Attendre un fantôme – Stéphanie Kalfon

“ En chacun de nous, quelque chose guette et sommeille. Quelque chose qui a peut-être à voir avec ce qui n’a pas eu lieu dans l’enfance. Tout ce qui avec l’âge, en s’éloignant, au contraire nous empoigne et nous inhibe.[…] On s’apprivoise, on biffe, on s’échoue, on déchante on s’enflamme on défaille on s’emporte et voici que résonne au-dessus du vide la voix d’un peut-être qui d’un simple sursaut nous maintient à jamais non rassurés.”

Attendre un fantome

 

Très court texte de 120 pages, Attendre un fantôme est un roman éprouvant. Éprouvant et remarquable dans la narration. Remarquable au sens de qui n’est pas ordinaire.
Deuxième roman de Stéphanie Kalfon, Attendre un fantôme m’a déstabilisée du fait de sa construction qui alterne de façon radicale, presque brutale entre de magnifiques fragments narratifs et de longs dialogues fastidieux, presque des monologues, d’une violence inouïe. Conversations entre une mère et sa fille, une mère et ses propres parents, une mère et un beau-père, une mère et elle-même.
Bien sûr Attendre un fantôme est le récit d’une relation familiale toxique, d’une violence larvée qui rôde sans qu’on la voit, déguisée, destructrice, celle de cette mère pathologique.
Mais ce n’est pas ce qui a retenu mon attention. Les dialogues m’ont lassée, éloignée de l’essentiel, le travail de deuil. Sûrement sont-ils là pour exacerber le côté sordide et malveillant de cette famille, de cette mère, pour donner au reste du roman tout son sens, son ampleur. Toute sa fulgurance.
Les questions essentielles traitées ici furent pour moi,
Comment se résoudre à vivre derrière la violence d’une disparition, d’autant plus que celle-ci est brutale, consécutive à un meurtre, un attentat ?
Comment peut on faire son deuil lorsque la mort de l’être aimé a été tue ? Pas de corps, pas d’au-revoir, pas de cérémonie, temps soustrait, temps révolu.
Et là, à ce niveau, le texte est magnifique. Les mots sont vifs, écorchés, brillants. Douloureux et brûlants. Attendre un fantôme est à lire pour cela. Rien que pour cela. – Sandrine Guinot
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Kate, jeune fille de dix-neuf ans, apprend par sa mère que son amoureux Jeff est mort dans un attentat en Israël. Kate doit encaisser la nouvelle, surtout que le décès a eu lieu quelques semaines auparavant, sa mère, voulant la préserver, lui a caché. Oui mais voilà, comment faire un deuil en étant sous l’emprise maternelle, oppressante et étouffante. « Dans quelques minutes, elle va s’emparer de ma vie, mon chagrin, m’engloutir noyée vivante dans la parole. » Attendre un fantôme est un récit familial. Celui des relations fortes et destructrices. Il explore les entrailles d’une relation à double courant. Cette mère qui de prime abord nous semble bienveillante se révèle au final être un démon, ne faisant qu’enfoncer sa fille dans un mal-être psychologique puissance 1000. « Que serait la mère si elle n’était plus le centre nucléaire de son minuscule monde ? » Kate subit, elle n’a que ça à faire et ne sait faire que cela. Mais cette perte de l’être aimé est un électrochoc, une roue de secours, une brèche pour qu’enfin Kate existe ou tout du moins essaie d’exister en dépit de cette mère corrosive. Ne plus attendre pour vivre sa vie. Stéphanie Kalfon m’a une nouvelle fois séduite dans son écriture. La puissance des mots nous donne à détester cette mère avec la boule au ventre, impuissante. L’envie de tendre la main à Kate, de lui dire va-t’en, souffle, respire, on n’a qu’une vie. La rancœur ne m’a pas quittée de toute la lecture, jusqu’à la dernière ligne. Un second roman qui questionne sur le sens et l’intérêt ou pas des relations familiales. « Être malheureux, c’est attendre un fantôme. » – Héliéna Gas
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Encore une fois Stéphanie Kalfon (Le parapluies d’Erik Satie, un premier roman d’une musicalité et écriture d’orfèvre) nous emmène dans les tourments de l’âme, dans la solitude des êtres qui subissent les déchirements et errances familiales, les pulsions mortifères et fantomatiques, les relations familiales vampiriques, les détresses enfantines devenues adultes. On côtoie la violence sournoise et silencieuse, les mots écorchés, les gestes d’une banalité effacée qui égratignent et qui un jour, sournoisement, font chuter, tomber.
Stéphanie Kalfon nous entraine dans un roman où le rôle maternel prend toute sa dimension mythologique, dramatique, où son visage ressemble à une Médée moderne, n’hésitant pas à tuer ce qui a été tué. Une histoire russe où chaque poupée s’emboite l’une dans l’autre, où chaque être ne peut se passer de l’autre, où les relations familiales tissent, dans le silence, une vie fantomatique. La violence se trame, bâtit sur des mots doux et tendres, tentaculaires et insidieux, étouffants, comme déguisée, malveillante sous son masque de pureté, une main qui porte secours pour mieux étouffer, redevenir l’enfant qu’il a été, reprendre possession de l’adulte devenu.
D’une écriture tout en finesse, les mots s’emboitent les uns aux autres, les personnages vampirisent, masquant le quotidien sournois et machiavélique, la dualité entre l’affect et le sournois laissant place à une force envie de vivre, au prise de risque, celle d’exister. Attendre un fantôme ou oser vivre, oser être. – Sabine Faulmeyer
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Pour la première lecture, j’ai découvert le second roman de Stéphanie Kalfon, Attendre un fantôme.

Kate apprend la mort de son amoureux, cible d’un attentat. Elle l’apprend de la bouche de sa mère, l’autre personnage central de ce roman qui décortique les sentiments.
Mais je crois que l’histoire importe finalement peu dans ce roman. Tout repose sur l’exposition des sentiments et des caractères de cette galerie de personnages. Que j’ai détesté cette affreuse mère et son compagnon mou, et que j’ai eu de la compassion pour Kate qui doit évoluer au milieu de cette famille pourtant plus banale qu’on ne l’imagine…
Une première découverte surprenante et parfois déroutante, entre réalisme décortiqué et envolées poétiques, pour entrer dans la ronde des 68premières fois – Marianne Lamour

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Jeff, le petit ami de Kate est mort dans un attentat en Israël. Soucieux de l’épargner, sa famille, et surtout sa mère, lui cachent l’événement jusqu’à ce qu’elle le découvre, quelques semaines plus tard, dans la presse.
Quelle étrange idée qu’a donc la mère de Kate ! Et que cela semble donc bien peu crédible ! N’importe quel parent bien attentionné n’aurait jamais fait une chose pareille, et aurait au contraire accompagné sa fille dans ce douloureux processus du deuil. Mais attentionnée, la mère de Kate ne l’est pas, c’est le moins que l’on puisse dire. Elle est si toxique que c’est leur relation qui prend le pas sur le chagrin de Kate, et c’est d’ailleurs paradoxalement cette thématique qui donne un peu de force à un roman qui m’a paru un peu creux au demeurant, écrit dans une langue parfois poétique mais souvent un peu ampoulée, qui abuse des métaphores et des effets de style : « Aussi lui prouvent-ils leur amour en la protégeant de leur assourdissant silence, tendant sous ses pieds le trou noir du déni, et rattrapant au vol toutes les balles perdues. » Kate converse avec le fantôme de Jeff, lui raconte une scène où un père maltraite son enfant dans un restaurant, cela n’en finit pas et on se demande ce que l’auteur veut nous dire, de ces enfants mal aimés, de ces parents pervers, à part que peut-être son ami a vécu cela aussi, comme elle : ce roman est tout autant l’histoire de ces enfants maltraités que celui du deuil. Le roman se rattrape tout de même dans ses dernières pages, lorsque enfin Kate ne vit plus avec le fantôme de Jeff, qu’elle a cessé de l’attendre, même si, quand on a fermé le livre, on reste dubitatif sur ce que l’on vient de lire. – Emmanuelle Bastien
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« Ainsi, les gens qui l’aiment, s’ils veulent lui faire plaisir, doivent ne jamais être heureux. C’est normal, la moindre des choses est de rester moindre. »
Rester moindre, Kate s’y exerce et s’y astreint depuis l’enfance au point de se dissoudre pour ne pas exister sous la menace disséminée au quotidien par le désir mortifère d’une mère. Moindre elle le devient encore plus après le décès de son premier amour, mort redoublée par la négation aigüe de cette Mère toute puissante pour annuler ou réécrire les événements, les gens, l’histoire…
C’est encore une fois autour des silences, des absences, des morts que la plume de Stéphanie Kalfon s’agite. Dans un premier roman éblouissant, elle nous embarquait grâce à son phrasé unique, sa ribambelle de mots dentelés dans l’œuvre d’Erik Satie, musique aux silences-aimants, là où la vie se suspend et attend.
La suspension est le lieu de Kate. Son amoureux meurt dans un attentat, Kate risque sa vie à attendre : souffle coupé, parole niée, interdit chevillé au corps, tête embuée de ne pas pouvoir penser. « Dans ce climat où sa vie s’asphyxie, le sens des choses piétine sur le néant, la logique est inversée, rien n’est saisissable. La vie est un espace mourant où vrai et faux sont une doublure au verso de la même fiction. » Kate grandit dans le pays de l’emprise où le non-sens est roi, poupée adoratrice d’une Reine de cœur castratrice pour laquelle le symbolique est un outil destructeur au service du Rien dont on ne revient pas « les mots trempés dans sa chaleur immonde sont pris en otage. Ils existent oui, mais confusément. Tout y est mensonge d’ailleurs sauf cette confusion qui fait leur essence et par laquelle ils perdent leur poids à la manière d’un noyé au large qui perd son souffle. Le tracé des voix qui passent est improuvable. Ce qui s’y passe s’efface aussitôt énoncé. Ce qui fait événement dans le présent en même temps s’absente et se retire : pas vu pas pris. Au pays du malaise, les mots, les gens et les mémoires ont l’épaisseur d’un rien. »
Comment prouver aux autres, et avant tout à soi-même, la nocivité d’une intonation de voix, d’une intention contraire au discours énoncé, d’un mauvais projeté derrière un sourire resplendissant ? Comment décrire ce sifflement givrant, le maléfique chantant qui s’entonne, s’entête et trouble l’esprit envahi et chancelant ? Sous la menace constante d’injonctions paradoxales, l’enfant perçoit vaguement, comme une foule de sensations captées au vol mais de suite rejetées dans la cale de l’oubli, le perfide, le mépris, le sourd travail de sape infiltré dans les mots maternels d’une affreuse. Stéphanie Kalfon réussit à nous dire ce malsain où « on crie aphone », « sur cette terre de dessous la terre et le regard ». Folie socialisée, inscrite, si difficilement détectable par le quidam, voire admirable sous son apparat de perfection, l’auteure la compare audacieusement à la neige : ce blanc manteau immaculé, aux flocons légers, évanescents, devant laquelle grands et petits s’extasient, dont on admire les paysages féériques mais dont on ne soupçonne pas l’écrasante asphyxie, l’imposante paralysie des sens, la cristallisation solide et aliénante de la vie qui grouille en dessous. « une mère neige n’a pas de visage. Elle tend sa dangereuse surface où le monde n’est que le miroir lustré où rien ne commence et rien d’advient. Par quoi tout s’interrompt. Même la lumière en deçà de son souffle est plus obscure que l’assombrissant espace où se mourir en elle, dans le niveau subnival de la vie. »
Rage de cerbère dissimulée derrière un visage de sainte, tour à tour cinglante et affectueuse, cette mère distille son amour-poison dans les veines de Kate et la dévore pour sauver sa peau. Elle écrit et s’invente une histoire, avec elle en grande héroïne et sacrifie sa fille sur l’autel de son récit, la ligne de vie sculptée par ses soins. « Elle a préparé au millimètre le scénario morbide où elle se donne le premier rôle. Au début, force de trop son sourire. Juste assez pour alerter mais ne rien dire. Il s’agit de m’affoler en silence, de préférence. Il faut que je pressente, oui, pas encore que je sache ( …).Voilà, elle tisse un mensonge propre à son image où tout ce qu’elle a fait compte comme preuves à sa décharge. Dans ce mensonge elle est aimante, protectrice, fragile, bienveillante. Le mythe qu’elle vient d’inventer contre le réel, pour le distordre, va recouvrir la vérité, la cacher comme on dissimule un corps assassiné. Ce que ma mère vient de faire c’est un meurtre. »
En perdant Jeff deux fois, la mort de l’aimé jusqu’au recouvrement de leur réalité commune, Kate semble s’effondrer et se fondre totalement « dans l’arrière-pays du vrai, où les fous et les faibles courent tout nus vers le néant ». Mais cet événement tragique provoquera, dans cette ultime évaporation de soi, le sursaut nécessaire pour rompre le charme mortifère de l’absence. Kate et Jeff resteront les seuls personnages prénommés du roman, sans doute pour honorer leur subjectivité bafouée.
Ce deuxième ouvrage est une suite de scènes extrêmement détaillées, scrutées sous une loupe grossissante, vidéos probantes de l’infinie et minutieuse communication non-verbale pour mieux nous immerger dans un malaise, un indicible seulement perceptible par la foule de ces précis, ces cillements, mouvements, mimiques… ressentis mais si souvent refoulés par la bouche aspirante du déni banalisant . Ce circuit n’est pas commun, nous sommes pris dans les méandres d’une lutte pour survivre et cette foule de métaphores en tourbillon, de métaphores toutes percutantes et exigeantes, est une façon sensible de nous narrer l’impossible à expliquer, sinon dans l’éprouvé. Ce roman est une expérience qui confirme le talent de l’auteur, son talent pour capter les vulnérabilités et les détresses et réussir à les symboliser, à les incarner grâce à une écriture aux images expressives, incroyablement perçantes et profondes. Il désarçonnera par sa forme ; nous ne nous inscrivons pas dans une narration logique et fournie, mais peut-être justement dans une histoire à dimension parallèle, zone clandestine où la vie nous mêle aux autres mais à laquelle on ne participe pas, vision dissociée du monde – « Etre vivante ne suffit plus, non, être vivante est un leurre ». Le vrai fantôme n’est peut-être pas celui que l’on croit….
Ce roman si précis dans ses mots, si nébuleux dans sa construction, est selon moi une intelligente réflexion sur le piège du vile dont les enfants sont victimes et comment, devenus grands, dans les eaux troubles où ils naviguent, ils doivent cesser d’attendre. Les fantômes existent mais les attendre c’est risquer de s’emmurer avec dans une outre-vie. Stéphanie Kalfon nous invite une nouvelle fois à créer notre mélodie singulière en composant avec ou autour des fêlures des notes de vie, comme elle le fait avec son style si singulier mêlant incroyable perspicacité et sublime poésie. – Karine Le Nagard
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Jeff est tué dans un attentat à Jérusalem. Un mois est passé depuis sa mort, pendant lequel Kate, sa compagne, était en vacances, coupée du monde. Un mois de silence que la mère de Kate brise à son retour, lui annonçant la nouvelle à sa façon, en tragédienne qui ménage son effet : elle savait, mais n’a rien dit. Alors, la vie de Kate se fige, comme gelée par le grand hiver du mensonge qui recouvre tout, même la douleur du deuil. Immobile face à cette mère toxique qui l’enneige, Kate se met en pause, elle attend, sans bouger. « Respirer c’est risquer de casser quelque chose. » Mais comment apprivoiser sa douleur si on ne cesse de la remuer ? Déjà, dans son premier roman (Les parapluies d’Erik Satie, mon chouchou de la session hiver 2017 des 68 premières fois, que je ne cesse d’offrir depuis), l’écriture de Stéphanie Kalfon faisait corps avec son personnage. Elle parvient à nouveau à dire la violence des mots dits et non dits à travers une langue chaotique, entre le flot de paroles de la mère et les phrases que Kate ne parvient pas à extraire d’elle-même. – Amélie Muller (article paru dans le numéro 198 de la revue Page des libraires)
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Que de violences dans ce petit roman ! Ça commence par un mort, dans un attentat à la bombe en Israël. Déferlent ensuite toutes ces pages remplies de violences psychologiques. Que de méchanceté et de cruauté chez la maman de Kate! Sous prétexte de vouloir la protéger parce qu’elle sait mieux que personne ce qui est bon et bien pour elle, elle lui cache la mort violente de son petit ami , assassiné à Jérusalem. Et quand elle estime que le moment est venu de lui annoncer, quelle mise en scène ! Quelle horrible bonne femme ! On comprend plus tard, quand cette mère rend visite à ses propres parents, que l’histoire familiale se répète et le seul conseil que l’on a envie de crier à Kate, c’est de fuir, de s’éloigner de cette famille où le silence est une arme terrible. Partir loin de cette mère toxique ,castratrice .
Je n’ai malheureusement pas réussi à aimer cette histoire de deuil volé. Ces successions de scènes de dialogues entre une mère et sa fille où je n’avais qu’une envie, c’était de dire à Kate « d’envoyer balader sa mère  » , ce qu’elle essaie sans grand effet lors d’un repas au restaurant ne m’ont pas convaincue. Je n’ai pas éprouvé d’empathie pour Kate, malgré sa détresse et son malheur. Dommage, ces thèmes de deuil impossible à faire et de relations familiales violentes étaient pourtant intéressants mais Stéphanie Kalfon n’a pas réussi à me toucher. – Marie-José Severin
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J’ai ressenti beaucoup de choses en lisant ce livre, car son histoire me touche particulièrement…
J’ai ressenti la tristesse de Kate, son abandon dans cette tristesse, son incompréhension face à l’indicible mais aussi sa colère contre sa mère… Une mère qui prend beaucoup de place, qui veut être le centre de sa vie…
On ressent une certaine colère/haine également contre cette mère. Cette mère qui se justifie, qui ne trouve pas les mots, qui fait comme si de rien n’était… Ce personnage que l’on apprend à un peu comprendre à la fin, face à la mère de la mère…
Malgré ces différents sentiments, j’ai trouvé que le livre juxtaposait trop de choses et cela m’a un peu fait perdre le fil… On pense au début suivre la tristesse et le deuil d’une fille mais ensuite la relation de cette même fille avec sa mère et enfin la relation de la mère avec sa propre mère… Beaucoup de choses, de bonnes choses mais « trop » de choses.
Le livre se lit néanmoins très vite et je ne doute pas que d’autres lecteurs/lectrices seront peut-être plus sensibles à sa lecture. – Ana Pires
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Kate apprends la mort de son fiancé un mois après les faits, une nouvelle d’abord cachée puis annoncée par sa mère, une mère omniprésente,étouffante, surjouant son rôle comme elle le ferait au théâtre ou au cinéma. Comment ne pas être hanté par un fantôme alors que l’on a été privé du deuil d’un proche ? Stéphanie Kalfon nous emmène avec une plume talentueuse vers les relations difficiles entre les membres d’une même famille, entre une mère et sa fille. Malgré la violence de mots, les mensonges, les secrets et les non-dits, c’est dans la douleur, le malheur, et l’attente de ce fantôme que Kate va se reconstruire. Deuxième livre de Stéphanie Kalfon après le si délicieux Les parapluies d’Erik Satie .Un livre poignant, attachant, dont les personnages sont décrits au plus près de leurs sensibilités. – Philippe Hatry
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Très délicat de commenter un texte aussi violent, percutant et gênant. S’il est des livres qui font du bien, qui ouvrent des portes, qui vous apportent joie et détente, il est est d’autres, dont celui-ci qui vous serrent le cœur, vous coupent le souffle, vous portent au malaise et font souffrir. Le thème de la mère, de la famille, malfaisante est devenu un classique. Cette famille toxique, cette grand-mère et surtout cette mère dysfonctionnelle, perverse, aigrie, cruelle, manipulatrice, malfaisante, vit et construit mensonges sur mensonges pour garder la main haute sur sa fille Kate, la jeune femme héroïne de ce livre. Il s’agit en fait d’une répétition sordide perpétuée par les femmes de la famille pour nier leurs compagnons et étouffer les élans de liberté de Kate. L’écriture est étrange et extrême, entre transcendance et errances illogiques, certaines phrases ou paragraphes sont des bijoux flamboyants, d’autres des divagations sans issues. J’ai même parfois eu envie de sauter quelques mots ou phrases répétitives qui n’enrichissaient pas le propos ou même l’obscurcissent. La problématique est passionnante et bouleversante, mais le style de narration de ce livre m’a un peu déçue. A trop vouloir digresser on perd parfois le fil des émotions. – Martine Magnin
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Ce qui est marquant dans ce livre, c’est l’écriture.
L’écriture décrit une histoire brute et brutal. C’est une écriture sans filtre et crue. Je pense que pour traiter du sujet d’un deuil si brutal, c’était ce qu’il fallait.
Par moments, ce livre est dur à lire. On est face à une incompréhension totale, notamment face aux réactions de la mère. Le seul souci je dirai, c’est que j’ai eu du mal à m’attacher aux personnages. Ils sont tellement atypiques que parfois on les aime, parfois on les déteste, parfois on en a peur même.
J’ai trouvé que l’auteure savait vraiment faire ressentir les émotions. On sent cette colère face à la situation. On est démunis face à cette mère qui veut cacher le deuil de l’amoureux de sa fille.
Ce livre est un ovni, il arrive comme un cheveux sur la soupe pour nous mettre un coup de poing.
J’ai adoré cet ovni, mais il m’a fallu du temps pour réussir à faire le point et en parler alors que je l’ai dévoré en une soirée. – Marion Catherinet

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