Les mains de Louis Braille – Hélène Jousse

“ Même si on sait tous que la vie n’est pas dans les livres, il y a dans les livres quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs dans la vie”.

Les mains de Louis Braille

Il s’appelait Louis. Cet enfant a changé la vie des gens« .
L’auteure: Hélène Jousse est sculptrice. Un jour, un jeune homme aveugle lui a demandé de lui apprendre à sculpter. Pour elle, un monde s’est ouvert. “Les mains de Louis Braille” est son premier roman.
Solennel, “Les mains de Louis Braille” révèle une supériorité hors norme. L’écriture plus qu’un plaisir est flamboyance. Pragmatique, ciselée, concise, elle offre une maturité sans égale mesure. L’incipit : « C’est un jour de juillet pluvieux” enclenche une rare intensité. Louis Braille est plus que cet enfant meurtri dans sa chair , devenu aveugle par accident. Dans les lignes douées, il en est le vivifiant. Constance dans un XXI ème siècle écrit, dramaturge de renom. Elle se voit confier par un producteur, en l’occurrence Thomas, le synopsis d’un film sur Louis Braille. Constance est fragile, endeuillée par la mort brutale de son mari. Superbement intelligente, intuitive, perspicace, elle va pénétrer subrepticement pas à pas par cette porte colorée de reconnaissance en s’abandonnant peu à peu au mystère encerclé d’une aura pour Louis Braille.
Hélène Jousse délivre un récit chorale. Parchemin cornélien qui tel un puzzle s’élabore de sens et d’intériorité exaltés. “Regarde toute la beauté du monde maintenant sans attendre et loge -la dans l’endroit le mieux gardé de ta mémoire. Voilà ce qu’elle voudrait que son fils entende sans avoir à lui dire.” On sent un génie évident. l’auteure est aussi ce récit époustouflant. “Pourquoi faut-il que les choses nous touchent de près pour qu’on en soit curieux? Ne s’approche-t-on que de ce qui s’approche?” L’auteure se délivre et palpite en unisson, avec ce don d’ubiquité . Hélène Jousse est le noir de Louis Braille et l’hédonisme de Constance. Ce récit citadelle a cette particularité de sons et de lumière. On passe d’une époque à une autre , le liant est vif et réussi. Louis Braille était un surdoué, un battant, un altruiste, un humaniste. “Il est un pur, un déterminé,fort, mais jamais spectaculaire, ni flamboyant comme le veut notre époque.” relate Constance. On est subjugué par la clarté qui se glisse dans les lignes au plus sombre de la cécité de cet enfant qui s’élève en professeur, passeur de son invention qui va changer le cours de la vie de tous les aveugles et de leur entourage. Dans le titre du film “Les mains » de Louis Braille sont l’apothéose d’une reconnaissance envers Louis Braille. “Elles ne lui appartiennent plus dès lors qu’elles deviennent un symbole.” “Elles sont la prunelle des yeux du monde aveugle.” L’alphabet de lumière est un combat gagné sur l’adversité.
Ce récit de vie est un hymne au courage, à la foi et à l’endurance. Plus que la vie de Louis Braille ce sont des éclats de pépites inaugurales qui enchantent la lecture et dorent les lettres de Hélène Jousse pour l’infini. – Evelyne Leraut
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« Louis est un héros malgré lui, dont personne n’a mesuré en son temps l’ampleur de la découverte, ni aujourd’hui encore, excepté les aveugles dont les doigts tendus parcourent chaque jour les milliers de petits points braille ».
Hélène Jousse répare cet oubli, en mettant à jour et par écrit cet évènement qui a éclairé et qui illumine encore le quotidien des personnes non voyantes qui peuvent accéder à la lecture grâce au système du braille, du nom même de son inventeur, Louis Braille.
Son roman est rédigé sur deux axes : la mission confiée à Constance, dramaturge à succès, qui se voit confier l’écriture d’un scenario sur la vie de Louis Braille. Cette quadragénaire, veuve depuis peu, tente de se reconstruire en se plongeant dans cette mission qui lui a été confiée par Thomas, son producteur attitré. Pour aider Constance dans ses recherches, celui-ci va embaucher un étudiant en Histoire, Aurélien. A eux trois, ces personnages vont faire avancer le récit de la vie de Louis Braille, l’autre axe de ce roman.
L’essentiel de l’histoire va être concentré sur la période durant laquelle Louis Braille est scolarisé dans l’Institut royal des jeunes aveugles. Il y est intégré à l’âge de dix ans, sous les recommandations de son instituteur du village de Coupvray. Louis a perdu la vue suite à un accident domestique à l’âge de trois ans, mais il a toujours gardé une curiosité intellectuelle conséquente. Et surtout, il a toujours rêvé de savoir lire : « Même si on sait tous que la vie n’est pas dans les livres, il y a dans les livres quelque chose qu’on ne trouve pas ailleurs dans la vie ».
C’est donc à l’Institut royal des jeunes aveugles que la possibilité d’accéder à la lecture va lui être permise. Un capitaine va venir parler d’un système de codage permettant de communiquer en temps de conflit aux élèves de l’Institut. Louis va s’en emparer, le redimensionner et le développer afin de codifier sous forme de points les vingt-six lettres de l’alphabet. Le braille était né.
Un premier roman très bien documenté et très bien écrit. Les personnages sont suffisamment bien construits pour avoir « une âme » et toucher le lecteur. L’écriture est elle aussi efficace et par moments poétique. Le seul point négatif réside dans certaines longueurs liées aux passages introspectifs de Constance. Mais pour un premier roman, c’est clairement une réussite. – Valérie Lacaille
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J’étais tout d’abord sceptique à la réception de ce livre. Les documentaires ne m’ont jamais trop attirée, je n’avais jamais réfléchi à l’histoire de Louis Braille.

C’est pour ces raisons que j’aime déjà ce groupe des 68 premières fois : il me donne tort et me fait découvrir des romans intéressants vers lesquels je ne me serais pas penchée autrement !
Bien plus d’un documentaire, l’auteure retrace ici la vie de Louis Braille de manière romancée.

Le fait que les points de vue alternent est vraiment attractif. J’avoue avoir eu une préférence pour les chapitres de Louis. Je me suis vraiment attachée à ce petit bonhomme devenu un grand homme si important pour tous et surtout dans la vie des non-voyants.
L’écriture est simple et on ressent que l’auteure s’est vraiment renseignée et connaît son sujet sur le bout des doigts.

C’était une rencontre inattendue, mais je ne regrette en aucun cas d’avoir lu ce roman, bien au contraire ! – Marion Catherinet

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« Pourquoi faut-il que les choses nous touchent de près pour qu’on en soit curieux? Ne s’approche-t-on que de ce qui s’approche? »
« Qu’est-ce qu’un destin sinon une vie qui fait basculer les autres? »
Au travers de ce récit intéressant dont on ne peut que souligner la qualité culturelle, la narratrice va ravir et s’approprier la vie de l’homme qui est à l’origine de l’incroyable invention du braille.
C’est l’histoire d’un destin, d’un accident, de l’amour et du pouvoir des livres, d’une intelligence, de la modernité, de la liberté.
L’alternance de scènes du scénario que la narratrice, Constance, est chargée de rédiger et de son carnet rouge accorde du rythme et fait rentrer volontiers le lecteur dans ce tableau social.
Cela permet également de s’échapper d’un récit purement biographique et historique. Hélène Jousse nous raconte une très belle histoire.
Mais je dois l’avouer, certains passages n’ont pas retenu mon attention comme celui sur le spiritisme, entre autre, et font que j’ai décroché de temps en temps…
Mais c’est à découvrir! – Alexandra Lahcene
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Tout le monde a entendu parler du braille. Mais qui connait l’inventeur de cette méthode révolutionnaire ? Louis Braille avait 16 ans lorsqu’il l’inventa.
Dans ce très beau premier roman, Hélène Jousse alterne le scénario du biopic sur Louis Braille que rédige Constance, avec des extraits du carnet rouge où celle-ci écrit son propre journal. J’ai beaucoup aimé ce cheminement parallèle, ces allers et retours entre deux siècles. La plume est fluide, précise et délicate et j’ai adoré lire l’histoire de Louis Braille, cet enfant solaire qui perdit la vue à 3 ans, et n’eut de cesse d’accéder à la littérature et à la poésie qui enchantèrent toute son enfance jusqu’à son départ pour l’Institut des Jeunes Aveugles à Paris à l’âge de 10 ans. Surdoué, d’une droiture et d’une humilité sans failles, d’un courage et d’une ténacité exceptionnels, cet enfant génial force l’admiration.
Et puis il y a l’histoire de Constance, qui se trouve à un moment difficile de sa vie et à qui ce travail va permettre une renaissance. Constance entourée de deux personnalités atypiques, Aurélien, l’étudiant en histoire embauché pour la seconder dans ses recherches, et Thomas, son producteur qui veille à l’avancement du scénario et la pousse toujours plus loin…
Lisez ce très beau roman pour ces deux histoires entremêlées, pour cette rencontre entre Constance et Louis, car par-delà les siècles, c’est une vraie histoire d’amour. Lisez-le pour découvrir la personnalité fascinante de Louis Braille cet inconnu qui a révolutionné le quotidien des aveugles dans le monde entier et qu’Hélène Jousse par le biais de son double littéraire rend terriblement vivant.. – Catherine Dufau
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Merci à Hélène Jousse de m’avoir fait rencontrer ce petit Louis.
Qui ne connait pas le nom de Louis Braille? Mais que sait-on de lui, si ce n’est sa formidable invention qui a révolutionné la vie des aveugles? Véritable génie, c’est entre 12 et 16 ans que Louis conçoit ce fabuleux système de lecture et d’écriture à partir d’une écriture syllabique créée pour l’armée. Ensuite il y aura bien évidemment des petites modifications mais tout avait été pensé par un adolescent plein d’humilité.
L’auteur a eu l’originalité de juxtaposer deux époques dans ce roman. Constance qui vit mal son veuvage se raconte pendant l’écriture du scénario d’un film sur Louis Braille. Les scènes du film alternent avec les notes de Constance sur son quotidien et ses difficultés d’écriture, la naissance d’un scénario ayant ses impératifs. Peu importe la vérité, pour le producteur, il faut capter l’attention du spectateur, le divertir, ne pas l’ennuyer et inventer au besoin. Mais Constance s’est attachée à Louis et ne veut pas trahir un si beau personnage. Les scènes de son scénario sont émouvantes et recréent avec beaucoup de sensibilité l’ambiance de l’Institution Royale des Jeunes Aveugles et les tâtonnements de Louis avant la réussite.
Hélène Jousse, elle aussi, a certainement beaucoup inventé et brodé mais c’est le Louis Braille qu’elle m’a fait découvrir auquel je veux croire, même si le vrai Louis avait peut-être moins de qualités.
Quel magnifique roman dévoré en deux petites journées! – Françoise Floride-Gentil
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Contrairement à ce que le titre laisse sous entendre « Les mains de Louis Braille » n’est pas uniquement un livre sur Louis Braille, l’inventeur du système d’écriture pour aveugles qui porte aujourd’hui son nom.
Un livre, deux histoires.
Hélène Jousse utilise comme prétexte l’histoire de Louis Braille pour évoquer celle de son héroïne, Constance Duroc. Constance, auteur de théâtre à succès, toute à la souffrance de son récent veuvage, se voit confier par son producteur et ami Thomas, l’écriture d’un biopic sur Louis Braille. Elle se jette à corps perdu dans le projet afin de tenter d’apaiser sa douleur. Né au début du XIXème siècle Louis Braille perd la vue à trois ans à la suite d’un accident dans l’atelier de son père. Chéri et stimulé par ses parents, l’enfant modeste, est cependant doté d’une forte volonté. Intelligent et vif, il est vite repéré par le curé de Coupvray, son village, et grâce à une aide financière il intègre à dix ans l’Institution royale des jeunes aveugles. Dans des conditions de vie dures et insalubres – il mourra très jeune de la tuberculose – il découvre que rien n’est conçu pour lui enseigner la lecture. Soutenu par son ami Gabriel, aveugle lui aussi, et stimulé par le nouveau directeur de l’institut, le docteur Pignier, Louis arrivera à force de persévérance à mettre au point son invention à même pas dix-huit ans.
Chapitre après chapitre, Constance se confie, nous déroule les différentes étapes de la construction et de la rédaction d’un scénario : la recherche d’archives, les travaux de repérages sur les lieux où Louis a vécu et aussi une bonne part d’imagination liée à sa grande empathie avec le jeune Louis. Assistée d’Aurélien, un étudiant en histoire efficace mais fantasque et mystérieux, elle découvre petit à petit l’univers de Louis et l’amour que lui portait les siens. Notamment l’amour de Monique, sa mère « Elle va pourtant faire de la vie de son fils un destin. Qu’est ce qu’un destin, sinon une vie qui fait basculer celle des autres ? ». A force de vivre au contact de Louis, la vie de Constance va également basculer. Comment ? Il suffit de lire le livre ! – Françoise Le Goaëc
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Beaucoup aimé ce 1er roman instructif, multiple et plein de douceur qui nous fait découvrir un enfant à la personnalité aussi brillante qu’attachante derrière ce nom connu de tous : Braille.
« Un enfant » car en effet, le destin de Louis Braille s’est joué avant même qu’il n’atteigne l’âge adulte.
L’histoire est racontée par Constance, jeune veuve dans la quarantaine, dont le mari a perdu la vue avant d’être emporté par la maladie. « Pourquoi faut-il que les choses nous touchent de près pour qu’on en soit curieux ? », s’interroge Constance dans son carnet rouge.
A la demande de Thomas, un ami producteur de cinéma, Constance se lance dans l’écriture d’un scénario sur la vie de Louis Braille. Peu à peu, elle va s’attacher à cet enfant, elle qui n’en a pas eu, ce petit Louis qui a toutes les qualités et toutes les vertus. « Il est pur, intransigeant, déterminé, fort mais jamais spectaculaire, ni flamboyant comme le veut notre époque ».
« Qu’est-ce qu’un destin sinon une vie qui fait basculer celle des autres » ?
Ce destin, c’est celui qui commence en 1812 alors que le petit Louis, 3 ans se perce l’œil avec un poinçon de son père bourrelier. L’œil valide ne tardera pas à s’infecter à son tour et Louis perdra définitivement la vue.
Choyé par ses parents et un entourage bienveillant, Louis est envoyé très tôt dans le seul établissement proposant alors une instruction spécifique aux jeunes aveugles : l’Institut Royal des Jeunes Aveugles à Paris… mais de « royal », cette école n’en a que le nom car c’est plutôt d’un bouge humide où la mortalité est galopante dont il s’agit, et qui plus est, tenu d’une main de fer par un directeur ignorant l’empathie. C’est pourtant au sein de cet établissement, qu’à à peine 13 ans, Louis va accomplir son destin en puisant dans sa frustration de ne pouvoir accéder aux livres la réponse à cette question : comment lire et s’instruire sans ses yeux ?
L’auteure fait judicieusement alterner le récit de la vie de Braille avec celle de la narratrice, nous permettant ainsi de suivre son travail d’écriture, ses doutes et de ressentir ses émotions et son empathie pour son personnage.
Un très joli récit. – Laurence Simao
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Louis a quatre ans quand sa vie bascule. Il est seul dans l’atelier de son père, bourrelier à Coupvray, debout sur un tabouret, quand il perd l’équilibre et se plante un poinçon dans l’œil. Très vite pris en charge, Louis n’échappera pas à l’infection qui suivra, atteindra l’autre œil et lui fera perdre la vue. Entouré par l’amour de ses parents, soutenu par leur force et leur foi, Louis va croire en son destin, combattre ce coup du sort et mettre sa vie au service des autres…
Hélène Jousse signe ici un très beau premier roman. Je ne sais pas qui de sa passion pour la sculpture ou son admiration pour le personnage lui permettent de nous immerger dans la vie de Louis Braille, mais on pourrait très bien imaginer nos mains toucher doucement le visage de ce garçon hors du commun.
Mais si Hélène Jousse nous fait découvrir ce personnage malheureusement très peu connu, elle réussit habilement à mélanger les époques et à rythmer le récit avec Constance, cette jeune veuve qui se voit confier la lourde tâche d’écrire un scénario pour un futur film sur le jeune aveugle.
Le roman prend une autre dimension et on peut sentir la force et la volonté de Louis quand il comprend qu’il peut inventer une méthode pour lire et écrire. On le ressent car Constance, dont la perte douloureuse de son époux la laisse vide et triste, renaît doucement à la vie aux côtés de Louis.
L’amour, la foi et la générosité de cet homme, va l’aider à revenir parmi les vivants, accepter le vide de l’absence et croire encore en l’avenir… – Audrey Lire & vous
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J’étais très intéressée par la lecture de ce roman qui vise à raconter l’histoire de Louis Braille. Un brillant garçon qui a révolutionné et changé la vie de milliers de personnes aveugles. Cependant, j’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman dont la lecture a été quelque peu fastidieuse pour moi.
J’ai dévoré les passages sur la vie de Louis mais j’ai survolé les passages visant à raconter la vie de la narratrice, constance.
Le fil conducteur de ce roman est bancal selon moi. Constance, est chargée d’écrire le scénario d’un film sur la vie de Louis Braille. C’est donc à travers elle que l’on va découvre et apprendre à connaître le personnage. Par ailleurs, j’ai trouvé ennuyeux les chapitres sur la vie de cette narratrice. Je ne comprends pas ce que cela était censé m’apporter. J’ai peut-être loupé quelque chose…
Au final, n’aurait-il pas fallu faire directement un film sur la vie de Louis Braille ? Pour un roman, je pense qu’on aurait pu réduire d’un tiers le volume pour une lecture plus fluide. Je reste avec un avis très mitigé sur ce roman qui était pourtant bien écrit. – Nina Busson Boulonne
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Hélène Jousse résume parfaitement son premier roman en disant qu’il s’agit de l’histoire «d’une scénariste qui se met à l’écriture d’un film sur Braille et qui, en découvrant la vie de cet enfant, va voir sa propre vie transformée.»
Ce qui est formidable avec le premier roman d’Hélène Jousse, c’est qu’il nous offre plusieurs portes d’entrée, toutes aussi passionnantes les unes que les autres. Il y a d’abord celle qui nous fait découvrir Constance, la narratrice. La vie ne l’a pas épargnée puisqu’elle se retrouve désormais seule après le décès de son mari et va tenter d’apaiser sa douleur dans le travail. Une situation particulière qui va lui permettre, presque inconsciemment, de développer une sensibilité très particulière pour le sujet du film qu’elle prépare, un biopic consacré à Louis Braille, l’inventeur du système d’écriture pour aveugles qui porte aujourd’hui son nom. Et dont Thomas, le réalisateur, va profiter.
Car Constance est scénariste. En la suivant, on va pouvoir découvrir comment se construit un film, comment un scénario s’étoffe, quel travail de repérage est nécessaire et comment on tente de remplir les lacunes d’une biographie. Aurélien, jeune recherchiste, va ici s’avérer d’un précieux secours. C’est notamment lui qui va apprendre à Constance le curieux marché passé entre l’État et la commune natale de Louis Braille: son corps est au Panthéon, ses mains sont à Coupvray.
Hélène Jousse a eu la bonne idée de nous offrir un roman dans le roman. Il nous ramène au tout début du XIXesiècle, à ce jour funeste où le petit Louis s’amuse dans l’atelier de bourrelier de son père et se crève un œil avec un poinçon. Une blessure si vive qu’elle va entraîner la perte de son œil et, quelques jours plus tard, la perte de sa vue. Mais Louis est un garçon curieux, avide de savoir et à six ans, au fond de la classe, son instituteur ébahi découvre qu’il a enregistré les fondamentaux de l’arithmétique, de la grammaire, de l’histoire et de la géographie. Avec l’aide du curé, puis d’un nobliau de province, il est accepté à Paris, dans le seul établissement accueillant les jeunes aveugles. En fait, il s’agit d’un endroit insalubre où les élèves tombent comme des mouches. Mais là encore, Louis résiste aux difficiles conditions de vie et à la cruauté de l’équipe dirigeante.
Il trouve d’une part du soutien auprès de Gabriel, un collègue avec lequel il s’entend à merveille – «Les deux forment un tandem incroyablement performant. Ils se sont trouvés.» – et d’autre part auprès du concierge qui brave le règlement et sa hiérarchie pour venir en aide aux pensionnaires. Il s’arrange par exemple pour donner de l’argile à Louis lorsqu’il est mis au cachot pour qu’il puisse passer le temps en façonnant la Terre (quand on sait qu’Hélène Jousse est aussi sculptrice, on imagine le plaisir qu’elle a dû éprouver en imaginant cette scène). Mais ces petites lueurs d’espoir ne peuvent enrayer l’inexorable déclin d’une institution si mal gérée. Le miracle va se produire en 1821, avec l’arrivée d’un nouveau directeur.
Ce dernier va transformer le système éducatif en place et notamment proposer à Charles Barbier de La Serre de faire un exposé sur son système de codage par points mis au point pour l’armée.
Gabriel et Louis s’enthousiasment, mais doivent bien vite se rendre à l’évidence: «celui qui voit ne peut avoir la moindre idée de l’île noire dans laquelle ils vivent, ni des passerelles nécessaires pour rejoindre le continent des voyants.» Quelques mois plus tard le «procédé pour écrire les paroles, la musique et le plain-chant au moyen de points, à l’usage des aveugles et disposés pour eux» est créé.
Constance parviendra-t-elle à vendre son histoire? Le film Les Mains de Louis Braille verra-t-il le jour? Je vous laisse le découvrir, tout comme le destin réservé à Louis Braille à la suite de son invention. Attendez-vous à quelques surprises! – Henri-Charles Dahlem
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Veuve depuis peu, Constance se voit confier par Thomas le scénario d’un film sur la vie de Louis Braille. C’est l’élaboration de ce scénario, ainsi que le cadre dans lequel il est créé, que le roman nous dévoile. L’histoire c’est celle de Louis Braille, devenu aveugle accidentellement à trois ans, les rencontres qui lui apprennent à appréhender le monde d’une autre façon que par le regard, la vie familiale, le village de Coupvray, puis l’institut royal pour les jeunes aveugles, à Paris. Parallèlement à cette biographie, le carnet rouge de la scénariste raconte les recherches, les questions, les doutes et la vie qui semble stagner après la mort de son mari mais qui reprend malgré tout grâce en particulier à ce travail d’interprétation et de transmission d’une autre histoire.
Ce dispositif m’a semblé un peu lourd et plutôt contre-productif. En effet, autant les chapitres purement consacrés à Louis Braille m’ont passionnée, autant le fameux carnet rouge m’a ennuyée car s’égarant souvent dans la romance et n’ayant que de lointains rapports avec l’histoire principale. Mais quelle est l’histoire principale, finalement ? Celle de Louis ou celle de Constance ? Je me suis posé la question car j’ai eu l’impression que le roman hésitait entre les deux, comme si la vie de Braille n’était pas suffisamment « romanesque » pour nourrir une intrigue.
Deux romans pour le prix d’un ? C’est tout bénéfice, me direz-vous ! Mais, à mon avis, ce n’est pas le cas parce qu’ils s’affaiblissent mutuellement. Et c’est bien dommage car je suis restée sur ma faim concernant le personnage de Louis Braille. – Sophie Gauthier
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Ce roman m’intéresse et m’intrigue à deux niveaux : la biographie de l’inventeur du code de lecture et d’écriture des aveugles et la mise en abyme de l’écriture.
Hélène Jousse mêle habilement deux itinéraires : une scénariste, veuve depuis peu, retrouve goût à la vie en travaillant sur un biopic de Louis Braille. La narration passe alternativement de la vie de Constance aux scènes écrites pour le film.
L’ensemble est très vivant, très visuel… Le jeu de mot est intentionnel de ma part car la vision et la non vision sont au cœur de ce livre au sens propre et au sens figuré ; il est question de cécité et de vision intérieure, de la vue et du ressenti.
C’est très bien écrit, à la fois précis, fluide et ouvert sur des possibles.
La narratrice qui écrit à la première personne dans son carnet s’approprie la vie et le destin de Louis Braille et nous le donne à lire au travers de son prisme personnel. C’est une version de Louis Braille, celle d’un personnage et celle de l’auteure du roman. Et, c’est là que le bât blesse en peu, peut-être, entre le roman de Constance et la vie romancée de Louis…
Hélène Jousse nous livre de beaux portraits, fait réellement vivre ses personnages sous nos yeux, ceux du roman et ceux du biopic, principaux et secondaires. Tous sont finement ciselés.
J’ai apprécié le côté didactique de ce roman ; je me suis procuré un alphabet braille/français pour essayer de déchiffrer les signes en relief de la couverture, pour me mettre à la place des aveugles. J’ai regretté cependant que cette couverture ne fasse pas davantage sens.
La cécité est un sujet qui me tient peut-être trop personnellement à cœur…
Ce roman m’a plu et m’a un peu dérangée en même temps. L’histoire de la narratrice est très belle ; le destin de Louis Braille est exemplaire… Mais fallait-il mêler les deux ? – Aline Raynaud
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Ce roman est fait d’une alternance de scènes du scénario que Constance écrit et de notes qu’elle rédige dans son carnet rouge. Deux histoires parallèles à deux époques différentes sont ainsi racontées, celle de Louis et celle de Constance, jeune femme de quarante ans, veuve depuis peu. J’ai trouvé cette construction intéressante mais, si j’ai aimé les doutes, les interrogations de la cinéaste sur, par exemple, la façon de restituer à l’écran la solitude et la souffrance de l’enfant aveugle, j’avoue que la vie de Constance aurait pu prendre moins de place, elle ne m’a pas vraiment intéressée et certains aspects me sont apparus trop fleur bleue. Quant à la vie de Louis Braille scénarisée par Constance, elle m’a passionnée de bout en bout. J’ai aimé découvrir la personnalité de ce jeune garçon réservé mais déterminé, un garçon d’une rare modestie, une personnalité peut-être un peu trop idéalisée par l’auteure. J’ai aimé son combat, j’ai aimé la droiture et la sensibilité de ses parents, j’ai aimé la personnalité de sa mère à qui, un jour, un médecin a dit « Préparez votre fils à devenir aveugle« , j’ai aimé la confiance qu’elle a toujours eu en son fils, la relation que Louis a entretenue avec elle est très belle. Ce roman est un bel hommage à un homme dont l’invention n’est devenue l’écriture officielle des aveugles que dix ans après sa mort, une écriture qui a fait des aveugles des êtres libres… – Joëlle Guinard
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Le travail d’un biopic, pour réaliser un film, est une écriture cinématographique différente de celle d’un livre. Hélène Jousse a choisi de raconter la vie de deux personnages, plan par plan, scène par scène.

« Il est difficile de trouver la solution d’un problème lorsqu’on ne peut en écrire les étapes, c’est comme de résoudre une équation sans pouvoir la développer, explique Louis. »

Dans Les mains de Louis Braille, le récit est donc fait de plans séquences (hachés trop menus) qui s’approchent d’une description de la conception de deux œuvres : celle de Constance et celle de Louis.

Cela crée un beau scénario qui devient un livre intéressant à découvrir. – Renaud Blunat

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Louis a 3 ans quand il perd accidentellement la vue. Encouragé par ses parents, le garçon va continuer à aller à l’école, avant d’intégrer à 10 ans l’Institut des Aveugles à Paris. D’abord très déçu par la piètre qualité de l’enseignement qui y est dispensé, et choqué par les conditions de vie très difficiles des pensionnaires, il est malgré tout le meilleur élève. L’arrivée d’un nouveau directeur va adoucir le régime des élèves, et permettre à Louis de travailler sur ce qui sera le projet de toute sa vie : une méthode d’écriture permettant aux aveugles de lire et d’écrire.
Au-delà de la volonté de rendre hommage à Louis Braille, le roman met en scène Constance, dramaturge, qui est chargée d’écrire le scénario d’un biopic consacré à Braille. Ce n’est pas vraiment une écriture scénaristique d’ailleurs, mais un roman où le lecteur entre dans la tête des personnages. Constance tient un journal dans un carnet rouge, dans lequel on suit l’avancée de sa rédaction, et les interrogations de son auteur sur les scènes à construire, sur les faits à mettre en lumière. Elle se prend d’affection pour celui qu’elle appelle par son prénom, et lui donne corps et âme. Et comme il s’agit d’un journal, nous pénétrons dans la vie privée de Constance, qui souffre encore de la disparition de son mari. Cette mise en abyme donne une dimension très humaine au récit. Elle avait pensé arrêter sa biographie aux 18 ans de Braille ; un événement plus qu’imprévu lui fait ajouter une dernière scène, qui confirme, s’il n’était besoin, la nature profondément humaine de Louis Braille. – Emmanuelle Bastien
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Quelle belle idée d’écrire la vie de Louis Braille, ce personnage hors du commun, si attachant dont tout le monde connaît la découverte mais qui fut si discret que peu connaissent sa vie.
Quelle belle idée de mêler ce récit à celui de la réalisation du livre, de nous permettre de voir ainsi les recherches, les hésitations, les différents points de vue, les enjeux de la production littéraire et cinématographique.
Le travail de l’écrivain et celui de la scénariste pour montrer la difficulté de donner à voir le vrai, le sensible, être digne d’un tel sujet.
Merci à l’auteure pour ce livre, un régal d’intelligence et de finesse que je vais offrir largement. – Christiane Arriudarre
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