Celui qui disait non – Adeline Baldacchino

A partir d’une photographie, celle qui orne la couverture, Adeline Baldacchino écrit le roman d’un homme, August Landmesser, celui qui préféra l’amour à la haine. Pour cela, elle plonge dans l’horreur nazie, retrace le parcours d’August, comble les vides sans jamais perdre son objectif final, la résonance avec notre époque. Livre choc, qui ne laisse pas indifférent.

Celui qui disait non

« Parce qu’il ne nous demeure que l’intuition de l’horreur et que le reste, nous devons l’imaginer pour le savoir, pour nous imprégner de ce savoir-là, pour ne plus lui résister malgré tout ce qui, au fond de nous, s’acharne à détourner les yeux. »
Ce roman commence avec un père et la douleur de son décès et finira de la même manière : de l’abîme de son absence à laquelle s’adresse cette écriture pour le rendre présent de nouveau et le gratifier d’un amour de fille. Et pour cela l’auteure fait détour par l’histoire, dans l’Histoire, d’un autre homme dont elle décide de mettre en avant la bravoure. August a dit non en ne levant pas son bras à l’allégeance du moustachu le plus fou de notre Histoire. Pourquoi dès lors conter le destin d’August pour accoucher d’un chagrin, pour transformer la peine en joie créatrice, pour rendre hommage au père adoré ?« J’écris, sidérée de constater que je ne cherche jamais que la réponse à l’éternelle question des survivants : comment transmuter la blessure en joie ? »
On pourrait se résoudre à ne pas avoir de réponse, peu importe en effet. Alors pourquoi dans le cas précis de cette lecture, ne pas saisir les liens qui tiennent cette narration, qui tissent la fiction à la confidence, m’a interpellée ? Sans doute car tout le ressort de cette création littéraire repose sur ce nœud, entre confession d’une souffrance intime et inventivité d’une histoire et tout cela à l’appui d’un réel, de documents et de rencontres…. Des témoignages, des articles de presse ; l’imaginaire et la poésie pour donner chair, émotions, essence à des vies ; et enfin le tout pour avoir à supporter son moi endeuillé…« Que se passe-t-il, quand on raconte l’histoire d’un homme pour y abriter, en creux, celle d’un autre ? C’est une drôle d’alchimie que celle de la douleur et de la mémoire, quand la littérature s’en mêle. Il faut accepter de passer un acte avec le petit dieu des métamorphoses : il me murmure qu’à défaut de parler de toi, papa, je te parlerai de lui, August. »
L’auteure est avocate ; elle a quitté le prétoire, elle s’est adossée aux éléments récoltés pour écouter le cheminement intérieur parallèle à l’enquête. Avec une écriture nouvelle, intelligente, ingénieuse, Adeline Baldacchino nous livre avec brillance poétique un réquisitoire inédit, créatif pour défendre ou plutôt argumenter la position d’un homme, et très certainement la position de l’écrivain en train d’éclore sous nos yeux.
Je suis de ceux qui sont convaincus de la nécessité impérieuse, incessante, toujours, du devoir de mémoire. Car l’homme, par nature, fuit irrémédiablement l’indicible de l’horreur, l’innommable du réel quand il est fou et assassin. Toute la richesse de ce roman selon moi réside là. En nous contant l’histoire vraie de cet homme qui a dit non, l’auteur imagine un homme qui ne pouvait pas croire que les propos inconcevables, absurdes et insupportables d’un politique puissent aller jusqu’à l’extermination par millions d’un peuple. August n’a pas choisi d’être héroïque ou résistant ; il n’avait pas opté pour un camp par conviction militante : il était amoureux d’Irma. Son amour a commandé et campé sa posture pour ne pas trahir la femme adorée sans jamais penser que sa désobéissance risquait de la mettre encore plus en danger. Car on ne peut croire, on ne peut penser la sauvagerie, la haine destructrice, encore moins quand on est enveloppé par le plus beau à vivre : un amour partagé, heureux, joyeux, qui anime l’espoir. Alors il faut dire encore, témoigner, écrire toujours, oublier jamais. Comme il est nécessaire de rappeler ceux qui nous manquent et les écrire en doublure des personnages de roman pour qu’ils s’incarnent aux yeux de tous et restent vivants, toujours, à jamais. Les témoins racontent, les musées exposent, et rien de tels que les romans pour nous emporter, nous heurter, nous fâcher et définitivement inscrire loin de l’amnésie, loin des dénis, graver, tracer ce qui fait mémoire et preuve de notre humanité dans ce qu’elle a de terrible et de plus beau. « Les poètes ont toujours raison. J’écris, sidérée de ne rien savoir faire d’autre. » – Karine Le Nagard
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1936, chantiers navals de Hambourg, une foule immense salue Hitler le bras levé, seul un homme refuse ce geste par amour pur sa femme d’origine juive. Longtemps August pensera que ce non infligé à la dictature Nazie sera un oui pour son Amour Irma. Il pensera avec crédulité que cet Amour sera suffisant pour protéger sa femme et ses deux filles. La folie Nazie en décidera autrement , August s’en apercevant trop tard, ne pourra sauver Irma des premiers convois de la mort. Un livre poignant, dont la justesse de l’écriture nous fait découvrir sans voyeurisme l’amour d’un couple dans cette période de haine. Un livre marquant qui nous permet de nous interroger sur la folie des hommes dans notre époque si trouble, mais ou l’amour restera toujours dans nos pensées. – Philippe Hatry
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Il était une fois un amour pur éviscéré par la montée du nazisme, une famille broyée par l’Histoire. August Landmesser et Irma Eckler, Irma Eckler et August Landmesser, l’homme insoumis sur la photo qui refusa de saluer Hitler et le paya au prix fort, entraînant malgré lui sa femme et ses deux filles dans l’horreur du troisième Reich. Adeline Baldacchino a fait un choix risqué en choisissant pour son premier roman de s’attacher à la personnalité de cet homme qui fut accusé de déshonorer sa race, et revendiqua son refus de l’autorité, seul contre tous. Et pourtant, pourtant, ce roman à tiroirs, d’une grande puissance émotionnelle en dépit d’un démarrage en pente douce où l’auteur revient à Hambourg en 2017 sur les traces de cet homme au destin exceptionnel, ce roman est tout simplement sidérant, le champ sémantique de la sidération revenant d’ailleurs tel un mantra tout au long du récit. Hommage à son père disparu autant qu’à ce héros malgré lui, ce sont pourtant à Irma et Irene « sans accent et sans espoir », la fille cadette encore bébé quand elle fut arrachée à sa mère, que nous nous attachons le plus ; l’envie de vivre, la force dégagée par le portrait de cette mère courage et de cette petite fille qui vit l’impensable lors de la nuit de Cristal est tout bonnement saisissante, et laisse le lecteur exsangue, tant le souffle romanesque est crédible et nous emporte par son réalisme. « Qu’avons-nous fait de nos vies Irma ? » répète inlassablement August. A cette question qui le taraude, Adeline Baldacchino apporte sa réponse forte et singulière en 257 pages de réquisitoire contre l’oubli, et signe son entrée dans la cour des grands, avec humanité et sensibilité.. – Catherine Pautigny
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Celui qui disait non , ou l’amour fou d’un jeune aryen pour une femme juive dans la tourmente du nazisme . August , ouvrier des chantiers navals à Hamburg , membre du parti nazi aime follement Irma , jeune femme juive (bien que protestante) . Ou comment construire un roman à partit d’une photo prise à Hamburg en jhuin 1936, au cours d’une harangue du petit homme à moustache . Tout le monde fait le salut nazi , sauf August Landmesser , qui croise les bras sous les regards réprobateurs de ses voisins . Le seul qui refuse de hurler avec les loups . Et pour cause : il aime Irma , envers et contre tout , d’un amour sans limites . Les lois raciales sont absurdes , leur deuxième fille , Irene , est considérée comme Juive , alors que la première , Ingrid , est à moitié aryenne (Mischlinge) . On ne badine pas avec « la souillure de la race » , on n’a pas le droit d’aimer une femme de race inférieure . Irma sera assassinée dans un camp de la mort en avril 1942 , et August , après plusieurs mois en prison , est incorporé dans un bataillon disciplinaire . Il sera abattu par des partisans croates en Dalmatie , en 1944 . Cette petite histoire dans l’Histoire est une petite merveille . Elle nous interpelle sur notre comportement face à la montée du populisme et des extrêmes-droites . Et démontre que l’on ne peut pas tourner le dos à ce qui se passe chez nous : islamophobie , antisémitisme , xénophobie , homophobie , etc… En me plongeant dans cette lecture , j’ai pensé à certains romans lus récemment : « Inconnu à cette adresse » , de Kressmann Taylor (1938) , Hadamar  d’Oriane Jeancourt Galignani , « Seul dans Berlin » de Hans Fallada et « la voleuse de livres » de Markus Zusak . Ces romans racontent l’expérience douloureuse de ceux qui ne suivent pas le droit chemin dans cette période tourmentée , où la vie d’un Juif , d’un Tzigane ou d’un handicapé ne valent pas un clou . Et ceux-là le paient souvent de leur vie . J’ai pendant un certain laps de temps pensé que cette histoire était une pure fiction , mais non , ses filles peuvent en témoigner , elles ont survécu et reconnu leur père sur la photo de 1936 . Je considère ce roman comme une merveille, un pur joyau. Malgré la gravité du récit, c’est plein de moments lumineux, de poésie, de magie . Et puis j’en retiens que l’amour est toujours plus fort que la haine, et ça me convient parfaitement . – Michel Carlier
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« Encore un roman sur l’entre-deux guerres ! » me disais-je en recevant Celui qui disait non d’Adeline Baldacchino dans le cadre des lectures des 68 premières Fois !
C’est vrai que depuis le début du mois de mars, j’ai déjà lu quatre romans dont l’action se situe au cours de la première moitié du siècle dernier et qui abordent des problématiques en lien avec les deux premières guerres mondiales.
Cette polyphonie de points de vue était intéressante mais commençait à manquer de variété et si ce livre voyageur ne devait pas être rapidement envoyé au lecteur ou à la lectrice suivante, je l’aurais bien laissé attendre un peu… afin de changer un peu d’ambiance.
Heureusement, ici, j’ai tout de suite été surprise par la posture de l’auteure.
Tout part d’une photo, oubliée, retrouvée, analysée, la photo d’un groupe d’ouvriers sur le quai d’un chantier naval à Hambourg, qui saluent Hitler venu baptiser un navire. Parmi eux, un homme se tient les bras croisés, refusant de faire le salut nazi. Le non-geste de cet homme sera le point de départ du récit. Adeline Baldacchino va l’interpeler et reconstituer son histoire, dans un mentir-vrai de biographie fictionnelle. D’avril 2017 à juin 1936, elle va remonter le temps, entreprendre des recherches, fouiller des archives, séjourner à Hambourg, pour, à partir d’une identité, raconter l’histoire d’un amour impossible entre une juive et un aryen.
Paradoxalement, il va se faire tout un processus d’identification à ses personnages, qui la renvoie à son propre vécu, à la mort de son propre père, aux brouillards de sa propre histoire familiale.
Ce roman revisite le mythe du héros résistant : comment dire non ? comment refuser de se soumettre à des lois inhumaines ? Mais suffit-il de dire non ? Le héros n’a pas mesuré les risques encourus par sa famille, a mal planifié leur fuite, l’a entrainée vers l’horreur… C’est une véritable tragédie où la notion de destin inéluctable, d’horreur et pitié provoquées chez le lecteur donne une dimension universellement classique.
L’auteure revient sur la montée du nazisme, sur la prise du pouvoir par Hitler, porté par la grande majorité des allemands qui voyaient en lui un sauveur pour l’Allemagne. C’est un élu du peuple, un élu démocratiquement plébiscité, et c’est quelque chose qu’on oublie souvent.
L’écriture est belle, efficace et poétique à la fois. La quatrième de couverture nous apprend que l’auteure est poète et magistrate… Il y a dans son roman de l’urgence, de la précision chirurgicale, de l’investigation, une volonté synthétique et une ouverture sur le monde, une magnifique mise en mots.
Dans l’écriture, il y a un rythme, des récurrences comme des refrains sur ce qu’on fait de la vie, sur ce qu’on fait de l’amour, sur que les autres leurs ont fait, ont fait de leur amour… Il y a aussi des passerelles entre les époques et les protagonistes, une mémoire des uns qui « habille » l’histoire des autres, une forme de transmission… Les bijoux jouent ici un rôle important, objets trans-générationnels par excellence.
Adeline Baldacchino imagine pour donner vie, pour donner à lire. « Si ce n’est pas vrai, c’est vraisemblable : qu’attendre de plus de la littérature ?».
Pourquoi Adeline Baldacchino raconte-t-elle l’histoire de « cet homme qui disait non » à son père, récemment décédé, qui n’est plus là pour l’entendre ? Quelle signification plus profonde que la vision historique met-elle dans ce récit de « l’envers de l’obéissance » ?
Il faut lire ce roman pour le comprendre et en prendre toute la mesure… «  » C’est pour parler du mien, de père, que j’ai couru après le leur… Regarde, je commence à confondre ceux que j’interpelle. Est-ce à toi, papa, ou à lui, August, que je dis tu ? ».
Un premier roman difficile, qui nécessite une lecture entre les lignes, dont les clés et le pacte de lecture ne sautent pas aux yeux.
Une belle surprise. – Aline Raynaud
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Seconde guerre mondiale, un homme, Auguste résiste et ose ne pas saluer Hitler. Fou amoureux d’Irma qui est juive et avec laquelle il fera deux enfant, il pensera longtemps que son opposition idéologique lui permettra de prouver son amour et que ce dernier sera plus fort que tout. Erreur…il n’arrive pas à sauver sa famille comme il l’aurait souhaité. Une histoire d’amour impossible pour parler d’une période historique forte, abominable et irréelle. L’auteure nous replonge dans ces événements tragiques sous une forme nouvelle, quelque peu innovante. Tout part d’une photo et de preuves autour desquels elle va construire ce roman.
Toutefois, je suis restée un peu en dehors de ce roman que j’ai trouvé répétitif sur les 100 premières pages. J’ai eu l’impression qu’il ne se passait pas grand chose si ce n’est de lire à chaque page qu’August n’avait pas fait le salut Hitlérien. Une fois ces 100 premières pages passées, j’ai commencé à apprécié le récit, le style et le caractère unique de ce roman. Quelques passages toutefois difficiles à supporter. – Nina Busson Boulonne
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Waouh ! Quel roman ! Je ne sais si je saurai définir tout ce que j’y ai trouvé, tout ce qui m’a fait l’aimer immédiatement, comme une évidence, comme un coup de foudre amoureux. La première de couverture déjà est fascinante : une foule d’hommes faisant le salut nazi et, au milieu d’eux, comme isolé par un objectif photographique ou comme la lunette d’un fusil, un homme qui, seul, croise ses bras dans une attitude qui n’est même pas de défi mais simplement de refus tranquille, opiniâtre et sûr de lui. La scène se passe à Hambourg, le 13 juin 1936 et cet homme qui dit non se nomme August Landmesser. Quatre-vingt -un ans après, la narratrice reconstruit son histoire en prenant pour postulat de départ que c’est par amour qu’August a dit non ce jour-là. Car il est follement amoureux d’Irma, August, absolument, éperdument amoureux de sa femme et qu’importe que la loi pour la protection du sang aryen l’empêche d’aimer une Juive. Les idéologies, la politique, les convictions, il ne s’en préoccupe guère lorsqu’il câline sa petite Ingrid et lorsqu’il regarde le ventre à nouveau rond d’Irma. Aimer est peut-être la première insoumission, l’originelle, celle qui nourrit la force du choix. Aimer alors que les mâchoires de l’Histoire se referment insidieusement sur les existences ordinaires, sur les vies des petites gens. Et les broient. Mais finalement, finalement, n’est-ce pas l’amour insoumis qui reste vainqueur ? A la seule condition que la mémoire recouse le passé à l’avenir.
Il y avait probablement beaucoup de manières d’évoquer August Landmesser et autant de points de vue à adopter. Adeline Baldacchino choisit d’y pénétrer, en entraînant le lecteur à sa suite, pour nous en faire découvrir les enchaînements, les possibles, les attestés, les rêvés, les imaginés. Le récit construit de superbes passerelles entre les temporalités, entre la fiction et le réel, entre la biographie et la poésie. Et cette écriture ! Magique ! Sa musicalité, son rythme lui donnent une puissance incantatoire qui offre consolation et espérance. L’enquête que mène la narratrice pour retrouver trace d’August en prend une dimension sacrée. Pour l’émotion, pour le plaisir de la beauté pure, j’ai relu plusieurs fois certains passages et me suis laissée submerger par l’harmonie du choix des mots et de leur agencement.
Ce premier roman d’Adeline Baldacchino est, pour moi, une merveille, un diamant que l’on garde précieusement et que de multiples relectures ne peuvent ternir. Il rejoint mes inoubliables précieux. Mes essentiels. Ceux qui témoignent. Ceux qui élèvent. Ceux qui dispensent l’inexprimable bonheur de lire et de savoir toujours s’en émerveiller. – Merlieux Lenchanteur
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Ce premier roman est un hommage, mais aussi un cri. Qui résonne d’autant plus fort en nous qu’il est soutenu par une plume magnifique : «Les écrivains n’ont qu’une passion : ressusciter les morts en les racontant, retenir les vivants en les répertoriant. Ce goût de pâquerette sur les cendres. Quand les mots s’écoulent de l’âme comme du sang frais, c’est bon signe. Et je saigne. » – Henri-Charles Dahlem (lire son billet complet)
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Il dit non à la moustache hurlante.
Voilà toute l’histoire de ce premier roman, bâti sur un éclair de lucidité de l’aryen type dont l’intuition plus que la compréhension, conduit à « ne pas faire » plutôt « qu’à faire ». Milgram, dans les années 60, a élucidé ce mystère des hordes qui adhèrent alors que rien ne les y prédisposent, et l’a baptisé l’agentisation.
Ce roman est celui du détail, le seul qui comptait quand tout était surveillé, dénoncé. Comment ne pas prendre conscience, dès lors, du luxe de notre liberté?
J’ai beaucoup aimé le style de ce roman sans concession, malgré les nombreuses références à la langue allemande dont je ne suis pas férue.
« Qu’on le mesure bien : tout fichier sème la mort car la mort commence par un fichier. Ceux du Fürher ne manquèrent jamais d’ordre ».
Est-ce que finalement, ce roman placé dans les années d’avant et pendant la 2ème guerre mondiale, en Allemagne, ne permettrait pas de réfléchir à cette forme de totalitarisme qui nous classifie en décidant, à point nommé, de nous inclure dans « l’avant » 15/09/1935 ou « l’après »? À quelque jours près. Une problématique finalement très actuelle, celle de l’étiquetage.
Le retour à cette histoire d’Allemagne mettant en scène des allemands complices ou victimes permet à mon sens de s’interroger sur notre condition actuelle, celle que nous avons favorisée : la classification des êtres est toujours de mise, sauf que cette fois-ci, nous en sommes d’accord, nous y participons.
August Landmesser s’est déterminé le jour où il a choisi de ne pas prêter allégeance, à Hambourg, simplement en ne levant pas le bras.
Toute sa famille a été victime de sa simplicité de pensée. Sa femme et ses filles ont été repérées, torturées, meurtries non pas parce qu’il avait exposé son désaccord mais parce qu’il n’en présumait pas les conséquences.
Ce roman pose la question que nous nous posons tous, de temps en temps : qu’aurais-je fait à sa (leur) place? Aurais-je compris, déduit, consenti? C’est une très bonne question, et un roman qui aide à se la poser.
Une bonne expérience, pour moi, très aérée, laissant le temps de la réflexion, y conduisant même. A-t-on l’envie de dire « Non » aujourd’hui?
Adeline Baldacchino nous emmène vers cette réflexion, et grand bien nous fasse. – Estelle Beaulieu-Dufils
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L’auteur s’empare d’un fait réel et construit un roman poignant qui nous percute de plein fouet : une photo sur laquelle apparait un homme les bras croisés, refusant de lever le bras en l’honneur d’Hitler, par amour d’une femme juive, Irma.
August n’a pas voulu trahir la femme qu’il aime avec laquelle il aura 2 enfants. Son refus d’obéir les met en danger tous les deux face à cette folie Nazie.
Ce livre m’a bouleversé et je pense qu’il faut continuer de raconter, témoigner et ne jamais oublier cette terrible période de l’histoire.
Un très grand premier roman, sensible et plein d’humanité, un style et une écriture superbes.
« Qu’ont-ils fait de notre amour Irma, comment peuvent-ils croire qu’on abîme le monde quand on s’embrasse, qu’on abîme la race quand on s’enlace ? »
« Il a vingt-six ans et pourrait devenir un joyeux bourreau comme la plupart de ses petits camarades. Mais il ne sera pas l’homme debout au bord de la fosse qui tire sur des rabbins à genoux et des petites filles nues. Car il n’a pas levé le bras droit, le 13 juin. » – Joëlle Radisson
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J’ai été subjuguée par l’écriture. Dès les premières lignes, j’ai su que ce serait un bonheur de lecture. Émerveillée par l’écriture, oui, mais ensuite, tellement bouleversée par le déroulement des faits. Qu’il est beau , dans l’Allemagne nazie de 1936, cet amour de August l’aryen pour Irma, la si jolie juive ! Qu’il est beau l’amour de Irma pour August ! Qu’elle est odieuse leur interdiction de s’aimer ! Un amour interdit par des esprits pervers qui mettent leur intelligence au service du mal et de la soi-disant pureté de la race. Et ces interrogations qui reviennent : « qu’avons-nous fait de notre amour « ? « Qu’avons-nous fait de notre vie » , Ces interrogations-refrain que je ne peux oublier, qui ajoutent à la puissance dramatique. J’ai tout aimé de ce livre, à tel point que je n’ai pas envie de le disséquer; je veux garder mon émotion en moi, profondément. Merci Adeline BaldacchinoMireille Hurard Lefustec
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Et quelques liens à suivre pour d’autres avis, non moins tranchés :
Ceux qui ont aimé passionnément : Sybil (un roman puissant, qui laissera des traces), Anne Leloup (Terrible. Emouvant. Ne jamais oublier),Sabine (L’histoire avec un grand H, du souffle, de la poésie...), Nicole (une lecture d’une force incroyable !)
Ceux qui ont beaucoup aimé : Joëlle Guinard (Magistral bien que parfois trop lyrique), Nathalie Cez (un beau roman témoignage), Annie (un roman bouleversant et une plume délicate), Françoise Floride (un roman très émouvant)
Celle qui ne sait pas si elle a aimé : Olivia Ch.
et celles qui n’ont pas aimé du tout : Charlotte Bouteloup (trop douloureux), Delphine Depras (insupportable et stérile)

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