Mes premières 68 : Paroles d’auteur et de lecteurs – Frédéric Vinclère, Nos bombes sont douces

Aujourd’hui nous vous proposons de partir à la rencontre d’un nouvel auteur de la sélection 13 ans et plus. Nos bombes sont douces est le deuxième livre de Frédéric Vinclère pour la jeunesse. Dans ce texte qui associe l’interrogation d’un adolescent en pleine crise sur son avenir et l’idée d’engagement écologiste, l’auteur fait un parallèle intéressant : devenir adulte, ce n’est pas forcément renoncer à ses rêves d’enfant. C’est surtout chercher à donner du sens à ce que l’on entrevoit pour son avenir, à la fois personnellement et plus globalement. Une approche originale des interrogations des adolescent·e·s.

 

Frédéric, raconte-nous…

La première fois que tu as eu envie d’écrire une histoire ? Alors là, mystère ! Cette envie d’écrire et de créer a toujours été omniprésente dans ma vie et elle remonte à tellement loin que je ne me souviens pas de la première fois. Mais je dirais que la lecture des Dépanneurs invisibles d’Edouard Ouspenski a bien chatouillé mon imagination. Ce roman raconte comment des mini hommes chargés d’entretenir l’électroménager dans la maison de Marguerite doivent échapper aux pièges de la petite fille et à une invasion de souris. Je devais avoir sept ou huit ans.

Le premier personnage que tu as inventé ? Un pirate ! Il était pourchassé par son propre frère, corsaire au service du roi. Ce souvenir-là est facile à dater : 1993, j’étais en 6ème et j’avais Madame Le Garrec en français. Je lui avais fait lire mon histoire, timide et honteux, et elle m’avait chaudement encouragé. Ce fut la toute première à me faire voir les mots « courage » et « travail » derrière celui de « littérature ». Il y a quelques mois, grâce à Internet, j’ai eu la chance de lui dire merci et de lui montrer l’aboutissement de sa pédagogie, vingt-six ans plus tard.

La première fois que tu as eu ton livre en mains ? J’ai tenu Nos Bombes sont douces pour la première fois dans ma voiture, rue de Robien à Rennes, un mardi vers 11h. Il faisait très beau. Une heure après, je le montrais à ma femme.

La première fois que tu as rencontré tes lecteurs.rices ? Mes premiers lecteurs rencontrés ont d’abord été des adultes de mon entourage, des amis et des collègues de travail. Je me souviens que Mélanie m’a demandé si j’étais dans mon état normal quand j’avais écrit Fête Sauvage (éditions Thierry Magnier, 2018) ! Charline (mon éditrice chez Magnier) et moi avions voulu faire de ce texte un livre « bizarre et résistant ». En recevant des commentaires comme celui de Mélanie, je crois que nous y sommes parvenus. Pour Nos bombes, la première vraie rencontre a eu lieu à la librairie Récréalivres, au Mans. C’était en septembre 2019, je pensais que ce serait désert, mais non. Surtout quand des copains ont débarqué, après avoir fait 120km pour l’occasion !

Raconte-nous un souvenir de première fois en littérature (jeunesse ou non !). L’été où j’ai lu L’île mystérieuse de Jules Verne. Très clairement ma première rencontre marquante avec la littérature. Quel suspense, et ces rebondissements, dignes de la série « Lost » ! Ils pensent être seuls et perdus sur leur île, jusqu’à ce qu’ils chassent un cochon sauvage qui a déjà du plomb dans la cuisse. Il y a donc quelqu’un d’autre ! Aaaaaaaah !

Autre première fois : quand j’ai renoué avec la littérature jeunesse à 20 ans. Bérangère, mon amoureuse de l’époque (qui l’est encore aujourd’hui), m’a offert les 4 premiers tomes d’Harry Potter pour Noël en 2001. Tout simplement le plus cadeau que j’aie jamais reçu. Grand, grand, grand souvenir de lecture.

Qu’as-tu envie de dire aux lecteurs et lectrices de Mes premières 68 qui tiennent ton livre en mains pour la première fois ? S’il vous plaît, ne détestez pas Margaux ! Dans ma démarche d’écriture, elle était au centre de l’histoire, à la fois moteur et frein. D’ailleurs, dans sa toute première forme, le roman était rédigé sous forme de lettre qui lui était adressée après les événements, où Joris lui expliquait comment ils en étaient arrivés là, pourquoi il avait fabriqué des bombes et pourquoi celles-ci étaient douces. Margaux a aussi une double fonction dans Nos bombes : à la fois un vieux compte que j’avais à régler avec une fille de mes années lycée et une métaphore de l’éblouissement. Je l’aime bien, moi, Margaux.

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Justement, que pensent les premiers lecteurs de Nos bombes sont douces ? Ils l’expriment en mots et en dessins :

Fanny : Ces bombes douces faites de graines et de semences sont une réponse délicieuse aux mots durs et violents. Ce roman permet d’aborder la solidarité et les soucis des autres sans en faire des tonnes, sans assommer le jeune lecteur de bons sentiments. Joris a des doutes, parfois, mais il s’investit avec toute son âme car il est soutenu par ces hommes et ces femmes qui croient au pouvoir des actions engagées. Par sa brièveté, le roman va à l’essentiel et peut offrir des portes de réflexions aux adolescents. Ce Joris m’a touchée par cette sensibilité cachée de tous, lui le « footeux ». Chronique complète sur le blog Mes pages versicolores

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Le retour de Violette : les mots pour le dire…

Sacha : C’est l’histoire d’un engagement. Joris échoue à une détection pour entrer dans un centre de formation et du jour au lendemain quitte le monde du foot. Il a 17 ans, et doit abandonner son rêve. Il suit son oncle Jean Philippe dans son engagement fait partie d’une association, les poucets, qui transforme des endroits bitumés en plantant des bombes en terre. Mais ces bombes donnent la vie sous forme de fleur et de potagers. L’idée est belle et poétique. Mais ce n’est pas un coup de cœur pour moi car ce roman manque de rebondissements et ce malgré les thèmes abordés (sport, passion, écologie, engagement…). Il questionne malgré tout ce que les adolescents traversent : quels sont les objectifs de vie vers lesquels je tends et comment vais-je agir sur ce monde auquel j’appartiens ?

Lilou : J’ai beaucoup aimé les thématiques abordées, premièrement parce qu’elles sont d’actualité (le combat écologie contre développement de l’urbanisation, mais aussi l’adolescence, l’avenir, la remise en question de soi-même…) mais parce qu’elles concernent ou ont concerné tout le monde. Quant au personnage, je l’ai trouvé intéressant, même si parfois agaçant avec sa manie de jongler entre deux filles.

 

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Le joli dessin d’Anna.

Emmanuel : « La guérilla jardinière, c’est joindre l’utile à l’agréable. C’est un beau combat. Le frisson de l’interdit et la certitude de bien faire. Sacré cocktail. » Je commence mon aventure des premières 68 par une excellente surprise. Un livre sur la révolution écologique ça ne peut que me plaire. Dès les premières pages, Joris m’entraîne dans son périple émotionnel et son aventure biologique. D’ailleurs c’est le terme adéquat pour ce livre, un roman BIOLOGIQUE, dans tous les sens du terme. Et c’est finalement là que ce livre m’a surpris, j’ai  été captivé par les histoires de cœur de Joris, va t’il déclarer sa flamme ? Va t’il se rendre compte quelle fille est faite pour lui ? Bref j’ai passé un très bon moment, des fleurs, de l’amour, cocktail explosif. Mon côté La petite maison dans la prairie certainement.

Sylvie : Pas trop tentée par le sujet au départ je me suis finalement bien installée dans l’histoire, une lecture fluide même si ce n’est pas un coup de cœur.

Émilie : Un bon roman d’actualité où la moindre parcelle libre est exploitée en zone commerciale ou en lotissement.  À travers cet adolescent et ses tourments d’avenir et d’amour, on découvre un combat pour protéger les petits centre-ville des grandes chaines commerciales. Chronique complète sur le blog La cabane de mes livres

 

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