En moins bien – Arnaud Le Guilcher

En moins bien est le premier roman d’Arnaud Le Guilcher, paru en 2009 ; depuis, il en a publié quelques autres dont la suite de celui-ci, « Pas mieux« . C’est Gaëlle Pingault, sélectionnée par les 68 premières fois pour Il n’y a pas Internet au paradis en 2018 et Les cœurs imparfaits cette année qui a choisi de le faire découvrir aux lecteurs dans cette sélection anniversaire. Elle a de bonnes raisons, qu’elle prend le temps de nous détailler ci-dessous :

En moins bien

« Révélation exclusive du jour : à mon sens, l’une des choses les plus difficiles à réussir, artistiquement parlant, c’est de manier l’Absurde (alors qu’en cuisine, c’est le soufflé au fromage, mais ce n’est pas la question). Oui, l’Absurde, avec un A majuscule, l’Absurde comme un genre, un courant artistique à lui tout seul, parce qu’il le vaut bien. Je me suis souvent demandé pourquoi c’était si dur à faire (perso, je ne sais pas faire, et pourtant j’aimerais), et si bon à rencontrer quand c’est réussi. La seule explication que j’aie trouvée, et qui vaut ce qu’elle vaut, c’est que le monde EST absurde. Fondamentalement, totalement, et définitivement. Ce qui rend la mise en mots (ou en peinture, ou en images, ou…) :

  • périlleuse, car la comparaison est permanente. Et le monde est inventif, en matière d’absurdité.
  • mais jouissive quand c’est réussi, car offrant un pas de côté salvateur au nonsense (à prononcer avec un parfait accent anglais, s’il vous plaît, j’y tiens) flagrant de nos existences.

Il me semble que l’Absurde réussi, sous des dehors amusants et légers, questionne en profondeur bien des choses. L’air de rien, en passant. Fastoche, vous avez ri, vous n’avez rien vu passer, mais ça vous titillera après coup.

Introducing Arnaud Le Guilcher, et son « En moins bien ». Qui fut en son temps un premier roman au retentissement certain. A juste titre.

Ce n’est pas un roman comique. Et pourtant, j’ai rarement autant ri en lisant un livre. J’ai souvenir d’un paragraphe précis, ayant déclenché un fou-rire si inextinguible que je m’en suis servi comme anecdote dans « Il n’y a pas internet au paradis ». Non, ce n’est pas un roman comique, c’est un roman Absurde. Qui fait rire aux éclats, donc, certes, mais qui, en le faisant, questionne version maousse costaud l’absurdité du monde et des petites existences humaines dans ce monde. Le sens que ça a, tout ça ? Mystère. Et c’est ce mystère qui sert de matière à Arnaud le Guilcher. A hauteur de nous. Parce qu’il est dans le même bateau.

C’est hilarant et triste à la fois, totalement improbable et crédible en même temps. C’est n’importe quoi et proche de nous, poétique et gouailleur, désespéré et vivant. Avec toutes ces contradictions, Arnaud Le Guilcher bâtit un château de cartes fragile et imparfait, tendre et agaçant par moments. Il se pourrait que ça nous ressemble un peu, au fond…

A l’image de cette dédicace figurant sur mon exemplaire (je possède peu de dédicaces mentionnant des pélicans à la con, soyez-en sûrs), bon voyage absurde chez Arnaud le Guilcher. »Gaëlle Pingault

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Les avis des lecteurs :

On peut dire que ce roman décalé et délirant arrive à point nommé en ce temps de confinement !
Voici une belle allégorie du chagrin (d’amour).
Nous sommes a Sandpiper, un no man’s land sinistre des largués où l’on va suivre la déroute d’un loser imbibé.

C’est fou, tendre, drôle, léger, sensible et noir : on se délecte avec tous ces moments rocambolesques, tous ces personnages, avec cette plume bourrée de poésie, ces répliques délicieuses, cet incroyable sens de la formule !

Alors oui ce roman n’est pas parfait. C’est un premier roman. Mais moi j’ai franchement adoré et me suis laissée emporter par les délires de l’auteur. Il y a des chapitres qui sont de vraies pépites.
Je vais sans conteste me plonger dans la suite « Pas mieux ». – Alexandra Lahcène

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« Il est permis d’espérer qu’il se passera bientôt quelque chose de plus passionnant. Ce serait bien. » Cahier d’un retour de Troie, Richard Brautigan

 « Emma. Un pélican à la con. Une station balnéaire aux États-Unis. Un Allemand qui tourne. Une tribu de hippies crados. Le moral dans les bottes. Une dune qui chante. Cassavetes, Kurosawa et Huey Lewis. Un pressing. Un verre de trop. Une équipe TV. Puis une autre. Richard. Love in Vain. Un requin et un marteau. Un coup de feu. Du sang sur le sable. Une Chevrolet Impala. Le bruit des vagues. L’amour à trois. L’amour tout seul. Une lettre d’amour. La vie qui continue. En moins bien. »

Pas facile d’entrer dans un livre dont la 4e de couv’ (ci-dessus) est aussi affriolante qu’une liste de poncifs pour intrigue à deux balles. Encore que Cassavetes et Kurosawa…

Il faut dire que l’histoire n’est pas de première fraîcheur : le narrateur, trentenaire qui n’a pas vraiment le physique d’un dieu grec,

« Le jour de la giclée fatidique, [mon père] a dû penser à une vieille tante moustachue, et pan, un spermatozoïde blindé de gènes de thon a conquis le saint Graal. Bilan des courses : ma gueule. Merci du cadeau. »

convole avec la sublime Emma. Avec quelques bucks en poche pour leur voyage de noces, ils montent à bord d’un Greyhound, direction le Pacifique, hors saison, et Sandpiper, un club de vacances miteux qu’ont avantageusement maquillé quelques attrape-nigauds publicitaires. Le lendemain matin, Emma s’est fait la malle et a vidé leur bungalow baptisé… Bernique ! Merci les augures !

Une petite vingtaine de pages et voilà notre bonhomme (on ne va quand même pas parler de héros) déjà bien largué (dans tous les sens du terme).

« Dans le manuel du jeune marié, en préambule, il est écrit « on ne plante pas l’élue, la nuit de noces, sous prétexte de pingouins et de bibines ».

J’aurais pas dû le lire en diagonale… »

 Tel est le point de départ d’En moins bien 1er roman d’Arnaud Le Guilcher complètement dingue (le roman, pas l’auteur. Quoique.) où se côtoient JFK un pélican qui se prend de passion pour les talons ; un Allemand qui tourne en rond sur une dune depuis que « Friiiida » son épouse est partie vers un spot plus glassy avec « un surfeur taillé dans une pub Quiksilver » en lui abandonnant Requin et Marteau leurs enfants ; des curieux qui débarquent par cars entiers pour voir l’attraction teutonne creuser son sillon dans le sable ; Rebecca journaliste aux dents raclant le même sable qui a flairé le scoop du siècle ; des potes, Richard, Moïse, Charcot, Henry… qui ont le gosier en pente raide… très raide : une improbable collection de paumés, de fêlés de la vie pour lesquels nous vient d’emblée une bouffée de tendresse malgré l’extravagance toujours plus poussée de situations toujours plus absurdes.

Avec toutes ces vies amochées qui se carambolent dans cet endroit minable, avouez qu’il y aurait de quoi alimenter une histoire poisseuse de désespoir. Or, la prouesse d’Arnaud Le Guilcher est de nous offrir un récit touchant. Sous ses airs débraillés d’histoire écrite à la va-comme-je-te-parle, En moins bien raconte l’horizon qui soudainement s’effondre à cause de l’abîme que creuse l’absence,

« Souvent dans les ruptures, c’est pas le souvenir de ce qu’on a fait ensemble qui fait mal, mais la somme de projets qu’on ne réalisera pas en commun. »

l’amitié, les désillusions, les blessures,

« Je marque à mort. On me touche, j’ai un hématome. Je me cogne et vlan, un bleu. Dans le cœur c’est pareil, je marque à mort. Un cœur brisé plein de bleus, c’est mon cœur à moi. »

la vie, la mort, celle qui vient, celle qu’on se donne,

« —    Pour savoir. Tu crois qu’il y a une vie après la mort, toi ?

  —    Je suis pas tellement persuadé qu’il y en ait une avant… »

Le rire doux-amer n’est jamais loin pour endiguer les humeurs noires et les vapeurs de l’alcool qui coule à flots n’embuent pas la sincérité des sentiments.

« J’étais en train de perdre pied tout en courant partout. On a jamais inventé mieux pour se casser la gueule. »

Le style halluciné, les mots crus, la grammaire… quelle grammaire ?, les métaphores saugrenues ne font pas oublier que derrière cette façade rigolarde essaient de battre des cœurs en mille morceaux, illustrations de l’aphorisme de Chris Marker : « L’humour : la politesse du désespoir. »

Hélas, l’inventivité de l’écriture ne suffit pas à maintenir l’intérêt de la lecture tout au long des 270 pages d’une histoire qui, dans son dernier tiers, s’ensable à force de faire du surplace et m’a mis en tête cette réplique de Bernard Blier « On tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde, on tourne en rond, merde. »  (Le Grand Blond avec une chaussure noire, Yves Robert).

Il reste qu’avec En moins bien, Arnaud Le Guilcher signe un roman désabusé et cocasse, d’une émouvante générosité pour les losers de tous poils. Et puis, un auteur qui lorgne sans complexes du côté d’auteurs américains que j’affectionne et cite Brautigan (Love Poem)

It’s so nice  / to wake up in the morning / all alone / and not to tell somebody /you love them / when you don’t love them / any more.

moi je dis : « Pas mieux ! » – Christine Casempoure

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Suite à une rupture amoureuse, le narrateur, employé d’un pressing, survit à coups de bière. C’est dans cet état de naufrage qu’il rencontre Emma. Le coup de foudre est immédiat, et va le conduire, six mois plus tard, au mariage. Les deux amoureux partent pour Sandpiper, un village de vacances en bord de mer, pour s’installer dans un bungalow nommé « Bernique ». Le jeune marié passe la nuit de noces complètement aviné ; à son retour au bungalow, Emma a disparu. Le récit part ensuite dans une intrigue rocambolesque où le narrateur devient gérant du camping et rameute ses quelques amis afin d’endiguer la vague de curieux venus admirer l’Allemand neurasthénique qui tourne en rond sur la plage pendant des jours en psalmodiant le prénom de sa femme disparue. L’histoire est assez drôle au fond, si on sait faire fi de l’écriture franchement médiocre : cela se veut drôle, c’est pétri de vulgarités, de métaphores faciles – « En rentrant au travail, j’étais satellisé. Au bord du faux pli et pas du tout accro à la pattemouille. Je le reconnais aisément, ça n’a pas amidonné sec cet après-midi-là. » – et parfois d’un mauvais goût absolu – son couple de patrons chinois a la peau si fripée qu’on pourrait en repasser les plis. Le propos se veut drôle et un peu déjanté, pourquoi pas, mais pour moi ce roman n’a rien de littéraire, ne présente pas grand intérêt et sera vite oublié. – Emmanuelle Bastien

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La personne qui m’a envoyé ce livre m’avait prévenue : « En moins bien » est un bouquin déjanté. Je partage son avis sur cette histoire de voyage de noces qui vire au cauchemar pour le héros, un loser pathétique et sympathique ; mais pas question de divulgâcher l’intrigue, certes par respect pour les lecteurs de cette chronique, mais aussi parce que les péripéties tragiques et hilarantes sont si nombreuses que le risque est grand d’en oublier…

Je n’irais pas jusqu’à établir une filiation entre Arnaud Le Guilcher et Desproges et Ionesco comme le fait la 4e de couverture, car j’ai plus souvent ricané que ri et il me semble que ce livre n’atteint pas l’universel comme ceux de ces illustres parents d’attribution.

L’écriture est vivante, imagée, efficace (j’ai parfois pensé à Michel Audiard pour les bons mots, la crudité du vocabulaire et la pointe de cynisme) et le texte prend tout son sel dit à voix haute. Un exemple parmi tant d’autres : « le lendemain matin, on avait pas à chercher notre tête très loin. Elle était précisément dans notre cul ». Frais, non ? – Marianne Le Roux Briet

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Encore une « surprise des 68 « Et elle est de taille !
Un employé de pressing , français et vivant à New York , rencontre Emma , « sa fée clochette « , l’épouse et l’emmène en voyages de noces dans un camp de vacances très particuliers …
L’accueil est pour le moins spécial . La gérante s’est volatilisée , les employés sont d’une motivation minime , un pélican fait partie des meubles et un allemand fait les cent pas sur la plage …
Et cela ne fait que commencer !
Cette lecture est une succession de situations cocasses ,sans queue ni tête mais pour le moins originale .
On rit , on se lasse mais on tient jusqu’a la fin assez apocalyptique !
Je ne lirai probablement pas toute la bibliographie d’Arnaud Le Guilcher , mais j’avoue volontiers , avoir passé un bon moment ! – Anne Claire Guisard

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On est pas loin de Very bad trip, avec cette folle aventure d’un loser alcoolique qui perd toute trace de son épouse trois jours après son mariage.

Leur lune  de miel, écourtée par le départ de la jeune épouse , avait pourtant été organisée de main de maître par le narrateur. Un camping en bord de mer, un bar, et une dune. Pas banal ce qui s’y passe sur la dune : un touriste  allemand abandonné par son épouse tourne en rond depuis des jours sous le regard de ses deux enfants, que la barrière de la langue a empêché de se présenter : ils  ont ainsi été affublés  des prénoms de Requin et Marteau!

L’incongruité de la situation attire les curieux, puis la presse et la télévision, et le petit camping vient le lieu de villégiature incontournable de la région, obligeant notre tourtereau abandonné d’endosser la casquette de gérant des lieux, le patron noyant lui aussi le départ de sa femme dans la bière.

L’histoire s’enrichit de page en page de situations cocasses et improbables mais assez drôles. Le style est fleuri est sans complexe donnant beaucoup de rythme et de tonus à l’ensemble

Honnêtement, on ne rit pas aux éclats mais on sourit , et c’est déjà une bonne chose en ces temps obscurs, et on salue l’imagination débordante de l’auteur. – Chantal Yvenou

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Voici un livre complètement déjanté et loufoque. Et lire ce livre au début du confinement renforce cette sensation de décalage. On peut dire que l’auteur a le sens de la formule, et certaines scènes sont vraiment très drôles. Je ne connaissais pas du tout cet auteur. Je pense toutefois que l’état d’esprit dans lequel j’étais au moment de la lecture, hébétée face au confinement, m’a empêchée de vraiment apprécier. – Anne Dionet

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Décidément je crois bien que je suis réfractaire à l’humour d’Arnaud Le Guilcher ! Déjà, « Capitaine Frites » m’avait laissée en plan au bord de la route qui mène aux grands éclats de rire. Comme je préfère ne pas me priver d’une lecture possiblement jouissive, j’ai donc réitéré avec « En moins bien ». Et pof ! Même punition : pas moyen d’adhérer à l’histoire, à la narration, à l’écriture, au style… Bref, il me faut bien en convenir : je suis restée insensible à ce roman.

Parce qu’il a foiré sa nuit de noces avec Emma, le narrateur « trente-cinq ans, et une casquette en zinc inoxydable vissée sur le crâne » (p.14) reste planté à Sandpiper et se retrouve à l’insu de son plein gré gestionnaire d’un bar, d’un camping, d’une dune menaçante, d’une bande de bras cassés, d’un pélican nommé JFK et d’un Allemand qui tourne en rond sur la plage depuis que  sa femme l’a quitté. Celui-ci devient une attraction phénoménale et un public de plus en plus nombreux fréquente les lieux. L’équipe de copains assurent plus ou moins l’intendance et la logistique. Et puis le narrateur revient à son emploi précédent et noue une relation familiale avec ses employeurs japonais. Emma lui manque toujours, mais un jour il reçoit une lettre et une photo.

Voilà un résumé tronqué de cette histoire farfelue qui m’a rappelé (en moins bien !) « Fantasia chez les ploucs ». J’ai du mal à discerner ce qui fait que je n’ai pas « accroché », mais il me semble qu’il s’agit de ce que je ressens comme une intention trop visible de « faire comique ». En des termes plus incisifs, disons que je trouve tout ça bien lourd et somme toute assez vain. Le burlesque des situations, à mon avis, tombe à plat car il n’est pas soutenu par une écriture qui jouerait subtilement de l’absurde, de l’ironie ou du contretemps. La scène du mariage avec Emma, par exemple : « Au moment où je lui passais l’alliance, le maire a éternué. C’était plutôt un homme balèze. Ça a tonitrué. On a cru à un attentat. On s’est dit « C’est Pearl Harbor, c’est Ground Zero »… Il en a mis partout le salopard… » (p.12). La situation de départ est drôle mais j’ai l’impression que l’écriture l’alourdit et l’affadit.

Je suis totalement passée à côté de ce roman, comme si, en définitive, nous n’étions pas compatibles. – Sophie Gauthier

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Si l’expression « improbable » n’existait pas et n’avait pas encore été usée jusqu’à la corde par une génération entière de chroniqueurs de tous poils (du sportif au littéraire en passant par le vulgarisateur scientifique), il y a fort à parier que c’est Arnaud Le Guilcher qui l’aurait inventée. D’ailleurs peut-être l’a-t-il fait, ou pour le moins suscitée, puisque ce roman, que je découvre au détour de la « sélection vintage » des 68 Premières Fois, date de 2009. Car l’improbable est érigé là en art de vivre, mieux, en règle de vie pour Paul, jeune « Français paumé chez les ploucs US » par un mystère dont seule la littérature a le secret. S’ouvrant sur une photo de mariage qui donne le ton, « En moins bien » se refermera sur l’instantané d’une autre parcelle de vie, non sans avoir, au fil des pages, passé tous les clichés d’une existence conventionnelle à la moulinette de l’absurde. Rares sont les auteurs qui, à la manière d’un Paasilina, parviennent à maintenir ce dangereux équilibre entre absurde et folie qui permet à un roman de rester lisible, à des personnages de rester attachants, à une histoire de garder un cap si foutraque soit-il. Encore plus rares sont ceux qui parviennent à glisser de l’émotion, voire de la poésie entre ces bouffées de dinguerie, qui savent surprendre leur lecteur mi-agacé, mi-hilare, par ces sortes d’arrêts sur image gracieux et inattendus. Si Arnaud Le Guilcher n’évite pas tous les pièges qui s’ouvrent sous la plume acidulée des écrivains de l’humour désabusé, il se tire malgré tout avec élégance et une fausse légèreté de cette caravane de galères dans laquelle il nous entraîne à la suite de Paul, j’en veux pour preuve ce petit arrière-goût doux-amer qui subsiste longtemps après la lecture et qui ressemble à s’y méprendre à celui du « revenez-y ». En moins bien ? Pas sûr. – Magali Bertrand

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Dans ce roman caustique, Arnaud Le Guilcher met en scène Jack, un loser dans toute sa splendeur. Le personnage principal est un français expatrié aux Etats-Unis car il voulait se réinventer. Mais aux Etats-Unis, il reste un raté et trouve un emploi dans un pressing géré par un vieux couple. Il rencontre une fille dans un bar qui ne parle pas beaucoup et se marie avec elle. Pour leur lune de miel, ils partent dans une station balnéaire mais rien ne se passe comme prévu : la mariée s’en va.
Alors, commence pour Jack une suite d’événements assez improbables, des rencontres hautes en couleur ou bien opportunités qui tournent au court-bouillon… Bref, autant de choses qui se succèdent qui nous dressent un portrait peu flatteur du personnage principal.
Car Arnaud Le Guilcher ne lésine pas pour dépeindre un personnage enfermé dans sa loose-attitude, qui fait des mauvais choix et qui, d’ailleurs, s’enferme dans ces mauvais choix comme une fatalité. On peut même dire qu’il se laisse porter. Pour illustrer le monde de ce personnage, l’auteur n’hésite pas à utiliser un moyen – par sa plume – très parlant : un narrateur omniscient nous raconte dans un langage familier, très coloré, les aventures de Jack dans cette station balnéaire.
Pour finir, je vous dirais que je suis assez partagée par cette lecture. Au début du roman, l’écriture et surtout le langage m’ont décontenancé. Je n’ai pas l’habitude d’utiliser l’argot et bon nombre de mots m’était alors inconnus. Après je me suis laissée porter par les événements et par Jack un anti-héros assez attendrissant. Puis, c’est vrai qu’on veut savoir jusqu’où l’histoire va aller et on veut comprendre pourquoi la mariée est partie. Mais, c’est pourtant vrai que j’ai fini les derniers chapitres en diagonale, un peu lassée par le style d’écriture – qui pourtant, je sais, a plu à beaucoup d’autres lecteurs. Toutefois le tout dernier chapitre a fait que j’étais contente d’avoir lu ce roman pour tout ce que l’histoire et ses événements font : une tranche de rire assez noire mais tout de même assez plaisante dans l’ensemble.
En bref, un roman mouais mais tout de même assez bon pour aller jusqu’au bout. On aurait presque envie d’en savoir un peu plus sur certains personnages et de vouloir que les événements restent suspendus hors du temps comme ils semblent l’être. J’avoue que c’est assez décapant et j’ai presque envie de lire la suite pour voir jusqu’où peut aller la loser attitude de Jack. – Eglentyne Helbecque

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