Battling le ténébreux – Alexandre Vialatte

Battling le ténébreux est le premier roman d’Alexandre Vialatte (1901-1971), publié initialement en 1928 par Gallimard et réédité en 1982 dans la collection L’imaginaire. Traducteur de l’allemand, rédacteur puis journaliste et chroniqueur, il rate de peu le Goncourt en 1950 avec Les fruits du Congo. L’essentiel de son œuvre a été publié après sa mort et en 1991 est créé le prix littéraire Alexandre Vialatte pour « récompenser un écrivain de langue française dont l’élégance d’écriture et la vivacité d’esprit soient source de plaisir pour le lecteur ».

C’est Jérôme Chantreau, auteur de Avant que naisse la forêt et Les enfants de ma mère qui a choisi de faire découvrir ou redécouvrir ce titre et son auteur. Il nous dit pourquoi :

Battling le tenebreux

« Il y a un danger en France à se montrer léger. Alors que la lourdeur est une qualité que l’on prête volontiers à l’intelligence. Vialatte est la plus grande victime de cet esprit de sérieux.

C’est vrai qu’il a fait rire, surtout dans ses chroniques parues dans La Montagne. À tel point qu’une lignée de beaux esprits se sont réclamés de lui, à commencer par Pierre Desproges qui dit de l’auteur des Fruits du Congo qu’il est doué « d’un humour plus subtil, plus tendre et plus désespéré qu’un la mineur final dans un rondo de Satie ».

C’est un rire triste que celui de Vialatte. Le plus beaux de tous parce qu’il suscite toutes sortes de larmes. Parce qu’il s’emmitoufle dans la nostalgie, parce que sa métaphysique si particulière est une manière de hisser le détail au rang de preuve ontologique. Parce qu’il a dit les plus belles choses sur les plus grandes. Ainsi, la mort « est une ville de province peuplée d’habitants silencieux », et l’art, « le folklore d’un pays qui n’existe pas ». Vialatte est un écrivain hilarant qu’on ne peut comprendre qu’à la condition de le prendre au sérieux.

Battling le ténébreux ou la mue périlleuse est son premier roman. Un livre en la mineur. Sur l’abandon de l’enfance, la découverte du monde et de ses affres, incarnés dans ce monstre mou qu’est Monsieur Panado.

« Battling, Battling, nous n’irons plus à Mexico nous laisser prendre à leurs promesses. Nous ne prêterons plus l’oreille aux conseils du ciel de cinq heures, ni aux voix du vent dans le préau. Nous n’agiterons plus sur les murs du parloir l’ombre emphatique de nos petites pèlerines. Tu n’invectiveras plus jamais Victor Hugo dans la cour qui sent le tilleul, à l’heure où les chats irrités font le gros dos sur la pleine lune. »

Il faut lire Battling, parce qu’après on lit Les Fruits du Congo, toutes les chroniques et, comme de monsieur Panado, on ne s’en remet jamais. »Jérôme Chantreau

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Les réactions des lecteurs :

Jusqu’à ce petit-déjeuner d’heureuse mémoire pris en tête-à-tête avec son Abécédaire dans la salle à manger d’un hôtel de Clermont-Ferrand portant son nom, je ne connaissais rien d’Alexandre Vialatte. J’ignorais tout encore de son esprit facétieux, de son humour pince-sans rire, de son autodérision d’Auvergnat rond et rugueux comme un volcan, de son imagination joyeuse d’enfant éternel que je découvrais avec gourmandise entre deux tartines du miel de ses montagnes. C’est donc en me frottant les mains de la gaîté à venir que j’ouvrai « Battling le Ténébreux », premier roman de l’auteur, proposé pour cette sélection spéciale des 68 par Jérôme Chantreau, en fan inconditionnel et, comme lui, chroniqueur subtile et mélancolique de l’entre-deux-âges. Dans ce petit roman paru pour la première fois en 1928, Vialatte nous invite à remonter, par les sentiers rocailleux et parfois abruptes de la mémoire, jusqu’à cette année critique entre toutes pour les adolescents de ce siècle ou d’un autre, cette année si justement qualifiée de « la mue périlleuse » qui oscille et titube entre dix-sept et dix-huit ans, en faisant les gros bras et des ronds de fumée. On y emboîte le pas à l’auteur-narrateur et ses deux acolytes, Manuel et Fernand, dit Battling, lycéens s’adonnant avec une assiduité et un succès variables aux fondamentaux de leur âge : décrocher le bachot, décrocher la meilleure table au café, décrocher un rendez-vous avec la fille en vue. Mais tout compte triple dans ces corps et ces cœurs en voie d’extension, les amis, les amours, les emmerdes, et les douleurs qui couvent sous le vernis de la nonchalance sont souvent délétères, car, si l’on n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans, on est parfois très grave.

Bien sûr la langue est belle, riche en images et généreuse en sel, bien sûr le regard est insolent et vif et ne laisse jamais échapper l’occasion d’un bon mot, saisissant presque malgré lui les situations ou attitudes prêtant à rire, potache et dilettante comme une seconde nature. Mais l’on devine entre chaque ligne comme entre chaque souvenir aigu et si précis de ces mois décisifs, la faille intime et presque imperceptible qui s’ouvre pour toujours sous les pieds de ce funambule des mots. On comprend à quelle source sensible vient s’abreuver l’émotion qui rend l’esprit si clair, le rire si juste, le mot si percutant et pourquoi l’auteur des « Enfants de ma mère » a trouvé un si troublant écho à sa mémoire dans celle de ces adolescents d’un autre temps. – Magali Bertrand

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Dans son premier roman écrit en 1928 (ça a toute son importance je trouve) Alexandre Vialatte raconte une intrigue somme toute classique : les espoirs et les déceptions amoureuses et la fatalité menaçante qui en découle, d’un adolescent Fernand Larache, dit Battling (le cogneur) en raison de sa stature, lycéen dans une petite ville de province, durant l’entre-deux-guerres.

Mais c’est le style inimitable lapidaire, habileté narrative et stylistique, tournure et complexité de sa syntaxe, richesse du lexique et donc magie des mots brillamment et harmonieusement composés qui ont attiré toute mon attention ! Alexandre Viallatte parvient à sculpter et mettre en saillie la simplicité et lui apporte de la profondeur.

Il traite ainsi dans ce roman tragico-fantaisiste surréaliste cette « mue périlleuse », ce changement douloureux, ce renoncement à l’enfance, à ses rêves, avec ironie. Il instaure avec intelligence une ambiance singulière et très belle et raconte avec brio cette heureuse mélancolie. – Alexandra Lahcène

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Sans les 68, je n’aurais probablement jamais lu ce livre. Et ça aurait été fort dommage.

Ce livre décrit l’adolescence de trois lycéens dans une sous préfecture de province. Le narrateur dont on ne saura que peu de choses nous décrit ses 2 amis Fernand Larache dit Battling à cause de sa stature et Manuel Ferraci. On découvrira également l’univers du lycée, son principal, les enseignants, le répétiteur, les salles de classe, les cartes murales, la statue de Victor Hugo… Dans ce livre on ressent la nostalgie de l’adolescence face au monde des adultes. On découvre leurs amitiés, leurs espoirs, leurs premiers émois, leurs amours, leurs déceptions amoureuses. Battling tombe amoureux d’Ema Schnorr une artiste peintre allemande puis de Céline une chanteuse qui monnaye ses charmes. A chaque fois, il se retrouvera en rivalité avec Manuel.

J’ai beaucoup aimé le style et les descriptions d’Alexandre Vialatte. Son style est à la fois simple et inventif et il faut parfois recourir au dictionnaire. – Michèle Letellier

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Une belle lecture même si j’ai eu un peu de mal à y rentrer dans les premières pages, puis ce premier cap des 30 premières pages passé, on se prend facilement à ce récit d’enfance aux couleurs d’Oc. J’y ai retrouvé un peu du « Grand Meaulnes » et on peut dire qu’au niveau de la qualité de l’écriture, c’est aussi bien fourni.

Récit de la vie de 3 collégiens de 17 ans, 3 ados en recherche d’identité et de repères aux frontières de l’état d’adulte …. un peu coincés dans une vie de collège de province avec sa petite cour de professeurs, proviseur. Un petite vile avec ses commérages, les critiques des unes et des autres et de collégiens qui n’aspirent qu’à s’émanciper…

Le narrateur s’attache d’abord à reconstituer l’enfance de ses deux amis, plus ou moins heureuse, les histoires et origines familiales de chacun et plus particulièrement du plus écorché…. Battling.

Tout cela et particulièrement les vies quotidiennes de Fernand Lache surnommé Battling et de Manuel Feracci dont le narrateur, Vialatte ?, est un proche va se retrouver bouleversé par l’arrivée d’une artiste – peintre d’orgine allemande…. la bien mystérieuse Erna qui, comme on peut l’imaginer ne va pas passer inaperçue et susciter les ragots les plus variés mais surtout ne pas laisser froids ces deux collégiens amis et les traiter avec des sentiments différents….

Blessures d’enfance, premiers émois amoureux et destin parfois tragique, Vialatte nous dresse une chronique talentueuse et attachante. Proche de ses personnages, de leurs personnalités, de cette Province empesée, on en apprécie le style un peu désuet….un film un peu en noir et blanc mais un récit de grandes qualité. – Olivier Bihl

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« La maladie de l’adolescence est de ne pas savoir ce qu’on veut et de le vouloir cependant à tout prix. » Philippe Sollers, Le défi

 « Il était à un âge cruel, plein d’idées fausses et d’orgueils déplacés, l’âge des pires souffrances, celles qu’on se nie à soi-même. »

D’Alexandre Vialatte (1901-1971), le pince-sans-rire de quelque 900 chroniques savoureusement impertinentes et loufoques publiées dans le journal La Montagne, on a retenu l’homme qui écrivit un jour à Gaston Gallimard pour le convaincre qu’il fallait traduire Kafka dont il allait devenir le premier traducteur français. Kafka, donc. Mais aussi Goethe, Nietzsche, Asch…

Alexandre Vialatte est, en outre, l’auteur d’une dizaine de romans, dont seuls trois ont paru de son vivant.

Battling le ténébreux ou la Mue périlleuse, son 1er roman lauréat du Prix Blumenthal 1928, est un récit d’adolescence où pointent déjà son humour absurde et sa tendresse pour ces jeunes gens de province qu’il connait bien, lui qui naquit dans une petite commune de Haute-Vienne. Son écriture poétique, par la grâce de la magie des mots, laisse sourdre la mélancolie éprouvante du désespoir romantique.

Battling le ténébreux ou la Mue périlleuse est le roman des entre-deux.

Écrit en 1928, il est évidemment celui de l’entre-deux-guerres dans une petite localité terne, pas encore urbaine, plus vraiment rurale. Quelques garçons, pas encore adultes, plus vraiment enfants, usent l’ennui de leurs 17 ans. Ils sont arrivés à cette période un peu floue de leur vie, un entre-deux-âges où les rêves se cognent à la réalité et abiment leurs « âmes encombrantes », tourmentées par de vaines illusions.

Quel que soit le roman d’Alexandre Vialatte, on retrouve en fil rouge le passage à l’âge d’homme, période nostalgique et désabusée, où un sourire gai éclaire des yeux tristes.

« C’était un garçon qui aimait à se faire mal, peut-être parce qu’il avait tant souffert sans le savoir de la misère de son enfance qu’il avait trouvé une volupté dans la douleur. »

Un trio de garçons – le narrateur anonyme, Fernand Larache dit Battling et Manuel Feracci – va l’espace de quelques pages connaître ses premières amours et, partant, les premières jalousies et rancœurs. L’amitié entre ces trois-là est difficile à cerner et, si l’on ne sait pas au juste à quoi elle tient – peut-être à une même détestation des petits bourgeois infatués de province satisfaits de leur petite vie étriquée ? – on soupçonne assez vite qu’il suffirait d’un rien pour la faire voler en éclats.

Ce rien, qui aurait pu être Maria la serveuse de l’estaminet paternel, va prendre les traits d’Erna Schnorr, une artiste allemande venue chercher un anonymat de bon aloi dans la petite ville.

« Il vit […] la forme mince et ferme d’Erna Schnorr, ses yeux gris un peu bridés, ses lèvres pâles, ce masque curieux d’étrangère qu’il s’en voulait de désirer tout en le trouvant laid. »

Si Battling, écorché vif comme on l’est à cet âge, cherche à se persuader qu’il n’aime personne, c’est pour mieux oublier qu’il ne s’aime pas lui-même, enfant privé de mère, puis de père et que M. Charles Sardaigne a recueilli. Le regard qu’il porte avec ses amis sur le monde des adultes est empreint d’une admiration méprisante.

« Orgueilleux et vils à la fois, c’est en les méprisant que nous les prenions pour modèles. »

 Quand on a l’âme pudique du fier et ombrageux Battling, il est impensable d’avouer être ferré par Erna au point de la guetter dans le jardin chaque jour :

« […] toute expression du sentiment lui semblait une préciosité insupportable et de mauvais goût. »

Aussi, quand il comprend que Manuel la voit en secret, il n’a d’autre choix que de serrer ses grandes mâchoires et lâcher avec une désinvolture de façade qui cache mal d’amères fissures :

« “C’est une belle poule bien balancée.” (Cela signifiait dans sa bouche : c’est une femme comme on n’en voit qu’en rêve, mais je crèverais plutôt que de l’avouer. Manuel aurait dit : “C’est une femme charmante.” et son expression polie n’en aurait pas moins recouvert une pensée brutale. Question d’âge. Manuel était plus vieux que nous.) »

« Brute paisible » encore sur le fil de l’adolescence, « homme à l’air sombre et mélancolique. […] le ténébreux, […]— l’inconsolé » tel le héros romantique nervalien, Battling est-il de taille à lutter contre un garçon plus âgé pour qui la vie ayant déjà éventé certains de ses mystères s’écoule sans heurts ? Se savoir supplanté le met au supplice. Il devient inutilement mauvais

« — Elle ? fit-il ; mais c’est une grue finie ! …

Oh ! Battling, qu’il faudrait te haïr pour ce mot ; misérable Battling qui adorais Erna Schnorr dans le secret de ton âme étrange… Il la reniait éperdument, avec une grossièreté acharnée ; son excuse était dans le mal qu’il se faisait à lui-même. »

et ridiculement retors

« Je ne me charge pas de démêler exactement les nuances du sentiment qui poussait Battling à aller chercher Céline ce matin-là ; […] il devait y avoir surtout un désir d’humilier Erna Schnorr et de s’humilier soi-même en lui donnant pour rivale une femme aussi vulgaire. »

À ces jeux malhabiles, presque puérils, on en viendrait à oublier qu’il est question d’une souffrance réelle, d’une faille intime qui s’ouvre, béante. L’art d’Alexandre Vialatte est de poser des indices çà et là comme autant de détonateurs dans l’espoir que le lecteur perspicace saura les repérer avant la déflagration finale. Puisque déflagration il y aura.

Avec Vialatte, nulle démonstration complaisante, seulement une langue belle, jamais pesante car économe de ses effets et riche de raccourcis qui valent tous les portraits en pied :

« Nos yeux graves démentaient notre mauvais sourire. »

Sa poésie limpide serre le cœur :

« Elle ne se laissait revoir que rarement, mais nous nous obstinions tous les jours, avec la fidélité des prisonniers dans les chansons populaires, à fouiller l’horizon décevant auquel nous réclamions son image comme un signe précieux du destin, là-bas, du côté où, le matin, les brouillards de l’étang patrouillaient lentement, séparés en hautes colonnes, du côté où naissait l’arc-en-ciel quand il avait plu. »

Son style est d’une simplicité gracieuse. Souvent, cela tient à un mot qui, au détour d’une phrase, crée la surprise là où on ne l’attendait pas, tels cet horizon décevant et ces brouillards qui patrouillent lentement. Et puis comment résister au rythme suranné et languissant du point-virgule qui fait entendre la respiration calme de ces phrases amples alors que le drame se noue dans la tranquillité d’un jardin ?

« L’herbe brillait, toute fraîche de pluie, drue comme la force de nos jeunesses ; l’arc-en-ciel bâtissait un viaduc double, beau comme un démenti à l’expérience humaine ; ce miracle – un effet d’optique – nous autorisait à tout. »

Battling le ténébreux est le roman déchirant de l’adieu à l’enfance pour la possibilité d’une vie prête à s’offrir à qui saura l’aimer « avec patience », comme le dit Erna Schnorr très justement.

Sauf qu’on n’est pas patient quand on a 17 ans.

Ce roman est le choix de Jérôme Chantreau pour la sélection anniversaire 5 ans des #68premieresfois que je remercie tant j’ai été heureuse de retrouver Vialatte, pour la langue magnifique bien sûr, mais aussi pour le regard tendre qu’il pose sur cette période périlleuse de la vie.

« C’est ainsi que s’étaient évadés, tour à tour, dans l’espace ou dans le temps, les personnages de cette histoire »

et je n’avais pas mesuré combien ils m’avaient manqué. – Christine Casempoure

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Les années 30, des amitiés et des amours adolescentes au cœur d’un lycée classique, dans une petite ville de province dont les spécialités semblent être les ragots et la mesquinerie… De nos jours, le cadre aurait changé, dans les rues de la ville ou dans les salles de lycée où se déroule l’action (ah ! les cartes de l’Afrique coloniale pendues au mur de la classe…), mais les personnages pourraient se trouver au centre d’un roman contemporain.

C’est particulièrement le cas pour Manuel et Battling, les adolescents décrits dans le livre, insolents, écorchés vifs, crâneurs et émotifs, navigant entre cynisme et haine de soi, jaloux en amitié comme en amour jusqu’à la tragédie.

Vialatte écrit avec une langue et un style qui coulent simplement, de belles images fortes et des notations justes et poétiques. Pour cela, j’ai pensé à Salinger et son Attrape-Cœur, à Alain Fournier et son Grand Meaulnes.  – Marianne Le Roux Briet

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Dès les premières lignes, la mélodie et la fluidité de la langue est saisissante :  c’est un flux harmonieux qui nous incite à découvrir les aventures ces lycéens en pleine révolution hormonale. Jouant les rôles des adultes qu’ils ne sont pas encore, avec la désinvolture de circonstance, ils apprennent les codes d’une vie sentimentale, parfois docile, parfois subie.

Battling est au cœur de l’histoire. Battling, autrement dit Fernand Larache, élève dans un lycée de province. De jolies femmes font des apparitions remarquées dans les cercles étroits de la petite ville, où l’on vit dans le calme des ragots en se remettant des pertes de la guerre passée, sans savoir qu’une autre suivra.

Analyse fine des passions adolescentes, d’autant plus douloureuses qu’elles sont sans filtre, faisant fi de toute raison. Sans compter le désir augmenté par la concurrence des autres jeunes aspirants à l’amour;

Grand plaisir de lecture pour ce roman du début du vingtième siècle. – Chantal Yvenou

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L’aventure #68premieres fois me fait découvrir des types de livres vers lesquels je ne me serais sans doute jamais tourné. Alexandre Vialatte et son roman Battling le Ténébreux ne font pas exception, un titre trop classique pour moi dans une collection aux titres exigeants.
Ecrit en 1928, Battling le Ténébreux est un roman sur l’adolescence – cette période trouble de la vie par laquelle on passe toutes et tous et où l’on se construit autant humainement que socialement. Fernand Larache, dit Battling le Ténébreux, est un personnage en conflit avec ses émotions. Son intérêt pour une femme de son village, Erna Schnorr, le perturbe autant que sa relation avec l’autorité représentée par un chef d’établissement scolaire autocratique et d’un autre temps.
Un autre temps, voilà sans doute ce que je retiendrais de ce roman. Certes le propos du livre, l’adolescence, n’a pas évolué – un ado peu importe l’époque reste un ado – mais la langue, elle, évolue et Alexandre Vialatte a tout de l’écrivain classique dans sa maîtrise du vocabulaire, un vocabulaire d’un autre temps lui aussi. Rien de péjoratif là-dedans puisque ce roman reste très moderne dans sa façon de dépeindre l’adolescence du narrateur et de ses amis, so 2020. Dramatique et dans l’excès, Battling subit la vie, l’ennui, l’attirance, ses amitiés et sa famille.
Avec une certaine nostalgie – mélancolie ? – le narrateur et ami de Battling raconte leur adolescence, du moins un temps de leur adolescence, entre bêtises, conflits et franche camaraderie.
En bref, ce n’est sans doute pas un roman qui m’a marqué, qui me marquera mais je dois dire que, curieuse de nature, j’aime découvrir ce genre de romans qui élargissent sans forcément que je m’en rende compte mon horizon littéraire. Pour le coup, Alexandre Vialatte écrit certes d’une manière assez vieillie mais le fond reste très moderne presque un siècle plus tard. – Eglentyne Helbecque

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