Juste un peu de temps – Caroline Boudet

« La charge mentale. La foutue charge mentale. Qui ressemble de plus en plus à une charge explosive qu’elle ferait volontiers sauter… Quelque chose a claqué en elle. Sophie ne voulait pas rentrer, ne pouvait pas. Elle ne voulait plus de cette vie-là. Ses pieds n’avaient tout simplement pas pu prendre le chemin de la gare, ses doigts avaient d’eux-mêmes éteint son portable, et son instinct maternel — je suis indispensable, je suis coupable, ils ne sont rien sans moi — s’est mis en mode silencieux pour la première fois depuis sept ans.« 

Juste un peu de temps

 

Sophie, 36 ans, mère de famille, épouse, salariée dans un domaine qu’elle a choisi. Tout est possible lorsqu’on s’investit. La preuve son collègue a été félicité à la naissance de son premier enfant. La « boîte » lui a donné un coup de pouce financier. Alors, Sophie est allée annoncer sa première grossesse heureuse et confiante. Et Vlan, les dossiers les plus prenants -comprendre les plus intéressants- lui sont ôtés, pour la soulager, bien sûr…
Quel petit bonheur ce roman. De l’ironie, du cynisme, de l’humour : un peu « citron sur la plaie » me direz-vous ? Mais OUI, délicieusement piquant ! Les situations vraies, décrites de manière directe, simples, sans fausse pudeur sont délicieuses et crispantes à la fois. Même les dernières lignes, bien qu’un tant soit peu prévisibles sont drôles et tendres à la fois.
Sophie n’en peut plus de la lessive, des petits tas de linge posés avec classe par tailles avant d’être rangés. Peu importe qu’elle ait pris soin d’indiquer le numéro de téléphone de son époux, même interverti l’année suivante sur le formulaire idoine, on la retrouve toujours. Elle a bien tenté de trouver du temps pour elle, Loïc a tout de suite dit oui, mais n’a pas manqué chaque fois d’y aller de sa petite phrase culpabilisante « J’espère que tu en as bien profité parce que… » alors à la deuxième tentative, elle a d’elle-même renoncé.
Loïc est un gentil mari. Évidemment, chaque fois qu’elle lui demande du soutien, il râle un peu mais s’exécute ; si elle se rebelle en lui demandant des détails sur l’agenda des enfants, il s’insurge « c’est dégueulasse ! cette question », comme s’il avait réponse à tout.
Sophie ne se sépare pas de son petit carnet rouge dans lequel tout est noté. Organisation quasi militaire pour ne rien oublier, pour que TOUT soit sans bavure. Elle a dans la tête la gestion des tâches nécessaires à la satisfaction des besoins de toute sa petite famille, mais les siens dans tout ça ? Sophie est citée en exemple par ses voisins, collègues, amies, tout le monde dit qu’elle est parfaite, son couple est idéal, ses enfants impeccables.
Sophie n’en peut plus, elle l’a dit, n’a pas été entendue. Que faire alors ? Prendre « Juste un peu de temps » pour elle. Sophie s’échappe, respire, profite de ces quelques heures sans culpabilité, enfin.
Travail, enfants, maison, la charge mentale est un « terme » récent pour décrire la place des femmes dans la société depuis qu’elles travaillent. Les hommes sont trop heureux de dire que leurs femmes ne veulent pas déléguer… L’auteure décrit formidablement la vie un peu folle des femmes d’aujourd’hui, épouse-mère-bosseuse, à travers celle de Sophie, la si jolie « mauvaise foi » de ces messieurs qui participent pourtant si bien à la vie de leur foyer.
Ils préparent les courses « au fait, qu’est-ce que je mets sur la liste ? » demande Loïc pile au moment ou Sophie prend sa douche tranquille parce de 7H à 20h30, elle n’a pas eu un moment pour elle. Mais qu’on se rassure Sophie a de la chance : son mari cuisine, s’occupe des enfants, « participe beaucoup » ! Vous entendez le cri silencieux ? À l’intérieur de la tête de Sophie, on visualise le « Cri » de Munch… Loïc n’y comprend rien, ses copains pensent que sa femme lui « fait sa crise de la quarantaine ». C’est vrai, une femme peut anticiper sur son homme puisqu’elle vit deux vies en une : Épouse et mère. Pourquoi ne pas anticiper sur celle de mi-parcours, celle des hommes : la cinquantaine !
J’ai ri, souri de certaines situations. Il m’a manqué un peu de l’auto-analyse de Loïc qui m’aurait amusée. C’était « Juste un peu de temps » pour moi, j’ai beaucoup aimé cette fiction. Mesdames, offrons-le à nos époux. – Laurence Lamy
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Je craignais un peu une série de lamentations d’une jeune maman débordée et j’ai été agréablement surprise.
J’ai plongé avec plaisir dans une écriture maîtrisée avec des images bien trouvées, de l’humour, une légèreté de ton qui m’a bien plu.
J’ai également apprécié les points de vue des proches de Sophie ainsi que leur vécu personnel.
Cette femme parfaite aux yeux de tous, qui se maîtrise, est capable d’écoute et d’empathie, qui semble invulnérable, se sent en réalité au bord de l’implosion.
Mais c’est si joliment tourné qu’on en sourit parfois, on peut ne pas être affecté par « la charge mentale ».
Si j’avais connu cette expression quand j’étais dans la vie active, je l’aurait servie volontiers ! !
Donc, un bon moment de lecture pour moi. – Mireille Lefustec
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Une écriture légère et sautillante, ou pétillante ! C’est écrit comme elle le pense, et on se reconnaît toutes dans ce récit de la femme moderne, écrasée par le poids des charges administratives, familiales, et professionnelles, et Sophie, notre personnage principal se veut une mère irréprochable.
A un moment ou à un autre, de notre vie, on a toutes couru après les heures qui défilent trop vite et quand épuisée, découragée, arrive la fin de la journée, on a parfois envie d’autre chose que de rentrer chez soi, pour redémarrer une autre journée de travaux domestiques cette fois.
J’adhère complètement à ce roman de Caroline Boudet, qui nous laisse sur notre faim. A quand la suite ? Car il mérite une suite, je suis déjà accro aux aventures de Sophie ! – Brigitte Cheminant
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Joli roman clin d’œil à toutes les jeunes mamans des 68 mais qui rappelle beaucoup de souvenirs aux autres.
Juste un peu de temps. Un titre parfait pour ce court roman dans lequel Caroline Boudet nous dépeint avec beaucoup de justesse et d’humour la vie de toutes les mamans d’aujourd’hui. La charge mentale, voilà l’expression à la mode que nous ressasse tous les magazines féminins mais quelle mère n’a pas ressenti ce poids écrasant? Chacune se retrouve dans ce roman à voix multiples et comprend le coup de folie de Sophie. Toutes, un jour, en regardant en arrière nous avons repensé à celle que nous aurions voulu être. Cette satire sans la moindre aigreur a le mérite, avec tendresse et auto-dérision, de nous déculpabiliser, de nous montrer que la voisine, l’amie si parfaite a aussi ses failles et qu’il faut savoir lâcher du lest.
Mais où Caroline Boudet a-t-elle trouvé son Yvonne Tournaire? (p.79). Ces femmes-là j’en ai connu, oui mais au milieu du siècle dernier! Il y a longtemps que les grand-mères ne pensent plus ça. Des générations de femmes ont bataillé dur pour le droit à l’égalité et même si les magazines des années 1980 on trop véhiculé le mythe de la Superwoman c’est grâce à elles que les choses ont lentement évolué. Pas assez bien-sûr!
Mais bon, les jeunes femmes, vous savez que :
1 – la perfection n’est pas de ce monde.
2 – Superman n’existe pas. Alors…..     – Françoise Floride-Gentil
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La charge mentale, cette foutue charge mentale à la une de l’actualité, dans tous les médias, journaux féminins, internet… Il fallait bien que quelqu’un surfe sur la vague et en fasse un livre !
La charge mentale est une réalité et c’est bien qu’enfin on en parle. Ce que je reproche à Caroline Boudet c’est de l’avoir fait si légèrement (quelle probabilité à ce que Sophie retrouve son premier amour durant cette fugue?) et de façon parfois caricaturale (quand on entend les pensées de sa voisine au restaurant, on se demande en quelle année elle se retrouve!)
Dommage c’est un sujet qui aurait demandé plus de profondeur. Pour moi ce livre sera aussi vite oublié qu’il a été lu. – Michèle Letellier
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Juste un peu de temps de Caroline Boudet aux Editions Stock ou l’histoire d’une mère de famille parfaite qui du jour au lendemain va péter les plombs. Je me souviens avoir surligné ce titre dans la liste au moment de la découverte de la sélection début septembre. Un sujet intéressant qui en plus parle à la majorité de femmes que nous sommes. Quelle femme ne s’est jamais sentie fatiguée face à la lourde et difficile tache de mener de front vie familiale et vie professionnelle. J’avais hâte de voir de quelle manière Caroline Boudet allait mettre en scène ce sujet dans une histoire capable de captiver les lecteurs.
Sophie est une femme de presque quarante ans. Elle vit depuis plus de dix ans avec Loïc, son compagnon qu’elle aime et qui l’aime.Ils ont ensemble trois adorables jeunes enfants.Un couple parfait et envié même. Une petite famille heureuse. En apparence! Car on fond d’elle même Sophie souffre et n’est plus heureuse. Elle se sent si seule à la barre de ce joyeux navire. Seule, fatiguée et même plus épuisée! Elle ne supporte plus ses enfants. Elle ne supporte plus son conjoint. Elle n’accepte plus le fait de ne disposer d’aucun moment pour elle dans cette vie bien remplie. Elle croule sous le poids des responsabilités. Un après midi au travail, elle décide de tout quitter pour quelques heures juste pour prendre un peu de temps pour elle, seule et au calme. Un moment de répit dans le tumulte. Mais un répit après lequel, elle est totalement incapable de repartir, incapable de prendre le chemin du retour à sa vie. Elle prend alors la décision de poursuivre cette escapade tout à fait consciente du chaos que son départ a du provoquer chez les siens.
Le roman se déroule sur trois jours. il est construit à plusieurs voix. On entend bien sur celles de Sophie et de Loïc mais également celles d’amis, de relations et même celle de Yann leur fils aîné. Le lecteur progresse ainsi dans l’histoire au son de ces différentes voix. C’est l’aspect du roman qui m’a le plus plu. L’écriture est simple, branchée, dynamique, illustrée, pleine de références qui font sourire, pleine d’humour. Mais l’histoire penche plus à mon sens vers la comédie romantique. Le sujet n’est pas traité en profondeur. La couverture accentue également cette légèreté. J’ai passé un moment sympathique, de détente mais sans plus. Sans parler de la fin qui m’a laissé complètement dubitative. Le choix est laissé au lecteur. Libre cours à l’imagination! Dommage! Mais je vais retenter l’aventure en me plongeant bientôt dans le premier livre de Caroline Boudet La vie réserve des surprises aux Editions Fayard. – Emmanuelle Mentec
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Vous êtes une femme multitâche avec une « To do list » quotidienne longue comme le bras à gérer entre votre famille, votre travail, et la tenue de votre intérieur ? Vous vous sentez épuisée, au bord du gouffre ? Attention, vous pourriez souffrir du syndrome de « charge mentale », qui, tout comme le burn-out, fait de plus en plus de victimes dans nos sociétés contemporaines, en ennemi invisible qui vous ronge peu à peu jusqu’au jour où la machine s’enraye…
Bonne nouvelle, nous avons un remède littéraire à vous recommander avant de dépasser la ligne rouge, la lecture de ce premier roman de Caroline Boudet !
Dans la veine des feel good books thérapeutiques comme « Ta deuxième vie commence quand tu comprends que tu n’en as qu’une », « Juste un peu de temps » dresse le portrait d’une Wonder Woman d’aujourd’hui, Sophie, épouse et mère épanouie, femme parfaite aux yeux de ses collègues et amis, qui va contre toute attente partir sur un coup de tête à Saint-Malo parce qu’elle a besoin de se retrouver en tête à tête avec elle-même, loin des contraintes qui rythment son quotidien si bien huilé en apparence. Cette parenthèse sera-t-elle suffisante pour reprendre en main sa vie ?
S’il ne fait aucun doute que ce livre deviendra un best-seller, tant il est symptomatique d’une époque, et de surcroit facile à lire, je dois confesser que le récit ne m’a pas emporté ; les ressorts romanesques sont sans surprises, excepté peut-être la fin, qui m’a pourtant laissée dubitative.
Un roman qui ne correspond pas à mon genre de prédilection, mais trouvera son public sans l’ombre d’un doute, n’est-ce pas là l’essentiel ? – Catherine Pautigny
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Juste un peu de temps est un récit très actuel, sans l’être pourtant.
En effet, le quotidien de Sophie qui y est décrit avant qu’elle ne disparaisse subitement, est le lot de la majorité des femmes qui sont mères de famille. A cet égard, rien de nouveau sous le soleil.
Ce qui est nouveau, en revanche, c’est d’en parler, de le nommer – le roman s’engouffre dans la porte ouverte par le débat autour de la « charge mentale » qui a émergé il y a quelques mois – , de considérer que ce n’est pas le seul quotidien possible pour les femmes, de considérer qu’une femme qui prend cette liberté impensable de laisser ses enfants à la charge de son mari pendant trois jours, sans prévenir, n’est pas forcément une mère indigne ou une femme abjecte.
Forcément, en tant que – jeune – femme sans enfant, mes sentiments sont partagés. Parce que le quotidien de Sophie était prévisible. C’est celui de toutes les femmes qui nous entourent, peu ou prou. Partant, comment être surpris, comment être déçu, comment vouloir réclamer justice ? Il n’y a pas eu mensonge sur la marchandise. C’est triste et affligeant, mais ce qui lui arrive est exactement ce qu’elle pouvait observer en regardant sa mère, sa cousine, sa voisine – toute femme de sa connaissance. Pourtant, il est relativement nouveau de considérer que ce n’est pas un statu quo dont la femme doit se satisfaire, ou en tout cas, de prendre la parole et d’agir pour que cette situation évolue.
En 1879, une femme comme Sophie faisait scandale – il s’agissait de Nora, la protagoniste d’Une maison de poupée, pièce de théâtre du norvégien Henrik Ibsen.
En 2018, Sophie ne fait pas scandale. Elle accomplit ce dont rêvent toutes les femmes, si bien que l’histoire racontée par Caroline Boudet n’a pas le cachet subversif d’Ibsen il y a un siècle et demi.
Il est intéressant cependant de voir que cette parole rencontre un écho, et même si Juste un peu de temps ne fait pas particulièrement avancer le débat, car les sujets abordés sont débattus sur la place publique depuis quelques années, il reste important que ce dernier ne s’éteigne pas, et reste actuel. – Sara Dupouy Adrian
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Sophie est mariée à Louis. Ils ont trois enfants, un joli appartement, des jobs sympas et des amis présents. Mais un jour Sophie n’en peut plus. Elle n’en peut plus de devoir tout chapeauter dans la famille. Elle n’en peut plus d’être le réfèrent systématique en cas de problème. Elle n’en peut plus de devoir faire passer les autres avant elle. Alors elle part. D’abord pour quelques heures, pour se reposer et lire. Puis les heures deviennent des jours, et sa famille s’inquiète… Alternant les points de vue, Caroline Boudet dresse un portrait de femme moderne en proie aux tourments de la charge mentale. Le sujet aurait pu être intéressant mais j’ai trouvé la narration maladroite, un peu trop légère et bourrée de clichés. Les personnages étaient trop caricaturaux à mon goût et le style s’apparentait plus à une jolie comédie romantique là où j’attendais plutôt un drame social. Cette lecture n’était clairement pas pour moi, mais elle pourra plaire à celles et ceux qui aiment les histoires un brin feel-good – Amélie Descroix
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Ce roman parlera à beaucoup de femmes, c’est une lecture beaucoup moins légère qu’elle n’y paraît, c’est une histoire « vue de l’intérieur » comme Caroline Boudet le dit si bien dans ses remerciements. L’écriture est ordinaire mais pleine d’humour. Tout est finement observé et Caroline Boudet nous offre un beau panorama du quotidien des jeunes mères de famille, de leurs difficultés à concilier vie familiale et vie professionnelle, des inégalités qui perdurent entre hommes et femmes, de la maternité qui met la femme hors jeu dans sa vie professionnelle, des ambitions professionnelles qu’il faut revoir à la baisse, des problèmes de garde des enfants qui restent toujours l’affaire des femmes, de l’arnaque du congé maternité qui est tout sauf un congé mais aussi de la difficulté du lâcher-prise. Une vie de routine et de frustration dans laquelle beaucoup de femmes se trouvent piégées… Bien construit avec l’alternance des voix de Sophie et de son entourage, ce roman se termine d’une fort jolie façon.
Une belle réussite pour un premier roman… Joëlle Guinard
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Sous son air presque léger (la couverture semble annoncer un feel-good book), Juste un peu de temps met le doigt sur un sujet très dur, qui a fait la une des médias il y a quelques temps : la charge mentale. Il révèle aussi son corollaire, le burn-out maternel. Un cocktail détonnant qui peut mal tourner si l’on n’arrive pas à repérer les signes avant-coureurs.
Sophie pourrait être notre voisine de palier, notre meilleure amie… ou peut-être même notre double. Elle avance et serre les dents, fait ce que l’on attend d’elle – du moins d’elle dans l’image qu’elle projette depuis si longtemps – et n’arrive pas à dire « non » ou « stop ». Deux mots qui peuvent pourtant tout changer. Encore faut-il être prise au sérieux et réellement comprise dans cette envie de tout remettre à plat. Promettre de changer, de s’impliquer davantage, c’est une chose. Le faire concrètement en est une autre. – Claire Sejournet
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Voilà un roman moins léger qu’il n’y parait. On reconnait bien la verve journalistique chez Caroline Boudet, c’est drôle, juste et enlevé. Et toutes, nous femmes, mères, actives, on se retrouve un peu dans Sophie. Le sujet c’est bien celui de cette foutue charge mentale: les enfants, les tâches ménagères, un mari qui pourrait faire si ce n’est plus mais au moins mieux, la gestion du quotidien, et surtout le sentiment de ne plus vivre pour soi. Sophie aime ses enfants, son mari, cette vie familiale qu’elle a construite, mais ce qui lui manque, ce sont ces moments à soi, pour soi.

Et l’auteure propose au lecteur de prendre du recul face à son  personnage qui se met finalement beaucoup trop de pression. On est un peu toutes pareilles. On veut tout faire, et bien, et on se met une pression de dingue, sans s’accorder de droit à l’erreur ou en tout cas d’être parfois un peu égoïste. Et c’est ce temps, se retrouver, se faire plaisir qu’est allé chercher Sophie à Saint-Malo, l’espace de quelques heures de tranquillité, pour réfléchir à ce qu’est sa vie et comment elle pourrait la rendre plus « vivable » avant de craquer.

Et la bonne idée de l’auteure, c’est de donner la parole à l’entourage de Sophie, livrant ainsi chacun son point de vue sur la situation : le mari qui ne comprend pas, qui ne voit en la disparition de sa femme que la possibilité d’un adultère; la meilleure amie célibataire et sans enfant, la voisine qui voit Sophie comme une femme parfaite qui agace…Toutes ces voix en disent long sur notre société, ses codes, ses attentes, ses exigences. – Anne Dionnet

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J’ai été agréablement surprise par ce récit, persuadée au départ d’ouvrir un énième « feel good ». En réalité un texte qui aborde avec lucidité le thème de la charge mentale, cette pression quotidienne pesant sur beaucoup de femmes qui jonglent entre gestion du foyer, des enfants, du travail, en résumé qui pensent à tout et ce tout le temps !

« Pourquoi avoir inventé Google alors qu’il existe des femmes et des mères pour répondre à toutes les questions ? »

L’écriture est sans fioritures, directe et rythmée.
La fin reste ouverte, je l’ai interprétée comme un clin d’oeil.
J’imagine que chacune sera tentée d’offrir ce livre à sa bonne copine qui craque, sa soeur, son entourage féminin ; pourtant ne pas hésiter à proposer malicieusement cette lecture aux hommes. Qui sait ? Ils pourraient être étonnés voire bousculés.
A ne pas laisser qu’entre des mains féminines !  – Nathalie Chartier-Salou

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Voilà un livre qui interpelle toutes les femmes, il est criant de vérité et se lit d’une traite. Une écriture légère pour un sujet qui ne l’est pas.
A vouloir tout gérer, être hyper organisée, se croire indispensable, être parfaite, Sophie oublie de penser à elle. Un jour son esprit et son corps n’en peuvent plus et elle s’en va prendre l’air à force d’étouffer !!!… sans avertir ses proches et fermant son portable.
Beaucoup aimé, très agréable à lire, vivant et dynamique, par le découpage de ce roman en intercalant plusieurs personnages. De l’humour, de l’ironie et de la tendresse. J’ai été touchée et émue par le cheminement de Sophie.
Petite réflexion personnelle : quel que soit l’âge ou la situation, la charge journalière morale et physique, je pense qu’il est impératif de « prendre l’air » régulièrement, une soirée, un week-end…une semaine afin de se ressourcer pour le plaisir de retrouver son quotidien !!!
Bravo à Caroline Boudet pour ce premier roman ! – Joëlle Radisson
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Etre une épouse aimante, une amante choyée, une mère parfaite.
Dans leur quête de perfection les femmes se démultiplient, se perdent, dérapent et pour tenir l’objectif accélèrent encore ;
Il faut avancer, pouvoir rayer chaque ligne de la liste des tâches à faire qui s’allonge au fil du jour puis du suivant.
C’est dans la vie de toutes ces femmes, au creux de leurs pensées intimes que l’auteure nous amène avec finesse .
Un beau regard pour nous interroger sur comment vivre ensemble quand le centre de gravité de la femme est sa maisonnée et pour l’homme son identité.
Lire ce livre et aller respirer les embruns de St Malo, se donner le droit de se retrouver … quelle belle idée.  – Christiane Arriudarre
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C’est sur le mode de la comédie que Caroline Boudet aborde le problème des femmes qui peinent à gérer travail, enfants et mari. Incarnée par Sophie, qui demande Juste un peu de temps, ce roman pétille de malice. Amusez-vous avec cette comédie légère et qui n’a sans doute pas d’autre prétention que de vous distraire. Entre les lignes, vous pourrez toutefois réfléchir à la dictature du patriarcat et au rôle dévolu aux femmes au sein de la famille. Pour faire évoluer les choses, il ne suffira pas de jeter son «carnet de tâches» dans la mer. – Henri-Charles Dahlem

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« Juste un peu de temps » est un joli récit tout en nuances avec le bon niveau de suspens et de rythme. Il attise la curiosité des lecteurs qui à travers les opinions de Sophie, de son mari Loïc, de ses amis et collègues, de son fils aîné Yann, cherchent à découvrir ce qui va se passer. Il aborde la question de la surcharge des femmes qui doivent allier leur rôle de mère, et leur travail tout en devant faire face aux sollicitations incessantes de l’entourage. A force de donner le change, d’avoir l’air de maîtriser, la charge augmente les proches et notamment le mari se reposent de plus en plus. C’est sans compter la faille qui se fissure à l’intérieur.

Un très joli roman tendre, drôle qui fera du bien à toutes les mères ! – Lilia Tak Tak

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