Les Déraisons – Odile d’Oultremont

Les Déraisons… un titre qui annonce la couleur sans toutefois que le futur lecteur puisse supposer la beauté et l’originalité de la langue à laquelle il va être confronté. Les médias n’ont pas tardé à parler de Boris Vian ou à faire référence à En attendant Bojangles pour évoquer la fantaisie qui teinte ce texte pourtant axé sur des sujets graves. Mais pourquoi vouloir comparer à tout prix ?

Les deraisons

Il était une fois une femme née sur notre Terre mais qui ne faisait pas totalement partie de notre monde. Louise avait pour amis les mots, les couleurs, la danse et la face cachée des choses. Elle a grandi en silence, à l’ombre d’un père disparu et d’une mère floue. Elle a vécu dans une maison d’artiste avec son chien Le-Chat. Mais le jour où Adrien frappe à sa porte, elle l’entraîne dans son sillage et naît alors de ce couple une douce et profonde histoire d’amour. Mais leur vie décalée, remplie d’humour et de jeux va-t-elle pouvoir surmonter la maladie de Louise et la mise au placard professionnelle d’Adrien ? Que ce premier roman d’Odile d’Oultremont est tendre et poétique ! Chaque mot nous apporte lumière, joie et sourire. Malgré les thèmes difficiles abordés tout au long de l’histoire, l’auteur nous entraîne dans le monde de Louise. On se laisse emporter par la vague de cette jeune femme libre. C’est d’une enfance solitaire qu’elle tire tout cet univers joyeux, où tout est source de jeux et de rires. On passe des larmes aux sourires, de la tendresse à la tristesse, et on se plait à croire que cette Louise existe bel et bien quelque part… Et qu’il nous reste encore un peu de temps pour la trouver et se laisser envahir par tout l’amour qu’elle porte en elle… – Audrey Thion
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« Les Déraisons », c’est pour moi un de ces romans lumineux qui rayonnent encore après les avoir refermés.
C’est un pied de nez aux absurdités qui peuvent traverser une vie : l’absurdité du monde du travail, qui parfois perd son sens, la transparence des individus dans l’entreprise, l’indifférence… Mais aussi l’absurdité de la maladie, la façon dont toutes les certitudes peuvent être balayées d’un coup.
Adrien et Louise forment un couple atypique et attachant. Lui travaille pour la société des Eaux de sa ville, occupe son poste avec le sérieux et la régularité d’un métronome depuis dix ans, traverse dans les clous… Elle est peintre, mais elle est surtout fantasque, légère comme un ballon, ayant décrété que la vie devait être vécue comme on débouche une bouteille de champagne. Et en couleurs, s’il vous plaît !
Lorsque Louise tombe malade, et que dans le même temps, Adrien se voit relégué au fond d’un couloir dans un bureau-placard sans plus aucun dossier à traiter, on aurait pu se dire que les rouages allaient se gripper et que la magie allait cesser. Mais il n’en est rien, et au contraire, le petit grain de folie de Louise est bien ce qui fait battre le cœur de ce couple hors norme.
L’univers des « Déraisons » rappelle parfois celui de « L’Écume des jours », et Adrien et Louise ont quelque chose de Colin et Chloé. Lâchez prise, attrapez la main de Louise, et laissez-là vous faire visiter son monde. Avec moi, ça a marché. Je me suis attachée à Louise et à sa douce folie, à Adrien et à sa volonté d’entretenir la flamme de fantaisie dans l’œil de sa bien-aimée, jusqu’au bout, malgré la maladie.
« Louise asticotait la peur et l’ennui, elle les malaxait dans sa tête comme on déforme une boule de pâte à modeler. À son contact ils mutaient en une malice légère. Elle avait déplacé le centre de gravité des événements, leur avait ôté leur foutu côté obscur. Ne restaient que des bulles de savon sur lesquelles elle soufflait avec une puérilité assumée. Il n’y avait qu’elle pour transformer ainsi le gravier en guimauve. »
Au-delà de l’histoire d’amour, de la maladie et du procès absurde d’Adrien, qui constitue le fil rouge de l’histoire, il y a dans ce livre comme une petite musique qui donne le sourire, parce qu’il est toujours bon de se rappeler que rien ne nous oblige à tout prendre au sérieux, que la légèreté existe, cette « subtilité frappée, envergure détachée, mouchetée d’irrévérence ». Et après tout, pourquoi pas ? Pourquoi pas la fantaisie, la légèreté, le grain de folie ? Pourquoi pas une pointe d’absurde légèreté pour contrer certaines de ces épreuves que l’on redoute de trouver sur son chemin ? « Pour avancer, se dit-elle, il va falloir voler. […] À l’état pur, la déraison maintient en équilibre sur un fil invisible. Mieux, elle devient une arme d’une puissance inouïe. » – Amélie Muller
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« Hâte-toi de transmettre ta part de merveilleux de rébellion de bienfaisance« 
Ces mots de René Char me paraissent particulièrement correspondre à ma lecture du roman d’Odile D’Oultremont. Cette « part de merveilleux » c’est ce que Louise a transmis à Adrien et lui a appris à chercher sans relâche, lui qui n’était qu’une miette de vie abandonnée parmi les autres. Et c’est cette part qui le maintient debout alors qu’on le juge pour avoir indûment perçu un salaire de la société qui l’employait. Relégué dans un placard, Adrien a préféré s’abstenir d’une présence que de toutes façons personne, dans son entreprise, ne remarquait, pour rester près de sa femme aux poumons « perforés ». Au tribunal, sa présence est tout aussi ondoyante : si son corps est bien assis dans le box des accusés, sa pensée s’échappe pour parcourir le territoire des souvenirs ou pour s’étonner des discours du président et des avocats. Dans les mots, comme dans les actes, comme sur les visages et les corps, Louise lui a appris a discerner les échancrures où viennent se faufiler la fantaisie et la poésie. Louise lui a appris le choix de l’émerveillement.
Et l’écriture d’Odile d’Oultremont transmet à son tour cette faculté à faire vibrer le réel de mille tressaillements sans cesse réinventés. Elle sait exprimer la clarté joyeuse du bel amour fou tout en la nuançant imperceptiblement de sombre. Et, au gré de ces mots qui papillonnent de jour et de nuit, de ces phrases qui découpent avec brusquerie les instants ou qui les prolongent dans des images chatoyantes, les émotions s’entrechoquent, se percutent, se superposent et s’enchaînent finalement dans le juste reflet de ce qu’est la vie. La lecture donne une impression de légèreté impalpable, de délicatesse dentellière et, exactement dans le même temps, de densité dramatique poignante.
Ce roman m’a littéralement et littérairement…. enchantée !   – Merlieux Lenchanteur
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« Rien n’est sérieux en ce bas monde que le rire » aurait dit Flaubert… une certitude à la lecture de ce magnifique premier roman signé Odile d’Oultremont ! Elle inscrit son histoire dans un monde morne et terne mais que viennent réveiller des déraisons, à l’image de la si jolie couverture du livre signée Paul Wackers : une plante aux feuilles étonnamment noires, devant un mur gris mais égayées par des touches de couleurs et une typographie scintillante, marque de fabrique des Éditions de l’Observatoire qui fêtent leur première année et dont on a envie de dévorer toutes les publications !
Adrien ne dépareille pas au tableau. Lui aussi mène une vie à pleurer, dans son costume gris étriqué, son travail dénué d’intérêt, sa solitude et son pyjama bleu… jusqu’au jour où, au hasard de l’annonce d’une coupure d’eau, il fait connaissance avec une artiste peintre, Louise. Bien plus qu’une rencontre, il s’agit ici d’une renaissance, un vrai retour à la vie. Si tout semble a priori les opposer, il n’en est absolument rien au point que, réunis dans une fantaisie faite mode de vie, ils ne forment alors plus qu’un.
Entre un père absent et une mère perdant pieds dans la réalité, Louise a emprunté la voie de la déraison pour survivre, ramener sa mère dans son monde et à la vie : « À l’état pur, la déraison maintient en équilibre sur un fil invisible. Mieux, elle devient une arme d’une puissance inouïe ». Alors, dès ses 7 ans, et de la manière la plus touchante qui soit, Louise a déployé des trésors d’imagination pour voir les choses différemment. Lorsqu’ Adrien la rencontre, c’est une femme qui appelle son chien Le-Chat, qui passe du tu au vous comme bon lui semble, qui nomme une compote marbre coco parce que c’est le jour des rimes en « O »… Adrien aurait pu prendre ses jambes à son cou mais il n’en a rien fait et bien au contraire, il a eu enfin le sentiment d’être arrivé à bon port usant de l’amour de Louise comme d’une seconde peau pour le réchauffer et le protéger.
Dix années de bonheur partagé, de folie douce et d’amour inconditionnel, jusqu’au jour où deux événements viennent bousculer ce précieux équilibre : la mise au placard d’Adrien par son entreprise et le cancer de Louise. Adrien, qui se laissait jusqu’alors porter par le regard décalé et coloré de Louise sur la vie, décide de prendre le relai et invente pour elle un univers tenant autant que faire se peut la maladie à distance. Pour cela, il renonce à aller travailler dans la zone écartée qu’on lui a attribuée, sans collègue, sans ordinateur ni téléphone… un placard si isolé que personne ne réalise que ce salarié fantôme ne vient plus. Onze mois durant lesquels Adrien aura donc perçu un salaire sans travailler, ce qui le conduit finalement au tribunal… C’est en ce lieu si solennel que débute le roman où Adrien va devoir expliquer les raisons de sa conduite à un président de tribunal aussi peu conventionnel que les autres personnages du livre.
Odile d’Oultremont se révèle incontestablement une auteur au style aussi poétique et coloré que l’univers de son livre. Ce premier roman regorge en effet d’expressions inventives et percutantes, d’un vocabulaire riche et farfelu à souhait à l’image de Louise … un vrai bonheur de lecture ! Loin d’avoir d’être un feel-good, ce roman fait partie de ceux qui nous font pourtant voir la vie autrement, où malgré les difficultés du quotidien, observer les choses sous un autre angle peut les rendre beaucoup plus supportables, définitivement. – Julie Vasa
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Loufoque, barjo, déjanté, anticonformiste, oserais-je dire humour belge?
C’est un couple tout à fait improbable : lui petit employé, solitaire, introverti style bonnet de nuit, elle artiste méconnue, extravertie et complètement folle-dingue. Les contraires s’attirant ce sont quelques années de bonheur fou, loin de toutes contingences matérielles. L’écriture est pleine de couleurs, d’insouciance, de gaîté. On est happé par l’extravagance de la femme. Et voilà que survient la maladie, mais tout continu pour elle comme si de rien n’était.
Au milieu du livre j’ai failli arrêter ma lecture, tout avait été dit et il n’y avait guère de suspense, ce n’étaient que des redites du loufoque et puis c’est reparti avec entrain et j’ai pris plaisir à le terminer.
C’est évident que ce roman nous montre qu’il faut prendre la vie avec plus de légèreté. L’humour, un brin de folie aide à vivre le quotidien que l’on prend toujours trop au sérieux. Face à la maladie l’optimisme et le déni sont nos meilleurs atouts même quand l’issue est fatale. Mais ce n’est certainement pas un livre que je ferais lire à un malade qui souffre et lutte contre ce foutu cancer, la souffrance physique y est trop niée. – Françoise Floride Gentil
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La seule façon raisonnable de vivre en ce bas monde, c’est en dehors des règles. » Louise, peintre, a décidé de mettre de la couleur dans sa vie, tous les jours. D’appeler son chien, « Le Chat », de vivre le présent pleinement. De décréter les jours en A ou en O, c’est plus rigolo. Le conformisme très peu pour elle. Louise est un Pierrot solaire qui éclaire son monde.
« Elle ne se souciait pas de la minute qui suivait, mais du moment, de l’exacte seconde où les choses se situaient. « Etre là », c’était sa came, sa défonce, son jus viscéral ». Adrien, lui est réglé comme une horloge suisse, petits parcours bien planifiés, optimisés pour aller au bureau, faire la tournée des clients. Employé-modèle, petite vie rangée. « ce bureau était sa niche. Il y entrait le matin à 9 heures, triait jusqu’à 11 heures les coups de fils à donner et vérifiait le matricule des clients qu’il irait visiter. » Ces deux là, n’étaient pas fait pour se rencontrer mais mieux, ils étaient faits l’un pour l’autre. Seulement voilà, le sort en a décidé autrement, pas eux. Sourire toujours c’est le credo de Louise, en toutes circonstances, le sourire et le rire aide la chimio a mieux agir, Adrien à ne pas sombrer. La plume pleine de poésie, le verbe choisi aident à entrer de plain-pied dans l’univers parallèle de ce couple « déjanté ». Bien sûr, les attitudes loufoques, hors normes, ne sont que prétextes à nous dire qu’on peut choisir le bonheur. Choisir son bonheur, tant pis pour les bien-pensants qui n’y comprennent rien, qui jugent. Peut-on, comme le petit juge Albert Vaxe, rationaliser une situation ubuesque et y appliquer une sanction, quand l’ultime vous a déjà été infligé ? Un roman plein de tendresse, d’émotions, de poésie, pour parler de sujets cruels comme le placement d’Adrien en position d’être inutile chez « Aquaplus », le reléguer en un lieu qu’aucun autre employé de l’entreprise n’a foulé ; du cancer de Louise qu’elle va traiter avec fantaisie comme à son habitude. Nul pouvoir pour ces deux-là, face à la situation, mais ils la vivront ensemble avec courage et inventivité. Ce roman est une bulle d’émotions, du Champagne. Une ode aux petits bonheurs du quotidien, au choix de voir le verre à moitié plein en toutes circonstances surtout les pires… de se moquer éperdument de la norme. Avec brio et justesse, sans lasser malgré les loufoqueries, l’auteure vous embarque dans une histoire lunaire éclairée par le procès d’Adrien, auquel on ne comprend pas grand-chose au début, mais qui clarifie l’histoire au fil de la lecture. Je suis orpheline de la pétillante Louise.
De ces histoires mille fois racontées : un homme, une femme Cha bada bada… elle crée les déraisons à adopter pour tout affronter, vivre mieux la grisaille, la maladie, la désobéissance. Devenir Dorothy pour voir au-delà de l’Arc-en-ciel. Ce livre donne envie d’aimer la vie, tout simplement ! – Laurence Lamy
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C’est l’histoire d’un amour fou, un amour surréaliste que n’aurait pas renié André Breton.
Louise et Adrien, Adrien et Louise, une couple fusionnel qui traversait la vie en métamorphosant chaque instant en bulle de bonheur pétillante et joyeuse, jusqu’à l’annonce du cancer qui ronge les poumons de Louise et coïncide avec la restructuration de l’entreprise où Adrien est employé.
C’est le récit d’un procès, celui d’Adrien, mis au placard, qui décide un beau jour de ne plus aller travailler pour s’occuper de sa bien-aimée et remettre de la couleur dans un quotidien devenu gris.
C’est le portrait déchirant d’une femme libre qui rêve éveillée sans se soucier de la bienséance ou du qu’en-dira-t-on, et se battra jusqu’au bout, l’imaginaire en bandoulière, jusqu’à son dernier souffle.
C’est un roman qui rappelle L’écume des jours de Boris Vian, un livre dur et doux à la fois, puissamment sensible, dont la petite musique de nuit, entêtante et mélancolique, résonne encore longtemps après l’avoir refermé, intimant l’ordre de vivre le moment présent encore plus haut et plus fort…
Soyons déraisonnables, voulez-vous ?   – Catherine Pautigny
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Et….
Découvrez comment Charlotte Bouteloup a résisté avant de se laisser emporter …
pourquoi Hélène est restée en dehors du récit…
comment Sabine a succombé à la poésie qui se dégage de ce roman…
pourquoi Anne a été à la fois charmée et gênée…
comment Annie s’est laissé happer dès les premiers mots…
pourquoi Nathalie Cez a eu un mal fou à suivre ces personnages …
comment le cœur de Joëlle s’est emballé…
pourquoi la rencontre avec Sonia ne s’est pas faite…
comment Anne Leloup est tombée en amour pour ce livre…
comment Héliéna a abordé ce roman singulier…
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Sans oublier la chronique radio de Charlotte Milandri sur France Bleu Maine.
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