Ivoire – Niels Labuzan

“Tant que l’homme pense que ses faiblesses peuvent être compensées par de la bile, du foie, des pattes, des griffes, qu’il lui suffit de consommer ou d’accumuler des parties animales pour guérir ou pour exister, tant que les pays consommateurs de cornes, d’écailles et autres produits issus de la faune sauvage ne décident pas d’interdire ces pratiques et de les condamner, le braconnage prospérera toujours plus.”

Ivoire

Au Botswana, les animaux, et en particulier les éléphants, ont trouvé un refuge : des hommes veillent nuit et jour pour préserver la vie sauvage. C’est là que le combat a été engagé avec la plus grande volonté contre le braconnage. Les personnages de ce roman sont tous partie prenante d’une guerre bien particulière qui se joue en Afrique mais qui nous concerne tous. Douaniers, rangers, militaires, éleveurs, civils, braconniers… ils tuent ou protègent, vivent au milieu de ces paysages grandioses, entourés de ces animaux qui ont pu conserver leur liberté et leur dignité. Tous connaissent le prix de ces vies, savent ce que certains hommes sont capables de faire pour de l’ivoire ou une peau. Parmi eux il y a Seretse, qui travaille pour le gouvernement du Botswana, Erin, qui a quitté la France pour vivre dans une réserve et Bojosi, un ancien braconnier reconverti en garde. Ils n’idéalisent pas la nature, ne la sacralisent pas, ils y vivent, la protègent et pourraient y mourir.
Un roman superbe qui interroge les liens de l’homme avec la nature et le monde sauvage.
Pour ma part, ce roman m’a sensibilisée, marquée et fait prendre conscience de la responsabilité que nous avons tous.
Très belle écriture.  – Gloria Rodriguez
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Aidé d’une solide documentation et d’un séjour au Botswana, Niels Labuzan nous propose une réflexion sur la place des animaux sauvages en Afrique sous la forme d’un thriller. Passionnant !
Ce qui frappe d’abord en lisant «Ivoire», c’est la somme d’informations – qui font souvent froid dans le dos – que l’auteur a rassemblé. Comme le rappelle Le Monde, Niels Labuzan a passé des mois à rechercher et trier la documentation avant de se rendre au Botswana, en avril 2017 : «Il a étudié les ­enquêtes d’Interpol sur le trafic d’ivoire et compulsé des articles sur les massacres d’éléphants commis au Cameroun ou au Congo par des janjawids, les sinistres miliciens soudanais, échappés du Darfour.»
Mais qu’on ne s’y trompe pas, c’est bien davantage un roman d’aventures, un thriller qu’une thèse sur le trafic d’ivoire qu’il nous propose. Dans les somptueux paysages de l’Afrique encore sauvage, une course contre la montre est lancée pour préserver une faune de plus en plus menacée. Si l’éléphant figure en début de cette terrible liste, c’est qu’il voit tout à la fois son milieu naturel subir les assauts de l’homme et du climat et les braconniers les abattre à une cadence infernale. La Tanzanie a perdu 60% de ses éléphants en cinq ans, le Mozambique presque 50%. Le delta de l’Okavango peut sembler un sanctuaire, mais la menace se fait de plus en plus forte et visible. Face à une organisation mafieuse bien structurée, bien équipée et qui génère des milliers de dollars de bénéfices les rangers font ce qu’ils peuvent. Un soutien leur est apporté par Erin, une Française bien décidée à contrecarrer les trafiquants en traçant une carte des routes de l’ivoire. «Ça l’avait occupée pendant des années, avoir une vision claire du trafic, de la complexité de ces échanges globalisés. Elle était certaine de pouvoir exposer la manière dont la marchandise quittait le territoire africain et était acheminée à travers le monde. Elle avait réfléchi à la façon dont elle pourrait infiltrer un réseau de contrebande.»
Au moment où s’ouvre à Kasane une conférence chargée de faire le point sur les mesures prises au niveau international, on apprend que trente cadavres d’éléphants ont été retrouvés en RDC. Le secrétaire permanent Felix Masilo décide alors d’envoyer Seretse, au service du gouvernement du Botswana, pour une mission délicate: intégrer des défenses équipées d’un traceur dans un chargement de défenses d’un réseau de contrebande.
Arrêtons-nous du reste sur les acteurs de ce trafic qui réservent aussi quelques surprises, comme par exemple le fait qu’une femme soit à leur tête. Yang, une Chinoise qui avait «eu l’occasion de faire passer deux défenses braconnées en Chine, pour un couple de touristes, gagnant en un aller-retour ce qu’elle gagnait en un mois comme traductrice» et qui en une quinzaine d’années avait monté un réseau florissant car 70% de l’ivoire des éléphants tués en Afrique partent en Chine.
Celui qui est familier des règles de ce milieu est Bojosi. Aujourd’hui garde d’un territoire qu’il connaît parfaitement, il a été braconnier et se fait fort d’infiltrer leur milieu. Une opération risquée à l’issue des plus incertaines.
Niels Labuzan réussit parfaitement à nous sensibiliser à cette question en nous menant au cœur de cette opération, en nous faisant découvrir des tonnes d’ivoire, en nous expliquant les enjeux politiques et économiques de ce marché et en nous offrant un épilogue aussi dramatique que spectaculaire. – Henri-Charles Dahlem
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Un premier roman qui nous transporte en Afrique et dans les forêts, les réserves, et va nous parler surtout du trafic d’Ivoire et du braconnage des éléphants. Même si des mesures sont mises en place par les pays : grande messe de protection, lois édictées, parcs-réserves labellisés pour protéger les animaux. Le trafic perdure et intéresse le monde entier. A travers plusieurs personnages, l’auteur nous décrit ce monde de la nature sauvage mais aussi le système de trafic. Chaque personnage est bien campé et il décrit très bien les ambivalences de chacun. Internationaux, l’ivoire intéresse tous : certains ont décidé de consacrer leur vie à la sauvegarde des éléphants. Un beau portrait de cette femme britannique, qui dirige une réserve et qui tente de lutter contre les braconniers. Elle va monter avec des politiques locaux, un portrait d’un jeune homme qui vient d’être nommé dans un ministère, un piège pour réussir à trouver les chemins des trafics. Très documenté, ce livre nous décrit très bien chaque situation, chaque personnage. Une lecture où l’on en apprend beaucoup mais qui se lit aussi comme un roman policier, car on va suivre de mystérieuses cornes d’ivoire, à travers l’Afrique, mais on va rencontrer des conservateurs français (je viens de visiter le nouveau ancien muséum de Bordeaux où il y a d’ailleurs certains spécimens d’animaux aujourd’hui disparus), une Britannique qui dirige une réserve, des anciens braconniers qui sont devenus des rangers, une chinoise qui va faire fortune avec ce trafic de l’or blanc mais l’auteur va aussi nous raconter le monde des éléphants (quelques références aussi à Dumbo, dont l’adaptation de Tim Burton vient de sortir en salles). J’ai beaucoup apprécié cette lecture, car j’ai découvert un univers. Un très réussi roman et je vais lire le premier texte de cet auteur. Merci encore aux fées du groupe des 68premièresfois de me faire lire de tel texte.  – Catherine Airaud
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Un roman qui nous parle de l’extinction de la faune sauvage et plus particulièrement des éléphants d’Afrique et du trafic autour de leurs défenses.
Nous sommes tous conscients du péril encouru par de nombreuses espèces animales ; nous avons tous entendu parler du braconnage, des chasses organisées pour les touristes fortunés et du commerce illégal de l’ivoire ou encore de la corne de rhinocéros… Oui, mais c’est loin ; cela concerne l’Afrique et il y a comme un décalage entre la prise de conscience et le fait de se sentir personnellement concerné.
C’est un peu le propos de ce roman : nous plonger dans la réalité de la lutte pour la préservation des éléphants du Bostwana. Niels Labuzan met entre nos mains un roman d’aventure mais aussi un essai romancé sur l’action des hommes sur le monde sauvage entre motivations mercantiles, enjeux divers et variés et grands idéaux.
Le titre donne le ton : l’éléphant a perdu son identité animale, sa prestance et sa place dans la faune sauvage, réduit à la substance de ses défenses et au profit que l’on peut en tirer, ramené à une partie de son corps. On appelle cet effet de style une synecdoque.
D’abord, j’ai pris une carte de l’Afrique centrale et australe sous les yeux pour bien repérer les territoires car il est évident que Niels Labuzan nous propose un vrai dépaysement et que les lieux ont une grande importance dans le récit ; les zones et les surfaces à couvrir, à surveiller, à parcourir, à prendre en compte dans tous les sens prennent ainsi forme et surtout ampleur.
Les personnages viennent d’horizon différents, d’Afrique, d’Europe et d’Asie ; ils appartiennent aux types de protagonistes des romans d’aventures, trafiquants sans scrupules, braconniers, rangers, défenseurs de l’environnement, fonctionnaires zélés ou corruptibles… Pris individuellement, leur parcours explique et motive leurs actes quel que soit le camp où il se trouve, même quand ils en changent ; ils ont chacun leur part de mystère, leurs zones d’ombre et de lumière et l’auteur a travaillé leur psychologie au-delà de leur simple rôle ou place dans le trafic à démanteler ; il est question de couples, de familles, de relations mère-fils…
L’écriture est fluide et agréable, aérée et efficace, à la fois didactique et pleine de suspense. Niels Labuzan sait manifestement de quoi il parle : sa fiction est construite sur du solide, du vérifiable et du vraisemblable. On dévore facilement les 350 pages, pris dans l’action, savourant le stratagème mis en œuvre pour remonter la filière.
Le dénouement est complexe : les héros ont fait leurs choix, pas forcément ceux qui paraissaient les plus en phase avec ce qu’ils étaient. Le roman a une fin mais les choses continuent… Niels Labuzan nous a placé au cœur de l’action pour nous montrer de près l’un des travers de notre époque et c’est superbement réussi.
Un bon livre sur un thème d’actualité.
Une approche intéressante et originale.
Le premier roman de Niels Labuzan, Cartographie de l’oubli, me tente bien, toujours sur l’Afrique et la problématique coloniale. – Aline Raynaud
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Un livre essentiel, à offrir aux amis, à diffuser dans toutes les écoles pour rappeler l‘esclavage des hommes, leur cupidité aussi qui organise des réseaux mafieux pour piller la nature, décimer des espèces animales dans le silence assourdissant du monde indifférent.
J’ai une grande admiration pour cet écrivain,  son travail d’investigation, sa plume qui nous offre un véritable thriller, son message qui nous rappelle que ceux qui tiennent les fusils sont aussi souvent, comme leurs proies, les victimes de la folie destructrice de certains hommes sans foi ni loi .
Un livre d’une brulante actualité où hier encore, une prise colossale de défenses d’éléphants et d’écailles de pangolin a été faite …une petite victoire dans un monde qui meurt.
Une rubrique qui rappelle que le dernier rhinocéros blanc vient de s’éteindre … – Christiane Arriudarre
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L’extinction de certaines espèces animales.
La folie des hommes prêts à tout pour de l’argent et l’engagement viscéral de quelques uns pour combattre le trafic d’ivoire.
C’est de tout cela dont parle « Ivoire » de Niels Labuzan.
Le Botswana, un pays engagé dans la lutte contre le braconnage, a beaucoup de mal à contenir le trafic et à le réduire car la corruption est très présente parmi ceux sensés défendre l’éléphant. Nous découvrons ce qui s’y déroule à travers principalement les yeux et le vécu de trois personnes. Erin, une femme, qui a tout quitté pour poursuivre un idéal. Bojosi, un braconnier repenti devenu ranger mais malheureusement rattrapé par son passé, par amitié. Seretse, rejeté par les siens, pauvres et démunis, car il a réussi à sortir de sa condition grâce à des études. Deux autres personnages secondaires mais non moins odieux et criminels : Thanu, un chef braconnier sans foi, ni loi. Si, la sienne ! et Yang une ancienne prostituée chinoise à la tête de réseaux de trafic d’ivoire.
Dès les premières pages l’auteur ne nous épargne pas. Le lecteur assiste à la mise à mort de l’animal et au carnage qui en résulte. Pour quelle raison l’éléphant perd t’il la vie ? Uniquement pour deux dents ! L’éléphant a beau être le plus grand animal terrestre, il est « sans défense » face à ses hommes armés jusqu’aux « dents » !!! Des hommes sans états d’âme juste animés par le gain, agissant pour quelques poignées de dollars souvent pour eux-mêmes survivre. Par la suite Niels Labuzan nous décrira les différentes formes de braconnage : au fusil, à la machette, à l’aide de produits chimiques qui ne tuent pas que l’animal mais l’environnement et par extension d’autres hommes.
Niels Labuzan, vibrant « défenseur » des animaux, utilise une écriture directe, « incisive » presque chirurgicale parfois. Il a choisi un thème rarement abordé dans les romans et pourtant si important. Il pousse un cri d’alarme et maîtrise parfaitement son sujet. Le lecteur passe par toutes les émotions : l’effroi devant le carnage, la tristesse de découvrir le piège dans lequel tombe Bojosi, l’espoir qu’Erin et son équipe parviennent à infiltrer la filière de l’ivoire et ainsi pour voir la détruire.
Bien que l’écriture soit seulement efficace et la fin un peu confuse, je ne peux qu’encourager tout le monde à lire « Ivoire » car plus il y aura de personnes informées et sensibilisées à la cause animale plus il sera possible de renverser la tendance et d’espérer arrêter ce trafic immonde.  – Françoise Le Goaëc
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Lorsque j’ai refermé la dernière page de Ivoire, je me suis demandée si je n’allais pas consacrer toutes ces heures que je passe à lire à des romances, des histoires d’héroïne aux yeux violets, belle, riche, fiancée à un merveilleux jeune homme et pour l’intrigue juste un petit quiproquo qui s’arrangerait à la fin. Et surtout, surtout, pas d’animaux. Je serai même prête à exiger le label « aucun animal n’a été maltraité même en pensée dans ce roman ». Voilà ce que je me suis dit.
Parce que lorsqu’on termine Ivoire, de nombreuses émotions négatives vous envahissent les pensées . De la colère, du désespoir, de la tristesse, de la pitié et surtout un immense sentiment d’impuissance.
Que faire en effet pour endiguer cette progression inexorable vers la disparition de nombreuses espèces d’animaux ? On ne parle même pas des hécatombes liées au changement climatique, mais juste de la tuerie organisée sur le continent africain, qui nourrit une foule d’intermédiaires qui ne voient que le profit immédiat. Le commerce de l’ivoire aura beau être banni officiellement en Chine, les réseaux commerciaux illégaux continueront de fleurir, jusqu’à ce que le manque de denrée première, c’est à dire les éléphants, ne donne plus de possibilité aux trafiquants. Mais même alors, il faudra que les pangolins et les ânes fassent attention à leurs fesses, car ils seront les nouvelles proies.
Niels Labuzan nous offre là un roman qui explique bien les tenants et aboutissants de ce trafic et le règne universel de l’argent au mépris de toute considération pour la vie, qu’elle soit humaine ou animale.
Certes on voit bien que la lutte est présente, mais peu efficace.
C’est très instructif, assez décourageant, et cela aurait mérité 5 étoiles si quelques tournures maladroites ne m’avaient posé problème à la lecture.  – Chantal Yvenou
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La lutte contre le braconnage et le trafic d’ivoire est au cœur de ce roman. Pour protéger les éléphants, Erin, responsable d’une réserve au Botswana, met en place un piège destiné à remonter la filière des braconniers et des trafiquants. Mais son projet bouleverse l’existence de ceux qui, parfois à contrecœur, lui apportent leur soutien. Étayé par de solides informations sur la situation en Afrique et sur le processus d’extinction des espèces sauvages, le récit s’inscrit dans les sublimes paysages de l’Afrique australe et devient lyrique pour évoquer les éléphants.
Un roman qui aurait dû m’enthousiasmer, donc. Mais j’ai été impatientée par l’écriture qui, à mon sens, manque de fluidité et qui a donné à ma lecture un côté trébuchant, saccadé, me faisant souvent perdre le fil du récit. La construction des phrases m’a paru lourde, maladroite et parfois syntaxiquement discutable . Par exemple la phrase « Les savoir braconniers, peu importe à quel niveau, était différent que la certitude de les savoir misérables » (p.110) m’a fait sursauter et j’ai dû la relire plusieurs fois avant de la comprendre. De même, p.124, « Assis sur une caisse en plastique bleu, Seretse aperçut son frère, une combinaison sale sur le dos. » : contrairement à ce que l’apposition suppose, c’est le frère de Seretse qui est « assis sur une caisse ». L’emploi et le rôle des phrases nominales m’ont gênée car je n’en ai pas toujours perçu la justification, ni la force évocatrice qu’elles auraient pu posséder.
Pour moi, cette accumulation de maladresses dessert le propos et la puissance des thèmes qui sont abordés. C’est regrettable car les passages poético-philosophiques sur les comportements des éléphants sont très réussis et fascinants. – Sophie Gauthier
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Voilà encore un roman que je n’aurais jamais lu sans les 68premieresfois, le thème ne m’aurait pas spécialement attiré, la couverture ne m’aurait pas tapé dans l’œil, l’auteur m’est inconnu. Bon ça c’est le principe, découvrir des premiers (voire second ici) roman français.
Dans ce roman, on parle d’un sujet spécifique à notre époque : la disparition de certaines espèces d’animaux sauvages, pour cause de surexploitation et de braconnage. Comme le titre l’indique, l’auteur s’est principalement intéressé aux éléphants et à leur ivoire si convoité, notamment par les pays asiatiques.
Il y a Erin, jeune française responsable d’une réserve naturelle au Botswana. Il y a Bojosi, ancien trafiquant repenti devenu rangers. Il y a Yang, l’une des plus grandes acheteuse d’ivoire. Il y a Seretse qui travaille au ministère et qui ne sait pas vraiment où est sa place et quel est son devoir. Et il y a surtout les éléphants. Comment faire pour les sauver, pour stopper ce trafic ?
On sent que l’auteur s’est énormément documenté, sur les réseaux, sur les trafics, sur les populations locales, sur les différents pays africains leurs lois et leurs coutumes en la matière, sur les raisons qui poussent certains à braconner. Certains passages du roman tiennent plus du documentaire et au final, l’intrigue est bien secondaire. Ce roman est vraiment là pour dénoncer et alerter. Une lecture instructive pour ma part mais j’aurais aimé que les personnages et l’intrigue soient plus développés. Mais j’ai beaucoup apprécié l’immersion dans le bush, dans la nature sauvage. – Marie-Anne Pittala
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Allez savoir pourquoi, en lisant les quelques premières pages du nouveau roman – c’est son deuxième – de Niels Labuzan, « Ivoire », j’ai pensé que je n’irais pas au bout. Je m’étais trompée. Je l’avais commencé au mauvais moment et j’ai bien fait de le reprendre.
Il s’agit là à la fois d’un roman d’aventures, d’un documentaire fouillé quant au trafic de l’ivoire en Afrique et de la destruction des éléphants, et de portraits de personnages divers et attachants. Erin, Seretse, Bojosi, en font partie qui se liguent pour contrer les braconniers tueurs de pachydermes. Tracer une défense à l’aide d’une puce pour les confondre fait également de cet ouvrage une sorte de thriller.
J’ai été impressionnée par la somme d’informations relatives au commerce illégal que l’auteur nous dévoile. Il m’aurait toutefois été plus agréable qu’elles se fondent dans le texte, qu’elles soient totalement intégrées dans le récit, qu’elles ne fassent pas l’objet d’un chapitre particulier. La lecture en aurait été plus fluide. Pour autant, j’ai trouvé très intéressant le choix de vulgariser ce sujet des plus importants, de le choisir pour thème d’un roman, d’alerter les consciences autrement que par des articles parfois abscons. J’ai aussi aimé les différents protagonistes, leurs caractères trempés, leurs ambitions, leur ténacité dans le combat qu’ils ont choisi de mener.
Je n’ai, en revanche, pas été transportée par l’écriture : « Bojosi s’était levé tard…il sentit la vibration dans sa poche. Il ne s’en méfia pas, ne pensa pas que cet appel, il regretterait d’y avoir répondu, comme tous les autres qui allaient suivre. » Cette construction ne m’a pas semblé d’une grande élégance… et « Seretse se souvint des mots du secrétaire permanent, On sait à quoi s’attendre, oui, il s’attendait à ça et il y avait droit. » Pas davantage. Pour moi qui accorde tant d’importance à l’équilibre entre la forme et le fond, il en fut ainsi trop souvent. Je le regrette car je n’ai hélas pu apprécier les idées développées autant que je l’aurais souhaité.
« Ivoire » reste pour autant un ouvrage important sur l’avenir d’une espèce menacée. – Geneviève Munier
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Très belle découverte encore une fois.
J’ai beaucoup aimé ce livre qui mélange reportage, documentaire et pollar.
Une enquête au cœur du bush africain où nous suivons un animal majestueux et tout le trafic qui est fait autour des éléphants.
On sent que l’auteur s’est vraiment documenté pour rédiger ce livre et au-delà de passer un bon moment, le livre étant vraiment bien écrit, on en apprend beaucoup sur cette triste réalité qu’est le trafic d’ivoire.
La justesse de l’écriture se ressent également dans les descriptions de l’auteur qui ne condamne pas forcément tous les acteurs prenant part à ce trafic car certaines personnes n’ont pas le choix et ne voient pas forcément les implications que cela engendre, trop focalisées qu’elles sont à penser au lendemain.
Une justesse qui fait écho à l’actualité, on parle beaucoup du réchauffement climatique, des gestes et engagements à faire pour notre planète et la protection des animaux, fait à mon sens partie de ce combat.
Ivoire est une lecture nécessaire qui en plus d’être agréable à lire est d’une grande justesse et qui nous donne envie d’en apprendre encore davantage sur ce sujet. – Ana Pires
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C’est un roman que j’avais envie de lire et qui me permettait d’aborder un univers que je ne connaissais pas finalement et qui est assez peu traité à part par des faits divers où les trophée de chasse exhibés mènent à des tensions extrêmes.
Une héroïne, presque romantique a fait de l’Afrique un lieu où régler ses comptes pour protéger cette terre sacrée et ceux qu’elle porte.
Alors on met tous les moyens nécessaires à disposition pour suivre ce vaste chantier d’échanges pour réduire en poudre ce qui, sur un autre continent, promet mille merveilles.
La question est posée de savoir si on peut vraiment tourner le dos à un passé de braconniers ou si le destin ne peut que s’acharner.
Ce roman donne envie de se documenter et de mieux suivre les prises de pouvoir en Afrique. – Delphine Palissot
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Le roman pose la question de la préservation des espèces animales en Afrique, notamment des éléphants, victimes de braconnage au profit d’un trafic qui s’étend jusqu’en Asie. On y découvre les liens qui existent d’une part entre gouvernement et cellules indépendantes de défense des animaux et d’autre part entre des braconniers, maillon d’une chaîne qu’ils ne maîtrisent pas totalement et acheteurs. L’ivoire au cœur d’un trafic pourtant officiellement interdit depuis fin 2017 mais qui continue de tuer au profit de groupuscules qui travaillent dans l’illégalité. On suit principalement Erin, ethnologue française qui a quitté son pays pour le Botswana, Seretse envoyé en mission par le gouvernement et Bojosi ancien ranger forment un trio improbable qui va tenter de piéger des braconniers.
Niels Labuzan offre un roman très instructif, riche d’une documentation étayée (l’auteur est parti au Botswana), aux allures de thriller. Le lecteur est pris en témoin d’une époque où l’Homme détruit la nature pour survivre ou pour l’appât du gain, souvent dans l’ignorance de ceux qui tirent les ficelles de ce commerce illégal. Un roman à lire à l’heure où l’on parle d’extinction de certaines espèces animales. On en sort informé mais profondément triste et mal à l’aise. – Marine Bongiovanni
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Avec Ivoire, Niels labuzan veut nous sensibiliser au problème de la disparition prochaine des animaux sauvages, et plus particulièrement de celle des éléphants. Il semble bien connaître l’Afrique Noire dont il dénonce la pauvreté, la corruption, la cupidité, qui expliquent la mise à mort de nombreux éléphants. Il dénonce aussi la demande toujours croissante d’ivoire venant en grande partie d’Asie. Ce roman est un vibrant plaidoyer contre le braconnage. Il est très bien documenté sur l’Afrique, les populations d’éléphants, les difficultés dans les réserves, les efforts de certains gouvernements mais c’est fouillis et je m’y suis perdue. Je ne suis pas arrivée à m’attacher aux personnages.
Les phrases sont souvent courtes, nombreuses sans verbe. Ça donne de la modernité et du dynamisme au texte mais ça a fini par me gêner.
Dans ce roman j’ai apprécié l’originalité du thème rarement traité, son actualité mais je regrette sa forme. Ma déception tient peut-être au fait que j’en attendais beaucoup. Il est urgent de parler des espèces animales en danger et pour cela quoi de mieux qu’un bon roman ! – Françoise Floride-Gentil
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Au Botswana, du delta de l’Okavango à la rivière Chobe, les animaux, et en particulier les éléphants, ont trouvé un refuge : des hommes veillent nuit et jour pour préserver la vie sauvage. C’est là que le combat a été engagé avec la plus grande volonté contre le braconnage. Les personnages de ce roman sont tous partie prenante d’une guerre bien particulière qui se joue en Afrique mais qui nous concerne tous. Douaniers, rangers, militaires, éleveurs, civils, braconniers… ils tuent ou protègent, vivent au milieu de ces paysages grandioses, entourés de ces animaux qui ont pu conserver leur liberté et leur dignité. Tous connaissent le prix de ces vies, savent ce que certains hommes sont capables de faire pour de l’ivoire ou une peau. Parmi eux il y a Seretse, qui travaille pour le gouvernement du Botswana, Erin, qui a quitté la France pour vivre dans une réserve et Bojosi, un ancien braconnier reconverti en garde. Ils n’idéalisent pas la nature, ne la sacralisent pas, ils y vivent, la protègent et pourraient y mourir. Un superbe roman qui ne m’a pas laissé indifférente. Le thème du braconnage est difficile c’est un monde tribal. C’est pourquoi j’ai trouvé cette histoire émouvante et terrible à la fois. On s’attache aux différents personnages. Un récit qui créé un lien entre les hommes et les animaux. Ceux qui les protègent et ceux qui les tuent.  – Hélène Grenier

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