Le chien de Schrödinger – Martin Dumont

Le chien de Schrödinger est le premier roman de Martin Dumont, paru au printemps 2018 au sein de la toute nouvelle branche littérature des éditions Delcourt. C’est Gabrielle Tuloup, auteure de La nuit introuvable et de Sauf que c’étaient des enfants qui a choisi de le proposer dans cette sélection anniversaire. Martin et Gabrielle ont publié leur premier roman la même année et se sont souvent trouvé ensemble lors d’événements ou de prix notamment au Festival de Chambéry et depuis, ils se lisent mutuellement. Le deuxième roman de Martin Dumont, initialement prévu en mai, paraîtra en janvier 2021 sous le nouveau label des éditions Delcourt : Les Avrils. En attendant, Gabrielle Tuloup nous présente Le chien de Schrödinger :

Le chien de schrodinger

« Le Chien de Schrödinger est un roman qui fait danser les possibles derrière les portes.

Un roman qui interroge notre notion univoque de la vérité et pose cette question inconfortable : « il y a-t-il de beaux mensonges ? » J’insiste : pas de mensonges légitimes ou utiles, de beaux mensonges, de ceux qui colorent une réalité trop insupportable.

Ce que j’ai admiré dans le livre de Martin Dumont, c’est que l’histoire ne perd jamais la délicatesse et la pudeur comme ligne de vie, même au plus profond des abîmes de l’inacceptable : la mort d’un enfant. On y suit les personnages, en apnée, en espérant, à l’image des plongeurs, savoir faire ralentir son cœur qui bat un peu trop vite à la surface du monde.

Crayon à papier à la main, combien de phrases ai-je soulignées, combien d’accolades ou de petites croix dans la marge ? C’est toujours juste, sans concession. Juste dans la révolte, juste dans la douceur, juste dans le passage de l’une à l’autre.

Mais ce que j’ai aimé par-dessus tout, c’est que ce texte qui nous emmène dans une chambre d’hôpital et qui raconte avec une précision frappante les soubresauts de l’âme face à la souffrance d’un être aimé, n’est pas un roman sur la maladie. Le propos est ailleurs. Il est dans le partage silencieux, dans l’à côté batailleur, dans les forces qu’un amour immense ne cesse de renouveler contre l’usure.

Avec Martin Dumont, au bout des pages, les horizons n’en finissent plus de dessiner l’espoir, vaille que vaille. » Gabrielle Tuloup

________________________________

Les avis des lecteurs :

« J’ai dit « merci » mais je ne le pensais pas. On fait ce qu’on peut avec ses lèvres. »

Quelques lignes suffisent dans ce court roman pour toucher et nous lier à la tendresse tissée entre Jean, père célibataire, et son fils, jeune adulte à qui la vie sourit. Une maman disparue dont l’histoire se confie entre les lignes, une douloureuse première déchirure, laquelle a renforcé  une paternité responsable, désireuse et aimante chez Jean, chauffeur de Taxi la nuit. Très vite la maladie s’invite, ou plutôt s’impose, fait effraction entre le père et le fils et nous écoutons Jean, nous le suivons dans le dédale des épreuves et des annonces en escalade. Jean se livre à la première personne et nous embarque avec lui dans sa traversée. Les phrases sont courtes, un vocabulaire de tous les jours : Jean partage avec simplicité et humilité ce qui fait un quotidien, dans sa plus stricte banalité, ce qui fait un quotidien heurté de plein fouet par la souffrance, la terrible, celle d’un corps aimé appelé à s’échapper et à ne plus porter, cran d’arrêt d’un quotidien apparemment ordinaire, pourtant unique et donc toujours exceptionnel même confondu à des milliers d’autres.

« J’ai regardé la porte et j’ai compris que ça viendrait de là. Je ne savais pas quoi – d’ailleurs je ne voulais pas savoir. Je n’étais pas prêt. Je fixais cette porte et je priais pour qu’elle ne s’ouvre pas. Jamais. J’ai eu soudain envie de me jeter dessus. Pour la bloquer, pour casser la poignée qui brillait sur le fond blanc. C’était stupide, mais tant qu’elle restait close, tout restait possible. Je veux dire, dans le couloir, il y avait encore l’incertitude. Les futurs, ils étaient là ; ils dansaient derrière la porte. Une foule d’éventualités, leur probabilité. Oui, tant qu’on n’ouvrait pas, la réalité restait libre ; elle pouvait filer dans toutes les directions. Des mondes parallèles. Je les voyais distinctement – les beaux, et puis les autres, un peu plus moches. C’est normal, il faut partout de l’équilibre. Non, ce qui compte, c’est l’espoir. Un mot de trop, une expression ou une porte qui s’ouvre – c’est la mort du conditionnel. »

La singularité de cette histoire recèle le commun de nos amours, nos espoirs et rêves et l’universalité de nos chagrins, des plus terribles ou plus inoffensifs. Jean dit ce qui le transperce, son impuissance, sa sidération, ses lâchetés tellement humaines, ses silences refuges, des silences souvent plus pleins que les discussions gratuites et polies, les débordements de la parole expulsée pour que l’âme respire enfin et les mots étranglés, inutiles face à l’innommable.

Martin Dumont retraduit fidèlement l’hébétude et la rage qui bouleversent les vies à travers les dialogues, gestes, malaises des humains entre eux devant l’absurdité d’une jeunesse arrachée. Et dans cet enchaînement de jours et de nuits qui voient progresser l’invasion du corps encore enfant, Jean et les acteurs familiers, amis et soignants qui gravitent autour de Pierre, se questionnent sur la vérité, ce qu’il faut croire ou non, ce qu’il faut divulguer, révéler, forcer et finalement quel sens aura de dire et savoir à tout prix. Or  la vérité n’est-elle pas subjective ? « Si on considère que la réalité est dépendante de l’observateur, pourquoi la sienne serait moins vraie qu’une autre ? »

Dans une réalité objective et matérielle des faits, nous ne percevons et ne retenons que rarement les mêmes sensations, paroles, visages, situations, et à quoi servira alors « d’avoir raison », surtout face à l’inéluctable de la mort qui tranche et sépare ?

Le chien, ou le chat de Mr Schrödinguer, est prétexte à penser ce rapport à la vérité, au savoir sur soi, sur les autres…Il y a bien des choses qui nous restent inconnues, et plus encore dans cet intolérable cruel, dans l’absence d’une parole attendue, le secret lourd et indisposant… Et ne pas savoir ce que recèle une boîte opaque nous oblige à faire des choix, à s’élever et continuer en y projetant des lumières, des colères, des regrets ou des possibles.

L’annonce d’une non guérison : nous ignorons souvent comment la personne la reçoit, ce qu’elle en retient, entend et comment elle se retraduira dans son comportement les lendemains, et selon les personnes autour.

L’essentiel à retenir est certainement bien dans le lien sincère qui unit et qui partage ce que la vie a de beau et le combat de ce père pour rendre à son fils son destin, celui qu’il aurait pu écrire alors même que la vie lui tourne le dos. « J’ai frissonné. Je me suis rendu compte comme j’étais fier. Ce môme, c’était mon plus grand succès. Un truc à réussir sa vie. (…) J’ai pris sa main. Il a sourcillé légèrement et je me suis dit que peut-être il entendait. Ou alors qu’il me sentait. Ca suffisait. Alors j’ai parlé. Je lui ai dit sa vie. Je lui ai tout raconté. (…) J’ai parlé sans m’arrêter. Je lui ai tout dit, tout expliqué. Je lui ai rendu sa vie. Il fallait bien que quelqu’un lui rende. »

C’est un acte d’amour qui est superbement retraduit ici, sans ambage, sans pathos, sans leçon, sans certitude, uniquement dans cet amour vrai, sincère aussi, impuissant soit-il. L’hommage d’un père à son fils. – Karine Le Nagard

________________

Que d’émotions dans ce livre ! Une relation très forte entre un père et son fils.

Jean a perdu sa femme accidentellement et élève seul son fils avec beaucoup d’amour. Ils partagent la passion de la mer et le plongée en apnée.  Mais Pierre ne s’aperçoit pas que l’état de santé de son fils se dégrade et que celui-ci se fatigue de plus en plus : la nouvelle tombe, cancer du pancréas avec peu d’espoir de guérir.

Pierre est bouleversé et culpabilise. Il doit faire face à cette situation, aider son fils, lui apporter de la joie  jusqu’à mentir afin de le voir heureux. !! Que faut-il  faire ? Dire la vérité ou mentir ? A chacun de juger.

Je ne suis pas sortie indemne de ce livre, très vite lu. Tout en délicatesse, lumineux même si le sujet ne l’ai pas, une écriture toute en douceur. Un premier roman magnifique !!! – Joëlle Radisson

_________________

Jean est chauffeur de taxi. Il élève seul son fils depuis le décès accidentel de sa femme alors qu’il était encore un tout jeune enfant. De cette vie à deux est née une grande complicité, un amour décuplé et un des souvenirs chaque jour renouvelé. Mais à 20 ans, Pierre est fatigué. Il ne va pas bien et le diagnostic tombe. Commence alors pour Jean une autre vie, une nouvelle réalité…

Martin Dumont signe ici un premier roman époustouflant de justesse et d’émotion. Sans jamais verser du côté larmoyant, il nous livre le combat d’un père pour ne perdre pied, ne pas fléchir devant la maladie de son fils.

Les phrases sont courtes, les mots sont à leur place et on regarde ces deux hommes se démener pour fuir une réalité qui les dépasse.
Comment accepter l’inacceptable ? Comment soulager son enfant de ces douleurs intolérables ? En s’inventant une nouvelle vie, en imaginant un rêve qui se réalise, en enjolivant les jours qui passent… Mais la culpabilité fait alors place parfois au soulagement… Et la douleur, la colère et la peur changent de visage.

On lit ce roman en apnée, on cherche son souffle, on a le cœur qui ralentit. On partage l’amour infini de ce père qui pourrait tout inventer pour que son fils quitte ce monde en beauté…

Merci aux 68 premières fois pour cette lecture touchante et douloureusement intense… – Audrey Thion

________________

Il y a de l’écho dans ma PAL…

Les propositions de premiers romans d’Odile d’Oultremont et de Gabrielle Tuloup de cette sélection exceptionnelle des 68 premières fois se sont mystérieusement suivies entre mes mains, créant dans mes lectures l’une de ses curieuses résonances dont seuls le hasard et la littérature ont le secret.

C’est ainsi que j’ai découvert tour à tour « Grand frère » de Mahir Guven, Prix Goncourt du Premier Roman en 2018, excusez du peu, et « Le chien de Schrödinger », de Martin Dumont, discret premier roman d’un homme plus habitué à créer des bateaux qu’à les monter pour en faire toute une histoire. Chacun dans sa langue, chacun dans son style, ils nous invitent à devenir les témoins attentifs et bienveillants d’une douloureuse histoire d’hommes, d’une histoire de père et de fils qui ne suit pas la voie qu’on aurait pu espérer, celle qu’on était en droit d’attendre de la vie si elle s’était montrée moins cruelle, moins retorse.

Dans chacune, il est question d’un père, chauffeur de taxi qui avale les kilomètres cramponné à sa plaque et à l’espoir de courses nocturnes bien payées pour pouvoir continuer à envisager l’avenir pour lui et sa famille, malgré tout. Il est question d’une mère, d’une épouse, partie bien trop tôt pour avoir laissé derrière elle des souvenirs et des hommes terminés, solides sur leurs pattes, vaillants face à la vie et sans ce regret lancinant d’un amour, d’une douceur, d’un parfum, d’un lien qui faisait tenir debout, qui faisait tenir ensemble. Il est question de fils qui ont tenté de trouver dans le silence parfois bourru mais toujours aimant de ces pères solitaires des raisons de grandir, de fils qui s’en vont sans qu’on comprenne pourquoi ni comment continuer à vivre avec cette douleur en plus. Et puis, il est question de choix, ceux que l’on fait, bons ou mauvais, ceux que l’on croit faire et qui nous échappent, ceux que l’on regrette et ceux que l’on aimerait ne jamais avoir eu à faire.

Rien n’est simple ni tranché, rien n’est manichéen dans ces vies d’hommes si différentes et si proches, et, si leurs mots ne sont pas les mêmes, s’ils n’ont ni la même tonalité ni la même force, s’ils ne prennent pas la même voie (la même voix) pour y parvenir, Mahir Guven comme Martin Dumont ont su donner à leurs personnages des contours et une réalité qui ne laissent ni insensible, ni indifférent. Dans les deux cas, très belle découverte ! – Magali Bertrand

_______________

Autant le dire sans plus tarder, j’ai énormément aimé ce livre pour sa sensibilité, sa justesse de ton. Les phrases sont concises, mais pesant leur poids de sens. Martin Dumont les ordonne avec une maitrise stupéfiante, ou pas si on considère que son métier d’architecte naval l’entraine à s’y connaitre en équilibre. Un premier roman remarquable qui laisse espérer un excellent second.

Schrödinger est cité en exergue en comparaison entre le défaitisme de Shöpenhauer et l’optimisme de Leibniz. Et s’il n’y avait pas de juste milieu ? Ou plutôt si on pouvait être à la fois l’un et l’autre comme Françoise Giroud l’a souvent exprimé pour définir son tempérament.

Ayant lu le titre un peu trop vite, je m’attendais à trouver un chat, … ou un chien à la rigueur. Surtout que Le chat de Schrödinger a déjà été écrit (par Philippe Forest, collection Blanche chez Gallimard, en 2013). Et que personne n’a jamais su pourquoi le Prix Nobel n’a pas mis dans sa boite un rat ou un autre animal, ni si c’était son propre chat qui lui avait inspiré sa théorie.

Le début de l’histoire m’a totalement déstabilisée. Plutôt agréablement malgré le contexte assez sombre. On ne contrôle pas tout prévient Jean dans les premières pages (p. 19). Le narrateur est chauffeur de taxi (comme un des personnages de Grand frère, un autre livre de la sélection). Dieu qu’il aimerait, du moins comprendre ce qui est arrivé, ne pas naviguer sa vie à vue.

Depuis presque vingt ans, il maraude chaque nuit à bord de son taxi, pour ne pas perdre une miette de son fils, Pierre, qu’il a élevé seul depuis la mort brutale de sa femme Lucille, au cours d’un accident de voiture. Il lui a transmis son goût pour la plongée, ces moments magiques où ensemble ils descendent se fondre dans les nuances du monde, où la pression disparaît et le cœur s’efface. Mais depuis quelque temps, Pierre est fatigué. Trop fatigué. Il a beau passer son temps à le regarder, Jean n’a pas vu les signes avant-coureurs de la maladie. Alors de l’imagination, il va lui en falloir pour être à la hauteur, et inventer la vie que son fils n’aura pas le temps de vivre. Quand la vérité s’embrouille, il faut parfois choisir sa réalité.

Existe-t-il de beaux mensonges ? Sont-ce ceux qu’on fait aux autres, pour leur bien, ou ceux que l’on fait à soi-même ? A-t-on le choix de dire toujours la vérité ? La connait-t-on d’ailleurs ?

Jean et son fils Pierre y sont confrontés à plusieurs moments de leur vie, au cours d’une balade nocturne en découvrant une lumière rouge à la surface de l’océan, à l’annonce d’un diagnostic, en voulant réaliser un projet qui leur tient à cœur.

Martin Dumont l’explique plus simplement pour résoudre la hantise de Pierre, tenaillé par le besoin de savoir si la mort de Lucille ne serait pas un suicide déguisé. Sa belle-mère lui apportera un peu de paix en lui suggérant que cette histoire est une boite qu’on ne peut pas ouvrir (…). Il n’y a que des suppositions, des peut-être, et le poids qu’on décide de leur donner (p. 107). Alors pour vivre avec ce dilemme, la seule solution est de « choisir, inventer une vérité« . Qui deviendra notre vérité. Un peu à l’instar d’Alain Gillot dans S’inventer une île, pour supporter la mort d’un fils.

Parallèlement aux interrogations cruciales autour du mensonge et de la vérité, ce premier roman soulève aussi la question du présent. On ne devrait jamais attendre. Toutes ces choses que l’on préserve; c’est un coup à mourir sans en profiter (p. 82) … également de ces bons moments dont l’auteur nous prévenait au tout début du récit (p. 19) qu’il fallait en profiter.

Cette réflexion est plus que jamais vérifiée pendant la période de confinement dont nous allons probablement sortir, mais dans quel état, et avec quelles priorités ?

Quant au damier de la couverture, il m’évoque désormais le miroitement de l’eau au fond d’une piscine, la déformation des corps plongés dans un liquide suite à la réfraction, illusion d’optique et pourtant réalité.

C’est un livre que je vais souvent recommander. – Marie-Claire Poirier (A brides abattues)

_______________

La dernière fois que j’ai été aussi émue par l’amour d’un père pour son fils, c’était avec « l’horloger de Saint Paul », le film de Bertrand Tavernier.

Dans ce « Chien de Schrödinger », les personnages sont magnifiquement campés et impressionnent avec douleur, leurs espoirs devant l’inéluctable, les mensonges de l’un, ce que l’autre est prêt à croire pour espérer encore un peu…

 J’ai beaucoup aimé le mélange de délicatesse (les silences…) et de réalisme (la maladie…) qui se trouve partout dans ce beau roman triste, illuminé par l’amour paternel. – Marianne Le Roux Briet

_______________

Un genre souvent repris et l’originalité de celui-ci tient dans le récit d’un père tout en pudeur, sans pathos excessif mais un moment d’émotion très fort. Un cancer fulgurant pour le fils de Jean, chauffeur de taxi au quotidien, déjà endeuillé par la disparition violente de sa compagne pour laquelle il cultive par ailleurs un profond sentiment de culpabilité et dont sa belle-famille semble lui en faire aussi reproche. Il lui reste peu de temps pour offrir à Pierre un ultime cadeau…

Dans ce court roman, c’est aussi la relation intime de ces deux êtres à travers la passion de la mer et le soutien moral qu’ils s’offrent respectivement dans cette vie sans mère. De très beaux moments que l’auteur nous fait partager mais aussi ses doutes, le paradoxe de vouloir offrir la seule chose qui maintient Pierre un peu plus longtemps, l’invention d’un mensonge mais aussi la culpabilité de le tromper… et puis que faire après…

Une belle écriture et une fluidité dans le récit, une très agréable lecture toute en sensibilité et en beauté. – Olivier Bihl

_______________

Un roman tout en tendresse et en douleur, l’histoire de l’amour inconditionnel d’un père pour son fils.

Jean a tissé une grande complicité avec son fils qu’il a élevé seul après le décès de la mère. Sa vie s’organise entièrement autour de lui et que ne ferait-il pas pour qu’il puisse aller au bout de ses rêves. Parmi leurs passions partagées, il y a la plongée en apnée et parmi les rêves de Pierre, il y a ce roman terminé alors que la maladie s’est déjà invitée sans crier gare. Et voilà Jean parti à la rencontre d’éditeurs, prêt à tout pour que le roman de son fils soit édité. Déchiré par le chagrin, il va s’inventer une histoire pour que son fils puisse vivre encore des instants de bonheur. Faire exister un livre qui n’existe pas, c’est la vie face à la mort, c’est choisir sa propre réalité, sa propre vérité, c’est comme un paradoxe de physique quantique et quand on préfère les chiens aux chats, cela devient Le chien de Schrödinger…

L’écriture de Martin Dumont semble couler de source, elle nous donne le tempo, contient notre respiration dans un maëlstrom d’émotions. L’auteur nous livre un récit émouvant, empli d’humanité, où la douceur et la délicatesse font face à la révolte. Un récit qu’on lit en un souffle, submergé par le drame vécu par Pierre et Jean, emporté dans le sillage de cette relation bouleversante entre un père et un fils que la vie n’épargne pas. Il y a là deux cœurs qui battent à l’unisson et font battre le nôtre et le pouvoir infini de la mer qui sait absorber l’amour et le chagrin. Superbe !

Merci à Gabrielle Tuloup d’avoir proposé ce très beau roman pour la sélection anniversaire des 68 premières fois ! Une très belle découverte ! – Josyane Sydenier

________________

« Il y a eu des philosophes grandement renommés – comme Schopenhauer- qui ont déclaré que notre monde était extrêmement mal fait et triste, et d’autres comme Leibniz- qui l’ont trouvé le meilleur des mondes possibles. » Erwin Schrödinger

Peut-être tout simplement que le monde est ce qu’on en fait et Jean a choisi résolument son camp …

Un court roman plein de délicatesse pour raconter le monde d’un père qui bascule avec la maladie de son fils. Un fils qu’il a élevé seul, travaillant de nuit avec son taxi pour mieux profiter du jour avec lui. Il n’a rien vu venir, il s’en veut. Alors il va essayer de réaliser un des rêves de son fils quitte à prendre des libertés avec la vérité. Y a-t-il de beaux mensonges ? Faut-il toujours dire la vérité… Jean oscille entre la révolte, l’abattement, la culpabilité et l’envie d’embellir ce quotidien qui s’effrite entre ses doigts. Il a tellement envie d’y croire…

Tout dans ce roman sonne juste, tout est délicat et terriblement poignant sans jamais tomber dans le pathos. Une merveille de pudeur et d’humanité concentrée sur 120 pages.
Merci Gabrielle Tuloup pour cette proposition ! – Catherine Dufau

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s