cet ouvrage. Ce personnage à la fois génial, farfelu et cruel est comme un fil conducteur tout au long du récit. Et penser qu’il aurait pu inspirer le personnage d’Hamlet rajoute à son étrangeté.

L’enfance de Mary a été baignée dans le mythe de l’astronome et elle a transmis sa passion à son fils. Aussi c’est tout naturellement qu’ils viennent se ressourcer dans l’île suédoise de Ven où l’astronome avait fait construire un château fou avec un observatoire astronomique. Ce retour aux sources avec des plaisirs simples dans la nature préservée de l’île permet aux deux de se reconstruire.

C’est magnifiquement écrit, mélancolique et doux. De très courts chapitres donnent la parole en alternance à la mère et à son fils, Mais c’est aussi très érudit (trop pour moi qui pense que le récit aurait gagné en profondeur avec un peu moins de science). Contempler le monde céleste est certes apaisant mais la délicatesse de la plume de Maud Simonnot ne m’a  pas suffi. – Françoise Floride

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Mary et Célian son fils s’envolent quelques semaines sur l’ile de la baltique  « Ven ». Ils quittent Paris.

 Mary, suite à une rupture amoureuse douloureuse et Célian, enfant surdoué et incompris par son enseignant, vont s’immerger sur l’ile où le célèbre astronome Tyché Brahe avait trouvé refuge.

Un livre tout en douceur et grâce. Je me suis sentie portée par la nature sauvage, comme dans un cocon. J’ai suivi ces deux personnages, ressenti les odeurs, écouté la nature, admiré ciel  et étoiles. Une promenade poétique, un bien fou !

Tous les personnages sont attachants et donnent envie de les retrouver sur cette île sauvage.

Un seul petit bémol…je suis restée à l’écart de la vie de Tycho Brahé, que je ne connaissais pas, un peu trop scientifique pour moi.

Un premier roman prometteur pour les prochains. – Joëlle Radisson

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Mary vit une rupture amoureuse difficile et compliquée. Elle sombre doucement dans une mélancolie protectrice. Mais elle doit se relever, elle doit combattre les souvenirs de cet homme qui la blessent un peu plus chaque jour. Mary doit le faire car elle a un fils, Célian. Un petit garçon rêveur et surdoué, qui n’appartient pas vraiment à ce monde. Alors, pour se sauver tous les deux, Mary décide de partir avec lui sur l’île de Ven, en mer Baltique. Ils vont tous les deux trouver là-bas l’oxygène qui leur manquait, et la force de surmonter leurs fantômes…

Le roman de Maud Simonnot est comme un instant suspendu. On se laisse porter par son écriture poétique, douce, où la nature et les grands espaces font la loi.

On se prend d’affection pour cette femme, Mary, malmenée et fragile, et pour son fils Célian. On les suit volontiers dans les sentiers de cette île légendaire, à l’abris du monde, offerte aux quatre vents.

Maud Simonnot nous offre un très beau voyage, intime et profond, sur les traces d’un astronome mystérieux.

C’est une lecture délicate et mélodieuse, qui nourrit l’âme et apaise pour quelques heures les tensions du quotidien… – Audrey Lire & Vous

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Mary apprend brutalement, sans aucun signe avant-coureur, par un message laconique, que Pierre ne l’aime plus « Je n’aurais pas voulu mettre de tristesse dans ta vie mais je voudrais qu’on arrête. Je ne peux pas faire l’amour sans amour ».  Sombrant dans la mélancolie, Mary se refugie d’abord chez sa mère dans le Morvan. Elle y reprend goût au plaisir de marcher dans l’herbe et se souvient que son père, mort suicidé quand elle avait 7 ans, lui racontait l’histoire du savant danois Tycho Brahe, le premier à avoir ­cartographié précisément le ciel au XVIe siècle. Son fils, Célian, enfant surdoué, s’ennuie terriblement à l’école, où il subit des brimades. Hypersensible, capable d’éclater en sanglots suite à la mort d’une sauterelle, il appartient à « ce peuple d’écorchés, épris de justice », « qui ne peut pas ne pas voir la fausseté du monde sans que ça lui soit insupportable ». Devant ces difficultés rencontrées par Célian, elle décide de partir sur l’île de Ven, une île isolée, au large de Copenhague, l’île où Tycho Brahe  avait établi son observatoire astronomique. Ils logent chez Solveig, une hôte bienveillante, y rencontreront Des Esseintes, un professeur de littérature à la retraite passionné par Shakespeare, Mary y retrouvera l’amour, l’estime de soi, entre les bras de Björn. Mary a « parcouru le cycle entier du chagrin, la souffrance s’est dissoute dans la pureté des paysages de Ven ». En faisant cette retraite, ce séjour très contemplatif, pour être en paix avec elle-même, elle accompli un chemin spirituel nécessaire pour elle après sa rupture amoureuse. Éloignement aussi nécessaire pour Célian, incompris dans le milieu scolaire. Ce séjour lui permettra de devenir autonome « auto-nomos : qui se donne à soi-même sa propre loi ». Célian a enfin un espace à sa mesure car « Peu d’adultes connaissent encore au contact de la nature ces émerveillements de l’enfance ». La mère et le fils vont panser leurs blessures et retrouver la force de poursuivre leur chemin.

Le roman alterne les prises de paroles  de Mary et celles érudites de Célian. Dans le premier récit sont intégrés des éléments biographiques sur l’astronome.  Y transparaît l’amour inconditionnel de la mère pour son fils, un personnage d’une grande pureté qui donne toute sa lumière au roman. L’Enfant céleste s’attache à un sujet sensible, celui des enfants surdoués, dits précoces ou encore différents. C’est un petit livre plein de poésie, plein d’espoirs, porté par une écriture délicate, sensuelle. Un roman tendre, un moment hors du temps dans un cadre exceptionnel. Une invitation à la rêverie « Nous sommes de l’étoffe dont sont faits les rêves ».Françoise Le Goaëc

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La rudesse du climat, les failles et crevasses, les pays du Nord les adoucissent : brumes cotonneuses, tapis neigeux ou moussus, lumières changeantes, horizons laiteux.

Dans ce cocon ouaté, depuis des siècles, des hommes trouvent refuge. Ils peuplent ces pays de leurs croyances et espérances, y installent leurs recherches, écrivent et rêvent sous ces cieux gris et changeants. Une mère délaissée, un petit garçon dont l’esprit ne peut suivre le rail scolaire nous amènent sur leurs traces.

La magie opère, la poésie infuse entre les pages. Une belle écriture pour nous faire découvrir l’Histoire, l’histoire de ces hommes qui ont entrouvert le ciel.

A lire absolument sous un ciel d’été. – Christiane Arriudarre

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Lire également les billets de :

Marie-Claire Poirier : https://abrideabattue.blogspot.com/2021/03/lenfant-celeste-de-maud-simonnot.html

Martine Galati : https://www.lecturesetplus.com/2021/03/l-enfant-celeste.html

Claire Sejournet : https://lamarmottealunettes.wordpress.com/2021/05/05/lenfant-celeste-maud-simonnot/

Fabienne Defosse : https://the-fab-blog.blogspot.com/2021/04/mon-avis-sur-lenfant-celeste-de-maud.html

Nicole Grundlinger : http://www.motspourmots.fr/2020/11/l-enfant-celeste-maud-simonnot.html

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