Un été à l’Islette – Géraldine Jeffroy

« Les corps, nus ou recouverts, se trouvent pareillement lorsqu’ils veulent se trouver. Quelle hypocrisie leur faire croire que ce qui est caché n’éveille pas le désir ? »

Un ete a l islette

Voilà un roman délicat et sensible qui nous plonge au cœur de la création artistique. C’est Eugénie, une institutrice discrète, modeste mais néanmoins libre, qui raconte cette histoire dans une longue lettre à un jeune soldat parti au front.
Eté 1892 – Comme on aimerait être aux côtés des hôtes du château de l’Islette, lieu enchanteur proche d’Azay-le-Rideau et si propice à la création ! C’est là qu’Eugénie est envoyée par sa mère comme perceptrice de la petite-fille des lieux. C’est là aussi que Camille Claudel s’installe, au bord de l’Indre pour travailler à ses danseurs de « La valse » tandis que son amant, le célèbre et impressionnant Rodin, s’attarde encore pour quelques semaines à Paris.
Camille et le compositeur Claude Debussy échangent des courriers réguliers sur leurs travaux en cours, « La valse » donc pour elle, et « Prélude à l’après-midi d’un faune » pour lui. Claude se réjouit de l’absence de Rodin qu’il ne porte pas dans son cœur tandis que Camille se languit de lui.
Quand le célèbre sculpteur arrive enfin à l’Islette pour travailler à son « Balzac », les effusions entre les amants cèdent bientôt la place aux disputes…
Ce roman raconte donc avec beaucoup de délicatesse cette courte période de la vie de 3 artistes au sommet de leur créativité. C’est également une peinture de la vie d’artistes à la campagne, à travers le regard parfois amusé et souvent narquois des habitants du cru. Enfin c’est l’histoire d’Eugénie, la narratrice, dont le secret sera le véritable objet de ce très joli livre. Un vrai bonheur de lecture. Un seul regret : 127 pages c’est beaucoup trop court tant on aimerait baigner encore dans cette atmosphère joliment désuète et passionnément créative. – Laurence Simao

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Dans l’intimité artistique d’une sculptrice
Je rentre dans ce tout petit livre sans rien connaître du sujet. Je sais juste que des faits historiques se mélangent à un souffle romanesque. Peut importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse, me suis-je dit. Est-ce que cette histoire a réellement existé ? Je veux juste m’évader et passer également un été aux bords de l’Indre et rencontrer ces charmantes personnes.
Mais qui sont-ils ? Je vous les présente: tout d’abord la châtelaine ainsi que la préceptrice Eugénie et son élève Marguerite. Puis arrive en grande pompe, la très renommée Camille Claudel, sculptrice et son cher et tendre Auguste Rodin. N’oublions pas en filigrane Claude Debussy, un compositeur musicien, star du 19eme siècle. Que du beau monde.
Durant l’été 1892, dans un domaine seigneurial en Touraine, nous accompagnerons donc Eugénie, jeune parisienne au travers de ses lettres souvenirs, dans son aventure artistique peu commune. Quelle chance a eu Eugénie de rencontrer ce couple mythique.
Où l’art est au centre de toutes les pulsions, où il imprègne chaque geste. Camille va esquisser puis réaliser une de ses plus grandes œuvres, La Valse. Pour cela, elle utilisera Eugénie comme modèle. Fascinant! Son amant torturé la rejoindra un temps (on entrevoit là une de leurs disputes légendaires). Camille correspondra également avec son cher ami Debussy , auquel elle confiera ses joies et peines.
La Nature est également très présente et l’ensemble nous ravit, nous lecteurs.
Malgré le format très court, je me suis régalée dans cette parenthèse enchanteresse. J’ai vraiment eu l’impression d’être résidente au château.
La plume est poétique, légère et douce. Durant ma lecture, j’ai écouté « Prélude à l’après-midi d’un faune » de Debussy, pour me sentir en résonance avec les habitants du lieu.
Romanesque, virevoltant, en tous points charmant. – Catherine Quart-Foisset

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Château de l’Islette été 1892.
Eugénie, jeune Parisienne cultivée dont les parents craignent qu’elle ne devienne vieille fille, est engagée comme préceptrice au château de L’Islette, en Touraine. Dans ce décor enchanteur, elle s’attache aussitôt à Marguerite, sa petite élève. Entre deux leçons, Eugénie et l’enfant profitent de ce huis clos champêtre propice au repos et à l’insouciance. Mais lorsque Camille Claudel arrive à L’Islette pour en faire son atelier estival, l’artiste devient l’objet de toutes les attentions et de toutes les fascinations. Celle que l’on nomme respectueusement  » Mademoiselle Camille  » dessine le jour, sculpte la nuit. Elle travaille sans relâche à un groupe de valseurs jusqu’à l’épuisement. Et comme Rodin tarde à la rejoindre, elle trouve un réconfort dans sa correspondance avec Debussy.
Nous voyons, le temps d’un été, des destinées se croiser et des passions s’exacerber. Cet été-là verra naître des chefs-d’œuvre comme La valse et La Petite Châtelaine pour Camille Claudel, le Balzac d’Auguste Rodin et Prélude a l’après-midi d’un faune.
Un livre délicieux, délicat. J’ai beaucoup aimé. – Gloria Rodriguez
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Géraldine Jeffroy nous propulse en plein été 1892 dans la vallée de l’Indre au château de l’Islette où Mme Courcelle, veuve de feu Mr, accueille des artistes en « résidence » pour se reposer et créer. Eugénie notre narratrice, préceptrice de la petite-fille en convalescence, se livre en adressant une lettre à son fils enrôlé pour la guerre et raconte.
Savoureux premier roman qui nous immerge avec beaucoup d’aisance dans cette fin dix-neuvième en compagnie des plus grands artistes, Camille Claudel, Claude Debussy et Auguste Rodin. Tous aux prises avec la passion créatrice et amoureuse, lesquelles s’entremêlent inévitablement et se débattent pour tenter d’exprimer, exulter, expulser ce qui bout à l’intérieur, l’élan visionnaire et inspiré qui doit s’incarner et parfaitement représenter le dessein imaginé.
Le charme de la langue française écrite, respectueuse, polie et douce, somme toute très classique, qui pour autant ne trompe ni n’édulcore la réalité, le charme donc opère, et ce tout de suite : l’auteure nous voyage dans une parenthèse hors temps, une bulle dans laquelle il est bien agréable de se laisser bercer. La parcimonie, la délicatesse et un puissant pouvoir projectif glissé dans les interstices des mots réussissent parfaitement à nous témoigner d’une époque et de ses acteurs et nous voici, à l’instar d’Eugénie, en compagnie des plus grands dans le partage de leur intimité et tourments créateurs, le temps court d’un été, d’un premier roman délicieux. – Karine Le Nagard
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Au travers du regard de personnages de fiction attachants et sensibles, une très belle façon de s’approcher autrement de trois monstres sacrés, moult fois décrits et décriés, : Eugénie l’observatrice bienveillante, Marguerite, l’espiègle délicieuse, futée, sans filtre, privilège de l’enfant; « Madame » également qui tient à merveille son rôle dans la toile de fond de la bonne société bourgeoise alliée à l’amoureuse de la nature, de son cher domaine, et mécène, par amour pour son défunt mari.
Le ton reste délicat tout en évoquant ces personnalistes souvent décrites passionnées, sans concession, torturées par leur création et le besoin d’exister à leur juste mesure dans une société corsetée. Il ne s’agit pas là d’un roman-documentaire même si transparait le souci de fidélité historique et factuelle, mais d’une belle fantaisie subtile qui se lit avec affection et émotion, sur cet été qui verra la naissance de 3 chef d’œuvres.
La puissance du lieu et de la nature aurait peut être pu jouer le personnage supplémentaire, tant on connait l’importance de la nature pour ces 3 créateurs et la majesté des lieux; le procédé littéraire (que je vous laisse découvrir) aurait peut être gagné en force en fermant sa boucle, tant il porte également, tellement de matière.
Mais cela, c’est le choix de l’auteur !
Un roman délicat et fluide, comme les bords de l’Islette. – Kateryne Guichard
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1892, au château de L’Islette, en Touraine. Camille Claudel y réside le temps d’un été et en ce lieu charmant créera « La Valse » et « La Petite Châtelaine ». Le compositeur Claude Debussy, avec qui Camille entretient une correspondance amicale, est lui aussi en pleine fièvre artistique : ce fameux été naîtra « L’après-midi d’un faune ». Rodin, quant à lui, entreprend de sculpter son énorme Balzac. L’été 1892 sera fécond…
L’histoire, narrée par la préceptrice de Marguerite, la petite fille du château, dans une lettre adressée à un soldat au front (son fils, on suppose) aurait dû m’emporter : du génie, de la création, de la passion… un cocktail littéraire qui promet de belles pages enflammées. On attend de la fougue, on espère un élan qui traduit la puissance des relations entre ces artistes d’exception, la fièvre qui les anime, on veut des cris, du sang et des larmes ! Autant le dire, nos attentes sont déçues. Pas une goutte de sang, ni de gros sanglots, pas de hurlements mais plutôt des chuchotements… Ce court roman, certes mignon et frais, manque cruellement de profondeur et reste gentillet, lisse comme un sou, sans un mot de trop, se contentant d’effleurer les choses et les gens. L’écriture est jolie, propre. Terne. La petite fille est sage, la préceptrice aussi… tout le monde est sage à L’Islette (même Camille…) et ça donne un roman … sage, forcément. Fade surtout. Sur moi cette lecture a glissé comme sur les plumes d’un canard. Je l’ai lue poliment et gentiment. Je l’ai oubliée sitôt la dernière page du livre refermée.Tant pis. – Béatrice Crespo
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Eugénie, jeune parisienne, se destine à la profession d’institutrice. Alors que l’été 1892 s’annonce, ses parents décident de l’envoyer au château d’Islette, propriété de Madame Courcelle en Touraine, afin d’être la préceptrice de la petite Marguerite.
Deux curieux visiteurs interrompent le cours apparemment tranquille de cet été : le (déjà) célèbre sculpteur Augustin Rodin et la jeune artiste Camille Claudel, qui y installe son atelier afin de travailler à son œuvre La Valse.
D’abord méfiantes et intriguées par cette jeune femme secrète, Eugénie et Marguerite vont se lier d’une amitié aussi sincère que brève avec la fougueuse Camille.
Ce roman est une incroyable épopée artistique, dans laquelle se croisent le génie créateur d’Auguste Rodin – travaillant alors à son Balzac -, la puissance brute et viscérale de Camille Claudel et la fécondité artistique de Claude Debussy, lequel entretient une correspondance intime avec Camille.
Ce roman est ainsi un témoignage de cette année 1892 où « trois grands artistes tournent la page du romantisme« , chacun à leur manière.
La focale est particulièrement ajustée sur le processus créateur de Camille, ses intuitions, ses doutes, et son acharnement sans faille : « La sculpture était son exutoire, la sublimation d’une sourde mais néanmoins terrible agressivité« .
Ce court roman n’est pas seulement un récit historique : c’est également une longue lettre, signée de la main d’Eugénie et adressée à un jeune homme parti au front lors de la Première Guerre mondiale, dans laquelle elle entreprend de lui raconter son histoire, et ces deux mois décisifs pour tous les deux.
J’ai adoré ce premier roman de Géraldine Jeffroy, à l’écriture pleine d’élégance et de tendresse ; l’autrice a su me séduire dès les premières pages, et me captiver jusqu’au dénouement ! – Caroline Pineau
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L’été à l’Islette est celui qu’Eugénie, jeune parisienne, passera en 1892 au château de Madame de Courcelles, en Touraine. Alors que ses parents désespèrent de lui trouver un mari, elle deviendra le temps d’un été la préceptrice de Marguerite, mais surtout l’amie de Mademoiselle Camille, toute jeune sculpteur. Car c’est bien aux côtés de Rodin, Debussy et Camille Claudel qu’Eugénie va passer quelques mois…

Geraldine Jeffroy signe ici un premier roman tout en douceur et poésie.
Malgré le caractère impétueux et dépressif de Camille Claudel, on sent à travers les mots de l’auteur toute la sérénité de ce paysage de Touraine.

On partage avec les personnages, toute la force, l’énergie et la fatigue que demande la création artistique et on ne peut s’empêcher de voir naître sous nos yeux, les premiers succès de cette artiste tourmentée.

Une écriture posée, où tout est image, son et odeur. Un roman court mais intense, bien écrit et qui présage une belle aventure à l’auteur…

Merci aux 68 pour ce beau voyage…  – Audrey Lire&Nous

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Fin du XIXe siècle, Camille Claudel crée La Valse et La Petite Châtelaine, Rodin son fameux Balzac, et pour Claude Debussy, ce sera L’Après-midi d’un faune. Un roman aux accents historiques autour de chefs-d’œuvre et de trois grands artistes en 1892, lors d’un été à l’Islette.

Le sujet est passionnant, il met l’eau à la bouche et on s’attend à plonger au cœur des mystères de la création, à découvrir des choses inconnues, à voyager dans un château et à trouver un texte qui mêle les destinées et qui explore les relations humaines de ces trois grands êtres exceptionnels.

Ce n’est pas le cas. Il ne s’agit pas d’un roman historique précis, avec une analyse et un développement poussés des faits et des protagonistes. Géraldine Jeffrey reste agréablement en surface, n’entre pas dans le cœur de ses personnages, elle ne creuse pas les liens qui unissent Camille Claudel, Rodin et Debussy, ni aucun des liens humains de son roman.
Avec des personnages aux particularismes et aux caractères si marqués, on aurait pu s’attendre à plus d’intensité. Géraldine Jeffroy fait le choix de la simplicité. La construction, classique et sans fausse note, s’adapte bien à ce roman d’été. La narratrice Eugénie raconte le mois de juillet 1892 au Château d’Islette, son récit étant entrecoupé de lettres échangées entre Camille Claudel et Debussy. C’est romantique, l’écriture fluide et légère dégage de la douceur sur fond d’amour, d’amitié et de curiosité artistique.
Ne pas manquer les quelques pages de la fin, les précisions explicatives et historiques. Sorti du cadre romanesque, le style est plus franc, plus percutant et le résumé final très intéressant. – Laure MicMélo
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Ce petit texte d’un peu plus de cent pages est un régal de délicatesse. C’est Eugénie, qui raconte en 1916, dans une lettre – dont je tairai l’importance – écrite à son fils parti à la guerre. Elle lui narre ce fameux été 1892 où, jeune fille, elle était venue à l’Islette en qualité de préceptrice de Marguerite, petite-fille de la maîtresse du lieu. Il fut riche en rencontres fabuleuses : Camille Claudel, et ses études sur les Valseurs et la petite châtelaine, Auguste Rodin qui cherchait l’inspiration pour son Balzac et ce cher Debussy en pleine composition du Prélude à l’après-midi d’un faune.
La prose est gracieuse, je l’ai dit, telle une porcelaine, musicale et poétique. « Nous tournions et retournions autour des danseurs car l’œuvre imposait de la contempler sous tous les angles ; par une mystérieuse attraction, elle nous contraignait à la regarder en trois temps, nous emportant irrésistiblement dans son tournoiement. » J’ai lu chaque terme, parfaitement choisi, sans un de trop qui ne dérange l’harmonie du texte, mais aussi écouté, emportée par la valse des mots. Il décrit à merveille chacun des personnages, les lieux et les sentiments. L’auteure possède ce talent d’associer la réalité des faits à une histoire parfaitement romanesque. L’écriture est d’une grande limpidité, sans la moindre ostentation et correspond totalement à la ligne éditoriale d’Arléa que décidément j’apprécie beaucoup.
« Un été à l’Islette » : une lecture aussi délicieuse à croquer qu’une muscadine, cette cerise confite au kirsch enrobée d’une crème de marron, trempée dans du chocolat puis roulée dans du sucre glace, spécialité ridelloise qui fait le bonheur de ceux qui la goûtent. Je suis prête à en déguster une deuxième. – Geneviève Munier
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Pendant les mois d’été, Camille Claudel et Rodin, son maître et amant, avaient coutume de s’enfermer dans le somptueux château de l’Islette, en Touraine, pour y travailler. Camille y façonne notamment « la valse », sculpture qui représente un couple enlacé qui virevolte… Mais on lui impose de couvrir davantage ses personnages, et elle travaille sans relâche le tombé des drapés.
« Son visage était absorbé, comme habité par la figure à laquelle elle voulait à tout prix donner corps : elle malaxait un nouveau bloc de terre, placé sur une selle à hauteur de ses yeux, de ses gestes à la fois amples et précis. Elle palpait avec frénésie cette matière nouvelle, la tassait, la triturait, l’étirait longuement, avant de la façonner. Elle semblait vouloir prolonger la joie tactile des premières caresses, elle était avec sa terre comme une mère réanimant son petit frigorifié. Les narines palpitantes, elle la reniflait comme on renifle une peau aimée, l’odeur de lait du nourrisson, puis elle s’éloignait, étourdie, elle ouvrait grand la fenêtre et respirait l’air pur le visage tourné vers les arbres. »
Un hymne à la création, à l’amour, à la violence de l’élan artistique. Totalement conquise par l’œuvre de Camille Claudel, j’ai naturellement été transportée par cette écriture d’une sensualité inouïe, qu’il s’agisse de la terre travaillée avec acharnement par les mains de Camille, ou de la musique évoquée par son ami Debussy.
« On enferme trop la musique, tous ces palais, toutes ces salles qui l’empêchent de respirer, de s’épanouir… la musique est un art de plein air, un art à la mesure des éléments, du vent, du ciel et de la mer. Il y a une collaboration mystérieuse de la nature et de la musique, une alchimie certaine… »
Camille n’en est pas moins femme, souffrant du dédain de son amant. Mais sa mission artistique la transcende, et elle nous a laissé cette œuvre aérienne et poétique, ces amants qui virevoltent sans fin. – Frédérique Leroux

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