La dérobée – Sophie de Baere

“ Je suis de ces filles qui n’osent pas et se taisent. Je ne monte pas sur les tables en chantant et je danse dans un coin sombre de la salle de bal. Je suis de celles qui, la soirée entière, sirotent un kir framboise en hochant la tête avec un sourire inoffensif. (…) Pas assez jolie. Pas assez intelligente. Pas assez efficace. Pas assez drôle. Je suis l’incarnation du manque. Du presque vide. Et s’il m’arrive quelque chose de bien, ce ne peut-être qu’un hasard ou un incident. ”

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Quel plaisir de commencer cette sélection rentrée 2018 avec déjà un vrai coup de cœur pour ce roman de Sophie de Baere !
Claire a quarante ans et s’est endormie dans le confort terne et discret de sa vie de couple et de famille, dans son travail peu épanouissant.
Et puis soudain resurgit du passé son premier amour, son seul amour Antoine qui emménage dans l’appartement au dessus du sien.
Antoine l’amour de vacances, le petit parisien qui venait au village de Claire pour les congés d’été avec son père, celui avec qui elle a appris l’amour, celui qui a réussi aussi photographe reconnu et exposé, marié à une très belle femme et père d’une jeune fille dont il cherche à se rapprocher par ce déménagement.
Claire est alors brutalement confronté à la médiocrité de sa vie et de son couple, elle ne résiste pas longtemps au charme d’Antoine et ils renouent une relation. Cette nouvelle relation va être cruciale pour Claire qui va dénouer les fils de son passé qu’elle avait soigneusement enfoui.
Un portrait psychologique très juste d’une femme qui a laissé la vie la guider et non l’inverse et qui va entreprendre un travail sur elle même parfois bouleversant pour reprendre les rênes de son existence.
Une très belle écriture captivante que l’on ne peut plus lâcher avant la fin.
Un excellent premier roman.  – Emmanuelle Coutant
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Claire et Antoine se sont connus à 15 ans, se sont aimés passionnément et se sont séparés violemment. Vingt ans plus tard, Antoine s’installe par hasard dans le même immeuble que Claire. Mariés tous les deux depuis vingt ans, leurs vies n’ont pas suivi les mêmes chemins. Antoine est devenu un photographe célèbre et a épousé la sublime Paola. Claire s’est enfermée quant à elle dans une petite vie routinière, avec François et ses enfants, et exerce un métier peu stimulant sur une aire d’autoroute. Pourtant entre eux, l’amour est de nouveau une évidence. Sophie de Baere dresse le portrait d’une femme désabusée qui va prendre enfin sa vie en main. Retraçant en parallèle l’histoire des débuts et les retrouvailles de Claire et Antoine, l’auteur nous offre un roman captivant, mêlant habillement amour, drame, innocence, émancipation, abus, infidélité, mensonges et même meurtre. L’écriture est magnifique et les personnages attachants grâce à leurs fêlures et leurs doutes. Pour son premier roman, Sophie de Baere signe une lecture envoutante, maitrisée de main de maitre et impossible à lâcher: un coup de cœur !!! – Amélie Descroix
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Je viens de terminer ce livre et je suis encore toute chose quelques heures après avoir fermé la dernière page.
Ce livre est grave, ce livre est triste, en tout cas je l’ai ressenti comme tel. Ce livre est superbement bien écrit.
J’ai reçu ce récit comme une confidence très intime. Les mots que choisit Sophie sont magnifiques , les métaphores qu’elle utilise vont droit au cœur. Cet ouvrage m’a plongée dans une douceur ouatée. Chaque moment passé avec ce petit chef-d’œuvre m’a donné l’impression d’être dans un cocon. Plus rien n’a existé autour de moi, tout de suite échappée dans son monde et celui de ses personnages.
Chère Claire, qui semble avoir vécu dans la tristesse, le silence et l’espoir depuis le drame. Qui s’est sentie au mauvais endroit au mauvais moment toute sa vie. Chère Claire, trop sensible et délicate qui s’aperçoit tard dans la vie qu’être soi-même et libre de ses choix est possible. Qui malgré sa discrétion et son silence fait délier les langues et s’ouvrir les cœurs.
Cher Antoine. Je n’ai su que penser de toi, tant tu as été insaisissable, semblant toujours jouer un double jeu (ou pas ?). Quelle magnifique révélation finale grâce à laquelle je me suis réconciliée avec toi.
Chère Paola, frêle et forte créature qui est à l’intérieur tout le contraire de ce qu’elle reflète à l’extérieur.
Cher François, qui a apporté un peu de bonheur à ton épouse, si vite avorté. Tu as eu une femme si difficile à appréhender, qui a toujours attendu autre chose de toi que ce que tu lui as offert. J’ai souffert pour toi.
Sophie, votre livre est un hymne à l’Amour. Aliénant. Salvateur. Illusoire. Marital. Filial. Criminel. Mensonger. Silencieux. Adultère. Absent. Retrouvé. Lumineux. Étouffant. Incestueux. Parental. Passionnel. Nostalgique. Et éternel. Dans le désordre
L’épilogue est si surprenant. Mais pourquoi ai-je douté ??
Coup de Cœur absolu.  – Sandrine Thébault
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« La dérobée » est ce roman que le lecteur ne peut lâcher car il est happé par l’histoire. Sophie De Baere a su me rendre accro à Claire, à son passé, sa vie, son amour pour Antoine. Avec une écriture aérienne, l’auteure m’a emmenée avec son personnage dans sa réflexion sur le couple, sur l’amour, sur une vie si banale… mais pas que puisqu’au milieu de tout ça,  la disparition tragique, à l’époque de leur jeunesse, d’une jeune femme resurgit aussi car c’est à ce moment là que l’histoire d’amour entre Claire et Antoine a pris fin… Il y est question également d’adultère car Claire et Antoine ne vont pas réussir à taire leur passion, leur amour qui donne un autre goût à la vie de Claire, elle se sent vivante dans les bras d’Antoine, ce qu’elle n’a jamais ressenti avec François même au début de leur histoire, François avec qui elle vit à ses côtés…

J’ai aimé le personnage de Claire qui peut être soi-même, son amie, sa voisine. C’est une femme qui vit sa vie sans excès, sans vague mais à qui il manque l’essentiel et cet essentiel est Antoine, l’amour, l’unique. Il est difficile d’en vouloir à Claire car elle s’en veut déjà tellement toute seule de vivre cet amour à la dérobée. Mais ce roman n’est pas qu’une histoire d’amour; c’est aussi une enquête sur la mort d’une jeune fille, sur des actes de violence sur jeune fille; des réflexions sur les différences sociales. « La dérobée » interroge sur beaucoup. Et Sophie De Baere nous livre son roman avec un certain vécu, ou pas…

« La dérobée » est un premier roman, un premier roman réussi, et un roman coup de cœur pour moi. – Sybil Lecoq

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Encore un premier roman qui sonne juste. Tellement juste. A tel point qu’une fois terminé, il vous communique une sorte d’urgence à vous interroger sur votre propre vie, sans complaisance et sans faux-semblants. Parce que la psychologie de Claire est finement saisie, que son parcours n’a rien de bien rare et que Sophie de Baere compose un texte qui donne à voir l’intimité d’une femme enfermée dans ses propres renoncements. Tout ceci pimenté par une langue inventive, qui met les sensations en musique et les sentiments en rythme.

Car, à 43 ans, Claire est une femme éteinte. Une femme qui a remisé la passion au fond d’une malle depuis bien longtemps et qui se laisse porter par une vie qui, sans être désagréable, manque décidément de couleurs. Dans son couple il y a de l’affection réciproque mais plus de surprise. Les liens avec sa fille sont distendus. Bref, Claire se laisse porter sans enthousiasme. Jusqu’à ce que resurgisse son grand amour de jeunesse, Antoine qui choisit justement son immeuble à Nice pour s’installer avec son épouse. Choc. Électrochoc même. Il n’en faut pas plus à Claire pour revivre ces étés où l’adolescente qu’elle était brûlait de son premier amour pour Antoine, le fils d’avocat, son premier amant. Resurgissent alors des souvenirs enfouis, des douleurs et des questions sans réponse. Comment faire face à ce nouveau bouleversement ?

Attention, on est loin d’une intrigue pour midinettes. Ce qui se joue ici est bien plus complexe. Il s’agit de tous les pièges qui font que l’on peut s’égarer sur le chemin de la vie. Des apparences, des idées reçues, des imaginations qui s’enflamment. Des drames qui enferment autant que les différences de milieux. De cette autorisation à être heureux que l’on ne se donne pas toujours, à cause de son environnement ou parce que l’absence d’un regard bienveillant aboutit à ce que l’on ne s’aime pas. Alors, comme Claire, on s’éteint. On se coule dans un rôle discret, sans faire de vague. Sans même plus espérer de prince charmant.

C’est tout ceci que met en lumière Sophie de Baere dans ce roman qui se lit d’une traite, avec beaucoup de plaisir grâce à une écriture sobre mais élégante et évocatrice. Une jolie découverte et une plume que j’aurai plaisir à lire de nouveau tant j’ai apprécié sa sonorité. – Nicole Grundlinger

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Sophie de Baere signe un premier roman sous le signe de l’amour, l’amour et ses fluctuations mais, invincible. Un roman entre ombres et lumières, luminosité pour la passion entre Claire et Antoine, noirceur pour l’atterrant Claude, le tout enveloppé par une écriture fluide, sans excès, sans emphase ; comme si la plume dansait sur les pages mais en tournant autour d’un voile de pudeur pour laisser de l’imagination à l’amour et ne pas s’enfoncer dans un voyeurisme inutile pour les faits sordides, les nommer est suffisant.

Une réflexion tout en finesse sur le temps qui passe, ce temps que l’on ne peut rattraper mais qui lui peut revenir sur vos pas ; sur la séduction malgré les années qui s’ajoutent ; sur la capacité à savoir rebondir et à tenter l’audace pour s’épanouir. Une belle fenêtre également sur le pardon, sur la capacité humaine à absoudre les erreurs ou errements des autres, en les comprenant, afin de permettre à son âme de nettoyer la rugosité accrochée à ses parois. Pour enfin aimer la vie. Pleinement. – Ghislaine Antoine

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Sophie de Baere donne vie à des personnages dont la vie semble à priori banale mais qui ont une force de caractère exceptionnelle et elle leur permet d’exprimer ce qu’ils ressentent avec des mots d’une richesse peu habituelle.

La dérobée est un livre qui se lit facilement, et qui offre de grands plaisirs. Au tout début, quand Claire parle d’Antoine, elle dit  (p. 22) savoir peu de choses à son propos mais que penser à lui mettait de la dentelle arc-en-ciel sur le gris de ses habits (…) pour la première fois depuis la mort de mon frère je sentais germer une simplicité pourvoyeuse d’harmonie et de force. Mon ciel s’agrandissait.
L’originalité du roman est d’avoir opté pour une vision exclusivement centrée sur cette femme qui est la narratrice du récit alors que la « mode » serait plutôt aux écritures chorales.  Elle a néanmoins l’art de montrer qu’aucune opinion n’est définitive. Ainsi le silence est celui de l’absence chez les parents de Claire. C’est celui du calme et du confort chez ceux d’Antoine.
De ce fait le lecteur oscille entre la compassion et l’envie de secouer Claire que l’on croit se fourvoyer à vouloir ressusciter le feu d’une ancienne passion et dans l’obsession de faire éclater la vérité à propos de drames enkystés depuis des années.
On dévore littéralement les chapitres tant on est happé par l’histoire, qui se révèle d’une grande complexité et qui offre de multiples rebondissements. Je ne vais pas tous les dire, mais tout de même indiquer qu’on peut établir un parallèle entre plusieurs souffrances consécutives à la perte d’un être cher.
La vérité n’éclatera qu’à la toute fin, plus accablante que la plus terrible de mes certitudes et le roman s’achèvera de manière inattendue. Il est évident qu’il faut transformer cet « essai » en film. – Marie-Claire Poirier
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Les aléas de la vie vont réunir Claire et Antoine, qui s’étaient aimés dans leur jeunesse. Amour qui avait connu une fin brutale a la suite d’un événement tragique.

Ce roman est donc le récit de leur amour de jeunesse et de la manière dont ils vivront leur nouvelle rencontre. Mais c’est sans compter qu’ils ont vieilli et fait leur vie chacun de leur côté et qu’entre en jeu les attentes de leur conjoint respectif.

Il y sera donc question de :

– l’importance de l’amour sous toutes ses formes : amour entre deux personnes, amour filial et de ce que chacun est capable de faire au nom de cet amour et de la peur de perdre l’être aimé.

– la fidélité et de la routine au sein des couples, routine qui peut éroder l’amour.

– les non-dits et leurs conséquences quand ils sont enfin verbalisés.

La dernière partie est surprenante mais la fin reste cependant trop convenue, évidente.

Si ce roman reste pour moi un très beau moment de lecture, j’aurais aimé que les personnages aient un caractère plus accentué, d’être plus dans la retenue ce qui bride leurs émotions.

Néanmoins l’écriture de ce roman reste fluide ce qui en fait un roman très agréable à lire et qui annonce une carrière littéraire pour cette jeune auteur. – Sy Dola

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Ce texte est très prenant, émouvant, le scenario astucieusement construit, mais aussi étonnant dans ses coups de théâtre, retournements, et issue. J’ai été très déstabilisée, surtout dès le début du texte, par cette écriture travaillée à l’extrême, ornementée d’adjectifs, d’allégories et de métaphores systématiques et pléthoriques. Chacune de ses phrases est sculptée comme un bijou, très, trop ? j’ai eu envie par moment d’une expression plus simple, plus sincère, et du coup plus convaincante et émouvante. Cette excès d’ornementation m’a dérangée, puis je m’ y suis habituée, un peu fataliste, et le texte a commencé à exister en lui-même et à me séduire. Cela étant j’ai peut-être eu tort de ne pas accepter son écriture, je n’ai pas la réponse. Pour ma part donc un regret, proche d’un coup de coeur. – Martine Magnin

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Voilà un roman que j’ai lu très vite, parce qu’il est assez prenant. A la fin de chaque chapitre, on a envie de poursuivre, de savoir ce qui va se passer. Claire vit avec François, son mari, dans un appartement à Nice. Elle est mère et grand-mère, son existence un peu endormie est assez banale, mais pas malheureuse à proprement parler. L’histoire débute lorsque Claire croise Antoine, son grand amour de jeunesse, dans son immeuble: il vient d’emménager avec son épouse, dans l’appartement au dessus du sien. Claire est immédiatement bouleversée par la rencontre: elle pressent que sa vie ne peut que prendre un tournant inattendu. Nous plongeons alors dans le passé de Claire, au début de son adolescence. Nous prenons connaissance de toute son histoire avec Antoine, comment elle a commencé et comment elle s’est brutalement arrêtée. De quelle manière Claire va-t-elle gérer le retour de la passion dans son existence calme, paisible, et un peu tristounette?

Le passé qui fait irruption, l’amour qui (re)fait vibrer versus la routine et l’habitude, l’étendue des possibles versus les renoncements et les regrets : ces thèmes peuvent déjà très largement faire l’objet d’une histoire racontée. Il y a cependant beaucoup plus dans ces pages: le deuil, un meurtre, l’abus sexuel, la pédophilie, le déséquilibre entre deux classes socio-culturelles, les tourments des conflits parents-enfants, le suicide, la dépression… Peut-être un peu trop de contenus pour pouvoir les traiter tous suffisamment en profondeur. Trop d’éléments et d’événements pour y croire jusqu’au bout,  pour s’identifier totalement aux personnages.

Ce qui m’a le plus « parlé », ce par quoi j’ai été touchée, est le fil conducteur du cheminement de Claire vers elle-même, à partir de sa relation à ses parents et de son histoire familiale, en passant par ses « non-choix » jusqu’à la réappropriation de ses désirs et de la suite de sa vie. Du coup, j’imaginais une autre fin, qui m’aurait paru plus en harmonie avec ce parcours existentiel. Mais, un écrivain n’a pas à nous satisfaire pleinement, à coller à nos scénarios subjectifs, à nos désirs.

La langue est jolie, très imagée -par moments un peu trop à mon goût : les associations et métaphores me semblaient parfois un peu trop travaillées et artificielles pour sonner « juste »- et très agréable.

Autre mérite de cette première œuvre, déjà évoqué en début de chronique : cette force narrative qui pousse à tourner une page après l’autre et qui rend très difficile de quitter le bouquin avant d’avoir terminé. –  Chiara Aquino

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Le plaisir infini de découvrir une nouvelle et magnifique plume : tel a été mon sentiment à la lecture des toutes premières pages du roman de Sophie De Baere, La Dérobée. Le prologue à peine posé, tout se met en place d’une écriture soignée qui vous accroche d’emblée. Loin de n’avoir qu’un style, ce qui est déjà beaucoup… l’auteur est aussi une conteuse de talent, qui embarque le lecteur dans une histoire que je n’ai pu lâcher avant d’avoir tourné la dernière page. En quelques mots, Claire, 43 ans, vit à Nice. Caissière sur une aire d’autoroute, elle mène une vie rangée, aux côtés de son mari François, et de ses enfants devenus grands. Mais un jour, elle croise sous la porte cochère de son immeuble son premier amour, celui de ses 15 ans, en la personne d’Antoine, qui emménage là avec sa femme…
« Au fond, on ne se sèvre jamais d’un amour comme celui-là ».
C’est la douloureuse et nécessaire expérience que Claire va vivre au cours d’une introspection réalisée dès lors qu’Antoine surgit à nouveau dans sa vie, elle qui avait pourtant mis tant d’années à tenter d’oublier son aventure achevée… à la dérobée. Un titre particulièrement bien choisi pour ce premier roman, un joli mot qui s’entend de multiples manières et qui s’applique à tous les aspects du roman qui m’ont touchée.

Se dérober, c’est s’enfuir, échapper à ce que l’on devrait vivre et en ce sens, la « dérobée », c’est avant tout celle de Claire. Référence à Bénabar, elle est « de celles » qu’on ne remarque pas vraiment. « Pas assez jolie. Pas assez intelligente. Pas assez efficace. Pas assez drôle. Je suis l’incarnation du manque » pense-t-elle. Claire a passé sa vie dans la transparence, honteuse de sa condition, victime d’un fort complexe d’infériorité à toutes épreuves qui avait pu céder un temps, l’été où Antoine était tombé amoureux d’elle, mais qui s’était imposé par la suite, guidant sa vie, jusqu’au jour où Antoine réapparaît. Pourtant, lui aussi s’est dérobé, longtemps, fuyant les évidences. Mais peut-on infiniment se dérober aux réalités ? « Dérobées », ce sont aussi les vies de plusieurs des personnages de ce roman. Ceux disparus trop vite, accidentellement ou pas, ces jeunes filles à l’innocence subtilisée, clé du livre de Sophie de Baere.

Au-delà de l’histoire prenante qu’elle a imaginée et restituée à travers de courts chapitres, s’enchaînant efficacement, c’est à différentes réflexions que l’auteur nous invite, sur la vie de couple et la possibilité de la faire durer, mais aussi sur le deuil : comment continuer à vivre avec des absents qui prennent beaucoup de place et donnent le sentiment d’être délaissés ? Comment composer avec les mots qu’on a tus, les sentiments qu’on a refusés d’exprimer auprès de personnes qui ne sont plus là ?

Un premier roman fort qui ne laisse pas indifférent, tant pour ses personnages, touchants, son intrigue, prenante, et ses mots : un style littéraire raffiné, coloré, dont on se délecte à chaque instant : « Antoine et moi esquissions un amour astral », « je mettais de la dentelle arc-en-ciel sur le gris de mes habits », « un crachin de soie dans la nuit bleue » pour ne citer que quelques extraits…

Il y a dans le mot « dérobée » une certaine idée d’urgence, d’instants volés, comme les baisers. J’ai été emportée ! Merci !   – Julie Vasa

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Sophie de Baere signe ici un magnifique premier roman. A la fois tendre et cruel, il met en lumière les premiers amours, les plus innocents, les plus vrais, mais ceux aussi qui peuvent à jamais rendre terne les suivants. Avec beaucoup de justesse, avec des mots choisis et pesés, Sophie de Baere nous touche et nous émeut à travers le regard qu’elle fait glisser sur ses personnages. On tourne les 236 pages de ce roman avec avidité, avec soif de plus, toujours plus… Des chapitres courts, des sentiments volés au temps, des personnages blessés pour qui rien n’est calculé… Et au final, un roman lumineux… – Audrey Thion

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Coup de cœur pour ce livre passionnant. Lu en deux jours, je ne l’ai pas lâché. Sophie De Baere nous embarque et j’ai été captivée par cette belle histoire complexe avec une fin inattendue.
Claire à quarante ans mène une vie médiocre et terne auprès de François. Antoine, son grand amour d’adolescente, resurgit vingt ans après. Claire est bouleversée, les souvenirs, les douleurs, les questions remontent à la surface.
Ce n’est pas une banale histoire d’amour et passion. Ce livre soulève bien d’autre sujets : les non dits dans les familles, la pédophilie, les différences ruralité et urbanité, les jugements trop vite exprimés.
Je pense aussi que l’attitude des parents taciturnes de Claire, après le décès de leur fils, n’a pas aidé dans les relations avec leur fille. Dans leur malheur, ils ont oublié que Claire était présente et bien vivante.
Ce roman sonne juste, son écriture est fluide et attachante J’ai été très touchée et émue par ce premier roman prometteur , une auteur à suivre.  – Joëlle Radisson
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Sophie de Beare réussit le tour de force de nous faire aimer des personnages pas forcément très aimables, de nous faire vibrer avec une intrigue à rebondissements, de nous faire hésiter, croire, comprendre, puis chercher, qui, quand, pourquoi, bref, à nous intéresser à son histoire comme nous le ferions à celles d’amis que l’on veut à la fois aider et comprendre. Et puis il y a le couple, l’amour fou ou celui qui dure longtemps, la vie, la mort, tant de sujets pour nous faire réfléchir à la vie justement.

Ce que j’ai aimé ? Ces personnages ambigus mais attachants pour la plupart, ou au contraire plutôt faciles à détester, quoi que… Et puis l’amour, plus fou, plus fort, que les années et la vie, que les chagrins et les solitudes, capable de tout dévaster sur son passage… Un premier roman qui se lit avec plaisir. – Dominique Sudre

 

 

 

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