Une mère modèle – Pierre Linhart

Le portrait d’une femme qui brise soudain le carcan des apparences… mis en musique de façon très intéressante par un romancier qui n’hésite pas à renverser les angles de vue et à interroger les règles érigées par nos sociétés. Observer Florence s’éveiller fait souvent sourire, agace parfois, mais offre une réflexion salutaire.

Une mere modele

Un premier roman écrit par un homme qui aborde sans tabou la délicate équation de mener de front vie d’épouse et de mère avec nos aspirations de femmes émancipées, quel pitch séduisant ! Il faut reconnaître qu’il est doué Pierre Linhart pour dresser à la manière d’un peintre naturaliste le portrait de Florence, Emma Bovary du XXIème siècle en proie au doute, qui ne va pas se consumer dans les bras de l’amant tant de fois rêvé, mais se prendre d’une affection démesurée pour Moussa, l’ami de son fils Joachim, enfant roi trop gâté en qui elle ne se reconnaît plus. Le besoin de reconnaissance, la nécessité d’être à l’écoute des désirs profonds qui nous habitent secrètement, la difficulté de prendre en main son destin en s’affranchissant du diktat que la société fait peser sur une maternité idéalisée dans laquelle les femmes devraient se fondre – jusqu’à s’oublier elles-mêmes quelquefois -, voici pêle-mêle les sujets de fond abordés dans ce récit à tiroirs où chacun(e) pourra retrouver une petite parcelle de lui (elle)-même. Dans ce jaillissement d’interrogations fondamentales chères à Simone de Beauvoir, sous couvert d’une fiction en apparence légère, – mais les apparences sont parfois trompeuses n’est-il pas ? – le romancier nous offre un travelling avant sur une femme d’aujourd’hui, attachante et complexe. Une plume aiguisée à suivre !Catherine Pautigny

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Voilà un joli premier roman sur le thème de la famille . Florence est répétitrice à l’opéra de Paris , son mari travaille à New York , et elle est souvent seule avec son fils de dix ans, Joachim . Il est parfois question que Florence aille rejoindre son mari outre-Atlantique , mais elle hésite continuellement à franchir le pas , son travail lui plait et elle ne souhaite pas interrompre la scolarité de son fils . Elle se prend d’affection pour Moussa , un ami de son fils , issu d’une famille pauvre . Lequel, contrairement à Joachim , est doué pour le piano et progresse rapidement avec son aide précieuse . Cette rencontre la déstabilise , elle se pose des questions sur son rôle de mère et d’épouse. Manquant de sombrer dans la folie, elle prend des anxiolytiques pour tenter de préserver son équilibre. C’est une histoire de femme qui ne veut pas se sacrifier sur l’autel de la maternité et du couple, qui refuse d’être l’épouse de, qui s’interroge sur sa capacité à transmettre son talent et sa culture musicale à son fils Joachim, et qui, en définitive, préfère renoncer à une vie de couple sans histoire pour garder son indépendance. C’est aussi un questionnement sur la place de l’enfant dans le couple , on croit transmettre aux enfants une culture et la soif d’apprendre, mais il n’en est rien, on doit affronter de grosses désillusions .
Bref , une belle histoire et un personnage de femme qui m’a profondément séduit . – Michel Carlier
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Florence est une femme active : elle est répétitrice de chant, elle vit avec son fils de 10 ans et son conjoint, professeur de littérature, vit la moitié de l’année à New York. Elle partage alors son temps entre les mois où elle est libre de mener sa vie et ceux où elle reprend une vie de couple. Mais rien n’est simple et William la presse de tout quitter pour le suivre aux États-Unis. Quand arrive Moussa, le nouvel ami de son fils, tout bascule… Qui est-elle ? Que veut-elle ? Pourquoi cette voix dans sa tête lui répète sans cesse que c’est une mauvaise mère, une mauvaise épouse et une mauvaise personne ? Pierre Linhart est scénariste et réalisateur. Et cela se sent !!! Ce premier roman est tout en images, en étapes rythmées qui nous amènent vers le dénouement final. Florence est une femme qui se questionne, qui perd ses repères et qui ne sait plus ce qu’elle cherche. Elle se prend d’affection pour un jeune garçon qu’elle croit sauver d’une vie triste mais c’est elle qu’elle tente de fuir. Sa relation d’épouse ne lui convient plus et elle ne sait comment se sortir de cette angoisse du retour de son mari… Bref, tout un tas de questions et de renoncements qui l’emmènent doucement vers la folie… Un roman bien écrit sur un monde qui s’écroule et sur la difficulté de le regarder en face… – Audrey Thion
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Florence, chef de chant à l’opéra vit avec son fils de 10 ans, Joachim. Son mari William, professeur de littérature séjourne à New York et revient tous les six mois à Paris. Il ne se sont pas encore décidés à vivre tous les trois à New York.
Florence se prend d’affection pour le nouveau copain de Joachim, Moussa et va le considérer comme son fils, ce que William supporte mal et juge malsain.
Tout bascule dans cette famille, Florence se met à douter de tout, perd ses repères, se sent coupable d’être une mauvaise mère, mauvaise épouse….
Un premier roman réussi que j’ai lu sans le lâcher qui traite de thèmes actuels où la mère ne veut pas sacrifier sa vie de femme et son travail pour suivre son mari.
L’écriture est maitrisée, fluide. Les pensées des personnages mises en italique dans le texte, permettent de mieux comprendre chacun.
Un petit bémol : l’attitude de Florence envers Moussa m’a quelque peu choquée et troublée.
« Il a une obsession pour son portable. Il le garde tout le temps à la main, comme un doudou ou un chapelet. Il le pose à côté de son assiette quand on dîne. Il ne doit pas me trouver assez palpitante pour concurrencer son Iphone.Tu connais pire tue-l’amour que le portable ? C’est comme une sorte de maîtresse ambulante, ou de seconde épouse, qui serait toujours là et qui aurait tout le temps quelque chose à dire » – Joëlle Radisson
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Parce que rien n’est jamais parfait, voici ma première déception dans le cadre des 68 premières fois.
Florence accompagne au piano les artistes de l’opéra. Elle joue à la perfection, mais il n’y a pas d’âme dans sa musique. Que de la technique. Alors elle reste dans l’ombre. Elle vit à Paris avec son fils, Joachim. Un enfant capricieux, qui se lasse de tout, ne s’intéresse qu’aux jeux vidéos, n’aime pas la musique. Florence adore son enfant unique, c’est son fils après tout. Mais ils ne partagent pas grand chose. Tout est effort avec lui. La conversation comme les activités. Pas de passion en commun, que des compromis.
Son mari, William, est professeur aux Etats-Unis. Il revient pour les vacances mais sa présence reste occasionnelle dans la vie de Florence et Joachim. Pourtant c’est une famille qui s’aime très fort, et ils attendent de pouvoir revivre ensemble un jour. Mais Florence ne veut pas quitter Paris, et William aime son travail de l’autre côté de l’océan. Et puis on s’habitue à tout de toutes façons.
Florence fait un jour connaissance avec Moussa, un copain d’école de Joachim. Moussa est discret, peu loquace. Il exprime la joie, la surprise, la gêne avec ses grands yeux marron. Il s’émerveille devant le piano, prend plaisir à écouter Florence. Elle commence à lui apprendre à jouer. Il est doué, a envie d’apprendre. Et il a l’oreille absolue. Il n’en faut pas plus pour que Florence se prenne d’affection pour ce petit, si bien qu’elle l’intègre à la vie familiale. Moussa par-ci, Moussa par-là. Et même quand William revient en France, ce qu’il ne voit pas d’un très bon oeil.
C’est un sujet intéressant que celui de la filiation. Peut-elle se faire spirituellement plutôt que biologiquement ? Peut-on se sentir plus proche d’un enfant étranger que de son propre fils ?
Malheureusement, je n’ai pas du tout réussi à me mettre dans les chaussures de Florence. Je n’ai éprouvé ni sympathie pour elle, ni compassion. Et j’ai eu du mal à comprendre comment elle pouvait à ce point faire comme si Moussa n’avait pas sa propre famille. Joachim, à priori un enfant peu agréable, m’a semblé plus sympathique. Il ne s’est pas montré si jaloux que ça, sauf à de rares occasions où seul un ange serait resté impassible. William fait ce qu’il peut aussi, ne comprenant pas toujours le comportement de son épouse. Qui semble elle-même ne pas très bien se comprendre de toutes façons.
Florence incarne à mes yeux la femme qui ne sait pas ce qu’elle veut et se cherche en faisant du mal aux autres. Parfois je me prends d’affection pour ces personnages, mais ici, Pierre Linhart n’a pas réussi à me connecter à elle.
Pour autant, je n’ai rien à reprocher au style de l’auteur, et je ne m’interdis donc pas de le relire une autre fois, sur un autre sujet. – Vanessa Natiora
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Qu’est ce qu’une mère modèle? Comment être une mère modèle? Pas facile quand l’enfant n’est modèle. Et qu’est-ce qu’un enfant modèle? Celui qu’on a modelé en pensée, qui doit être comme on l’a rêvé?
Pierre LINHART décortique le quotidien d’un couple et son enfant et pour cela il s’est mis dans la peau d’une femme. Florence se partage entre un travail passionnant de pianiste chef de chant à l’opéra de Paris et son rôle de maman en l’absence de son mari, un universitaire, qui travaille une partie de l’année aux USA.
A l’approche de la quarantaine Florence ne sait plus bien ce qu’elle veut, est rongée par la culpabilité pour tout et rien et se pose beaucoup de questions qui la conduisent aux marges de la folie. Elle transforme un ami de son fils en enfant idéal et ne peut s’empêcher de le comparer à ce dernier.
Les thèmes sont contemporains mais traités assez superficiellement. Cette femme qui préfère renoncer à son couple et à son enfant pour retrouver sa liberté ne m’a pas ému. J’aurais aimé en savoir plus sur les pensées des deux enfants. La fin est un peu trop rapide. Une mère si impliquée n’abandonne pas aussi rapidement son enfant adoré. Féminisme et maternité peuvent à mon avis coexister.
Ecriture agréable mais j’ai ressenti celle d’un homme qui se met à la place d’une femme. Les nombreux passages en italiques nous font écouter la petite voix intérieure des protagonistes et c’est un bon stratagème pour nous les faire mieux comprendre. Ecrivain à suivre. – Françoise Floride
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Chef de chant en pleine réussite, mère comblée d’un charmant – quoique capricieux – petit Joachim de dix ans, épouse amoureuse et aimée d’un écrivain nigérian (Yoruba, d’après son nom) en plein succès également : trop de bonheur tuerait-il le bonheur ? C’est peut-être ce qui arrive à Florence qui, en quelques semaines, voit son petit monde paisible se déliter et l’amener jusqu’au bord de l’abîme.
A quoi peut-on attribuer un tel maelstrom dans sa vie ? Peut-on réellement en faire porter la responsabilité à Moussa, jeune Sénégalais copain de son fils dont elle s’entiche littéralement, devenant une sorte de missionnaire d’une ONG toute personnelle, assoiffée d’humanitaire à Paris (quartiers chics, tout de même), entre deux prestations à Garnier et Bastille ? Car elle découvre l’intérêt, puis le don, puis la passion, puis le génie de Moussa dès qu’il touche un piano. Et se voit en Pygmalion, en sauveuse de petit Noir qui vit la précarité et la misère. Sauf que Moussa ne vit pas spécialement dans la détresse, il est riche d’une famille qui va bien, d’une mère exigeante qui l’aime et prend soin de lui. Non, il ne vit pas dans un bidonville !
N’y aurait-il pas malentendu dans la vie de Florence ? Elle se trompe sur Moussa et sa prétendue misère, elle se trompe peut-être aussi sur elle-même et son joli petit monde. Sur sa relation si « normale » avec son homme, avec son fils. Et c’est involontairement le petit Africain qui la fait basculer dans la crise, elle entend des voix contradictoires lui parler dans sa tête (moi, mon moi rêvé, mon moi réel, qui suis-je ? Brrr…cela me rappelle mes vieux cours de philo…). Et elle sombre dans une sorte de cocon anxiolytique qui ne réglera rien.
Pierre Linhart écrit à la place d’une femme, l’incertitude, la quête de sa propre vie, la passion, le désir, l’envie de bien faire, les paradoxes et, pour une fois, c’est plausible. Pour une fois, je n’ai pas envie de lui dire de laisser les femmes s’exprimer toutes seules comme des grandes (car je me fatigue de ces auteurs qui écrivent au nom des femmes, notamment quand il est question de sexe!). Et quand il raconte qu’une mère et une épouse bien sous tous rapports veut se réaliser et être ce qu’elle est vraiment, on le croit.
J’ai juste un petit bémol (oui, nous sommes dans le milieu musical!) à apporter : la relation quasi trouble entretenue avec le petit Sénégalais me chiffonne un peu, très ambiguë, à la frontière entre l’amour maternel et le désir amoureux. Était-ce une bonne idée ? Si le gamin n’avait pas été Africain, y aurait-on pensé ?
Un premier roman bien construit,( l’auteur est scénariste et cela se sent) , une langue agréable. Un bon moment de lecture ! – Evelyne Grandigneaux
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Un récit qui explore le lien maternel, les compromis, le couple à l’heure des choix, la place de la mère, de l’épouse.
Florence, jeune quadra, est mariée à un homme dont elle est amoureuse. Ils ont un fils qu’elle adore. Elle est chef de chant à l’Opéra de Paris, comblée par son travail, « que je sache garder cet état de plénitude en moi » se répète-t-elle certains soirs en s’endormant.
Pourtant, des petits grains de sable vont se glisser dans ce quotidien. Son mari signe un contrat avec un éditeur new yorkais et s’absence de Paris plusieurs mois d’affilée. Le face à face avec son fils se remplit alors d’incompréhensions, de conflits. Heureusement le copain de son fils va pallier à ce manque. Elle l’initie à la musique, elle se sent investie d’une mission à l’égard de ce petit garçon d’un autre milieu social moins favorisé. Il est le fils qu’elle aimerait, elle devient alors la mère modèle qu’elle imagine.
Son mari n’a de cesse de l’encourager à venir le rejoindre à New York, de son côté, elle reporte toujours sa décision.
Si le récit démarre de manière somme toute classique sur un thème ultra débattu, il prend une tournure troublante, questionnant sur le rôle de la mère, de la femme, des compromis et renoncements lorsqu’ils deviennent inacceptables. Le lecteur assiste alors au lent naufrage de cette femme se qualifiant de « mauvaise mère », « mauvaise épouse » qui va sombrer dans une profonde dépression.
L’écriture joue habilement entre le récit proprement dit et les monologues de Florence qui perd pied. Tout en nuances et sensibilités sur la place de la mère, de la femme. Le fils trouve légitime que le père les quitte pour son travail mais refuse que Florence prenne une décision identique. Une mère doit s’occuper de son enfant «parce que t’es ma mère, c’est toujours la mère qui fait ça » lui dit-il.
J’ai été emportée par ce récit qui questionne avec subtilité sur le rôle de la mère, de l’épouse, de la femme. L’épisode de la salopette à lui seul résume le parcours de Florence.
J’aurai juste une réserve (de forme) : je n’ai pas trouvé la couverture engageante et je n’aurai probablement pas ouvert de ce livre s’il ne faisait pas partie des 68premières fois. – Nathalie Chartier Salou
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« Dans la catégorie « Meilleure interprétation psychologique féminine de l’année » je nomine Pierre Linhart! Un coup de cœur pour ce portrait de mère dévorante, un texte riche de thématiques et de dialogues tous plus fins les uns que les autres. »… Lire la chronique complète et enthousiaste d’Agathe, directement sur son blog.
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