Une fille de passage – Cécile Balavoine

« L’écrivain avait fait de moi une autre. Un double. C’était un peu une mort, et un peu une naissance. »

 

Une fille de passage

 

Pourquoi pendant toute la lecture ce cette « Fille de Passage », ai-je eu en tête le livre de Vanessa Springora « Le consentement » ?

Pour avancer une explication, il me semble que les deux narratrices sont sous l’emprise qu’exerce sur elles un homme âgé et influent : toutes les deux ont des sentiments confus, elles sont à la fois flattées et inquiètes de l’intérêt qu’il leur porte, pendant que lui les dirige et les façonne, utilisant leur vie comme matière de ses livres. Toutes les deux manifestent une grande lucidité lorsqu’elles réfléchissent à cette relation qui a bouleversé leur vie.

Mais quand Vanessa Springora dresse le portrait d’un prédateur sexuel malsain et profiteur, pilote d’une relation abusive, ce qui ressort du livre de Cécile Balavoine, c’est une relation troublante et ambigüe entre une écrivaine en devenir et un auteur mentor, dont l’enseignement imprègne sa façon d’écrire. C’est aussi le récit d’un profond attachement d’une jeune femme à un homme essentiel à sa vie qui, de loin en loin, l’encourage et l’accompagne dans son projet d’écriture.

Ce que le lecteur/la lectrice garde en tête, ce sont la lucidité sans ressentiment qui imprègne en permanence le récit et ses phrases si belles, si empathiques, qui emportent le cœur : sur la vieillesse et la maladie, les relations affectueuses avec la dernière épouse, la ville de New York à la fin des années 90… – Marianne Le Roux Briet

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Oui c’est vrai, j’étais presque conquise d’avance, j’ai tellement aimé le premier roman de Cécile Balavoine, Maestro. La dédicace « à mon chair Serge et son Elisabeth » m’invite à plonger dans ce roman doux et intime. L’écriture est ciselée, Cécile Balavoine parle toujours aussi bien d’amour. Je rajouterais New York en toile de fond et sa vie estudiantine, insouciante…. Coup de cœur – Anne-Christine Busnel

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En ouvrant ce roman, lu dans le cadre des 68 premières fois, j’avais hâte. Hâte de découvrir l’écriture de cette autrice dont j’ai entendu tant de bien. Hâte d’arpenter les rues de New-York avec elle, hâte de replonger dans l’univers des études de lettres, hâte de découvrir sous ses mots Serge Doubrovsky, inventeur de l’autofiction, jamais étudié pendant mes années de lettres modernes pour faute de livre non disponible à l’époque.

J’y ai trouvé tout ça. Mais j’ai eu besoin d’une longue pause avant d’attaquer le dernier chapitre. Les deux premiers m’ont rendue assez mal à l’aise, ou plutôt la relation qui se noue entre le chair Serge, comme elle l’appelle, et la narratrice. La fascination d’un côté, l’autorité de l’autre. Une forme de domination, par l’intellect, la posture, le rôle social, l’âge, la relation prof/étudiante. Une relation qui devient essentielle, qui pend de la place, beaucoup. Malgré la tendresse infinie de la narratrice pour ce bonhomme impressionnant (dans tous les sens du terme), je n’ai pas pu m’empêcher d’être dérangée par cette relation ambiguë, cette forme d’emprise (le féminisme est passée par là).
Mais résumer ce roman à ça serait malhonnête. Il y est beaucoup et surtout question d’écriture, de création littéraire, des mots, de leurs pouvoirs, de la difficulté de les assembler, et du rôle de l’autofiction. Je dois dire que c’est ça qui m’a fait revenir à ce livre. Et la langue de l’autrice. Directe, un peu râpeuse, avec un quelque chose de poétique.

Une lecture en demi-teinte mais qui m’a donné envie d’aller lire le premier roman de l’autrice et de surveiller le prochain. Pas si demi-teinte que ça finalement. – Hélène Deschère

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Grâce aux 68 premières fois, on découvre des premiers romans mais aussi on suit des auteurs. Car cela ne doit pas être facile de publier son second roman. Le premier texte de Cécile Balavoine, Maestro, dont j’avais apprécié la lecture, nous parlait de musique et de Mozart. Dans ce second, l’auteure nous parle de littérature, du rapport entre vie réelle, vie fantasmée, vie racontée. La narratrice est une jeune étudiante qui est partie à NYC pour des études littéraires. Elle va suivre le cours d’un écrivain connu, l’un des auteurs de l’auto fiction. elle va avant de le connaître, lire et étudier de façon universitaire, littérale ses textes. Et quand elle va le rencontrer en cours, un lien va se créer entre eux. Ce « vieux » écrivain va alors proposer de prêter son appartement new yorkais à cette étudiante et ses deux amis, pendant son séjour à Paris. Un lien amical, amoureux va alors se lier entre eux. Elle deviendra pour lui, peut être le prochain personnage de son roman. J’ai beaucoup apprécié ce texte qui mêle vie réelle, vie romancée, vie fantasmée. Comment vivre sa vie, comment raconter sa vie ? Comment réagir quand l’on peut devenir un personnage de roman ? Une belle écriture nous entraîne dans ses méandres de la création. Et l’auteure a t elle été simplement une fille de passage dans la vie de cet écrivain ? Nous sommes tous de passage sur la terre, mais on peut décider de vivre sa vie, de rêver sa vie, de rêver la vie des autres. J’ai beaucoup aimé les pages sur la vie à NYC, sur les balades parisiennes de cet auteur. Un second roman réussi. Un nouveau coup de cœur dans cette formidable sélection des 68 premières fois.- Catherine Airaud

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Lorsque Cécile arrive à New York pour poursuivre ses études, elle va être l’élève d’un écrivain célèbre, grand nom de l’autofiction : Serge Doubrovsky. Mais au fil des mois, des années, leur relation va croître entre amitié et amour. Si elle nous semble assez limpide, les errances de leurs sentiments font l’objet de ce livre…

Je découvre cette auteur, connue des 68 premières fois, avec ce roman tout aussi dérangeant que bien écrit.

Dérangeant car j’ai eu comme l’impression d’être une intruse dans cette relation étrange et floue entre un professeur et son élève. Une voyeuse aussi, comme tapie derrière le rideau de leur quotidien…

Bien écrit, c’est une évidence… Des phrases fluides, où chaque mot est posé à sa place, chaque émotion décrite avec justesse.

Mais 2 jours après avoir tourné la dernière page, je n’arrive pas encore à me détacher du sentiment de malaise. Comme quelque chose qui me colle à la peau sans que j’ai pu apercevoir ce que c’était…

Merci aux 68 premières fois pour cette expérience de lecture forte et quelque part… intéressante ! – Audrey Lire&Vous

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Je crois que je ne vais pas pouvoir écrire une critique comme je le fais habituellement.

Scruter le texte d’Une fille de passage me semblerait indécent. Je sais bien qu’il s’agit d’autofiction, donc librement consentie si je puis le faire remarquer, puisque Cécile Balavoine a publié sans la moindre contrainte, et des années après la période concernée.

En écrivant un livre, elle autorise qu’on la regarde, le cas échéant que l’on juge, peut-être pas qu’on la juge, mais qu’on commente les faits. Et c’est précisément là que je suis comme interdite. Stupéfaite par ce courage, et par son honnêteté à dire. Le terme de « roman » figure sur la couverture mais je sais, je le répète, qu’il s’agit d’une autofiction, et que donc tout n’est sans doute pas rigoureusement exact, mais là n’est pas la question.
Il y a une telle puissance dans les lignes qui se déploient que je ne peux que songer à plusieurs écrivains, comme Joyce Carol Oates, et tant d’autres femmes, qui ont su s’affranchir de la pudeur qu’il faut abandonner pour se livrer. Se livrer, voilà bien tout ce que je peux oser pointer.
Je pressentais, rien qu’en tenant l’objet entre mes mains, cette application de l’auteure à coucher toutes les émotions, et surtout aussi les questions qui n’ont cessé de la secouer pendant tout ce temps qu’a duré sa relation avec Doudou.

Nous remontons avec elle en arrière, en septembre 1997, à New-York. La jeune Cécile est étudiante. L’un de ses professeurs est un écrivain célèbre : Serge Doubrovsky, pape de l’autofiction. Entre elle et lui s’installe une relation très forte. Les années passant, la jeune femme et l’écrivain se voient, à Paris ou à New York, ils dînent ensemble, apprennent à se connaître toujours plus intimement, échangent sur la littérature et sur la vie. Bientôt, ils n’ont plus de secret l’un pour l’autre, une confiance absolue les lie. Pygmalion ou père de substitution, Doubrovsky n’est pour Cécile ni l’un ni l’autre. Du moins se plaît-elle à le croire et à le lui faire croire.

Arrive le cap de l’an 2000 auquel la (encore) jeune Cécile attribue une valeur symbolique. Passage obligatoire pour tout un chacun, inéluctable, à l’instar de la mort, dont l’écrivain éprouve une frayeur obsessionnelle.
Il n’est pas nécessaire d’être « grand critique » pour prédire que, malgré une sortie au pire moment de 2020, Une fille de passage deviendra un de ces ouvrages dont on recommandera la lecture, non seulement aux étudiants en littérature, mais à toutes les femmes. Et je crois que l’on peut dire qu’une grande auteure est là, près de nous, et dans la force de l’âge.
Car au-delà de son intérêt pour ceux qui ont envie de mieux connaitre le fondement de l’autofiction, ou qui feraient une fixation sur le célèbre écrivain que fut Serge Doubrovsky, la manière dont Cécile Balavoine analyse la relation entre un homme et une femme est très pertinente, en dehors même de la question de l’âge. Il se noue entre les deux protagonistes un rapport de domination qui ne peut pas combler les attentes de cette femme qui n’envisage rien sous l’angle de la soumission. Sans doute a-t-elle rêvé, un instant, vivre auprès de lui comme son égale. Sans doute a-t-il craint cette arithmétique. La bascule était inévitable. Malgré l’attirance, les sentiments, la connivence, l’évidence … Tout cela ne pesait pas suffisamment.

Une musique particulière se dégage au fil des chapitres, lesquels se déploient dans une chronologie imposée par l’ordre dans lequel les souvenirs reviennent à Cécile, enfin c’est ce qu’elle laisse supposer au lecteur. La déambulation est probablement construite sans prévoir de place au hasard, même si celui-ci se fraie nécessairement un chemin, à l’instar des personnages que l’étudiante croise au détour de ses promenades dans la capitale new-yorkaise.

Le décor participe à l’ancrage des souvenirs. Cécile écrit à merveille l’ambiance de la ville américaine, qu’elle traverse de part en part. Le salon d’où l’on contemple l’or du soir sur les buildings. Le changement de perspective consécutif à la démolition des tours jumelles du Worl Trade Center. L’ambiance si différente entre Soho et le quartier d’East Village. Le moindre élément fait sens. Une porte intentionnellement entrouverte, un cadenas, un bouquet de fleurs, l’odeur désuète d’un après-rasage, la douceur d’un tricot.

On comprend que la jeune fille ressent sent une immense empathie à l’égard du vieil homme, faite de respect, d’admiration et d’une autre chose, de cet état si particulier que l’on peut éprouver avec quelqu’un dont on partage le cheminement. Ce n’est pas de l’amitié, ni de l’amour. Serge est un frère d’âme …. qui est aussi compagnon d’armes. La frontière entre les trois états (amitié, amour, affection) est si poreuse que l’un comme l’autre, peut parfois se sentir aspiré et être tenté d’incliner la trajectoire. C’est cela (aussi) qu’elle expose au lecteur, sans innocence, mais avec confiance.

L’écriture était sans doute un outil de séduction pour Serge Doubrovsky. Tu sais, si je devais raconter notre histoire, voilà comment je la commencerais : On se vouvoie, on se louvoie (p. 129) (…) Il allait donc écrire sur moi, j’allais devenir un personnage.On connait les atermoiements amoureux à propos de l’importance qu’on revêt dans le coeur de l’autre. On a beaucoup moins écrit, me semble-t-il, sur l’attachement affectueux, en dehors d’une sexualité affirmée. Cécile Balavoine témoigne que, finalement, ces deux situations sont très semblables, produisant les mêmes effets alors que les causes sont différentes.

Ainsi on peut lire (p. 77) alors qu’elle relate une première séance de travail à laquelle elle participe comme étudiante, et lui comme professeur : Il ne m’avait accordé aucun instant de connivence, aucun signe de reconnaissance, pas même un bref coup d’oeil. J’en avais ressenti une blessure, aigüe et saisissante. Même si je me disais qu’il fallait bien dissimuler les manifestations de notre amitié naissante.
Un autre intérêt de son livre est d’en apprendre davantage sur les diverses manières de pratiquer l’écriture. C’était un écrivain de l’instinct, dont les romans se construisaient d’eux-mêmes, comme indépendamment de lui. Il racontait qu’il se corrigeait peu, qu’il écrivait par flots, sous l’impulsion de ses jeux de mots, qu’il se laissait guider par le bruit de ses doigts sur le clavier de sa machine à écrire. Ses romans grandissaient comme des enfants sauvages. Ecrire était pour lui un acte vital, naturel, organique. Et désormais, il allait devoir enseigner ce geste presque inné (p. 77).
Cet immense écrivain, déjà professeur aguerri en littérature, se lance dans un nouveau cours, d’écriture créative (p. 77), une pratique très courante pour les étudiants américains mais dont il pense ne pas maitriser les codes : Je ne fais jamais de plan pour un roman, je ne prends pas de notes, je ne tiens pas de journal pour me souvenir de ma vie, qui constitue pourtant la matière de mes livres (p. 78).
Elle le vouvoie, il la tutoie. Elle est sur le registre d’une amitié affectueuse. (…) quelle compassion j’avais pour lui, quelle curiosité j’avais de ses histoires, de ses mots, de sa guerre, de ses parents, de tous ces gens qu’il avait pu aimer bien avant nos naissances (p. 79).
On comprend vite (p.88) qu’il serait disposé à ce que leur relation glisse vers autre autre chose, comme le baiser qu’il lui donne un soir.
Puis il s’était penché. Je m’étais approchée pour lui offrir ma joue. Mais il s’était penché encore. Et soudain, dans le choc des visages, j’avais senti l’humidité de sa bouche s’échouer au coin de mes lèvres. Je n’avais eu que le temps d’esquisser un mouvement de recul. Il avait refermé la portière, me faisant un signe de la main en me souriant tandis que la voiture démarrait et que je m’effondrais sur le dossier, essuyant mon visage avec dégoût sur la manche de ma veste en jean, le cœur battant, en retenant mes larmes.
Ce moment est loin d’être anodin, parce qu’elle n’avait pas du tout envisagé cela. Il provoque en elle honte, tristesse et colère, écrira-t-elle (p. 90), les mêmes émotions qu’après un viol, même s’il ne s’est pas agi d’un viol physique.
Il y aura entre eux un je t’aime en forme de reproche (p. 104). Qui pourrait résister à ce tourbillon ? Elle se confie à un psy, creuse le mal et le bien, attraction et répulsion, honte et fierté. Quand les souvenirs deviennent trop brûlants, elle les écrit en anglais, à l’homme comme à l’écrivain, sans nous les traduire. L’inévitable se produit : elle-même devient malade, comme en miroir au cancer du rein dont il est opéré.
La jeune femme lui conserve néanmoins peu ou prou ses sentiments. Il ne lâche pas le morceau, comme dirait les ados d’aujourd’hui. Avoir presque le triple de son âge ne le freine pas : Ne t’inquiète pas mon petit moineau, un jour viendra où nous … (p. 123). Très vite il joue son va-tout : je t’épouse. Je te donne la sécurité, la stabilité, mon nom, la gloire-du-nom. Elle éructe : Merci mais je me la ferai moi-même (p. 140). Piqué au vif il en épousera une autre, une dernière, à peine plus âgée qu’elle et lui annoncera la nouvelle dans la foulée. Un homme de l’âge de mon grand-père qui ne m’a jamais vue nue me demande en mariage et me quitte en même temps (p. 142).
Elle ne l’aura sans doute pas guéri de son obsession. Elle croyait le rassurer en lui disant qu’il avait l’âge de son grand-père, lequel était en parfaite santé. Sa remarque le foudroie car elle signe surtout l’improbabilité d’une relation réellement amoureuse. Il admet qu’elle ne pourra que demeurer en lui une pythie et une amitié amoureuse (p. 178). Il n’aura été pour elle, comme il le lui écrira, quinze ans plus tard en dédicace, qu’un homme de passage.
 
Le grand homme aurait-il fait une erreur d’appréciation ? Sa femme Elisabeth nous éclaire à ce propos en donnant sa définition de l’amour : un être qu’on aime, on ne fait pas de tri dedans, c’est à prendre ou à laisser.
Il aura surtout été un pédagogue hors pair, dont l’enseignement illustre à la perfection la devise de Maria Montessori : apprends moi à faire tout seul. En lui rendant son manuscrit il lui assène : Il faudra que tu fournisses un travail de Romain (sous-entendu si tu as l’ambition de publier) p. 194.
Après avoir été Céline dans son dernier roman, la jeune femme fera de lui le personnage central du sien, à ceci près qu’elle s’affranchira du code de l’autofiction en osant coucher sur le papier son identité véritable et celle de sa dernière épouse, Elisabeth, et en leur dédicaçant sans ambages le trajet d’Une fille de passage.
Si l’autofiction n’a rien à voir avec la reconstitution exacte des évènements, ce roman, qui se réclame de cette nature, est malgré tout l’exact reflet de leurs conséquences.  – Marie-Claire Poirier
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« Maestro », son premier roman, fut plus qu’un coup de foudre, une histoire d’amour au long cours et qui dure toujours. Alors, forcément, j’attendais le deuxième avec un mélange d’impatience et de crainte. C’est toujours comme ça, un deuxième. Mais la crainte a disparu dès les premiers mots et l’impatience a fait place au bonheur. Cécile Balavoine vient de signer un nouvel ouvrage absolument magnifique : « Une fille de passage ».

Cécile est étudiante à New-York à la fin des années quatre-vingt-dix. Elle suit les cours de Serge Doubrovsky, écrivain célèbre, pape de l’autofiction, et devient une intime du professeur. Comment trouver les mots justes, les mots forts pour dire mon ressenti ?  Comment restituer la gorge serrée, le sourire, l’espoir, la crainte, la joie ? L’auteure a ce talent particulier de parler d’amour. Car il est bien question d’amour à nouveau dans ce récit, un amour aussi profond que particulier, un amour qui se construit au fil des jours, mais un amour chaste, une sorte d’amitié amoureuse, entre cette jeune étudiante et cet homme déjà âgé qui pourrait être son grand-père. Au fil des jours, ils se racontent, se confient, se découvrent, se rapprochent. L’émotion fut là, toujours latente, en tapinois, prête à me cueillir à chaque instant.

Lire un roman de cette auteure, c’est s’emmitoufler dans un tissage de mots doux sans être sirupeux, chauds sans être étouffants, raffinés mais sans ostentation. Son écriture est, en effet, d’une grande finesse, simple, précise et magnifiquement ciselée. L’utilisation de l’imparfait apporte une petite touche désuète « C’était la première fois qu’il m’invitait. J’avais sonné, les bras chargés de soleils. Sa voix s’était aussitôt fait entendre. Il me priait d’entrer ». Le rappel de son précédent roman sert de passerelle entre Cécile et son professeur « Je m’étais mise à lui parler de ma vie de musicienne manquée, de mon année à l’université de Salzbourg, de mon besoin de connaître l’allemand comme pour me rapprocher de la musique qui m’échappait… » Les personnages sont tous attachants, dotés de personnalités riches, vibrantes, voire incandescentes.

Et, à l’heure où un geste tendre peut se révéler déplacé, où les relations entre un homme et une femme peuvent être entachées de suspicion, le roman de Cécile Balavoine est un véritable baume. Empli d’humanité, de tendresse, de respect, de confiance en l’autre, il nous dit qu’en amour tout est possible, en dépit de l’âge, de la position sociale, en dépit de tout…« une forme indéfinie d’amour. »

« Chair Serge » aurait été tellement fier de son élève. – Geneviève Munier

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« Mais il faut choisir : vivre ou raconter. » Jean-Paul Sartre, La Nausée

 « Il allait donc écrire sur moi, j’allais devenir un personnage, j’en étais fière et j’en étais inquiète. »

Cécile Balavoine est l’autrice d’un premier roman, Maestro, que j’avais glissé sur les conseils de mon indispensable libraire dans la valise au moment de m’envoler pour l’Autriche à l’été 2017. Maestro était de l’aventure des #68premieresfois. Pas moi. Pas encore. Je me souviens combien j’avais été conquise sans réserve par cette lecture in situ, à la beauté aérienne, à l’élégance pudique, à la plénitude réconfortante tant par son sujet que son écriture. Ce roman avait été une première rencontre et j’espérais déjà qu’il y en aurait d’autres, beaucoup d’autres. À commencer par la deuxième.

J’attendais donc le 2e roman avec cette impatience particulière, prise entre hâte et appréhension. Elle a bien raison Odile D’Oultremont d’écrire dans ses remerciements : « Le deuxième roman, c’est toute une histoire. » (Baïkonour, Éd. L’Observatoire). Ce 2e roman, pour Cécile Balavoine, c’est en effet toute son histoire, à nouveau une autofiction donc, où selon les mots de Serge Doubrovsky « la matière est entièrement autobiographique, la manière entièrement fictionnelle. »

Une fille de passage est la réponse a posteriori, que l’étudiante devenue quarantenaire envoie, par-delà le temps, à Serge Doubrovsky (1928-2017), auteur d’un livre-testament, Un homme de passage (2011) dans lequel il profitait de quitter définitivement New York pour embrasser une dernière fois la vie derrière lui.

« Life can only be understood backwards; but it must be lived forwards. » Søren Kierkegaard

Un homme de passage s’ouvrait dans le salon de son appartement de fonction situé au 12e étage du 3 Washington Square Village dont les fenêtres dominent SoHo et downtown Manhattan. Alors que commence Une fille de passage, nous sommes au mois de septembre 1997 dans ce même appartement avec vue sur les Twin Towers qui s’effondreront, un autre mois de septembre, 4 ans plus tard.

Cécile a 25 ans ; Serge Doubrovsky, l’âge d’être son grand-père. L’écrivain enseigne à New York University où elle suit ses cours, troublée de découvrir qu’en dehors de la surface de la page, il existe un être de chair :

« C’était donc lui, cet homme que j’avais tenu pour mort, dont j’avais cru qu’il n’existait qu’entre les pages de livres écornés, dans les rayons de bibliothèques obscures. C’était troublant de le voir enfin, après m’être délectée de ses tragédies, de ses frasques et de ses ébats, au bord d’une piscine, dans un jardin, dans les trains, entre mes draps, sur des bancs. »

 Entre mes draps…

Quand il doit quitter New York pour Paris, le vieux professeur propose à sa jeune étudiante de venir habiter l’appartement mis à sa disposition par NYU pour qu’elle fasse suivre le courrier à son adresse parisienne ; rien de plus qu’un échange de services, semble-t-il, que Cécile accepte. Elle emménage avec Liv et Adrian dans cet appartement qu’elle connaît bien pour avoir lu avidement l’œuvre de son locataire.

« Je savais que je ne choisirais pas la chambre bleue, avec les lits jumeaux et les vestiges de sa vie conjugale. »

Ce sera donc la chambre du fond, là où il écrit :

« Nous coucherons donc ensemble par chambre interposée ! Il avait ri, cette fois d’une voix de fausset, aiguë, malgré son timbre autrement très profond. J’étais restée un instant sans bouger, figée, honteuse. Peut-être un peu flattée au fond. »

Voilà que l’allusion pas même voilée surgit au détour une phrase lâchée dans un rire si peu naturel qu’il alerte autant qu’il émeut. Cécile aurait-elle présumé de sa capacité à vivre avec les fantômes des femmes qui l’ont précédée dans ce lieu au passé écrasant ? On pense à Barbe Bleue, évidemment. Elle aussi, puisqu’il s’ensuit une crise de panique qui l’amène aux portes du Bellevue Hospital (ceux qui ont lu le roman de Ken Kesey savent !).

Et le lecteur de s’interroger sur ce qui se noue/se joue déjà entre ces deux-là – le chat joue avec la souris ? – alors qu’ils entament une correspondance entre Paris et New York où le vous glisse au tu. Ces lettres, de plus en plus longues, font évoluer leur relation au point qu’il est incommode de la cerner. Cécile se met à guetter le courrier comme une femme amoureuse espère un signe de l’absent.

« L’attente de ces lettres contenait, comme toute forme d’attente, une joyeuse espérance. Mais j’y sentais aussi un arrière-goût marécageux, limoneux. C’était un sentiment qui me tourmentait parfois et qui se mesurait au fait que je ne parlais jamais de cette correspondance. »

 Doubrovsky revient et lui propose de rester. Elle refuse, tout en laissant quelques-unes de ses affaires, tout en continuant à lui rendre visite presque quotidiennement. Et lui, sûr qu’elle viendra, laisse à son habitude la porte palière entrebâillée.

Un bouquet de fleurs ici, un verre de vin ou un repas là ; leur relation reste clandestine. Elle est flattée bien sûr, comment ne pas l’être !

« […] je savais très bien, il était impossible de me mentir à moi-même sur ce point, que je n’avais peut-être rien attendu, cette année-là, d’autre que cela : QU’IL ME VOIE. »

mais aussi soucieuse du regard et du jugement des autres, et balance entre gêne et fierté. Elle se laisse pourtant aller à avoir avec cet homme certains gestes tendres de l’enfance qui, quand on a 25 ans, sont équivoques au point qu’elle ne sait

« […] plus ce qui était mal, ce qui était bien. J’avais voulu porter la joie entre ses murs, l’eau dans ses plantes et le vin dans ses verres, mais je lui avais laissé espérer l’inespérable. Cela faisait-il de moi un monstre ? »

J’avoue être prise moi aussi d’hésitation au moment de répondre à cette question et, heureusement, je n’ai pas à le faire ! La lectrice que je suis s’est un peu perdue, je le reconnais, ne sachant plus très bien quoi penser de cette relation floue et, par instants, étouffante. Les promenades dans le labyrinthe new yorkais, de la pointe de Manhattan au pont de Brooklyn et la Promenade, en toutes saisons, sous un ciel changeant, offrent, à cet égard, une respiration bienvenue.

Amitié affectueuse ? amoureuse ? Jeu pervers ? Relation d’une fille à une figure (grand)paternelle qu’elle s’est choisie autant que Doubrovsly l’a choisie, elle ? Admiration d’une étudiante pour son Pygmalion ? d’un personnage pour son auteur ? d’un auteur pour son personnage ? Tentative de tenir la vieillesse à distance en séduisant la jeunesse, pour lui ? Respect et empathie, pour elle ?

Peut-être un peu de tout cela, je suppose, tant la frontière, en plus d’être mince, est poreuse.

« Je me sentais bien dans cet appartement, malgré ces femmes, ces âmes disparues qui continuaient de rôder. Je le regardais, je regardais sa tristesse qui s’immisçait en moi, qui commençait à m’envahir, à m’attendrir. Je ne pouvais pas l’abandonner. »

Une certaine connivence a fait son lit. Et parce que, oui, elle lui a laissé espérer l’inespérable, un jour, à la dérobée, il a le geste qu’elle n’avait pas prévu, mais que le lecteur avait anticipé au point de le guetter. Elle se sent salie, trahie. Aussi, quand il la demande en mariage avec la maladresse de ses 70 ans et les promesses d’une autre génération,

« — Je t’épouse, tu m’entends ? Je te donne la sécurité, la stabilité. Je te donne mon nom. Je te donne la gloire du nom. »

la réplique cingle, sans appel

«  — Merci ! Mais je me la ferai moi-même ! »

Quelle prétention ! Quel manque de clairvoyance ! A-t-il vraiment cru que c’était là ce que sa jeune étudiante était venue chercher auprès de lui ? Doubrovsky, ivre de rage, épouse Élisabeth, 43 ans, dont la philosophie est reposante de bon sens :

« Un être qu’on aime, on ne fait pas de tri dedans, c’est à prendre ou à laisser. »

Heureuse personne qui ne s’encombre pas d’atermoiements ! Privilège de femme plus mûre ?

Ce roman pose la question du passage, de ce mince entre-deux inconfortable où rien n’est jamais tranché, d’un no man’s land nébuleux où hésitent le réel et la fiction, le passé et le présent, le bien et le mal, la fierté et l’inquiétude, le vrai et le faux, l’identité réelle et l’identité narrative :

« Je me souviens d’avoir simplement approuvé : j’étais d’accord, il pouvait publier ces mots. Pourtant, je ne m’y retrouvais pas. Tout était vrai et tout était faux. Je ne reconnaissais rien ou presque rien non plus de notre histoire. […] C’est en faisant de moi un personnage d’autofiction qu’il m’avait enseigné, mieux qu’en mille cours, les lois d’un genre dont il avait forgé lui-même le nom. […] Céline avait un rôle à tenir, qui à la fois me dépassait et se situait bien en deçà de ce que j’avais pu vivre. Elle avait une mission, une mission narrative […] »

En refermant ce roman, je suis admirative, parce que convaincue, qu’il faut bien du courage, et une bonne dose d’honnêteté, pour faire de soi un personnage de roman. Écrire sur soi et ceux qui traversent notre vie doit être d’un inconfort sans pareil,

« Écrire, inévitablement, c’était mourir et faire mourir un peu. Faire glisser des êtres bien réels dans le chas d’une histoire, […] c’était les altérer, les estomper ou bien les amplifier, nécessairement les contorsionner. Les tuer et les ressusciter. »

même si, dans le même temps, le lecteur est dispensé de chercher quelle est la part de vrai puisque « tout était vrai et tout était faux ». Toujours est-il que lorsque la fiction détourne la matière authentique et que le romanesque ne s’embarrasse pas d’être fidèle aux instants vécus, mémoire et imagination se trouvent réconciliées. Et ici, Cécile Balavoine l’a magistralement orchestré, réussissant un roman (!?) pudique qui évite l’étalage gênant du journal intime et des tourments narcissiques – ce qui aurait été insupportable -, tout en disant, avec lucidité, sans démonstration ni amertume, les contradictions et les émotions troubles de ce huis-clos particulier où elle a offert à Doubrovsky toute la place qu’il méritait dans cette histoire qu’elle a écrite en en faisant un personnage de roman, comme lui l’avait fait pour elle auparavant.

« Je comprenais maintenant que s’il n’avait été ni un amant ni vraiment un ami, ni un grand-père ni tout à fait un confident, que s’il n’existait pas de mot pour qualifier ce lien qui nous avait unis et qui continuerait probablement de nous unir, Serge était devenu un repère de ma vie. »

 En aurait-il été fier ? En aurait-il été inquiet ?

Mon regret, le seul, est que très peu de place ait été laissée aux autres personnes rencontrées. Fernande, Liv, Adrian, Élisabeth, Chris, etc. peinent à exister dans la chiche lumière que leur laissent Cécile et Serge. Raison pour laquelle je parle de huis-clos. D’autres lecteurs auront certainement une autre appréciation.

Je terminerai en m’adressant à l’absent. Merci « Chair Serge » d’avoir soufflé à Cécile

« — Vous devriez écrire. »

elle le fait de belle manière avec une écriture douce, feutrée, enveloppante, humaine, tendre que j’ai eu un plaisir immense à retrouver.

Cette histoire (c’en est bien une, n’est-ce pas ?) m’a quelque peu perturbée, c’est vrai, mais elle était nécessaire. « [le] tuer et [le] ressusciter. »  – Christine Casempoure

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New York, fin des années 90. Étudiante française dans la ville américaine, Cécile Balavoine suit le cours d’un professeur qu’elle croyait mort, Serge Doubrovsky, grand prêtre de l’autofiction. Elle étudie ses livres, attire son attention et s’installe chez lui avec deux autres étudiants alors que lui est à Paris. Ils s’écrivent, se découvrent, nait une relation étonnante entre le déjà vieil homme et la jeune femme. Elle éprouve une infinie tendresse pour lui.

 Avant de commencer Une fille de passage je ne connaissais rien de Cécile Balavoine, pas même son premier livre, « Maestro », et rien de lui non plus, pourtant écrivain célèbre. Je découvre donc la différence d’âge, j’imagine l’aura du maître sur ses étudiants et étudiantes, le fait qu’il peut possiblement en profiter pour les attirer à lui… C’est choquant forcément, ça n’est pas comme si l’époque n’était pas à la mise en lumière, et en prison, de tous ces prédateurs sexuels puissants, subtils ou non, et jusqu’alors jamais inquiétés. Cécile ne peut pas ne pas le savoir, elle est une femme, elle a été séduite.

 Et puis non, ça n’est pas le dégoût qui finalement prédomine dans ma lecture, bien au contraire, je suis séduite par cette amitié amoureuse qui les lie, par cette attirance intellectuelle aussi, qui les nourrit tous les deux, les fait avancer. Son désir à elle s’arrête à sa bouche à lui, pourquoi pas.

 Roman troublant, Une fille de passage est l’histoire réelle de deux êtres qui vont s’aimer malgré les obstacles évidents entre eux. Lui est compliqué et déjà âgé, elle, beaucoup plus jeune. Il sera un pilier chez qui elle reviendra sans cesse, il écrira sur elle sans dire l’essentiel, elle écrit maintenant sur lui. Je ne sais quelle est la part de vérité dans ce roman, ce que l’écriture habile, musicale, sans heurts, dissimule ou au contraire magnifie, mais j’ai compris chaque ligne écrite.

 Il n’y a clairement pas qu’une seule sorte d’amour possible dans la vie, il est difficile de trouver un nom pour celui décrit dans ce livre. Il peut être choquant, l’aurait-il été moins si lui avait été une femme, comment se serait alors appelé cette attirance physique et intellectuelle de l’une pour l’autre, aurait-elle été moins associée à la prédation que certains hommes exercent sur les femmes plus jeunes ? Le fait qu’il la séduise est déroutant, questionnant, tant il peut paraître détestable, pourtant il semble aussi être un homme blessé, aux multiples histoires d’amour malheureuses, tragiques même, et qui finalement trouve une certaine paix avec, encore, une autre femme, pas Cécile, intelligente. Elle va veiller sur lui jusqu’au bout. Il saura être pudique et sensible. Alors peut-être que dans certains cas nous nous trompons et que l’amour est possible, malgré tout, dans notre société finalement assez rigide et cloisonnante.

 Une fille de passage est aussi un roman sur l’acte d’écrire et sur ce qu’il donne à voir sur celui ou celle qui est derrière la plume. Lui, l’initiateur de l’autofiction, restera pudique et flou finalement quand il parle de Cécile, elle, au contraire, ne semble pas vouloir cacher au lecteur quoique ce soit de sa relation avec Serge Doubrovsky. Peut-être est-ce thérapeutique ? Lui, en écrivant, donne une leçon sur le genre qu’il a crée, Cécile Balavoine veut elle, montrer, garder aussi, l’image d’un homme et non d’un monstre, et s’engage à mon sens beaucoup plus que lui quand elle décide d’écrire leur histoire. Elle est habile, elle manipule les mots et le passé. Grâce au genre romanesque elle peut exprimer certaines choses qui auraient certainement été particulièrement insupportables si elles avaient été dites dans une autobiographie. Malgré les multiples questionnements que soulève son roman, je reste irrémédiablement séduite par son écriture, par la finesse de cette relation improbable, imaginaire ou non, par les phrases, qui sont autant de vérités si difficiles pourtant à écrire. La boucle semble bouclée et je me demande de quoi sera fait le prochain livre de Cécile Balavoine, ce qu’il sera sans son regard à lui, ce qu’il dira de plus ou de moins sur la vie dans ce qu’elle a de plus secret et de plus nourrissant. Cependant une chose est sûre, j’ai hâte !!! – Emmanuelle Boucard Loirat

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1997. Cécile, jeune étudiante française de 25 ans à New-York crée une relation étroite avec un de ses professeurs de littérature, Serge Doubrovsky de près de 45 ans son aîné, écrivain, critique littéraire célèbre. Il a fait de sa vie la matière de son œuvre [il est le créateur de l’autofiction en tant que genre littéraire], elle a tout lu de lui et en lui sous louant son appartement à NY pendant un de ses retours en France, plus que jamais elle s’approche dangereusement de son intimité. C’est une relation faite de confidences, de gestes tendres, de rites, de longs silences, de correspondances. Elle est avide d’entendre ses histoires.
« …quelle compassion j’avais pour lui, quelle curiosité j’avais de ses histoires, de ses mots, de sa guerre, de ses parents, de tous ces gens qu’il avait pu aimer bien avant nos naissances. »
Et elle ressent toujours au fil des années le besoin de lui raconter sa vie à elle.
« Il m’était nécessaire de lui confier les épisodes les plus précieux ou les plus saisissants de mon existence, car ils s’ancraient ainsi dans la réalité, s’apaisaient s’ils étaient douloureux, s’amplifiaient quand ils étaient heureux. »
Néanmoins à un moment donné, elle finira par comprendre ce qu’elle n’avait jamais voulu voir « que lui et moi, sans doute, n’avions pas tout à fait vécu la même histoire. »
Une fille de passage , un écho à son livre à lui, Un homme de passage ( 2011), où il parle d’elle.
« C’est en faisant de moi un personnage d’autofiction qu’il m’avait enseigné, mieux qu’en mille cours, les lois d’un genre dont il avait forgé lui-même le nom. »

C’est une lecture très agréable, l’écriture de l’autrice est belle et fluide, la réflexion sur la création littéraire passionnante. Quant à cette relation, entre Paris et New-York, sur près de 20 ans, difficile à qualifier, faite de séduction, d’amitié, d’admiration, de tendresse, de respect, elle est pleine de douceur et racontée avec pudeur.
J’ai eu beaucoup de plaisir à lire ce très beau roman, merci les fées des 68 ! – Catherine Dufau
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Balavoine
Pour voir ou revoir l’entretien entre Cécile Balavoine et Charlotte Milandri dans le cadre de Un endroit où aller… cliquez ici.

 

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