Elise ou la vraie vie – Claire Etcherelli

Élise ou la vraie vie est le premier roman de Claire Etcherelli qui en publiera quatre autres ; paru en 1967, il obtient le Prix Femina et sera adapté peu de temps après au cinéma par Michel Drach avec Marie-José Nat dans le rôle titre. C’est Anaïs Llobet, auteure de Les mains lâchées et Des hommes couleur de ciel qui a choisi de le proposer en lecture pour cette sélection anniversaire. Elle nous explique ce que ce roman représente pour elle :

Elise ou la vraie vie

« Un premier roman qui date de 1967, avec une écriture toute dans la retenue, une économie des mots, de grands dénouements cachés dans des phrases toutes simples. Claire Etcherelli fait confiance à son lecteur pour saisir les non-dits, lire les silences, retenir sa respiration lorsqu’il le faut. En tant que jeune écrivaine, je garde ce roman au plus proche de moi, et je relis souvent ce talisman lorsque je doute, notamment lorsque notre époque de grands bavards me déroute. »Anaïs Llobet

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Les avis des lecteurs :

Élise a-telle songé à se marier, à avoir des enfants, à vivre une vie de femme épanouie,  la vraie vie ?  Sans doute, mais la vie elle,  en a décidé autrement. Elle naît avant la seconde guerre mondiale, elle est élevée à Bordeaux avec son frère, par sa grand-mère dont elle prendra soin, subit la guerre qui oblige les familles citadines à se  protéger des bombardements, puis devient la grande sœur protectrice, la mère pour ce frère instable qu’elle soutient contre vents et marée et pour qui elle se sacrifiera.

Discrète fleurette tapie dans la pelouse, elle porte le monde, véritable ange gardien, elle tente de devenir la conscience de son frère. Et puis elle rencontre l’amour…

Claire Etcherelli dans ce roman très bien documenté, décrit avec justesse, le climat de la France durant la guerre d’Algérie, guerre rejetée par une bonne partie des Français, elle dénonce le racisme ambiant, emmène le lecteur en usine pour qu’il se mêle à la dure réalité du travail à la chaîne sous-payé, confié à des émigres qui savent qu’ils seront renvoyés au pays s’il ne sont pas en mesure de fournir une fiche de paie aux policiers, qu’il se confronte à l’injustice des cadres qu’il se mette dans la peau de l’immigré algérien victime des rafles, monnaie courante en ces années.

Le personnage d’Elise est ambigu :  libérée par certains aspects de sa personnalité, elle se laisse bercer par Arezki, malgré la xénophobie de nombreuses personnes qu’elle côtoie. Toutefois elle se montre dépendante des exigences de son frère qu’elle entretient, obligée à un travail difficile faute d’avoir pu étudier, soumise à un destin qui l’oblige à renoncer à cette vraie vie pour se consacrer à ce personnage militant, infidèle, perturbateur, et lui vouer l’amour inconditionnel d’une grande sœur.

Elise ou la vraie vie n’est pas un roman des plus réjouissants, mais on y rencontre beaucoup de beauté, beaucoup de passion, et l’attachement à Elise ainsi que la belle plume de l’auteur subsistent après la lecture. C’est sans nul doute ce qui restera en moi de ce livre. – Roselyne Soufflet

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Dans les années 50, Elise vit à Bordeaux avec sa grand-mère et son frère Lucien plus jeune, qu’elle a en partie élevé, qu’elle aime d’un amour inconditionnel et à qui elle passe tout. Lorsque Lucien part à Paris, elle profite d’une hospitalisation de la grand-mère pour le rejoindre. Lucien la fait embaucher dans l’usine de voitures où il travaille et Elise va se confronter à la dure réalité du travail à la chaîne. Les ouvriers issus de l’immigration sont nombreux, les contremaîtres font la loi et les conditions de travail sont très dures. Elise qui attend toujours « la vraie vie » va cependant ressentir de l’amour pour Arezki travailleur algérien mais ce ne sera qu’un intermède parisien.

Claire Etcherelli décrit admirablement la France durant la guerre d’Algérie, la condition des algériens vivant à Paris avec toujours une fiche de paye dans la poche en cas de contrôle. J’ai relu ce livre des années après une première lecture et il m’a paru plus déprimant qu’à l’époque. – Michèle Letellier

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Une ville de la région bordelaise, dans les années 50. Elise et son frère Lucien, orphelins, vivent chichement avec leur grand-mère. Lucien a des ambitions : après s’est marié et avoir eu une petite fille, il monte à Paris avec sa maîtresse. Sa sœur, qui adore son frère, finit par le suivre et se fait embaucher au contrôle dans une usine de voitures. Le travail se fait dans des conditions épuisantes et difficiles, par des ouvriers dont une grande partie est composée d’Algériens. Elise y fait la connaissance d’Arezki, ils deviennent amants, dans une France de 1957 où la guerre d’Algérie – qu’à l’époque on nomme pudiquement « les événements » – bat son plein, ainsi que le racisme qui dénonce la présence des sales bicots, des ratons, lesquels volent le travail des Français.

Lire ce roman c’est replonger dans cette époque trouble où il ne fait pas bon être arabe, ni en fréquenter un. Ainsi Elise et Arezki sont-ils contraints à la discrétion, à des promenades interminables dans Paris ; ainsi Arezki craint-il le moindre agent de police et les arrestations nombreuses qu’il subit, relâché après une nuit passée au poste, à condition d’avoir une fiche de paie en bonne et due forme. Cinquante ans plus tard, la lecture de ce récit fait froid dans le dos, ainsi que la découverte des conditions de travail des ouvriers à la chaîne de l’industrie automobile. L’histoire d’amour entre Elise et Arezki vient heureusement mettre un peu de tendresse dans ce tableau féroce, racontée par une jeune femme qui vit enfin, et pour peu de temps, sa « vraie vie », même si elle reste tiraillée entre son amour naissant et l’attachement pour son frère. – Emmanuelle Bastien

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« La vraie vie est si souvent celle qu’on ne vit pas. » Oscar Wilde, Rose-Leaf and Apple-Leaf, L’Envoi

« Surtout ne pas penser. Comme on dit « Surtout ne pas bouger » à un blessé aux membres brisés. Ne pas penser. Repousser les images, toujours les mêmes, celles d’hier, du temps qui ne reviendra plus. Ne pas penser. Ne pas reprendre les dernières phrases de la conversation, les mots que la séparation a rendu définitifs, se dire qu’il fait doux pour la saison, que les gens d’en face rentrent bien tard ; s’éparpiller dans les détails, se pencher, s’intéresser au spectacle de la rue. »

C’est à la lumière de ces premières phrases qu’il faut lire le 1er roman de Claire Etcherelli paru en 1967 et récompensé par le prix Femina. Élise ou la vraie vie est le récit a posteriori de ce « temps qui ne reviendra plus », ces quelques mois qu’Élise Letellier va passer à Paris où elle est partie rejoindre Lucien, son frère. Ce judicieux parti-pris narratif évite l’écueil d’un ton impersonnel et froid et, bien au contraire, enrichit le récit d’une belle humanité, celle qui colore et donne du sens aux souvenirs, fussent-ils douloureux.

Roman autant d’apprentissage que social, récit en partie autobiographique, Élise ou la vraie vie emprunte à certains récits de Balzac ou encore de Zola, ainsi qu’à la vie de son autrice. L’histoire en est simple, prévisible même diront certains. Élise, jeune provinciale tranquille, presque trop effacée, coincée à Bordeaux dans une modeste maison entre sa grand-mère et son frère, va monter à Paris dans l’espoir d’y vivre enfin la vraie vie.

« Comment passe une vie que l’on regarde passer. »

Cette vie étriquée de « provinciaux minables. Isolés, gauches, pauvres de la pauvreté qui se cache », engourdie par la grisaille du quotidien, la sage Élise la laisse derrière elle dans un mouvement d’une audace folle dont, au regard des premières pages, on la croyait bien incapable. En un rien de temps, voilà la grand-mère placée dans une maison de repos, ses bijoux, mis au clou pour payer le voyage et les premiers jours dans la capitale en attendant de décrocher un emploi.

À Paris, bien vite, les rêves se cognent à la réalité. La vraie vie, ce n’est pas ce que vantait son frère, ce bon à rien exalté, mari et père abject, beau parleur enfiévré et ouvrier médiocre (dont je ne parlerai guère, tant il ne mérite ni mon encre ni mon papier, enfin… façon d’écrire !), non, la vraie vie, ce sont des journées à travailler à la chaîne de l’atelier 76 du constructeur automobile

« Les machines, les marteaux, les outils, les moteurs de la chaîne, les scies mêlaient leurs bruits infernaux et ce vacarme insupportable, fait de grondements, de sifflements, de sons aigus, déchirants pour l’oreille, me sembla tellement inhumain que je crus qu’il s’agissait d’un accident, que, ces bruits ne s’accordant pas ensemble, certains allaient cesser. »

des nuits à dormir dans un foyer après avoir dû abandonner la chambre à la petite amie de ce frère adultère, des trajets en bus, seule évasion tangible bien qu’illusoire :

« J’avais cinquante minutes d’irréalité. Je m’enfermais pour cinquante minutes avec des phrases, des mots, des images. Un lambeau de brume, une déchirure du ciel les exhumaient de ma mémoire. Pendant cinquante minutes je me dérobais. La vraie vie, mon frère, je te retiens ! Cinquante minutes de bonheur qui n’est que rêve. Mortel réveil, porte de Choisy. Une odeur d’usine avant même d’y pénétrer. Trois minutes de vestiaires et des heures de chaîne. La chaîne, ô le mot juste… Attachés à nos places. Sans comprendre et sans voir. Et dépendant les uns des autres. Mais la fraternité, ce sera pour tout à l’heure. »

Les jours passent et Élise, par-delà l’épuisement, l’abattement, l’hébétude aussi, se rend compte qu’elle partage plus avec ces travailleurs immigrés qu’elle ne l’aurait cru, à commencer par une même aspiration.

Elle

« Comme elle était douce, celle d’avant, la vie un peu floue, loin de la vérité sordide. Elle était simple, animale, riche en imaginations. Je disais « un jour… » et cela me suffisait. »

comme eux

« Un seul mot était inconnu ici, celui de désespoir. Tous disaient… « un jour… » et aucun ne doutait. Le présent s’était la lutte pour la survie. »

ont ces mêmes mots à la bouche – « un jour » – ce jour où vivre ne sera plus survivre.

Au milieu de cadences impossibles à tenir, du bruit assourdissant de la chaîne, de celui, libérateur, des sirènes qui gueulent que la journée est finie, Élise rencontre Arezki, un Algérien sombre et économe de ses mots. Dans la France de la guerre d’Algérie, faisant fi des quolibets, des regards lourds de désapprobation, des menaces implicites, sifflées dents serrées, ils vont peu à peu s’apprivoiser, au hasard de rencontres, de déambulations dans Paris, craintifs qu’une rafle de police ne vienne vérifier la détention du précieux sésame, le bulletin de paie.

« Et moi, ce soir, je me sens et je sens l’existence de cette ville, au-delà d’Arezki mais à travers lui, polie par l’ombre qui s’ouvre devant nous. »

La relation qui se noue entre Élise, « vulnérable [aux] images de la vie tranquille, droite, simple », et Areski offre les meilleures pages de ce roman.

« Nous savourions jusqu’à l’usure ces plaisirs modestes qui nous étaient permis. »

En effet, je ne cacherai pas que les longues et répétitives descriptions du travail harassant à l’atelier 76 pèsent sur la narration, bien que cela parte de la meilleure des intentions, je n’en doute pas. En nous immergeant dans le quotidien de ces ouvriers privés d’horizon des heures durant, dans la violence latente du racisme ambiant, en nous fatiguant à leurs côtés de ces gestes mécaniques répétés jusqu’à l’abêtissement, Claire Etcherelli montre combien ces heures passées à la chaîne qui « détruisent le plus harmonieux des visages » sont abrutissantes, épuisantes, déshumanisantes. Mais, pour habile que soit le procédé, à trop vouloir le pousser, l’autrice « s’éparpille dans les détails » et perd en conviction ce que la lectrice que je suis gagne en lassitude, et il a fallu que je me fasse violence pour ne pas tourner à une cadence infernale ces pages-là.

C’est d’autant plus dommage que c’est dans les non-dits, dans ce qui git sous les mots, que Claire Etcherelli excelle. Son écriture est belle et sensible, sans pathos ni grandiloquence. Elle éclaire par sa justesse un quotidien blafard, celui des bonheurs fugaces et des inquiétudes prégnantes.

« Ces soirées inachevées, nos conversations interrompues et l’inquiétude – ne pas savoir, le laisser derrière moi, attendre jusqu’au lendemain pour m’assurer que rien de grave ne s’était produit – m’attachèrent profondément à lui selon le phénomène banal qui nous rend plus cher ce qui est fuyant. » 

Les phrases sont d’une musicalité et d’un rythme poétiques rares, tels ces alexandrins aux deux hémistiches parfaits, où la pudeur de l’abandon

« Je connus le plaisir de donner du plaisir. »

rivalise avec la détermination digne de l’ultime phrase

« Je me retire en moi mais je n’y mourrai pas. »

Pour Élise, de retour à Bordeaux dans la maison familiale après qu’Arezki a été arrêté au cours une rafle, « la vraie vie aura duré neuf mois », le temps qu’il faut aux femmes pour mettre au monde un enfant, le temps qu’il lui aura fallu pour naître au monde.

Élise ou la vraie vie, c’est d’abord, pour moi, le film de Michel Drach vu à la télévision, dont je garde encore un souvenir vif. C’est aussi l’une des rares fois – à y bien réfléchir peut-être la seule – où j’ai vu le film avant de lire le livre. Je préfère être celle qui met les images sur les mots ; cette impression, un peu sotte, que le cinéaste me vole quelque chose en m’imposant sa vision du texte.

Ce n’est que plus tard, en cours de français, que j’ai découvert le roman de Claire Etcherelli. Je ne sais pas si je serais allée vers lui sans cette obligation qui m’était faite. L’adolescente que j’étais était alors prise par d’autres préoccupations que celles-là. Mes lectures étaient tout autres et, il me faut bien le confesser, je ne faisais pas grand cas des 1ers romans.  – Christine Casempoure

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Je me souviens du film, et de Marie Josée Nat qui y jouait le rôle titre, mais je ne suis pas sûre d’avoir déjà lu le texte de Claire Etcherelli. Je redécouvre donc aujourd’hui ces moments complexes des années 70. La colère sociale, les conflits ouvriers, les émeutes, les barricades, l’implication tumultueuse des étudiants et l’horreur de la guerre d’Algérie. Dans ce texte émouvant, on retrouve avec dégoût le racisme anti-arabes, les ratonnades, une coexistence sociale douloureuse, le déni des nantis. On rejoint avec Elise, son frère Lucien monté à Paris, autant pour fuir la vie de province qui l’étouffe qu’attirer par une « vraie vie » au cœur des événements. On souffre avec Elise qui s’est engagée dans la chaine industrielle d’une firme automobile et confrontée à la cadence infernale, au sexisme et au racisme. On assiste à son amour coupable.
Les situations vécues dans ce texte me semblent aussi lointaines que présentes. Les racismes existent toujours, même s’ils ont élu d’autres cibles, le sexisme perdure, les étudiants ont souvent d’autres combats, les salariés parlent autant de conditions de travail que de retraites. En cinquante ans, les choses ont changé, même si les injustices et les racismes sont constants, je n’ai pas réussi à partager autant qu’attendu la honte d’un amour inter-racial, j’ai peut-être tort. Ce texte est très bien écrit, mais son actualité ne m’a pas bouleversée profondément. Un peu comme un vieux magazine qu’on effeuille. – Martine Magnin

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A Bordeaux, en 1958, Elise mène une vie morne auprès de sa mère, en tentant de compenser les frasques de son frère, Lucien, jeune écervelé rêvant d’un autrement et ailleurs qui tomberait du ciel. La donne change lorsque sa petite amie du moment se retrouve enceinte de ses œuvres. Le couple s’installe dans la maison familiale, subsistant sur les maigres revenus d’Elise. La vraie vie est un rêve fumeux et intangible.

Mais quand Lucien abandonne femme et enfant pour partir à Paris avec sa maitresse, il réussit a convaincre Elise de le suivre. L’argent est un éternel problème pour ces jeunes qui se bercent d’illusions et Elise se fait embaucher à la chaine dans une usine de construction de voitures, où elle rencontre Arezki, un ouvrier algérien.

Le roman est paru en 1967, assez peu de temps après cette période que l’histoire n’a pas voulu assimiler à une guerre, la masquant sous le vocable vague d’ « événements». Malgré tout, les relations tendues de la population française vis à vis des émigrés d’alors, les rafles, les arrestations et les vérifications incessantes, sont particulièrement bien évoquées. De même on participe avec Elise à ce quotidien abrutissant et épuisant qui ne laisse guère de temps, après de nombreuses heures à suivre la cadence, pour  rêver d’une autre vie. Décevante et débilitante, la vraie vie!

J’ai beaucoup aimé le réalisme des portraits des personnages, bien mis en valeur par une très belle écriture.

C’est le témoignage d’une époque qui avait défini les cibles de sa haine, sans savoir que des décennies plus tard, d’autres migrants viendraient endosser le costume du rejet de la différence. – Chantal Yvenou

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Élise vit avec sa grand-mère et son frère. Elle lui voue une profonde passion et lui accorde tout. Sans beaucoup d’argent, la famille vit sans joie ni lumière. Quand Élise le rejoint à Paris, c’est une tout autre vie qui l’attend. Les journées à l’usine, la fatigue et le corps lourd, la solitude et les nuits froides se succèdent. Jusqu’au jour où Arezki entre dans sa vie…

Élise ou la vraie vie… Mais quelle vie !! Que ce soit à Bordeaux ou à Paris, Élise semble à chaque fois bien seule. Les jours se suivent sans qu’aucune lumière, aucune chaleur n’entrent dans sa vie.

Ce roman de 1967 est cependant pour moi une totale découverte.
C’est avec une écriture fluide et travaillée que l’auteur nous offre la solitude et les émois d’Elise, une femme dévouée et généreuse. Par amour pour son frère, elle accepte les dures journées à la chaîne, la chambre sans âme du foyer où elle loge et l’éloignement culpabilisant de sa grand-mère.
Quand elle se prend d’amitié, de tendresse puis d’amour pour Arezki, un algérien, elle apprend ce qu’est le racisme et la méchanceté, la honte et l’injustice. Elle ne sentira de chaleur que celle des rendez-vous secrets et des rencontres fugaces. Elle ne sera que seule et abandonnée… Mais elle est aussi forte et courageuse. Élise ne connaîtra de la vie que la routine du quotidien et la peur du lendemain mais elle ne baissera la tête. Elle acceptera son destin et se lèvera chaque matin avec l’espoir d’un avenir plus serein…

Merci pour cette lecture mélancolique et dotée de sentiments forts et touchants… – Audrey Lire&Vous

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Elise vit avec sa grand-mère et son petit-frère Lucien. Elle l’aime et sacrifie son enfance, son adolescence pour l’élever. Lucien, en grandissant,se révèle être un rêveur qui rêve d’une utopie alimentée par les luttes de l’époque. Il décide de quitter sa région bordelaise pour rejoindre Paris et vivre la vraie vie dont il a tant de fois parlé à Elise. Quelques mois après, Elise le rejoint pour quelques jours, quelques semaines et finalement quelques mois. En pleine guerre d’Algérie, elle découvre de ses yeux ce qu’elle avait lu jusqu’à présent dans la presse. Obligée de travailler pour subvenir à ses besoins et à ceux de son frère, elle rejoint les rangs ouvriers d’une usine d’automobile. Ce travail va modifier sa façon de voir le monde et va lui ouvrir les yeux sur la politique et le racisme ambiant et va bouleverser ses convictions…
Avec ce roman, je découvre une plume qui m’a touché par sa sensibilité autant que par le regard aiguisé presque sociologique d’une époque par une autrice. Claire Etcherelli décortique le contexte particulier de la guerre d’Algérie, en France, en province comme dans la capitale, et utilise Elise pour à la fois dénoncer le racisme ambiant, mais parler d’une vie d’ouvrière dans à la chaîne, des cadences infernales, du manque d’humanité porté par ces entreprises qui en veulent plus avec moins.
Mais Elise ou la vraie vie est également un magnifique roman d’amour entre deux personnages qui viennent d’horizons différents, ont des cultures différentes et qui veulent vivre leur histoire au grand jour sans danger. Elise se rend vite compte que l’amour n’est pas acceptée pour tout le monde et que la société est une plus grande machine à broyer que les cadences infernales de l’usine automobile qui l’emploie où elle y voit l’humanité, la solidarité comme le rejet de l’autre – pour son origine ou son genre.
En bref, ce livre fut pour moi un petit coup de cœur. J’ai été transportée par l’histoire et par les personnages, notamment celui d’Elise, personnage principal du roman, qui cherche à vivre la vraie vie tant de fois évoquée et promise par son frère, Lucien. Je ne peux que le conseiller aux lecteurs qui aiment les récits habiles, sensibles et qui font naître la révolte dans les cœurs. Merci les #68premieresfois pour cette belle découverte. – Eglentyne Helbecque

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