Saltimbanques – François Pieretti

“Gabriel n’a pas toujours été l’inconnu qu’il est devenu par la force des choses. Je me souviens d’un garçon vif, doué de ses mains, mais que d’incessantes querelles entre mon père et moi ont terni, au fil des années”.

Saltimbanques

Une histoire de fratrie, une histoire d’amitié, touchée au cœur par la mort accidentelle de Gabriel, le saltimbanque. Gabriel a le prénom d’un ange, l’ange déchu trop jeune, laissant tout le monde en deuil. A commencer par Nathan, son grand frère, parti il y a bien trop longtemps de la maison qui découvre à l’occasion de ses obsèques sa bande d’amis. Il admire ce groupe et cherche à travers eux ce frère qu’il n’a connu qu’enfant et dont il ne sait rien de l’homme qu’il était devenu. Il le voit partout sans jamais parvenir à se projeter, Gabriel restant pour lui l’enfant qu’il a laissé 8 ans auparavant.
Et puis il y a Appoline, la fascinante, la fuyante et Bastien le protecteur rassurant. C’est la fin de l’insouciance pour cette jeunesse égarée et meurtrie qui doit trouver les moyens de passer à autre chose.
Mais Nathan est un être complètement paumé qui n’a jamais vraiment rien fait de sa vie. Sa culpabilité face au deuil de son frère semble le pousser à avancer- mais il ignore comment- Gabriel s’impose comme un vide dans sa vie qu’il ne pourra combler, mais dans le souvenir de son jeune frère il cherche des réponses pour avancer.
Ce livre finalement est une forme d’éloge à l’altruisme, ce besoin des autres, d’une main tendue pour avancer, ce besoin de s’occuper des autres pour s’accomplir, se sentir utile quand on ne sait plus où aller.
Il raconte aussi la complexité de l’homme face à la mort, face à lui même- que chacun est en proie aux doutes, aux hésitations, aux abandons, que chacun a besoin de se révéler…
Francois Pieretti raconte très bien cette tristesse, ces regrets, sans pathos mais avec beaucoup de délicatesse et une forme de mélancolie . Une belle écriture fluide guidant le lecteur dans les méandres de l’expérience de Nathan. – Sandra Moncelet

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« Dis quand reviendras-tu ? », cela devait être la supplique de la mère à l’enfant, parti devenu grand.
Il n’est pas revenu, pas avant d’apprendre le décès accidentel de ce jeune frère qu’il a si peu connu.
« Le temps ne se rattrape guère . »
Pourtant c’est pour retrouver ce frère trop tôt disparu que l’auteur va suivre ses traces, mettre ses pieds dans ses pas, ses mains sur ce qu’il a tenu.
Il se laisse dériver, bateau de papier conscient de son inexistence, sans attaches, sans passions.
S’il ne peut donner corps à son passé il va aider une vieille personne à faire la paix avec le sien, trier, classer pour s’appuyer sur des caisses, des liasses de souvenirs …dominer le temps…
Une belle écriture pour ces espoirs déçus, ces rencontres qui filent entre les doigts, ces souvenirs qui s’enlisent …et le cœur qui espère encore …juste un petit peu. – Christiane Arriudarre
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Nathan revient auprès de ses parents, qu’il a quitté il y a une dizaine d’années. S’il accepte ce retour en arrière, auprès d’un père silencieux et froid, et d’une mère effacée, c’est pour enterrer son petit frère. Gabriel vient de mourir dans un accident de voiture… Au delà du chagrin, c’est la culpabilité de n’avoir pas vu grandir ce frère qui assaille Nathan…
Une fois encore, si les 68 premières fois n’avaient pas mis ce roman entre mes mains, je n’aurais pas croisé la route de François Pieretti.
Avec ce premier roman, l’auteur nous entraîne aux côtés de garçons et de filles perdus, pour qui la mort vient de frapper sans prévenir et faire éclater un quotidien qu’ils croyaient infini.
Nathan, le grand frère, est lui aussi dévasté par ce deuil impossible. Comment accepter de laisser partir Gabriel, les souvenirs qu’il a de cet enfant solitaire, les regrets et l’impression de l’avoir abandonné. Touchée par ce personnage, je l’ai suivi sur le chemin sinueux du retour à la vie…
C’est en épaulant un homme condamné par la maladie que Nathan apprivoise la disparition et le vide que laissera à jamais son petit frère… Savoir que cet homme va mourir ne rend pas l’absence plus facile, mais cela permet d’adoucir les souvenirs…
Un roman à l’écriture émouvante… – Audrey Lire & Vous
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Nathan revient dans sa famille, qu’il a quittée précipitamment il y a une dizaine d’années, pour assister aux obsèques de son petit frère Gabriel. Un frère finalement inconnu dont il découvre peu à peu la personnalité en fréquentant ses amis de lycée qui partageaient la même passion que lui pour le jonglage. Une troupe de saltimbanques auprès de laquelle Gabriel avait recréé des liens quasi-fraternels. Celle-ci lui avait donné un sens à sa vie alors que Nathan continue à errer, se cherche encore. Peu à peu Nathan endosse la peau de son frère tout comme son costume lors de l’enterrement, rejoignant la troupe, tombant même amoureux d’Apolline, la petite amie de celui-ci. Chacun pensant se rapprocher de l’absent en unissant leurs mal être. Mais Apolline s’en va un jour sans donner d’explications alors Nathan reprend la route. Il échoue en Bretagne auprès d’un père retraité, Christian et de sa fille, Marie. Il entreprendra involontairement avec Christian une sorte de psychanalyse, les deux hommes se confiant l’un l’autre leurs parcours chaotiques : « Du haut de son expérience de la vie et sans jamais rien forcer, Christian me faisait entrevoir le long chemin qu’il me restait encore à accomplir » .
J’avoue que j’ai d’abord consciencieusement lu ce livre uniquement parce qu’il faisait partie de la sélection des « 68 première fois ». Je n’y ai pris quelque intérêt que vers la fin, lors du passage de Nathan en Bretagne. Il y est un peu plus dynamique, reprend un peu sa vie en main alors que dans les 2/3 du livre il traîne sa peau, balloté d’un côté et de l’autre au gré des rencontres, sans véritablement savoir que faire. Il suit, subit … Plutôt démoralisant comme livre. Lors du retour de Nathan dans sa famille, l’auteur ne décrit pas suffisamment les relations entre les différents membres de la famille, ne permettant pas de comprendre cette absence de relations entre les frères et surtout pourquoi Nathan est parti très tôt loin de sa famille. Les personnages sont par contre attachants que ce soit Bastien, qui joue le rôle de grand frère auprès de la troupe, qu’Apolline beauté diaphane en quête de sens, que Christian victime d’Alzheimer et même « le chien » qu’adopte transitoirement Nathan.
Néanmoins une analyse fine d’une société qui se cherche, en manque de repères : « J’avais eu longtemps le même désintérêt pour les choses et commençais timidement à m’enflammer » : cette phrase résume bien le livre. – Françoise Le Goaëc
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Après plusieurs années loin de chez lui, Nathan retourne dans son village d’enfance. La raison ? Son frère Gabriel est décédé d’un accident de voiture, l’enterrement à lieu le jour même.
Les deux ne se connaissaient pas vraiment, Nathan a l’impression de perdre un étranger… Au fur et à mesure des jours, il va partir à la découverte de son frère, celui dont il a des souvenirs de lui, petit. Pour ça, il va intégrer l’équipe de saltimbanques donc son frère faisait partie afin d’en savoir plus sur lui…
Mon ressenti : J’ai eu du mal à rentrer dans ce roman, mais en fin de compte l’histoire m’a touché, et Nathan m’a ému. Dès le moment ou Nathan cherche à découvrir se frère, ce lien de sang, pourtant si éloigné de lui, ce besoin d’en savoir plus, de le creuser; je me suis attachée à lui.
Le rythme est relativement lent au début, ne sachant pas vraiment où l’histoire se dirige, et puis, plus la lecture avance, et plus je me suis attaché à Nathan, a ce qu’il ressent. L’histoire prend vraiment un tournant à son arrivée en Bretagne, où l’on découvre une autre personnalité de lui, pleine d’empathie.
Au final, malgré la lenteur du début, j’ai aimé ce premier roman, le livre est relativement touchant du début à la fin. – Virginie Deldalle
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L’originalité et l’intérêt de ce roman tient dans la plongée au cœur d’un groupe de jeunes jongleurs ou cracheurs de feu dans laquelle François Pieretti nous entraîne. Les jeunes décrits ici sont passionnés mais néanmoins paumés, se cherchant dans l’alcool, la cigarette et la drogue. Et puis il y a l’énigmatique Appoline qui fait fantasmer tous les garçons.
Le narrateur Nathan est, pour faire son deuil, à la recherche de la personnalité de son petit frère Gabriel décédé dans un accident de voiture à peine son bac passé. Ayant quitté la maison au même âge, alors que celui-ci n’avait que 8 ans, il le connait d’autant moins que ce dernier faisait tout pour l’éviter lors de ses rares retours au bercail. Au départ je croyais qu’il y avait eu un drame familial qui aurait expliqué l’atmosphère pesante et le brusque départ de l’aîné mais rien…. Nathan est lui aussi un paumé qui espère par ce retour aux origines et sa fuite au sein du groupe de saltimbanques donner du sens à sa vie.
La deuxième partie est totalement différente quand Nathan, après avoir tenté de se glisser dans la peau de son frère, trouve une sorte de sérénité auprès d’un homme en fin de vie. L’auteur ne nous parle plus du petit frère comme si, ne sachant comment terminer, il était passé à un autre sujet.
J’ai eu un peu de mal avec l’écriture assez classique, travaillée, de ce roman aux nombreux détails insignifiants mais sans véritables dialogues entre les différents personnages. – Françoise Floride-Gentil
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Nathan a quitté très tôt le domicile familial après une querelle avec son père, laissant ses parents mais aussi son frère Gabriel de 8 ans. Lors de ses brefs retours, il ne réussit pas à rétablir le contact avec l’adolescent qu’est devenu son frère. Lorsque Gabriel se tue dans un accident de voiture, Nathan se rend compte qu’il ne sait rien de lui. Il rentre pour l’enterrement et va essayer de comprendre ce frère en marchant dans ses traces. Il va peu à peu entrer dans le groupe d’amis de Gabriel, des « saltimbanques » qui se produisent dans des fêtes l’été.
Dans cette quête de son frère on peut se demander si ce n’est pas lui qu’il cherche.
C’est un livre mélancolique et triste, tristesse des parents, tristesse du groupe d’amis de Gabriel qui finira par éclater après sa disparition, tristesse de Nathan qui erre, ne parvenant pas à reprendre sa vie d’avant.
François Pieretti a su imprégner son livre d’une véritable atmosphère, parfois pesante mais bien présente grâce à son écriture fluide et précise.
Un premier livre prometteur. – Michèle Letellier
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Avec Nathan, nous sommes conviés au retour dans la maison familiale désertée depuis de nombreuses années. Les parents sont d’autant plus murés dans un silence habituel qu’ils viennent de perdre leur deuxième fils, Gabriel, dont Nathan n’a gardé que des bribes de souvenirs, celles d’un ado peu loquace. Nathan ne sait presque rien de ce frère décédé dans un accident de la route, alors qu’il était sous l’emprise de substances illicites. La quête est impérieuse et c’est en se mêlant à une troupe de saltimbanques que le jeune homme tentera de rassembler les éléments pour reconstruire l’histoire de ce frère méconnu.
Le ton n’est pas plaintif, le deuil est symbolique, et relève plutôt de la compassion pour la douleur des proches. Ce n’est pas non plus le récit d’une tentative de partager enfin des émotions et de mettre des mots avec ses parents, tant le fonctionnement familial semble immuable. C’est plutôt une quête de lui-même, que la mort remet au goût du jour. Bilan et perspectives.
Au delà des réponses illusoires, le chemin se pourvoit sur des routes de hasard. les rencontres insolites feront le lit d’un nouvel horizon.
Malgré des qualités de narration incontestables, je n’ai pas vraiment réussi à me passionner pour cette errance existentielle, qui m’a laissée un peu au bord de la route. Et la rupture franche du cadre, même si elle s’explique dans le contexte, avec la nécessité de passer à autre chose, m’a semblé trop artificielle et trop éloignée de la premier partie. On ne parle plus du tout de ce qui a conduit à cette fuite. – Chantal Yvenou
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En suivant la troupe de Saltimbanques dont faisait partie son frère disparu, le narrateur du premier roman de François Pieretti va essayer de découvrir quel homme il était devenu. Et peut-être se dévoiler lui-même.
Un beau jour, le narrateur de ce sombre roman a décidé de partir, de quitter ses parents et son jeune frère, de laisser derrière lui sa maison de l’ouest de la France. Quelques affaires dans un sac, direction Paris. Le hasard et la chance lui offrent des petits boulots avant qu’il ne finisse par trouver une place de manutentionnaire dans une entreprise qui «recycle» les livres.
S’il reprend le volant de sa voiture bien usée et retourne chez lui pour quelques jours, c’est qu’il doit enterrer son frère qu’il n’a guère connu puisqu’il avait huit ans au moment de son départ. Dix ans plus tard, il succombe après un accident de la route.
Sur le chemin, il a été tenté de suivre la fille de la station-service de l’aire d’autoroute, mais il a finalement choisi de continuer la route. L’occasion est passée, comme les gros nuages dans le ciel. Un temps d’enterrement et une ambiance aussi froide que l’accueil qui lui est réservé. Certes, son père a toujours été un taiseux. Et si sa mère le serre fort contre elle, c’est avec toute la tristesse du monde. Il se fait alors la réflexion qu’ils auraient peut-être préférés le voir à la place de Gabriel.
Lors de la cérémonie funèbre, il ne reconnaît quasi personne parmi les gens venus saluer le jeune homme pour son ultime voyage. Un groupe de jeunes l’invite à le suivre. Sans doute la troupe que fréquentait son frère. Mais il préfère rentrer…
À moins qu’Appoline ne le fasse changer d’avis. La jeune fille qu’il a recroisé dans la cour de l’école, où les résultats du bac sont affichés – Gabriel a été admis -, et les quelques phrases échangées lui donnent l’espoir d’en apprendre un peu plus sur son frère. «Il fallait que je parte à la recherche de Gabriel. Tout sauf cette vision floue de l’enfant frondeur qu’il n’était plus depuis bien longtemps.»
François Pieretti a habilement agencé son roman, en nous faisant découvrir par petites touches les points communs entre ces deux frères qui ont tant de choses en commun. Nathan va suivre la troupe de jongleurs avec laquelle son frère entendait s’émanciper du cocon familial, va se rapprocher de celle dont Gabriel était amoureux… Un mimétisme qui soulève aussi des questions. Peut-on construire une vie sur les traces d’un autre? Quelle est la vraie personnalité de Nathan? L’épilogue de ce roman introspectif apportera peut-être les réponses. À vous de le découvrir… – Henri-Charles Dahlem
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Nathan , revient dans sa région natale après quasi huit ans d’absence pour les obsèques de son jeune frère Gabriel, victime d’un accident de la route ; Huit années sans communication avec ce petit garçon qu’il a laissé en quittant la maison familiale, dans un climat de conflit paternel . Comment quitter son frère sans le connaitre vraiment ?
Ce livre nous décrit les errances de ce grand frère, on le suit dans ses regrets et sa mélancolie en quête de ce qu’il a raté. Il va s’accrocher à ce groupe de saltimbanques dans lequel évoluait son frère, tomber amoureux de la petite amie de celui-ci et finalement poursuivre son chemin en aidant un vieillard en fin de vie ..
C’est joliment écrit, profondément humain mais je me suis un peu lassée au fil de la lecture . – Anne-Claire Guisard
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Avec « Saltimbanques », on marche dans les pas de Nathan, endeuillé et paumé. De lui, on ne sait pas grand-chose : qu’il a moins de trente ans, qu’il a quitté le domicile parental dès qu’il a pu, qu’il vit à Paris – plus par un concours de circonstance que par véritable choix – et qu’il revient au bercail pour enterrer son petit frère, Gabriel, laissé derrière lui à son départ. Entre remords et souvenirs, il tente de recoller les morceaux de la courte vie de ce frère dont il ne connait rien. Les parents sont murés dans leur chagrin, la porte de la chambre fraternelle demeure fermée à clef, l’ambiance est pesante. Il se rapproche donc de la « bande » de Gabriel, des « saltimbanques », acrobates, jongleurs, formant une famille d’accueil, sur le point de se disloquer elle aussi. Vivre avec cette communauté éphémère pour tenter de saisir le frère disparu, pour essayer de se trouver soi-même, quitte à se prendre pour un autre, celui qui a disparu. Quitte à le regretter : « Dans la voiture à côté du parc, alors que nous faisions maladroitement l’amour, gênés par son bras en écharpe, j’avais pensé que nos mais tremblantes apprenaient à se découvrir, à s’apprivoiser et à s’aimer, mais nous ne faisions que chercher mon frère dans la peau de l’autre. C’était un trio malsain et voué à l’échec ». Et puis partir de nouveau sur la route, avec un chien volé pour seul compagnon, et trouver l’apaisement au pied d’un phare en Bretagne.
Un rythme lent, mélancolique, pas si désabusé. J’ai laissé un peu « infuser » avant de me prononcer sur ce premier roman qui, au final, m’aura laissé un souvenir de lecture agréable mais pas impérissable. – Adèle Glazewski
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C’est un roman dont le héros est en permanence sur un fil, d’ailleurs, lorsque je m’apprête à en parler à quelqu’un je me trompe de titre et dis Funambule au lieu de Saltimbanques… Lapsus révélateur de la trace laissée dans mon esprit. Un fil tendu entre passé et avenir, un fil nommé présent, sur lequel Nathan, puisque c’est son nom tente de garder l’équilibre pour gagner l’autre rive. C’est un roman tout en impressions, en instantanés, servi par une très belle écriture qui déroule lentement une mélancolie réchauffée de quelques rayons de lumière.

Cela fait huit ans que Nathan a quitté le sud-ouest et sa famille lorsque survient le décès de son petit frère Gabriel. Celui-ci avait à peine huit ans quand Nathan est parti et ils ne se sont pas vraiment revus depuis. Nathan ne sait rien de Gabriel, du jeune homme qu’il était devenu à part la tristesse qui imprègne désormais les murs de la maison familiale. Parents peu causants. Amis perdus de vue. Nathan traîne ses questions et finit par rencontrer la bande d’amis de Gabriel. Une troupe de spectacles de rue, jongleurs, acrobates à laquelle il se mêle, une manière pour lui d’aller à la rencontre de son frère, de se glisser dans ses pas. Il y a Bastien, le plus âgé, qui semble prendre soin des autres. Apolline qui fut très proche de Gabriel. Il y a le spectacle, l’art de la représentation, la discipline, une sorte de seconde famille. Un style de vie, en communauté. Pourtant, la quête de Nathan ne suit pas la bonne route. A travers Gabriel, c’est lui-même qu’il tente de saisir. C’est le vide béant qui l’habite qu’il tente de remplir. Et c’est en repartant vers le nord que les réponses apparaitront.

L’auteur saisit ce temps, celui du deuil, qui agit comme un révélateur. Réminiscences du passé. Affleurement des failles et des blessures non cicatrisées. L’absent devient une sorte de fantôme et le questionnement permanent empêche ses proches de s’en affranchir. La route que parcourt Nathan est un long tunnel ponctué de rencontres, comme autant de flashs de lumière… jusqu’à la clarté, tout au bout. C’est justement au pied d’un phare, en Bretagne, que son chemin bifurque.

Étonnamment, ce livre n’a rien de triste. L’ambiance qui s’en dégage est enveloppante, presque envoûtante. L’histoire passe au second plan, ce sont les rencontres qui comptent, ces individus que l’on observe avec les yeux de Nathan, désireux d’en saisir l’âme. Une arabesque, un rituel autour d’un feu de bois sur une plage, une séance de jongle, un corps qui s’enroule comme une liane autour d’une corde, la lente ascension vers le sommet du phare. Autant d’étincelles de vie.

Un premier roman qui charme par sa langue à la fois classique et moderne d’où jaillit un univers singulier, une atmosphère marquante, une petite musique bien à lui. Une jolie découverte. – Nicole Grundlinger

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Mauvais timing peut-être, voilà un roman avec lequel j’ai eu un peu de mal et si je ne l’avais pas lu dans le cadre des 68 premieresfois, j’aurais sans doute abandonné ma lecture. Et maintenant que je l’ai terminé, je peux dire que cela aurait été dommage.
Nathan a quitté sa famille depuis longtemps. Il vit à Paris de petits boulots qui ne lui apportent d’autre satisfaction que lui payer le gîte et le couvert. Lorsqu’il est parti, son petit frère Gabriel avait 8 ans. Dix ans après, il revient pour l’enterrement de Gabriel. Une chape de tristesse s’est abattue sur la maison familiale et il réalise que c’est comme s’il venait enterrer un inconnu car il ne sait pas quel jeune homme était devenu son frère.
La première partie du roman voit un Nathan complètement paumé tenter de découvrir qui était son frère, en vivant notamment avec la troupe de saltimbanques que fréquentait celui-ci, en se laissant séduire par sa copine, incapable de poser les bonnes questions… Ce Nathan m’a terriblement agacée et j’ai eu du mal à ressentir la moindre empathie pour lui. Je l’ai trouvé immature, très passif…
Ensuite, diverses rencontres vont lui permettre d’avancer, de pouvoir faire le deuil de ce frère qu’il a si peu connu et de reprendre sa vie en mains. Au lieu de se regarder le nombril, il s’intéresse à autrui. La relation qu’il noue avec un vieil homme est magnifique et lui permettra de réfléchir, de trouver l’apaisement, et peut-être le chemin de la réconciliation familiale…
A lire si vous aimez les histoires d’introspection et pour la dernière partie, superbe, qui m’a enfin permis de ressentir envers Nathan l’empathie qui m’a manqué au début du roman.
Tout cela ne m’a pas empêchée de trouver l’écriture fluide et de penser que l’auteur sera à suivre attentivement … – Catherine Dufau

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Le narrateur, Nathan, revient dans la maison familiale pour assister aux obsèques de son frère Gabriel, décédé dans un accident de la route. Il a quitté sa famille très tôt, autant par désir d’émancipation que pour des motifs de désaccord avec son père. Il n’a guère connu son frère, il n’avait que huit ans lors de son départ. Après l’inhumation, il part donc à la recherche du passé de son frère. Pour ce faire, il accompagne la troupe de saltimbanques qui étaient ses amis. Il tombe dans les bras d’Apolline, qui a été l’amante de son frère, il est admiratif de ses exploits de voltige, il en tombe sévèrement amoureux, un peu comme tous les membres de la troupe. Au-delà de son désir de comprendre son frère, de savoir qu’il s’est tué sous l’emprise de stupéfiants, qu’il était apprécié pour sa gentillesse et son habileté à jongler, on se demande si le narrateur (Nathan) n’est pas à la recherche de sa propre identité. J’ai parfois pensé au film de Wim Wenders, les ailes du désir, où le héros du film tombe amoureux de la trapéziste (Marion ), qui évolue également dans les airs. Ce roman est surtout un roman d’atmosphère, il y a la tristesse insondable des parents, le vague à l’âme insurmontable de Nathan, qu’il transmet au lecteur, le désenchantement de ses amis jongleurs qui semblent vivre au jour le jour, sans perspective de lendemain. Même les paysages semblent gagnés par cette noirceur. J’ai traversé ce roman avec une certaine mélancolie, j’ai été néanmoins séduit par l’écriture, fluide et expressive. Seul bémol, la dernière partie du roman arrive comme un cheveu sur la soupe. A part ce détail, chaque mot est à sa place, il n’y a pas de rupture dans la narration, un premier roman superbement écrit. –  Michel Carlier

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