MES PREMIÈRES 68 : PAROLES D’AUTEUR ET DE LECTEURS – FRÉDÉRIC BOUDET, SURF

L’aventure continue et les livres vivent leur vie même si tout est un peu ralenti… Aujourd’hui nous vous invitons à rencontrer Frédéric Boudet, auteur d’un recueil de nouvelles adultes (Invisibles, éditions de L’Olivier) et du roman Surf publié chez MeMo et sélectionné pour les 13 ans et plus.

On en profite pour lever le mystère sur une des membres du comité… Surf est en effet un des chouchous d’Héliéna, et elle n’a pas hésité à nous faire part très vite de son coup de cœur pour ce roman qui l’a particulièrement touchée : « Surf est tout à la fois. La jeunesse et ses tracas, l’abandon et la perte irrévocable, le silence de mort et la détermination. Surf ne va dans aucune case, il est unique. Il interroge sur notre destin, celui préconçu ou celui que l’on se forge. »

Rencontre avec l’auteur de l’un des textes les plus atypiques de cette sélection ados.

 

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Frédéric Boudet

Frédéric, raconte nous…

La première fois que tu as eu envie d’écrire une histoire ? J’avais 7 ou 8 ans, j’étais fou de Jack London, Fenimore Cooper, Jules Verne, je venais de lire L’Ile mystérieuse et les aventures du capitaine Nemo, et Le Monde perdu de Conan Doyle, j’ai commencé à écrire un roman, sur un cahier d’écolier, narrant les aventures de trois aventuriers et scientifiques intrépides, voulant découvrir les mystères du monde.

Le premier personnage que tu as inventé ? Les trois personnages de ce texte sans doute, Harry, Jack et un troisième dont j’ai oublié le nom, il faudrait que je cherche (j’ai toujours ce cahier), mais les vrais premiers personnages que j’ai « inventés » étaient une bande d’amis imaginaires avec qui je conversais nuit et jour, ça n’a pas tellement changé d’ailleurs, j’écris là-dessus en ce moment.

La première fois que tu as eu ton livre en mains ? Surf ? Au milieu de la campagne, près d’Arles, cet été, j’étais trop impatient pour attendre qu’on me l’envoie par la poste, j’avais loué un petit appartement près de La Ciotat pour écrire, j’ai loué une voiture et suis allé le chercher directement dans l’entrepôt d’Harmonia Mundi (le distributeur, NDLR), j’ai stoppé la voiture dans un chemin de terre et j’ai tourné les pages entre des rangées de maïs, Adam et Jack y parlaient à bâtons rompus, j’ai écouté, ému un peu, ils avaient pris leur envol, je pouvais me retirer et passer au suivant.

Raconte-nous un souvenir de première fois en littérature (jeunesse ou non !) : Raymond Carver, mon maître. Tu lis des tonnes de livres depuis toujours, tu es fou de Miller, Steinbeck, Hemingway, Céline et Cendrars, Faulkner et son « bruit et sa fureur » t’a transporté aux étoiles et t’a mis KO, tu as 15 ans, puis tu ouvres Tais-toi je t’en prie, et là soudain après dix lignes tu sais que tu cherchais, toi aussi, l’illumination dans le rien des choses, dans le plein des mots, et la joie dans la détresse des jours, et la lumière dans le travail maniaque de la simplicité des phrases, des images, des ellipses, qui font des béances par lesquelles se dit le monde. Tu as trouvé le maître, et ta voie.

Qu’as-tu envie de dire aux lecteurs et lectrices de Mes premières 68 qui tiennent ton livre en mains pour la première fois ? Lisez, écoutez le cœur, les flots, le flux, les cris et les chuchotements comme disait l’autre, lisez en courant, criez et jetez le livre aux vagues si vous le voulez, Surf en tête, il survivra ! Le monde est plus grand que nous, mais on devient plus grand, et plus libre, et plus vivant, en lisant, c’est à dire en osant vivre, c’est le message de Jack, le surfeur fou libérateur !

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Et qu’en pensent les premiers lecteurs ?

Delphine : J’ai d’abord été intriguée comme les gosses par la couverture et les bords de pages bleues. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans l’histoire très décousue et n’ai pas forcément accroché à l’écriture qui m’a beaucoup perdue. La quête d’un père déjà mort, avec comme aide un meilleur ami géant bi polaire assisté une amie japonaise chasseuse de sons et probablement anthropophage… j’avoue que ça me laisse sceptique. Seule Katel offre des moments de grâce qui devront parler aux ados. Je me suis demandé jusqu’à la fin si ce n’était pas une mise en abîme et j’avoue ne pas avoir la réponse! Je laisse infuser et vous dirai plus tard.

Isabelle : Un roman tumultueux, où l’enfance ressurgit et noie dans ses rouleaux… Il m’a laissée perplexe, ce livre. (Bon j’avoue, je rêvais peut être trop de sessions de surf, et forcément, j’ai été déçue.) C’est finalement une réflexion brute sur le chaos du destin, sur les rêves d’enfant qui s’évanouissent, sur le passage à l’âge adulte qui confronte à nos parents. J’ai aimé l’amitié d’enfance qui fait ciment, la recherche du père pour se connaître soi-même, la rencontre amoureuse lumineuse dans la tourmente, la personnification de la ville de Brest jusque sur la couverture, comme un symbole de l’amour/haine envers ses racines. Chronique complète sur le blog.

Emilie : Un avis mitigé pour ce roman jeunesse. Il est déroutant, troublant, parfois incompréhensible. Je n’ai pas su saisir le fil conducteur dès le début du roman. Je ne vois pas où veut en venir l’auteur, surtout avec ce titre « Surf ». Certes, l’histoire aborde l’acceptation du départ d’un parent, la difficulté de révéler la vérité, la culpabilité. On y retrouve aussi le passage de l’adolescence à celui d’adulte. L’amitié et l’amour sont des socles solides dans cette œuvre. Chronique complète sur le blog .

Lilou : J’ai beaucoup aimé ce livre, même si certains passages ont été un peu flous et difficiles à comprendre pour moi. J’aime beaucoup l’idée des lettres, et, bien que j’ai eu du mal à accrocher au début, la suite a été très agréable à lire.

Audrey : L’écriture de Frédéric Boudet est agréable, travaillée, fluide. Mais j’ai parfois été perdue au milieu de pages où j’avais du mal à savoir qui parlait, dans quel but, si c’étaient des pensées, des souvenirs, des écrits… Je remercie mes premières 68 en tout cas, pour cette lecture jeunesse, au parfum d’abandon et d’espoir… Quand il manque un pilier, la vie peut-être bancale, mais on peut aussi trouver des appuis et se relever, doucement… Chronique complète sur le blog.

Claire : Adam est un jeune homme de 19 ans qui fait des études de graphisme à Paris. Ça fait 3 semaines qu’il ne va plus en cours. Il rentre pour les vacances à Brest chez sa mère. Ça fait 11 ans que son père est parti vivre aux États-Unis sans explications dans la région des indiens Navajo. En rentrant chez lui, Adam reçoit une lettre des États-Unis qui lui dit que son père est mort. Dedans, il y a d’autres lettres écrites par son père qui n’ont jamais été envoyées. En revenant pour les vacances, Adam retrouve son ami Nathan qui préfère qu’on l’appel Jack. Il vient de sortir d’hôpital psychiatrique où il a fait un séjour de 1 an. Ensemble, ils errent dans la ville, écoutent de la musique et parlent de différentes choses. Adam va-t-il savoir pourquoi son père est parti ? L’auteur a fait un livre très narratif ce qui est plus dur à lire. Il y a quand même de belles descriptions. Les personnages se cherchent et on voit leurs états d’âmes. Le fil conducteur du roman est la musique.

Emmanuel : « Les gens ne réfléchissent jamais à leur vie comme à une succession d’occasions à saisir, ils sont obnubilés par la peur. Elle leur fait croire que leur vie a un sens parce qu’ils savent de quel côté il faut se tenir. » Il y a beaucoup à dire sur ce roman, du bon et du moins bon d’ailleurs. Si, on a été un tant soit peu touché par les mêmes problèmes qu’Adam, alors il est clair que ce roman vous touchera en plein cœur. L’auteur arrive vraiment à retranscrire avec justesse une farandole de sentiments. Maintenant, pour moi il y a des défauts qui m’empêchent d’en faire un coup de cœur personnel. Notamment une écriture que je trouve plutôt ampoulée pour de la littérature jeunesse et des chapitres que je trouve parfois redondants. Mais il n’empêche que ce roman sera, j’en suis sûr, un des « hits » des premières 68.

Et la chronique d’Héliéna.

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