Les heures solaires – Caroline Caugant

“ Comme l’eau de la rivière, les secrets enfouis se faufilent, même dans les creux les plus infimes. Ils vous habitent et habitent vos enfants. Ils dégorgent, reviennent sous une autre forme.”

les heures solaires

Billie, la trentaine, artiste à Paris, apprend la mort de Louise. Mort soudaine, mort étrange. Louise, cette mère fuyante, cette mère presque étrangère, qui n’a jamais su se montrer aimante, maternelle. Il lui faut retourner dans le village natal du sud de la France, ce village honteux qui n’est pas nommé comme pour éviter de réveiller les fantômes du passé. Partir, enterrer cette mère génitrice, vendre la maison d’enfance, rentrer. Mais les secrets, que le temps ne camoufle pas comme un pansement, ces secrets enfouis sous des couches poussiéreuses de souvenirs, ressurgissent.~ Il y a alors Adèle, cette grand-mère, celle qui a porté l’amour originel mais aussi le mal qui n’a peut-être pas été expié. « Les monstres engendrent-ils des monstres? » Il y a également Lila, cette amie, cette sœur, cette jumelle, cette traîtresse aussi. « La culture du secret, la paranoïa se transmettent-elles génétiquement? » ~ Trois femmes, tel un triptyque transgénérationnel dans lequel les schémas semblent se reproduire au détour de cette même rivière. Rivière tantôt débordante d’allégresse tantôt meurtrière, toujours mystérieuse. ~ Au cœur de ce roman où se mêlent pêle-mêle (dés)amour charnel, (dés)amour filial, Caroline Caugant nous offre, sous une plume superbe, délicate et poétique, une réflexion sur les constellations familiales: sommes-nous coupables des actes de nos aïeuls? Ont-ils une influence sur nos propres actes? Peut-on tout oublier? Peut-on se construire au milieu de non-dits?
Un premier roman sublime. – Marine Bongiovanni
                        _________________
Jeune artiste peintre, Billie a fui V. depuis de nombreuses années. C’est dans ce village, là où elle a grandit, que les drames de sa vie se sont joués, bousculés et l’ont dévasté. Mais à la mort de Louise, sa mère, Billie va voir les monstres et les souvenirs revenir en force. Elle qui croyait les avoir fait taire…
Les heures solaires porte bien son nom : la lecture de ce roman est comme un flottement, une apnée, un instant suspendu…
Il y a de la poésie derrière chaque mot, chaque tournure de phrase. La construction du récit est finement étudiée et elle nous fait valser et nous berce.
Mais Caroline Caugant nous retourne aussi. Elle ne nous ménage pas…
Ce deuxième roman est parfaitement maitrisé. Trois générations de femmes se retrouvent ici ballotées par l’histoire familiale, par les secrets et les non dits. Car c’est bien de ça qu’il est sujet dans ce roman : quand tout est tu, quand rien n’est dit, quand les silences prédominent, alors les drames se devinent.
Billie porte le poids d’un lourd passé. Elle croit pouvoir l’éloigner en fuyant ce village, cette maison, sa mère. Mais c’est en leur faisant face qu’elle trouvera des réponses et qu’elle pourra alors avancer sur son propre chemin…  – Audrey Lire et vous
                         __________________

Bien sombres ces heures solaires. Caroline Caugant nous narre la vie de trois générations de femmes, leurs amours, leurs secrets. Quelques longueurs avant d’entrer vraiment au cœur du récit mais cela vaut la peine de s’installer au bord de la rivière de V.

Adèle, Louise, Billie, trois générations d’amoureuses. Le village de V. pour écrin. C’est là que s’écoule la rivière immuable qui abrite les culpabilités, les regrets, les dessous de leurs histoires. L’eau qui nettoie, tue, efface. Tel Léthé, une rivière de l’enfer pour témoigner du passé.

Billie, amoureuse intermittente, coupable à temps plein d’un crime qui n’en est pas un. Louise héritière du journal d’Adèle, de sa culpabilité. Ces lignes, fils ténus qui occupent l’esprit et gangrènent l’avenir.

Cette fresque familiale a quelque chose de dramatique, chacune de ses femmes ayant vécu passionnément des heures solaires, lumineuses, puis sombres au cœur de V.

À l’acmé du roman, l’auteure nous embarque dans la quête de Billie pour comprendre cette mère perdue, qu’elle n’a jamais appelé autrement que Louise, fuie à 17 ans. La place de « l’Oncle Henri », son retour dans sa vie.
D’aller-retour dans la vie de Louise et Adèle, Bill va grandir devenir pleinement Billie. Femme capable de choisir comment vivre ou non son amour avec Paul.

Caroline Caugant impose son tempo à trois temps. Une valse pour nous emporter dans ce voyage initiatique qui permet désormais à Billie, de créer, choisir, aimer. De comprendre son héritage, de se l’approprier, de donner une place à chacun.

On se laisse captiver, flotter dans les eaux tumultueuses du récit de ses femmes animées par la recherche du bonheur. Un roman sensible pour évoquer la filiation mère-fille, le poids des non-dits, le modèle. Louise était mère et femme. Billie le découvre au gré de la plume enveloppante, captivante de l’auteure. La rivière tumultueuse de V. denoue les fils du passé, a quelque chose de mystique, berceau des secrets. Elle s’adoucit pourtant au fil des révélations.

Une belle découverte. – Laurence Lamy
                        ______________
Caroline Caugant cite en exergue à son roman cette phrase d’Oscar Wilde que beaucoup d’entre-nous pourraient reprendre: » Une chose dont on ne parle pas n’a jamais existé « . Dans ce roman captivant sur la filiation, sur les relations mère-fille compliquées, sur les non-dits, la culpabilité, Caroline Caugant a su apporter son originalité au thème des secrets de famille. En nous distillant ses informations au compte goutte, en alternant le récit des trois générations, avec son style enlevé elle m’a scotché à son récit que je n’ai pu lâcher bien que la vérité ne soit pas difficile à deviner.
Les trois femmes ont des caractères forts mais sont repliées sur leur secret. C’est silence et bouche cousue dans cette famille où les hommes sont anecdotiques et l’amour maternelle pas toujours présent. Caroline Caugant décortique les conséquences des non-dits qui deviennent souvent un écrasant héritage. Et, comme se demande Billie « Les monstres engendrent-ils des monstres? ». Peut-on oublier d’où l’on vient? Notre vie est-elle conditionnée par les actes de nos ancêtres? Ces questions nous concernent tous.
Caroline Caugant a bien su rendre l’atmosphère étouffante de ce petit village du sud où la nature est omniprésente, le soleil écrasant et la rivière régénérante à moins qu’elle ne soit maudite.
Un seul regret pour moi, la dernière partie, «valse à trois temps», en entrelaçant le destin des trois femmes, est peut-être poétique mais ne m’a pas convaincu et n’apporte pas grand chose au récit. – Françoise Floride-Gentil
                           _______________
Billie se doit de retourner à V., son village natal. Sa mère est décédée. Elle n’avait plus sa tête et a été retrouvée noyée dans la rivière. Accident ? Suicide ? Pour Billie, il est l’heure de rentrer chez elle et de se confronter à ce passé qu’elle a tant voulu oublier.
Les Heures solaires est une histoire de femmes. De trois générations où chacune dissimule un secret. Adèle, Louise, Billie. Chaque membre de cette famille ne souhaite pas devenir « le » monstre. Ce gène tant redouté, qu’elles fuient comme la peste. La première partie ne m’a guère emballée. Et puis, à la deuxième on en apprend un peu plus et à la troisième toujours plus, ne me laissant guère le choix que de poursuivre ma lecture et la finir. Un suspense captivant je l’avoue. Un roman sur les relations complexes mères/filles, les non-dits, les secrets et la construction de soi. Nous héritons du bien comme du mal et ce roman libère la parole entre les générations. – Héliéna Gas
                          _________________
La mort brutale de Louise, la mère de Billie, l’amène à replonger dans son passé. Elle doit revenir à V., le village de son enfance, et affronter ses souvenirs, notamment celui, entêtant, obsédant, de son amie Lila.
Résumée de cette façon, l’intrigue paraît simple et même plate. Mais ce n’est qu’apparence : très vite, le malaise perce avec les non-dits, amenant le lecteur à deviner que la vie de Billie n’a rien eu de très tranquille. Pourquoi a-t-elle cessé de voir sa mère depuis plusieurs années ? Qui est cet oncle qui venait souvent les voir quand elle était petite ? Et surtout, qu’est devenue Lila, dont on perçoit très vite qu’il lui est arrivé quelque chose que Billie refuse de nommer. Petit-à-petit, les éléments se mettent en place, tandis que Billie retrouve la maison familiale et peine à terminer ses œuvres pour sa prochaine exposition. Et en bruit de fond, cette rivière, lieu de tous les dangers. Un roman écrit dans une langue juste, efficace, sans fioritures, qui traite des secrets toxiques qui se transmettent d’une génération à l’autre sans que les héritiers n’en soupçonnent même l’existence. Mais il suffit à Billie de lever un coin du voile pour que tout s’enchaîne, ne lui laissant d’autre choix que d’accepter ses découvertes et, enfin, trouver l’apaisement. – Emmanuelle Bastien
                            ________________
Livre qui aurait pu être un coup de cœur mais quelques scènes m’ont paru gênantes (limite caricaturales-Scène des tableaux) ou mal placées dans le livre. L’histoire est intéressante, l’écriture jolie et fluide coule comme cette mystérieuse rivière. Ce livre parle de secrets de famille qui se transmettent en non-dits et se transforment en douleurs-fantômes pour les générations suivantes. Par contre, le final qui voit les « voix » des 3 générations s’entremêler est remarquable. – Laurence Simao
                            ________________
Avec Les heures solaires, Caroline Caugant décline un thème récurrent dans la littérature écrite par des femmes. La relation mère-fille est un excellent support de contenu romanesque. Sa complexité, son ambiguïté sont un terreau fertile pour les conflits, pour peu que des non-dits et secrets dans les placards obscurcissent encore davantage le champ de l’improbable communion.
Attirance et répulsion, admiration et mépris, rancune et reconnaissance se mêlent et s’entrelacent dans une confusion que seule l’écriture (ou la parole) peut parfois délier.
Alors qu’est-ce que fait la différence, au sein de l’abondance des écrits construits sur ce thème? L’écriture, bien entendu. Qui va orner le récit et transformer la lecture. Pour utiliser une analogie picturale, le portrait offert au spectateur se décline du bonhomme têtard à la sublime Mona Lisa. Mieux vaut pour être édité et lu pencher du côté de Léonard!
Pas de doute, Caroline Caugant a l’art et la manière. Les paysages prennent vie, nimbés d’une aura poétique et nostalgique. Les souvenirs affluent, du plus plaisant au plus sordide, et la complexité des personnages se décline tout au long de très belles pages.
Le mal plonge ses racines entrelacées sur plusieurs générations : laissant des traces indélébiles et d’autant plus perfides qu’ignorées. C’est un gigantesque travail d’introspection, enrichi au cours des rencontres suscitées par l’événement qui déclenche le questionnement, à savoir la disparition de celle qui part murée dans un silence irréversible.
C’est donc un superbe récit, sans originalité sur le thème mais porté par une très belle écriture. – Chantal Yvenou
                           ________________
Billie-Bill, Louise, Adèle : mémoire transgénérationnelle des femmes, de la petite Billie-Bill à sa mère, Louise, à sa grand-mère Adèle. L’histoire se déroule comme les anneaux d’un serpent, revenant doucement vers l’arrière, se déroulant paresseusement pour accélérer soudain et faire battre le pouls plus vite. Qui sera la proie enserrée dans ses spires ?
Billie, artiste peintre, prépare son exposition dans une galerie parisienne quand elle apprend que Louise, sa mère qu’elle n’a pas vue depuis trois ans est morte noyée dans la rivière proche de l’EHPAD. Sa mère, si étrangère au sentiment maternel…
Au fil de ses souvenirs, de la découverte d’un carnet-journal caché sous les tomettes de la chambre maternelle aux réminiscences de son passé douloureux, Billie reconstruit l’histoire d’une mère lointaine, indifférente, blessée, celle d’une grand-mère victime et coupable à la fois : comment se situer dans cette chaîne de douleur, d’humiliation, de désirs frustrés ? L’Histoire est le théâtre des drames familiaux entre 1946 et nos jours. La guerre a laissé des traces indélébiles, transformant le joli fiancé d’Adèle en monstre défiguré et brutal. Mais la laideur peut prendre tant de formes…
Les hommes sont là, mais soit soit esquissés soit causes de grandes douleurs. L’auteure ne leur fait pas la part belle…
Et l’eau, l’eau des rivières, qui coule et s’insinue partout, traçant sa voie dans les méandres de vies abîmées, l’eau des rivières au calme trompeur, qui attire, absorbe et dissout ses victimes : omniprésente !
Un livre étrange, glaçant parfois, douloureux et poétique à la fois, un roman qui emporte le lecteur vers des souvenirs emmêlés et pénibles. Peu de moments de grâce dans ce livre à l’écriture magnétique, qui joue des typographies, des sons et des images, des souvenirs douloureux et des moments suffocants d’émotion.
« Les monstres engendrent-ils toujours des monstres ? » se demande l’auteure. Et si c’était la guerre, le monstre, par qui tout a commencé ?
Ce roman me suggère de relire « Femmes qui courent avec les loups » de Clarissa Pinkola-Estès, essai qui permet de clarifier nos rapports avec nos mères, notre place dans la lignée féminine, l’héritage de toutes ces femmes qui nous ont précédées.
Un premier roman original et fascinant dont la fin m’a cependant semblé un peu trop attendue et surtout inutilement étirée en longueur. – Evelyne Grandigneaux
                         ________________
Replonger dans les racines de notre histoire. Aller remuer la vase, extraire les maux, extraire le mal et les monstres. Voilà comment l’héroïne du roman de Caroline Caugant, nous emmène avec elle. On ne reste pas insensible à ce courage d’aller redonner sens, à la vie qui s’est tue.
Les heures solaires nous ramènent également au rapport entretenu avec nos parents, nos parents qui, eux-aussi, ont leurs secrets, qu’ ils nous lèguent en héritage, parfois, sans un mot. Cependant, ce bagage, on le porte, inconsciemment, on le traîne sans savoir. On a tous nos monstres, nos démons, mais nous appartiennent-ils vraiment ? Les heures solaires vous donneront peut-être envie, à votre tour, d’aller remuer ciel et terre, vase et rivière.  – Anne Richard
                          __________________
Dès ses 17 ans Billie fuit son village natal V. Plusieurs drames se sont déroulés dans cette maison familiale, tous reliés à cette rivière !
Billie essaie de se reconstruire à Paris, où elle est artiste-peintre. Puis, un matin la maison de retraite où sa mère Louise, finit tranquillement ses jours, l’appelle, Louise est décédée ! Noyée dans cette rivière ! A peine croyable ! Billie n’a pas vu sa mère depuis des années. Elle s’en veut, mais il n’est plus temps pour les regrets, l’heure à sonné de revenir à V. Organiser l’enterrement de Louise et vendre la maison surtout !
Puis faisant l’inventaire des lieux, la voici qui tombe sur un cahier écrit par sa grand-mère Adèle. Et là, tous les secrets de famille, les non-dits de ces 3 générations de femmes sont dévoilés petit à petit. La perte de Lila, son amie d’enfance, noyée elle aussi dans cette maudite rivière, s’ajoute à l’atmosphère pesante que l’on ressent tout au long de cette lecture !
L’écriture est belle, malgré des longueurs. L’histoire tellement alambiquée, où j’ai failli me perdre à plusieurs détours entre ces trois femmes, n’a pas trop suscité d’émotions pour moi !!! Dommage !  – Brigitte Belvèze
                          ___________________
Louise est morte noyée et pour Billie, sa fille, les souvenirs flottent comme des cheveux d’algues au gré du courant de sa mémoire. Car elle a voulu forcer l’oubli, Billie, à partir du moment où, à 17 ans, elle a quitté V., son village d’enfance. Seuls surnagent encore dans la nuit de ses cauchemars, les cris de Lila, l’amie, la soeur, « Attends-moi, Billie. Attends ! ». Mais Billie, mordue de jalousie, n’a pas attendu et Lila, l’amie, la soeur, est morte, elle aussi. Noyée, elle aussi.
« Est-ce que les monstres engendrent des monstres ? » interrogeait Louise après que sa fille l’ait agressée. Une question à mettre sur le compte des humeurs changeantes de Louise, sans doute… Mais, de retour à V. pour les obsèques de sa mère, Billie ne peut plus faire semblant d’avoir oublié. Et les confidences d’Henri, son père empêché, lui font dérouler le fil du passé maternel que quelques feuillets retrouvés enracinent dans une autre histoire monstrueuse. Billie, la fille, Louise, la mère et Adèle, la grand-mère, deviennent les maillons d’une chaîne inexorable de secrets cruels. Des drames, des tragédies, des morts, qui semblent se répercuter d’une génération à l’autre malgré le, ou plutôt à cause du, silence qui les enveloppe.
« Les heures solaires » c’est d’abord cette histoire qui suit le courant d’une rivière, accueillante aux étés de l’enfance et mortelle ensuite. Livrées par fragments, les réminiscences de Billie permettent de lever peu à peu les voiles qui occultent le passé et cette construction entretient le mystère. Les ramifications de l’intrigue frôlent parfois l’excès, à mon avis, ce qui nuit à la consistance des personnages. Si bien qu’il me reste l’impression d’avoir lu un bon roman, bien écrit, bien charpenté, mais qui ne m’a pas insufflé de mémorables émotions.  – Sophie Gauthier
                           __________________
Billie termine de préparer son exposition si attendue . L’annonce de la mort de sa mère Louise l’empêche de terminer sa dernière oeuvre . Elle doit retourner à V. son village natal pour faire ses adieux à Louise. Elle y va à reculons , en revient vite mais les souvenirs et des révélations vont changer sa vie .
Ce retour vers le passé , des découvertes sur ses ancêtres vont lui permettre de se tourner vers un nouvel avenir ,en paix avec ses démons , ses souvenirs enfouis et sa culpabilité
Joli roman solaire et aquatique sur les origines, le passé, les erreurs et les non-dits. – Anne-Claire Guisard
                            _________________
« C’est une nuit claire. Pas le genre de nuit qu’aurait choisie Louise pour s’en aller. Elle aurait préféré une nuit d’orage. Partir avec fracas.«  C’est ainsi que commence le roman de Caroline Caugant au titre lumineux : « Les heures solaires« . Et en lisant ces quelques mots, j’ai eu l’impression de découvrir un morceau de laine que l’on pouvait tirer pour dérouler tout l’ouvrage. C’était vrai.
A peine commencé, j’ai su que je ne pourrais m’arrêter, que les mots premiers en entraîneraient d’autres de manière inexorable. J’ai eu l’impression de rester en apnée, de ne plus respirer, tendue vers la suite, la fin, curieuse de découvrir tous les mystères subodorés de ce récit. Et pourtant, pour moi qui ai peur de l’eau, justement, il en est beaucoup question dans cette histoire. Cette histoire, c’est celle de Billie, dans la trentaine, artiste qui prépare sa prochaine exposition. Elle apprend soudainement l’accident qui a coûté la vie de sa mère, Louise, : elle s’est noyée. Sa mère, Billie ne la voyait plus guère. Son village d’enfance, elle n’y était jamais revenue. Mais l’heure a sonné du retour à V., petit village niché dans l’arrière-pays méditerranéen. Et comme souvent dans ces cas-là, ce retour aux sources est synonyme de recherche sur soi, son enfance, son adolescence, ses chagrins, ses amours, et les fameux mystères.
Caroline Caugant nous dresse de merveilleux portraits de femmes, trois générations reliées entre elle par un fil invisible, la pelote qui se dévide, l’eau qui coule. Tels les remous de la rivière, les souvenirs se mêlent au présent, envahissent Billie, la bousculent, l’interrogent et la lectrice que je suis avec. L’écriture vive et juste, le rythme intense, les descriptions, les listes de secrets de famille m’ont entraînée dans un grand bain à remous, car tout se mélange dans la tête de Billie. L’auteure coche toutes les cases, s’agissant de la définition du roman. Elle a réussi à susciter mon intérêt, mon plaisir de lectrice en racontant le destin d’un héros principal (dans ce cas précis, une héroïne), une intrigue entre plusieurs personnages présentés dans leur psychologie, leurs passions, leurs aventures, leur milieu social… Elle m’a embarquée dans son monde, dans ses interrogations sur la descendance et les liens entre générations. Des monstres peuvent-ils engendrer des monstres ?
Intéressant, le texte épuré d’un certain nombre de pages aurait, me semble-t-il, gagné en équilibre et évité quelques longueurs. Pour autant, ce fut un moment de lecture vraiment agréable. – Geneviève Munier
                   ________________
Billie, jeune artiste trentenaire, vit à Paris où elle a débarqué à l’âge de 17 ans, plus pour fuir son village de V. que par véritable attrait pour la capitale. Elle s’y est construit une vie sans attaches, entretenant avec Paul une relation dans laquelle ni l’un ni l’autre ne semble vouloir s’engager pleinement. Lorsqu’elle reçoit un appel lui apprenant la mort de sa mère qu’elle n’a pas revue depuis plusieurs années, Billie retourne à V. pour y accomplir les formalités qui s’imposent.
Naturellement, ce retour fait remonter les souvenirs et Billie, qui n’a jamais connu son père, va peu à peu découvrir son histoire et ses origines.
Sur cette trame somme toute assez classique, Caroline Caugant entremêle avec habileté les fils d’un récit à trois voix. Elle relate les destinées de femmes qui, une génération après l’autre, à l’aube de leur jeune vie, forment des rêves simples d’amour et de lumière. Des rêves que l’Histoire ou la pression sociale viennent réduire à néant avant même qu’ils aient pu éclore. Des rêves piétinés qui engendreront des gestes terribles devant à tout prix être cachés pour ne pas compromettre l’avenir. Mais les secrets familiaux et les silences se révèlent souvent bien lourds de conséquences…
Je ne sais pas si je me serais spontanément tournée vers ce roman, mais je dois reconnaître que je suis d’emblée entrée dans cette histoire à laquelle l’auteure imprime un rythme savamment maîtrisé et qui sait faire place à la justesse des sentiments. Au cœur de l’hiver, ces Heures solaires proposent de jolis portraits de femmes et offrent un agréable moment de lecture, ce qui est toujours appréciable !  – Delphine Depras
                          __________________
J’ai eu du mal à apprivoiser ce roman où trois générations de femmes influent l’une sur l’autre (d’ailleurs plutôt pour le pire que pour le meilleur…).
Au vu du titre, j’attendais le soleil brûlant du sud et l’odeur du maquis, la lumière crue et le souffle du mistral ; or le roman est empreint d’une froideur glacée, comme la rivière omniprésente et des relations inter-familiales qui le sont tout autant ! Un détail (qui pour moi n’en n’est pas un) : l’illustration de couverture amplifie cette impression de froideur, avec une surface d’eau couverte de gouttes (de pluie ?) dans les tons bleus.
J’ai trouvé beaucoup de longueurs, l’intrigue m’a semblé prévisible et les personnages ne m’ont pas vraiment intéressée.
En revanche, j’ai trouvé que la question de la violence héritée est bien posée, comme la question de l’impossible oubli dans la fuite ou celle de l’incommunicabilité entre mères et filles.
Il a fallu la fin pour que ce roman me touche : après avoir réglé ses comptes avec son passé et celui de sa mère et sa grand-mère, l’héroïne peut enfin envisager son avenir fait (enfin !) d’heures solaires. – Marianne Le Roux Briet
                          __________________
Billie, trentenaire , artiste peintre Parisienne a fui depuis longtemps son village de V dans le Sud de la France. C’est là-bas qu’elle a grandi entourée de sa maman et de son amie Lila.
A la mort de sa mère Louise, elle doit retourner dans ce village pour vider la maison de famille et faire face à ses vieux monstres.
Le temps n’efface pas les actes, elle doit redécouvrir son passé, comprendre les faits qui se sont déroulés pour ces trois générations de femmes. Elle va apprendre à connaitre sa mère qu’elle n’a jamais vraiment comprise, redécouvrir sous un nouveau jour cette grand-mère qui semblait parfaite.
La rivière va tourner autour de ces trois femmes comme un tourbillon, un point d’ancrage, un lien invisible.
Ce roman est une réussite, je n’ai pas pu décrocher. Il se lit très vite car on a envie de comprendre ce qui relie ces femmes, pourquoi Billie a fui ce village à la fin de sa jeunesse. Pourquoi elle n’arrive pas à mener une vie sereine, pourquoi elle reproduit le modèle de sa mère jusqu’au moment où elle va comprendre.
Joli roman ! – Gwen Moyon-Beaujean
                          ___________________
Délicieuse lecture, mais pas si solaire que ça, de trois destins féminins qui s’entremêlent, se juxtaposent, ou s’opposent. Un remontée à contre-courant à, travers de lourds secrets de famille, des dénis, des amitiés et des amours complexes, parmi les fantômes et les remous du torrent, vers le village originel où tout a germé. On se situe dans la mémoire des lieux, de l’eau, de l’âme, de la chair, de la filiation. Une progression magistralement maitrisée et organisée, et une révélation finale tout en délicatesse et pudeur malgré les remords et les douleurs du passé. J’ai été totalement séduite par ce tableau pointilliste et délicat, par cette magnifique écriture, et admirative pour ce roman de haut niveau. Coup de cœur confirmé et réelle envie de retrouver encore Caroline Caugant. – Martine Magnin
                           ____________________
J’ai adoré ce roman dont l’intérêt ne faiblit à aucun moment. L’histoire de ces trois femmes unies par de lourds secrets est très bien habilement menée. Les vies de Billie, Louise et Adèle sont savamment entremêlées et l’auteure mène le lecteur vers des chemins imprévisibles. Billie est une héroïne qui se débat avec ce qu’elle a enfoui, qui tente d’identifier ce qui la hante. L’auteure explore avec une grande sensibilité les amitiés à la vie à la mort, les relations mère-fille, la filiation, le pouvoir pernicieux des secrets enfouis, l’impossibilité d’oublier et la culpabilité. Les questions de la malédiction familiale, des mémoires transgénérationnelles avec la lancinante question « Les monstres engendrent-ils des monstres? » traversent ce roman de bout en bout. L’auteur restitue à merveille l’atmosphère du Sud, du village où tout se savait, où rien ne pouvait véritablement être enfoui, l’omniprésence de la rivière où tout s’est toujours joué. J’ai aimé la construction du récit qui, après avoir déroulé l’histoire de chacune des trois femmes, se termine par une dernière partie joliment et judicieusement nommée « la valse à trois temps » dans laquelle l’auteure enchevêtre les histoires des trois femmes à l’âge de leurs premiers désirs amoureux, aux « heures solaires », dans une narration où j’ai eu l’impression qu’elles se donnaient la main par delà la mort. L’écriture est magnifique et le final très réussi. Publié dans la collection Arpège de Stock, lancée par Caroline Laurent, ce roman, outre son joli titre, est doté d’une très belle couverture toute simple qui prend tout son sens au fur et à mesure qu’on avance dans la lecture du récit. – Joëlle Guinard
Publicités

Une réflexion sur “Les heures solaires – Caroline Caugant

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s