Ceux que je suis – Olivier Dorchamps

« Le Maroc, c’est un pays dont j’ai hérité un prénom que je passe ma vie à épeler et un bronzage permanent qui supporte mal l’hiver à Paris, surtout quand il s’agissait de trouver un petit boulot pour payer mes études. »

Ceux que je suis

Tarek et Khadija ont quitté le Maroc alors qu’ils étaient jeunes mariés pour aller vivre en France. Trois fils et une vie plus tard, Tarek décède brusquement. Passé le choc de sa disparition, les trois fils sont encore plus choqués d’apprendre qu’il faudra faire le voyage jusqu’au Maroc pour l’accompagner jusqu’à sa dernière demeure.

Difficile pour ces enfants devenus adultes d’accepter cette décision. Car depuis tant d’années que leurs parents vivent à Clichy, et avec des fils nés en France et sont donc français avant tout, c’est l’incompréhension. Ils se sentent frustrés et volés de ces moments de recueillement qu’ils ne pourront pas avoir sur sa tombe.

Commence alors pour chacun un voyage vers les racines de la famille. Pas un simple voyage de Clichy à Casablanca, mais bien un voyage pour remonter le temps, un chemin vers les origines et ce qui a forgé l’identité de chacun. Cette identité que l’on se crée soi-même, et celle qui vient de Ceux que nous sommes. Au contact de la famille, une grand-mère qui n’a jamais parlé du passé, un ami fidèle, une mère devenue veuve, les fils vont apprendre d’où ils viennent, tenter de comprendre leurs différences, le pourquoi d’un départ et de ce retour. Mais apprendre aussi le poids des traditions, des croyances et de la religion dans une société dont ils ne maitrisent pas les subtilités.

Ceux que je suis est un livre au ton juste, qui parle de famille, de cette lignée qui construit chaque individu qui la compose, mais aussi de secrets enfouis profondément, de ceux qui marquent des générations sans qu’elles ne comprennent pourquoi. Un roman qui parle d’amour, celui d’un couple, mais également de l’amour filial et de celui des parents pour leurs enfants.

Merci Olivier Dorchamps pour ce beau roman d’identité et de filiation. Un livre qui dit sans juger, qui montre avec beaucoup d’humanité la complexité des sentiments, la douleur, le poids des traditions, l’importance de la famille et des générations qui nous ont précédés. – Dominique Sudre

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Un premier roman vibrant sur la quête d’identité, la famille, l’héritage culturel, la transmission, à travers l’histoire poignante de Marwan, jeune professeur d’histoire géographie, modèle de réussite sociale et d’intégration, enfant de la République.
Marwan est français (il est né et a grandi en banlieue parisienne) mais voilà, il a la peau « bronzée » et il ne s’appelle pas Jean-Pierre ou Jean-Claude. Ses parents sont marocains, immigrés depuis des dizaines d’années, il ne parle pas leur langue et eux ont toujours un accent très fort lorsqu’ils s’expriment en français (« bijour m’sieur ») malgré les années.
En France, on lui fait sentir tous les jours qu’il est l’Arabe/le rebeu de service ; au Maroc, il est perçu comme un touriste (un touriste algérien souvent), ses cousins ne le voient que comme un tiroir caisse (forcément, quand on vit à Paris où assimilé, on roule sur l’or) et ne se gênent pas pour se moquer ouvertement de son accent.
Mais qui est-il vraiment? Toute sa vie se résume dans cette question restée sans réponse.
Sans réponse… jusqu’au jour où son père meurt brutalement. Alors, c’est tout un monde qui s’ouvre à lui. Une histoire familiale sombre et lumineuse à la fois, traversée par des personnages touchants et généreux, aussi bien du côté marocain que du côté français. Cette fameuse question « qui suis-je ? Français ? Marocain? » va enfin trouver des réponses lors d’un voyage à Tanger, sur la terre de ses ancêtres.
J’ai énormément apprécié cette lecture ! Le récit est très bien mené et passionnant. L’écriture est pudique et très juste. Cette famille est très attachante. – Laetitia Badinand
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Un premier roman époustouflant tant dans son écriture que dans le sujet.
L’écriture est fluide, simple, poétique mais à la fois touchante, émouvante.
Le sujet du décès d’un proche est bien appréhendé, écrit avec finesse et tendresse.
C’est quand un être proche et cher à soi quitte le monde des vivants que viennent les questions sur lui, ce qu’il était, sur sa vie, ses origines, son parcours, ses choix, ses sacrifices… On s’imagine avoir tout le temps pour poser ces questions et le temps file. Un jour, la personne meurt et on s’aperçoit qu’en fait, nous ne savions pas grand chose de lui.
J’ai pris un grand plaisir à lire ce livre et même à en déguster chaque partie pour qu’il ne se finisse pas.
J’espère qu’Olivier Dorchamps continuera à nous faire vibrer avec un prochain roman. – Emilie Troussier
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Marwan son jumeau Ali et leur frère Foued sont nés en France de parents marocains. C’est Marwan qui parle dans le roman. Ses frères et lui sont parfaitement intégrés, Ali est avocat, Foued en études supérieures et Marwan agrégé. Et pourtant… En France sa petite amie Capucine lorsqu’elle le présente dit : « Je vous présente Marwan, il est marocain » et lorsqu’il se rend au Maroc, à l’aéroport on lui demande sa carte d’identité marocaine alors qu’il possède un passeport français et à Casablanca on le considère comme un français.
Au début de ce roman, leur père décède brutalement à 54 ans et ses fils découvrent qu’il a tout prévu pour être enterré au Maroc , qu’il a désigné Marwan pour l’accompagner dans l’avion. Il va donc arriver avant sa mère et ses frères et sa grand-mère va lui révéler des secrets de famille.
Ce livre est multiple, il parle de l’immigration économique, de la difficulté d’intégration, et de celle de l’identité, des racines mais aussi de la famille et de ses secrets, le tout avec beaucoup de finesse, de sensibilité, de pudeur. Il y a une justesse de ton dans ce livre mais aussi d’équilibre, Marwan est contrôlé « au faciès » en France mais se fait « exploiter » par ses cousins au Maroc.
Je trouve que « Ceux que je suis » est un très grand premier roman et j’attends le second avec impatience. – Michèle Letellier
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Ceux que je suis est le premier roman d’Olivier Dorchamps, un livre réussi qui interroge avec tendresse la famille, l’identité et les origines avec beaucoup de pudeur et de doigté.

Marwan vient d’une famille franco-marocaine, ils sont trois enfants, Ali son jumeau et son jeune frère Foued. Pour Marwan, le Maroc, c’est le pays de ses parents, lui est né en France, il parle français, il est français.

C’est pourtant bien lui que son père, garagiste à Clichy, a désigné pour qu’il accompagne son corps par avion afin d’être enterré à Casablanca. Marwan comprend mal le choix de son père, leur famille habite en France, ils vivent et mourront en France.
Olivier Dorchamps parvient à instaurer une atmosphère nostalgique et délicate autour du deuil, de la perte et de l’héritage que chaque enfant porte en lui, avec beaucoup de justesse et de bienveillance, loin de la colère ou de la rancœur.
L’atmosphère entière est rendue avec douceur et réalisme grâce à une écriture fine, qui décrit et entre dans l’intimité d’une famille au passé enfoui sans trop en faire, et sans aucun pathos.
L’expérience semble avoir été vécue, comme le voyage au Maroc, et c’est bien l’amour, la force des liens amicaux et des engagements qui rendent ce premier roman si attachant, et qui permettent au secret de famille d’être dévoilé sans que le lecteur ait l’impression de lire un dénouement surfait, mais bien une vie qui a été vécue et partagée. – Laure Mic Mélo
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Un décès soudain ; quand de surcroît c’est celui de son père est toujours une épreuve terrible, surtout si les enfants, ses fils avaient tant de choses à lui dire et à comprendre. C’est le cœur de ce livre d’une grande qualité sans pathos excessif.
Olivier Dorchamps nous plonge dans cette épreuve que la famille Mansouri de Clichy aux racines marocaines va vivre. Entre les remords des 3 fils Marwan, son frère jumeau Ali et Foued le dernier des fils, de ne pas avoir été là alors que leur père mourait à 54 ans et leur différence et conflit entre frères. Chacun a brillamment réussi son parcours scolaire ; Marwan professeur agrégé d’Histoire – Géographie, Ali avocat et Foued, les sacrifices de leur parent pour qu’ils soient intégrés et se coulent dans leur nationalité française ont porté. A un point tel que les trois frères sont anéantis et en colère en découvrant que leur père a tout organisé pour être enterré à Casablanca, alors que de son vivant il n’en avait jamais évoqué l’hypothèse, pire il avait tout fait pour ne pas les plonger dans le respect des traditions marocaines ni dans la religion musulmane.
Marwan, en ayant été désigné par son père comme accompagnateur de son cercueil au pays, c’est en fait dans toute une histoire de vies, de secrets de famille jamais évoqués, que ce dernier va plonger avec stupeur et émotions. Une histoire d’amour qu’il va ainsi découvrir et de nombreuses révélations qu’il va devoir surmonter et partager.
Exceptionnelle qualité de narration et de sensibilité, c’est un livre à lire et relire. – Olivier Bihl
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« Ceux que je suis » est un très joli roman sur le deuil, l’héritage, la transmission, la recherche identitaire et la relation particulière aux origines dans sa terre d’adoption.

A travers la famille Mansouri, Olivier Dorchamps explore la culture marocaine, la tradition musulmane, les secrets familiaux et la question de la double culture avec beaucoup de justesse et de réalisme. Chaque personnage permet de percevoir les différentes facettes de la société marocaine et de l’exil en France : la cohabitation des cultures berbère et arabe, l’influence de la culture française, la complexité de la société bourgeoise et le combat des personnes pauvres, l’ambiguïté des immigrés. A l’arrivée de son petits fils Marwan et de son ami de toujours, Kabic, Mi Lalla, la grand mère paternelle, berbère du moyen atlas, décide de transmettre le lourd secret longtemps préservé et qui va permettre aux trois frères de mieux comprendre leur histoire. Le deuil est souvent le moment des grandes questions où le sens de l’identité est remis en cause. A travers ce récit aux accents mélancoliques, Olivier Dorchamps ouvre d’une très jolie façon la porte à ces réflexions.

J’étais très impressionnée par la capacité d’Olivier Dorchamps à aborder le Maroc, l’exil et la double culture sans être lui-même d’origine marocaine.

Olivier Dorchamps réussit à nous plonger dans ce contexte si particulier du deuil pour les immigrés. Un récit très entraînant qu’on a du mal à lâcher. Une belle réussite pour ce premier roman et une de mes belles découvertes de la rentrée littéraire. – Lilia Tak Tak

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Voilà un livre à déguster lentement, comme un nectar d’orange, comme une douceur ensoleillée, suave comme un baklava, mais parfois amer ou acide comme un citron. La thématique de la filiation, de l’émigration, première ou deuxième génération n’est pas nouvelle, mais Olivier Dorchamps a un réel talent pour décrire l’humain dans ces contradictions et ses silences, débusquer la lumière dans l’ombre, qu’il enchante de tendresse cette lecture. Remonter avec lui le fil de ses racines, se confronter aux secrets de famille, accepter les différences, les dualités, comprendre l’histoire particulière des protectorats méditerranéens, est une aventure fructueuse de tolérance, d’amour, de respect, de fraternité. La vie fait souvent de nous des déracinés, cette quête vers nos origines peut faire de nous de meilleure personne. Ce livre n’est pas un vrai coup de cœur, un peu trop doux peut-être, pourtant c’est au cœur qu’il s’adresse, avec pudeur et une humanité aussi rare qu’un trésor oublié. Ravie d’avoir fait la connaissance de ce nouvel auteur prometteur, délicieux, sensible. Merci. – Martine Magnin

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Ce premier roman bénéficie d’une écriture claire et douce. Ce qualificatif détonne pour dire un style mais c’est pourtant celui qui me taraude depuis le début. C’est bien dans une lecture douce que nous embarque l’auteur car si cette histoire soulève, sans les traiter plus avant, la problématique toute paradoxale de l’intégration des enfants d’immigrés, les coutumes anciennes et toujours actuelles d’un Maroc souvent méconnu, cette histoire nous parle surtout d’amour. L’amour de couples et l’amitié, l’amour filial, fraternel, l’amour pour une terre, un pays, celui de l’enfance.
Les scènes à l’annonce de la mort et des heures qui la suivent, où les fils accourent et se retrouvent auprès de leur mère et du corps sans vie de leur père, sont sincèrement poignantes. L’émotion est belle dans cet ouvrage car elle n’est entachée d’aucun plan de séduction : elle jaillit simplement dans la description des regards, des coutumes, de la langue, du décor. J’ai éprouvé cette douce sensation tout au long de ce premier : être auprès d’un feu ou confortablement lovée dans un salon de coussins, reconnaissante de la générosité d’un homme qui nous conte un parcours, des vies, un secret, nous fait voyager au-delà de la méditerranée, et nous confie avec naturel et franchise ces autres qu’il est…aussi. – Karine Le Nagard
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Interroger le thème de l’identité, des racines familiales, des mélanges culturels n’est pas nouveau dans la littérature. Pourtant, Olivier Dorchamps réussit à nous captiver avec cette histoire à la fois réaliste, intime et universelle, dont l’intensité augmente tout au long du récit. Dans ce premier roman, il trouve les mots justes pour parler avec pudeur de la réalité des « immigrés de seconde génération ».
Pour les trois frères Mansouri, le Maroc ne représente rien car leurs parents, pour s’intégrer et les aider à s’intégrer, ne leur ont rien transmis de leur passé, pas plus qu’ils n’ont maintenu de traditions. Enfants d’immigrés, ils écrivent leur histoire à partir d’une page blanche. Un défi difficile et un déracinement sur lequel Marwan n’a jamais su mettre de nom, mais qu’il ressent intensément.
C’est pourquoi, malgré la tristesse et le deuil, cet enterrement est une chance. Marwan la saisit sans s’en rendre compte, simplement en posant une question qui délie les langues. Le récit entremêlé de sa grand-mère et d’un vieil ami de famille fait éclater au grand jour la véritable histoire familiale. En la découvrant, en la partageant avec ses frères, en plongeant avec ces nouvelles cartes en main dans la cohue de Casablanca, Marwan renoue avec ses racines et fait la paix avec ses origines. En plus d’un roman puissant et intelligent, Olivier Dorchamps nous offre un formidable voyage dans le Maroc d’hier et d’aujourd’hui. – Claire Séjournet
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Dans « Ceux que je suis » l’auteur raconte avec beaucoup de pudeur, de douceur sans sombrer dans le pathos le deuil de cette famille à travers le regard de Marwan. C’est aussi l’histoire de trois générations élevées de part et d’autres de la Mer Méditerranée. Ce livre me fait penser à « L’art de perdre » d’Alice Zenitzer ; un pays voisin, une histoire différente mais aussi trois générations et trois appréciations, des ressentis différents de leur identité. « Ceux que je suis » nous parle de traditions, d’identité, d’intégration « Je suis né en France. Je n’ai jamais vécu au Maroc. Je ne me sens pas Marocain. Et pourtant, où que je sois, en France ou au Maroc, je n’ai pas le choix de ma propre identité ». Quel triste constat ! Malgré une intégration réussie – que ce soit le père à la tête d’un garage que les enfants, l’un avocat, l’autre professeur d’histoire-géographie et le petit dernier encore étudiant – et leur naissance en France, les trois fils sont toujours considérés comme des Arabes et donc rejetés. « La plus grande honte, c’est d’avoir honte de qui l’on est » : Marwan se demande qui il est véritablement avant de découvrir à la fin du livre « ceux que je suis » : il est « plusieurs ». « Ceux que je suis » : comme Marwan nous sommes tous la résultante de tous ceux qui nous ont précédés, de leur choix de vie, d’éducation. Nous ne sommes jamais un mais plusieurs. De multiples facettes font de nous des êtres uniques riches d’une histoire familiale, un agglomérat de cultures, de valeurs.
Olivier Dorchamps, auteur franco-britannique a réussi à se glisser avec brio dans la peau d’un homme dont la culture est étrangère à la sienne et a su retranscrire avec justesse le ressenti de ses personnages. Il a une parfaite connaissance du Maroc, de ses mœurs, de ses traditions et surtout de la solidarité familiale. Olivier Dorchamps nous a dressé de beaux portraits d’hommes et des femmes, attachants, fiers, respectueux, humbles. Je pense notamment à ceux de Kabic l’ami de plusieurs décennies, de Mi Lalla la valeureuse grand mère, de Tarek ce père humble parti trop tôt. De belles et solides amitiés transmises de génération en génération. J’aurai aimé connaître Tarek ce père qui a su transmettre de belles valeurs à ses trois fils. J’aime aussi la présence discrète de Bérangère, la femme d’Ali, qui par son empathie, son ouverture d’esprit, son amour sait si bien faire le pont entre les deux cultures celle de son mari et la sienne.
C’est un très beau livre dont je recommande la lecture. Un premier roman réussi, où il est partout question d’amour : amour d’un couple, amour filial, amour maternel, amour fraternel, amour du pays, désamour, amour forcé mais aussi d’amitiés indestructibles. – Françoise Le Goaëc
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Je viens de refermer “Ceux que je suis” et je suis encore dans l’émotion que m’a procurée cette lecture. Un livre délicat et très juste sur la difficulté de savoir qui l’on est et où sont ses racines lorsqu’on est la première génération née en France de parents marocains. Un livre également sur la mémoire et la transmission des secrets de famille. Olivier Dorchamps, avec ce premier roman, nous offre une belle histoire de famille des deux côtés de la Méditerranée, des personnages attachants dans le difficile équilibre de leur vie en France et de leurs racines marocaines et surtout un moment d’émotion sincère. Je recommande vivement la lecture de “Ceux que je suis” et serai heureuse de retrouver cet auteur prometteur à son prochain roman. – Nathalie Ghinsberg

 

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