Ce qu’il faut de nuit – Laurent Petitmangin

« Est-ce qu’on est toujours responsable de ce qui nous arrive ? Je ne me posais pas la question pour lui, mais pour moi. Je ne pensais pas mériter tout ça, mais peut-être que c’était une vue de l’esprit, peut-être que je méritais bel et bien tout ce qui m’arrivait et que je n’avais pas fait ce qu’il fallait. »

Ce premier roman paru l’an dernier est, pour moi, à la fois une découverte bouleversante et une histoire d’hommes au pluriel. Trois hommes, un père et ses deux fils, Fus (Frédéric) l’ainé et Gillou, qu’il élève seul depuis la mort par maladie de son épouse et « Moman » des garçons. Dans leur petite ville de Lorraine, il y a le travail de ce père, cheminot, qui constitue le seul revenu nourricier du trio, son engagement militant dans la section locale du Pari Socialiste et le foot où il accompagne ses fils pour leurs matchs. D’ailleurs le surnom de Frédéric vient de là « Fus » c’est le Fuss allemand, le pied, le foot.

Cette histoire, c’est le père, qui nous l’offre comme un témoignage, un constat. Ce qui a été, ce qui est et ce qui advient. Comme une sorte de fatalisme ou de fatalité. Malgré l’éducation, malgré tout l’amour, toute l’affection (même exprimée avec maladresse) qu’il porte à ses enfants, ce double rôle qu’il assume du mieux qu’il peut, avec ce qu’il est, sa personnalité, ses attentes, ses espoirs placés en eux et sa sensibilité. Un sentiment commun, que je partage volontiers et encore plus à présent que tous mes enfants sont adultes, l’impression d’avoir fait tout ce qu’on pouvait pour les éduquer selon nos normes et nos valeurs et les questions qui nous submergent quand l’un d’eux prend une voie différente, nous renvoie dans nos cordes, nous blesse parfois (souvent?) et nous laisse à penser qu’on a raté quelque chose. Mais quoi? A quel moment a-t-on failli en tant que parent? Ce roman nous fait partager la vie de cet homme. Et c’est beau. C’est fort. C’est grand. Immense. Dans ce quotidien masculin, j’ai eu un peu de mal à entrer. Mais assez vite, je me suis laissée prendre à ce récit. Je m’en suis émue,. Et il m’a submergée. Au sens propre comme au figuré. J’ai laissé couler mes larmes sans chercher à les retenir parce que, même si ça fait mal, ça fait du bien. C’est assez complexe à expliquer. Ma psy le ferait bien mieux que moi, j’en suis convaincue.Ce roman est assez court du reste et il se lit très rapidement grâce à l’écriture simple, délicate et authentique de Laurent Petitmangin. Cela fait déjà trois jours que je l’ai lu et il est là, encore, me nouant la gorge, m’interrogeant, me faisant monter une larme au coin des yeux à sa seule évocation. Je ne sais pas combien de temps il va rester en moi. Mais très longtemps, j’en suis sûre. – Martine Galati

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Un père et ses fils… Un homme seul face à ses garçons qui grandissent, qui cherchent leur chemin, parfois de manière chaotique. Dans ce petit cercle familial, les relations ont été tendres, voire fusionnelles, mais elles sont maintenant plus tendues, voire très froides. Parce qu’un père dépassé ne sait pas comment parler. Parce qu’un aîné perdu ne sait pas comment s’exprimer. Parce que la douleur, la tristesse et l’ennui ne sont pas souvent de bons alliés…

Ce premier roman est juste une petite perle.
Sans trop en dire, pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte, cette histoire est belle…

Le narrateur a perdu sa femme, la « moman », est se retrouve donc à gérer ses deux garçons. Ils sont calmes, tranquilles, ils aident à la maison, ils ne font pas de bêtises. Mais en grandissant, l’aîné voit ses fréquentations changées, ainsi que ses passes temps. Mais il reste présent à la maison, pour son père et surtout auprès de son petit frère.
Les mésententes et les différences sont de plus en plus claires, mais aussi de plus en plus sous entendues, repoussées dans les coins sombres.

Le père ne parle plus à son aîné. Il ne lui fait aucun reproche, ne hausse pas trop la voix non plus. Au contraire, il n’ouvre plus la bouche, ne communique plus. de minuscules, la honte et les blessures deviennent des gouffres. Et lorsque le point de non retour est atteint, c’est toute une famille qui éclate…

Laurent Petitmangin signe ici un roman poignant, d’une rare justesse. le narrateur est un homme blessé mais qui pourtant dégage une grande force, et surtout un réelle admiration. L’écriture percutante va à l’essentiel, sans fioritures, sans émotions déplacées. On fonce dans le mur, le cœur battant, les mains enlacées à celles de Fus, de Gillou et de leur père. Et on ne voudrait jamais les lâcher… – Audrey Lire&Vous

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Une petite ville de Lorraine. Le père, technicien à la SNCF, est un socialiste convaincu, qui continue de retrouver régulièrement ses camarades de la section, même si la foi a déserté les rangs. Il élève seul ses deux enfants depuis la mort de la « môman » : l’aîné, Fus, a préféré le foot à des études assez médiocres, tandis que Gillou nourrit de plus grandes espérances. Les enfants grandissent, Fus se met à fréquenter des gars de l’extrême-droite, tandis que Gillou se prépare à des études à Sciences Po. Le père et le fils ne se parlent plus qu’à peine, tandis que le benjamin part étudier à Paris…

Une vie modeste, simple, des copains, le bistrot, le foot du dimanche. Et les enfants qu’on élève seul, en faisant comme on peut, qui s’éloignent. Le deuxième, par la force des choses, l’éducation nécessaire, l’ascenseur social peut-être. Mais pour le premier, c’est plus compliqué. Les engagements politiques et idéologiques qui vont séparer le père du fils sont tels que, forcément, vient un moment où l’on ne peut plus accepter tout ça, quand la ligne rouge est franchie. A travers ce récit, tout en finesse et sensibilité, qui sonne comme une confession que ferait un type entre deux âges au coin d’un zinc à un auditeur qui serait nous, lecteur, sans s’épancher, sans auto apitoiement ni complaisance, se pose la question de l’amour entre un parent et son enfant : est-il, doit-il être aussi inconditionnel qu’on le croit ? A-t-on le droit de ne plus aimer son enfant ? De se sentir trahi ? A-t-on le droit de mépriser son père ? Et malgré tout, si l’important était d’aimer quand même, même trop, même mal ? – Emmanuelle Bastien

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On dit qu’il faut 100 rhumes pour faire un enfant. On dit aussi « Petits enfants, petits soucis, grands enfants, grands soucis ». Mais, ce que l’on ne dit pas, c’est ce qu’il faut de nuit pour que s’enténèbrent à jamais des liens qui n’étaient que clarté, pour que les silhouettes se floutent et que les trajectoires se brouillent. Ce que l’on ne dit pas, c’est ce qu’il faut de nuit pour que la douleur s’ancre en profondeur et rogne peu à peu la part réservée aux projets, à la légèreté, à la fierté, à la joie.

Ce que l’on sent très bien, en revanche, c’est tout ce qu’il a fallu de talent à Laurent Petitmangin pour donner le jour à ce premier roman empreint de sensibilité et de pudeur, tout en retenue et en rigueur, qui pour mieux laisser venir les émotions de ses lecteurs contient les siennes dans une narration où rien n’est laissé au hasard, ni le rythme des phrases, ni celui du récit. Jamais il ne se perd, ni ne nous perd, dans cette nuit dont il maîtrise toutes les subtiles nuances et à laquelle on aimerait désespérément pouvoir arracher ces personnages si attachants, ces hommes faits pour la lumière. – Magali Bertrand

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Comment va t’il faire ce père, cet homme simple qui vit près de Metz avec ses deux garçons encore bien jeunes lorsque sa femme décède du cancer qui l’a rongé pendant 3 années. Nous voilà donc au cœur de ses impressions, de ses sentiments. Il essaye de faire bien, il pense a ce que sa femme aurait pensé des ses actions et il avance comme il peut en gérant le quotidien. L’ainé ne pose pas de difficultés, bien au contraire, c’est un enfant facile, qui aide comme il peut et s’occupe de son petit frère. Peut être trop facile. Les garçons grandissent, Fus a connu quelques difficultés scolaires mais ne s’en sort pas trop mal après une section technique le voila en IUT. Gillou, le plus jeune va poursuivre ses études à Paris, son frère va l’aider à trouver une chambre  et il rentrera le weekend. Un fossé se creuse entre les garçons et leur père malgré l’amour. Fus fréquente une bande de jeunes affiliés au Front national, ce qui choque profondément son père qui s’est engagé toute sa vie pour la partie socialiste. La distance est de plus en pus grande entre eux. Les deux hommes vivent sous le même toit mais ne se parlent quasiment plus. Heureusement, le retour de Gillou chaque weekend remet un peu de vie dans la maison. Et puis un jour c’est le drame, une bagarre qui a mal tourné, une vengeance qui aggrave encore la situation. Le pauvre père ne sait plus comment regarder son fils, comment l’aimer…

Un  1er roman très émouvant, que l’on a du mal à quitter.  J’aurais aimé voir un peu mieux le cheminement du père vers son fils sur la fin du livre. J’ai eu un peu de mal à comprendre le revirement de sentiment, à voir ce qui lui donne à nouveau l’envie de se battre pour cet enfant pourtant chéri. Je n’ai pas très bien compris non plus la toute dernière page, cette lettre laissée par le fils. Mais l’impression générale de ce qu’il me reste de cette lecture est un moment émouvant et très prenant. – Emmanuelle Coutant

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Je viens de refermer « Ce qu’il faut de nuit », et, je quitte avec tristesse ces personnages qui m’ont accompagné dans la traversée de ce roman authentique et sincère.

J’ai aimé ce récit, raconté par le père de famille, qui nous fait accompagner cette famille endeuillée par la mort de la mère dans une vie simple traversée de petits bonheurs et qui s’ancre dans le cercle familial proche. Au fil des pages, nous suivons cette famille, nous voyons les deux fils grandir, faire leurs propres choix de vie, et peu à peu, les conditions du drame qui se profile se mettre en place.

Cette histoire, parce qu’elle est contemporaine et ancrée à la fois dans une famille ordinaire et dans les clivages de notre société, nous interpelle. Rien d’exceptionnel dans ces personnages et dans la vie de cette famille. Le père de famille nous raconte cette histoire avec simplicité et sincérité, liant intimement l’impression de banalité et le caractère inexorable de cette histoire. On se dit que cet enchaînement de faits et de circonstances qui conduisent au drame pourrait être notre histoire à tous.

Je recommande vraiment la lecture de « Ce qu’il faut de nuit ». – Nathalie Ghinsberg

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Voici le genre de livres dont il est difficile de parler, il m’a tellement plu que je crains de ne pas lui rendre justice. Ce livre m’a bouleversée. Il parle de la relation d’un père avec ses fils, de ce qu’il y a d’incontrôlable, d’insondable, de ce qu’on ne maitrise dans la vie de nos enfants, malgré tout ce qu’on a souhaité ardemment leur transmettre, comme valeurs, comme sens à la vie. 

Ce récit, simple mais pas simpliste, montre à quel point rien n’est écrit à l’avance. On est ici dans un milieu modeste mais pas misérable. Les deux fils ont vécu la maladie de leur mère, les attentes à l’hôpital, l’issue fatale. Et pourtant, chacun ressent les choses différemment. Et il en va de même pour toutes les étapes de la vie. Lorsque le père apprend l’engagement de son aîné auprès d’un groupe d’extrême droite, c’est la stupeur, la honte, l’incompréhension. Le lecteur assiste alors à l’éloignement des deux hommes, même si le conflit ne se traduit pas par des affronts, des disputes. Non, la violence est sourde, silencieuse. Ils ne se parlent plus, que pour l’essentiel, s’éloignent l’un de l’autre. A côté, le petit frère est au milieu, déchiré entre son amour pour son père et pour son grand frère.

Et autour d’eux gravitent quelques personnages très bien campés: le copain de Fus, qui vient prêter main forte à Gilles pour ses études, ce fils que le père aurait sans doute voulu avoir; Jacky, le copain et voisin, qui a un profond attachement pour cette famille…

Mais au fond, ce que j’ai ressenti dans ce texte, malgré cette colère, cette tristesse, cette honte, cette impuissance, c’est un grand grand cri d’amour. Une tendresse sans borne, maladroite sans doute, mais omniprésente. Et en cela, rien qu’en cela, ce livre est beau. Un énorme coup de cœur. – Anne Dionnet

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C’est une histoire de désamour entre un père et un fils, un drame familial ancré dans un milieu populaire de Lorraine. L’épouse, la mère, n’est plus et chacun ravale sa douleur. Il faut tenir le cap après cette éprouvante disparition, le chef parental s’y emploie , comme il peut…la routine fait le reste. La communication se délite, le temps passe, la distance s’installe. Le père perd le fil, soudain découvre et ne comprend pas la détresse de son garçon sorti des balises des valeurs familiales.

L’auteur prend le parti de se pencher sur le désarroi du père et moins sur la souffrance du fils. Ce revirement brutal de posture à la fin du roman a dérouté ma lecture.

Néanmoins, cela demeure une tragédie humaine bouleversante. – Corinne Tartare

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Page après page, il y a la vie, la vie après la mort de la « moman ». La vie qui palpite dans le cœur de ce père de famille qui donne tout son amour pour ses deux petits gars. Il y a l’amour aussi. L’amour de ce père pour ses fils et réciproquement. Et puis il y a l’âge adulte des fils, les non-dits, les absences, les silences, les soirées sans se parler, sans se connaître et puis l’incompréhension et la chute.

Dans cette chute éperdue, la vie que l’on sent glisser entre les doigts du père, l’indépendance de son enfant qui lui  échappe, un jour, inévitablement, s’arrache la sensibilité. C’est ce qui m’aura marqué le plus dans ce roman. La façon dont Laurent Petitmangin raconte, avec justesse, la sensibilité, chez chacun de ses personnages, qui nous accompagne sourdement tout au long du texte et qui  nous frappe, de plein fouet,  à la dernière page. – Anne Richard

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« L’obscurité ne peut pas chasser l’obscurité; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine ; seul l’amour le peut » Martin Luther King

On me tannait depuis un certain temps pour le lire. Je me tenais à distance. Je pensais retrouver le thème de la lutte contre la maladie, la nostalgie d’une vie passée. Outre le fait que le sujet me touche de très près, j’en avais déjà beaucoup lu et repoussai donc le moment de me plonger dans Ce qu’il faut de nuit.
Quand je me suis enfin décidée, je n’ai pas pu le lâcher, non pas parce qu’il s’agit d’un livre qu’on « tournepage » mais parce que la crème pâtissière prend immédiatement : les personnages prennent vie et on a tout de suite envie de savoir comment ils vivent.
J’attribue cet effet à leur réalisme, on ne tombe pas dans des caricatures de héros, modèles auxquels il serait impossible de s’identifier mais bien dans de la chair, du quotidien, de l’humanité, avec un petit h mais au sens très viscéral du terme.
De l’impuissance aussi et comment faire face malgré tout aux terribles épreuves qui attendent ce père et ces fils. Parce que dans la vraie vie, détourner le regard n’est pas tout à fait une option.
Le réalisme ne tourne jamais au drama dans cette histoire, l’auteur a su trouver les mots justes, glissant au passage toute la tendresse possible dans les souvenirs invoqués.
La « moman » et son plat de spaghettis :
« Gillou avait demandé si elle pouvait être fâchée qu’on se moque d’elle. On l’avait rassuré. Elle devait être contente de nous voir profiter de la soirée. Alors mes lascars s’en étaient donné à cœur joie à décortiquer l’histoire, tous les détails »
La distribution de tracts
« Alors les deux prenaient un côté de la route pendant que je m’occupais de l’autre, ils se relayaient, faisaient chacun à leur tour une boîte et appuyaient sur les manivelles pour avoir fini avant moi »
Le retour de Jeremy
« Tu veux des jeunes ? qu’il lui avait demandé Jeremy, il y en a plein les kebabs ! Leurs gueules te reviennent peut-être pas, mais crois-moi, c’est avec eux qu’on avancera »

Laurent Petitmangin dénoue tous les rouages de la suite de l’histoire, tentant de les comprendre sans chercher à les changer, dévoilant lentement le drame qui se profile.
Ce qu’il faut de nuit est aussi le récit de liens indéfectibles. Ils peuvent être malmenés, une incompréhension totale voire une haine de l’autre, masquant un désespoir absolu, peuvent s’installer. Mais il y aura une rédemption, il y aura de l’amour, il y aura de l’humanité. Cette humanité vous prendra aux tripes parce qu’elle (ré)sonne profondément juste.

Une humanité avec un petit h dans un Livre avec un grand L. – Thael Boost Huard

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Grande histoire d’amour entre un père et ses deux fils, privés de leur mère. C’est noir, âpre et vibrant avec comme toile de fond la région de Lorraine blessée.

Le narrateur vient de perdre sa femme , la « moman », d’un cancer et se retrouve seul à élever ses deux fils, Fus, l’aîné, joueur passionné de foot et Gillou ,le petit frère brillant à l’école. le père, taiseux et pudique, employé de la SNCF et pilier de la section locale du Parti Socialiste dans une petite ville de Lorraine va faire son possible pour élever ses deux enfants entre les devoirs, la maison, les matchs de foot. Mais Fus devient fuyant et se met à traîner avec une bande de jeunes d’extrême droite. Ce choix politique anéantit son père, le laissant sans réaction, réduit au silence jusqu’au drame inévitable.
On avance doucement dans cette lecture grâce à une écriture délicate, intime, sensible qui n’en fait pas des tonnes mais qui vous touche droit au cœur.
J’ai aimé ce père désemparé devant ce fils qui choisit une voie politique inconcevable ; il est accablé, ne sait réagir, plonge plutôt dans le silence, l’évitement, malgré son amour immense. Il n’a pas les mots, se remet en question : qu’a-t-il raté dans son éducation ? Comment nos enfants nous échappent-ils ? Il alterne entre la honte de son fils et la culpabilité. Il n’émet aucun jugement mais décrit simplement cette vie familiale chaotique.
L’auteur retranscrit remarquablement cette fuite de l’enfance et de la fusion de ces trois hommes à travers des scènes de la vie quotidienne comme le lavage des dents le soir ou la vaisselle, une photo de vacances sereines et joyeuses, la complicité d’un match de foot .
Peu à peu , l’auteur insuffle habilement une tension dans le texte , en nous amenant progressivement avec multiples détails vers le jour fatidique. Il ne nous laisse pas de répit avant la dernière page !
C’est aussi un roman social très noir et incisif sur la Lorraine : les fermetures d’usines, les jeunes sans aucun espoir, les partis politiques classiques qui disparaissent face à la montée de l’extrême droite.
Seul espoir pour le petit frère qui intègre une classe préparatoire à Paris et tente une Grande École.
Cette lecture m’a touchée et bouleversée, comme une confession intime de ce père si aimant mais si perdu à la fois. – Fabienne Balcon

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Un premier roman c’est certainement le plus grand risque de toute une vie d’écrivain. C’est celui dans lequel on voudrait tout mettre mais aussi en garder pour un prochain, mais s’il n’y avait pas de prochain ? Ce sont toutes ces questions qui sont légitimes je pense alors c’est pour ça que j’ai tendance à ouvrir un premier roman d’une première manière.
Pour Laurent Petitmangin, j’avais déjà vu passer son titre à plusieurs reprises sans trop savoir si j’oserais le lire. Le sujet me paraissait touchant mais je n’étais pas percutée directement. Il est question de l’éducation d’enfants par un papa solo après le décès de sa femme. Dure situation et thème moins abordé en littérature que l’inverse. 
Et je sortais du livre de Sandrine Roudeix qui abordait aussi la question des enfants qui grandissent et qui partent du nid.
Mais voilà que les 68 m’ont permis de passer outre cette hésitation puisque le livre arrivait chez moi.
C’est ainsi que je découvrait l’histoire de ces 3 hommes. Des caractères différents, des maturités également à des stades différents. Mais ce papa, est un papa hors norme. Il a su trouver une place loin d’être évidente. On a beau dire mais encore aujourd’hui, la maman est souvent le pilier de nos foyers. Elle porte l’origine du monde en fait. Je ne cherche pas à galvaniser ce constat, juste à le poser.
Alors quand c’est le mari qui doit prendre la relève, qui est tour à tour soignant, aidant, papa, employé, je trouvais ça intéressant de déployer ces aspects. Et voir à quoi ça peut ressembler.
En fait, ça ressemble à toute famille monoparentale (et même les familles avec deux parents), on fait ce qu’on peut !
Et c’est bien ce qui se produit dans ce livre, chacun fait comme il peut avec l’histoire qu’il porte, les influences qu’il écoute, le fardeau qu’il faut emmener avec soi. 
J’ai été touchée par cette histoire et la tournure qu’elle prend car sous les apparences très trompeuses se trouvent des réponses aussi à certaines questions. La pudeur masculine, la tendresse qu’on ne montre pas, les sentiments qu’on esquive… et tout ça qui revient en pleine figure quand on s’y attend le moins.
Ce qu’il faut de nuit pour trouver la lumière pourrait être le complément à ce titre de premier roman, l’écriture y est à la fois percutante mais douce, posée mais puissante. Une belle réussite.
Un beau roman qui se lit vite et qui a très bien fonctionné avec moi. – Violaine Berouard

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Le titre du 1er roman de Laurent Petitmangin reprend le 1er vers de Vivre encore de Supervielle. À la lecture, on s’apercevra que d’autres vers de ce poème trouvent un écho dans cette histoire qui – inutile de tourner autour du pot – n’a pas réussi à me convaincre.

Je sais aller à contre-courant des avis nombreux et élogieux qui bruissent depuis sa parution à l’été dernier. Et je concède que si ce roman a reçu une belle moisson de prix dont le Prix Stanislas, le Prix Révélation de la SGDL premier roman et le Femina des lycéens, il doit y avoir quelques raisons. Mais que voulez-vous, parfois, la rencontre n’a pas lieu.

Comment mettre des mots sur cette déception ? 

Ce qu’il faut de nuit fait partie des romans dont j’ai tellement entendu parler qu’il me semble les avoir déjà lus et mon attente s’en est trouvée changée, comprenez qu’elle s’est aiguisée.

Villerupt, en Lorraine. Une ville et des vies qui somnolent. Un monde d’hommes morne. Un père et ses deux fils, Fus et Gillou, ont enterré la mère quelques années plus tôt. La « moman » n’a jamais vraiment lutté contre son cancer. Oh ! je suis sûre que cela n’aurait rien changé à l’affaire, non, ce qui me dérange c’est cette absence de combativité apathique qui jalonne le roman. Par bien des aspects, Ce qu’il faut de nuit semble raconter cette France qui, se croyant d’avance vaincue, se résigne trop docilement à ne pas lutter.

« On ne vaut pas moins que ceux que j’ai croisés, juste on n’y croit pas assez. »

J’ai été déconcertée de ne pas être happée par ce récit pourtant écrit à la 1re personne, par ce qu’a à nous dire ce père quasi aboulique et qui, à mon sens, n’est pas de taille à porter ce roman, de même qu’il n’est pas de taille à remplacer la mère pour s’occuper de ses enfants. 

« Fus a commencé à moins bien travailler. À piocher. À ne pas aller en cours. Il avait des excuses toutes trouvées. L’hôpital. Sa mère. La maladie de sa mère. Les rares embellies dont il fallait profiter. Les derniers jours de sa mère. Le deuil de sa mère. Trois ans de merde […] où il m’a vu totalement impuissant. […] Plus capable de m’asseoir à côté de lui, quand il était en larmes sur son lit […] »

Le fils est-il le seul à avoir des excuses toutes trouvées ?

Fus va s’occuper de presque tout à la maison, des corvées comme de son frère plus jeune. Et le père d’avouer faire ce qu’il peut, mollement. C’est tout aussi mollement d’ailleurs qu’il continue de militer au sein de la section locale du PS dont les réunions rassemblent des encartés, un peu revenus de tout eux aussi, autour du gâteau de Lucienne. Les médiocres résultats scolaires de Fus l’orientent naturellement vers l’IUT de Metz, pas trop loin. Gillou, par contre, est promis à un meilleur avenir à Sciences Po. C’est Fus qui le pousse à faire des études. C’est encore Fus qui a les paroles que devrait avoir le père :

« C’est Fus qui m’a sauvé la mise : « Déconne pas Gros, qu’il lui avait dit, vise haut ! Tu as la chance d’avoir Paris, tu prends Paris. Pa et moi, on se démerdera bien pour ta piaule. »

Beaucoup de choses pèsent depuis beaucoup d’années sur les frêles épaules de cet aîné, enfant grandi trop vite. Quand il commence à fréquenter l’extrême droite et à tracter pour le FN, le père est certes anéanti, mais il ne sait lui opposer que son silence, ce silence qui augure, on le sent, le drame à venir et dont je ne vous dirai rien. 

L’ennui est que ces relations taiseuses qui préfèrent l’esquive à l’affrontement peinent à habiter la page. J’ai eu beaucoup de mal à entendre la voix de ce père, Laurent Petitmangin n’étant pas toujours conséquent quand il lui donne la parole.

« Août, c’est le meilleur mois dans notre coin. La saison des mirabelles. La lumière vers les cinq heures de l’après-midi est la plus belle qu’on peut voir toute l’année. Dorée, puissante, sucrée et pourtant pleine de fraîcheur. Déjà pénétrée de l’automne, traversée de zeste de vert et de bleu. Cette lumière, c’est nous. Elle est belle, mais ne s’attarde pas, elle annonce déjà la suite. Elle contient en elle le moins bien, les jours qui vont rapidement refroidir. »

« Déjà pénétrée de l’automne… » Difficile d’assortir le langage familier du père, fait de phrases courtes et factuelles, un peu molles elles aussi, à de telles envolées sans que cela sonne faux. Pourtant, je l’ai vu être juste ce père quand il nous parle de ses garçons :

« Ils étaient beaux mes deux fils, assis à cette table de camping. […] Ils étaient assis dos à la Moselle, et j’avais sous les yeux la plus belle vue du monde. »

Quoique restant à la lisière de bien des sujets, ce roman pose plusieurs questions essentielles, celles de l’amour paternel, des espoirs déçus, des blessures cachées, de la dévastation des silences, de la difficulté du pardon, tout en en laissant autant en suspens. On ne saura rien, ou si peu, de ce « fil de nos jours Chaque jour plus mince » de Supervielle, on ne saura rien des ressorts intimes des personnages dont certains auraient mérité d’être plus fouillés. Je pense à Fus, évidemment. Qu’est-ce qui le pousse à gagner les rangs du FN ? Est-ce le désœuvrement ? le besoin de mettre de la vie dans sa vie ? une réaction envers et contre ce père mollasson encarté au PS dont Fus rejette le modèle ? L’a-t-on approché ? Est-ce de sa propre initiative ? Est-ce par amour pour sa petite amie « issue d’une famille de polaques » ? On saura bien peu de choses de l’affection qu’il a pour Gillou son cadet qu’au passage on aimerait apprendre à connaître et, au final, on saura bien peu de choses de ce père taiseux qui, après avoir perdu sa femme, est en passe de perdre son fils aîné.

À mon sens, beaucoup de ces écueils trouvent leur explication dans le choix de confier la narration à ce « je » bien largué, qu’il faut tout le temps épauler, voire porter, et qui ne sait qu’ânonner une longue litanie de constatations qui le ramène très souvent à lui-même et où l’émotion perce trop rarement. 

« Est-ce qu’on est toujours responsable de ce qui nous arrive ? Je ne me posais pas la question pour lui, mais pour moi. Je ne pensais pas mériter tout ça, mais peut-être que c’était une vue de l’esprit, peut-être que je méritais bel et bien tout ce qui m’arrivait et que je n’avais pas fait ce qu’il fallait. »

J’aurais aimé ressentir ce « Ce qu’il faut d’amour Au fond du silence » qu’écrit Supervielle. L’occasion était belle, pourtant.

Au moment de dire les derniers pas qui rapprochent ce père de ses enfants après des années de dérive loin les uns des autres, l’auteur choisit l’ellipse, me frustrant plus encore, si tant est que ce soit possible. La fin tombe, assez peu conventionnelle, un bon point soit, mais ambiguë. Elle aurait dû me surprendre, elle m’a seulement donné l’impression que Laurent Petitmangin ne savait plus comment rallier le point final de ce roman décidément trop court. – Christine Casempoure

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Plongée dans la vie d’un trio père /fils initialement profondément marqué par la maladie et l’agonie de la « moman », la mère morte trop tôt. On est au cœur de l’histoire récente de cette région de France entre industrialisation finissante, chômage en hausse constante, misère sociale souvent, mixage d’une population aux origines éclectiques, terre ouvrière originellement de gauche mais dont la crise fait renaître la haine de l’autre et l’envol du Front National.

Ce cadre posé, entre le père / narrateur, le fils aîné surnommé Fus et le petit dernier Gilou…. Tout se présentait pour le mieux à la base: une passion commune pour le football, un environnement de copains, l’amitié politique marquée PS, une petite famille heureuse dans laquelle surgit le drame du cancer de la mère et son agonie. Si dans un premier temps les liens se renforcent entre les 3 hommes restant avec la douleur de la perte, une fracture va se créer entre Fus et son père sur les amitiés et les engagements du fils aîné aux couleurs du Front National. Seule la volonté d’épargner Gilou, brillant élève avec un avenir professionnel autrement plus heureux que Fus et son père, permet de maintenir un semblant de vie de famille. Une sorte de train-train quotidien se maintient mais définitivement la rupture entre Fus et son père est consommée.

Fus et sa petite amie se replient sur son groupe d’amis  du Front National et tout va sombrer, pris dans une baston avec des militants d’extrême gauche pour venger l’agression subie par sa copine, Fus, armé d’une barre de mine va frapper à mort le jeune Julien et se faire rouer de coups qui vont le laisser avec de graves séquelles. Abandonné par ses copains, c’est lui qui sera condamné très lourdement et reconnu comme le seul responsable de ce grave incident. Pour son père c’est l’incident de trop et il va alors l’abandonner, seuls Gilou et quelques-uns de ses vieux copains vont soutenir Fus et tenter de préserver un semblant de relation entre ces deux êtres si intimement liés. Avec le jugement porté en appel, le narrateur renoue les fils de son histoire commune, il s’engage sur une démarche de recherche de pardon entre les protagonistes de l’ensemble de ces drames même si le rebondissement dramatique des deux dernières pages du roman ne nous permet pas d’imaginer une paix retrouvée.

Pour moi, qui ai vécu de l’intérieur ce cycle de désindustrialisation, l’explosion de la misère sociale et sociétale de ce département de la Moselle, la peinture, les expressions comme le contexte de profondes ruptures ; tout est juste et touchant. Les personnages, les amitiés puis les inimitiés de cette communauté ayant mixé jusque-là ses composantes migratoires de cette région sont plus qu’évocatrices. L’écriture avec ses tournures spécifiques de langage est parfaitement rendue mais peut choquer les lectrices et lecteurs d’autres régions. En tout cas, l’étude des personnages, des ambiances, des sentiments de chacun comme des doutes, errances et angoisses tout cela est bien rendu et marquent le lecteur que je suis. Ce n’est pas un roman froid, apprêté ou surjoué ; bref un livre qui ne laisse pas indifférent. – Olivier Bihl

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Je suis scotchée.

Comment Laurent Petitmangin a t-il réussi à transmettre des émotions si puissantes?

Ce roman laissera longtemps sa trace en moi.

C’est beau, c’est un roman d’amour vrai.

Magnifique travail ! – Stéphanie Justin

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Dans une Lorraine désindustrialisée en proie au chômage et à la montée des extrémismes,  le narrateur, un père veuf, élève ses deux gars, Fus et Gillou. La « moman » est morte trois ans plus tôt et le père, cheminot à la SNCF, encarté au PS, s’efforce du mieux qu’il peut de s’occuper de ses garçons. Le plus jeune envisage une grande école à Paris tandis que l’aîné, Fus, décroche au niveau scolaire.
Quand le père se rend compte que Fus fréquente le Front National, le dialogue déjà réduit à sa plus simple expression, (ce sont de vrais taiseux) se rompt complètement. Le père est anéanti, blessé, honteux, il ne décolère pas, se demandant encore et encore où il s’est trompé. Il pensait avoir coché toutes les cases ! Le plus jeune tempère,  il y a entre les deux frères un amour indéfectible.  La tension monte encore quand Gillou part à Paris et que le père et l’aîné se retrouve seuls à la maison. Souvent le père ne retrouve la parole que le samedi au retour au bercail de Gillou. Le drame couve (pas celui que j’avais craint), mais rien ne pourra changer les choses, ils sont pris dans un engrenage fatal…

Ce roman est bouleversant d’un bout à l’autre. Il est écrit avec une justesse extraordinaire.  Dans les silences, il y a beaucoup d’amour. Mais quelquefois l’amour ne suffit pas. Ils m’ont terriblement émue ces trois là. Comment ne pas s’interroger en tant que parent,  qu’aurions-nous fait à la place du père ? Impossible de ne pas s’identifier à lui. Et les garçons, oui les deux, sont très attachants. Et cette fin…
C’est noir, âpre, il y a tout un contexte régional, politique, économique, social et pourtant, c’est avant tout une histoire d’amour portée par une écriture sobre, fluide et maîtrisée. Une réussite et un nouvel auteur à suivre de près. – Catherine Dufau

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On est un brin fébrile lorsqu’on entame un roman adulé par le plus grand nombre. On repousse au maximum la lecture de l’incipit. On hésite. On gesticule. On se questionne. Vais-je aimer ? L’écriture, saura-t’elle m’émouvoir ? Les personnages vont-ils me séduire ? L’histoire, réussira-t’elle à me captiver ou va-t’elle me plomber pour les jours à venir ? 
Je termine Ce qu’il faut de nuit, premier roman de Laurent Petitmangin, couronné du prix Femina des lycéens. Un de ces romans justement qui fait l’unanimité. 
En quelques mots puisque je n’aime pas dévoiler l’intrigue, c’est l’histoire d’un père qui va devoir affronter la maladie de sa femme puis son décès et assumer seul l’éducation de leurs deux jeunes garçons. Les élever, leur montrer le chemin de l’émancipation, les accompagner autour de valeurs qui lui sont chères, la tolérance et le respect d’autrui malgré bien des désillusions politiques dans une Lorraine sinistrée, gangrenée par la crise économique et ses répercutions inévitables, le racisme, l’intolérance et la précarité. Hélas tout ne se passe pas exactement comme prévu au sein de la cellule familiale amputée de la mère. Petit à petit, la situation s’envenime. Le père commence à assister impuissant, à l’isolement de son fils aîné. 
Ce roman très bref ne laisse pas la place à l’analyse des sentiments. Il relate les faits bruts dans une langue sobre, elliptique qui peut déplaire. Certains lecteurs auront en revanche de l’empathie pour les personnages, des taiseux – que ce soit le père ou le fils – car l’écriture colle au réel. Dans ma démarche de lectrice, je n’ai pas ce réflexe d’identification et cela explique sans doute le fait que je n’ai pas eu le coup de cœur pour ce texte. Le propos est original car il met en scène des sortes de anti-héros exclusivement masculins et cela rend le roman attractif quel que soient les sensibilités. Le début m’a déroutée avec l’image de cette épouse et mère, « la moman » qui plane au-dessus de chaque scène, sorte d’esprit angoissant. 
La fin très abrupte m’a laissée quant à elle perplexe. Les derniers événements arrivent trop brutalement à mon goût avec en sus un épilogue épistolaire que j’ai eu du mal à visualiser. En dehors de ces griefs, je comprends fort bien l’engouement autour de ce roman singulier qui pose la question de l’amour jusqu’à quel prix et pourra sans problème être conseillé à un large public, initié ou non. A noter une belle réflexion intéressante autour de l’acte de pardonner et de la difficulté d’aimer.  – Sandrine Chabot

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Dans un milieu ouvrier d’une région de l’est de la France, le narrateur élève seul ses deux garçons après la mort de son épouse. C’est un papa affectueux et attentif mais un peu bourru.

Sous l’œil de ses voisins et amis, adhérents du même parti de gauche que lui, il suit les progrès de Fus en foot et les exploits scolaires de son cadet.

Mais Fus se lie d’amitié avec des jeunes d’un tout autre bord. Au père qui s’en inquiète, Gilou le jeune frère répond « T’inquiète ! »

Lorsque Gilou part poursuivre ses études à Paris, le père et Fus se côtoient dans la maison, en se parlant le moins possible. Jusqu’au jour où le père retrouve son fils, sévèrement amoché, le bras et le visage en sang.

Lorsque le père apprend que son fils est accusé d’assassinat, c’est la déflagration.

L’auteur relate les deux procès dont un en appel, vus par ce père déchiré, impressionné par les juges, les avocats, y compris  celui de son fils qui le décrit comme un père débordé laissant ses enfants s’élever seuls, même si on lui explique que c’est pour décharger son fils.

Le style employé par l’auteur, très simple, proche du langage parlé, fait très bien ressentir au lecteur les sentiments de ce père qui se sent « taché » par la prison, avant de trouver la force d’aller y voir son fils, mais qui déborde d’amour.

Un roman d’une grande sensibilité dans lequel l’amour entre ces trois hommes pointe à chaque ligne.

On est surpris, lorsqu’on fait la connaissance de l’auteur, cadre supérieur chez Air France dont c’est le premier roman. – Marie-Hélène Poirson

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C’est l’histoire poignante d’un père qui élève seul ses deux fils après le décès de sa compagne des suites d’une longue maladie. On suit les trois personnages pendant une dizaine d’années, à travers leurs douleurs, leurs joies.

Tout en subtilité et en sobriété, Laurent Petitmangin dissèque le lien très fort qui les unit et les différents événements plus ou moins tragiques qui émaillent leur quotidien. Le livre décrit avant tout l’amour d’un père pour son fils, un amour contrarié, amer ou déçu, mais un amour sincère et profond.

On se prend d’affection pour ces héros de l’intime, ces êtres à l’âme fissurée, à la trajectoire compliquée. L’émotion est très présente dans cette histoire, ancrée dans un territoire socialement et politiquement très marqué, à savoir les Ardennes. – Boris Tampigny

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Laurent Petitmangin, en de courtes phrases, dans un langage parlé original, parfois populaire mais jamais grossier, dissèque à la première personne, comme sur le ton de la confidence, les liens fusionnels entre un père et son fils jusqu’au moment où tout se délite dans le silence, le non-dit et l’incompréhension totale. Sans  fioritures, tout en pudeur et retenue, ce court récit social est ancré très simplement dans le monde ouvrier lorrain avec un père qui fait ce qu’il peut pour élever ses deux fils après le décès de la mère. On sent beaucoup d’amour et l’emploi du terme «la moman» est touchant. L’auteur nous place d’abord dans le quotidien d’une famille aimante, un trio d’hommes dont les deux plus jeunes se cherchent. Puis tout monte inexorablement en intensité jusqu’au drame.

Le père, le narrateur, est un homme politiquement engagé à gauche, ancien colleur d’affiches qui en son temps n’a pas rechigné à faire le coup de poing. C’est maintenant un homme brisé, émouvant dans ses maladresses, qui ne comprend pas son fils aîné. Il lui est  impossible de dialoguer avec lui et un fossé se creuse entre eux. C’est par l’intermédiaire de son second fils qu’il maintient un lien ténu mais toutes ses certitudes sont ébranlées. Quand l’inimaginable arrive il est dévasté. Son premier sentiment est la honte. Et il lui est honteux et incompréhensible d’avoir honte alors qu’il a éprouvé un amour si fort pour ses enfants. Laurent Petitmangin exprime cela avec des mots très justes.

Ce roman poignant sur la fragilité des relations familiales mais aussi sur l’indestructibilité de l’amour paternel est très beau et ne peut que résonner avec force dans le cœur de tout parent, père ou mère. Bravo pour cet émouvant premier roman.

J’ai terminé ma lecture en début d’un après-midi pluvieux mais je n’ai pu me résoudre à en entamer une autre ce jour-là tant ce récit est fort – Françoise Floride

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Le narrateur est un père qui élève seul ses deux garçons, Fus et Gillou, suite au décès de leur mère. Fus l’aîné l’épaule de son mieux. Il y a de l’amour entre eux même s’ils n’ont pas les mots pour le verbaliser. Le foot est un ciment, la sortie du dimanche .

Les années passent et Fus se renferme peu à peu, s’éloigne de son frère. Un jour il rentre avec un bandana arborant une croix celtique et c’est un électrochoc pour le père. Celui-ci cheminot syndiqué est depuis toujours de gauche. Peu à peu un fossé se creuse entre le père et le fils, il y avait peu de mots et c’est maintenant le silence. Le père vit très mal le glissement de son fils vers l’extrême droite, surtout lorsque ses collègues syndiqués lui en font la remarque.

L’amour est toujours là mais le père ne comprend plus son fils, il culpabilise, se demande quelles erreurs il a pu faire, où a-t-il échoué dans la transmission des valeurs.

Pendant ce temps, Gillou poursuit son chemin, réussit plutôt bien et part faire des études à Paris, soutenu par son père et son frère.

Un jour le drame arrive et bouleverse la vie des trois protagonistes.

J’ai beaucoup aimé ce premier roman écrit tout en finesse dans un style sobre. Les émotions sont suggérées pas explicitées. Les personnages sont à fleur de peau, chacun enfermé dans son monde et ses valeurs ce qui les empêche de communiquer. La fin est un véritable coup de poing. – Michèle Letellier

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Difficile de ne pas avoir les larmes qui montent à la lecture de cette terrible histoire d’amour paternel et fraternel, où des jeunes déboussolés rejettent les idéaux qui ont porté leurs parents, pour leur préférer des solutions radicales et séduisantes de facilité.

Face à eux, des parents aimants font ce qu’ils croient bon pour leurs petits, assurant présence au match de foot et réunions d’école, sans voir que la vie passe vite dans un monde dur, où il faut payer les factures en rentrant les épaules et espérer que rien de méchant n’arrivera le lendemain.

Sauf que dans la Lorraine désindustrialisée, dans un milieu ouvrier à l’avenir incertain, certains enfants s’échappent et agissent à rebours de tout ce qui leur a été appris.

Pas de raccourci, de caricature ou de pathos dans le livre de Laurent Petitmangin, Tout y est juste, délicat et sauvage à la fois ; chaque mot est exactement à sa place pour dire les désillusions et les espoirs ; pour interroger les notions de culpabilité et de responsabilité ; pour raconter comment la lutte a certes changé de méthodes, mais la violence demeure et a le dernier mot lorsque les armes sont utilisées à la place des mots.

Ils disent également l’infinie tendresse paternelle et la beauté de la lumière du pays-haut « dorée, puissante, sucrée et pourtant pleine de fraîcheur. Déjà pénétrée de l’automne, traversée de zestes de vert et de bleu ».

Ne résistons pas à la tentation d’inscrire ce beau roman dans la lignée du prix Goncourt 2019 « Leurs enfants après eux » de Nicolas Mathieu. – Marianne Le Roux Briet

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Ce texte est un beau et touchant portrait d’un père. Après quelques mois de souffrance, de séjours et visites à l’hôpital, la « moman » va mourir et il va se retrouver seul pour élever ses deux fils, Fus et Guillou. Fus, pour Frédéric, l’aîné, s’occupe de son petit frère, de la maison. Il lâche un peu l’école, va le dimanche matin s’entraîner au foot, va faire un apprentissage. Il va perdre un peu de sa joie de vivre, devenir un peu taiseux et changer d’amis. Délaisser son petit frère et finir par vivre à côté de son père sans se parler réellement, le strict minimum. Guillou, le plus jeune, va lui se « défoncer » à l’école et grâce à un ancien copain de Fus, Jéremy, il va réussir à intégrer une école prestigieuse à Paris. Ces trois hommes vivent en Lorraine. le père milite et passe quelques soirées à la section du PS, tracte de temps en temps, mais ce n’est plus les belles heures du militantisme. Chacun trace sa route et essaie de survivre dans ses zones qui ont pris de plein fouet les successives crises économiques. le père travaille à la SNCF, Fus fait une formation en IUT et Guillou va intégrer une belle école parisienne. Certains samedis, ils réussissent à aller ensemble au match de foot mais leur rapport se délite.
Un livre social sur la vie d’hommes, taiseux, qui vivent les uns à côté des autres, désillusionnés mais que le destin ou le hasard va brusquer.
En peu de pages, l’auteur nous décrit cet univers familial, la difficulté de se parler, de se comprendre, d’avancer ensemble. Il décrit très bien les changements subis dans ces territoires, qui ont subi la crise, qui ont perdu la solidarité du monde ouvrier, des familles disloquées (pour eux c’est ce satané cancer qui a pris la Moman).
Un texte qui m’a touché personnellement car des similitudes de la vie des personnages et de ma propre famille. Des questionnements actuels sur l’évolution de la société, sur l’évolution de l’engagement politique, de l’évolution sociale, familiale, du déterminisme social. Bref un texte émouvant touchant.
Un petit détail pratique : j’ai beaucoup aimé le format de ce livre, sa couverture en rabat et une très belle photo de couverture. – Catherine Airaud

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Après trois ans de maladie où la « moman » était plutôt résignée pas vraiment l’âme d’une guerrière alors, il a fallu continuer à vivre pour cette famille Lorraine après son décès. Faire de son mieux pour ce père désormais seul à élever ses deux fils. Fus a soutenu son père avec son frère, devenu un homme un peu trop tôt et puis il va faire de nouvelles rencontres qui interrogent le père surtout lorsqu’il va arriver avec un bandana autour du cou dont un symbole ne laisse plus planer le doute sur les nouvelles convictions de Fus! Alors que le père est militant pour la gauche, le fils va donc se mettre à flirter avec l’extrême droite. L’incompréhension, les silences. Il faut composer avec, le Gillou fait tampon entre les deux… Surtout que Fus reste présent pour son petit frère! Malheureusement un jour les choses vont déraper…

Ce roman interroge! Quand les convictions de nos enfants sont aux antipodes des nôtres et de celles que nous leurs avons inculquées comment l’accepter. Dissocier celui qu’on aime plus que tout, de ces idées qu’on exècre. Et quand les choses dérapent quel est notre responsabilité? Comment pardonner? Vivre avec? J’ai été touché par ce père perfectible, si juste.

Il m’a fallu un peu de temps à m’imprégner de l’histoire, qui commençait par la maladie de la moman, mais là n’est pas le but du roman car ce n’est pas un énième livre sur la maladie. Non le début pose les bases de ce trio. Ce père et ses deux fils qui vont évoluer, grandir. L’équilibre qui se trouve puis qui chavire! La plume nous transporte littéralement en Lorraine

Un premier roman réussi, qui m’a agréablement surprise. Un thème que je n’avais encore jamais lu qui est finement abordé car on ne peut s’empêcher de se mettre à la place de ce père. La fin est époustouflante, elle m’a beaucoup touchée. – Julie Campagna

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J’ai beaucoup aimé « Ce qu’il faut de nuit ». C’est un récit très touchant, à travers lequel nous suivons un père de famille et ses deux fils Fus et Gillou, face au deuil de « la moman », face aux choix que l’on fait lorsque l’on devient adulte. Le père  fait du mieux qu’il peut pour élever ses deux enfants, se demandant souvent ce que « la moman » aurait pensé de ses choix. Entre le travail à la SNCF, les réunions syndicales et les rencontres entre copains avec ses fils le dimanche au foot, leur vie est assez routinière, jusqu’au jour où ‘il découvre que Fus, son grand, a rejoint le un groupe d’extrême droite. Le père est déçu, un fossé se creuse entre eux deux. Ce père s’interroge : comment Fus peut-il en arriver là, avoir ses opinions là? Il a élevé ses deux garçons de la même manière et ne comprend pas l’écart entre son grand, et Gillou, qui lui a pour rêve de poursuivre ses études à Paris… Puis arrive le drame, qui fera voler ce cocon familial en éclats… La maladresse de ce père pudique et taiseux m’a beaucoup touchée, aussi bien dans sa relation avec sa femme, lorsqu’elle s’éteint petit à petit, qu’avec ses fils qu’il regarde grandir. Il est là, mais ne fait pas de bruit. Il ne sait pas dire « Je t’aime », il ne fait pas de compliments, il ne dialogue pas… Il assume le quotidien, il essaie de faire au mieux, et face à l’irréparable, il culpabilise. Il a honte… C’est un très beau texte sur les relations père-fils, sur l’éducation, sur la vie et les choix que l’on peut faire. Des erreurs sont commises des deux côtés, mais jamais personne n’est pointé du doigt, personne n’est jugé. Son histoire, pourrait être l’histoire de n’importe quel parent au final (et n’importe quel enfant aussi). On fait au mieux, comme on peut, mais il suffit d’être au mauvais endroit au mauvais moment pour que tout bascule, pour que nos convictions soient ébranlées, pour que tout soit remis en cause et ce roman illustre bien cela. J’ai été un peu déçue par la fin, qui m’a prise au dépourvu. Je ne m’attendais pas du tout à cela… Mais je vous recommande cette lecture, elle est très touchante. – Agathe Bertrand

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Le père, ouvrier SNCF, dans l’est de la France est le narrateur de cette histoire. Il élève seul ses deux fils, suite au décès de sa femme.

Fus, l’aîné de ses garçons l’a toujours aidé et soutenu. Il s’est beaucoup occupé  de son cadet afin qu’il réussisse ses études.

Une famille chaleureuse où les repères existent même s’il faut quelques fois les chercher, un père qui porte un grand amour à ses fils.

Ces fils qui vont prendre leur envol petit à petit. Fus va changer ses fréquentations  et son frère partira sur Paris étudier. Chacun va prendre des chemins différents.

Ce roman social, nous amène à réfléchir sur ce qui pourrait arriver dans une famille où les non-dits dominent.

Jusqu’où peut-on aller par amour pour nos enfants ?

Ce récit est émouvant et plein de pudeur, ponctué de phrases courtes. Il nous décrit une très belle relation père-fils. – Hélène Grenier

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J’ai été très touchée par cette lecture, très touchée par cet homme devenu veuf trop tôt et en même temps après une trop longue maladie.
J’ai été touchée par ses 2 fils, les frères liés l’un à l’autre par une affection indéfectible…
La vie n’est pas facile, faite de drames et de difficultés quotidiennes… mais aussi de moments de bonheur simple, de matchs de foot, de vacances au camping, de souvenirs souriants…
Le père est un homme droit, aux convictions et aux engagements solides. Il élève ses deux fils du mieux qu’il peut, pétri d’un amour taiseux mais fondamental.
Les garçons sont à l’heure des choix, des avenirs et des destinées qui se dessinent. Les choix divergent, certains désaccords d’idéaux semblent difficiles à faire cohabiter.
Et puis arrive le moment du basculement, celui qui crée un avant et un après…
Beaucoup de sensibilité dans ces portraits, de délicatesse dans la description de ces vies simples mais riches. L’écriture est fluide, convaincante sans emphase, plaçant des ellipses déterminantes… vraiment, j’ai beaucoup aimé me laisser toucher par ces 3 êtres-là et par la plume de cet auteur-là ! – Christine Gazo

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Très beau premier roman, ce qu’il faut de nuit raconte l’histoire d’un père veuf qui fait tout ce qui est en son pouvoir pour voir s’épanouir ses deux fils, une belle histoire d’amour pour ces deux garçons qui prendront des chemins différents et qui se sent impuissant face aux choix politiques de l’aîné qu’il voudrait protéger de la violence qu’il sait générée par le groupuscule d’extrême droite auquel il se lie. Il nous raconte combien un parent, même entouré d’amis peut se sentir seul face aux actes de son enfant, face aux attaques, face aux institutions, face au mur qui le sépare d’un enfant qui prend des chemins bien différents de ce qu’il avait espéré.

On ne peut s’empêcher en lisant de se demander : et si j’étais dans la situation de cet homme, comment réagirais-je ? Comment pardonner ? Comment s’adapter pour maintenir des relations ? On observera un travail de deuil de la part de ce père qui doit tourner une page et oublier ce fils d’avant pour accueilli celui qu’il est devenu, on verra ce père se détourner pour accepter ensuite les faits et conserver une relation père-fils bien que cela soit inconfortable.

Être parents, c’est savoir s’effacer face aux choix des enfants, ce qu’essaie de faire le protagoniste, c’est risquer le regard des autres, c’est justifier ses choix, ce qui peut s’avérer difficile, particulièrement dans ce roman, c’est devoir agir alors qu’on a envie de tout laisser tomber, c’est subir parfois et accepter que nos enfants aient des valeurs différentes, c’est culpabiliser en se demandant ce que l’on a raté.

Ce beau roman interpellera certainement les parents que sont les lecteurs.

Je terminerai par ce passage de Khalil Gibran qui montre combien le devenir de nos enfants ne nous appartient pas :

« Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même, Ils viennent à travers vous mais non de vous. Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas. Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées, Car ils ont leurs propres pensées ». – Roselyne Soufflet

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Bouleversant du début à la fin, ce premier roman, court et dense,  de Laurent Petitmangin retranscrit  les rapports conflictuels entre un père et son fils aîné, séduit par les idées de l’extrême droite.

Comme pour le livre de Jérémy Braconne, présent dans la sélection des 68 « Danse avec la foudre » l’action se passe dans le bassin lorrain, à Villerupt, un endroit où les conditions de vie ne sont pas faciles. C’est l’histoire d’un père ouvrier cheminot qui élève seul ses deux fils, Fus et Gillou,  après le décès de maladie de la « Moman ». Les années passent et les enfants grandissent et prennent des voies totalement différentes. Un jour, le père – le narrateur – prend  conscience que son fils aîné s’est radicalisé. Il ne comprend pas ce choix diamétralement  à l’opposé de ses propres idées, lui qui croyait qu’il avait  été un bon père, attentif, présent. Il avait essayé de lui transmettre des valeurs d’égalité et de fraternité. Malgré le soutien de  Jérémy l’ami d’enfance de Fus et celui de Jacky leur voisin bienveillant, il n’a pas pu malheureusement empêcher la descente aux enfers de son fils. Il n’a pas vu qu’il fréquentait « la fachosphère », qu’il avait rencontré les mauvaises personnes qui l’ont entraîné dans une dérive infernale, violente. Désemparé, le père se flagelle, se fait des reproches, seul en l’absence de sa femme bien aimée, il a l’impression qu’il n’a pas été à la hauteur pour élever son fils. Cet enfant, qu’il croyait si bien connaître, est devenu un étranger, traînant avec « des fachos ». Malgré la honte et le rejet des choix de Fus, tout le livre transpire de l’amour du père pour son fils. Impossible de rester de marbre devant la détresse, le profond désarroi de ce père aimant.

Quel magnifique outil que l’internet ! En un rien de temps, vous avez une réponse à tous vos questionnements. Intriguée par le titre de ce roman, j’ai découvert que « Ce qu’il faut de nuit » renvoie au premier vers d’un poème de Jules Supervielle « Vivre encore », un poème qui évoque la fragilité et la complexité des liens familiaux et de l’amour filial. J’attends le prochain roman de Laurent Petitmangin avec impatience ! – Françoise Le Goaëc

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Ce n’est pas si souvent que les auteurs nous entraînent dans les pensées d’un père veuf qui a la charge d’élever seul ses deux garçons.

Depuis la disparition de la « moman », et après ces longs mois de trajets aller-retour vers l’hôpital pour l’accompagner vers son dernier voyage, le père ne sait plus comment gérer Fus, son fils aîné. Celui-ci pourtant bon élève a décroché depuis longtemps. Sa seule passion aujourd’hui est le foot.
Fort heureusement il reste encore le Gillou qui pourra peut-être faire des études correctes et, qui sait, partir à la capitale pour les poursuivre dans une grande école.
Le père, ancien syndicaliste convaincu, colleur d’affiches et actif aux meetings participe aujourd’hui bien sagement à quelques réunions avec les camarades de la section PS du coin.
Jusqu’au jour où il découvre que Fus s’est laissé embringuer par les colleurs d’affiches du parti adverse, le pire qui soit, celui des fachos.
Comment un père attentif et aimant peut-il accepter cela. Quels vont être son attitude, son cheminement pour comprendre, accepter ou rejeter ce fils qui a pris un chemin à l’opposé de ses convictions les plus intimes.

Et surtout, lorsque les circonstances dramatiques l’inciteront à renier ce fils, comment va-t-il réagir ? Comment réagit-on face aux erreurs de ses propres enfants.

Un roman sur l’amour paternel, la place de la famille, les sentiments souvent trop difficiles à exprimer. Un roman social et humain, à hauteur d’homme, avec des personnages auxquels on s’attache facilement tant on aurait pu les croiser au coin de notre rue, dans notre quartier, notre propre famille. – Dominique Sudre

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La Lorraine, région sinistrée. Un père après la mort de sa femme, la « moman », élève ses deux fils, Fus et Gillou. Il est cheminot et milite à la section du parti socialiste de sa ville.  Les années passent, le père observe les enfants grandir. Lesquels montrent une certaine ambition. Leur mère les voulait ingénieurs. Si Fus intègre un IUT à Metz qui ne le mènera nullement à la carrière d’ingénieur, le cadet a l’étoffe d’une prépa à Paris, avec Science Po et l’ENA dans le viseur. Son frère l’y encourage. Puis, le père remarque le virage de Fus vers le FN. Aucun mot ne sera échangé entre père et fils dont les relations s’effilochent jusqu’au drame final. 

Ce premier roman a reçu les critiques les plus élogieuses. Hélas, je me sens plus réservée. Le personnage du père semble s’ancrer moins dans la pudeur ou la retenue que dans une sorte de résignation qui m’a dérangée, comme s’il jouait le rôle d’un spectateur désabusé de sa vie et celle de ses fils. 

Fus, un gars intelligent sait forcément que ses choix politiques décevront son père. Quelle mouche l’a piqué ? Provocation, mauvaise rencontre, réel engouement ? À aucun moment le père ne tente de comprendre, analyser ou affronter. Quant au dénouement,  que s’est-il passé pour que Fus en arrive à ce degré de violences ? L’auteur ne le dit pas. Bref, toutes ces petites ombres au tableau m’ont laissée dans la nuit. – Hélène de Montaigu

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Lire également les avis de :

Héliéna Gas : http://www.mesecritsdunjour.com/archives/2021/04/06/38906332.html

Annie Pineau : http://tlivrestarts.over-blog.com/2020/09/ce-qu-il-faut-de-nuit-de-laurent-petitmangin.html

Henri-Charles Dahlem : https://collectiondelivres.wordpress.com/2020/08/20/ce-quil-faut-de-nuit/

Marie-Claire Poirier : http://abrideabattue.blogspot.com/2021/04/ce-quil-faut-de-nuit-de-laurent.html


4 réflexions sur “Ce qu’il faut de nuit – Laurent Petitmangin

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