Eparse – Lisa Balavoine

On aurait pu l’intituler « Fragments d’une vie amoureuse » puisque c’est à travers des fragments, des mini scènes, des listes ou des flashs que la narratrice se livre à une sorte d’inventaire, de bilan de sa vie de femme, une vie forcément marquée par les relations amoureuses. Un premier roman très autobiographique qui semble faire mouche.

Eparse

« Les émotions, l’exaltation, le sourire permanent au coin des lèvres qui accompagne le critique au moment de rendre compte d’un bonheur de lecture sont quelquefois de terribles ennemis. Car se pose alors la question : « comment pourrai-je au mieux rendre compte de l’originalité de ce livre, du plaisir rencontré au fil des pages, de ce lien invisible mais très solide et très exclusif qui s’est créé entre Lisa et moi. D’ailleurs, ai-je vraiment envie de le partager, de rajouter le nous après le toi et moi ? Comme l’égoïsme est un vilain défaut, voici les clés de plus original des romans de cette rentrée. »… la suite sur le blog d’Henri-Charles Dahlem (et oui, même les hommes succombent on dirait…)

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Lisa est une jeune femme comme on en connait tous, qui nous ressemble beaucoup… aussi… peut-être…
Lisa est une fille, une femme, une mère, une amante…
Lisa a des doutes, des espoirs, des peurs et des souvenirs plein la tête…
Lisa aime ses enfants, son mari, ex-mari et les hommes de passage…
Lisa nous touche et nous fait rire, elle nous énerve et nous rappelle que la vie est courte, qu’elle est pleine de rebondissements et que le chemin n’est jamais tracé droit…
Lisa Balavoine signe ici un très joli premier roman ! Avec une écriture particulière, tant dans la forme que dans le fond, elle partage sans fard sa vie et ses pensées. Entre larmes et sourires, entre souvenirs et envies, elle est une femme simple et une amie sincère.
On se plairait bien à l’appeler tiens, ou à lui proposer un café. Juste histoire de discuter, de tout et de rien, des choses sérieuses et des trucs qui font rire, des enfants et des hommes… Et puis, de la peur du temps qui passe…   – Audrey Thion
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Avec des coq-à-l’âne en pagaille et un rythme proche du zapping, Éparse nous éparpille, charge à nous d’y mettre le sens que l’on veut ; c’est en cela que le roman de Lisa Balavoine est une exhortation.
Soit on entre dedans de plain-pied et on suit le rythme effréné, soit on reste à l’extérieur et on court derrière une narratrice qui sème des cailloux et n’est jamais là où on l’attend.
Invité(e)s dans son grand huit, mi-course d’orientation mi-marathon, errance et vitesse, on subit des enchaînements impromptus, fourbus, et pas le temps de se reposer.
Il a sans doute autant fallu de souffle pour écrire Eparse qu’il en faut pour le lire. Féminin jusqu’au bout, parfois cru, on s’engouffre de gré si possible dans le journal de bord d’une vie qui fait comme elle peut.
Transgénérationnel, un peu ; narcissique, pas mal ; cash, c’est sûr ; authentique, assurément.
Bienvenue dans un roman sans noms, sans dates, sans logique, sans trame ; haché menu, de flashbacks en sentences, listes et citations à l’appui, le discours est capricieux et d’une justesse remarquable. Un peu comme la vie nous oblige à l’être.
Qui m’aime me suive, semble nous dire Lisa Balavoine.
J’ai aimé, et j’ai suivi.  – Estelle Beaulieu-Dufils
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D’emblée, le titre de ce premier roman de Lisa Balavoine, Éparse, m’intrigue car il évoque pour moi la dispersion et le désordre ; dans mon imaginaire personnel, ce sont les débris d’un objet brisé qui s’éparpillent ou alors un contenu échappé de son contenant qui se répand… Dans tous les cas, c’est quelque chose que l’on a du mal à rassembler, à récupérer.
Ce roman est une succession de récits, très courts ou un peu plus longs, entrecoupés de citations ou de définitions (originales, à découvrir). C’est la vie d’une femme qui se raconte, s’interroge, se souvient, pleure, rit, regrette, espère, aime, n’aime plus, baise, élève ses enfants, ne supporte plus sa mère, travaille… Le JE est le sien, le nôtre, pourrait parfois être le mien.
L’écriture est fluide, addictive mais attention ! Il ne faut lire trop vite, ce serait dommage… J’ai fait assez vite le choix délibéré de fractionner ma lecture en trois jours (il ne faut pas garder les livres trop longtemps chez les 68 !) pour mieux en profiter. L’écriture a l’air facile, comme si elle coulait de source, mais attention encore une fois : ce n’est pas donné à tout le monde de savoir mettre le quotidien en mots… Il y a une mélodie, un rythme, un ordre particulier dans ces passages épars ; il y a un souffle, une respiration, une poésie… Quand vous lirez ce livre, essayez d’en dire des extraits à voix haute et vous verrez comme cela sonne juste et beau.
Lisa Balavoine joue avec le langage, le réinvente, qu’il soit trivial ou soutenu. Elle bouscule la chronologie, retrouve les moments épars au fur et à mesure, sans trame clairement définie. Elle a de l’humour. Elle fait preuve de délicatesse pour ses lecteurs, ménage beaucoup de pauses ; ainsi, on peut s’arrêter, relire un paragraphe, vérifier une référence, fredonner une chanson, laisser venir un souvenir… Elle s’amuse avec la musique des mots, les sonorités, les catégories sémantiques : ainsi, elle peut n’utiliser que des verbes à l’infinitif, construire toutes les phrases d’un passage de la même façon, balancer des suites de questions, user et abuser de l’anaphore…
L’auteure est à l’aise dans toutes les situations, érotiques notamment. Elle se met à nu, se livre, se raconte, se donne à lire. C’est courageux, fort…
L’intertextualité est très musicale : ce livre a une bande son. Parmi les auteurs cités, il y a Gaston Miron et Virginia Woolf, je suis donc comblée… La narratrice est une grande lectrice, elle sait me parler, me toucher, m’émouvoir, me faire rire, me faire douter, m’agacer parfois… Son premier roman est un peu inclassable ; c’est bien plus qu’un portrait de femme, que des tranches de vie, qu’un inventaire (à la Balavoine ?)…
Une question me taraude : ce livre n’est-il que pour des lectrices ? Comment les quelques lecteurs des 68 vont-ils réagir à cette lecture ? Affaire à suivre.
En conclusion : j’ai adoré ! Je recommande.  – Aline Raynaud
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J’aurais tant aimé aimer ce livre que la majorité a tellement apprécié, assurément une lecture formidable en perspective,
J’aurais tant aimé honorer les fées passeuses de livres pour avoir déniché une pépite, un livre que je n’aurai de cesse d’évoquer,
J’aurais aimé être emportée par les tourments de Lisa BALAVOINE, ses douleurs, ses joies, sa difficulté à être une bonne mère, une bonne épouse, une amoureuse inoubliable, à s’accepter, à s’aimer tout simplement,
J’aurais tant aimé m’identifier à l’auteure, m’émouvoir, la réconforter en pensée et lui dire tout bas qu’elle n’est pas si différente des autres femmes,
Hélas, la magie n’a pas opérée, j’ai découvert au fil des pages les fragments de ses tourments que je n’ai pas réussi à rassembler ; pourtant l’époque qu’elle évoque m’est familière, les mots inventés sont touchants, belle trouvaille que la nostalgymnastique ; j’ai poursuivi la lecture comme on feuillette un magazine picorant ci et là quelques passages désopilants ou terriblement réalistes. A aucun moment je n’ai reconstitué le puzzle.
Je quitte cette lecture désappointée, un peu en retrait face à l’engouement général avec le vague à l’âme, le regret d’avoir peut être loupé quelque chose. – Nathalie Chartier Salou
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« Ce roman est un LTNC : Livre Touchant Non Classable. »… c’est Laurence Lamy qui le dit et elle raconte pourquoi dans son joli billet.
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Eparse! Je viens de refermer ce premier roman de Lisa Balavoine. Une véritable claque! Mais en parler n’est finalement pas si facile. J’ai trouvé cette lecture si intime, si personnelle. Mes idées et mes sentiments sont confus et me viennent pêle-mêle. Un peu comme le roman en fait! Et j’ai lu et entendu tellement de belles choses sur ce roman.
Lisa est une femme actuelle, contemporaine, la quarantaine, mère de trois enfants et récemment divorcée. Blessée, elle se demande où elle a bien pu merder pour en arriver là. Seule, elle a peur de cette nouvelle solitude. Peur, elle a aussi très peur de vieillir. Elle regarde sa vie derrière elle. Elle regarde aujourd’hui les premières rides qui pointent aux coins des yeux. Alors, elle court, elle court. Mais après quoi court-elle ainsi? Après les relations d’un soir, après un possible nouvel amour. Tout en revenant sans arrêt avec nostalgie sur son passé, ses souvenirs. Et tout cela en musique! J’ai eu tellement envie de lui dire STOP! J’ai eu tellement envie de lui dire pose toi, décompresse, profite de tes moments de liberté retrouvée pour vivre!
Dans ce premier roman, Lisa Balavoine nous livre des fragments, un pêle-mêle, un puzzle, un kaléidoscope de sa vie. Des morceaux de vie du passé, du présent à assembler entrecoupés de définitions de mots totalement inventés, de paroles de chansons, de films, de citations d’auteurs, de paroles de proches. Il n’y a absolument aucune chronologie. Il n’y a pas de chapitre. A chaque lecteur de tenter de reconstituer le puzzle. C’est complètement original. Un peu déroutant aussi. Mais pour moi, c’est aussi cela la lecture. Sortir des sentiers battus, des standards et découvrir des choses différentes et originales.
J’ai, à quelques années près, le même âge que Lisa Balavoine. Je suis une maman comme elle. Avec Lisa, j’ai retrouvé mon époque. Je me suis retrouvée dans certains passages. Je me suis sentie si proche d’elle. Avec l’envie de communiquer avec elle et de lui donner des conseils. C’était bien agréable! Revivre des bribes de sa propre vie, des pensées, des sentiments. C’était intime et tellement personnel!
Tentez l’expérience! N’hésitez pas! Difficile de dire pourquoi. Mais la force de ce roman est de permettre à chaque lecteur d’y trouver quelque chose quelque soit son âge, sa vie, ses expériences et ses souvenirs.
Le texte est magnifique, profond, cru et violent aussi par moments. Une belle écriture très actuelle et dynamique. Un harmonieux et habile assemblage de mots. De nombreuses phrases que l’on a envie de retenir, de noter, de conserver pour avoir la possibilité de les relire plus tard. Et souvent.
Un roman original, intimiste, nostalgique, musical, cru et puissant. Une auteure prometteuse à suivre. – Emmanuelle Mentec
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« J’affectionne ces instantanés de réalisme pur, cette écriture qui sème de la poésie dans les moments bruts. J’aime ces romans qui se prêtent à cet exercice de l’intime et non de l’imaginaire, j’aime par-dessus tout les auteurs qui mettent le doigt sur les détails a la fois insignifiants et significatifs du quotidien. » … tout petit extrait du billet d’Agathe Ruga à retrouver en intégralité sur son blog.
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Si j’avais feuilleté ce « roman » en librairie, c’est garanti, j’aurais passé mon chemin vite fait. Mais comme il fait partie de la sélection je l’ai ouvert sans en connaître le fond ni la forme (c’est comme ça que j’accueille tous les romans de ce challenge). Et la forme que prend ce récit, généralement, ce n’est pas quelque chose qui me plait : une suite de chapitres qui ne s’inscrit pas dans une narration continue. Ce sont plus des réflexions, qui portent sur Lisa Balavoine, sur Lisa Balavoine et encore Lisa Balavoine.
Sauf que.
Finalement, cette Lisa Balavoine, ça pourrait être toi ou moi ou elle, ou même lui. Elle a 40 ans et constate ce qui a été et n’est plus, son corps, sa vie personnelle, ses envies. Mais aussi ce qui est et n’avait encore jamais été et qui n’est pas si mal que ça. Ses trois enfants qui grandissent et s’affirment par exemple. Elle nous parle de sa féminité, de l’image qu’elle a d’elle, de sa relation à sa mère, au père de ses enfants, aux hommes qu’elle rencontre.
Sauf que.
Il y a l’écriture. Si cela avait été mon exemplaire, j’aurais mis des post-it partout. Lisa Balavoine arrive à mettre les bons mots sur des émotions, elle est pleine d’esprit, c’est un régal de lecture.
Tous ces gens qui déclarent : « J’ai l’impression de passer à côté de ma vie. » Je me demande quelle destination ils choisissent à la place.
J’ai aimé les libertés qu’elle prend avec la grammaire pour coller au plus près de ses pensées.
On chagrine, on âme en peine, on perte des repères, on accidente cérébral.
Au départ, le récit est empreint de nostalgie, de ce qui ressemble à des regrets. C’est peu joyeux. Et petit à petit, à mesure que Lisa Balavoine dresse un pseudo bilan, tout ce qui est beau et vaut la peine de vivre ou d’avoir été vécu transparait. Les mauvais moments deviennent seulement des souvenirs, ce qui font qu’on est devenu la personne qu’on est.
J’ai aimé sa vision de l’amour, qui n’est pas qu’on est destiné à vivre des jours monotones auprès du même homme toute sa vie. Mieux vaut des jours extraordinaires avec plusieurs hommes et se quitter quand ça ne vaut plus le coup. [ Je rassure le mien au passage : non, ce n’est pas un message subliminal !]. Il faut du courage pour se rendre à l’évidence quand ça ne va pas, et Lisa Balavoine n’y voit pas un échec, plutôt une nouvelle chance à saisir.
Au final, c’est un cheminement que l’auteure fait vers elle-même, et j’ai trouvé que c’était bien construit, bien écrit. Ça m’a énormément plu, contre toute attente ! – Vanessa Natiora
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« Je fais tous les efforts possibles pour être sec. Je veux imposer silence à mon cœur qui croit avoir beaucoup à dire. Je tremble toujours de n’avoir écrit qu’un soupir, quand je crois avoir noté une vérité. » (De l’amour, Stendhal)
Je tremble donc de commencer ce « petit papier » sur le livre de Lisa Balavoine, Eparse .
Je crois que je ne vais pas être très originale. Mais, au fond, peu importe. Ce qui doit rester c’est le ressenti, ce que le cœur dicte à la main, non ?
J’ai beaucoup aimé Eparse. Pourquoi ? Il y a, d’abord, cette écriture toute particulière, des fragments de vie, posés, là, comme ça. Ils nous prennent et nous entraînent, soudain, bien plus loin que l’on aurait pu penser. Il s’agit d’un réel étourdissement ou l’autre devient soi et vice-versa. Il y a un véritable don de soi dans l’écriture de Lisa Balavoine. Je dois avouer que j’admire son courage. Elle ose tout, elle dit tout. Moi, qui tais beaucoup, j’ai trouvé cela assez déroutant au début, et puis, bien vite on décide de laisser tomber le masque et de se laisser aller à se reconnaître, un peu aussi dans tout cela…
D’ailleurs, elle évoque Stendhal dans son texte et, j’ai pensé, en fermant ce livre à la définition du roman qu’il donnait dans Le Rouge et le Noir « un roman est un miroir qui se promène sur une grande route. Tantôt il reflète à vos yeux l’azur des cieux, tantôt la fange des bourbiers de la route. »
C’est ça. Elle nous tend un miroir. Pas de filtre. On prend en pleine face. Cela fait sourire mais cela fait aussi grincer des dents, parfois. Il y a de la poésie là-dedans. De celle très viscérale, qui vous prend aux tripes. Une lecture grave et légère, donc. Une vie qui nous rappelle la nôtre.
« J’ai l’impression qu’en me défaisant de mon ancienne peau, celle du dessous me correspond vraiment. Je gratte, je creuse, je fore. Je cherche la transparence qui sera l’évidence ».
On cherche toujours : des textes comme celui de Lisa Balavoine nous aident, nous accompagnent à devenir qui l’on est, qui l’on aimerait enfin être…
Que rajouter ? Que reste-t-il après cette lecture ?
« Il reste un bonheur rare, une fulgurance dans la nuit, juste quelques minutes, une douce éternité. »
Ah, et puis, vient enfin l’heure de l’avouer…
« Moi aussi, j’ai hurlé « Patrick » un soir devant un type qui me donnait rendez-vous dans dix ans. »    – Mariline Moreau
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Les avis d’autres lecteurs sont également à découvrir sur leurs blogs respectifs ou les communautés autour du livre : le boum de Sabine, le coup de cœur de Joëlle, la pépite de Nathalie, la déception de Sylvaine, la lecture agréable de Claudia, le boum boum de TLivresTArts
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