Redites-moi des choses tendres – Soluto

Méfiez-vous des titres… ils peuvent être trompeurs. Cheminer aux côtés d’Eugène et Barbara, de leurs enfants et leurs multiples amis/ennemis/amants/collègues peut réserver de nombreuses surprises… D’ailleurs, lisez-donc les retours des lecteurs sur cette expérience addictive mais pas de tout repos.

Redites moi des choses tendres

Une histoire de famille au bord de l’implosion, des personnages dont les travers sont étirés jusqu’au cliché, une langue âpre, crûe, parfois vulgaire, un cynisme latent…
Redites-moi des choses tendres, c’est tout ce que je fuis en général dans les romans ! Et pourtant… 500 pages plus tard, me voilà bien obligée de le reconnaître, j’ai dévoré ce livre. Frénétiquement, comme on avale les épisodes d’une série addictive les uns après les autres pour ne pas quitter les personnages, pour savoir « ce qui va se passer », « ce qui va bien pouvoir leur arriver, leur tomber sur le coin du nez »…
Je crois que c’est cela qui m’a bluffée, dans le roman de Soluto. Le côté addictif, l’envie de tourner les pages presque malgré soi (mais qu’ils m’ont agacée, Eugène, Barbara, et leurs enfants, et les amants et maîtresses éconduits des uns et des autres ! Le regard de l’auteur sur ses personnages est bien cruel, mais que c’est drôle de les voir se débattre ainsi dans le marasme de leur médiocrité !
Le fil rouge de l’histoire, c’est un mail envoyé et aussitôt regretté, celui qu’Eugène a écrit à sa femme Barbara, alors qu’elle est en voyage solaire avec ses élèves à Berlin. Un mail de rupture, cruel, net, sans concession, une mixture bien salée faite de reproches acides. Des messages envoyés et aussitôt regrettés, il y en aura d’autres dans l’histoire… Société de la consommation immédiate (du plaisir, de la communication, des sentiments…) Mais c’est une autre histoire.
D’entrée, ce couple m’a déplu. Mais l’auteur, sans s’en détacher, s’attarde sur les personnages qui gravitent autour d’eux. Les enfants, des ados dans toute leur splendeur, les maîtresses d’Eugène, l’amoureux transi éconduit par Barbara, les lycéens sans aucun sens moral… tous caricaturaux, mais très intéressants d’un point de vue littéraire.
Dans une incise adroitement glissée dans la dernière partie du roman, l’auteur s’adresse à son lecteur et répond à quelques-unes des questions que je me suis personnellement posées au fil de ma lecture… Que fait un auteur de ses personnages ? Ou plutôt, que deviennent les personnages sous la plume de leur auteur, puis indépendamment de lui ? Que peut-il bien leur arriver, après que l’auteur les a étirés sur le papier, déformés, malmenés ?
C’est, je crois, la clé de ce roman, et de ses 500 pages, donc, avalées très vite. Une histoire pas très reluisante et des personnages aux antipodes de ceux que j’ai envie de croiser dans un roman. Mais une réussite sur le plan scénaristique, une maîtrise parfaite de la construction, un côté addictif dans le bon sens du terme, bref, un premier roman détonnant qui sans doute, en découragera certains, mais qui pour moi, est un pari réussi. – Amélie Muller
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Un roman un peu particulier lorsque l’on s’imprègne des premières pages. Le langage est cru, vulgaire et parfois même violent !
Au fil des pages on découvre la vie un peu spéciale d’une famille qui semble ordinaire. Tout gravite autour de Barbara et Eugène dont le couple est en crise. Ils ne partagent plus rien. Eugène profite d’une sortie scolaire à Berlin pour cracher tout son venin dans un e-mail de rupture à destination de Barbara. Il fera finalement des pieds et des mains pour le supprimer et faire semblant que rien ne se soit passé mais….
J’ai plutôt accroché aux personnages d’Eugène, Barbara et son collègue. Par contre je n’ai pas du tout aimé les enfants, de véritables ados et les maîtresses. J’avais hâte de finir ces chapitres qui, pour moi, ne faisaient pas avancer l’histoire du couple.
Plus on avance dans le livre, plus on a envie de connaître la suite, alors que, finalement il ne s’y passe pas grand chose ! Ce qui permet de dire que le livre est bien construit, bien écrit et que le scénario est complètement maîtrisé.
On pourrait tout à faire imaginer une comédie dramatique adaptée de ce roman. – Nina Busson Boulonne
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Titre qui donne bien le ton du roman, totalement caustique et sarcastique.
Un mari trompeur et caricatural, une femme dégoutée par sa vie, des enfants totalement perturbés et détestant leurs parents, aucune tendresse dans tout ça.
L’auteur prend du recul vis à vis de ses personnages et analyse leurs relations et leurs réactions par le prisme d’une ironie mordante dénonçant en même temps les travers de notre société. Il prend aussi manifestement énormément de plaisir à torturer ses personnages sans leur offrir aucune possibilité de s’en tirer honorablement.
Une belle surprise, une lecture agréable, régulièrement accompagnée d’un sourire en coin et surtout dernière page tournée d’un grand besoin de tendresse justement ! – Emmanuelle Coutant Bigot
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Redire des mots tendres mais est ce qu’entre ces divers personnages de ce roman ont-ils déjà vraiment dit des choses tendres ? Il y a un certain manque de tendresse dans les rapports entre ces personnages. Nous sommes au début dans un roman qui nous parle de personnes normales : nous partons à Berlin en voyage scolaire. Chaque personnage a des doutes, des envies, des psychoses à gérer. J’ai apprécié être « baladée », quelquefois, un roman de sentiments (un homme avec plusieurs maîtresses et qui va peut être se décider à quitter sa femme, va-t-il l’envoyer cet email ??), sa femme qui a une aventure lors de ce voyage scolaire. Cela pourrait virer à un polar, que va devenir cette vidéo volée.. Cette jeune fille se fera t elle prendre dans les parfumeries ?.. Plusieurs genres, styles, et de belles pages surprenantes (je n’avais encore jamais lu de belles pages sur les bonnes sensations ressenties sur un skate-board, des pages sensuelles sur les corps). Un livre aussi qui parle du monde du travail actuel et des « nouvelles » méthodes de management et de techniques de vente. Vous n’entrerez peut être plus de la même façon dans les magasins de téléphonie ! Un premier roman qui nous parle de notre époque mais qui a un point de vue très cynique, négatif sur les rapports humains. Chaque personnage a des névroses et sous des apparences normales, traînent des psychologies complexes. Ce roman est aussi très proche de nos vies, dans les relations professionnelles (les techniques de vente, le management agressif..) et personnelles (relations au sein des familles, utilisation excessive des nouvelles technologies (attention aux ordinateurs et aux téléphones intelligents..). Peut être des longueurs mais une lecture qui m’a impressionnée et qui est un miroir de l’évolution de nos sociétés modernes et des différents rapports humains. Une écriture plaisante (vous ne regarderez pas de la même façon le prochain jeune ou moins jeune passer avec son skate board !)  – Catherine Airaud
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Tendre ? Voila bien un adjectif saugrenu pour qualifier ce roman, qui déroule le tableau sans concession d’une famille française ordinaire, et sa descente aux enfers.
La 4ème de couverture promet de l’amour : je l’ai trouvé bien pâle, dénaturé. De la drôlerie : certes, mais cruelle. Du chic ? Les situations présentées ne sont pas vraiment joli-joli.
Un père cadre commercial, une mère prof d’histoire, une lycéenne de dix sept ans, un collégien de treize, rien que de banal. Quelques personnages gravitent autour d’eux, un collègue, un élève, un copain, des maitresses. Ce qui est, je l’espère, moins courant, c’est la bassesse des sentiments qui agitent tous ces personnages sans exception, et que l’on voit s’animer et évoluer au gré d’une année de leur vie. Chacun essaie d’assouvir ses envies, ses pulsions, qu’importe si en face d’autres souffrent et si, dans le parcours de chacun, les conséquences de ces actes sont calamiteuses.
Le roman est plutôt bien écrit, l’auteur adapte son style de langage aux personnages, passant du subjonctif à un registre crû, enchainant dans de courts chapitres les déboires de chacun. L’histoire est fluide, mais nous fait spectateur d’un monde de médiocrité et de mensonges. La rouerie de chaque personnage est exposée, sans analyse. Rien ne nous explique le pourquoi de leurs comportements peu reluisants. Jamais ils n’éprouvent de la compassion, jamais d’empathie. Aucune remise en cause des parents, qui n’essaient pas de comprendre leurs enfants. A ceux-ci, on n’explique rien.
C’est le roman de l’incommunicabilité, de l’impossibilité de mettre des mots sur les sentiments pour les apprivoiser. Ils sont tels des bébés qui viennent de naitre, mus par leurs besoins immédiats. Ils ne tolèrent aucune frustration, c’est le règne du « tout tout de suite et advienne que pourra ».
Un roman de tristes sires. Peut-être une morale: en cédant à leurs pulsions, ils se condamnent à une vie de médiocrité ?
Comme souvent dans les premiers romans, la fin se termine en une série de pirouettes de tous les personnages. Certains seront-ils sauvés, d’où viendra l’éventuelle rédemption, on ne le saura pas. – Adèle Binks
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J’accepte de confirmer que c’est addictif car malgré de nombreuses envies de laisser tomber cette lecture, j’ai continué jusqu’à la lie. Donc il se passe quelque chose d’impalpable qui tient le lecteur en laisse. Mais dans le fond ce texte propose de partager des vies qui sont tout ce que je déteste, sans compensation, sans projet, sans espoir. L’écriture est rapide, violente, forte, pleine d’humour et de dérision. Le style est provoquant, soigné, bien construit, et s’adonne aux dérives douloureuses du passé simple et du subjonctif de façon assez déroutante, pour décrire, par exemple, les pensées d’ados en déroute, ce qui décrédibilise le propos. La 4° de couverture est sincère, il y a tout dans ce texte, un mari mou, volage, menteur, prétentieux, égoïste, une mère/femme de bonne volonté ou sans volonté, c’est selon, soumise, frustrée, jusqu’à en être brisée, des ados incertains qu’on ne leur envie pas, des maîtresses cupides, stupides, et moches. Ouf, je suis rassurée qu’il ne s’agisse pas de ma vie ni d’une vraie vie. On sort de ce texte déconcerté, ni plus intelligent, ni plus heureux, sans avoir pris du plaisir ou rêvé. J’ai maintenant vraiment envie qu’on me dise des choses tendres, c’est urgent.Martine Magnin
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Dès les premières pages, on pressent toute l’ironie du titre et que de tendresse il ne sera guère question dans le roman de Soluto. S’il parle d’amour, comme dans la chanson dont le titre est issu, ce ne sera que pour en exprimer le manque et les dévoiements. Le mail qu’écrit Eugène à Barbara, son épouse depuis 20 ans, décrit en effet davantage le désamour et l’indifférence routinière installés insidieusement dans leur couple que le sentiment brûlant d’un amour partagé. « Quittons-nous enfin » suggère-t-il à sa femme, en voyage à Berlin avec un groupe de lycéens et un collègue amoureux transi de cette élégante professeur d’histoire. Ce message qu’Eugène hésite finalement à envoyer allume une mèche qui va faire exploser cette famille apparemment modèle.
Et c’est à un véritable jeu de massacre que se livre l’auteur avec une histoire qui surfe sur l’air du temps en en accentuant tous les travers et les dérives. Manipulés par leurs enfants, par leur patron, par leur maîtresse ou leur amant d’un soir, victimes des réseaux sociaux et des nouvelles technologies, Eugène et Barbara perdent peu à peu tout contrôle sur leur existence et assistent à l’effondrement spectaculaire de leur cellule familiale. Chacune de leur décision apporte de nouvelles dégradations à la situation au lieu de l’arranger et la chute paraît inexorable et de plus en plus funeste.
Les mésaventures conjugales et extra conjugales d’Eugène, l’aveuglement des parents face à la réelle personnalité de leurs deux enfants, l’avalanche de problèmes qui menacent d’engloutir le couple, pourraient être d’une drôlerie grinçante à la manière des comédies italiennes des années 70. Cependant, la veulerie des personnages, leur manque de lucidité et leur ridicule les conduisent à vivre des situations scabreuses sans pour autant susciter la moindre sympathie ou compassion. Ce choix délibéré de la cruauté m’a mise mal à l’aise car il n’est pas mis à distance par une écriture qui laisserait place au rire, à l’humour noir des comédies susdites. Un malaise alimenté aussi par une écriture dont l’hétérogénéité de registre m’a souvent paru pour le moins maladroite : d’une part l’emploi flottant et pour le moins hasardeux de l’imparfait du subjonctif alourdit le récit ; d’autre part, cet emploi entre en contraste peu probant avec le langage bas utilisé pour décrire certaines situations avec crudité. La fluidité du récit souffre, à mon avis, de ces choix linguistiques. Enfin, la pirouette finale qui permet de clore les différentes intrigues sans véritablement y apporter un dénouement m’a laissé l’impression d’un roman plutôt inabouti.
Pour résumer, c’est une lecture qui ne m’a pas vraiment déplu mais qui m’a laissée sur ma faim et dont je ne garderai sans doute pas un souvenir saillant. – Merlieux L’Enchanteur
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Une couverture sobre qui ne livre aucun indice. Un nom Soluto, énigmatique, amusant. Curiosité! Mais qui se cache derrière ce pseudo? Un homme, une femme? Je penchais plutôt pour un homme. Gagné! Il s’agit de Laurent Quevauvillers (1961) artiste peintre qui nous livre ici son premier roman aux Editions du Rocher « Redites moi des choses tendres ». Tendre, romantique? Pas du tout! Une véritable fresque contemporaine (un peu poussée à l’extrême à mon avis)! Nous sommes en plein dans notre réalité : la séparation d’un couple et l’explosion d’une famille. Eugène et Barbara forme un couple. Un couple de longue date qui ne tient plus que par l’habitude, la routine. L’usure est là qui pointe. Alors Eugène écrit à Barbara un email de rupture. A peine écrit et c’est le doute! Oser. Ne pas oser l’envoyer. Accepter de tout perdre surtout le confort de cette petite vie bien rôdée. Une mauvaise manip et voilà l’email envoyé comme par mégarde. Et c’est la dégringolade de tous les côtés! J’ai passé un bon moment à lire ce petit pavé de tout de même 500 pages. Dès les premières lignes, on est dans l’histoire. Le décor est planté. Au fils des pages, on découvre les différents protagonistes tous plus caricaturés les uns que les autres : la femme sérieuse, bien dans sa tête, le mari manipulateur et complètement volage, les ados en totale rébellion chacun de leur côté , et les maîtresses l’une frivole, l’autre un peu cucul la praline…. Le roman avance au gré des chapitres. Chaque chapitre nous livre l’histoire d’un personnage, un peu comme s’il était séparé des autres et n’avait rien à voir avec eux. On a toujours envie d’en savoir plus. A la manière d’une série télévisée avec son lot de situations grotesques et d’exagérations. On est embarqué et on poursuit jusqu’à la dernière page. L’écriture est très imagée, drôle et aussi crue à certains moments avec un vocabulaire très actuel, très « jeuns ». Mais quel contraste entre ce titre « Redites moi des choses tendres » et cette histoire complètement dénuée de toute tendresse, de tout amour. Un roman qu’on lit comme on regarde une série ou une comédie. Un roman qu’on lit et puis qu’on oublie! – Claude-Emmanuelle Mentec
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