Boys – Pierre Théobald

“ Mais de nos jours qui rédige encore des lettres ? Hormis fourrager le cœur à la pointe du stylo, quelle utilité ? “

 

Boys

« Je réponds d’un mouvement d’épaules empêtré, un peu honteux d’étaler ma sensiblerie. Je vais rentrer en 6ème, je rappelle, je suis censé être un grand maintenant, on me le rabâche assez ; et surtout, je suis un garçon ».
Lui, c’est Samuel. Ce n’est pas à proprement parler le héros du livre, puisque de héros, il y en a tellement ! Néanmoins, c’est ce personnage attachant qu’on suit aux détours de ce récit labyrinthique où l’on ne se perd pas une seule minute. Samuel qui fait en quelque sorte le lien entre TOUS : Antoine, Hatem, Steve, Cédric, Sacha, Gilles, Bastien, Greg, Théo, Fred, Marc, Abel, Alex, Léon, Nicolas et Karim. Les voilà, nos boys.
Ils aiment, jouent au foot, veulent être père, essayent de reconstruire leur vie ou juste de la construire, se séparent, vivent le manque, la solitude … Ils se posent des questions ou s’en posent trop, ne s’en posent pas ou alors, pas les bonnes.
Leurs histoires sont tour à tour bouleversantes, amusantes ou inquiétantes. Ils sont romantiques, blasés, sensibles, aimants, aimés … Bref, des hommes du 21ème siècle.
Et alors, qu’en pense la femme que je suis ? La femme du 21ème siècle ? Cela tient en si peu de mots. J’ai dévoré ce récit tout simplement bluffant et émouvant. D’une sensibilité exacerbée et doublé d’une écriture délicate, ce dernier est également d’une force incommensurable, tout comme les sentiments qui animent nos boys. A l’instar d’un puzzle, les pièces de ce récit s’imbriquent petit à petit les unes avec les autres, subtilement, à la faveur d’une anecdote. Et enfin, la révélation du texte achevé … Ils vont me manquer ces boys, j’avais envie de continuer un bout de chemin avec eux.
Comment va réagir Léon quand Jeanne aura totalement perdu la mémoire ? Pourra-t-il encore troquer son poisson contre ses poireaux ? Et Greg, va-t-il courir après Viktoria aussi rapidement qu’il le faisait avant sur un terrain de foot ? Quant-à Fred, rejouera-t-il avec Chloé la comédie des non-dits ? Prendra-t-il encore le risque (en est-ce d’ailleurs vraiment un ?) de voir ses yeux dans ceux d’un autre Nathan ?
Nul ne le sait … – Virginie Braud-Kaczorowski
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Boys est le premier livre de fiction de l’auteur qui révèle ici un talent certain pour la précision. Dire, en quelques pages puisque ce sont des nouvelles, les failles, les douleurs, les doutes, les beautés d’être un homme aujourd’hui. S’interroger sur ce que cela signifie. Un livre dont les mots parfois doux, parfois acérés conjuguent le sombre et le lumineux magnifiquement. L’un des garçons revient plusieurs fois, à différents moments de sa vie. Comme un fil rouge. Écrire ces textes courts est un exercice ardu. De séduction. Il faut dévoiler sans pouvoir tout dire. Sans créer la sensation de trop peu. Un dosage complexe et parfaitement maîtrisé ici. Boys est un roman caché derrière un recueil de nouvelles. Un lien unit ces garçons en déroute. Les filles. Celles qui comptent, qui marquent, qui griffent ou qui apaisent. Terminer ce livre à l’écriture si juste et affutée, c’est l’envie immédiate d’y retourner. Pour relire à nouveau ces vies pas si minuscules de ceux qui nous entourent. – Hélène Goelen
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Samuel, Alex, Léon, Karim… Père, amant, vieillard, blessé, torturé… Des hommes dans un quotidien facile, tendu, fugace, solaire, triste… Des instants de vie pris sur le vif… Sans fard, sans masque… Et un recueil de nouvelles d’une grande intensité…
Je viens de refermer le livre de Pierre Théobald et je suis déjà nostalgique de ses personnages. Voilà une rencontre émouvante et forte, avec une écriture mais aussi et peut-être surtout, avec des hommes qui m’ont marqué.
Ils sont tous attachants, si vrais, si réels. Dans leur fragilité, comme dans leur charisme, Pierre Théobald nous offre des portraits d’hommes dans l’air du temps. On les croit forts, insensibles, pressés… Ils sont pourtant attentifs, doux et passionnés.
Un immense merci pour ce coup de cœur… – Audrey Lire & Vous
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Le cœur des hommes- Voilà donc les hommes d’aujourd’hui. Des hommes toujours pudiques mais qui grâce à Pierre Theobald se confient, sont sensibles et émouvants.
Une déclinaison d’hommes dans leur état actuel. Ils sont les hommes qui nous entourent mais dont on ne sait que très rarement ce qu’ils vivent de l’intérieur, ce qu’ils ressentent au plus profond d’eux-mêmes et finalement ils ne sont pas si différents de nous les femmes (pouvait-on d’ailleurs encore en douter??).
Pour ceux qui penseraient que ce livre ne parle que d’hommes, je corrige : les femmes sont très présentes, quasiment à chaque page, car souvent au cœur des préoccupations des hommes, de leurs douleurs, leurs émotions, leurs sentiments.
J’aurais aimé côtoyer plus longuement certains personnages, une petite frustration que j’oubliais cependant assez vite à la découverte d’un des 17 « mâles » parcourant cet ouvrage à la forme originale. 17 « boys » à découvrir en quelques pages – parmi eux, Samuel, le fil conducteur, dont on suit ponctuellement la vie construite autour d’une blessure profonde.
L’écriture de Pierre Theobald s’adapte remarquablement à chacun de ces hommes, leur situation, leur âge, leurs émotions -ils sont tous différents mais réunis autour de leur sensibilité si bien traduite par l’auteur, et donc si bien partagée avec le lecteur.
Évidemment je me souviendrai inégalement de tous ces hommes. Quelques uns m’ont définitivement touchée (Bastien/ Léon/ Cédric/ Samuel…), d’autres seront vite oubliés.
Mais je retiens surtout que Pierre Théobald réussit ici un ouvrage singulier, sensible, dans un style mêlant simplicité, sincérité et pudeur. L’émotion parfois jaillit dans les mots, le rythme (les chapitres sans points ont retenu toute mon attention) et parfois l’émotion se fait à la fois discrète et puissante -mais chaque fois elle est révélatrice du cœur des hommes.
Un livre à découvrir, à mi chemin entre nouvelles, roman, portraits et segments de vie – pour plonger dans l’univers parfois insondable des émotions masculines. – Sandra Moncelet
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Ils sont maris, amants, pères, fils, petits-fils… Ils sont les Boys de Pierre Théobald qui prennent vie dans ce recueil de nouvelles. Pas facile d’en dire plus parce qu’il y a autant d’histoires que de nouvelles.

Il faut savoir que je ne raffole pas des nouvelles et que par conséquent j’en lis très peu. Là l’occasion m’a été donnée grâce aux 68 premieres fois et je ne le regrette pas. La difficulté avec les nouvelles c’est que l’auteur doit réussir à capter l’attention du lecteur très rapidement. Là le défi est relevé. On s’attache rapidement à ces boys et à leur histoire. Pierre Theobald a fait le choix de montrer les hommes sans artifice, avec fragilités et faiblesses mises au grand jour. Un recueil de nouvelles mais un fil rouge : Samuel. Samuel qui fait l’objet de plusieurs nouvelles à des instants différents de sa vie. A côté de Samuel il y a Fred, Greg, Sacha, Léon, Abel… que l’on croise et recroise parfois aussi.
Moi j’ai été particulièrement touchée par l’histoire de Gilles (même s’il n’y a pas d’autoroute en Bretagne).
En résumé une lecture pleine de tendresse, entre roman et recueil de nouvelles. – Orlane Dréau

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Il y a Samuel, Alex, Léon, Antoine, Cédric, Sacha, Hatem, Karim… des hommes croisés aux détours de leurs vies, à des moments-clés ou des instants quotidiens. Des hommes face à leurs choix, à leurs renoncements parfois, à leurs amours souvent. Certains n’apparaissent qu’une fois, d’autres reviennent à plusieurs étapes de leur existence, comme dans la « vraie vie » : certains qu’on ne reverra jamais, d’autres qui s’installent. Enfin ! La virilité n’est plus mise en opposition avec la sensibilité : « Le vide que ça fait, tout ça. Entre les côtes et le nombril. Le manque d’elle, le vide que ça creuse en moi parfois. La nuit, super tard ». Au-delà de la masculinité, des questionnements et des doutes des hommes, Pierre Théobald écrit sur la vie tout court. Cette peste qui vous fait des cadeaux, pour mieux vous les reprendre. Cette belle garce qui estompe nos espérances, distend nos liens, sépare et efface.
Avec un ton juste, délicat, Pierre Théobald nous parle aussi bien des hommes que des femmes. De nos désirs, de nos attentes, de nos déceptions aussi. L’amour, le sexe, la parentalité, la vieillesse. Pas plus de Mars que de Vénus dans ce livre qui hésite entre roman et recueil de nouvelles. Mais des fragments de vie sur Terre pour rapprocher ceux qui s’y trouvent. – Céline Bret
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Roman ou nouvelles ? Peu importe étant donné le plaisir que j’ai eu à lire ces tranches de vie d’hommes d’aujourd’hui. Certains personnages comme Samuel sont récurrents, d’autres n’apparaissent qu’une fois mais à un moment crucial de leur vie. Leurs destins s’entrecroisent. Pierre Théobald dépeint des hommes fragiles, sensibles, parfois blessés, avec leurs peines, leurs joies, leurs chagrins d’amour, la maturité, la vieillesse. La vie, quoi ! Le désir d’enfant, la paternité sont au cœur de certains textes avec des hommes qui voudraient devenir père et ceux qui le sont. D’autres chapitres sont centrés sur l’incompréhension homme/femme, la non-communicabilité dans les couples. Pierre Théobald sait en quelques pages brosser des portraits criant de vérité. Il rend ses personnages émouvants et j’ai envie de suivre ce nouvel auteur qui écrit avec tant de sensibilité. – Françoise Floride Gentil
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Cet extrait d’une chanson des Cure cité en exergue, donne le ton à ce livre. On ne va pas nous servir des histoires de « mecs », genre soirée entre potes, autour d’un match de foot, à écluser des verres de bière, en jouant les héros. Dans « Boys », on laisse l’auteur, un mec, nous parler de mecs, pour le grand plaisir de la lectrice que je suis. Et d’ailleurs un mec n’est-il pas le mieux placé pour cet exercice ? Au fil des nouvelles de ce recueil, fleurissent émotions, fragilités et déceptions. Autant de larmes, de tristesse ou de joie, qu’un homme s’efforce de cacher parce que le garçon qu’il est ne peut pas pleurer. Antoine, Gilles, Bastien, Greg, Hatem, Steve.., dévoilent des instants de leur vie, leurs rires, leurs regrets, leurs douleurs, les amours qui s’en sont allés. De tous, Samuel est celui que l’on apprend à connaître le mieux. Il apparaît à intervalles réguliers, de l’enfance à la vieillesse. Tour à tour, drôles, stupides, loosers, agaçants, violents, tous ces hommes, anti-héros par excellence, sont terriblement attachants. On sent une tendresse de Pierre Théobald pour tous ses personnages, à qui il a prêté probablement des extraits de sa propre existence. Une série de nouvelles qui se succèdent dans une construction proche parfois du roman choral, tant certaines sont liées. La plume est belle. Beaucoup de charme pour ce joli moment de lecture. À déguster. – Hélène de Montaigu
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Une succession de mini nouvelles et instantanées de vie d’hommes, des contemporains avec des anecdotes pas toujours intéressantes ni pertinentes et surtout en fait j’ai du mal à imaginer que ce livre puisse être considéré comme un roman. Certes à la fin de la lecture on peut comprendre les liens qui pourraient exister entre les différents personnages mais personnellement je n’ai pas eu l’envie de le relire pour vérifier qui était évoqué dans quelles nouvelles par rapport à qui etc. Un moment plaisant mais comme on lit un magazine féminin sans plus. – Delphine Palissot
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« Boys »… malgré la superbe épigraphe, souvenir de ma jeunesse… Boys don’t cry du fameux groupe The Cure, je l’ai refermé la gorge serrée, les larmes au bord des cils. J’ai une excuse, je suis une femme. Le premier ouvrage de Pierre Théobald est pour moi une découverte magistrale.
« … j’ai pigé de quoi il retournait : c’était donc ça le coup de foudre, toute cette histoire à peine crédible de grand choc saturé d’électricité qui vous cloue sur place sans plus pouvoir remuer.«  Oui, c’est bien ça ! comme Karim devant « la fille », je reste coite, devant le livre refermé. Que vais-je pouvoir en dire ? Quels mots seront suffisamment forts ? Suffisamment forts pour décrire la bousculade d’émotions face à ces dix-sept vies toutes chamboulées, cassées, malmenées, la tristesse, le chagrin, le désarroi d’hommes à la croisée de leur chemin. Oui, ils sont dix-sept, jeunes ou moins jeunes, qui nous racontent leur vie, leurs amours, leurs désamours surtout. Tristesse que tu es belle !
A coup de nouvelles courtes ou plus longues, avec Samuel en fil rouge que nous suivons, lui, de bout en bout, c’est une étude de la vie à laquelle nous confronte l’auteur. Et, comme nous le disait David Thomas aux Escales de Binic à propos d’un de ses recueils de micro fictions, si les personnages sont multiples, s’il s’agit d’une somme de nouvelles, on peut le lire comme un roman. On y retrouve le parcours amoureux du célibat à la rupture en passant par le désir, la rencontre, l’amour du début, l’arrivée des enfants, les crises, les doutes, la séparation.
Si l’on excepte quelques touches d’espoir, quelques rayons de soleil, l’ensemble m’a paru noir. Il m’a sans doute touchée plus que de raison mais je sais que la lecture est le reflet de soi. Et si cette lecture me fut douloureuse, elle me fut tout aussi sublime. L’écriture est toute en maîtrise : petites phrases, mots choisis, piquants ou au contraire d’une douceur infinie. Elle possède à la fois légèreté et profondeur, elle mêle le quotidien banal « Dans la cuisine j’ai allumé la lumière et je me suis préparé un café – un instantané, sans quoi le gargouillis de la cafetière m’aurait trahi.« , à des réflexions plus universelles « S’écrire… c’est un rituel que l’on a instauré après notre séparation… Mais de nos jours qui rédige encore des lettres ? Hormis fourrager le cœur à la pointe du stylo, quelle utilité ?«  La construction est parfaite, qui réussit, au détour d’une nouvelle, à mettre en place des liens inattendus entre les différents acteurs.
Malgré ce que j’ai écrit plus haut, ce ne fut pas un coup de foudre. Ce fut bien plus fort, de ces histoires d’amour qui se construisent petit à petit et dont le souffle s’amplifie au gré des mots. Chaque page tournée ajoutait à cette sensation de plénitude, cette envie de continuer, ce bonheur d’aller plus loin.
« Boys », un magnifique ouvrage qui fait la part belle aux hommes, touchant, émouvant, captivant. En un mot : sublime.  – Geneviève Munier
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A chaque nouvelle histoire, il faut redécouvrir les personnages. A chaque nouveau personnage, on se demande si Pierre Théobald arrivera, avec un artifice, à relier toutes les scènes. A chaque scène, il n’y a que des hommes à un moment décisif de leurs vies. Des hommes, tous hétérosexuels, tous tournés vers une rencontre ou une séparation, tous handicapés devant la paternité. A chaque vie, un Samuel sert de liant.
Boys est une suite de portraits plutôt réussis, qui à la longue, se mélangent.
« J’ai aimé Claire. De toute manière, il n’y a rien à ajouter ».
Si le but est de toucher les lectrices, c’est au détriment de la diversité masculine, c’est réduire l’homme à un rôle stéréotypé. – Renaud Blunat
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Il est intéressant de rentrer dans les pensées de ces homme, d’autant plus que ce roman ou ces nouvelles ? est écrit par un homme Pierre Théobald.
Certains sont désarmants, charmants, attendrissants, et certains d’entre eux tout à fait honorables ! D’autres font grincer des dents ! On ressent dans ces descriptions la fragilité, la sensibilité, la maturité, les faiblesses et les chagrins aussi de ces hommes qui sont mis à nus !…. A chaque fin de chapitre, on se demande quel sentiment va nous faire découvrir le suivant !… L’écriture est libre et agréable ! Elle donne envie de suivre Pierre Théobald sur d’autres aventures. – Brigitte Belvèze
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Autant Les petits garçons m’avaient laissée indifférente, autant les Boys de Pierre Théobald m’ont totalement embarquée. À l’image de la couverture, j’ai sauté à pieds joints dans ces fragments de vies masculines qui, durant presque 250 pages, se suivent et se croisent parfois, comme un clin d’œil de l’auteur.
Avec Boys, d’abord je me rappelle combien c’est agréable de lire des nouvelles ! C’est concis et c’est percutant, c’est touchant mais ça ne s’embarrasse pas de fioritures d’écriture. Telle une petite souris scrutant depuis mon trou, ou encore chirurgienne avec mon scalpel, je découvre les « humeurs » de ces messieurs, ce qui qui les constitue et ce qui les préoccupe. J’aurais d’ailleurs bien continué après la dernière page à scruter et faire la connaissance d’autres hommes, pères, amants, fils, …
Sans rien revendiquer, Pierre Théobald dresse une galerie de portraits d’hommes, d’âges et de situations variées. Un peu à la manière d’une course de relais dont Samuel serait le « témoin », traversant le récit à différentes étapes de sa vie, et qu’on imagine bien inspiré de la vie de l’auteur. La paternité est très présente, l’amour aussi, les femmes (les hommes ?), le temps qui passe… Comme une chanson de Vincent Delerm – je me permets de l’ajouter à la bande-son de Boys, entre Miossec et Souchon !
J’avoue, à l’heure du mouvement inespéré #Metoo et d’une « sororité » dans le vent mais tout aussi nécessaire, ce recueil m’a rappelé que les hommes aussi étaient doués de sensibilité, pétris de doutes et d’incertitudes, fragiles à leurs heures et parfois même naïfs… Ça m’a fait du bien. Merci. – Adèle Glazewski
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Boys n’est pas un roman. Ce n’est pas non plus un livre de nouvelles. J’ai eu beaucoup de mal à « entrer dedans » comme on dit. Je me suis autorisée à renoncer, au motif qu’on n’est pas obligé d’aimer tous les livres … quand j’ai remarqué que revenait le prénom de Samuel auquel je n’avais pas suffisamment prêté attention.
J’ai repris depuis le début, sautant les pages pour retrouver ce Samuel dérouler le fil de sa vie et ses tourments, jusqu’au plus terrible mais si justement restitué. Ce dernier hurlement d’amour qui clôture le livre m’a poussée, non pas à refermer l’ouvrage, mais à le reprendre en ne lisant cette fois que les « autres » histoires que j’ai d’abord piochées au petit malheur … parce que ce serait abuser que de parler de bonheur …
Il y a indéniablement un travail de dramaturgie dans ce recueil où la progression narrative n’est pas soulignée mais bien réelle. Chaque épisode contient la matière à un livre complet mais le choix de Pierre Théobald de les condenser sous la forme de nouvelles rend les chapitres plus nerveux et surtout jamais bavards. La plus incisive, située au milieu de l’ouvrage, condense en à peine deux pages le vide qu’elles font quand elles se tirent (Théo). On s’arrêtera au passage sur le prénommé on se dira que le grand Jacques (Brel) aurait pu chanter cela.
Son écriture est actuelle, vibrante, imprégnée d’un romantisme totalement contemporain qui parle autant aux hommes qu’aux femmes. Ses mecs scannent les nanas et capturent des écrans. Leurs filles sont au Japon le temps d’un stage (Gilles et la copine de Marc ont de la chance, elles reviendront, pas la mienne). Ils torchent des cigarettes, mènent leur vie comme ils peuvent, en contrôlant tant bien que mal des trajectoires compliquées, à l’instar d’une conduite sur verglas.
Avant de lire Pierre Théobald je ne savais pas que 20% des hommes sont confrontés à l’infertilité. Je ne me doutais pas que le creusement d’une ride du lion pouvait devenir un souci masculin, je veux dire provoquer chez un homme la crainte de déplaire, de vieillir et de se sentir poussé sur le bas coté de la vie, au moment où les vies sont faites, défaites (Marc).
Le cœur des hommes de Pierre Théobald prend des décharges mais même à terre il trouve le sursaut d’un geste héroïque comme Abel qui aura l’ultime courage de liquider le passé et d’exprimer sa gratitude à celle qu’il a (mal) aimée.
Accepter la vérité n’est pas faiblesse, comme le démontre Fred. Aucun ne baisse les bras et s’il y a une leçon à tirer c’est bien de ne pas se fier aux apparences. Dans la vie comme en lecture.
Les pages enquillent les aléas et les accidents. C’est grinçant. Parfois à la frontière du polar (Nicolas), en tout cas franchement dans le roman noir. Les personnages de Pierre Théobald sont à l’image des Rescapés que chante aujourd’hui Miossec. Il sont de ceux qui ne sont pas passés de loin à côté … et qui n’ont plus le temps … que pour un sentiment qui relève d’une forme de tendresse (Karim).
La paternité voulue, subie, gagnée ou perdue compose la trame de fond de ces textes où il y aurait matière à bâtir une pièce de théâtre. – Marie-Claire Poirier
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Une série de nouvelles écrites par un homme sur le cœur des hommes, l’intimité des hommes… Les hommes vus de l’intérieur en quelque sorte… Attirant n’est-ce pas? Terriblement réussi !
Car en réalité, c’est plus qu’un simple recueil de nouvelles. Avec une quinzaine d’hommes, de différents âges et milieu social, l’auteur dessine un portrait des hommes d’aujourd’hui très attachant.
Pour certains juste quelques pages, pour d’autres, un portrait plus fouillé, comme Samuel dont l’histoire va apparaitre huit fois depuis la veille de son entrée en sixième en 1983 jusque beaucoup plus tard après 2019. Ils sont tous à un instant de bascule de leur vie, et avec beaucoup de tendresse et d’empathie, l’auteur nous fait partager leurs espoirs, leurs amours, leurs douleurs, leurs failles…
J’en ai aimé certains plus que d’autres, mais tous sont émouvants à un titre ou un autre…« J’ai aimé nos instants minuscules, nos instants de rien, ce que l’on croit être l’ennui, le quotidien, mais qui n’est rien autre que la manifestation sincère de l’amour, son expression nue et désintéressée. L’amour n’existe que là, dans ces intervalles dépourvus de consistance« 
Une très jolie écriture , un auteur à suivre… – Catherine Dufau

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Parfois, même si je ne lis jamais trop les critiques avant de découvrir un livre récemment publié, il arrive que le bouche à oreille soit si fort que je sais d’avance que le livre a reçu un excellent accueil… Cela ne m’influence pas, mais je le sais, voilà tout.
En fait, même si je reconnais que Pierre Théobald a une très belle plume et qu’il y a vraiment une certaine originalité à mêler le recueil de nouvelles et la trame romanesque grâce à un personnage récurrent qui évolue dans le temps, son livre n’a pas réussi à provoquer en moi l’émotion qui fait toute la différence.
L’auteur maîtrise l’art de la nouvelle, sa brièveté, sa chute brutale… etc. Il sait mettre des mots sur des sentiments et des postures… C’est assez photographique dans l’approche : des hommes à des moments cruciaux de leur vie. C’est assez universel : la vie des hommes d’aujourd’hui… Mais l’ensemble reste une galerie de portraits figés que l’on va vite oublier. Personnellement, quand je reprenais ma lecture, il m’arrivait de ne plus me souvenir des histoires lues précédemment. Il m’a manqué quelques aspérités…
Et puis, une question me taraude : pourquoi, alors qu’il manie la langue française avec brio, efficacité et poésie, Pierre Théobald ou son éditeur ont-ils choisi un titre en anglais ?!… Oui, pour la chanson de The Cure, mais…
Une petite déception pour moi… – Aline Raynaud
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Dans chacune des nouvelles de « Boys » (certaines font deux pages maximum), la voix d’un homme se fait entendre ; ils sont différents du point de vue de l’âge, de la situation de famille, du métier ou du milieu social, mais tous ont un point commun : ils sont saisis à un moment où la décision qu’ils prendront changera leur vie.
Ils font sourire, ils émeuvent, ils agacent, ils effraient, ces mâles déboussolés. Chacune de leurs histoires interroge sur un homme d’aujourd’hui : amant abandonné, fils mal aimé, perdant magnifique, mufle patenté… L’auteur leur donne vie en particulier par sa façon de les faire s’exprimer.
Un seul sera suivi par le lecteur tout au long de sa vie, de son enfance où un nouveau-né ouvrira sa sensibilité, jusqu’à la fin de sa vie où bien que n‘ayant jamais pu devenir père biologique, il réalise qu’il a aimé et que tout l’amour donné et reçu a rempli sa vie. C’est beau, tendre et profond.
Tout cela est bien vu, bien écrit, se lit facilement et reste en mémoire, mais n’est pas gai-gai ; en refermant le livre, j’ai pensé au vers d’Aragon : «Est-ce ainsi que les hommes vivent ? »…  – Marianne Le Roux Briet
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Je suis toujours un peu inquiète au moment de commencer un livre qui a créé une réaction unanime d’enthousiasme chez mes ami e s lecteurs et lectrices. Le syndrome de l’esprit de contradiction ? Je ne sais pas trop, mais il me semble que cette sensation intensifie mon attention et me fait profiter encore davantage de ma lecture.
De toutes façons le problème ne se pose pas avec le livre de Pierre Théobald et j’adhère sans aucune réserve à son fan-club !
Voilà donc Samuel, Greg, Alex, Cédric et les autres mais aussi Claire, Chloé, Sylvie, Cécile… dont les trajectoires se croisent, s’infléchissent, s’éloignent, se rapprochent et dessinent de vivantes constellations que la grâce et l’élégance des mots de Pierre Théobald nous révèlent. Ils sont enfants, jeunes hommes, adultes, maris, amants, amis. Aiment le foot, la ville, la nature, la mer, les copains, les femmes, une femme. Ils souffrent, hésitent, se trompent, oublient, choisissent, vacillent, basculent, échouent, s’interrogent, doutent, recommencent, espèrent. Ils vivent. Et c’est beau de les voir, de les savoir vivre avec leurs fragilités, leurs forces, leurs faiblesses, leurs peines et leurs joies.
L’architecture que l’auteur a imaginée rend parfaitement compte des hasards nécessaires, de la part de ce que Jung appelle les synchronicités et qui forment les aiguillages possibles de l’existence. Et sur cette charpente solide viennent se poser subtilement, avec une grande douceur et beaucoup de délicatesse, les émotions, les sentiments, les comportements de chacun de ces « boys ».
En quelques phrases leur situation est posée, leur portrait est esquissé, mais rien n’est figé, car c’est le mouvement de la vie qui se révèle et que l’on saisit instantanément. Et puis, ils continuent leur chemin, ces garçons qui sont l’autre partie du monde. Il n’y a pas de « dénouement » car tout se noue et se dénoue sans cesse. Le temps de quelques pages, on a accompagné Samuel, Greg, Alex, Cédric et les autres et l’on sait qu’ils poursuivent leur route, leur vie, en dehors de nous, dans l’intimité silencieuse que créent les ellipses narratives. Mais Pierre Théobald a su si bien, si puissamment les incarner qu’on continue à penser à eux, comme à des amis lointains dont on espère qu’ils vont bien, qu’ils sont heureux « quand même ».
Oui, c’est un livre un peu magique, un de ces livres lumineux qui nous apprennent, autant par leur forme que par leur propos. Pour moi, le roman de Pierre Théobald et « Eparse » de Lisa Balavoine se complètent à la fois par leur structure en fragments, que l’écriture réunifie, et par les thèmes qui se croisent en s’enrichissant mutuellement… un peu comme les deux moitiés du monde qui se rejoindraient. – Sophie Gauthier

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