Francis Rissin – Martin Mongin

« Vous croirez m’avoir enterré sous un mausolée du Père Lachaise, ou avoir déposé mes cendres dans la niche d’un petit colombarium de province ; vous croirez que j’aurai disparu, et pourtant je serai encore là, parmi vous – aussi vrai que je m’appelle Francis Rissin ».

Francis Rissin 2

« Qui est Francis Rissin ? » Cette question au cœur de cet objet littéraire non identifié deviendra obsédante au fur et à mesure de sa lecture. Onze parties pour tenter de répondre à cette énigme, onze chapitres qui s’enchâssent dans une mise en abyme dantesque qu’on se surprend à dévorer, animé, comme tous les personnages, par le désir d’en découdre et de découvrir un visage, une histoire.
Je me suis crue maline en comprenant assez vite que je n’obtiendrai pas de réponse dans cette quête acharnée mais me suis retrouvée piégée par une seconde interrogation toute aussi entêtante, et peut-être tout autant inutile : quel était donc ce livre ? Et quel en était l’objet ?
Ce livre est avant tout un premier roman virtuose. Incroyablement abouti pour un premier né, cet ouvrage est vertigineux et nous embarque dans un vortex ingénieux, mystérieux, risible et effrayant lequel tourbillonne une série de personnages tous unis par la recherche obsédante, et envoutante de ce cher Francis, et dont nous rejoindrons rapidement la ronde étourdissante, pions nous-mêmes de cet échiquier littéraire brillant.
L’auteur multiplie les pistes, poupées gigognes ; il nous perd entre fiction et réalité en mêlant les dates, les repères culturels et personnalités connues à l’invention toute romancée de cette histoire et son imaginaire parfois débridé. Tour à tour polar, témoignage, article de presse, il varie les styles narratifs et les tons. Après une plongée dans le récit biographique et presque mystique de notre Francis national telle l’hagiographie d’un saint, nous flirtons avec les bords sombres, inquiétants ou magiques de la science fiction. D’une expo parisienne à une fête païenne de la consommation devenue langage commun, du remake de la traversée de Paris, ici souterraine et savoureusement drôle au délire mégalomaniaque d’un tyran, ce roman psychédélique et addictif nous noie littéralement dans des univers distincts lesquels s’emboîtent, se recoupent, s’embrouillent (et nous avec !) en distillant ici et là des indices et en jouant de la récurrence des personnages, des lieux, étoffant les scénarii ou resserrant l’étau…. Labyrinthe auquel on prend goût, dans lequel on se laisserait bien enfermer, parfois engourdis et somnolents, ou au contraire, duquel on voudrait s’échapper en pressant la cadence …. Le malaise ambiance les chapitres et on divague au gré des symboles, des signes à décoder, des rébus dignes des songes ou des pires cauchemars… Roman topographique qui nous ballade littéralement dans toute la France et nous livre une cartographie détaillée de notre territoire national des « trous du cul du monde » aux grandes villes. La précision géographique fouillée qui nous ancre au sol, nous cogne à la roche et nous baigne dans ses cours d’eau, tranche avec le trouble des situations, le nébuleux des poursuites bien souvent embrumées et dès lors rêvées ou réelles ?
Quel est dès lors son objet ? La peinture d’une France que nous connaissons plus ou moins bien, la radiographie d’un état qui enchaîne les crises sociales ? Un pays dès lors multiple, complexe fort d’un inconscient collectif, somme de fantasmes individuels ? La démonstration de notre soif d’absolu, de notre voeu, plus ou moins avoué de l’homme providentiel pour rêver un monde meilleur et bien sûr du risque que l’unicité du sauveur à adorer comporte ? La dangerosité de l’image, du sacré par définition irreprésentable, et ce qu’elle véhicule de fanatismes et d’extrêmes ? La force inouïe du nombre, du groupe, de la foule pour élever une voix et entraîner des actes parfois bien loin du discours originaire ?
Francis Rissin est à la fois tout cela et plus encore… Lire Francis Rissin est une expérience laquelle peut continuer à agiter longtemps après avoir fermé le livre. Une expérience distrayante (le rire y est franc et le cynisme délicieux), haletante (elle nous plonge au cœur d’une épopée folle), anxiogène (nous oblige à observer les dérives que l’on connaît déjà), dérangeante (nous retranche dans nos propres attentes et leurres), amère (nous prouve encore notre nécessité impérieuse à croire, croire en quelqu’un, quelque chose, pour trouver l’essor, la motivation, l’envie, et remplir, occuper, inventer dans cette existence humaine dont on n’aura jamais de cesse d’interroger le sens…)
Francis Rissin nous envole avec lui sous acide, et sous l’acide d’un réel contre lequel on craint de se heurter et que l’on contourne à coups d’illusions, de symbolique et d’imaginaire. La construction narrative impeccablement maîtrisée a-t-elle pour but de nous faire lâcher prise et accepter la somme de nos projections sur le monde qui bon an mal an s’ébranle protéiforme sous nos yeux. Engrenage géant, monstrueux qui n’en finit pas de s’emballer et dont nous sommes tous – lecteurs, citoyens, rêveurs- les mécaniciens impuissants et fous d’espoirs !! Réfléchir, penser, ne pas céder aux chants des sirènes mais entendre la clameur, et ne pas trop fouiller non plus car n’y a-t-il pas péril, comme tous les accidentés, suicidés, assassinés du livre, à vouloir résoudre un mystère ? Le chasseur de tornades ne risque-t-il pas d’être avalé par le phénomène qu’il poursuit, exactement comme moi dans le brouillon de ces mots pour saisir la portée de ce roman-phénomène alors même qu’« on ne sait pas, sur ce sujet, si le texte exprime un souhait, une crainte, un rêve, une interdiction, une impossibilité, une invitation, une mise en garde. Et devant tant d’incertitudes, on se demande presque, pour finir, si l’écriture ne serait pas le tout –l’alpha et l’omega- de l’expérience elle-même, et si ça ne s’arrêterait pas là. » ?!!!
Entre fascination et mélancolie, Francis Rissin est une expérience dont je ne suis pas sortie indemne, hantée par d’insatiables questions, dont une me taraude et que j’aimerai poser à l’auteur : quelle vocation a, ou pas, l’écriture devant notre condition humaine ?
Ce livre est sans conteste un grand premier, un grand tout court, totalement inédit et novateur dans notre paysage éditorial. Sinon la consolation qui m’a manqué avec l’invitation finale à écouter au-dehors, la sempiternelle et répétitive clameur, semble-t-il toujours sourde aux réflexions les plus éclairées…
« Avec le temps, j’ai un peu retrouvé mes esprits. J’imagine qu’on projette parfois sur le monde ce qui nous trotte au fond du crâne ». – Karine Le Nagard
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Il n’y a pas de mots pour décrire ce roman, véritable ovni littéraire. Il faut se sentir à la hauteur du challenge, pour se plonger dans les 600 pages du roman.
L’auteur nous perd au fil des chapitres, chapitres qui sont autant de petites histoires centrées autour d’une seule et même personne « Francis Rissin ». On dévore le livre pour en apprendre plus sur ce personnage et on déambule entre enquête policière, récit presque biblique, science-fiction… On se rapproche de Francis Rissin mais peut-on réellement connaître quelqu’un ? Qui est Francis Rissin ? Quand se passe le roman ? Pourquoi tant de phénomènes étranges arrivent-il ? C’est autant de questions que vous vous poserez à la lecture de ce livre… Mais pour ne point trop en dire et pour saisir la « grandeur », le « mystère » de ce personnage, il faudra plonger dans ce livre et tourner ses 611 pages. Très bon moment de lecture qui mélange tellement de styles qu’on ne peut qu’apprécier (tant qu’on a pas peur des longs romans)… – Ana Pires
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Qui est Francis Rissin ?
Une professeure d’université cherche à mettre la main sur un livre intitulé « L’approche de Francis Rissin », œuvre inconnue au bataillon, écrite par un certain Pierre Tarrent, tout aussi inconnu. Au prix d’efforts insensés, cette femme découvre avec stupéfaction que cet auteur n’existe pas. Si ce dernier n’existe pas, qu’en est-il de Francis Rissin ? Cette affaire ne serait-elle qu’un canular ?
Mais Francis Rissin refait surface quand son nom apparaît sur de mystérieuses affiches placardées partout en France. Ce patronyme se propage de villages en villages, de régions en régions ; scandé, répété, l’homme devient l’objet d’une immense clameur et d’un espoir fou. Francis Rissin serait-il l’homme providentiel que la France brigue après un Pétain et un de Gaulle ? Serait-il le sauveur, celui que le pays appelle de ses vœux pour le sortir des ténèbres, le propulser vers la lumière et lui inspirer un souffle nouveau afin de lui rendre sa grandeur ? Qui est ce « Francis Rissin » ?
Le récit très habile est construit autour de 12 chapitres qui proposent une version de notre Francis, empruntant à tous les genres littéraires : le roman noir, le polar, la fiction politique, la science fiction. Une fresque se dessine composée de différents portraits de ce personnage. Pour autant, le mystère demeure.
Au fur et à mesure de cette narration incroyable, le lecteur se laisse convaincre de changer de perspective. L’enjeu est moins l’identité de Francis Rissin, que l’image qu’il incarne. Que doit prouver un homme providentiel, un leader charismatique, pour s’attirer l’extase d’une population ? Vaste sujet… Ce premier roman de Martin Mangin va laisser des traces à n’en pas douter. Fable politique, conte philosophique, il décrit de manière décalée – on sentirait presque une pointe de candeur -, les affres de notre société contemporaine. Manifestement, il prend beaucoup de plaisir à nous embarquer dans cette épopée hors des sentiers battus. Et nous aussi. Chaque chapitre apporte son lot de surprises, contribuant à un rythme enlevé. L’écriture est légère et pleine d’humour. Les 611 pages se tournent frénétiquement et à l’issue de ma lecture, je me suis sentie moins bête qu’au démarrage. C’est aussi une qualité de ce livre, il rend son lecteur intelligent. Une œuvre aussi extravagante que brillante. Ne passez pas à coté. – Hélène de Montaigu
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Se lever une demi-heure plus tôt pour pouvoir terminer ce livre.
Un livre qui m’aura tenue en haleine pendant plus de 600 pages et quasi 6 jours.
Un livre impossible à résumer, indescriptible, brillant qui s’amuse de sa lectrice.
Francis Rissin est raconté en onze chapitres, à l’écriture chaque fois différente.
A la fois quête d’un homme, d’un livre, on oscille entre roman policier, roman d’apprentissage, fable politique voire même un peu de science-fiction.
Sans que ça ne soit à aucun moment factice, superficiel, incohérent ou non crédible.
Un livre qu’on lit comme un polar, dans lequel on se surprend à vouloir vérifier certains faits, certains noms.
Est-ce que ce je lis est une fiction ou une réalité ?
Un roman qui interroge à sa manière les limites de la fiction et l’identité.
Un roman drôle, dont la construction est brillante.
Un roman où quand tu refermes la dernière page, tu te surprends à penser « mais il faut que je le relise ».
Parce que ce premier roman (non mais comment on fait pour écrire un truc pareil la première fois?), est très malin et glisse des détails au fur et à mesure qui souvent t’en rappellent d’autres.
Un roman qu’on ne lâche pas.
Un roman qui vaut bien ses 611 pages et ses critiques élogieuses. – Hélène Goelen
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Mais qui est Francis Rissin ? Si on ne veut pas trop en dire sur ce roman, c’est certainement le résumé le plus simple à proposer. Mais c’est un peu bref pour donner une idée de ce qui attend le lecteur qui se plongerait dans ce pavé de plus de 600 pages…
Les bases sont posées sur la quatrième de couverture : ce n’est pas un roman fleuve mais la réunion de 11 récits qui forment une mosaïque autour de « l’insaisissable Francis Rissin ». Insaisissable, c’est bien le mot. Car ces récits ne m’ont absolument pas aidée à y voir plus clair.
Partons du fait que des affiches en bleu et blanc au nom de Francis Rissin surgissent de nulle part dans toute France, de préférence rurale et reculée, sans que personne ne sache qui est ce type ni comment elles arrivent sur les murs des villages, les places publiques, les troncs d’arbres. Selon les chapitres, on en apprend plus (ou pas) sur ce personnage, son parcours et sa postérité, on assiste au délire social des Français séduits par cette personnalité au caractère soudain mystique, on ausculte les ressentiments personnels et les petits jeux de certains qui cherchent à comprendre ou à profiter de la situation.
Les textes, compilés sans logique chronologique, sont chacun portés par un nouveau narrateur, sans lien avec le précédent, et rédigés dans un mode narratif totalement différent. On passe ainsi du journal intime au roman policier, de la retranscription d’une conférence au récit fantastique. C’est tour à tour inquiétant, haletant, mystérieux, réaliste, paranormal, sinistre… Bref, ça part dans tous les sens.
En soi, pourquoi pas, ça pourrait même être très réussi. Mais aucune de ces histoires ne m’a captivée, peut-être à cause du style, peut-être parce que je ne voyais pas où on allait. Comme on change de narration toutes les cinquante pages environ, j’ai tenu bon en me disant à chaque fois « cette fois-ci, je vais comprendre ». Si bien qu’au final, j’ai lu le livre en entier, même si j’ai survolé certains passages (le fait d’être dans un train pendant cinq heures d’affilée a certainement participé à cet acharnement malgré mon scepticisme grandissant). Ma conclusion est simple : je n’ai pas du tout passé un bon moment en compagnie de ce roman et je suis très perplexe quant à son intérêt. – Claire Sejournet
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Est-ce un candidat pour les élections ?

Depuis peu, des affiches fleurissent dans les villes et villages de France. Océane Pouzettat, la secrétaire de mairie de Chalamont en a aperçu deux, collées de chaque côté du porche de la mairie. Des affiches bleues de grand format, sur lesquelles se détache le nom de « FRANCIS RISSIN », écrit en capitales  blanches dans une police de caractère. Il est difficile de dire si d’autres affiches sont apparues avant cette date. De quoi affoler.

Mais ce n’est pas tout …

Nous voici embarqués dans une quête effrénée pour comprendre qui est Francis Rissin mais aussi le trouver car personne ne l’a vraiment rencontré, ou, qui sait ?

Investis de notre rôle de Sherlock Holmes, à l’affût des moindres indices, page après page, nous sentons que nous approchons du but : Francis Rissin semble prendre chair peu à peu, s’incarner, mais … voici d’autres zones de flou qui nous renvoient à la case départ.

Chers lecteurs, voici ce qui vous attend en lisant « Francis Rissin » car Martin Mongin est un véritable magicien qui manie avec brio l’art du suspens. Il vous entraîne à travers les chapitres, lève peu à peu le voile, quand il vous sent proches … pour mieux vous plonger dans d’autres mystères. Et si vous vous accrochez au fil des pages, il vous réserve une grande surprise.

En attendant, vous aurez l’occasion d’échauffer votre cerveau, secouer vos neurones et de plonger dans le grand huit. Une roue vertigineuse où il s’agira de savoir si «il y a quelqu’un ici qui pense à la France ? ».

« Francis Rissin » comme vous l’aurez compris est un véritable spécimen. Un roman atypique construit sur deux thèmes principaux qui s’entrecroisent : celui de l’homme providentiel, ou du sauveur de la nation, et celui de la créature qui échappe à son créateur. Chaque détail est sous pesé, tant sur le fond et sur la forme. Une forme kaléidoscopique où chaque chapitre recèle une facette nouvelle de cet homme insaisissable, un angle spécifique de lecture. L’ensemble construit sur une structure pyramidale, organisée autour du chapitre 6.

C’est brillant ! Je n’en dis pas plus je vous laisse savourer ! – Lilia Tak-Tak

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Quelle étrange lecture ! Quel étrange personnage ! Quelle étrange construction !
Quelque soit votre style de lecture préférée vous trouverez votre bonheur dans ce roman (?).
Ce livre est construit comme un recueil de nouvelles, chacune ayant un style bien marqué et portant un regard nouveau sur un seul et même phénomène : Francis Rissin.
Bien sûr les 600 pages contiennent quelques longueurs, mais les éclairages variés sur une situation pour le moins insolite, des affiches au nom de Francis Rissin fleurissent sur tous les murs des villes de France, maintiennent le lecteur en alerte.
On pourrait parfois penser à des évangiles tant la figure de Francis Rissin apparaît parfois totalement mystique.
Pour un moi un OLNI pur, pas un grand coup de cœur mais la curiosité a fait son travail. – Emmanuelle Coutant
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Mais qui est donc ce Francis Rissin, qui donne son nom à un épais roman ? Du jour au lendemain, dans les provinces françaises, fleurissent des affiches mentionnant ce simple patronyme. Pas de photo, pas de slogan, pas d’explication. Juste un nom qui va peu à peu imposer sa présence et faire son chemin dans les esprits, laissant le champ libre à toute forme d’interprétation.
Est-il cet homme intègre qui va bannir mensonges et clientélisme de la classe politique ? Est-il celui que tout le monde attendait et qui va enfin sortir la France de son marasme ?
L’auteur multiplie les témoignages pour tenter de cerner la figure de cet être insaisissable plébiscité par une majorité de Français dont il n’hésite pas à flatter les bas instincts. Au fil des chapitres se dessinent les traits d’un homme providentiel, cette fiction surgissant dès que le ciel de l’histoire s’assombrit. Un costume que n’importe qui selon les circonstances peut endosser avant de se muer en despote tyrannique. Un personnage conjointement construit par quelque ambitieux opportuniste et un peuple avide de se sentir enfin écouté.
Je me suis lancée dans cette lecture avec la plus grande curiosité: le buzz (soigneusement orchestré par mon amie Nicole), le thème, et puis le souvenir persistant de ces énigmatiques affiches apparues un temps sur les murs de Paris et sur lesquelles on voyait un visage juvénile et rieur associé à un nom, John Hamon, sans plus de détails…
Si la construction du récit est plutôt habile, levant un à un les voiles sur l’identité du héros tout en l’enveloppant paradoxalement de mystère, si le jeu sur l’espace fictionnel et la manière dont chaque individu peut l’investir, y compris à son corps défendant, m’a semblé tout à fait intéressant, je dois néanmoins dire que j’ai trouvé l’ensemble un peu bavard, un peu long et peut-être un peu trop démonstratif. L’auteur est prof de philo et je dirais que cela se sent. Il joue fort adroitement avec son sujet, mais il m’aura manqué un style, une forme de jubilation littéraire pour savourer pleinement ce texte non dénué de pertinence… – Delphine Depras
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De mystérieuses affiches sont placardées un peu partout en France, dans les villes comme les villages. Qui est ce Francis Rissin dont le nom apparait avec des lettres bleues sur fond blanc ? Tous s’interrogent, la presse comme la police ainsi que tous les Français. Qui est cet énigmatique Francis Rissin ? Un candidat aux prochaines élections présidentielles, un homme politique providentiel ? Une « Bernadette Soubirous » en bermuda qui entend la Vierge Marie et fait des miracles ? Un artiste complètement déjanté ? Un militant écologique anti-nucléaire ? Un dictateur illuminé prêt à relancer la peine de mort abolie depuis plus de trente ans ?
Ce roman composé de onze récits, onze voix différentes fait appel aux techniques du roman policier ou du fantastique, ou a parfois l’apparence d’un journal intime ou d’un thriller politique. Onze voix, très peu de dialogues cependant. Soit Francis Rissin prend la parole soit ce sont ceux qui le recherchent.
Dans cette campagne d’affichage sauvage, massive, sans slogan ni message clairement exprimé, seuls apparaissent quelques symboles de la France : sa carte géographique, le coq gaulois et le camembert ! Qui voterait pour un tel candidat ? Eh bien détrompez vous Francis Rissin électrise, galvanise les foules qui le suivent partout, tel le gourou d’une secte, un mégalomane narcissique.
Insaisissable mais omniprésent ce Francis Rissin ! Martin Mangin brouille les pistes et interpelle le lecteur qui ne sait d’abord que penser d’un tel ouvrage mais qui en persévérant, incrédule devant le style et l’imagination délirante de l’auteur continue sa lecture afin de savoir jusqu’où ira l’auteur dans sa démesure, dans son délire.
Comme ce livre mélange le réel et la fiction et qu’il a été écrit fin 2018 impossible de ne pas y voir une allusion à Emmanuel Macron et à sa façon de gérer la France. Un candidat qui avait lui aussi proposé aux Français une autre alternative que les partis classiques pour les dernières élections présidentielles. Un livre en résonance avec la crise politique qui agite la France depuis près d’un an : l’auteur puise t’il ses sources dans la crise des gilets jaunes ? En tout cas il analyse le comportement des Français toujours à la recherche d’un leader, d’un « grand homme » pour les conduire vers un monde meilleur. Le livre est truffé d’allusions à la mère Patrie, à la Nation, à la grandeur de la France.
Un roman écrit comme un jeu de piste où l’on se perd souvent, une sorte de chasse à l’homme lorsque l’enquêteur essaye de suivre à la trace Francis Rissin qui, quand il croit enfin l’avoir attrapé, s’échappe et s’évanouit dans la nature. Francis Rissin se présente comme l’homme providentiel, le sauveur de la Nation voire carrément – n’ayons pas peur des mots – Dieu. Il représente la figure du chef, du père ou d’un super-héros. Un berger qui guide ses brebis, un apôtre qui transmet la bonne parole de Dieu au peuple.
Premier roman inventif, original, paranoïaque : ce livre est un OENI (Objet Ecrit Non Identifié,) un objet littéraire totalement atypique, limite psychiatrique : parfois je mettrais bien l’auteur sous camisole de force ! Certaines scènes sont carrément surréalistes notamment quand les deux petits vieux commencent à délivrer la France du pouvoir en place juste en s’adossant à des murs dans les catacombes de Paris. D’autres sont déstabilisantes comme celles de cannibalisme.
Martin Mangin – tiens ça rime avec Francis Rissin – est un auteur culotté et audacieux qui a pris beaucoup de risques en se lançant dans cette aventure. Limite élitiste, il nous abreuve de références dont on ne sait plus à force si elles sont réelles ou inventées. Grand pari de l’éditeur d’avoir accepté de publier un tel manuscrit. Ce livre ne peut pas laisser indifférent mais de là à ce qu’il plaise à tout le monde, j’ai un gros doute.
Bientôt les élections municipales ne vont pas tarder à battre leur plein, Francis Rissin va-t-il s’y présenter ? – Françoise Le Goaëc
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C’est un premier roman atypique et absolument inclassable. Un OVNI littéraire !

« Le roman possède une structure pyramidale, organisée autour du chapitre 6. Dans la première moitié du livre (chapitres 1 à 5), Francis Rissin, qui n’était qu’un nom sur des affiches électorales, prend peu à peu chair, il s’incarne, il vient progressivement à l’être. Du simple nom d’un illustre inconnu, on se rend compte rapidement que des gens l’ont vu, puis que certains même l’ont approché, puis une exposition est organisée en son honneur, même s’il reste dans l’ombre, puis on nous donne à lire une partie de sa biographie. Dans le chapitre 6 le lecteur a sous les yeux le journal intime de Francis Rissin en personne (à moins que…), et on peut sans doute difficilement être plus proche de l’intériorité d’un individu qu’au moment où on lit ses états d’âme. Et puis la deuxième partie du livre (chapitres 7 à 11), c’est le mouvement inverse. Ce qui avait pris corps, ce qui avait pris consistance, commence doucement à se déliter, pour s’évanouir lentement mais sûrement, pour rejoindre le néant dont il était sorti (à moins que…) » Martin Mongin interviewé sur www.lamadeleinedelivres.com

L’auteur est professeur de philosophie et son propos est éminemment politique, si bien que j’ai sûrement zappé certaines choses tant j’exècre la politique. J’y ai vu néanmoins une sacrée critique de la société française dans une construction étonnante utilisant divers styles narratifs. Cela va du cours magistral à une enquête policière en passant par un journal intime entre autres par exemple… Certains chapitres m’ont paru longs, mais j’ai pourtant toujours tourné les pages tant j’avais envie de savoir où voulait aller l’auteur… Au final c’est un roman dont je suis bien incapable de vous dire si je l’ai aimé ou pas. C’était une expérience de lecture étonnante, malgré la sensation de me faire mener en bateau par l’auteur( il y a une interrogation constante du rapport entre fiction et réalité), et je ne regrette pas de l’avoir lu ! – Catherine Dufau

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Quelle originalité! Je me suis laissée mener dans ce jeu de piste à onze volets. J’ai été déroutée, happée, amusée… Difficile à qualifier, ce roman est à la fois fiction et réalité, policier et politique… J’ai été bluffée par sa construction. – Anne-Christine Busnel
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Dans ce roman, tout étonne, et d’abord sa structure. En onze parties construites de façon fort différentes, tantôt un cours magistral d’université, tantôt une enquête de police, un rapport administratif, les délires d’un fan absolu ou encore les écrits des apôtres, tout y passe dans cette dystopie totalement décalée. Y compris les mots et les délires du journal intime de Francis Rissin lui-même, excusez du peu. Mais en fait, qui est-il ? Qui le connait ? Qui a compris ses desseins ? C’est l’alerte générale dans tout le pays, qui est Francis Rissin ?

De son existence supposée à son existence avérée. Des affiches fleurissent sur tous les murs en France et le plus fin limier suit ses traces de village en village. Mais Francis Rissin sillonne le pays et nul ne peut le suivre, le devancer ou même l’arrêter. Capable de soulever les foules par son seul charisme, ce nouveau messie des temps modernes est aussi totalement incompris du pouvoir en place. Pourtant tous ceux qui l’ont connu l’apprécient, et tels des apôtres, ils écrivent les évangiles de Francis Rissin.

Car oui, en vérité, je vous le dis, dès sa jeunesse il savait qu’il lèverait une armée pour sauver la France… Tient, ça vous rappelle quelqu’un ?  

Stupeur, colère et inquiétude, voilà les sentiments qui dominent dans tout le pays… Comment peut-il être présent à différents endroits à la fois éloignés géographiquement et très proches dans le temps. Le mystère s’épaissit. Et si c’était Rissin versus Rissin ? Sont-ils nombreux ? Est-il un ? Est-il multiple ? En vérité, une fois encore, sachez-le, Francis est légion !

Je ne vous en dis pas plus, j’en ai d’ailleurs déjà trop dit, car parler de ce roman tellement différent de tout ce qu’on lit habituellement n’est pas aisé. Alors si vous aimez les paris impossibles, si quelques six cent pages ne vous rebutent pas pour tenter de percer à votre tour ce mystère, soyez curieux, immergez-vous, acceptez le challenge, et partez à la découverte de Francis Rissin. Puis venez me dire ce que vous en aurez pensé ! Attention, il me semble cependant que ce roman est avant tout à conseiller aux lecteurs passionnés, tant il est dense, déroutant et singulier. – Dominique Sudre

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