Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent – Alexandra Alévêque

« La vie tient à peu de choses parfois. Une station de radio plutôt qu’une autre et c’est le destin d’une génération entière qui fait une embardée. »

Les autres fleurs font ce qu elles peuvent

Et boum, comme dirait Sabine. Ce n’est pourtant pas la première fois qu’un roman que les 68 me font découvrir vient me donner une douce claque, juste quand je ne m’y attends pas.
Ce court roman semble léger : le titre fleuri, la petite Violette, 10 ans, qui regarde son monde avec ses yeux d’enfant, une auteur journaliste que j’admire… Me voilà tranquille !
Mais quand Violette prend la main de l’adulte qu’elle est devenue, elle prend aussi celle du lecteur. Sans mièvrerie ni candeur, sans précautions non plus. Il faut dire que son papa lui a appris cette pudeur essentielle: « l’humour, bon moyen de se vautrer dans l’amour sans avoir l’air d’y toucher. » Violette est face à l’inconcevable : la mort de son papa. Un papa, ça ne meurt pas: « un père, on n’en a qu’un, ce qui est extrêmement touchant mais fort embarrassant quand il disparaît brutalement« . Jamais elle ne l’idéalise. Parce que justement, elle aimait aussi les défauts de son papa. Et ce qui est impensable, c’est que cet homme sur qui tout le monde a toujours pu compter, fausse ainsi compagnie. Alors Violette est en colère. Elle tente d’expliquer son impossibilité à digérer ce deuil par la démarche de ses proches qui, pensant la protéger, l’ont éloignée des obsèques. Peut-être. Mais elle est en colère parce qu’elle ne peut supporter la mort, par essence insupportable, de son papa. Et qu’il reste une question sans réponse: « Que serait ma vie s’il n’était pas parti? »
Il a dû falloir un sacré courage pour écrire ce roman. Et chapeau pour avoir su décrire la complexité des sentiments et l’impossibilité de les communiquer entre la mère et la fille dans la conversation téléphonique à propos de la mort de Mme Goujon: je n’avais encore rien lu d’aussi bien senti. Oui, Violette n’a pas la sollicitude que sa maman attend d’elle. Mais Violette a l’esprit totalement et peut-être éternellement occupé
« par la mort d’un homme éternellement jeune« . Il en est de même pour la complexité des relations avec les hommes : Violette est lasse de toute histoire d’amour avant même qu’elle ne débute. Elle mord « comme un molosse apeuré« . L’homme de sa vie a fait faux bond, il est vain pour elle de prendre le risque d’être fatalement déçue.
Aussi rudes que soient ces constats, il en est un fort libérateur, qu’il faut oser faire avec Violette: « Au fil du temps, un constat s’impose : son absence m’a ouvert grand les portes« .
Me voilà chamboulée par ce roman à l’apparente simplicité (tout comme Violette, qui donne le change). Je suis impressionnée qu’Alexandra Alévêque soit parvenue à écrire ce qui me fait brasser du vent, me battre contre des fantômes, faire ce que je peux, en somme. Merci à elle, merci aux fées de me l’avoir fait lire. – Isabelle Dumont-Dayot
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La vie de Violette bascule un jour d’octobre 1982. Son papa est hospitalisé pour maux de tête. Elle se demande alors comment ce mal étrange peut autant la hanter. Risque-t-il de mourir ? Combien de temps va-t-elle rester sans papa ? « De quel droit les avait-on séparés ainsi sans préavis ? Depuis quand une veine pouvait-elle casser comme une branche ? » Violette navigue en eaux troubles pendant vingt-sept ans. Aujourd’hui, elle veut absolument mettre la main sur une cassette audio. Celle-ci pourra peut-être l’aider à résoudre ses interrogations d’enfant. « J’ai conscience d’être en quête d’un trésor sans avoir la certitude de l’existence du moindre magot. Je fouille, en vain. »
Un récit à double construction. Un chapitre sur deux alternant le « je » et le « elle », de l’enfance à aujourd’hui. Ce va-et-vient s’écoule sur toute la lecture, donnant une correspondance parfaite à l’histoire. L’écriture est éclatante et joyeuse aussi étonnant que ce soit, avec cette mort qui rôde. Je n’ai pas pu le poser, lu d’une traite. Cette rencontre entre l’enfant choquée et l’adulte traumatisée par la perte d’un être cher cherchant à tout prix à comprendre pourquoi. Pourquoi on l’a ignorée, mise de côté. Pourquoi elle était trop jeune. Violette veut la vérité pour qu’enfin à 40 ans elle vive en paix.Une magnifique histoire, très touchante sur le deuil et les capacités que chacun a de le surmonter ou pas. Émouvant de vérité (option kleenex conseillée).
« La mort a cet avantage qu’elle n’est pas versatile. Quand elle a pris sa décision, il y a de fortes chances pour que ce soit irréversible. Et si elle a élu un membre de votre clan, ce n’est certainement pas pour vous le rendre quelques semaines plus tard. » – Héliéna Gas
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Violette perd son père à 10 ans d’une rupture d’anévrisme. Entourée par sa mère et ses deux frères ainés, elle grandit avec cette absence.
27 ans plus tard, elle cherche à récupérer une mystérieuse cassette disparue depuis cette époque.
Au delà de la recherche de cet objet, l’auteure nous questionne sur la construction de soi. Qui aurait été Violette si son père était encore auprès d’elle ? Qu’aurait il modifié de son caractère d’aujourd’hui, qu’aurait il apporté à cette personnalité qui s’est construite sans son influence ou du moins avec l’influence d’un père modèle, idyllique, rêvé?
Ce questionnement est très juste que serions nous devenu avec ou sans nos parents ?
Moi qui ai connu cette situation, ce sont des questions qui se sont posées à moi presque exactement dans les mêmes termes que ceux utilisés par Alexandra Alévêque.
De la même façon, le sentiment de trahison ressenti par Violette lorsqu’elle comprend que ses plus proches lui ont volé ses adieux à son père, pour la protéger.
La sidération lorsqu’elle réalise qu’elle est plus vieille que son père ne le sera jamais, comme m’avait traversé cette idée que j’avais déjà passé plus d’année avec mon fils, que ma mère avec moi, même si Violette n’a pas d’enfant.
Un magnifique roman très très juste et sans aucun pathos.
Très impatiente de pouvoir échanger avec l’auteure. – Emmanuelle Coutant
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Une petite fille qui grandit tant bien que mal dans le chagrin et le manque d’un adieu à son père tant aimé ; une jeune femme qui cherche un enregistrement audio où peut se trouver l’explication et le remède à son mal-être… Elles sont une seule et même personne et ce texte très touchant donne la parole à l’une et à l’autre (un chapitre sur deux), comme un projecteur braqué alternativement sur la fillette puis sur la jeune femme qu’elle est devenue.
Ce n’est pas gai, bien sûr, mais pas triste non plus : l’auteure fait vivre la petite Violette, pleine d’énergie et de curiosité, comme elle sait donner corps à la jeune femme, aussi fragile que lucide. On sourit souvent, on rit même parfois (surtout avec Violette l’adulte).
Au final, malgré le chagrin et les souffrances finement décrits, c’est un livre optimiste, l’héroïne disant dans le dernier chapitre qu’elle sait qu’elle va guérir ; c’est aussi un livre sur le pardon des erreurs, par exemple celles que commettent les adultes qui, en protégeant à tout prix les enfants, font du mal en croyant faire du bien. – Marianne Le Roux Briet
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Violette est une petite fille de 10 ans, souriante et enjouée, quand son monde bascule. Son père, aperçu un soir malade aux toilettes, finira par mourir d’une rupture d’anévrisme quelques jours plus tard. Comment continuer à vivre, comment être heureuse, comment grandir après la perte brutale de celui qui la voyait comme sa princesse…

Alexandra Alévêque signe ici avec brio son premier roman…

De son écriture fine se dégage une infinie tendresse pour ses personnages, et notamment pour Violette, cette petite fille perdue et perdante.
Parce que c’est bien de tout ce qu’on lui a pris dont il est question dans ce roman : un père bien sûr, mais surtout son dernier au revoir, son enterrement, son chagrin et son enfance.
Laisser la place aux mots, aux gestes, aux larmes… Violette n’a pas eu le loisir de choisir, de s’exprimer. En ne cherchant qu’à la protéger, sa mère l’a profondément blessée.

Avec une construction originale et rythmée, Alexandra Alévêque nous souffle avec douceur l’importance des silences qu’on comble, des mystères qu’on éclaire et des derniers mots que tout un chacun a le droit de prononcer.

Un roman rempli de lumière et d’amour malgré le thème lourd et pesant. Un roman à découvrir… – Audrey Lire & Vous

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Certains livres résonnent plus que d’autres. C’est le cas ici pour ce premier roman qui m’a beaucoup touchée.
Violette est enfant dans les années 80. Elle mène une vie heureuse et insouciante avec sa famille, ses parents et ses deux grands frères, dans une ville tranquille de Bourgogne. Un jour l’enfance la quitte (ou bien le contraire), de façon brutale et inattendue. De façon sournoise et silencieuse aussi, sans fracas ni retentissement. C’est comme ça, il y aura un avant et un après.
Aujourd’hui elle a la quarantaine, elle est donc « techniquement » adulte depuis longtemps mais il lui manque quelque chose malgré ces 30 années écoulées. Quelque chose qu’elle ne peut pas nommer et qui n’appartient qu’à elle.
Alors Violette décide un matin de retourner dans son passé, une dernière fois, pour enfin trouver la paix et regarder l’avenir, un avenir où elle pourra faire ses choix et vivre pleinement sa vie, ancrée dans le présent.
Très joli premier roman qui raconte avec beaucoup de tendresse et non sans humour le long chemin pour accepter l’inacceptable. Il raconte aussi une époque où les enfants étaient préservés du deuil et écartés des funérailles. Pour leur bien, pour les protéger, les préserver. Autre temps, autres mœurs, pas si loin cependant. – Lætitia Badinant
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Dans ce court récit, à la fois léger et triste, Alexandra Alévêque raconte l’effondrement d’une petite fille de 10 ans, Violette, à la mort de son père. Elle vivait calmement mais joyeusement dans son cocon familial quand tout à coup Paul, qu’elle n’appelle jamais Papa, meurt. Pour protéger l’enfant la famille se tait. A la quarantaine la jeune femme qui se raconte alors à la première personne, n’a toujours pas accepter cette absence.
Ce récit est délicat, sensible, émouvant, avec de l’humour. C’est un texte autobiographique puisque tout le monde sait qu’Alexandra Alévêque, sœur de Christophe, l’humoriste, a effectivement perdu son père dans les mêmes conditions.
D’une lecture agréable, c’est, pour moi, un « vite lu/vite oublié ».
Un point positif : cette lecture m’a donné envie de réécouter Brel. – Françoise Floride Gentil
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La vie tranquille entre ses parents et l’école primaire de Violette, petite fille de 10 ans, s’arrête d’un seul coup. Son père en rentrant de l’école avec elle, où il est instituteur, se sent mal et après quelques jours chez lui, est envoyé à l’hôpital où l’on constate une rupture d’anévrisme, il y décèdera. Il ne reviendra pas à la maison. Pour Violette, revenir seule dans la cour de son école et sentir tous ces regards condescendant, c’est trop dur !
D’autant plus que sa mère et ses frères lui ont interdit d’assister à l’enterrement, prétextant qu’elle était trop jeune. Comment finir de grandir avec cette absence ? Violette ne se remettra jamais totalement de ce manque, de n’avoir pas accompagné ce père tant aimé, et dont elle était si fière, jusqu’à sa dernière demeure.
Arrivé à 40 ans, elle prend enfin son courage à deux mains, et contacte un ami de ses parents, qui avait enregistré une cassette audio de la cérémonie. Il détient toujours celle-ci, et la lui remet. Malheureusement, son lecteur de cassette refuse de démarrer et encore mieux il refuse d’éjecter ladite cassette ! Finira-t-elle par visionner l’enterrement de son père ? Oui, grâce à une amie.
Passer des années 1980 à 2009 d’un chapitre à l’autre n’est pas évident à suivre, mais l’écriture est agréable, c’est un roman attendrissant et pas triste du tout ! – Brigitte Cheminant
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Alexandra Alévêque n’en est pas à son premier livre puisqu’elle dit elle-même en interview que Emmanuel Carrère en a écrit la préface, en février 2017, chez Robert Laffont Les gens normaux n’existent pas.
Je ne l’ai pas lu mais le titre me laisse supposer qu’il est aussi personnel que le second.
L’auteure a grandement l’expérience de la communication. (…) Je m’attendais donc à ce que son roman soit une œuvre de fiction, quand bien même elle aurait puisé dans un matériau autobiographique. Il semble que ce ne soit pas le cas. Sa maman avait effectivement une parfumerie et la famille vivait au-dessus de la boutique. Il est fort probable que rien n’ait été inventé dans ce « roman », rendant impossible toute critique sur sa construction. D’autant que le sujet (la mort du père en octobre 1982) a de toute évidence été vécue dans la douleur, ce qui force le respect.
Je regrette aussi qu’elle n’ait pas creusé le sillon de la culpabilité, celle que chaque membre d’une famille développe quand l’un des membres s’en va prématurément, et qui provoque des réactions en chaine. Cela aurait été une piste explicative du fait qu’on lui ait caché la gravité de la santé de son père et qu’on l’ait écartée ensuite des obsèques. De là à se sentir elle-même coupable en retour semble une évidence, même si bien entendu elle n’a aucune responsabilité dans l’histoire : c’est la mort d’un homme éternellement jeune qui occupe mon esprit (p. 86).
Cette culpabilité apparait en filigrane et de manière fugitive (p. 98) : Violette n’avait rien vu, rien su (elle parle d’elle à la troisième personne) des événements des jours précédents. Paul était mort loin d’elle, sans la prévenir, sans la moindre attention à son égard.
J’ai eu le sentiment (mais c’est peut-être une erreur d’interprétation) qu’elle mettait en cause le monde médical et qu’elle était ironique en écrivant qu’on l’a soigné « avec de l’aspirine comme si c’était un bonbon » alors qu’en cas d’AVC ce traitement, qui peut sembler sommaire, demeure le meilleur.
On devine à la fin que l’auteure a suivi une psychothérapie … le point de vue de l’analyste par contre est occulté alors que là encore il aurait pu apporter un autre éclairage.
Le texte tient du récit et pourtant la jeune héroïne ne porte pas le prénom d’Alexandra mais celui de Violette, bien commode pour justifier le titre emprunté (p. 99) à la chanson J’arrive de Jacques Brel (cela semble décidément une vraie tendance littéraire que d’user de ce procédé comme le firent notamment Murielle Magellan ou Delphine de Vigan) :
De chrysanthèmes en chrysanthèmes. Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent.
J’ai également été dérangée par le passage brutal du « tu » au « vous », et qu’elle parle de sa mère et de son père à la troisième personne.
Et pourtant il y a dans ce petit ouvrage des moments d’une parfaite justesse. Par exemple (p. 50) lorsque Alexandra Alévêque évoque ces moments où l’on a des pensées « incorrectes » à propos d’un proche : Je m’emmerde à 100 sous de l’heure à tes côtés, le timbre de ta voix m’irrite chaque jour davantage, ta mère est une engeance, tes amis sont de sombres crétins, je vais donc te quitter car la vie auprès de toi est un supplice. On n’a pas le droit de dire de telles horreurs, ce serait pourtant tellement pratique.
Il est amusant qu’elle justifie de cette manière de rompre par SMS, comme si c’était en fin de compte plus convenable que de dire les choses en face. Elle rend compte de moments où l’on divague avec beaucoup de sincérité et on se surprend à convenir qu’on a tous vécu des moments pareils.
Au final comment lui reprocher la dispersion des idées … puisqu’elle nous a prévenus en plaçant en exergue cette réplique d’Étienne (Jean Rochefort) dans le film Nous irons tous au paradis (faut-il y voir un trait d’humour ?) écrite par Jean Loup Dabadie Vous qui pénétrez dans mon cœur, ne faites pas attention au désordre …. – Marie-Claire Poirier
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J’ai lu très rapidement ce premier et n’ai pas ressenti grand-chose au cours de ce trajet, ni réellement apprécié l’écriture de cette histoire.
Cependant, les jours passant, l’air de rien, un peu comme une comptine qui se met à trotter, je me suis mise à repenser à Violette, la petite fille et la femme trentenaire, la petite Elle et la JE narratrice. Autour du deuil d’un père, je dois bien admettre qu’Alexandra Alévêque touche juste pour exprimer la perception de l’enfant face à un grave qui se déroule sans que celui-ci soit dit, la façon innocente d’y survivre en s’échappant dans les plaisirs journaliers et le traumatisme qui manifeste plus nettement ses symptômes dans ce temps devenu grand, quand la béance de sens, de mots, et du manque accroît l’ombre géante du malaise qui empêche et sclérose.
Le style est très classique malgré quelques échappées dans une autodérision drôle et bienvenue. La nostalgie d’une époque teinte et ambiance une histoire qui vaut toutes les autres mais qui, dans son traitement narratif et son analyse, manque d’inédit et d’exigence, avec parfois des passages inconsistants. Paradoxalement c’est peut-être son humilité singulière à juste raconter, et ce avec plus de finesse qu’il n’y paraît dans un premier temps, avec une vérité pointilleuse sur les agissements, les postures, le déroulé des événements, dans les détails qui font un décor, un pavillon familial, les repères futiles d’un quotidien… Oui paradoxalement, cette simplicité somme toute travaillée, touche et infuse, sans chamboulement peut-être mais avec un commun et un naturel qui font aussi du bien. – Karine Le Nagard
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Avec un incipit tel que :
« C’est pas Dieu possible d’être aussi conne »,
on aurait pu s’attendre à quelque chose de léger, voire humoristique, avec de l’auto-dérision à la Bridget jones. Sauf que la dernière phrase de cette introduction tonitruante met un point final à la perspective d’un roman comique.
Ce n’est pas plombant non plus, car cette histoire de deuil d’enfance, l’héroïne est bien décidée à la revivre pour exorciser ses peurs et remettre en lumière les épisodes manquant qui pèsent comme autant de lests pernicieux sur sa vie d’adulte.
Avec l’histoire familiale, et le drame qui l’a marquée, resurgissent aussi les souvenirs d’amitiés, de musique, de camp scout et de tout ce qui fait le sel de la vie d’une enfant. On revit avec nostalgie les années 80 à travers les tubes, les émissions de télé et les …radio-cassettes, au coeur du problème quelques décennies plus tard.
Les dialogues sont très vivants et toniques , et l’écriture résolument ancrée dans notre époque.
Ce thème récurrent en littérature contemporaine est traité avec une certaine légèreté, montrant bien que la jeune femme est bien décidée à régler ses comptes pour comme elle le dit « devenir une adulte à part entière »
Bon moment de lecture, pas inoubliable, peut-être parce que très court, mais très agréable. – Chantal Yvenou
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Avec « Les autres fleurs font ce qu’elles peuvent« , Alexandra Alévèque m’a offert une lecture sensible, forte et percutante à la construction originale, sur un sujet qui ne pouvait que m’émouvoir.
Tout commence ce 7 mars 2009 quand Violette, proche de la quarantaine, cherche désespérément une cassette audio qui, elle en est persuadée, est la clef de toutes les réflexions et besoins d’explications qui l’assaillent et la tourmentent depuis assez longtemps. Cette cassette, elle est là, sous ses yeux, dans le lecteur qu’elle a à présent devant elle et qui, malgré ses furieuses tentatives, s’obstine à ne pas la lire, ni à l’éjecter.
Second chapitre, nous voici le 17 octobre 1982, soit 27 ans plus tôt. Violette, à peine sortie de l’enfance, assiste au de réveil de Paul, son père, cet homme qu’elle a toujours connu fort et rassurant. Depuis quelques jours, il reste couché, assommé par de terribles maux de tête, et ce matin, c’est dans les toilettes qu’il s’est traîné pour vomir.
Et l’histoire s’installe, entre cette fin d’année 1982 et le 15 mars 2010 avec un grand vide entre les deux périodes. Chapitre après chapitre, un pour 1982, le suivant pour la période 2009-2010, on découvre ce qui s’est passé et, avec Violette, on essaie de remplir les vides, de comprendre, de mettre des mots sur les maux, une expression toute simple qui en dit tellement.
Car en cette fin d’année 1982, c’est tout l’univers de la fillette qui s’est écroulé. Ce père qu’elle aime sincèrement, ce roc sur lequel elle s’appuyait en toute confiance, s’en est allé, tout comme le cocon protecteur dans lequel elle vivait jusqu’alors entre ses parents et ses deux frères. Et personne n’est vraiment là pour l’écouter, répondre aux nombreuses interrogations qui la submergent. Alors comme ça on peut mourir quand on a mal à la tête? Pourquoi tout le monde se tait quand elle arrive dans une pièce? Pourquoi arrêtent-ils immédiatement la cassette audio qu’ils sont en train d’écouter? Qu’est-ce qu’elle peut bien contenir de si terrible pour qu’on ne la laisse pas écouter elle aussi?
Voilà. Je n’en dirai pas plus sur ce roman d’une grande sensibilité, qui oscille entre enfance et maturité, qui joue sur la corde de l’humour et de l’ironie quand le besoin s’en fait sentir et pour nous aider à nous poser, nous aussi lecteurs, les bonnes questions et à en analyser les différentes réponses possibles. Parce que la perfection n’existe pas et que, face à la maladie et au deuil, chacun réagit comme il le peut et pas forcément comme les autres le voudraient.
Très beau premier roman. – Martine Galati
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En 1982, Violette tout juste 10 ans, est confrontée à la mort d’un père terriblement aimé, sans que rien ne lui soit expliqué. Il est hospitalisé pour une rupture d’anévrisme.
« De quel droit les avait-on séparés ainsi sans préavis? Depuis quand une veine pouvait-elle casser comme une branche? …Est-ce qu’on mourait à cause d’une veine qui rompt?… Un papa, ça ne meurt pas.« 

Presque 30 ans plus tard, Violette se débat avec ce manque, ce deuil qu’elle n’a pas pu faire, cet adieu qu’elle n’a pas pu dire parce que par souci de la préserver, on croyait que lui éviter l’enterrement serait mieux pour elle, sans doute jugée trop jeune. Et pourtant…
 » La vie tient à peu de choses parfois. Une station de radio plutôt qu’une autre et c’est le destin d’une génération entière qui fait une embardée « 

Dans ce joli roman autobiographique Alexandra Alévêque raconte comment la vie de la petite Violette/ Alexandra a basculé et comment elle a lutté pour comprendre et s’accommoder du peu qu’on lui expliquait. Avec beaucoup de sensibilité, sans pathos, parfois avec drôlerie elle passe de 1982 à 2009, alternant entre l’enfant et l’adulte, explorant les non-dits avec lesquels il lui a bien fallu se construire et vivre. Et enfin, 27 ans après, elle pourra dire adieu à son père …Un premier roman doux et nostalgique, sans amertume, parcouru par la grâce de l’enfance … – Catherine Dufau

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