Le bal des folles – Victoria Mas

“ Libres ou enfermées, en fin de compte, les femmes n’étaient en sécurité nulle part. Depuis toujours, elles étaient les premières concernées par des décisions qu’on prenait sans leur accord.”

Le bal des folles

Il était prudent, à la fin du 19ème siècle de ne pas afficher une conduite hors des sentiers battus, lorsque l’on était une jeune femme de bonne famille. La sanction menaçait toute « déviante » : direction la Salpétrière, sans autre forme de procès, sans certificat médical, sans même avoir eu un comportement constituant un danger pour soi-même ou pour autrui. D’ailleurs, il est vraisemblable que la seule volonté de l’entourage suffisait à faire enfermer toute personne jugée gênante pour ses proches. Et bien sûr, une fois prisonnière de la sinistre bâtisse, il est extrêmement compliqué de prouver sa « normalité ».
C’est l’époque où Charcot travaillait sur les manifestations de l’hystérie, qu’il mettait en évidence par l’hypnose, devant un groupe d’étudiants admiratifs.
Certes les connaissances étaient maigres concernant le fonctionnement du corps humain, mais l’expérimentation faisait fi de l’individu. Aussi la folie pouvait-elle s’exposer, et se donner en spectacle, comme c’était la coutume une fois par an à l’asile, au cours de ce Bal des folles qui donne le titre à l’ouvrage.
A travers l’histoire d’Eugénie, qui a le tort de posséder des pouvoirs de communication avec les morts, Victoria Mas nous convie au quotidien des habitués du service de psychiatrie, patientes et soignants, et c’est toute la détresse de ces femmes qui apparait entre les lignes.
Témoignage d’un temps passé, peu enclin à prendre du recul sur ses pratiques scientifiques, le roman a le mérite de rendre hommage à ces femmes victimes de la folie de leur entourage.
Sans pathos, basée sur des documents historiques, le roman se parcourt avec agrément, tout en frémissant d’indignation sur le sort injuste de ces femmes humiliées.
Premier roman, déjà deux fois remarqué (Prix Stanislas et Talents Cultura), présent dans la sélection du prix Fémina, Victoria Mas fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature. – Chantal Yvenou

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L’année dernière, à la même époque , j’ai lu La part des flammes de Gaëlle Nohant . (Cet épisode tragique de l’incendie du Bazar de la Charité dans le Paris de 1897). Je me sentais dans la même atmosphère, cette ambiance feutrée des salons bourgeois, cette même victimisation des femmes. Une société corsetée où l’importance du pouvoir patriarcal est déterminante.
A la fois roman d’histoire et sociologique, l’auteure décrit le quotidien de ces femmes démunies qu’on enferme parce qu’elles ne rentrent pas « dans leur rôle ».
Elle utilise un fait historique (le bal des folles institué à l’hôpital de la Salpêtrière) comme toile de fond pour rendre hommage à ces femmes étiquetées hystériques.
Bien documenté, ce récit pointe du doigt la suprématie du corps médical, peu enclin parfois à prendre du recul envers des pratiques éprouvantes. Ayant travaillé dans le milieu psychiatrique, et ayant eu connaissance de ces protocoles terribles, je me suis tout de même indignée face à cette barbarie. Heureusement qu’aujourd’hui ces méthodes cruelles sont remplacées par la panoplie des médicaments (chimie) entre autres.
Une intrigue est mise en place dans les coulisses de l’hôpital avec des destins tragiques, des personnages de femmes finement décrites et des rebondissements inattendus.
Avec cette impression de « déjà vu, déjà lu », je me suis ennuyée tout de même. La part du surnaturel (spiritisme) ne m’a pas convaincue, m’attendant plutôt à des descriptions réelles de pathologies psychiatriques (c’est mon côté professionnel qui reprend le dessus)
Malgré tout, la plume est agréable mais on est loin de l’œuvre de Margaret Atwood , Captive qui a exactement décrit les symptômes repris ici.
Un premier roman tout de même prometteur car il permet la réflexion sur la condition féminine toujours d’actualité, cette liberté chèrement acquise. A peine un siècle… – Catherine Quart Foisset

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Paris, 1885. Le professeur Charcot officie à l’hôpital de la Salpétrière, qui accueille de nombreuses femmes soignées pour hystérie. Il est secondé par une nombreuse équipe médicale, dont Geneviève, une infirmière admirative du grand homme. Elle prend en charge Eugénie Cléry, placée là par son père qui a découvert qu’elle est capable de voir les défunts et de les entendre. Eugénie voit apparaître le fantôme de Blandine, la sœur de Geneviève, disparue des années plus tôt. De quoi ébranler les convictions de l’infirmière…
Ce roman mêle très habilement diverses thématiques : le statut des femmes à la fin de ce 19ème siècle si rigoriste, dans une société patriarcale si prompte à les enfermer dès lors qu’elles s’écartent de la place qu’on leur a assignée ; l’internement abusif ; les conditions d’hygiène et de soins désastreuses – on traite les hystériques à coup d’éther et de compression sur les ovaires ; enfin, la pratique du spiritisme fort à la mode à l’époque. Solidement documenté, il fait la part belle à ces deux personnages très romanesques que sont Geneviève et Eugénie, au milieu d’autres aliénées tout aussi attachantes. Le roman se déroule sur les quelques jours qui précèdent le fameux Bal des Folles, seul moment où ces femmes peuvent se montrer à un public mondain qui espère secrètement assouvir sa curiosité morbide et assister en direct à une fameuse « crise » ; à ce bal n’y sera d’ailleurs consacré qu’un chapitre qui vient clore le récit dans un dénouement en apothéose. Sur la forme, Victoria Mas nous offre un roman de facture classique, écrit dans une langue très fluide et élégante, avec un usage des temps parfaitement maîtrisé. C’est donc fort agréable à lire, même si on pourrait reprocher au roman un côté un brin trop appliqué, un peu trop lisse. – Emmanuelle Bastien
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Un vrai coup de cœur pour cette rentrée littéraire.
Ce roman a une écriture souple, légère, concrète, sans fioritures. Je l’ai dévoré. Il m’a profondément touchée et émue.
Le thème est très bien abordé et documenté pour une histoire se déroulant à la fin du XIXème siècle. Je ressors aussi de cette lecture avec de nouvelles informations concernant ces pathologies dites féminines.
Les personnages sont attachants. Ce monde de femmes violentées par les hommes de l’époque, pour qui tout leur était du. Elles arrivent heureusement à se soutenir et à créer un petit groupe amical.
Qui est folle ? L’aliénée ou la soignante ?… – Emilie Troussier
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Comme les bourgeois qui viennent se donner le frisson en frôlant la folie au cours du traditionnel bal de la mi-carême, Victoria Mas nous invite à pousser les portes ordinairement bien closes de l’Hôpital de la Salpêtrière pour venir au-devant de celles que l’on va un peu vite à baptiser « les folles ». Car en cette fin de XIXème siècle, la nuance n’est pas de mise pour gérer l’hystérie, cette toute nouvelle, et bien pratique, trouvaille permettant de régler sans états d’âme les troubles de celle d’une femme encombrante ou d’une fille rétive. On y croise la toute jeune Louise, nouvelle star des expériences publiques du grand Charcot, la doyenne Thérèse, rassurée d’être coupée d’un monde qui lui fut hostile, la sévère Geneviève, gardienne austère et mystérieuse. On voit s’en approcher Eugénie, forte tête et personnalité troublée par de curieux phénomènes, candidate idéale au prochain « bal des folles ».
Victoria Mas dessine avec rigueur les contours angoissants de ce lieu de sinistre réputation, synonyme d’enfermement et de silence contraint pour tant de femmes. Elle évoque avec beaucoup de conviction l’expérience si particulière de ceux que l’on nomme les spirites, charnières, malgré eux, d’un passage entre vivants et morts, suscitant immanquablement chez leurs contemporains des envies jamais tout à fait éteintes de bûchers expiatoires. Néanmoins, si le contexte est passionnant, l’histoire intéressante et fort bien documentée, les personnages attirants, il manque à l’ensemble un je ne sais quoi de souplesse et de grâce qui empêche de se laisser toucher. Il m’a semblé que l’auteure, si tendue vers le désir de bien faire, si attentive à rester rigoureuse et à tenir sa ligne, si désireuse de montrer combien ses héroïnes étaient privées de leur voix avait muselé la sienne, nous privant de l’essentiel, sa petite musique personnelle, son grain de folie à elle. – Magali Bertrand
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« Les cours publics du vendredi volaient la vedette aux pièces de boulevard, les internées étaient les nouvelles actrices de Paris, on citait les noms d’Augustine et de Blanche Wittman avec une curiosité parfois moqueuse, parfois charnelle. Car les folles pouvaient désormais susciter le désir. Leur attrait était paradoxal, elles soulevaient les craintes et les fantasmes, l’horreur et la sensualité. (…) Les folles n’effrayaient plus, elles fascinaient. »
La Salpêtrière, Paris, fin XIXème. Nous sommes invités à un bal particulier, celui organisé par les services psychiatriques, autrement dit l’Asile de la Salpêtrière, avec toutes les femmes qui y sont enfermées, les folles, internées, dérangées, sorcières, décadentes de l’époque, pour certaines réellement prisonnières d’une pathologie, pour beaucoup d’autres « juste » victimes des exigences bienpensantes de l’époque sur les femmes et leurs statuts.
Victoria Mas nous plonge avec véracité dans les milieux modestes, ouvriers et bourgeois de la capitale pour nous conter, à travers cette festivité annuelle, les conditions aliénantes et très réductrices des femmes. De Louise à Eugénie, en passant par Thérèse et tant d’autres, nous assistons aux conséquences terrifiantes des carcans, des pouvoirs masculins et familiaux qui ordonnent une vision du monde qu’il ne faut surtout pas déranger, vision érigée en Vérité par définition unique et absolue, sous le joug d’un patriarcat et d’une religion encore très dominants.
Ce roman nous rappelle notre héritage, le chemin parcouru et le temps si long pour changer, lequel malgré ses cycles n’annule jamais le danger permanent, et malheureusement revérifié, de rebasculer dans des mœurs, dogmes, politiques qui dénigrent les corps et désirs féminins, minimisent les maux et mots des femmes et menacent leurs places, ambitions égales dans nos sociétés.
C’est un roman facile à lire, intéressant quand bien même il développe finalement très peu le sort des patientes aux mains de la Médecine toute puissante, l’objet expérimenté plus que soigné, une science masculine dépendante d’une croyance encore toute cléricale… Le contexte véridique sert d’assise et de décor à une fiction rondement menée, et dans le sens d’un scénario bien ficelé, malgré une écriture dénuée de style singulier, ce premier, fort de personnalités attachantes, est plaisant à découvrir et utile pour condamner les convictions folles des Humains.
« Ces gens qui l’ont jugée, qui m’ont jugée moi….leur jugement réside dans leur conviction. La foi inébranlable en une idée mène aux préjugés. T’ai-je dit combien je me sentais sereine, depuis que je doute ? Oui, il ne faut pas avoir de convictions : il faut pouvoir douter, de tout, des choses, de soi-même. Douter. » – Karine Le Nagard
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Le bal des folles est ma deuxième lecture dans le cadre des 68 premières fois. Ce roman ayant déclenché un fol enthousiasme sur Instagram, je n’avais aucun doute : j’allais me régaler. L’enfermement arbitraire des femmes « déviantes » selon les codes de la bonne société en 1883 à l’hôpital de la Salpêtrière à Paris, où officiait le docteur Charcot, neurologue réputé. Le bal de la mi-carême qu’il y organisait conviant le tout-Paris, pour distraire les aliénées. En filigrane, la condition des femmes à cette époque. Tout concourait à exciter ma curiosité. Hélas, au risque de passer pour une folle, je suis restée sur ma faim. Le sujet, en or, est malheureusement survolé et c’est bien dommage. J’ai regretté que la narration, à l’exception d’une scène brève, n’accorde que peu de place à Charcot qui demeure dans l’ombre. Le lecteur n’assiste pas au bal des folles pourtant en ligne de mire du roman et, accessoirement, titre du livre. L’intrigue, l’internement forcé d’une jeune fille de bonne famille coupable de communiquer avec les morts, se révèle trop restreinte à mon goût. Quant au dénouement, il m’a paru improbable. Les jolis portraits de femmes troussés par la plume alerte de Victoria Mas m’ont un peu consolée de cette impression d’inachevé.
Pour me remettre de mes émotions, je me suis replongée dans ce film génial, The Magdalene Sisters, primé à Venise en 2002 , qui dénonce, à partir d’histoires véridiques, l’enferment arbitraire de femmes en Irlande dans les tristement célèbres blanchisseries. Ces institutions furent créées sous l’égide de l’Église catholique en 1922, la dernière blanchisserie ferma ses portes en 1996 ! Les folles, les filles « légères », les fille-mères ou celles dont les familles ne voulaient plus, étaient abandonnées dans ces bagnes tenus par des bonnes sœurs à poigne. Allez jeter un œil, c’est terrifiant. – Hélène de Montaigu
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Le Bal des folles de Victoria Mas marque ma huitième lecture des romans de cette sélection des 68 premières Fois…
J’avais entendu parler de ce livre lors de la présentation de la rentrée littéraire par une des librairies que je fréquente et, déjà, je savais que je le lirai, intéressée par le thème et intriguée par son traitement.
Ce roman est bien écrit, captivant et surtout il donne à lire et à voir de beaux portraits de femmes. L’intrigue rappelle sans doute un peu le film d’Alice Winocour, Augustine, sorti en 2012, et nous plonge à sa manière dans l’univers des folles de la Salpêtrière à la fin du XIXème siècle.
Le récit est précisément daté, sur à peine trois semaines entre le 3 et le 18 mars 1885. S’il remonte jusqu’au 20 février, c’est juste pour contextualiser l’arrivée d’une des héroïnes principales à l’asile, pour montrer comment un père peut décider d’aliéner sa propre fille. Cette économie de temps démontre combien il était facile à cette époque de museler une femme, de l’annihiler fut-elle une délinquante, une fille de la rue ou une épouse, son propre enfant ou encore sa domestique…
En effet, le thème central de ce roman tourne autour de l’aliénation… à la fois trouble mental, passager ou permanent, qui rend l’individu étranger à lui-même ou au monde qui l’entoure et l’empêche de mener une vie normale ou, du moins, de répondre à la norme en vigueur dans la société bien-pensante et un ensemble d’assertions plus poussées qui m’interrogent. Au-delà des notions médicales, l’aliénation véhicule une forme d’hostilité collective, une volonté de déshumaniser et d’asservir.
Ici, les aliénées sont des femmes, des jeunes filles dont la société patriarcale dispose et qu’elle déplace, interne, retire du circuit au motif qu’elles seraient folles, hystériques, épileptiques, mélancoliques… Ce sont des femmes qui, bien souvent, se démarquent et que l’on préfère enfermer, oublier, rayer… Si les aliénées ne sont pas folles en entrant à la Salpêtrière, elles le deviendront forcément, le système se chargeant de les aliéner pour de bon…
Face à elle, dehors, un monde de voyeurs et de curieux : ceux qui assistent aux cours publics du Dr Charcot et celles et ceux qui viennent danser, sur invitation, au fameux bal de la mi-carême, où l’on exhibe les folles comme des bêtes curieuses, des figures de cirque… Entre les deux, le milieu des soignants, les médecins et les internes, l’intendante, les infirmières et le personnel féminin, toute une palette de degrés d’autorité et de pouvoir, de marche de manœuvre et d’impuissance.
L’ensemble baigne dans une atmosphère étrange. Quelques mois plus tard à peine, en mai 1885, mourra Victor Hugo dont les activités spirites ne sont un secret pour personne ; ce père éploré espérait ainsi entrer en contact avec sa fille Léopoldine… Dans le roman de Victoria Mas, un père aliène sa fille qui possède le don rare de communiquer avec les défunts. Beau parallèle, rapprochement particulièrement efficace…
J’ai apprécié cette lecture même si la fin, annoncée, est sans surprise… L’épilogue, cinq ans après les faits relatés délivre un terrible message, à la fois glaçant et sublime.
Un excellent premier roman. – Aline Raynaud
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(…) Le bal des folles est un premier roman et, en tant que tel, on lui pardonne de ne pas éviter certains écueils. La réflexion sur la société de cette fin de siècle, sur la frontière ténue qui séparait alors la psychiatrie, du spiritisme ou de la religion est intéressante, mais guère originale ni aboutie. Les pratiques de Charcot sont à peine évoquées si bien que l’on n’apprend rien du quotidien de ses patientes. Seules quelques figures stéréotypées émergent de la foule des internées et l’histoire se concentre assez (trop) vite sur la relation Eugénie-Geneviève qui est le nœud de la tension constante qui croît au fil des pages.
Le bal des folles est un joli roman, porté par une écriture simple sans afféteries, mais qui manque de profondeur et qui souffre de l’inévitable comparaison avec La salle de bal d’Anna Hope, à l’atmosphère d’une noirceur anxiogène et au dénouement sublime. Paru il y a trois ans, ce roman avait obtenu le Prix Femina étranger 2017 et le Grand Prix des lectrices Elle 2018. – Christine Casempoure
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Le roman de Victoria Mas évoque ces femmes internées à la Salpêtrière au XIXe, que l’on appelait les folles, les hystériques ou même les aliénées. Elles sont sous la responsabilité de cette figure devenue mythique de la neurologie et de la psychiatrie, le professeur Jean-Martin Charcot qui expérimente sur elles toutes sortes de nouveautés. Ces pauvres femmes sont parfois effectivement malades, mais le plus souvent elles ont été internées là par un père, un mari, un frère qui ne demande qu’à en être définitivement débarrassé. Car qui veut d’une épouse qui se révolte, d’une fille qui a été violée, d’une sœur qui exprime un souhait d’émancipation ?
Dans les dortoirs de l’hôpital, point de salut, ni lecture, ni activité, tout au plus quelques bavardages, le plus souvent une isolation forcée et désastreuse pour leur équilibre déjà bien fragile, un peu d’éther de temps en temps pour calmer les crises des malades. Et qui se soucie de leur bienêtre ? Le bon docteur Charcot préfère ses séances publiques d’hypnose, où une jeune et jolie malade est endormie pour tenter de lui faire reproduire les crises d’hystérie qui les qualifient si bien, devant un public plus voyeur que soignant et au prétexte de faire avancer l’étude de leur comportement… Chaque année à la mi-carême un bal voulu par Charcot est organisé pour elles dans l’enceinte d’hôpital. Le bal des folles confronte les bourgeois et les personnalités du tout Paris fascinés par ces femmes qu’ils vont côtoyer un instant.

Victoria Mas s’intéresse à quelques-unes d’entre elles, Geneviève, l’infirmière dévouée, effacée et attentive, Thérèse, la folle enfin à l’abris des violences du monde extérieur entre les hauts murs de l’hôpital, et Eugénie, la douce et brillante jeune femme qui vient d’être internée à la demande de son père. Car en cette année 1885, Eugénie s’intéresse aux esprits et aux écrits d’Allan Kardec, se demandant si les défunts parlent aux vivants. C’en est trop pour son père et pour l’honneur de sa famille, la voilà exilée elle aussi auprès de ces malheureuses qui peuplent les dortoirs de l’hôpital.

Le bal des folles est avant tout un éclairage sur le sort des femmes, sur les violences qu’elles ont eu à subir entre ces hauts murs symbole d’enfermements, sur la façon dont de tout temps elles sont écartées de la vie publique par les hommes qui les gouvernent, ici point de couvent mais un hôpital, rien de pire pour perdre tout à fait la raison et ne plus faire d’ombre à des pères de famille bien égoïstes. C’est aussi un excellent roman par son écriture à la fois réaliste et descriptive, qui nous entraine avec ses personnages attachants et bouleversants de vérité et de raison. – – Dominique Sudre

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Avant de commencer ce roman, j’avais quelques a priori vis-à-vis du thème de l’aliénation et du Professeur Charcot, malgré les avis dithyrambiques.
Merci aux 68 premières fois et à Victoria Mas de m’avoir permis de découvrir ce livre, vers lequel je ne serai pas allée. Une belle surprise …
L’histoire se déroule à la Salpétrière à la fin du 19ème siècle, dans le service du Professeur Charcot. Là nous faisons connaissance avec Geneviève, Louise, Thérèse et Eugénie. Des femmes issues de divers horizons : bourgeoisie, prostitution …
Ces femmes comme les autres sont enfermées et ne pensent qu’en cette période au bal organisé pour la mi-carême et préparent leurs atours. Une effervescence règne jusqu’à la date du Bal où sont conviés les bourgeois. Ils seront là pour se moquer et railler ces femmes.
J’ai bien aimé ce livre qui quelque part est une ode à la femme, même si à l’époque ce n’était pas facile pour elles. Ce roman se déroule en 1885, c’est à la fois proche et éloigné, et heureusement que la condition féminine a évolué.
L’histoire de Geneviève, Louise et Eugénie est très différente et l’on s’attache à ces femmes. Elles sont très émouvantes.
J’ai très vite lu ce livre qui pour un premier roman est saisissant.
Une plume à suivre. – Hélène Grenier

Une réflexion sur “Le bal des folles – Victoria Mas

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