Le soleil se lève aussi – Ernest Hemingway

Le soleil se lève aussi est le premier roman d’Ernest Hemingway publié en 1926. Son auteur se verra décerner la Prix Nobel de littérature 30 ans plus tard, récompensant une oeuvre dense incluant romans, récits autobiographiques et nouvelles. C’est Sebastien Spitzer auteur de Ces rêves qu’on piétine et Le cœur battant du monde qui a choisi de le proposer dans cette sélection anniversaire. Il nous dit ce que cet écrivain représente pour lui avant de passer aux retours des lecteurs, pas toujours conquis…

Le soleil se leve aussi

« J’avais l’âge des défis qu’on se lance entre amis pour se prouver des choses. Chiche ! Luc venait de dégotter un nouveau terrain de jeu. Une piste d’athlétisme, à Colombes. L’hiver amputait nos loisirs. À dix-huit heures, les spots électriques peinaient à nous offrir des minutes de sursis. La piste était mal éclairée. Il faisait froid. J’étrennais une paire flambant neuve de chaussures à pointe. À vos marques ! Prêts ! L’entraîneur donna le départ du 400 mètres. Nous étions six ou sept. Luc tenait la corde. J’étais dans sa foulée. Je faisais honneur à notre belle amitié. Et puis, je ne sais pas. Une ampoule ? La peur de perdre ? Le souvenir d’une fille qui me faisait le coup du mépris ? Je ne sais plus pourquoi, mais en sortie de virage j’ai ralenti puis cessé de courir. Luc a gagné la course. Bien sûr ! Haut la main ! En se retournant, il m’a vu franchir la ligne au pas. Et son regard dépité est resté dans ma tête, gravé, comme dans le marbre. Il était si déçu. Il n’a rien dit au retour. Il regardait devant lui, replié comme un vrai parapluie. Je fixais mes chaussures.

Les vacances qui suivirent, je les passais chez une tante, en Espagne. Sur la Costa Brava. Je partais quinze jours avec quinze livres. Henry Miller. Marcel Pagnol et… Hemingway. « Le Soleil se lève aussi ». J’ai découvert son univers. Ses valeurs. Ses héros. J’ai trouvé des modèles qui en avaient, eux ; qui ne se seraient pas arrêté, eux. Jamais. J’ai trouvé des silences qui me donnaient des réponses. Ses héros ne se plaignaient pas. Ils ne rechignaient pas. Ils faisaient, de leur mieux. J’ai presque tout lu dans la foulée de ce livre. J’ai presque tout aimé d’Hemingway. Son style, efficace et sensible. Ses scènes. Ses thèmes aux antipodes des écrits tristes et insipides de ces auteurs érudits qui composent des récits gavés des vues des autres. Lui, était humain. Infiniment humain. Il avait vu. Vécu. Senti.

Comme lui, j’ai été journaliste. J’ai parcouru des fronts, des coins perdus, aussi. J’ai lu. Un peu. J’ai aimé la feria. Beaucoup. Celle de Nîmes, surtout. Avec ses codes et ses chapelles, guidé par mon ami Gregorio, novillero puis matador.

Je suis devenu écrivain. Et aujourd’hui, quand je lève ma couette, quand je pose les pieds au sol, je me retrouve au réveil nez à nez avec lui. Hemingway. « Papa Hemingway », comme le surnommaient certains de ses contemporains. La photo le représente assis dans une baignoire. Il fixe l’objectif. Ses lunettes rondes sont rafistolées par un bout de sparadrap. Son regard dit beaucoup. On dirait un bouddha.

Avec Luc, mon ami d’enfance, on a relevé d’autres défis. Des 400 mètres. Des petits boulots. Des vrais boulots. Des grands amours. Des vies de famille. Des deuils. Des vies d’hommes bien remplies. Et toujours l’amitié, de celle qui ne se replie pas.

« Vanité des Vanités, dit l’Ecclésiaste; oui, vanité des vanités, tout n’est que vanité. Que retire l’homme de tout le travail qui l’occupe sous le soleil ? Une génération passe, une autre lui succède et la terre est toujours là. Le soleil se lève aussi et se couche et retourne d’où il était parti. »

C’est ce verset de la Bible qui a inspiré à Hemingway le titre de son premier roman. Le soleil se lève aussi.

En juillet 1961, papa Hemingway a décidé de ne plus voir le soleil se lever. Il s’est tiré une balle. Il a mis fin à tout. Au-dessus de sa tombe, un prêtre catholique a récité ce verset.  « Une génération passe, une autre lui succède et la terre subsiste. Le soleil se lève aussi et se couche et retourne d’où il était parti. »  » – Sébastien Spitzer

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Les avis des lecteurs :

« C’est ce que vous êtes… C’est ce que vous êtes tous… Vous, tous les jeunes qui avez servi pendant la guerre… Vous êtes une génération perdue. » Gertrude Stein

« Peut-être, avec le temps, finit-on par apprendre quelque chose. Peu m’importait ce que c’était. Tout ce que je voulais, c’était savoir comment vivre. Peut-être, en apprenant comment vivre, pourrait-on finir par comprendre ce qu’il y a en réalité au fond de tout ça. »

Je regrette qu’ait été escamotée de l’édition poche la phrase de son amie Gertrude Stein qu’Hemingway choisit pour épigraphe du Soleil se lève aussi, car tout est là qui éclaire ce 1er roman (1926) : la guerre et son après, une jeunesse qui ferraille contre la vacuité absurde de son existence en trouvant refuge dans la fiesta, les parties de pêche, en s’étourdissant dans l’alcool, le bruit, une certaine bougeotte tant dans les déplacements que dans la parole, pour tenter d’oublier, d’échapper à soi-même quand bien même elle est consciente que

« Ce n’est pas parce que tu iras d’un endroit dans un autre que tu échapperas à toi-même. Ça ne donne aucun résultat. »

 À la guerre, ces hommes ont vu la mort de près, certains, comme Jake, en sont revenus diminués et, quels que soient les dérivatifs qu’ils imaginent, quelle que soit la pudeur des mots de Hemingway, il est clair qu’ils ne s’en remettront pas.

« Il n’y a pas de raison, parce qu’il fait noir, pour qu’on voie les choses sous un autre jour que lorsqu’il fait clair. Je vous en fous ! »

 Les années 1920. De jeunes américains à Paris, quelque peu indolents, toujours pris entre deux ivresses, forment le projet de délaisser les bars de Montmartre pour rallier Pampelune et y assister à la fiesta de juillet.

Les pages parisiennes du Livre Premier du Soleil se lève aussi, imbibées des beuveries quotidiennes, et pâteuses des réveils comateux de Jake, Cohn, Bill, Mike et Lady Brett Ashley, seule femme de ce groupe de soiffards, auront peut-être raison de lecteurs qui peineront à y voir autre chose que l’oisiveté superficielle d’Américains trop heureux d’échapper à la prohibition et pour lesquels boire semble être la solution à tout.

Il y a pourtant tellement plus à lire, enfoui sous l’économie des mots et l’aridité d’une prose qui congédie toute fioriture. Comme disait le journaliste Hemingway

« Prose is architecture, not interior decoration. »

Et c’est là qu’est la force de son écriture, dans ses phrases courtes, précises, à vif et qui ne rechignent pas à la répétition, dans ses dialogues pauvres, laconiques car saisis dans leur immédiateté et qui feront peut-être s’exclamer quelques lecteurs avec Brett

« Cette conversation est d’un rasant » !

Pour le lecteur d’Hemingway, les défis sont de taille :

Le défi de laisser aller son imagination à partir de mots concrets, souvent répétés, de phrases sans musicalité qu’il est facile de trouver assommantes de mots rabâchés :

« Le lendemain matin, il pleuvait. Un brouillard venu de la mer couvrait les montagnes. On ne pouvait pas voir le sommet des montagnes. Le plateau était sombre et triste, et la forme des maisons et des arbres avait changé. Je sortis de la ville pour voir le temps. Le mauvais temps venait de la mer par-dessus les montagnes. »

ou monotones quand « il y avait »  entame chacune d’elles ou presque :

« Il y avait des arbres de chaque côté de la route et un cours d’eau, et des champs de blé mûr, et la route continuait, très blanche et toute droite. Elle gravissait une petite butte et, sur la gauche, il y avait une colline avec un vieux château et des bâtiments tout autour et un champ de blé qui montait jusqu’au pied des murailles et ondulait au vent. […] à droite, il y avait une grande rivière qui brillait au soleil, entre les rangées d’arbres, et, au loin, on apercevait le plateau de Pampelune qui se dressait dans la plaine […] Derrière le plateau, il y avait les montagnes et, de quelque côté que vous regardiez, il y avait d’autres montagnes et, devant nous, la route filait sur Pampelune, toute blanche à travers la plaine. »

Le défi de fermer les yeux (et les oreilles) sur la traduction française, pourtant œuvre de l’éminent Maurice-Edgar Coindreau, où les passés simples lourdingues sont un affront à la sobriété du preterit anglais et, partant, au style si particulier de l’auteur.

« Nous quittâmes les montagnes pour entrer dans une forêt de chênes […]. Ensuite, nous traversâmes une rivière et, après avoir passé par un petit village lugubre, nous recommençâmes à monter. Nous montâmes longtemps et franchîmes un autre col élevé que nous longeâmes […]

Au bout d’un moment, nous sortîmes des montagnes […] Nous arrivâmes à la ville par l’autre côté du plateau […] Nous passâmes devant les arènes, hautes et blanches, […] puis nous gagnâmes la grande place et nous arrêtâmes devant l’hôtel Montoya. »

Le défi d’accepter qu’un récit à la 1re personne (Jake Barnes) puisse n’être que factuel et si peu subjectif.

Le défi aussi de donner chair à des personnages à peine décrits, dont on sait le moins possible et dont Hemingway disait, tel que cité par Colum McCann dans ses Lettres à un jeune auteur :

« Ne crée pas par mégarde des personnages trop parfaits…  Ce sont des gens, des gens, voilà, des gens. N’en fais pas des symboles. »

De simples gens, donc, capables d’avoir des conversations barbantes, mais aussi d’y laisser affleurer, avec retenue, une douleur insondable, comme Jake :

« Brett, est-ce qu’on ne pourrait pas vivre ensemble ? Est-ce qu’on ne pourrait pas tout simplement vivre ensemble ? »

ou comme Brett :

« Je ne peux pas m’habituer à cette idée que ma vie s’écoule si vite et qu’en réalité je ne la vis pas. »

et son aveu désarmant

« — Je me désagrège complètement dès que tu me touches. »

Des personnages pudiques jusque dans la désinvolture qu’ils affectent pour taire un mal-être profond, des gens qui s’étourdissent pour ne pas pleurer.

Autant de défis que certains lecteurs choisiront de ne pas relever, abandonnant le livre en cours de route.

Cela étant, j’accorde que les meilleures pages du roman sont celles du Livre Deuxième, au moment où la petite troupe se retrouve à passer des jours écrasés de chaleur à Pampelune.

Même si je fais mienne la formule d’Émile Zola

« La corrida, ni un art, ni une culture ; mais la torture d’une victime désignée. »

il me faut reconnaître que Hemingway est à son affaire dès lors qu’il s’agit de partager sa passion. C’est sûr, il aime l’Espagne, ses paysages rudes et arides, ses villages blancs brûlant au soleil, ses habitants ombrageux et fiers, courageux et affables et… la corrida. L’Espagne, généreuse, lui laisse entrevoir la possibilité d’une vie rassérénée :

« Nous allions tous au café prendre un vermouth. C’était une vie calme et personne ne se saoulait. […] La matinée était belle. Des nuages blancs flottaient très haut au-dessus des montagnes. Il avait plu légèrement pendant la nuit et, sur le plateau, il faisait bon et frais, et la vue était merveilleuse. […] Rien n’aurait pu vous bouleverser par un temps pareil. »

Mais vient le jour où la fiesta est finie.

Les pages du Livre Troisième, peu nombreuses, et cela dit beaucoup, sont celles des jours immobiles où, enfin seul, Jake se retrouve à Saint-Sébastien à profiter de la plage de la Concha avant qu’une dépêche pressante de Brett ne vienne à nouveau tout ébranler.

« Voilà. La conclusion, c’était que mon séjour à Saint-Sébastien était foutu. J’imagine que je m’étais attendu à quelque chose de ce genre. »

Les temps ont changé, mais en France, pendant longtemps, la littérature américaine est restée dans l’esprit d’une immense majorité de lecteurs associée à des auteurs comme Hemingway ou encore Steinbeck, dont les romans pourvoyaient, à l’époque, au supplément d’âme d’une Europe meurtrie, exsangue, en panne de rêve. Auteur qui remit au goût du jour la formule de Robert Browning « Less is more », un des drames de Papa Hemingway, comme on l’appelait alors, aura finalement été que son style soit copié à l’envi, et pas toujours de la plus belle manière. Quant à moi, je ne peux que vous inciter à (re)lire ce 1er roman, l’un des meilleurs du Prix Nobel de littérature de 1954. Et pour ceux qui lisent l’anglais, n’hésitez pas à le découvrir dans sa version originale, la seule qui vaille. – Christine Casempoure

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Pas d’accroche avec ce roman du célèbre écrivain. Les personnages , soit ivres soit en train de boire pour accéder à ce paradis artificiel, ont transformé ma lecture en enfer. Descriptions de paysages indigentes (beaucoup de « Il y avait  « , des vaches, des bois, des montagnes et à chaque fois, une route qui parcourait le décor). Le point fort du roman, c’est la fête basque avec taureaux et humains s’affrontant dans une lutte aussi dangereuse qu’inutile.

Pas ma tasse de thé, du tout du tout, et pour être honnête , j’ai abandonné aux trois quarts de la lecture, convaincue alors que rien ne pourrait arriver qui modifierait mon point de vue. Ce roman a pourtant été à sa sortie un best-seller, et je suis curieuse d’en lire des critiques positives, pour comprendre ce qui m’a échappé.

J’avais beaucoup aimé Pour qui sonne le glas, ce récit sur la guerre d’Espagne, avec des personnages forts d’une histoire tragique.

Mais  ce soleil là ne s’est pas levé pour moi. – Chantal Yvenou

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Le soleil se lève aussi (the sun also rises) est le premier roman écrit par Ernest Hemingway en 1926, au lendemain de la première guerre mondiale. Le titre est inspiré d’un texte de l’Ecclésiaste (chapitre I ). Il raconte les pérégrinations nocturnes dans Paris d’un groupe d’expatriés, Anglais et Américains, ponctuées d’excentricités et de beuveries. Dans ce groupe, il y a notamment le narrateur, Jake, devenu impuissant à la suite d’une blessure de guerre, Robert Cohn, Juif un peu introverti, amoureux éconduit de lady Brett Ashley, femme mariée mais néanmoins mangeuse d’hommes, et Michael, Ecossais dipsomane et bagarreur. Après ces tribulations dans Paris, ils décident de partir assister aux corridas à Pampelune et d’aller taquiner le poisson dans une rivière espagnole.

Pour nous lecteurs du XXI ème siècle, cette passion pour la corrida est assez inexplicable, les chevaux des picadors reçoivent de graves blessures des cornes des taureaux, les banderilles, un père de famille qui meurt piétiné par les toros, la mise à mort et le sang versé, cela nous semble un spectacle barbare et révoltant. Autres temps, autres mœurs, serais-je tenté de dire. Cette période d’après-guerre est un moment de désenchantement pour ces expatriés, ils ont perdu leurs illusions, certains ont vécu les horreurs de la guerre et ce monde leur semble complètement absurde . Il y a comme une fuite en avant , pour essayer , en vain , de donner un sens à leur vie . D’où ces grandes beuveries et ces expéditions nocturnes échevelées .

Il ne se passe pas grand chose dans ce roman, en réalité, mais le personnage de Jake appartient en partie à l’écrivain (un journaliste qui a combattu sur le front italien et qui a été blessé par un éclat d’obus, c’est lui ), mais aussi à Robert MacAlmon, son premier éditeur, américain lui aussi, un fêtard de premier ordre marié à une poétesse lesbienne et riche. L’un comme l’autre , ils aiment faire la fête. En revanche, on reconnait le caractère antisémite d’Hemingway (il dénigre souvent Robert Cohn), il est l’homme qui se méfie des femmes (bien qu’il ait été marié quatre fois), il est un peu homophobe et passablement alcoolique. C’est Gertrude Stein qui disait d’eux : « vous êtes la génération perdue », et cela transparait pratiquement à chaque page .

A vrai dire, j’aime l’écriture d’Hemingway, mais ce roman ne m’a pas emballé, comme, par exemple, « Pour qui sonne le glas » (qui se passe pendant la guerre civile en Espagne, magnifique roman). Mais il ne faut pas bouder son plaisir, ce n’est pas son meilleur livre, il existe néanmoins d’autres romans de l’auteur que l’on peut lire et relire sans problème. Ainsi que les biographies qui lui sont consacrées, car sa vie a été un véritable roman aussi. Je me rappelle avec précision le livre de Maud Simonnot, une biographie consacrée à Robert MacAlmon, mais où l’on retrouve très souvent Hemingway, je le conseille à tous, il vaut son pesant d’or. – Michel Carlier

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Dans le Paris des années 20, Jake Barnes est journaliste et mène une vie de patachon en compagnie de divers compagnons de beuverie, écrivains en veine ou en panne de succès, et Brett, une jeune femme délurée et séduisante qui collectionne les amants. Toute l’équipe se retrouve au pays basque pour assister à des corridas et à la célèbre fête de Saint Firmin.

Voilà en deux phrases résumée l’intrigue de ce roman, portrait d’une génération perdue qui porte encore les stigmates de la Première Guerre mondiale. On s’alcoolise à outrance, et ça recommence dès le lendemain matin, on prend des taxis pour aller dans des bars où jouent des musiciens noirs, on discute, on s’invective, on applaudit le torero… Le lecteur, lui, se demande comment les personnages parviennent à tenir un tel rythme et attend vainement le drame, le moment où, enfin, l’histoire va basculer. Et rien ne se produit, on continue de boire, d’aimer, de quitter. Ce roman a le mérite de ressusciter le Paris de l’entre-deux guerres et l’Espagne des corridas, donnant l’occasion à Hemingway de laisser parler sa passion pour la tauromachie, mais sa construction très linéaire le rend longuet et peu attirant pour un lecteur contemporain, d’autant plus qu’il est desservi par une traduction vieillotte, notamment dans les dialogues. Relisons plutôt Le vieil homme et la mer ! – Emmanuelle Bastien

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Je me suis réjouie de voir figurer ce livre dans la sélection des 68, car je ne me souvenais pas avoir déjà lu Hemingway.
Mais je ne suis pas sûre qu’aborder son œuvre avec ce roman là soit une bonne idée. Je me suis mortellement ennuyée à cette lecture, je suis allée jusqu’au bout mais que je me suis ennuyée ! Il s’agit de la génération perdue, ainsi nommée par Gertrude Stein: une poignée d’intellectuels américains installés en France entre les deux guerres, qui ne s’en remettra jamais. Les beuveries incessantes, la vacuité des dialogues, l’oisiveté et le nombrilisme des personnages n’auront jamais réussi à me toucher tout au long des 275 pages du roman. Quant au style, je l’ai trouvé plat, répétitif et sans âme. Évidemment la passion d’Hemingway pour la tauromachie éclate dans la partie consacrée aux fêtes de la San Firmin à Pampelune, les pages les plus « animées » mais sans qu’elles m’aient transportée non plus.
Certes c’est un premier roman, je veux bien croire qu’il faille lire entre les lignes et qu’il y ait plus à comprendre dans ce qui n’est pas dit que dans ce qui est dit mais cela ne m’aura pas suffi. La rencontre avec Mr Hemingway ne s’est donc pas faite. Peut-être essaierai-je de lire autre chose, un roman de la maturité, pour ne pas rester sur cette déception. Mais peut-être pas … – Catherine Dufau

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Je fuis les romans d’Ernest Hemingway depuis le collège où l’on nous a fait lire Le vieil homme et la mer. Si pour certains ce roman est une claque, pour moi ce roman fut sans doute un de mes pires souvenirs de lecture. Je me souviens l’avoir lu avec souffrance – la même souffrance que Stendhal me fit ressentir quelques années plus tard avec Le Rouge et le Noir.
Et voilà, Le soleil se lève aussi ne m’aura pas réconforté avec Ernest, auteur d’une époque mais pas de la mienne. L’histoire avait bien commencé : Jake, journaliste timide, américain expatrié en France, sort beaucoup le soir à la rencontre d’autres proches expatriés dont Brett – ou lady Ashley –  son amour déçu. Avec un de ses amis, ils décident de partir en voyage en Espagne où ils vont retrouver certains de leurs amis…
Du début à la fin, on attend que quelque chose se passe mais seule l’ivresse et le vide interviennent dans la vie des protagonistes. Un roman du vide, de l’ennui, de l’opulence toute relative de cette bande d’expatriés. Du coup, j’ai l’impression de passer à côté de ce qu’a voulu décrire et écrire Ernest Hemingway, un auteur américain pourtant incontournable.  – Eglentyne Helbecque
 
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Ce récit, premier roman d’Ernest Hemingway, narre les déambulations très alcoolisées d’un groupe de 5 personnes dans l’Europe de l’entre-deux guerres. Jack Barnes, un double de Hemingway, Bill Gorton, Robert Cohn, Michael Campbell, un Écossais fiancé à Lady Ashley, une Anglaise fantasque qui collectionne les amants. Ils sont tous des vétérans de la guerre de 14, y compris Lady Ashley qui était infirmière.
Cette petite troupe nous entraîne à Paris où, désœuvrée, elle erre de cafés en restaurants, puis en Espagne, à la pêche à la truite et surtout à la féria de Pampelune. On s’ennuie quelque peu derrière ces gens, qui s’ennuient aussi, perdus dans des fêtes et beuveries sans fin, à rechercher l’ivresse salvatrice, comme un remède au mal de vivre d’une génération sacrifiée par la grande guerre.
J’ai découvert ce livre, au lycée…il y a quelques années ! Hormis les pages magnifiques qui décrivent la féria de San Firmin et la passion du héros pour la tauromachie, je n’ai pas retrouvé la magie qui m’avait séduite. L’histoire m’a semblé plate. Le style très journalistique et sans émotion m’a déconcertée. Les longueurs, aussi. Néanmoins, c’est Hemingway. Un texte écrit, il y a près d’un siècle, par un jeune journaliste, romancier encore inconnu. Difficile de faire la fine bouche. – Hélène de Montaigu
 
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Décidément je crains que les grands auteurs classiques de cette sélection ne me réussissent pas cette année et pourtant Hemingway reste pour moi une grosse pointure mais cette fois avec ce titre ce fut bien difficile d’aller au terme de ma lecture.

Il n’est, bien sûr, pas question ici de style toujours de haut niveau mais de la thématique choisie avec cette fourchette d’anti – héros où dérives alcoolisée, un certain antisémitisme, violence, lutte machiste, légéreté et oisiveté sont les uniques moteurs. Bien sûr la patte descriptive et narratrice d’Hemingway sur l’art de toréer, art de vivre parisien, basque, espagnols et paysages est au rendez-vous mais que c’est long.

Les personnages sont peu creusés, peut-être parce que des falots, leur vie n’a aucune saveur, leur personnalité à peine ébauchée et leur vie se résume à des combats de coq pour séduire ou entretenir leur histoire avec Brett Ashley, de l’alcool, du vin et de l’absinthe. C’est ce qui fait la longueur de ce roman qui ne perdrait rien à être considérablement allégé….

Une déception donc et peu de choses à mettre en avant ou retenir, hélas Heureusement, il me reste les autres titres d’Ernest Hemingway bien plus consistant à mon goût « L’Adieu aux Armes », « Pour qui sonne le glas » ou « Paris est une fête ». – Olivier Bihl

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