Il est juste que les forts soient frappés – Thibault Bérard

« Ce n’est pas parce qu’elle est vraie et dure par moments, ni même parce qu’elle finirait mal, que ce n’en est pas une ; toutes les vies sont des aventures extraordinaires, pour qui peut les voir dépliées devant soi. »

« – Sarah, murmure Précieuse, prenez le temps de respirer. C’est bientôt fini vous savez. Prenez le temps de respirer. »

Cette phrase courageuse se trouve dans un livre. La délivrance vers la mort m’a toujours fait songer à une naissance : il faut respirer pour mourir comme il faut respirer pour naître. Mais jamais encore je ne l’avais « trouvée » dans un livre, cette vérité. Merci Thibault de l’avoir écrite, de ne pas avoir peur de nommer les choses. De nous délivrer cette vérité, rare et « précieuse », au moins autant que cette infirmière qui, dans votre roman, est l’incarnation même de ce joli mot. Que dire du reste ? Il est souvent ardu de chroniquer un livre que l’on vient de refermer alors que l’on a déjà tant lu à son sujet. Comment ne pas être redondant ? Comment ne pas répéter ce qui a déjà été exprimé ? Comment ne pas surenchérir ? Alors, le reste ?

Le reste, c’est la vie, celle qui pulse à tour de bras et qui insuffle une énergie démoniaque à chaque page de ce roman. J’ai pleuré. J’ai la larme facile mais j’ai pleuré et j’ai re-re-re-re-pleuré, j’insiste. J’ai ri. J’ai le rire facile mais j’ai ri et ri encore. J’ai été soufflée de tendresse. J’aime la tendresse, mais j’ai été soufflée. Et soufflée à nouveau.

Au-delà de ce combat pour la vie et entièrement dirigé vers la mort, il est juste de rappeler que ce roman raconte la vie d’une famille. Et il est juste de rappeler que la vie d’une famille est d’une banalité confondante. Une rencontre. Un couple. Une complicité qui se noue entre amoureux. Une première naissance. Une seconde. Un déménagement. Un quotidien qui se met en place. Une routine de bonheur contrariée parce que la maladie se tient là, en embuscade, et que le lecteur (moi en l’occurrence) le sait depuis la première page.

Qu’importe, cette famille est merveilleusement, magnifiquement contée. Je veux dire qu’elle existe, là, sous nos yeux. Elle est vivante et elle nous rend heureux. On vit avec Sarah alias Moineau, Théo alias Lutin, Simon et Camille. On est avec eux. On les voit. On les aime. On les respire. Monsieur Bérard, vous avez ce pouvoir de nous emporter dans l’intimité d’une famille heureuse et de nous faire partager leur bonheur comme s’il était le nôtre. Ce qui est aussi rare et précieux que ce que je raconte au début de cette chronique.

Certes, on pourrait être tenté de penser que la description du bonheur dans ce roman est d’autant plus « réussi » que l’on sait qu’il ne va pas durer. Mais non, c’est faux. Archi faux. Le bonheur il va durer, parce que l’amour, il va continuer.

Vous savez quoi, Monsieur Bérard, votre livre est un roman sur l’amour heureux. Et cela ne court pas les librairies, un roman sur l’amour heureux. Heureux jusqu’au bout. Malgré la maladie. Malgré la mort. C’est un genre de « gageure », une chimère. Oui, votre héros il s’en sort. Et il s’en sort même très bien. Il retombe amoureux. Amoureux d’une autre alors même que sa femme est en train de mourir.

Votre livre c’est la vie. La vie heureuse. La vie malheureuse. Rien de plus. Rien de moins. Votre livre c’est l’amour. L’amour tout court. L’amour, quoi. Merci Monsieur Thibault Bérard. Continuez d’être heureux. Continuez d’aimer. C’est vous qui avez raison. – Karine Fougeray

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Sarah est morte. Dans un univers inconnu elle nous parle et nous raconte sa vie d’avant, et sa rencontre avec Théo, qui lui fait oublier ses difficultés à vivre et à être heureuse. Suivent alors de belles années avec l’arrivée d’un petit Simon puis, trois ans plus tard, une nouvelle grossesse. Mais on découvre alors que Sarah souffre d’un cancer du thymus, extrêmement invasif et inopérable. Mais le couple refuse de céder au désespoir. Ils sont jeunes, drôles, et savent puiser dans leur complicité l’énergie pour endurer les traitements. Le récit ne fait l’impasse sur rien, effets secondaires de la chimio ou moments de découragement, mais avec élégance et discrétion. Non plus qu’il fait l’impasse sur la possibilité, pour l’accompagnant, de chercher dans d’autres bras les forces dont il a besoin pour continuer. Dans les récits ou témoignages de bataille menées contre cette maladie, on parle finalement assez peu des aidants, et notamment des conjoints. Comment tiennent-ils le coup ? Ici, le choix a été fait de ne rien omettre du désir de vie de Théo, qui parvient à le concilier avec sa présence auprès de Sarah. Ce pourrait être une trahison, c’en est loin, et d’ailleurs cette nouvelle relation qu’entame Théo est racontée par Sarah sans aucune jalousie ni souffrance. Ce récit, dont le sujet aurait pu rebuter, a l’intelligence de faire une grande place au bonheur et à la capacité de vivre. – Emmanuelle Bastien

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« Il me reste à raconter les jours les plus précieux de ma vie, puisque ce sont ceux qui m’ont été offerts par la mort alors même qu’elle avait prévu de me les enlever. »

C’est la voix de Sarah que l’on entend nous raconter son histoire. Une voix singulière, littéralement d’outre-tombe puisque, elle nous l’annonce dès la première page, Sarah est morte. Pourtant, sa voix sonne haut et claire, à Sarah, tout au long de ce récit sobre, joyeux, lumineux, ou elle nous raconte l’histoire d’une vie trop brève mais pleine d’amour, de folie et de force, cette force incroyable et désespérée que l’existence offre parfois comme un dernier cadeau à ceux qui s’en vont comme à ceux qui restent. Car certains vont rester après Sarah, certains vont rester derrière elle. Ceux qui, sans mollir, auront été là, tout autour, depuis le premier jour, depuis l’amour et la légèreté, depuis la gaité et l’insouciance, depuis la première alarme et le premier sanglot, la première peur, la première guerre, le premier pas vers l’absence. Certains vont rester, au premier rang desquels Théo, dont les traits légers de lutin dissimulaient le courage d’un super-héros…

Il est juste que les talentueux soient salués et Thibault Bérard, dès ce premier roman audacieux à la tonalité subtile, jamais larmoyante, entre d’une plume sensible, élégante et assurée parmi leurs rangs. – Magali Bertrand

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La lecture de ce premier roman de Thibault Bérard m’a tranché le cœur, et je n’ai pu en interrompre la lecture. En terme d’écriture l’auteur, étant journaliste puis éditeur, nous livre sans surprise un document impeccable tant par son verbe inventif et rythmé; que par son style aussi moderne que raffiné. Mais là n’est pas tant sa force que par son scénario fulgurant, bouleversant, essoufflant. On rentre dans son texte par toutes les portes ouvertes, les mots, la musique, les bruits, les images, les odeurs, on se laisse envahir par la peur, la vraie frousse, l’espoir, l’amitié, l’amour… Le défi est là, implacable et insensé, l’attachement et l’embarquement immédiat. C’est plus qu’un coup de cœur, mais une violence au cœur. Ce texte résonne, assomme, renverse et bouleverse. J’ai pensé à l’ambiance un peu folle des premiers Alexandre Jardin, j’ai renoué avec tous les hymnes à l’amour et à l’amitié déjà lus dans ma vie, j’ai applaudi à la revanche de la vie sur la mort, à la revanche de l’amour, de l’amitié, de la complicité, à la force que l’on cherche au creux de nos tripes. J’ai cautionné la course vers la lumière à travers l’ombre qui s’étend. J’ai adoré me faire embarquer dans ce tunnel infernal, même si ce n’est en rien un livre « adorable ». En clair coup de cœur absolu. – Martine Magnin

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VLOUSH !
C’est le bruit …

D’une bulle qui éclate?
De quelqu’un qui est aspiré ?
D’une gifle magistrale?

Oui, c’est ça !
Et c’est ma troisième « gifle littéraire » en quelques jours…
Il fait mal votre livre Mr Bérard, elle fait pleurer votre histoire .
Non, il n’est pas  » juste que les forts soient frappés. Non, il n’est pas juste que le crabe frappe une jeune femme. Non, il n’est pas juste de mourir à 42 ans. Et pourtant… , tout autour de nous, nous savons que c’est la triste réalité.
Mais moi je lis pour m’évader, m’émerveiller, éventuellement frissonner. Mais là, c’est carrément trop triste ce combat que mène Sarah.
Et malgré tout votre humour et votre second degré, qu’elle m’a fait mal votre histoire !
Mais je l’ai lue jusqu’à la dernière page, un paquet de mouchoirs à côté de moi.
Votre roman est terrible de réalisme et je crois, qu’au fond de moi, je n’aime pas trop ça.
Mais comme je ne suis pas à une contradiction près, les 4 cœurs qui sont accolés au titre sont bien là pour dire mon ressenti final. Car les mots me manquent, après cette gifle, pour écrire toute la force de votre roman.
Vous avez bien fait de prendre la plume, de passer de l’autre côté, celui des auteurs, et de nous emmener dans  » l’au-delà  » de Sarah.

Merci les fées des 68 premières fois : ce livre, je l’avais commencé lors de sa sortie, interpellée par son titre. Or, je venais de vivre un deuil et je n’avais pas eu le courage de poursuivre au-delà des premières pages.
Quelle erreur, réparée grâce à vous ! – Marie-José Severin

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Une histoire bouleversante dont on ne sort pas indemne. Un hymne à l’amour et à la vie, sorte de carpe diem des temps modernes qui nous rappelle que la vie est souvent injuste et brutale : c’est pour cela que Sarah nous invite à en revivre chaque instant avec intensité et modestie. C’est une déferlante d’émotions qui s’abat sur nous page après page à travers une narration pleine de pudeur et de vivacité, sans apitoiement. – Stéphanie Chapelet

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Dès l’incipit, le ton est donné, la narratrice est morte à 42 ans. Les choses sont claires, il ne s’agit pas d’une comédie. Pourtant l’auteur réussit à faire de quelque chose de dramatique, quelque chose de beau, et oserais-je le dire, quelque chose de léger. Cela n’empêche en rien l’émotion, puissante, très présente. Mais le parti-pris d’une certaine distanciation dans la narration permet de mettre de la légèreté et parfois de l’humour là où il y aurait eu matière à pathos. Le résultat est étonnant, un véritable hymne au bonheur, à la puissance de l’amour et à la vie …

Elle, Sarah, une punkette suicidaire persuadée qu’elle mourra avant ses 40 ans, ne se croit pas douée pour la vie.
Lui, Théo, un peu plus jeune qu’elle, fou de cinéma, de Frank Capra et de Fellini arrive à la persuader du contraire.
Ensemble, elle est son Moineau, il est son Lutin, c’est l’amour fou, la vie joyeuse, les amis, la naissance d’un petit garçon. Puis quelques années après, une seconde grossesse au cours de laquelle on découvre un cancer très agressif à Sarah. Ils ne vont désormais plus quitter celui qu’ils appellent Dr House. Et c’est l’origine du titre, Théo qui, fort de leur amour, les croit invincibles, décrète qu' »il est juste que les forts soient frappés « , parce que forcément eux sont plus capables que d’autres de s’en sortir…

Des personnages terriblement romantiques et attachants, une très belle écriture font de ce premier roman, une réussite. Un texte lumineux et fort dont après réflexion, j’ai trouvé la fin magnifique car de prime abord elle m’avait surprise … – Catherine Dufau

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Difficile de terminer ce livre sans y laisser des larmes. Récit bouleversant d’une femme, jumelle d’âge et de maternité qui oblige à revoir ses priorités à l’heure où l’on ne peut imaginer des moments de convivialité à partager pour les ranger ensuite précieusement dans la boîte à souvenirs.  Belle évolution de l’adolescente rebelle qui a trouvé avec son amoureux légèrement plus jeune un socle très fort quand le vent du cancer souffle à plusieurs reprises.  L’après, la route qui continue, la force qu’il fait pour ne pas juger et l’envie indéfectible de vivre quoi qu’il en coûte…  – Delphine Palissot

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Grand livre sur le sursis, sur le sentiment amoureux, sur la rage de vivre.
Grand livres sur l’amitié et l’entraide. Grand livre bourré d’humour, écrit par un auteur que je découvre, au talent fou, qui se met merveilleusement bien  dans la peau d’une femme, Sarah, la narratrice. Grand livre sur l’amour, qui permet de sauver la vie de Théo quand celle de Sarah s’envole.
Grand livre dont on ne peut se détacher,  les larmes plein les yeux.
Grand livre que l’on ne peut oublier. Grand livre précieux. Énorme coup de cœur – Anne-Claire Guisard

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Après la lecture de la quatrième de couverture, je ne m’attendais pas à grand-chose.  

Je m’attendais à une histoire d’amour, à l’histoire d’un combat. Mais j’étais loin de me douter que ce livre allait complètement m’emporter, me prendre aux tripes, me prendre au cœur et m’arracher plusieurs larmes. 

Dès le départ, on sait à quoi s’en tenir. On suit la vie de Sarah qui d’une ado « punkette » mal dans sa peau devient une femme amoureuse et une maman comblée. 

Elle rencontre lutin (Théo) et elle devient moineau. Ensemble ils vont vivre des aventures, le plus beau des bonheurs mais vont surtout faire face ensemble à la maladie.  

Pour faire face au combat, Lutin devient Superman et va tout prendre en main pour gérer Simon, son poste de journaliste, la maison, les rendez-vous avec Dr House, la ribambelle de textos aux amis et à la famille, les repas de Sarah, les milliers d’allers-retours à l’hôpital. Il fonce avec espoir pour sauver sa belle. 

Sarah de caractère plus vulnérable peine à y croire mais va essayer pour faire plaisir à Théo et va finir par se prendre au jeu et à espérer pour Simon, pour Camille, pour Théo. 

Je n’en dis pas plus, il faut entrer dans ce roman pour se laisser emporter.  

Ce roman est un roman sur la maladie et la mort. Mais c’est aussi un roman sur la vie et l’amour. Il est juste, il est beau et vous n’en sortirez pas indemne.  

Attention, énorme coup de cœur.  – Ana Pires

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Sarah et Théo, c’est une histoire à la vie à la mort. Ils s’aiment passionnément. Elle, ancienne punkette torturée, ne pensait pas tomber sur lui, homme adolescent, rempli d’optimisme et de naïveté, tout comme elle ne pensait pas non plus passer le cap des 40 ans. Leur vie est un tourbillon d’amour, de projets et de moments heureux, tous les deux, avec leur bande de copains, avec Simon, leur fils, puis arrive la maladie de Sarah, qu’ils vivront aussi intensément qu’ils s’aiment… Malgré le désespoir et la tristesse qui les habitent, ils veulent garder leur joie de vivre, s’aimer comme avant et profiter des moments qu’il leur reste.  

L’originalité de ce roman réside dans le fait que c’est Sarah qui nous raconte son histoire. Elle est morte, on le sait, et elle nous annonce cela d’une manière très désinvolte, faisant comprendre au lecteur qu’il est inutile de s’apitoyer sur son sort. Ce qu’elle veut d’ailleurs c’est que les vivants l’oublie, c’est être en paix et ne pas sentir que l’on pense à elle avec tristesse. Ce qu’elle veut, aussi, c’est raconter son histoire pour en finir une bonne fois pour toute, et raconter ses derniers moments de vie, que la maladie a rendus infiniment précieux. Elle revit les jours de traitement, les visites à l’hôpital, les retours à la maison, les amis, les enfants, les parents, les jours d’espoir et les moments de lassitude.Elle veut vivre, mais contrairement à Théo, elle ne se voile pas la face et veut garder les pieds sur terre. Son ton est juste, souvent humoristique, toujours tendre envers les siens, envers Théo surtout… On comprend à travers ses mots, combien la vie est précieuse.  
Ce roman est magnifique, bouleversant et lumineux, car à travers cette descente aux enfers, c’est la vie que l’on célèbre au final, et cette délivrance qui arrive quand la souffrance ne peut plus être supportée, pour l’un comme pour l’autre. Leur parcours est dur mais ils ne cesseront d’espérer, jusqu’au bout, et même après la mort de Sarah, c’est la vie que l’on célèbre. Ce roman est d’une beauté infinie, une sorte de lourd chagrin plein d’amour et de vie… – Agathe Bertrand

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Je viens de refermer la dernière page et autant vous dire qu’écrire sur cette merveille va être un peu compliqué pour moi…

Tibo Bérard a pris des risques… mais quel hymne à la vie !! Et sans mièvrerie. Ce roman est flamboyant, intense, déchirant, lumineux.

C’est l’Histoire de Lutin (Théo), éternel optimiste et Moineau (Sarah), une femme en sursis.

Le roman s’ouvre sur l‘un des plus beau morceau de Nick Cave, « Into my arms » et se ferme sur Hey Jude des Beatles et là vous me dites…Ouah !!!!!! Et oui… Ouah !!!!

Le titre, les chapitres, la construction, des références musicales, cinématographiques, littéraires… tout y est.

Moineau va libérer son Lutin. C’est la narratrice. Elle a 42 ans. Elle est morte. Les riz de veau puis le maki ont eu raison d’elle. Ce traitre ne respecte pas les règles du jeu. Le dernier souffle du vent l’emporte, le cri déchirant « je t’aime » l’aide à partir. Par son récit, elle va libérer lutin de son souvenir.

C’est l’histoire de la fugacité du bonheur, de la lutte contre l’adversité.

Faire de leur vie une vie extraordinaire voilà leur défi. Car il faudra tout faire pour gagner ce combat impossible.

Ils sont forts donc seront frappés !

Théo sème les graines de la colère, fait preuve d’un charme redoutable auquel personne ne résiste, et fait ricocher l’espoir dont il est rempli car la vie est belle (référence de lutin).

Car il faut accepter de « goûter aux couleurs éclatantes en dépit de ce gris dont le réel granit voudrait tout recouvrir ».

Et là j’entends certain(e)s d’entre vous me dire : trop triste pour moi !!! Je ne peux pas lire ce genre de roman !!

Alors oui les larmes coulent, mais les sourires se dessinent également tout au long de la lecture de ce livre.

Franchement énorme coup de cœur !!!! – Alexandra Lahcène

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Sarah a toujours pensé qu’elle mourrait avant 40 ans. Elle s’est trompée. Elle va mourir à 42 ans, en laissant Théo, l’amoureux, Simon, le petit prince et Camille, la paisible, emportée par un cancer contre lequel elle arrêtera de lutter, à bout de force.

Ce roman dit très justement le tunnel dans lequel entre les malades et leur famille. Ce tunnel qui permet de se concentrer uniquement sur la lumière au bout, comme des œillères pour les chevaux.

Cette lumière, ça n’est pas l’espoir.

Non, pour eux l’espoir ne sert à rien, l’espoir s’est bon pour les biens portants.

Non, ce dont ils ont besoin, ceux sont des objectifs, des étapes à franchir comme autant de victoires qui viendraient s’additionner dans la colonnes des +.

Et tant pis, si au fil du temps, les étapes se rapprochent de plus en plus, un rendez-vous, des résultats d’examen, un médicament, quelques millimètres de tumeur, et  puis finalement juste la minute suivante, la seconde suivante, la respiration suivante…

Toutes ces minuscules victoires comme autant de points qui viennent former une ligne droite que l’on voudrait prolongée vers l’infini.

Et lorsque enfin on comprend, on admet, on se résigne, on oublie les victoires, on oublie les + dans la colonne et épuisé de luttes, de courses et de vertiges, il faut que les choses s’apaisent, s’arrêtent.

Voila ce que raconte le roman de Thibault Bérard avec beaucoup d’humanité et de franchise.

Alors pourquoi ça n’a pas marché avec moi? Pourquoi malgré quelques larmes, bien sûr, je ne suis pas vraiment convaincue en tournant la dernière page ?

Peut être que ces situations sont trop individuelles pour être partagées et que chacun en conserve une vision tellement personnelle que toute autre que la sienne ne pourra lui paraitre que fausse. – Emmanuelle Coutant

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Dès le début l’issue fatale ne nous est pas cachée, étant donné que Sarah revient d’outre-tombe pour nous raconter Théo et leur histoire. Quelle histoire! D’abord une histoire d’amour malgré le fait que Théo soit plus jeune qu’elle, ils vont se découvrir, s’envoler ensemble. Jusqu’à l’apothéose pour ce couple, jeune insouciant, un premier bébé qui vient sceller leur amour. Simon arrive et c’est un bouleversement, Sarah va se sentir mère au plus profond d’elle même, elle va vouloir protéger ce petit être plus que tout. Puis rapidement Sarah retombe enceinte mais la fatigue et l’essoufflement l’inquiète, jusqu’à cet examen qui confirmera l’impensable. Sarah est atteinte d’un cancer et la tumeur est trop importante pour espérer une opération et pour pouvoir commencer les traitements il lui faudra donner la vie à sa petit Camille. Quand le plus beau côtoie la plus douloureuse des épreuves. Mais comme le dit Théo, ils sont armés et vont se battre car « il est juste que les plus forts soient frappées », ils pourront vaincre. Dr House va les aider mais refréner les élans d’optimisme du jeune homme, il vont alors vivre au jour le jour. Théo va devoir élever seul leurs enfants dont sa petite Camille prématurée, s’occuper de la maison, travailler tout en étant un soutien sans faille pour la jeune femme. Heureusement leurs proches sont là pour les soutenir.

Un roman percutant, bouleversant car même si la fin est connue, l’attachement qui nous lie à ce couple nous ne pouvons rester de marbre face à ce dénouement. L’auteur nous raconte de façon juste la maladie, le combat, la vie à travers les traitements qui rythment le quotidien, deviennent le quotidien mais surtout l’impact sur le conjoint est au cœur de ce roman. Espoir, désespoir, abattement, les multiples émotions ressenti par le couple sont intenses et aucune ne nous est épargnée. Le courage de cette famille est tellement admirable. Sans oublier la vie, encore la vie! Celle qui continuera après, autrement avec Sarah au cœur de leurs pensées. La dérision parfois utilisée par couple permet aussi d’accepter un peu mieux l’histoire qui ne peut que nous renvoyer à des moments vécus personnellement ou par des proches et surtout nous rappelle la fragilité de cette vie. Je pense que c’est aussi pour cela que ce roman ne peut que nous toucher.

Un très joli roman, la plume m’a charmée, ce couple m’a profondément touchée mais j’avoue avoir moins adhéré au choix narratif, en effet les intermèdes de Sarah venue d’outre-tombe m’ont plus lassée, mais cela reste très personnel et ne pas empêché d’être happée par l’histoire! – Julie Campagna

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Du haut de son nuage entre deux mondes, Sarah voit sa vie d’avant, avec son mec, ses enfants, ses ami.e.s, ses joies, ses peines… Avant que le cancer gagne la partie et l’emporte dans la mort.

Si on vous tend le livre avec pour seule info ce résumé rapide, il y a fort à parier que vous avalerez votre salive en rentrant la tête dans les épaules et en vous préparant à une lecture pas très gaie, voire sinistre.

Sauf que, sauf que…

Le récit est mené au pas de charge, avec une inventivité qui entraine tout sur son passage, sans que jamais le pathos ou le misérabilisme ne viennent entacher la dignité des personnages. Le lecteur/la lectrice verse des torrents de larmes autant qu’ils/elle éclate de rire et au final, la maladie prend certes le dessus mais c’est la vie qui gagne malgré tout.

Le suspense n’est pas où on l’attend, puisque dès la première page, Sarah nous dit ce qui lui est arrivé. Il est plutôt dans les détours et contours que prend la mort au travail pendant que la vie continue en parallèle, lorsque la malade et son entourage apprivoisent l’avenir inéluctable et qui réserve pourtant bien des surprises.  

Un très beau roman d’amour, optimiste mais pas béat, réaliste car sans langue de bois, plein de douceur et de rage de vivre. – Marianne Le Roux Briet

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Un livre, dont d’habitude je fuis la lecture mais sélectionné par les fées des 68 premières fois dans la sélection 2021, j’ai lu, dévoré, apprécié la lecture de ce texte poignant, poétique et bouleversant. Et j’avoue avoir versé quelques larmes à certaines pages qui m’ont bouleversé.
Pourtant l’auteur nous prévient dés les premières lignes : Sarah est morte trop jeune, elle va nous raconter sa vie, son combat face au cancer et ce crabe qui va la dévorer et l’anéantir.
Adolescente, un peu punk, elle pense « no future », elle mourra avant 40 ans et va se jeter sous les roues d’une voiture mais une rencontre magique avec une psy va lui ouvrir les yeux et elle va essayer de profiter de la vie. Sa vie, sa rencontre avec Théo, son lutin, le père de ses enfants, son combat avec la maladie, avec l’aide et le soutien de son époux, de ses amis, ses enfants. Des pages sans concession sur ce combat, ses relations avec le monde médical (un sacré docteur House), face à la souffrance mais aussi à la magie de la vie, à l’imaginaire, à la poésie, aux rêveries qui peuvent permettre d’affronter de telles épreuves.
Un texte très émouvant, troublant, interpellant mais aussi poétique. on ne sort pas indemne d’une telle lecture et les personnages de moineau, lutin et les enfants restent en mémoire, le livre terminé avec les larmes aux yeux. Des pages dures sur la maladie, les séjours à l’hôpital mais aussi des moments de respiration, de poésie, d’amour, d’amitié. – Catherine Airaud

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Dès le départ on sait que Sarah va mourir à 42 ans.

Elle a toujours dit qu’elle mourrait avant 40 ans, la vie lui en a accordé deux de plus.

C’est Sarah qui nous raconte son histoire depuis l’au-delà.

La vie de Sarah démarre pleinement avec la rencontre de Théo, son lutin, de 7 ans plus jeune qu’elle. C’est l’amour fou renforcé par l’annonce de l’arrivée d’un bébé. Elle met son essoufflement et ses douleurs sur le compte de la grossesse jusqu’au moment où elle se retrouve aux urgences. Leur vie s’effondre alors, c’est un cancer rare. L’accouchement est provoqué et Sarah démarre une chimiothérapie très lourde. Théo va alors courir entre la chambre d’hôpital de Sarah, le service de néo natalité et son travail.

« Il est juste que les forts soient frappés » car ils peuvent faire face et se battre. Malgré le sombre pronostic Sarah s’en sort et est déclarée guérie.

La vie reprend, une petite fille vient agrandir la famille. Et de nouveau tout dérape, Sarah récidive, Théo reprend ses courses entre travail, hôpital et enfants. Je m’arrête là. La fin et le personnage de Cléo n’étant pas très crédibles. Je suis très partagée par rapport à ce livre. Il relate parfaitement toutes les difficultés rencontrées face au cancer dans sa première partie. Il aurait été plus plausible (à mon avis) si Cléo était arrivée plus tard, après la mort de Sarah. – Michèle Letellier

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Le mot qui me vient en pensant à ce livre, à ses personnages, à l ‘écriture de son auteur est : admiration.

Quelle force pour irriguer chaque page d‘émotions, faire vibrer la vie dans chaque interstice de ce temps suspendu.

Alors que tout ne devrait être que désespérance tout est là, à fleur de peau, dans ces regards embués, ces mains qui s’étreignent, l’amour, l’amitié, l’humour, l’élégance, l‘espoir, la joie parfois. – Christiane Arriudarre

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Sarah and Théo for ever ! Tel est le ressenti qui se dégage de ce magnifique roman.

Ils s’installent ensemble, jeunes, sans expérience, avec dans la tête, des chansons, des films, des envies de faire la fête, une bonne dose de dynamisme, des moments de douce folie. Puis ils deviennent parents, avancent dans la vie, confiants dans l’avenir… et tout semble s’effondrer, la vie vient souffler le chaud et le froid au sein de cette famille, la maladie s’installe, avec son lot de bonheur et malheur, confiance et désespoir…

Mais ce qui est sans faille, c’est amour toujours présent entre deux êtres, entre Sarah, le moineau de Théo, son lutin pour la vie. Et l’on assiste à un travail de deuil, le deuil d’un avenir prometteur, le deuil du bonheur familial, le deuil qui amène à devoir dire adieu à l’être aimé.

Ce roman merveilleusement écrit, et dont l’auteur manie l’humour alors que son récit raconte une page de vie qui devrait être déprimante, aborde bien des sujets de réflexion : le deuil, la maladie, l’état psychologique de personnes confrontées à la violence de la maladie et son cortège de traitements, de souffrance, d’espoir et de déception. Il est en lui-même l’histoire d’un travail de deuil dont on peut aisément repérer chaque étape.

Chapeau bas à cet auteur capable de faire rire, pleurer, se réjouir, désespérer avec les protagonistes et d’offrir avec justesse, des portraits de personnages variés, jeunes, moins jeunes, personnel médical, amis…

Thibault Bérard aurait pu écrire un roman choral, donnant à chaque personnage sa version des faits, mais il choisit dès le départ de donner la parole à Sarah qui désormais, se situe bien au-delà de l’épreuve qu’elle dut subir, et en semble libérée, ce qui permet de lire une histoire triste certes, mais pas vraiment déprimante, à part quelques larmes versées sur certaines pages.

Ce qui me restera après avoir refermé cette pépite, c’est ce formidable amour omniprésent tout au long du roman. – Roselyne Soufflet

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Sarah est la narratrice de cette histoire. Elle nous dit qu’à quarante ans,  elle sera morte. On va vivre avec elle ces soirées où  elle boit un peu trop et où  Théo est son soutien et lui donne de l’assurance et de la force. Ils forment un vrai couple et grandissent ensemble. Ils fondent une famille avec la naissance de Simon. Quelques années, plus tard, Sarah (moineau) est enceinte de Camille. Sauf que très vite, le cancer foudroyant va bouleverser leur bonheur familial.

Sarah sera malade et va  lutter contre ce cancer et sa rechute. Théo (lutin) sera présent pour moineau. Il assumera la garde des enfants, relaieras les nouvelles bonnes ou moins bonnes auprès de leurs amis et de leurs parents. Il aménagera son emploi du temps pour travailler.

On va suivre les entretiens avec le Docteur House  (surnommé ainsi). On va s’identifier à Sarah quand elle attend ses résultats d’examen.

Ce roman est pleins d’émotions, avec un récit  solaire, touchant. Un très beau texte lumineux. On vibre avec Sarah. Des sujets difficiles sont abordés, tels que la maladie, l’acceptation et le deuil. – Hélène Grenier

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Un lutin et un moineau s’efforcent d’affronter ensemble l’enfer de la maladie Dans D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère témoigne de la vie d’une jeune femme décédée d’un cancer, au travers des récits de ceux qui l’ont connue et cette mémoire d’autres êtres ramène à l’auteur, avec force et talent ; dans Il est juste que les forts soient frappés, la voix est donnée à cette jeune femme, son amour, la sidération puis la lutte contre la maladie, ses réflexions sur l’essence de la vie. La grande force du livre est cet effacement de l’auteur, Sarah raconte et elle raconte bien. Le décor est planté dès le départ, on sait qu’elle meurt à 42 ans et qu’elle nous écrit depuis la presque mort, sorte de boudoir depuis lequel elle raconte, avant de partir. La force de l’amour et de l’amitié, la force de la lutte, la force enfin face à la défaite, l’abandon par KO sur ce ring impitoyable du cancer ; il n’est probablement pas juste que les forts soient frappés mais il est juste de dire que l’amour est une force indicible, capable d’atteindre, par l’écriture, en plein cœur la lectrice ou le lecteur.
C’est également depuis son récit à elle que la mise en abîme de sa survie à lui sera amorcée, lui ouvrant le chemin vers la résilience et l’absolution. La fin est particulièrement bien écrite et touchante, rendant hommage à la faiseuse d’anges qui accompagnera avec lui le dernier souffle de Sarah. Depuis des lustres, la mort est aseptisée, nous avons voulu l’effacer de nos vies. Plus que jamais, il semble essentiel de l’affronter, avec toute la force de notre amour pour nos proches, pour les autres, pour la vie. La chanson qui accompagne le livre s’appelle Tunnels et est tirée de l’album Funerals du groupe canadien Arcade Fire « Then I’ll dig a tunnel from my window to yours ». N’est-ce pas l’amour qui est à la fois celui qui creuse et la lumière au bout de ce tunnel ? – Thael Boost Huard

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Cette chronique est tristement à contre-courant des avis élogieux qu’a reçus ce premier roman, de qualité, c’est évident, qui n’a pas résonné en moi.

Thibault Bérard a fait un pari audacieux en choisissant de raconter un couple fou d’amour foudroyé par le cancer d’un des ses membres, ici la femme, Sarah. Forcément, on pense au chef d’œuvre de Boris Vian, l’Ecume des jours, mais à la lecture, c’est plutôt au film La Guerre est déclarée, de Valérie Donzell, auquel j’ai songé (même si dans le film c’est un enfant qui est gravement malade) par le choix d’une certaine légèreté, du rire qui côtoie le tragique.

Autant j’ai apprécié l’univers tragi-comique du film avec ses envolées fantaisistes, autant j’ai trouvé que dans le roman, ça ne fonctionne pas totalement. Les scènes censées être légères et drôles m’ont souvent semblé artificielles et m’ont laissée à la lisière des émotions … d’autant plus que le procédé consistant, dès la première phrase, à faire parler des morts veillant sur les vivants, m’a quelque peu agacé avec sa façon d’apostropher le lecteur comme témoin de ce qui va être narré. Soit, nous n’avons pas tous la même sensibilité, ni la même expérience émotionnelle lorsqu’il s’agit de parler de mort, de cancer.

Par contre, là où le roman m’a vraiment convaincue, c’est dans les épisodes les plus dramatiquement épurés. Sans artifice, sans décalage léger. Juste des êtres qui s’aiment et qui vont être séparés par la maladie. L’auteur resserre sa focale sur Sarah et Théo, les enfants, la famille sont à peine visible dans ces scènes là, cette fois à la hauteur du magnifique titre à la sonorité biblique. La simplicité et la sobriété que l’auteur réussit à créer sont d’une puissance lacrymogène rare en touchant à l’universel. C’est impossible de ne pas être touché ni emporté par la tragédie que vit ce couple.

Dommage qu’il y ait ce personnage de Cléo qui arrive à la fin. Là, j’avoue, que je n’ai pas apprécié cette irruption, même si j’ai compris les intentions de l’auteur à vouloir conclure son roman sur une note optimiste. Peut-être un manque d’ouverture d’esprit de ma part, mais cela m’a gênée pour finir une lecture que je commençais à apprécier après un démarrage laborieux. – Marie-Laure Garnault

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C’est une histoire de vie et de mort, de maladie et d’amour. Son issue ne fait aucun doute : dès les premières pages du roman, Sarah s’adresse au lecteur depuis un au-delà aux allures de grotte de glaise. Et c’est elle qui raconte leur histoire depuis cette mort advenue.

Quand Théo rencontre Sarah, il y a quelque chose entre eux de désaccordé. Elle est un peu plus âgée que lui, orageuse et souvent rugueuse. Lui, bien au contraire, est solaire et enthousiaste. Pourtant leur amour est comme une évidence qui la remet, elle, dans un mouvement de vie plus fluide et qui lui donne, à lui, des éclats de maturité. Malgré tout, si Sarah se laisse aller au bonheur, elle se refuse à la sensiblerie. Par provocation, quand ça va moins bien, elle n’hésite pas à prophétiser qu’elle mourra avant d’avoir 40 ans. Et quand ça va mieux, elle est pleinement dans l’intensité de la vie. C’est dans cette effusion-là que naît Simon, le petit prince qui la fait devenir mère. Et que s’annonce, un peu plus tard, l’arrivée de Camille.

Enceinte de 7 mois, Sarah apprend qu’elle a une tumeur au médiastin, une tumeur qui n’est pas opérable, et sur laquelle il est urgent d’agir. Alors la vie s’emballe. La naissance de Camille est provoquée, et la toute petite fille est prise en charge par un service de néonatalogie, dans un autre hôpital que celui où Sarah est soignée. Théo entre en lutte avec une énergie qu’il démultiplie d’un hôpital à l’autre, au travail ou auprès de Simon. Avec l’apparition de la maladie et les complications de la vie familiale, une solidarité pleine d’affection se met en place autour du couple. L’amour entre Sarah et Théo gagne en profondeur. Et tout ce chemin-là, Sarah le raconte. Elle ne cache rien de ses abandons et de ses espoirs, de la transformation qui se fait en elle et autour d’elle, doucement. Elle ne cache rien, pas même ce jour, bien plus tard, où Théo fait la connaissance de Cléo et en tombe amoureux. Sarah raconte tout.

L’histoire de Théo et de Sarah, libre réinterprétation de la vie de Thibault Bérard, me touche, parce qu’elle est façonnée d’universel. Mais il me semble que ce qui m’a cueillie est ailleurs. Au moment de l’irruption de la maladie, il se passe un bouleversement qui modifie complètement ma perception de l’énergie dans le récit. A ce moment précis, j’ai ressenti un glissement du roman vers le vécu. J’ai vu poindre une force de vie, la même qui me fascine, dont les surgissements m’ont portée jusqu’à la dernière page. Cette force, revendiquée par Théo, se manifeste comme une houle qui, vague après vague, dépouille l’histoire de Sarah et Théo pour n’en garder que l’essentiel. À partir de cet instant où la vie s’emballe, il y a juste à ÊTRE. Et vraiment, je crois que c’est ce qui m’a convaincue : cet élan de vie qui n’a d’autre raison d’être que lui-même, sans attente, et qui projette dans l’existence comme elle est. – Anne-Sylvie Delaunay

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Au commencement était ce titre, « Il est juste que les forts soient frappés », à la fois mystérieux et tellement lumineux. Une sorte de mantra, une maxime tombée des cieux qui résume bien l’état d’esprit du personnage principal, Théo, qu’on pourrait croire à côté de la plaque et qui dispose de ressources mentales inépuisables, sa fameuse « force noire ».

Il en faut de la ressource pour affronter ce qui l’attend avec son amoureuse, Sarah, frappée par la foudre de la maladie, à la veille de Noël, alors qu’elle est enceinte de 7 mois. On lui décèle une tumeur à un endroit difficile d’accès, ses jours sont désormais comptés, le mot « guérie » est proscrit de son vocabulaire.

Entourés par des amis très soudés, le couple va affronter cette tempête à sa façon, en regardant les yeux dans les yeux ce putain de cancer, cet oiseau noir posé sur leurs épaules.

Ce que j’ai tout de suite aimé, c’est le ton presque familier, presque mordant du livre, très loin du pathos qui aurait pu découler de cette histoire. Il y a beaucoup d’humour, de tendresse, de malice et ça permet de désamorcer des scènes assez difficiles.

Au final, ce roman m’a laissé sans voix, totalement bouleversé par cette histoire, par la puissance émotionnelle dégagée par les deux personnages. Ce lutin et ce moineau, petits surnoms que se donnent Sarah et Théo, resteront longtemps dans ma mémoire comme des symboles de résilience, des super-héros face au drame et aux injustices de la vie.

Comme beaucoup d’autres lecteurs, les larmes ont coulé à plusieurs reprises, mais finalement moins des larmes de tristesse ou d’abattement que des larmes enivrantes devant la justesse des sentiments partagés par l’auteur, devant l’incroyable leçon de vie qu’il nous donne. – Boris Tampigny

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D’autres avis en suivant les liens :

Marie-Claire Poirier : https://abrideabattue.blogspot.com/2021/02/il-est-juste-que-les-forts-soient.html

Annie Pineau : http://tlivrestarts.over-blog.com/2021/03/il-est-juste-que-les-forts-soient-frappes-de-thibault-berard.html

Martine Galati : https://www.lecturesetplus.com/2021/04/il-est-juste-que-les-forts-soient-frappes.html

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